Attentat de Conflans-Sainte-Honorine
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Dépôt de fleurs en hommage à Samuel Paty devant le collège du Bois-d'Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine.

Localisation Conflans-Sainte-Honorine, Yvelines, Drapeau de la France France
Cible Civil
Coordonnées 49° 00′ 50″ nord, 2° 06′ 55″ est
Date
Vers 17 h[1] (HAEC)
Type Assassinat
Décapitation
Armes Couteau
Morts 1 (Samuel Paty)
Auteurs Abdoullakh Anzorov (abattu par les forces de l'ordre)[2]
Mouvance Terrorisme islamiste
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Attentat de Conflans-Sainte-Honorine

L'attentat de Conflans-Sainte-Honorine, aussi désigné comme l'assassinat de Samuel Paty, est une attaque terroriste islamiste perpétrée le en France dans la commune de Conflans-Sainte-Honorine, située dans le département des Yvelines.

Samuel Paty, un professeur d'histoire-géographie, est assassiné par arme blanche et décapité peu après être sorti de son collège. Son assassin, Abdoullakh Anzorov, est un réfugié, citoyen russe d'origine tchétchène âgé de 18 ans, arrivé d'Évreux l'après-midi même pour tuer l'enseignant. Le terroriste est abattu quelques minutes plus tard par la police à Éragny, une ville du Val-d'Oise voisine du lieu du drame.

L'enseignant utilise le deux caricatures de Mahomet issues de Charlie Hebdo dans le cadre d'un cours d'enseignement moral et civique sur la liberté d'expression, ce qui suscite la colère d'un parent d'élève musulman. Ce dernier, ainsi que le militant islamiste radical Abdelhakim Sefrioui, publient les jours suivants sur les réseaux sociaux plusieurs vidéos où ils traitent le professeur de « voyou » et de « malade », avant de divulguer son nom et l'adresse de l'établissement scolaire. Les vidéos prennent un aspect viral sur les réseaux sociaux avant l'assassinat, suscitant de nombreux messages haineux à l'encontre de l'enseignant.

L'attentat provoque un vif émoi en France et à l'étranger. De nombreuses manifestations populaires sont organisées en mémoire de l'enseignant assassiné, et un hommage national lui est rendu à la Sorbonne le .

Contexte national

Cet acte terroriste survient alors que se tient en France le procès des auteurs de l'attentat ayant visé la rédaction du journal Charlie Hebdo en 2015, dont le prétexte était notamment la publication par ce journal de caricatures de Mahomet. Les caricatures danoises de 2006 viennent en outre d'être republiées par le même journal le [3], ce qui a suscité des appels à représailles provenant du Pakistan[4]. Ces appels se traduisent rapidement à Paris par un attentat le près des anciens locaux de Charlie Hebdo[5].

L'attentat de Conflans-Sainte-Honorine intervient également peu de temps après le discours du président de la République, Emmanuel Macron, sur la lutte contre « les séparatismes », prononcé le aux Mureaux[6], commune également située dans les Yvelines, département où est commis cet assassinat. Le président y présentait des mesures pour renforcer la laïcité et constatait « un islam en crise »[7].

L'attaque est la deuxième décapitation commise en France et en Europe depuis l'attentat de Saint-Quentin-Fallavier en 2015, et le sixième attentat islamiste en France depuis le début de l'année 2020[note 1]. Depuis , la France est confrontée à une vague d'attentats sans précédent liés au djihadisme. Le professeur décédé dans cette attaque est, depuis janvier 2015, la 260e victime tuée dans un attentat sur le sol français[8].

Victime

La victime, Samuel Paty, est un professeur d'histoire-géographie et d'enseignement moral et civique né le 18 septembre 1973[9] à Moulins, dans l'Allier. Après des études en classe préparatoire aux grandes écoles dans un lycée lyonnais, à l'université Lumière-Lyon-II puis à l'IUFM de Lyon, il obtient le CAPES d'histoire-géographie en 1997 et part enseigner en région parisienne[10]. Il était en poste depuis cinq ans au collège du Bois-d'Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine[11],[12].

Selon plusieurs témoignages de ses élèves et anciens élèves, Samuel Paty est décrit comme gentil, attentionné, respectueux envers chacun, ne cherchant pas la polémique, aimant son métier, soucieux que les élèves apprennent[13] et apprécié des élèves[14]. Il était marié[15] et père d'un enfant de cinq ans[16].

Il est fait chevalier de la Légion d'honneur et commandeur des Palmes académiques à titre posthume le , lors de l'hommage national qui lui est rendu à la Sorbonne[17]. Le ministre de l'Éducation nationale annonce que son fils obtiendra le statut de pupille de la Nation[18].

Circonstances

Samuel Paty donne le 6 octobre[19] un cours d'enseignement moral et civique (EMC) à des élèves de quatrième sur la liberté d'expression, thème au programme officiel de l'Education nationale[20],[21]. Afin d'illustrer son propos[22], il présente deux caricatures de Mahomet issues du journal Charlie Hebdo[23],[24], qui avaient servi de prétexte à l'attentat meurtrier contre ce journal en 2015[13]. Selon d'anciens élèves, il faisait cela chaque année[25], sans que cela ne provoque de réactions négatives chez les élèves ou les parents[14],[26].

Selon la version contestée donnée par une élève absente[note 2] et relayée par son père, le professeur aurait demandé aux élèves musulmans de se désigner en levant le doigt et de sortir de la classe[29]. Selon un autre, il aurait proposé aux élèves de sortir ou de détourner les yeux « pour ne pas être vexés, pour ne pas être choqués »[30],[23].

Samuel Paty a démenti ces accusations et témoigné ainsi devant la police : « J’avais proposé à mes élèves de détourner le regard quelques secondes s’ils pensaient être choqués pour une raison ou pour une autre. À aucun moment je n’ai déclaré aux élèves : “Les musulmans, vous pouvez sortir car vous allez être choqués.” Et je n’ai pas demandé aux élèves quels étaient ceux qui étaient de confession musulmane ». D'après sa déposition, Samuel Paty précise en parlant de la collégienne dont le père a porté plainte contre lui, et qui n'était en fait pas présente à son cours[19],[31] : « Elle a inventé un récit au travers de rumeurs d’élèves. Il s’agit d’une fausse déclaration dans le but de nuire à l’image du professeur que je représente, du collège et de l’institution »[19].

Le 8 octobre, le père de l'élève, Brahim Chnina (dont la demi-sœur est une djihadiste partie en Syrie depuis 2014[32] et qu'il aurait lui-même dénoncée[33]) s'élève de manière virulente (dans un texte qu'il publie sur Facebook)[23] contre ce qui a été présenté aux élèves par le professeur, citant sa fille, dont il affirme qu'elle a assisté au cours en question alors qu'elle n'y était pas[26],[34]. Le parent d'élève accuse Samuel Paty d'avoir présenté aux élèves « la photo » d'un homme nu et d'avoir indiqué : « C'est le Prophète ». Le texte qu'il publie sur Facebook exhorte ses « frères et sœurs » à se plaindre au CCIF et à l'administration[35].

Au moins deux vidéos sont diffusées sur Internet, traitant le professeur, entre autres, de « voyou » et de « malade »[23]. L'une d'entre elles provient du père de famille qui condamne l'utilisation de ces caricatures en traitant ensuite le professeur de « voyou ». Il accuse à nouveau Samuel Paty d'avoir présenté aux élèves « la photo » d'un homme nu. La vidéo est diffusée le 9 octobre sur les réseaux sociaux, entre autres sur la page Facebook de la mosquée de Pantin[36]. Le responsable de cette mosquée, Mohammed Henniche, indique que la première vidéo du père de famille « est déjà virale dans les milieux musulmans » et « très relayée sur WhatsApp »[36]. Cet élan numérique crée ainsi « un monstre dont le pouvoir de nuisance a dépassé les frontières de Conflans »[37].

L'autre vidéo est enregistrée et diffusée par le militant islamiste radical Abdelhakim Sefrioui qui s'exprime face caméra[23],[38]. Ce prédicateur s'était rendu dans l'établissement avec le parent d'élève pour parler avec la principale et exiger d'elle[39] qu'elle congédie l'enseignant « sous peine de manifestations »[39]. Ces deux hommes font fortement pression durant plusieurs jours, cherchant à obtenir que l’enseignant soit limogé de l'Éducation nationale[40], venant à de multiples reprises devant le collège pour essayer de mobiliser d'autres parents contre Samuel Paty[23]. Sur les commentaires vidéos sont indiqués le nom du professeur[23], l’adresse de l’établissement et un numéro de téléphone pour prendre directement contact avec le CCIF[23],[35]. Le CCIF dément plus tard « toute participation à la campagne de harcèlement »[41].

Le parent d'élève polémiste porte ensuite plainte à la police pour « diffusion d'images pornographiques »[42]. Il est avec sa fille qui ment en affirmant aux policiers avoir assisté au cours (alors qu'il n'en a rien été)[23]. Alertée sur ce conflit, l'inspection académique conforte l'enseignant[43].

Le 9 octobre, la principale envoie un courrier électronique aux parents pour préciser les circonstances du cours. Elle indique aussi que Samuel Paty et elle-même se tiennent à la disposition des parents « qui souhaitaient revenir sur cette situation ». Le 12 octobre, le parent d'élève publie une nouvelle vidéo sur YouTube. « La principale a fait état d'appels menaçants » par la suite, selon le procureur anti-terroriste[23].

Le 12 octobre, auditionné par la police, Samuel Paty porte plainte à son tour « pour diffamation et dénonciation calomnieuse » mais, indique BFM TV, « pas pour violences ou menace »[44]. Le professeur est accompagné de la principale lorsqu'il se rend au commissariat[23]. Le parent d'élève ne se présente pas à sa convocation du 14 octobre[23].

Dans les jours précédant l'assassinat, le terroriste Abdouallakh Anzorov échange des messages sur WhatsApp avec Brahim Chnina, le parent d'élève qui avait fait la vidéo du 8 octobre. Il a également des contacts avec un ancien condamné pour « velléités de départ en zone irako-syrienne »[45].

Déroulement de l'attentat

Le jour des faits, Abdouallakh Anzorov[11] fait le trajet entre Évreux (où il habite, en Normandie) et Conflans-Sainte-Honorine où se trouve le collège du Bois-d’Aulne. Un ami l'emmène en voiture et Anzorov arrive sur les lieux au début de l'après-midi[45]. Il connaissait le nom de sa cible et celui de son établissement scolaire, mais « n’avait pas de moyens permettant de l’identifier ». Anzorov aborde un collégien vers 14 heures et lui propose 300 à 350 euros pour identifier Samuel Paty. Tous deux attendent près de trois heures, « d’autres collégiens venant par moments se mêler à eux ». Selon les déclarations des collégiens gardés à vue, le terroriste leur aurait raconté qu’il « souhaitait filmer le professeur, l’obliger à lui demander pardon, l’humilier, le frapper ». Vers 17 heures, deux collégiens désignent le professeur qui sort du collège[46].

Le corps de la victime décapitée est découvert vers 17 h, rue du Buisson Moineau à Éragny, près du collège du Bois-d'Aulne, par des policiers municipaux de Conflans-Sainte-Honorine[réf. nécessaire][47]. La police municipale d'Éragny prévient les policiers nationaux[48],[49].

La brigade anti-criminalité (Bac) se rend sur les lieux[50] et identifie un homme équipé d'une arme de poing, rue Roger-Salengro. Malgré les sommations, le suspect refuse de lâcher son arme et court vers eux en criant « Allahu akbar » et en tirant à cinq reprises avec un pistolet à air comprimé airsoft. Les policiers ripostent. L'homme tombe au sol, mais tente de se relever pour donner des coups de couteau aux policiers. Il est abattu. Son corps présente neuf impacts de balles[48],[20]. Un petit couteau[51] (qui ne semble pas être l'arme du crime) est retrouvé sur lui. Un couteau de cuisine de 35 centimètres est ensuite retrouvé près de la victime[52].

Le terroriste utilisait un compte Twitter (@Tchetchene_270) et s'y était déjà fait remarquer pour y avoir publié un photomontage avec décapitation signalé sur la plateforme Pharos dès le 30 août[53]. De plus, Abdoullakh Anzorov a eu connaissance des vidéos réalisées précédemment par le parent d'élève et le prédicateur et les a relayées sur les réseaux sociaux[54]. Enfin, toujours sur son compte Twitter, l'assassin revendique son meurtre au nom de Mahomet et diffuse une photo de la tête de la victime (le compte et les tweets ont été supprimés depuis[1],[53]). Le message s’adressait à « Macron, le dirigeant des infidèles », avant de poursuivre : « J’ai exécuté un de tes chiens de l’enfer qui a osé rabaisser Muhammad, calme ses semblables avant qu'on ne vous inflige un dur châtiment… »[1],[53],[55].

Enquête

Auteur

Abdoullakh Anzorov
Terroriste islamiste
Information
Nom de naissance Abdoullakh Abouyezidovitch Anzorov (en russe : Абдуллах Абуезидович Анзоров)
Naissance
Moscou (Russie)
Décès (à 18 ans)
Éragny (France)
Cause du décès Abattu par la police
Nationalité Drapeau de Russie Russe
Idéologie Salafisme djihadiste
Attentats Attentat de Conflans-Sainte-Honorine
Victimes 1 mort

Selon des papiers d'identité retrouvés sur lui, le terroriste, âgé de 18 ans, est rapidement identifié comme un citoyen russe d'origine tchétchène né en 2002 à Moscou et détenteur du statut de réfugié de par ses parents[56],[57]. Il était inconnu des services de renseignements[20], mais connu des services de police pour des faits de dégradations de biens publics et de violence en réunion lorsqu'il était encore mineur[58]. Résidant à plus de 80 km de Conflans, à Évreux, dans l'Eure, il n’était pas élève au collège du Bois-d'Aulne ou dans un établissement voisin[59].

Il est assisté de trois amis : une jeune fille âgée de 19 ans est soupçonnée d’avoir accompagné le tueur à Rouen, la veille du meurtre, pour l’achat d’un couteau, retrouvé à proximité du lieu du crime ; une autre âgée de 18 ans l'a accompagné dans la coutellerie, puis véhiculé dans deux magasins d’Osny, où il a acheté deux pistolets AirSoft ; un autre de ses amis est soupçonné de l'avoir également aidé[60]. Selon des éléments de l'enquête rapportés par Le Parisien, la radicalisation islamiste d’Abdoullakh Anzorov « n’était ni silencieuse ni soudaine », celle-ci s'étant manifestée par un prosélytisme auprès de sa famille, un rejet des femmes, l'envoi de messages faisant l’apologie du djihad, et des contacts avec la Syrie[60]. Anzorov envisageait une émigration en pays musulman, la hijra[61]. Malgré son basculement ostensible dans l’islam radical depuis 6 à 12 mois, il est resté inconnu des services de renseignement, n’étant ni « fiché S », ni surveillé[60].

Avant l'attentat, il entre en communication avec deux djihadistes non identifiés en Syrie, dont un russophone, localisés grâce à leurs adresses IP à Idleb. Cette ville est le dernier bastion djihadiste du pays, essentiellement sous le contrôle de l'organisation Hayat Tahrir al-Cham, dissidente d'Al-Qaïda, et avec une présence clandestine de l'État islamique en conflit avec Hayat Tahrir al-Cham. De nombreux combattants étrangers sont présents dans cette zone dont des milliers de Tchétchènes[61],[62]. Il revendique l'attentat juste après celui-ci dans un message audio en russe où il dit être prêt à être un « martyr », avoir « vengé le prophète » de Samuel Paty qui l'aurait « montré de manière insultante ». Dans une vidéo diffusée entre autre sur Instagram il fait référence à l'État islamique[63],[62]. Pour sa part, Hayat Tahrir al-Cham nie toute responsabilité dans l'attentat[64].

La famille d'Abdoullakh Anzorov dit ne pas comprendre son action. Son père, travailleur de nuit, « semble avoir perdu le contrôle de son adolescent ». Abdoullakh Anzorov montrait de manière récente des signes de radicalisation. Il avait ainsi publié le 30 août sur son compte Twitter créé le 8 juin, « un photomontage mettant en scène la décapitation d’un homme ». Ce compte avait été signalé à la plateforme Pharos, sans aboutir à un ciblage[45].

Investigations

Le Parquet national antiterroriste a ouvert une enquête pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle ». Le service régional de police judiciaire de Versailles, la sous-direction anti-terroriste (SDAT) et la direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) sont chargés de l'enquête[20].

Le ministre de l'Intérieur active la cellule interministérielle de crise (CIC) place Beauvau où s'est immédiatement rendu le président de la République, avant sa visite sur les lieux de l'attentat[65].

Quatre personnes sont placées le soir même en garde à vue[66]. Elles font partie de l'entourage familial immédiat de l'assaillant : ses parents, son grand-père, son frère cadet âgé de 17 ans. Le lendemain cinq autres personnes sont également placées en garde à vue[67]. Elles font partie de l'entourage non familial de l'agresseur. Parmi ces gens figurent le parent d’élève auteur de la première vidéo ainsi que Abdelhakim Sefrioui « une figure bien connue de l'islam radical »[68]. Le procureur anti-terroriste déclare que la demi-sœur du parent d'élève avait rejoint Daech en Syrie[23].

Le 21 octobre, sept personnes sont présentées à un juge antiterroriste, dont Brahim Chnina, le parent d’élève, Abdelhakim Sefrioui, deux mineurs soupçonnés d’avoir reçu de l’argent du terroriste pour identifier la victime et trois amis de l’assaillant qui s’étaient livrés spontanément, l’un qui l'aurait conduit sur place et un autre qui l'aurait accompagné pour l’achat d’une arme qui a servi pour l'attentat[69]. Selon le procureur national antiterroriste, il y a un « lien de causalité évident » entre la campagne de dénigrement lancée par Brahim Chnina contre Samuel Paty et sa décapitation. Samuel Paty a « nommément été désignée comme une cible sur les réseaux sociaux » à cause d'une « réinterprétation » de la polémique dans le but de l’instrumentaliser[46]. Brahim Chnina, Abdelhakim Sefrioui et deux jeunes femmes ayant aidé Anzorov sont mis en examen pour « complicité d’assassinat terroriste » et une troisième relation pour « association de malfaiteurs terroriste en vue de commettre des crimes d’atteintes aux personnes ». Tous sont placés en détention provisoire, sauf Brahim Chnina, qui a toutefois été incarcéré dans l’attente d’un débat sur cette question[60]. Deux collégiens, âgés de 14 et 15 ans, sont accusés d’avoir désigné l’enseignant en échange d’une « somme de 300 ou 350 € » sont mis en examen pour « complicité d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste » et placés sous contrôle judiciaire[60].

Réactions

En France

Des pouvoirs publics

Hommage à Samuel Paty à Saint-Denis le 17 octobre 2020.

Le président de la République, Emmanuel Macron, se rend le soir même sur les lieux de l'attentat, devant le collège de Conflans-Sainte-Honorine. Il déclare alors : « Un de nos concitoyens a été assassiné parce qu’il enseignait, apprenait à ses élèves la liberté d’expression, de croire ou ne pas croire. Notre compatriote a été la victime d’un attentat terroriste islamiste caractérisé (…) Il n’y a pas de hasard si ce soir c’est un enseignant que ce terroriste a abattu parce qu’il a voulu abattre la République dans ses valeurs. Les Lumières, la possibilité de faire de nos enfants, d’où qu’ils viennent, qu’ils croient ou qu’ils ne croient pas, quelle que soit leur religion, d’en faire des citoyens libres. Cette bataille c’est la nôtre et elle est existentielle ». Il ajoute : « (…) tous et toutes, nous ferons bloc. Ils ne passeront pas. L’obscurantisme et la violence qui l’accompagne ne gagneront pas. Ils ne nous diviseront pas. C’est ce qu’ils cherchent et nous devons nous tenir tous ensemble ». Le chef de l'État rend hommage à « la proviseure qui, avec un courage remarquable ces dernières semaines, a tenu face à toutes les pressions, a exercé son métier, fait son devoir avec un dévouement remarquable »[70],[71].

Le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, dénonce une vidéo « mensongère » faite pour « créer du conflit, et à la fin ça a créé une tragédie »[23]. Il annonce par ailleurs que lors de la rentrée scolaire le aura lieu une minute de silence en hommage à Samuel Paty dans toutes les écoles, dans le cadre d'une « séance éducative » et précise que chaque perturbateur sera sanctionné[72].

En séance à l'Assemblée nationale, le jour même, les députés se lèvent pour « saluer la mémoire » de l’enseignant[73]. Après les sénateurs en séance la veille, le , les députés observent une minute de silence sur les marches du palais Bourbon, avant d'entonner La Marseillaise. Une minute de silence est également observée en début de séance l'après-midi. Le président Richard Ferrand y salue la mémoire de Samuel Paty, le qualifiant d'« éclaireur de conscience » et souligne que « la vie d’un professeur est sacrée (…), la liberté de propager le savoir est sacrée, (…) la liberté d’expression, de la presse et des caricaturistes est absolue (…), le modèle de la laïcité à la française constitue un trésor national »[74]. Le , Emmanuel Macron promet que les mesures contre l'islam radical seraient intensifiées[75].

Du public

Manifestation place de la République à Paris le 18 octobre 2020.
Rassemblement sur la place de la République à Belfort le 18 octobre 2020.

Le , plusieurs dizaines de milliers de personnes forment des rassemblements de protestation contre cet attentat dans plusieurs villes françaises[76]. Le même jour, un grand rassemblement a lieu place de la République à Paris, auquel se joint brièvement le Premier ministre Jean Castex[77].

Une marche blanche en hommage à Samuel Paty se déroule le à Conflans-Sainte-Honorine à partir du collège du Bois-d’Aulne. Les participants, dont de nombreux élus locaux, observent une minute de silence suivie par des applaudissements nourris[74].

Des partis politiques

Olivier Faure (Parti socialiste) estime le 18 octobre que l'attentat traduit « la volonté de faire obéir la République à un ordre supérieur ». Il ajoute que « nous sommes à un tournant. Notre réaction doit être puissante » et qu'« il faut ouvrir la voie à la dissolution de toutes les associations — parées parfois d’un vernis caritatif — qui se constituent dans le but réel de diffuser et entretenir la haine »[78].

Le , Marine Le Pen (Rassemblement national) se rend à Conflans-Sainte-Honorine pour déposer une gerbe devant le collège de l'enseignant décapité, puis quelques heures plus tard, réclame une « législation de guerre » contre l'islamisme, qui s'inscrive dans une « stratégie de reconquête » républicaine et pas seulement « d'endiguement »[79].

Le même jour, Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) dénonce l'islam politique et demande l'expulsion des Tchétchènes impliqués dans l'islamisme politique[80].

Toujours le 19 octobre, Christian Jacob (Les Républicains) déclare qu'« évoquer aujourd'hui l'islamisme radical et le communautarisme en disant qu'il n'y a pas de lien avec l'immigration, c’est se voiler la face ». Il ajoute : « à partir du moment où des individus sont en lien avec des mouvements islamistes qui prônent la haine et la violence, pour ne pas dire le meurtre, qu'est-ce qu'ils font encore sur notre territoire s'ils sont étrangers ? Il ne doit pas y avoir de débat là-dessus »[81].

Une partie de la droite exprime son refus des commémorations, jugées inutiles, et son désir d'action : pour le sénateur Bruno Retailleau (Les Républicains), il faut « des armes, pas des larmes » ; il ajoute : « Les bougies n’arrêteront pas l’incendie, les pleurs ne nous protégeront pas des tueurs islamistes »[82]. Le sénateur ne participe donc pas au rassemblement parisien du , de même que d'autres représentants des Républicains, dont la députée européenne Agnès Evren qui déclare : « Les précédentes marches, je les ai toutes faites, mais ça suffit la compassion ». Les représentants du Rassemblement national décident eux aussi de ne pas prendre part à cette manifestation[82].

Autres

Des imams de la communauté musulmane en France ont condamné le meurtre de l'enseignant, appelant à ce que l'islam ne soit pas associé à de tels actes odieux[83]. Dans un tweet, Chems-Eddine Hafiz, recteur de la grande mosquée de Paris, appelle les imams de sa fédération à consacrer leur prêche du vendredi suivant à la mémoire de Samuel Paty et à la lutte contre le terrorisme islamiste[84].

L'hebdomadaire Charlie Hebdo réagit en déclarant que « l’intolérance vient de franchir un nouveau seuil et ne semble reculer devant rien pour imposer sa terreur à notre pays. Seule, la détermination du pouvoir politique et la solidarité de tous mettront en échec cette idéologie fasciste. Cet acte immonde endeuille notre démocratie mais doit nous rendre plus combatifs que jamais pour défendre notre Liberté »[85]. Le magazine L'Express[86] et le magazine Marianne décident en concertation de republier les deux caricatures pour réaffirmer le droit à la liberté d'expression, Marianne y ajoutant des caricatures de Charlie Hebdo sur d'autres religions[24].

Le SNES-FSU, syndicat majoritaire des enseignants du second degré, a appelé les personnels de l'Éducation nationale à observer une minute de silence le jour suivant et à de nombreux rassemblements[87].

À l'étranger

Le Haut Représentant des Nations Unies pour l’Alliance des civilisations (UNAOC), Miguel Ángel Moratinos, déclare qu'« un crime aussi odieux est injustifiable à tout moment, en tout lieu et par qui que ce soit ». La directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, rend hommage à Samuel Paty[88].

Le , les députés européens en séance à Bruxelles observent une minute de silence à la mémoire de Samuel Paty. En présence de la vice-présidente de la Commission européenne, Margrethe Vestager, le président David Sassoli déclare que la « terreur se combat par l'éducation, par l’enseignement, auquel Samuel Paty croyait »[89].

Rached Khiari, un député tunisien islamiste[90] élu sous la bannière du parti islamiste et francophobe Coalition de la dignité[91], qui « tenait jusqu'en 2019 le site d'information islamiste Al Sada[92] », publie un message de justification de l'attentat[93]. Le parquet antiterroriste tunisien ouvre une enquête.

Dès le 19 octobre, l'attentat figure en première page de plusieurs grands journaux notamment en Allemagne, en Espagne, en Italie, aux États-Unis, au Royaume-Uni. Le journal italien La Repubblica écrit : « nous assistons à un renversement culturel qui censure les enseignants et viole l'autonomie intellectuelle de nos enfants »[94].

Au Liban, pour le journaliste syrien Walid Brakssieh, les réactions de certains musulmans qui soutiennent le terroriste, montrent « à nouveau que le monde musulman et le monde non-musulman deviennent de plus en plus intolérants l'un envers l'autre. Cette idée de l’incompatibilité est applicable à d’autres religions dont on peut dire qu’elles constituent un obstacle à l’évolution de l’humanité après avoir été à une époque un facteur de la civilisation humaine à travers sa contribution directe à la formation d'États et d'empires historiques ». Il fait également le parallèle entre la justification de l'attentat avec les justifications de certains occidentaux des crimes de guerre commis par Bachar el-Assad au nom de la lutte anti-terroriste[95].

Ramzan Kadyrov, dirigeant de la république de Tchétchénie qui appartient à la Fédération de Russie refuse tout amalgame et objecte que « un criminel n’a pas de nationalité. Les Tchétchènes n’ont rien à voir là-dedans » mais nuance toutefois son propos en remettant en cause le droit au blasphème français en expliquant que « cette tragédie nous pousse à réfléchir au fait que la société française confond souvent démocratie et permissivité excessive, ou affichage de relations inadmissibles aux valeurs de l’islam ». Pour l’ambassade de Russie en France, « ce crime n’a aucun rapport avec la Russie, car cet individu demeurait en France depuis douze ans et sa famille avait été acceptée par la patrie française »[96].

Dans les jours qui suivent le discours à la Sorbonne du président de la République lors de l'hommage national du 21 octobre à Samuel Paty où Emmanuel Macron promettait de ne pas renoncer aux caricatures, les appels au boycott de produits français se multiplient sur les réseaux sociaux dans plusieurs pays musulmans ou territoires du Moyen-Orient dont le Koweït et le Qatar. L'Élysée dénonce « une campagne islamiste contre la France » menée surtout par des turcs qui diffusent une « propagande absurde, par exemple que le président a décidé de projeter les caricatures de Mahomet sur les bâtiments publics »[97]. Dans un contexte de relations tendues entre la Turquie et la France, l’Élysée dénonce des propos « inacceptables » du président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a mis en question à trois reprises « la santé mentale » d'Emmanuel Macron cause de son attitude selon lui hostile envers les musulmans. Le président Macron rappelle à Paris l’ambassadeur de France, « un acte diplomatique rare ». L'Élysée note également « l’absence de messages de condoléances et de soutien du président turc après l’assassinat de Samuel Paty » le 24 octobre[98]. En retour, le ministère des Affaires étrangères turc rappelle un tweet du 17 octobre de l'ambassadeur de Turquie en France : « Horrifié par le meurtre atroce d'un professeur à Conflans-Sainte-Honorine. Rien ne peut justifier cela. Mes condoléances à ses proches »[99].

Le président russe Vladimir Poutine présente ses condoléances à Emmanuel Macron au cours d'un entretien téléphonique le 20 octobre 2020[100]. Le président américain Donald Trump fait également part de ses condoléances durant un rassemblement de campagne le 17 octobre 2020[101].

Hommage national

Le 21 octobre 2020, un hommage national est rendu à Samuel Paty à la Sorbonne. Cet hommage qui relève des obsèques nationales a été décidé par décret du président de la République[102]. L'organisation de la cérémonie a été convenue en concertation avec la famille qui avait été reçue la veille à l'Élysée par le président Macron[103]. La remise des décorations a lieu à huis clos avant le début de l'hommage dans la grande cour de la Sorbonne. À l'Élysée, le drapeau est en berne dès le matin même, ainsi que sur l'ensemble des bâtiments publics de France.

En accord avec la famille, la Sorbonne a été choisie de préférence aux Invalides compte tenu des circonstances et en hommage à la profession de Samuel Paty, parce qu'elle est le symbole de l'enseignement et de l'esprit des Lumières[104]. Ce lieu avait déjà été choisi pour un hommage aux victimes du terrorisme. François Hollande s'y était rendu en 2015 pour une minute de silence à la mémoire des victimes des attentats du 13 novembre, parmi lesquelles figuraient beaucoup de jeunes, d'étudiants et d'enseignants[104].

La cérémonie se déroule en présence du président de la République, du Premier ministre et des membres du gouvernement, ainsi que des présidents des chambres parlementaires et de l'ancien président François Hollande. En raison de la pandémie de Covid-19, l'assistance est limitée à 400 personnes. Parmi eux, une centaine d’élèves de différents établissements d’Île-de-France et les représentants du culte musulman en France, le Conseil français du culte musulman (CFCM)[104].

Porté par des gardes républicains, le cercueil du professeur entre dans la grande cour de la Sorbonne au son de la chanson One, du groupe U2[105].

Plusieurs textes sont lus : le texte Aux instituteurs et institutrices de Jean Jaurès, le poème À Samuel, écrit pour la circonstance par Gauvain Sers, et la lettre d’Albert Camus à son instituteur Louis Germain, écrite le jour où il a reçu le prix Nobel de littérature[105].

Emmanuel Macron prononce alors un discours dans lequel il rend hommage à Samuel Paty, réaffirme les valeurs de la République[105] et déclare au sujet des caricatures :« Nous ne renoncerons pas aux caricatures, aux dessins »[106]. À la suite de cela, l'orchestre à cordes de la Garde républicaine enchaîne sur une version non-militaire de La Marseillaise, chantée par le chœur de la Maîtrise de Radio France. Une minute de silence est ensuite observée. Pour terminer, l'orchestre seul joue un mouvement de la symphonie nº 3, K 18, traditionnellement attribuée au jeune Wolfgang Amadeus Mozart.

Actions publiques consécutives à l'attentat

Mesures gouvernementales

Le , l'Élysée annonce que les auteurs de 80 messages de soutien au terroriste signalés par la plateforme Pharos seront contrôlés par la police ou la gendarmerie avec des convocations de leurs auteurs ou des perquisitions. La sécurité des établissements scolaires sera renforcée pour la rentrée du . Gérald Darmanin et Éric Dupond-Moretti annoncent « un plan d'action qui va se mettre en œuvre dès le courant de la semaine et donnera lieu à des actions concrètes contre les structures, associations ou personnes proches des milieux radicalisés » qui répandent des appels à la haine pouvant provoquer des attentats. Le projet de loi sur le séparatisme pourrait être « enrichi » ou « amélioré » et il sera mis en place un « contre-discours » à la propagande radicalisée, le discours d'Emmanuel Macron aux Mureaux avait par exemple été « dévoyé » par certains pays qui en faisaient une « croisade anti-musulmans »[107]. Gérald Darmanin annonce qu'il proposera en Conseil des ministres la dissolution des associations CCIF et de Barakacity afin de lutter contre l'« islamisme rampant », considérant que le CCIF serait « manifestement impliqué » puisque le parent d'élève qui a lancé la première vidéo l'a cité[108],[109]. Le CCIF indique toutefois « aucune action n’avait été entamée » par son équipe, qui en était encore « à l’étape des vérifications d’informations »[109].

Le gouvernement dit aussi réfléchir au remplacement de Jean-Louis Bianco et Nicolas Cadène à la tête de l'Observatoire de la laïcité, à l'initiative de « partisans d’une laïcité de combat, qui voudraient étendre l’exigence de neutralité religieuse à l’espace public », et qui considèrent que la loi de séparation des Églises et de l'État de 1905 est trop libérale[110]. L'articulation entre laïcité et lutte contre les communautarismes a fait l'objet de plusieurs polémiques au cours des années précédentes, et montre un clivage des positions aussi bien au sein de la gauche — opposant Manuel Valls et ses proches à l'Observatoire — que du parti présidentiel[111].

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin annonce demander aux préfets de préparer l'expulsion de 231 étrangers qui se trouvent dans le fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste, 180 sont déjà en prison, les autres devraient être arrêtées[112] Le 19 octobre, le ministre annonce la fermeture de la mosquée de Pantin (Seine-Saint-Denis), dont l’imam M'hammed Henniche avait relayé sur sa page Facebook une vidéo dénonçant le cours sur les caricatures[113],[114]. Les autorités veulent la fermer pendant 6 mois, considérant la mosquée comme un repaire de la «  mouvance islamiste radicale », ayant des « liens avec le salafisme », fréquentée par « des personnes impliquées dans la mouvance djihadiste » et dont un des imams, Ibrahim Doucouré serait « impliqué dans la mouvance islamiste radicale d’Île-de-France ». Cette décision soulève l'incompréhension des pratiquants qui considèrent que la mosquée n’est pas fréquentée pas des extrémistes, ainsi que du maire de Pantin, Bertrand Kern. Le responsable de la mosquée M'hammed Henniche, évoque « une maladresse » d'avoir relayé la vidéo sans avoir « supprimé ni même modéré l’adresse du collège », ne validant pas le discours du parent d'élève sur les caricatures car ayant craint une « discrimination » « quand les musulmans ont été pointés dans la classe »[115].

Le gouvernement annonce un enrichissement des dispositions du projet de loi contre les séparatismes, avec une possible reprise des objectifs du projet de loi contre les contenus haineux sur internet de la députée Laetitia Avia censuré par le Conseil constitutionnel[116],[117]. La ministre Marlène Schiappa réactive le groupe de contact permanent — en sommeil depuis 2019 — afin d'améliorer la réactivité opérationnelle en matière de lutte contre la propagande terroriste sur le Net[118].

Le à Bobigny, le président de la République Emmanuel Macron, qui y présidait une séance de la cellule de lutte contre l’islamisme et le repli communautaire, annonce la dissolution du collectif Cheikh Yassine fondé et animé par Abdelhakim Sefrioui, précisant que d'autres décisions de ce type suivront[74]. Le collectif est dissous le lendemain en Conseil des ministres[119].

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin annonce son intention de proposer la dissolution de l'association Barakacity en Conseil des ministres[120]. La dissolution est prononcée par le président de la République après avis du Conseil des ministres par un décret du 28 octobre 2020[121]. Cette dissolution se fonde sur les dispositions de l’article L. 212-1 du Code de la sécurité intérieure (ex-loi du 10 janvier 1936 sur les groupes de combat et milices privées), et notamment les critères 6° (provocation à la discrimination) et 7° (provocation au terrorisme) [122]. D'après le ministre, cette association « incitait à la haine, entretenait des relations au sein de la mouvance islamiste radicale, se complaisait à justifier des actes terroristes »[123].

Mesures de police et de renseignement

Le rôle indirect dans l'assassinat de mouvements se réclamant musulmans, mais jugés islamistes radicaux par les services de renseignement et le gouvernement, inquiète ces derniers. Selon Laurent Nuñez, coordinateur national du renseignement et de la lutte antiterroriste, ces mouvements « minoritaires, cherchent à convaincre les musulmans que la France serait un pays islamophobe. Ils cherchent à les instrumentaliser, à créer un conglomérat. Et au moindre incident, ils se mettent à l’œuvre ». Leur discours s'est amplifié avec « le procès Charlie, la republication des caricatures et le discours du président Macron sur une prochaine loi destinée à renforcer la laïcité et à lutter contre le séparatisme islamiste ». Selon une source proche du gouvernement qui répond à l'AFP « depuis un mois particulièrement, il y a convergence et mobilisation de trois courants d'islamistes : Les musulmans dirigé par Marwan Muhammad, ancien porte-parole du Collectif contre l'islamophobie en France, le CCIF et Barakacity » qui « ont pris aujourd'hui le lead [la tête] de l'islamosphère, avec une démarche politique, religieuse, radicale, de haine contre la France. Pour eux, la France est un État raciste, islamophobe, le pays impie et mécréant absolu, ils veulent le chaos et la guerre civile pour élaborer un nouvel ordre autour de la charia ». Marwan Muhammad conteste ces accusations déclarant que « notre discours de fond est une déclaration d'amour à la France. Nous ne sommes pas là pour nous opposer à notre pays »[124].

Lundi 19 octobre 2020, après une perquisition dite administrative[125], Bilal Righi, président de l’association caritative[126] Ummah Charity est placé en garde à vue pour avoir lancé une cagnotte de soutien à Brahim Chbina, père d'élève qui menait campagne contre Samuel Paty[127].

Une enquête est ouverte au sujet du site néo-nazi Démocratie participative, lequel avait diffusé les images de la victime décapitée. Une plainte a été déposée par l'Association française des victimes du terrorisme pour « publication incitant au terrorisme ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine »[128].

Notes et références

Notes

  1. 3 janvier à Villejuif (1 mort, 2 blessés) ; 5 janvier à Metz (attaque contre des policiers) ; 4 avril à Romans-sur-Isère (2 morts, 5 blessés) ; 27 avril à Colombes (3 motards policiers blessés) ; 25 septembre à Paris, près des anciens locaux du journal Charlie Hebdo (2 blessés).
  2. Samuel Paty a donné son cours d'éducation civique à deux classes, la 4e 4 et la 4e5. En révélant le procès verbal des réponses du professeur aux policiers, Franceinfo a souligné que la collégienne l'accusant de discrimination a situé au 5 octobre le cours d'éducation civique de sa classe, alors qu’il a eu lieu le 6 octobre,[27] jour où elle était absente. Le lundi 5 octobre, Samuel Paty avait cours avec la 4e4, celle de l'adolescente qui l'a accusé, mais pas d'éducation civique. Lors de ce cours, il prévient les élèves qu’il va présenter les caricatures le lendemain, mardi 6 octobre[28] et ce jour là aucun des élèves n'a quitté le cours. [28]

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