Bélarus

République de Biélorussie
République du Bélarus

(be) Рэспубліка Беларусь

(ru) Республика Беларусь

Drapeau
Drapeau de la Biélorussie.
Blason
Emblème de la Biélorussie.
Hymne en biélorusse : Мы, беларусы (My, Bielaroussy, « Nous, les Biélorusses »)
Fête nationale
· Événement commémoré Libération de Minsk ()
Description de l'image Europe-Belarus.svg.
Description de l'image Biélorussie-carte.png.
Administration
Forme de l'État République constitutionnelle à régime présidentiel
Président Alexandre Loukachenko
Premier ministre Roman Golovtchenko
Parlement Assemblée nationale
Chambre haute
Chambre basse
Conseil de la République
Chambre des représentants
Langues officielles Biélorusse et russe
Capitale Minsk

53°55′N 27°33′E

Géographie
Plus grande ville Minsk
Superficie totale 207 600 km2
(classé 86e)
Superficie en eau Négligeable
Fuseau horaire UTC + 3
Histoire
République populaire biélorusse
République socialiste soviétique de Biélorussie (URSS)
Indépendance de l'URSS
Reconnaissance
Constitution actuelle
Démographie
Gentilé Biélorusse
Population totale (2020[1]) 9 477 918 hab.
(classé 90e)
Densité 46 hab./km2
Économie
PIB nominal (2014) en augmentation 77,171 milliards de dollars
PIB (PPA) (2014) en augmentation 171,175 milliards de dollars
PIB nominal par hab. (2014) en augmentation 8 195 $
PIB (PPA) par hab. (2014) en augmentation 18 178 $
IDH (2019) en augmentation 0,823[2] (très élevé ; 50e)
Monnaie Rouble biélorusse (BYN​)
Divers
Code ISO 3166-1 BLR, BY​
Domaine Internet .by et .бел
Indicatif téléphonique +375

La Biélorussie, ou le Bélarus[3],[4], en forme longue la république de Biélorussie ou la république du Bélarus, est un pays d'Europe orientale sans accès à la mer, bordée par la Lettonie au nord, par la Russie au nord-est et à l'est, par l'Ukraine au sud, par la Pologne à l'ouest et par la Lituanie au nord-ouest.

Le pays, vaste plaine au climat continental, est couvert à 40 % de forêts[5], dont une forêt primaire abritant des espèces animales disparues dans le reste de l'Europe. Les principales ressources du pays, au sous-sol pauvre, sont l'agriculture et l'industrie. Au sud du pays se trouve la région historique de Polésie, dont la partie orientale, difficile d'accès, surtout pour les étrangers occidentaux, reste contaminée par les radiations de l'explosion en 1986 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, de même que le nord de l'Ukraine.

La Biélorussie, peuplée de 9 477 918 habitants[1], connaît une des densités de population les plus faibles du continent : 46 hab/km2. Les Biélorusses vivent majoritairement en milieu urbain ; les plus grandes villes du pays sont Minsk (la capitale), Homiel, Hrodna, Mahiliow, Brest, Vitebsk et Babrouïsk.

Le pays fait partie du foyer d'origine des langues slaves. Son territoire fut autrefois inclus dans de grandes puissances : Rus' de Kiev, Grand-duché de Lituanie, Royaume polono-lituanien, Empire russe et Union des républiques socialistes soviétiques. Au sein de cette dernière, la Biélorussie fut l'une des républiques soviétiques. Elle devint indépendante lors de la dislocation de l'URSS, en 1991. Les relations avec la Russie sont très étroites, notamment linguistiquement et économiquement ; les deux pays ont même envisagé de s’unir.

Dans les années 1990, comme son voisin russe, la Biélorussie a adopté l'économie de marché, mais a limité la privatisation de son industrie et de son agriculture, évitant ainsi d'importer ses tracteurs, ses réfrigérateurs et ses produits agricoles : les inégalités sont moins fortes qu'en Russie. La Biélorussie a ainsi conservé un système d’État-providence reposant notamment sur la gratuité de l'éducation et de la santé[6]. Depuis juillet 2010, la Biélorussie, la Russie et le Kazakhstan ont formé une union douanière, supprimant notamment les contrôles à leurs frontières communes.

En 2018, selon ses statistiques officielles, la Biélorussie est classée 53e sur 189 pays selon l’indice de développement humain de l’ONU, et se trouve dans le groupe des États avec un « très haut développement ». Elle présente un taux de mortalité infantile très bas de 2,9 (contre 6,6 en Russie ou 3,7 au Royaume-Uni). Le taux de médecins par habitants s’élève à 40,7 pour 10 000 habitants (le chiffre est de 41,9 en Suède, 32 en Finlande et 26,7 en Roumanie). Le taux d’alphabétisation est estimé à 99 %. Selon le Programme des Nations unies pour le développement, le coefficient de Gini (indicateur d’inégalités) est l’un des plus bas d'Europe[7].

La plupart des gouvernements et médias occidentaux considèrent la Biélorussie comme l’un des derniers régimes autoritaires d’Europe. La vague de démocratisation des pays de l'Europe centrale et orientale consécutive à la chute des régimes communistes en Europe a été réprimée dès 1992, sous la présidence de Stanislaw Chouchkievitch. L’actuel président biélorusse, Alexandre Loukachenko, ainsi que la majorité de ses proches collaborateurs, sont interdits de visa au sein de l’UE et aux États-Unis en février 2011, en raison de pratiques politiques qualifiées de dictatoriales et répressives[8]. L’UE abandonne ces sanctions en 2016[9] en raison de la crise ukrainienne et du rôle médiateur qu’y a joué la Biélorussie. À partir de l’été 2020, en raison de sa réélection avec un score de 80 % considérée comme entachée de lourdes fraudes, Alexandre Loukachenko fait face au soulèvement d’une partie de la population biélorusse qui manifeste régulièrement et massivement son mécontentement.

Toponymie

Drapeau et armoiries de la Biélorussie au poste frontière de Terespol (Brest).

En français, le nom du pays a connu plusieurs variantes : appelé Russie blanche ou Ruthénie blanche dans les atlas du début du XXe siècle, puis Biélorussie (francisation du russe Белоруссия, Béloroussia) pendant toute la période soviétique, le pays, indépendant depuis 1991, est souvent nommé Bélarus dans les documents officiels. La dénomination officielle de l'ONU en français est République de Bélarus (proposée par le gouvernement biélorusse lui-même), adaptation française de la transcription approximative de Беларусь (Biélarous’). La Commission d'enrichissement de la langue française[10], la Commission nationale de toponymie (française), les ministères français des Affaires étrangères et de l'Éducation nationale, l'Académie française, l'Institut national de l'information géographique et forestière (IGN) et la Commission de toponymie du Québec recommandent l'usage du terme français Biélorussie[11]. L'ambassadeur de Biélorussie en France a demandé à la Commission de toponymie de revoir sa position (séance du 11 décembre 2007), mais un revirement semble peu probable.

Cette demande s'explique par la volonté des Biélorusses de construire une identité nationale à partir de l'héritage la Rous' (Русь) médiévale (IXe – XIIIe siècles), héritage historiquement partagé avec la Russie et l'Ukraine et creuset culturel commun, alors qu'ils récusent une différenciation historique et une existence nationale récentes qui seraient issues de son appartenance à l'Empire russe. Ces deux dénominations ne sont donc pas neutres : Biélorussie renvoie au nom de la Russie, alors que Bélarus renvoie au nom de la Rous'[réf. souhaitée].

Depuis le , les autorités biélorusses utilisent, dans leurs textes officiels et dans toutes les langues, la forme Belarus[12]. Elles demandent aux autres pays d'en faire autant, quelle que soit la langue, sans tenir compte des particularités grammaticales et orthographiques de chacune d'entre elles, ni des autorités compétentes pour la normalisation de chaque langue[13]. Le russe est l'une des deux langues officielles de la Biélorussie ; on y trouve le terme Беларусь (Bélarous’) dans les documents imprimés en russe en Biélorussie. Le terme Белоруссия (Béloroussia) est en revanche utilisé dans la plupart des documents en russe imprimés en Russie et ailleurs.

L'ajout de бела- (biéla-) « blanche » à la Русь (Rous’) (ou Ruthénie) pourrait provenir des Tatars baltiques pour désigner la partie de la Rous’ qui leur payait tribut, ou bien, au contraire, de l'adjectif белая (bélaïa) signifiant « franche » c'est-à-dire exemptée de tribut[14].

Histoire

Carte des Voïvodies du Grand-Duché de Lituanie.

Origines et formation

Le sud de la Biélorussie est pendant l'Antiquité le berceau des Protoslaves. D'après les fouilles archéologiques, ceux-ci se concentraient entre la Vistule et le haut-Dniepr. Les peuples slaves se dispersent lors des Invasions barbares, et s'installent dans toute la moitié orientale de l'Europe, où ils constituent ensuite une multitude d'États, qui seront plus tard évangélisés.

Moyen Âge

Le grand-duché de Lituanie et le royaume de Pologne en 1619.

Au Xe siècle, la principauté de Polotsk gouvernait l'actuel territoire de la Biélorussie : c'était un État peuplé par des Slaves de l'Est. En 1067, Minsk apparaît dans les chroniques. La principauté est incluse en 1129 dans la Rus' de Kiev. Lors de la séparation des Églises d'Orient et d'Occident, leurs souverains et populations choisissent l'obédience orthodoxe. Les invasions des Mongols et de la Horde d'or au XIIIe siècle provoquent la chute de la Rus' de Kiev et sa dislocation en une multitude de petits fiefs. La principauté de Polotsk, sur le déclin, intègre le Grand-duché de Lituanie, capable de la protéger d'autres invasions. Le Grand-Duché est majoritairement constitué des territoires actuels de la Lituanie et la Biélorussie ; ses autres territoires sont le nord de l'Ukraine et la région de Smolensk.

En 1386, le Grand-duché de Lituanie s'unit au Royaume de Pologne et, les deux États forment en 1569 la République des Deux Nations. Minsk, Brest, Polotsk, Vitebsk, Navahroudak et Mstsislaw sont chefs-lieux de voïévodies. Le découpage administratif de l'époque préfigure celui des voblasts de la Biélorussie d'aujourd'hui.

Époque moderne

Magnus Ducatus Lithuania, Tobias Lotter, 1780.

En 1517, l'humaniste Francysk Skaryna publie la première bible en biélorusse[15] ; c'est le premier témoignage imprimé de la langue.

Au début du XVIIIe siècle, lors de la grande guerre du Nord, la Biélorussie actuelle est traversée par les armées belligérantes : suédoise, puis russe. Le pays décline. La Russie, la Prusse et l'Autriche profitent de la fragilité politique qui paralyse la République des Deux Nations pour procéder à son partage, en 1772, 1793, puis 1795.

La Biélorussie est alors progressivement annexée par l'Empire russe. Vitebsk, Polotsk et Gomel sont rattachées en 1772, Minsk en 1793 et Brest en 1795. Le dernier territoire, Grodno, fut incorporé en 1808.

Empire russe

Le pays est envahi par les troupes de Napoléon Ier en 1812. Quelques mois plus tard, les Français doivent retraverser la Biélorussie et connaissent là un des épisodes les plus éprouvants de la campagne de Russie, le passage de la Bérézina[16]. Une mission française a conduit sur ce site une première campagne de fouilles en 2012, au moment du bicentenaire. La recherche de vestiges des ponts et des fosses communes des soldats de la Grande Armée a fourni de nombreuses informations, permettant une seconde campagne en 2013[17].

Tout au long du XIXe siècle, la Biélorussie subit fortement l'influence de la culture russe. L'importance de Minsk devient incontestable, et la ville est le foyer de la résistance culturelle biélorusse. Comme les autres régions industrielles de l'Empire, Minsk connaît les premiers mouvements ouvriers, et accueille en 1898 le premier congrès du Parti ouvrier social-démocrate de Russie.

Pendant la Première Guerre mondiale, la Biélorussie est le théâtre de combats entre les Allemands et les Russes, et le front se stabilise sur une ligne allant de Pinsk à Braslaw.

Première indépendance et Seconde Guerre mondiale

Après le traité de Brest-Litovsk entre l'Empire allemand et le gouvernement de Lénine, la Biélorussie se proclame indépendante le 25 mars 1918, et devient la République populaire biélorusse : Minsk est choisie comme capitale. Mais la Russie soviétique n'accepte pas cette indépendance, et envahit le pays. Depuis 1919, la Rada de la République démocratique biélorusse est en exil. En 2017, il s'agit du plus ancien gouvernement en exil.

Le traité de Riga, signé le 18 mars 1921 après la guerre soviéto-polonaise, partage le territoire de la Biélorussie en deux : la partie occidentale est attribuée à la Deuxième République de Pologne, la partie orientale devient la République socialiste soviétique de Biélorussie en 1922, lors de la création de l'Union des républiques socialistes soviétiques.

En septembre 1939, la Biélorussie polonaise sera le point de rencontre des forces allemandes, qui prennent Brest, et des Soviétiques, qui envahissent le pays par l'est. Les nazis remettent la ville et la forteresse aux Soviétiques. La Biélorussie ex-polonaise intègre alors la Biélorussie soviétique.

Le 22 juin 1941, la Biélorussie est envahie par l'Allemagne nazie : Brest est une nouvelle fois l'enjeu de durs combats. La Seconde Guerre mondiale est pour le pays un désastre. La forte minorité juive est alors anéantie : près de 800 000 juifs disparaissent dans les ghettos organisés par les forces d'occupation allemandes ou sont assassinés par les Einsatzgruppen, ce qui représente 90 % de la population juive du pays[18]. Les villages chrétiens seront des centaines à être entièrement incendiés, pour un soldat allemand tué par les partisans, dix otages civils étaient pendus ou fusillés, femmes et enfants inclus. Aucun des belligérants ne respecte les conventions de Genève. Les grandes villes sont presque entièrement détruites, et au total la population est décimée à hauteur de 25 %. Minsk est reprise le 3 juillet 1944 par les troupes soviétiques, dans le cadre de l'opération Bagration, et l'ouest de la Biélorussie peu de temps après. Environ 98 % du patrimoine et des monuments historiques du pays sont détruits.

De 1945 à 1990

Le 24 octobre 1945, la Biélorussie devient membre de l’Organisation des Nations unies, tout comme l'Ukraine. L'Union soviétique dispose ainsi de trois voix à l'Assemblée générale des Nations unies. C'est aussi une récompense concédée par les Alliés pour l'effort de guerre exceptionnel du pays [réf. souhaitée]. À la proposition de Joseph Staline de doter chaque république socialiste soviétique d'un siège à l'ONU, Franklin D. Roosevelt proposa d'en faire autant pour chacun des quarante-huit États des États-Unis. On en resta finalement à ce compromis pour les seules Biélorussie et Ukraine.

Le pays, meurtri par la guerre, se relève peu à peu ; l'industrialisation massive orchestrée par le régime stalinien, permettra la reconstruction des villes avant le début des années 1960.

Le 26 avril 1986, la Biélorussie est touchée par la catastrophe nucléaire de Tchernobyl. Le pays (qui ne possède aucune centrale nucléaire) reçoit environ 70 % des retombées radioactives de l'explosion de la centrale ukrainienne voisine, qui entraîne une contamination « en taches de léopard ». Deux millions de Biélorusses, dont 500 000 enfants, vivent dans les zones contaminées. Les populations ne sont pas évacuées, et elles sont généralement très peu informées[réf. souhaitée].

La Biélorussie n'a jamais été un foyer de contestation au pouvoir central de Moscou[19]. Signe du changement, le pape Jean-Paul II nomme en 1989 le premier évêque catholique biélorusse depuis la guerre. Peu de temps après, le , la Biélorussie proclame sa « souveraineté ». Le c'est alors l'indépendance qui est déclarée[20], alors que Stanislaw Chouchkievitch est élu chef de l’État en septembre.

Le 8 décembre 1991 sont signés les accords de Minsk, qui créent la Communauté des États indépendants, regroupant la Russie et l'Ukraine, puis douze des autres anciennes républiques soviétiques. Minsk est choisie pour accueillir le siège de l'organisation et la Biélorussie rejoint la CEI le 21 décembre.

République de Biélorussie

Le drapeau de la République populaire biélorusse de 1918 et de la Biélorussie indépendante entre 1991 et 1995 est aujourd'hui celui de l'opposition au président actuel Alexandre Loukachenko.

Après un bref intermède démocratique en 1991-1992, la Biélorussie présente le 12 mars 1993 sa candidature au Conseil de l'Europe[21]. Aujourd'hui, la Biélorussie n'en est toujours pas membre, et elle est le seul État européen à ne pas en faire partie. Le pays n'est pas accepté en raison de sa non abolition de la peine de mort[22] et de son gouvernement peu démocratique. Après cet épisode, Alexandre Loukachenko produit un rapport qui mène à la destitution du président Stanislaw Chouchkievitch, pour corruption.

Loukachenko est élu le 10 juillet 1994 président de la République, avec 80 % des voix[23]; il dote la Biélorussie d'une nouvelle constitution à sa convenance. Il appuie sa politique sur la nostalgie du communisme, sous un gouvernement autoritaire. En 1995 et à la suite du référendum organisé par Alexandre Loukachenko le drapeau de la Biélorussie reprend les couleurs de celui de la République socialiste soviétique de Biélorussie. La Biélorussie est également, avec la Transnistrie, l'une des rares anciennes républiques issues de l'ancienne Union soviétique à maintenir le nom de KGB pour ses services de renseignements. En 1996, Loukachenko signe un accord de partenariat avec la Russie, et visite la France pour la première fois. Il fait amender la constitution après un référendum, renforçant le pouvoir présidentiel et allongeant la durée de son mandat de deux ans.

En 1997, le traité d’union russo-biélorusse est signé à Moscou. Ce traité permet à Alexandre Loukachenko et Boris Eltsine d'envisager une union politique et monétaire entre la Russie et la Biélorussie. Le traité instaure également des tarifs préférentiels pour le commerce entre les deux pays, ce qui évite une pénurie à la Biélorussie.

En 1998, la « crise des résidences » secoue les relations diplomatiques entre les pays occidentaux et la Biélorussie : les ambassadeurs occidentaux sont rappelés à la suite de pressions subies en vue de les expulser de la zone résidentielle de Drozdy, jouxtant la résidence du président. Il faut attendre 1999 pour qu'un compromis soit trouvé, et que les ambassadeurs européens et des États-Unis retournent à Minsk.

Le 16 mai 1999, l’opposition organise une élection présidentielle non officielle à la date correspondant à la fin du mandat du président Alexandre Loukachenko, selon les termes précédant la modification de la constitution. Entre 1999 et 2000, quatre personnalités d'opposition ont disparu : Ioury Zakharanka, Viktar Hantchar, Anatol Krassowski (be) et Dmitri Zawadski[24]. En outre, en mars 1999, le politicien d'opposition Henadz Karpenka est mort d'une crise cardiaque[25].

L'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000 freine le processus de rapprochement entre la Russie et la Biélorussie, à cause de ses mauvaises relations avec Loukachenko, notamment sur la question des prix du gaz russe. La Biélorussie continue néanmoins d'être une alliée de la Russie, particulièrement au moment de l'arrivée au pouvoir en Russie de Dmitri Medvedev.

Alexandre Loukachenko est réélu haut la main en 2001, en 2006 (alors que le KGB biélorusse, en dehors de tout contrôle judiciaire, menace de peine de mort les « terroristes » qui oseraient manifester contre les résultats du scrutin[26]), et encore en 2010, malgré un mouvement d'opposition s'inspirant de la révolution orange ukrainienne, mais qui reste beaucoup plus faible numériquement, puis en 2015, et enfin en 2020 malgré une contestation de la population, qui entraîne des manifestations et grèves massives contre les résultats du scrutin.

Politique

Laïcité

La constitution de 1994 fait de la Biélorussie un État laïc. Les religions principales sont le christianisme orthodoxe et le catholicisme (notamment chez la minorité polonaise).

La Biélorussie est considérée comme étant modérément religieuse selon la Swiss Meta Data Base of Religious Affiliation in Europe (SMRE, Université de Lucerne). C’est un pays multiconfessionnel, avec une administration publique faible dans la sphère religieuse[27].

Gouvernement d'Alexandre Loukachenko

Le président Alexandre Loukachenko a été élu en 1994 et réélu en 2001, 2006, 2010, 2015 et 2020. Il conduit une politique dirigiste sur le plan économique, et nationaliste dans ses relations extérieures. La majorité présidentielle le soutenant est formée notamment par :

Le siège du gouvernement biélorusse à Minsk.

Le , Loukachenko est réélu président de la République. Le déroulement de ces élections est contesté par le Conseil de l'Europe[29] et par l'OSCE[30], alors que toute la Communauté des États indépendants qualifie le scrutin de transparent et ouvert[31]. La « République de Bélarus » est parfois désignée comme la « dernière dictature d'Europe »[32],[33],[34]. Le pays est classé dans les régimes autoritaires à partir de l'indice de démocratie qui le place au 125e rang mondial[35]. Le 30 mars 2006, l'Organisation du traité de l'Atlantique nord décide de réévaluer son partenariat avec le Bélarus[36]. Le 16 mai de la même année, les États-Unis interdisent à Loukachenko et à un certain nombre d'officiels biélorusses de se rendre sur le territoire américain[37].

En 2012, l'association Reporters sans frontières, qui dresse une carte mondiale de la cybercensure, place la Biélorussie parmi les ennemis d'Internet[38]. Dans le classement de la liberté de la presse 2015 de Reporters sans frontières, la Biélorussie est classée 157e sur 180 pays[39].

La Biélorussie est le dernier pays européen à pratiquer la peine de mort. Ainsi, Dmitri Konovalov et Vladislav Kovalev, âgés tous deux de 25 ans, sont condamnés à la peine de mort par la Cour suprême de Biélorussie, ces derniers ayant été jugés coupables de l'attentat du métro de Minsk le 11 avril 2011, ayant fait quatorze morts et 204 blessés. Ils ont été exécutés le .

Opposition politique

Le but des opposants biélorusses est de faire barrage au gouvernement d'Alexandre Loukachenko, qu'ils qualifient d'autoritaire, et d'établir une démocratie dans le pays. Au nom de la démocratie ou de la transition démocratique, à Vilnius en Lituanie, des camps de formation informatique ont été fondés pour les mouvements d'opposition . Ces TechCamps[40] forment à l'organisation de l'action politique via internet et les réseaux sociaux[41].

Des nationalistes conservateurs du Parti du front populaire biélorusse au Parti des communistes de Biélorussie, une coalition s'est mise en place, associée à des ONG opposées au gouvernement de Loukachenko.

En octobre 2005, le Congrès des forces démocratiques de Biélorussie a désigné Alexandre Milinkevitch comme candidat à l'élection présidentielle. Le Congrès de forces démocratiques de Biélorussie représente la très grande majorité des partis d'opposition. Les principaux partis qui le composent sont :

  • Bien que leurs liens soient assez évidents avec les partis d'opposition, les associations n'inscrivent pas leur action dans un cadre purement politique.

    Reprenant le nom de l'animal emblématique de Biélorussie, Zubr est une organisation de jeunesse. Elle revendique environ 2 000 membres. Le but de cette organisation est l'établissement de la démocratie en Biélorussie, l'intégration à l'Union européenne et à l'OTAN. Créée en 2001, cette organisation revendique une certaine filiation avec les Serbes de Otpor (étudiants serbes très actifs dans la lutte contre le gouvernement de Slobodan Milošević) et des Ukrainiens de Pora! (actifs dans la révolution orange). Au départ, cette association était surtout estudiantine, beaucoup de ses membres ont par ailleurs été chassés de l'université; elle s'est depuis élargie à l'ensemble de la jeunesse. Mouvement depuis auto-dissous pour se fondre au sein du mouvement d'opposition unitaire.

    • Les Journées de la solidarité

    Cela n'est pas à proprement parler une association. À l'initiative d'Iryna Krassouskaïa, veuve d'Anatol Krassouski, un homme d'affaires proche de l'opposition disparu en 1999, très probablement assassiné, d'Iryna Khalip, journaliste très connue pour son combat contre le gouvernement, et de Mikita Sassim, activiste de Zubr.

    Depuis octobre 2005, tous les seize du mois, les Journées de la solidarité appellent à des manifestations silencieuses aux chandelles pour commémorer l'enlèvement de Viktar Hantchar et d'Anatol Krassouski. Plus largement, cette action a comme but d'appeler à la solidarité envers tous ceux qui luttent pour la démocratie en Biélorussie.

    Depuis 2006, les Jeunes Européens fédéralistes (JEF-Europe), appellent à la mobilisation contre la « dictature de Loukachenko », mobilisation suivie dans plus de 120 villes à travers le monde, chaque année le 18 mars[42].

    Politique extérieure

    Relations avec la Russie

    Avec la Russie, la Biélorussie s'est engagée en avril 1997, dans un processus d'union de type confédéral qui dépasserait les objectifs d'une simple union douanière et monétaire. La dépendance de Minsk en énergie et en termes de débouchés permet à Moscou de préserver son influence dans cette république slave. Fin 2006, la Biélorussie a ardemment négocié le prix de son gaz, qu'elle payait jusqu'à cette date 47 $ pour 1 000 m3 (contre plus de 250 $ alors sur le marché européen). Menaçant de couper les robinets à moins d'obtenir le prix qu'elle demandait, la Russie a obtenu un accord final in extremis le à un prix de 100 $ pour 1 000 m3. Elle a de plus obtenu une compensation, sous la forme de 50 % de titres dans la société gazière biélorusse Beltransgaz (dont le montant affiché de 5 milliards de dollars était estimé surévalué par les experts russes). En réaction, la Biélorussie a appliqué une taxe sur le transit du pétrole russe vers les pays situés plus à l'ouest (45 $/tonne), qu'elle a dû abandonner quelques jours après sous la pression de la Russie. Cette confrontation entre les deux alliés traditionnels s'est déroulée malgré le soutien que la Russie apporte traditionnellement au président Loukachenko, toujours au pouvoir à la suite de l'élection présidentielle controversée du 19 mars 2006, qui lui a valu les critiques des pays européens.

    Le projet d'union politique et monétaire entre la Russie et la Biélorussie n'a cependant pas beaucoup avancé. Cela pourrait être lié aux conflits récurrents sur la question gazière entre la Russie et la Biélorussie, mais aussi sur le nom du futur dirigeant de l'Union[43]. À ces problèmes d'organisation interne s'ajoutent également les problèmes géopolitiques aux frontières ouest et sud-ouest de la Russie, liées aux relations conflictuelles avec les anciens pays membres du pacte de Varsovie devenus membres de l'Union européenne, mais aussi avec les guerres du Caucase[44].

    En 2007 est lancé le projet de centrale nucléaire d'Astraviets, à la suite du conflit d'énergie entre la Russie et la Biélorussie.

    En 2015, la Biélorussie rejoint l'Organisation de Coopération de Shangaï, en qualité d'observateur.

    Relations avec l'Union européenne

    À la suite de l'arrivée au pouvoir d'Alexandre Loukachenko en 1994, les relations bilatérales se sont détériorées et distancées. Bien qu'elles se soient améliorées depuis 2008[45],[46], les résultats de l'élection présidentielle biélorusse de 2010, qui ont été contestés par l'opposition, et ont vu réélire Loukachenko, ont été source de nouvelles tensions.

    Élection présidentielle de 2010

    Après seize années à la tête de la République, Alexandre Loukachenko briguait sans surprise un quatrième mandat consécutif. Le scrutin de décembre 2010 le crédite de 79,67 % des voix. L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) évoque un dépouillement « imparfait », et une élection « loin des principes démocratiques »[47],[48],[49],[50],[51]

    Le dimanche , jour de la proclamation des résultats du scrutin, de nombreuses manifestations protestant contre la falsification des résultats sont émaillées de violences policières[52]. Des portes et fenêtres du siège gouvernemental sont cassées[53], des centaines de manifestants d'opposition arrêtés[54]. Sept des neuf candidats de l'opposition sont arrêtés le même jour. L'Union européenne et les États-Unis condamnent la vague de répression[55].

    Le 22 décembre, alors que la Russie entend « ne pas commenter cette élection, qui est un évènement interne à la Biélorussie et externe à la Fédération russe », le président de la République ukrainienne, Viktor Ianoukovytch reconnaît la victoire de Loukachenko et « félicite le vainqueur, M. Loukachenko, pour sa victoire dans cette élection », tandis que le président de la république du Kazakhstan, Noursoultan Nazarbaïev, « salue la victoire de Loukachenko, et le reconnaît vainqueur de l'élection présidentielle ».

    Sanctions internationales de 2011

    En signe de protestation contre les arrestations d'opposants au gouvernement, et après plusieurs années d'ouverture diplomatique, l'Union européenne et les États-Unis décident début 2011 une série de sanctions, faisant suite à celles initiées en 2006 (puis levées en 2008 après des concessions biélorusses).

    Fin janvier, les sanctions européennes prévoient le gel d'importants avoirs financiers et économiques, ainsi que l'interdiction de visa européen pour 158 personnes dont le président Alexandre Loukachenko, deux de ses fils, le ministre de la défense Iouri Jadobine et le chef du KGB de la Biélorussie, Vadim Zaïtsev[8].

    De leur côté, les États-Unis ont annoncé un nouveau train de sanctions contre la Biélorussie, dont la révocation d'une licence permettant les relations d'affaires entre des citoyens américains et deux filiales de Belneftekhim, la compagnie nationale biélorusse d'hydrocarbures[8].

    Par ailleurs, l'Union européenne a interrompu son dialogue avec la Biélorussie, et l'OSCE a quitté le pays le 31 mars 2011[56], en signe de protestation et sanction.

    Levée de sanctions de l'Union européenne en 2016

    Le 15 février 2016, les ministres des affaires étrangères des États membres de l’Union européenne ont décidé, à l'unanimité de lever la quasi-totalité des sanctions européennes frappant la Biélorussie.

    Trois entreprises et 170 personnalités biélorusses interdites de visas, et dont les avoirs étaient gelés dans l’UE, sont concernées, en tête desquelles le président Alexandre Loukachenko.

    Toutefois, l’embargo sur les armes reste en vigueur, pour une période de douze mois, de même que les mesures restrictives à l'encontre de quatre personnes liées aux disparitions non résolues de deux figures de l’opposition[57].

    Élection présidentielle de 2020

    Après 26 ans au pouvoir, le président sortant Alexandre Loukachenko, se présente pour un 6e mandat à la présidence de la république de Biélorussie. En , les candidats de l'opposition Viktar Babaryka et Sergueï Tikhanovski sont arrêtés et exclus de l'élection présidentielle biélorusse de 2020. La femme de Sergueï Tikhanovski, Svetlana Tikhanovskaïa, se présente à sa place. Viktar Babaryka, considéré comme le principal opposant au Président de la République de Biélorussie, est arrêté par les forces de l'ordre du pouvoir et accusé de « délits financiers ».

    La candidature de Svetlana Tikhanovskaïa est validée par la Commission électorale et réussit à fédérer les partisans de deux autres opposants : Viktar Babaryka (arrêté en juin pour « délits financiers ») et Valéri Tsepkalo (dont les signatures ont été invalidées en grand nombre).

    Pendant sa campagne électorale, elle n'hésite pas à dénoncer le régime autoritaire et dictatorial de Loukachenko et demande la libération de tous les prisonniers politiques biélorusses. Elle accuse également le président de ne pas avoir pris les mesures adéquates nécessaires pour lutter contre la pandémie de Covid-19. Aux côtés de Véronika Tsepkalo, épouse de Valéry Tsepkalo, et Maria Kolesnikova, directrice de campagne de Viktar Babaryka, elle incarne selon certains médias la « révolution des femmes ».

    À la veille du scrutin du , Maria Kolesnikova et la porte-parole de Svetlana Tikhanovskaïa, Maria Moroz, sont arrêtées pour des raisons inconnues.

    L'Union européenne envisage des sanctions contre la Biélorussie à partir du 14 août 2020, en raison de la répression des manifestations[58].

    Le 19 août 2020, suite à une réunion extraordinaire, l'Union européenne annonce ne pas reconnaître le résultat de l'élection présidentielle et annonce des sanctions contre des responsables biélorusses[59].

Découpage administratif

Les voblasts et les raions de Biélorussie.

Les principales divisions administratives biélorusses sont les voblasts (Вобласць en biélorusse). Ces voblasts, au nombre de six, sont nommés d'après leur chef-lieu. Minsk, en tant que capitale et plus grande ville du pays, possède un statut particulier, qui fait d'elle un chef-lieu de voblast et une municipalité autonome.

Les voblasts sont eux-mêmes divisés en d'autres unités, qui varient selon l'environnement. Les principales unités sont les raions et les villes.

Villes

Géographie

Un paysage naturel biélorusse.

La Biélorussie est située sur la bordure orientale de l'Europe, sans accès à la mer. Plus à l'est, c'est la Russie, avec laquelle elle partage 959 km de frontières. Au sud on rencontre l'Ukraine avec 891 km de frontières, à l'ouest la Pologne (605 km de frontières), au nord-ouest la Lituanie (502 km), au nord la Lettonie (102 km). Soit 3 098 km de frontières terrestres au total.

La Biélorussie a une superficie de 207 600 km2.

Le territoire biélorusse est un territoire ouvert (sans limites naturelles précises) et dépourvu d'accès à la mer. Il s'agit d'une grande plaine de faible altitude (159 mètres d'altitude en moyenne), dont le point culminant est le mont chauve, appelé par les Soviétiques mont Dzerjinski (345 mètres).

Ce pays plat possède une des plus vastes régions marécageuses d'Europe (le marais du Pripiat), et est couvert de vastes forêts. Il est aussi sillonné par de grands fleuves (la Dvina et le Niémen, qui drainent les cours d'eau du nord et de l'ouest du pays vers la mer Baltique, et le Dniepr, qui draine ceux de l'est et du sud vers la mer Noire), et aussi par de nombreuses rivières, le territoire étant ponctué de plus de dix mille lacs (le plus grand, le lac Naratch, a une superficie de 79,6 km2) qui lui valent le surnom de « pays aux yeux bleus ». Les terres marécageuses ou humides occupent ainsi presque un tiers du territoire, et les forêts un autre tiers.

La Biélorussie connaît un climat continental et humide. La moyenne annuelle des précipitations varie entre 550 et 700 mm. Les températures maximales d'ouest en est varient de −4 °C à −8 °C en janvier, et de 17 °C à 19 °C en juillet.

Trois grandes régions naturelles sont généralement distinguées :

  • le nord : le climat est rigoureux, les terres pauvres, la densité de la population particulièrement faible ;
  • le centre du pays, plus dense et avec des terres plus riches ;
  • le sud (Polésie et région de Homiel) : marécages et forêts dominent, la densité de la population est faible.

Outre la capitale Minsk (1 950 000 hab.), les principales villes sont Homiel (520 000 hab.), Mahiliow (378 000 hab.), Vitebsk (370 000 hab.), Hrodna (365 000 hab.), Brest (340 000 hab.) et Bobrouïsk (217 000 hab.). Quinze villes comptent plus de cent mille habitants.

Environnement

Les forêts biélorusses occupent 40 % de la superficie du pays. Elles y sont propres, très encadrées et fortement protégées[61].

La Constitution précise que les forêts appartiennent à l’État, il n’y a donc pas de forêts privées en Biélorussie. Cependant, des zones forestières sont louées à des entreprises internationales. Les coupes sont très régulées afin de maintenir une couverture forestière stable et de nombreuses zones sont protégées. Le nombre élevé de gardes forestiers et un niveau de corruption relativement faible permet au pays de mieux faire respecter ses lois que plusieurs de ses voisins, comme l'Ukraine, la Russie ou la Pologne[61].

La politique de protection des forêts est ancienne. Les coupes massives avaient commencé à ronger sérieusement les forêts du pays au début du XXe siècle. En 1945, elles n’occupaient plus que 25 % du territoire de la Biélorussie. Mais à partir des années 1950, la politique environnementale du régime soviétique met l’accent sur l’équilibre entre exploitation et protection des ressources naturelles, si bien qu’au début des années 1990, le pays a retrouvé sa surface forestière du début du siècle[61].

La forêt de Belovejskaïa Pouchtcha est inscrite depuis 1992 au patrimoine de l’humanité de l’UNESCO. Considérée comme « la dernière forêt primaire d’Europe », elle a servi ‒ dès le XVe siècle ‒ de terrain de chasse à l’aristocratie russe. Durant la période soviétique, après la Seconde Guerre mondiale, elle est devenue une zone protégée, vitrine de la politique écologique du régime communiste. Refuge de nombreux mammifères (notamment du Bison d'Europe), elle concentre à elle seule 70 % de la flore de Biélorussie[61].

Économie

Selon un rapport de 2004 de la Banque mondiale, la Biélorussie « a rapidement retrouvé une croissance de son PIB après le choc économique initial résultant de son indépendance, a réduit les niveaux de pauvreté de façon significative, a maintenu une ample couverture de services de santé et d’éducation et a accompli cela sans un accroissement des inégalités. Les mesures politiques mises en place ont réussi à maintenir le niveau de vie et à réduire la pauvreté mieux que dans plusieurs économies en transition »[7].

Après leurs études, les étudiants doivent travailler deux ans à un poste généralement assigné par leur centre universitaire n'importe où en Biélorussie. Toutes les professions sont concernées par le dispositif. Les étudiants diplômés ont également la possibilité de présenter un emploi qu'ils ont eux-mêmes trouvé, mais doivent obtenir l'autorisation de leur université avant de l'exercer. Créé à l’époque communiste et en partie maintenu après l’indépendance de la Biélorussie, ce dispositif est censé répondre à l’« exigence de protection sociale des jeunes diplômés et à la satisfaction des besoins en spécialistes, ouvriers et employés des branches de l’économie et de la sphère sociale ». D'après les autorités, ce système a obtenu de bons résultats en matière de lutte contre la désertification des régions rurales et des petites villes[19].

Les entreprises publiques rassemblent 50 % des salariés et sont à l'origine de 60 % de la production nationale. L'économie biélorusse a connu au milieu des années 2010 des taux de croissance proches des 10 %. Les inégalités sont assez faibles au regard des autres pays européens et si 6 % de la population du pays vivent sous le seuil de pauvreté, ce taux reste inférieur à celui de la Pologne voisine (14,8 %)[19].

Le secteur agricole ne représente que 8 % du PIB (en 2020) mais procure une certaine autonomie alimentaire au pays. Ainsi, moins de 10 % des produits agricoles sont importés en Biélorussie. Le gouvernement d'Alexandre Loukachenko a choisi de maintenir un système agricole collectivisé, préservant ainsi la tradition soviétique. Ce modèle économique s’accompagne d’un modèle social populaire, avec le développement d’un important service public de proximité[62].