Bossa nova
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Nara Leão, « la muse de la bossa nova »[1]
Origines stylistiques Samba[2], jazz[3], musique classique[1]
Origines culturelles Fin des années 1950,
Rio de Janeiro, Brésil Drapeau : Brésil
Instruments typiques Guitare, chant, piano, batterie, flûte, contrebasse, vibraphone, accordéon, orgue Hammond, saxophone, trombone, trompette, basse, violon, cavaquinho, berimbau, tamborim, ganzá, reco-reco, cabasa, congas, bongo, cuíca, agogô, wood-block
Popularité Élevée au Brésil, également appréciée en Europe (notamment en France et en Italie), au Japon, en Amérique du Nord, et en Argentine[4]

Genres dérivés

Tropicália, MPB, Latin jazz, Nu jazz

Genres associés

Lounge, Easy listening, Exotica, World music, Smooth jazz, Jazz fusion, Soul jazz, Jazz-funk

La bossa nova, ou bossanova, ou bossa-nova[5], familièrement la « bossa », est un genre musical issu du croisement de la samba et du cool jazz ayant émergé à la fin des années 1950 à Rio de Janeiro au Brésil et qui est devenu l'un des styles musicaux brésiliens les plus connus dans le monde. La bossa nova se popularise significativement à partir du début des années 1960, d'abord au Brésil puis aux États-Unis et en Europe.

La bossa nova a connu son pic de popularité mondial dans les années 1960, mais est restée appréciée par la suite. Pour beaucoup, la bossa nova est synonyme avec la musique brésilienne[6]. Parmi les morceaux de bossa nova les plus connus figurent les chansons Garota de Ipanema et Insensatez composées par Antônio Carlos Jobim et Vinícius de Moraes.

L'impact de la bossa nova sur la musique mondiale ne s'arrête pas seulement à un nouveau genre musical. La bossa nova a influencé durablement le jazz[7], la musique populaire nord-américaine, la chanson européenne et la musique de film.

Terminologie

Le nom de bossa nova vient du mot portugais du Brésil bossa, qui signifie au premier degré « bosse » (de baleine, de chameau), et peut se traduire au second degré par « onde », « vague » (de la mer), « aptitude », « vocation » (littéralement, « nouvelle vague », « avoir la bosse pour quelque chose ») et dans ce cas précis par « tendance ».

Histoire

Origines

L'arrivée de la bossa nova sur la scène musicale brésilienne provient du rejet de la musique populaire traditionnelle brésilienne de la part de musiciens de Rio de Janeiro[8],[9]. Jusque dans les années 1950, la culture musicale au sein de la classe ouvrière brésilienne était composée principalement de sambas de type carnaval avec une utilisation obligatoirement massive des percussions comme accompagnement. Pour la classe moyenne, la forme dominante de chanson était les ballades, connues sous le nom de samba-canção (pt), similaires aux boléros hispano-américains, offrant des compositions simples, une harmonie standard, des voix douces et des textes sentimentaux, fréquemment mélodramatiques.

Lancement et popularisation

Le style bossa nova est inventé à la fin des années 1950 par un groupe composé principalement du compositeur Antônio Carlos Jobim (également connu sous le nom artistique de Tom Jobim), du chanteur et guitariste João Gilberto, et du poète Vinícius de Moraes.

La popularité de la bossa nova au Brésil débute avec la sortie en mars 1959 de l'album Chega de Saudade, dont les titres ont été enregistrés par João Gilberto aux studios Odéon à Rio en 1958 et au commencement de 1959[10]. Sur ce disque, João Gilberto interprète trois chansons d'Antônio Carlos Jobim (deux sur des paroles de Vinícius de Moraes (Chega de Saudade et Brigas, nunca mais) et une sur des paroles de Newton Mendonça (Desafinado)), trois chansons de Carlos Lyra, deux compositions personnelles, et reprend à sa manière d'anciennes sambas, y compris une chanson de Dorival Caymmi (Rosa Morena).

En 1961, lors d'une tournée au Brésil, le guitariste de jazz américain Charlie Byrd découvre la bossa nova. À son retour, il fait écouter les disques de João Gilberto au saxophoniste Stan Getz. Les deux décident d'enregistrer ensemble en 1962 un album intitulé Jazz Samba qui reprend plusieurs titres de Gilberto. Jazz Samba connait un grand succès et marque le début de la vague de bossa nova aux États-Unis.

Astrud Gilberto au Brésil en 1970.

Dans la foulée de ce succès, Stan Getz enregistre en 1963 un nouvel album, Getz/Gilberto, en collaboration avec João Gilberto, accompagné de sa femme Astrud, et Tom Jobim[3]. La première piste de l'album est la chanson A Garota de Ipanema (The Girl from Ipanema, en anglais), interprétée par Astrud Gilberto. Grâce à ce titre, la bossa nova remporte un succès planétaire lors de la sortie de l'album en 1964.

A Garota de Ipanema et deux autres titres de l'album Getz/Giberto, Corcovado et Desafinado, deviennent des standards de jazz et sont inclus dans le Real Book, « la bible » des musiciens de jazz[11].

De la bossa nova à la MPB

Edu Lobo en 1967.

La bossa nova est née à Rio de Janeiro, alors capitale du Brésil, durant une période de croissance économique et de stabilité politique où l'optimisme était de mise. Les musiciens de bossa nova font partie de la classe moyenne de Rio qui fréquente les clubs de jazz et est influencée par la musique et le cinéma nord-américains. Les paroles des chansons de la bossa nova traitent de thèmes légers comme l'amour, les plages de Rio, ou la beauté des femmes brésiliennes. Avec la fin de la croissance au Brésil au début des années 1960, qui conduit à une grave crise économique, et la prise de conscience des inégalités extrêmes entre les régions, un nombre croissant de brésiliens rejette l'insouciance de la bossa nova[12].

Elis Regina en concert à Rio en 1969.

Au moment où le coup d'État de 1964 instaure la dictature militaire, la bossa nova stricto sensu prend fin au Brésil. Une nouvelle génération d'artistes brésiliens, surnommée la « seconde génération de la bossa nova »[13], et dont font partie des artistes tels que Edu Lobo, Maria Bethânia, Gilberto Gil, Caetano Veloso et Chico Buarque, œuvre à transformer la bossa nova pour qu'elle soit plus en phase avec la réalité politique et sociale du Brésil et qu'elle incorpore d'autres styles musicaux populaires brésiliens comme la samba de Bahia, le choro ou la modinha. Plusieurs créateurs historiques de la bossa nova, à l'instar de Carlos Lyra et de Vinícius de Moraes, rejoignent ce mouvement qui prend le nom de MPB (« Musique Populaire Brésilienne »)[14].

Tom Jobim et Chico Buarque au 3e Festival International de la Chanson à Rio en 1968.

Un autre facteur contribuant à l'émergence de la MPB au Brésil est l'apparition au début des années 1960 de nouveaux talents comme Jorge Ben Jor, Elis Regina et Wilson Simonal. Ces artistes ne cherchent pas à changer la bossa nova mais leur style vocal unique et leur talent scénique ont un impact important sur la bossa et la musique brésilienne en général. En 1965, Elis Regina interprète la chanson Arrastão, composée par Edu Lobo avec des paroles de Vinícius de Moraes, et remporte le premier prix au 1er Festival de Música Popular Brasileira. Cet événement marque le début de la MPB[15].

Sous l'influence de Caetano Veloso et de Gilberto Gil, une variante de la MPB, connue sous le nom de Tropicália, verra le jour en 1967. La Tropicália se distingue de la MPB par l'addition du rock psychédélique dans le mix musical. Le genre ne survivra pas le déclin du rock psychédélique qui s'observe à partir de 1969 aux États-Unis et en Europe.

In fine, la bossa nova s'est enrichie de l'apport musical de la MPB et vice versa. Plusieurs albums importants de la bossa nova comme Stone Flower d'Antônio Carlos Jobim paru en 1971, João Gilberto de João Gilberto paru en 1973, et Elis & Tom paru en 1974, ont bénéficié de l'influence de la MPB. De même, une part non-négligeable du répertoire de la MPB est de style bossa nova. On peut par exemple citer l'album Domingo de Caetano Veloso et Gal Costa paru en 1967 ou l'album Chico Buarque de Hollanda Volume 3 de Chico Buarque paru en 1968, qui sont tous deux musicalement de style bossa nova. La MPB a permis le maintien de la popularité de la bossa nova au Brésil, en lui évitant de n'être qu'un phénomène de mode.

Héritage musical

La bossa nova a eu un rôle important, non seulement dans l'histoire de la musique brésilienne, mais aussi dans l'histoire de la musique mondiale. Antônio Carlos Jobim a été surnommé le « Georges Gershwin brésilien »[16] et est considéré comme l'un des plus importants contributeurs non-américains du Great American Songbook[17].

Le nouveau style musical brésilien a introduit des harmonies complexes, une relation étroite entre paroles et musique ainsi qu'une préoccupation générale pour l'arrangement et la forme musicale[18]. La bossa nova a eu une influence significative sur la musique populaire américaine des années 1960 et 1970[19], en particulier sur les œuvres de Burt Bacharach[20], de Stevie Wonder, et de Michel Legrand (pour ses compositions écrites aux États-Unis).

La bossa nova a eu également un impact majeur sur le jazz. Si le jazz fait partie de l'ADN de la bossa nova, l'influence de la bossa nova sur le jazz à partir du début des années 1960 a été déterminante.

L'interprétation de la bossa nova telle que l'ont faite les musiciens de Jazz West Coast, comme Stan Getz et Paul Desmond, a conduit a un nouveau style de jazz, souvent appelé lui-même bossa nova, ce qui peut parfois prêter à confusion. On peut lui préférer le nom de jazz samba ou de bossa jazz. Ce nouveau style a eu une grande influence sur le développement ultérieur du smooth jazz.

Horace Silver en 1989.

D'autres musiciens, comme Dizzy Gillepsie et Cal Tjader, qui avaient incorporé les rythmes afro-cubains dans le jazz bebop, créant ainsi le latin jazz, découvrent la bossa nova et ses rythmes afro-brésiliens et travaillent à les intégrer au latin jazz. Parmi les musiciens qui ont contribué à cet effort, on peut citer Lalo Schifrin, Horace Silver et George Shearing.

La nouvelle génération de musiciens de jazz apparue au milieu des années 1950, surnommée « hard bop », génération marquée par le rhythm and blues et le gospel, découvre également la bossa nova et développe un nouveau style que l'on pourrait appeler « hard bossa ». Parmi les musiciens qui créée la « hard bossa », on peut citer Donald Byrd, Herbie Hancock, Joe Henderson et Lee Morgan. Plusieurs musiciens de jazz brésiliens venus aux États-Unis, tels que Airto Moreira et Hermeto Pascoal, les rejoignent et influencent ce mouvement.

Le latin jazz et la « hard bossa » ont eu une grande influence sur les développements du jazz qui ont suivi, tels que le jazz fusion, le soul jazz, et le jazz-funk.

Influences et caractéristiques

La samba

Rythme caractéristique de la bossa nova (ligne de chant)[9].
Rythme de bossa nova à la guitare. Accords sur le chant, version simplifiée ou la noire pointée-croche standard est remplacée par une blanche à la basse.

Dorival Caymmi, l'un des plus importants compositeurs de samba, et João Gilberto, avec la collaboration d’Antônio Carlos Jobim, ont apporté plusieurs innovations et modifications à la samba traditionnelle. La bossa nova n'a pas remplacé le samba mais a offert une alternative musicale aux classes moyennes et dirigeantes. En effet, la bossa nova alterne de nombreux paramètres stylistiques, recherchant une certaine intégration dynamique de la mélodie, une harmonie particulière et un rythme lent tout en adoucissant le rôle du vocaliste en tant qu'élément central du morceau musical.

Au niveau rythmique, la bossa nova reprend à la basse le rythme répétitif du surdo (sorte de grosse caisse) de la samba, en utilisant des croches plutôt que des doubles croches. Le temps fort est également joué plus doucement, tandis-que le 3e temps est accentué[21], et y apporte des rythmes syncopés variés au chant.

Les basses sont jouées sur tonale et quinte, avec plusieurs progressions possibles, voici un exemple :


\relative c'' { 
  \clef bass \time 4/4  g,,,4.^\markup { ligne de basse de bossa nova } g8-. c4. c8 g4. g8-. c4. c8-. 
}

Cette approche musicale contraste nettement avec le style du samba-cançao. A felicidade (enregistré par João Gilberto en 1959), du film Orfeu Negro de Marcel Camus, est un excellent exemple de ce contraste. Dans cette chanson, la samba traditionnelle de carnaval alterne avec les styles caractéristiques de la bossa nova.

Au niveau mélodique, João Gilberto intègre des accords comprenant un 9e degré, ajoutant une touche très particulière à ce style musical.

Jazz

Le jazz joue une forte influence[3], parfois contestée[22], dans le développement de la bossa nova. Jobim était un pianiste de bar et côtoyait des musiciens populaires et de jazz[3], parmi lesquels Newton Mendonça avec qui il composera quelques standards de bossa (Desafinado étant le plus connu).

Dans les années 1950 et 1960, la scène jazz-samba brésilienne est un vivier de talents : on y trouve le pianiste et compositeur Johnny Alf, le flûtiste et saxophoniste J.T Meirelles et son groupe Os Copa 5, le guitariste Laurindo Almeida, considéré comme le vrai pont entre la musique Brésilienne et le Jazz (Voir la discographie d'Almeida entre 1954 et 1964 / Wikipédia) [réf. nécessaire], le pianiste de jazz et crooner Dick Farney, le pianiste et compositeur João Donato, qui migre et travaille pendant plusieurs années aux États-Unis, y subit les influences cubaines et portoricaines, avant de revenir au Brésil, et plus tard Sergio Mendes et son groupe Brasil '66 qui incorporera des sonorités pop à la bossa nova, la rendant plus populaire qu'élitiste.

Des réunions se tenaient dans les appartements chics de la zona sul de Rio de Janeiro, principalement dans les quartiers d'Ipanema et de Copacabana. L'un de ces appartements était la propriété des parents de Nara Leão, surnommée la « muse de la bossa nova ». Chez elle, des personnalités de la musique populaire brésilienne se retrouvaient pour créer des morceaux, improviser ou reprendre des standards de jazz ; parmi eux on trouvait Carlos Lyra, Roberto Menescal (guitariste des Copa 5), Normando Santos, Sergio Ricardo, Aloysio de Oliveira (producteur et fondateur du label Elenco Records), Oscar Castro-Neves, Sylvia Telles, et le journaliste Ronaldo Bôscoli (qui a contribué à populariser le nouveau courant en le baptisant bossa nova dans ses articles).

Des improvisations avaient aussi lieu sur les plages et dans des cabarets auxquelles prenaient part entre autres : Luiz Bonfá (co-compositeur du film Orfeu Negro), Edu Lobo, Marcos Valle et son frère Paulo Sergio, et Baden Powell.

Musique classique

Si la bossa nova est influencée par le jazz[3], Jobim s'est toujours considéré de tradition classique. L'analyse harmonique des compositions de Jobim montre clairement que les accords enrichis de la bossa nova s'écartent de l'usage en vigueur dans le jazz à l'époque (fin des années 1950 / fin des années 1960). Le défunt professeur d'harmonie et de guitare brésilienne Almir Chediak[23] révèle la construction harmonique des œuvres bossa-novistes et en particulier celles de Jobim : là où la majorité des standards de jazz se limitait aux accords de 9e, la bossa nova n'hésitait pas à pousser l'utilisation des extensions jusqu'aux 11e et 13e, diminuées ou augmentées. Cette complexification harmonique, toute naturelle dans la bossa nova, n'était pas le souci des jazzmen. Jobim avait d'ailleurs coutume de dire que la bossa nova était une musique de chambre populaire.

Les standards A garota de Ipanema, Insensatez…, suggèrent directement Debussy ou Chopin (Prélude à l'après-midi d'un faune, Suite Bergamasque, Deux Arabesques pour ce qui est de Debussy et Prélude en Mi Mineur, pour ce qui est de Chopin). Sans parler de Ravel, Stravinsky ou du Brésilien Villa-Lobos. D'ailleurs, le saxophoniste baryton Gerry Mulligan dans son album Night Lights, plutôt que de reprendre Insensatez, s'attache à livrer son interprétation du Prélude en Mi Mineur de Chopin[24].

Instruments et approche orchestrale

La guitare classique est l'instrument emblématique de la bossa nova. La forme musicale originelle de la bossa nova créée par João Gilberto est composée d'un chanteur qui s'accompagne à la guitare acoustique. Parmi les artistes qui ont interprété la bossa nova selon la vision de Gilberto, on peut citer la chanteuse franco-italienne Caterina Valente[25],[26].

Cependant, la forme musicale qui a permis à la bossa nova de se faire connaître dans le monde entier a été conçue par Antônio Carlos Jobim pour les besoins des premiers 78 tours de João Gilberto, dont il était responsable des arrangements. Au rythme joué à la guitare par Gilberto, la batida, et à sa voix, Jobim a ajouté plusieurs instruments dans l'orchestration des morceaux : un piano, des percussions de samba (ganzá, tamborim, bongos, agogô, wood-block), une section de bois, une section de cordes et une section de cuivres. Pour la partie chantée, Jobim a ajouté aux paroles des vocalises et du scat. Dès les débuts de la bossa nova, Jobim a fait le choix d'une approche orchestrale easy listening[27] inspirée par les standards américains. On retrouve cette approche dans une grande partie des albums studios enregistrés par la suite par Jobim, en solo ou en collaboration avec d'autres artistes. Le chef d'orchestre Carlos Monteiro de Souza, directeur musical chez Philips au Brésil à partir de 1959[28], qui a écrit, entre autres, les arrangements pour Bossa Nova le premier album de Carlos Lyra, a enrichi le son de Jobim avec des arrangements plus élaborés et en ajoutant d'autres instruments tels que le vibraphone, l'accordéon, les congas ou le reco-reco dans l'orchestration. L'approche orchestrale définie par Jobim, avec les améliorations apportées par Carlos Monteiro de Souza, est devenue le de facto standard pour les arrangements de bossa nova.

Pour permettre aux ensembles musicaux disposant d'un nombre réduit de musiciens d'interpréter la bossa nova, le choix des instruments peut être modifié, comme cela a été le cas pour les groupes de jazz. Généralement, une batterie remplace les percussions de samba. De la section de bois, on ne conserve que la flûte et/ou un saxophone ténor. De la section de cuivres, un trombone et/ou une trompette, et de la section de cordes, une contrebasse. D'autres modifications peuvent être apportées: par exemple le piano peut être remplacé par un synthétiseur (dans le passé, par un vibraphone, un orgue Hammond ou un accordéon), et la guitare classique peut être remplacée par une guitare basse.

Artistes à travers le monde

De nombreux chanteurs, auteurs-compositeurs, paroliers, producteurs, musiciens de jazz, arrangeurs, chefs d'orchestre, et compositeurs de musique de films ont contribué à la création, à l'essor, à la popularisation et à la perpétuation de la bossa nova tant au Brésil que dans le reste du monde[29].

Artistes brésiliens

Sources: Wikipédia en portugais; Discogs

Artistes principaux

Parmi les figures historiques de la bossa nova au Brésil figurent Johnny Alf, Laurindo Almeida, Luiz Bonfá, Ronaldo Bôscoli, Oscar Castro-Neves, Dorival Caymmi, João Donato, Dick Farney, Astrud Gilberto, João Gilberto, Antônio Carlos Jobim, Carlos Lyra, Sérgio Mendes, Newton Mendonça, Roberto Menescal, Vinícius de Moraes, Baden Powell, Sivuca, Sylvia Telles, et Marcos Valle.

Dans leurs pas, les autres artistes brésiliens qui ont contribué de manière significative au dévelopement de la bossa nova sont :

Plusieurs groupes musicaux de bossa nova ont également vu le jour tels que Bossa Três, Os Cariocas, Os Copa 5, Os Gatos, Os Ipanemas, Rio 65 Trio, Sambalanço Trio, Tamba Trio, et Zimbo Trio.

À partir de 1963, une nouvelle génération d'artistes brésiliens, surnommée « la deuxième génération de la bossa nova », œuvre à faire évoluer la bossa nova avec des chansons plus engagées et l'utilisation d'autres styles musicaux traditionels brésiliens, conduisant à l'avènement de la MPB. Parmi ces artistes figurent Jorge Ben Jor, Maria Bethânia, Chico Buarque, Gal Costa, Gilberto Gil, Joyce, Nara Leão, Ivan Lins, Edu Lobo, César Camargo Mariano, Marília Medalha, Airto Moreira, MPB4, Milton Nascimento, Hermeto Pascoal, Elis Regina, Emílio Santiago, Quarteto em Cy, Quarteto Novo, Sergio Ricardo, Dom Salvador, Wilson Simonal, Tamba 4, Toquinho, Geraldo Vandre, Naná Vasconcelos, Caetano Veloso, et Paulinho da Viola.

Depuis le début des années 1990, de nouveaux artistes brésiliens ont contribué à remettre la bossa nova au goût du jour au Brésil et à travers le monde. On peut notamment citer Bïa, Bossacucanova, Ana Caram, Eliane Elias, Márcio Faraco, Bebel Gilberto, Daniel Jobim, Patricia Marx, Paula Morelenbaum, Lisa Ono, Rosa Passos, Leila Pinheiro, Bogdan Plech, Rosalia de Souza, et Cláudia Telles.

Artistes associés au genre

Pour avoir une image complète de tous les artistes brésiliens qui se sont impliqués dans la bossa nova, on doit également mentionner :

Artistes nord-américains

L'aventure de la bossa nova aux États-Unis débute en 1960. Le pianiste de jazz argentin Lalo Schifrin, de passage à New York, accepte de rejoindre le quintet du trompettiste de jazz Dizzy Gillespie. L'année suivante, le quintet commence à inclure des morceaux de Bossa Nova dans leurs performances en public[30]. Toujours en 1961, et comme déjà mentionné précédemment, le guitariste de jazz américain Charlie Byrd découvre la bossa nova lors d'une tournée au Brésil. A son retour, il invite le saxophoniste de jazz Stan Getz à enregistrer un album reprenant plusieurs des titres interprétés par João Gilberto. L'album, intitulé Jazz Samba, sort en avril 1962 et provoque le début de la vague de bossa nova aux États-Unis.

Dans la foulée du succès rencontré par Charlie Byrd et Stan Getz, d'autres musiciens de jazz commencent rapidement à s'impliquer dans la bossa nova et à enregistrer des albums. En particulier Cannonball Adderley, Clare Fischer, Vince Guaraldi, Lionel Hampton, Quincy Jones, Stan Kenton, Herbie Mann et Paul Winter.

En parallèle, le compositeur Henry Mancini est l'un des premiers à utiliser la bossa nova dans des musiques de films aux États-Unis. On peut notamment citer le film Charade sorti en décembre 1963. À sa suite, Jerry Goldsmith, Quincy Jones, Lalo Schifrin et John Williams s'inspireront de la bossa nova dans l'écriture de plusieurs de leur thèmes.

Au fil des années, d'autres artistes américains ont contribué à la bossa nova. Parmi eux, on peut mentionner :

Artistes européens

Plusieurs artistes européens, tels que Pierre Barouh, Sacha Distel, Michel Legrand et Caterina Valente, découvrent la bossa nova au début des années 1960 et en deviennent les chantres en Europe[31],[32].

La chanteuse Caterina Valente est l'une des premières interprètes non-brésiliennes de la bossa nova en Allemagne, en France, en Italie, et au Royaume-Uni.

En 1963, le chef d'orchestre allemand Claus Ogerman, qui vit aux États-Unis depuis 1959, commence à collaborer avec Antônio Carlos Jobim pour ses albums solo. Ogerman enregistrera un total de six albums pour Jobim. Le plus connu de ces albums étant sans doute Wave. Claus Ogerman écrira également les arrangements des albums suivants: Francis Albert Sinatra & Antonio Carlos Jobim de Frank Sinatra, Amoroso de João Gilberto et The Look of Love de Diane Krall.

Dans le domaine du cinéma, la bossa nova a inspiré un nombre important de compositeurs européens de musique de films, notamment Michel Legrand, John Barry, Francis Lai et Ennio Morricone. Michel Legrand est l'un des premiers à avoir écrit un thème de bossa nova pour le cinéma (pour le film Love is a Ball sorti en aout 1963[33]).

Parmi les autres artistes européens qui ont contribué à la popularisation de la bossa nova, ou en ont repris le flambeau, on peut citer :

Artistes d'autre régions

Des artistes d'autres pays ont également joué un rôle dans le développement de la bossa nova. Parmi eux, on peut citer :

Quelques grandes chansons

Parmi les classiques de la bossa nova, on peut notamment citer[10],[34],[35]:

  • Água de Beber (Antônio Carlos Jobim, Vinícius de Moraes)
  • Águas de Março (Antônio Carlos Jobim)
  • Amor em Paz (Antônio Carlos Jobim, Vinícius de Moraes)
  • O Barquinho (Roberto Menescal, Ronaldo Bôscoli)
  • Berimbau (Baden Powell, Vinícius de Moraes)
  • Bonita (Antônio Carlos Jobim, Gene Lees)
  • Canto de Ossanha (Baden Powell, Vinícius de Moraes)
  • Chega de saudade (Antônio Carlos Jobim, Vinícius de Moraes)
  • Coração Vagabundo (Caetano Veloso)
  • Corcovado (Antônio Carlos Jobim)
  • Desafinado (Antônio Carlos Jobim, Newton Mendoça)
  • Deixa (Baden Powell, Vinícius de Moraes)
  • Dindi (Antônio Carlos Jobim, Aloysio de Oliveira)
  • Ela é carioca (Antônio Carlos Jobim, Vinícius de Moraes)
  • Errinho à Toa (Roberto Menescal, Ronaldo Bôscoli)
  • Esperança Perdida (Antônio Carlos Jobim, Billy Blanco)
  • Eu Sei Que Vou Te Amar (Antônio Carlos Jobim, Vinícius de Moraes)
  • A Felicidade (Antônio Carlos Jobim, Vinícius de Moraes)
  • A Garota de Ipanema (Antônio Carlos Jobim, Vinícius de Moraes)
  • Insensatez (Antônio Carlos Jobim, Vinícius de Moraes)
  • Inútil Paisagem (Antônio Carlos Jobim, Aloysio de Oliveira)
  • Manhã de Carnaval (Luiz Bonfá, Antônio Maria)
  • Mas que nada (Jorge Ben Jor)
  • Meditação (Antônio Carlos Jobim, Newton Mendoça)
  • Minha Namorada (Carlos Lyra, Vinícius de Moraes)
  • Minha Saudade (João Gilberto, João Donato)
  • O Morro Não Tem Vez (Antônio Carlos Jobim, Vinícius de Moraes)
  • Outra Vez (Antônio Carlos Jobim)
  • Pra Dizer Adeus (Edú Lobo, Torquato Neto)
  • Preciso Aprender a Ser Só (Marcos Valle, Paulo Sérgio Valle)
  • O Que Será? (Chico Buarque)
  • Rapaz de Bem (Johnny Alf)
  • Roda (Gilberto Gil, João Augusto)
  • Sabiá (Antônio Carlos Jobim, Chico Buarque)
  • Samba da Bênção (Baden Powell, Vinícius de Moraes)
  • Samba de Uma Nota Só (Antônio Carlos Jobim, Newton Mendoça)
  • Samba de Verão (Marcos Valle, Paulo Sérgio Valle)
  • Samba do Avião (Antônio Carlos Jobim)
  • Samba em Prelúdio (Baden Powell, Vinícius de Moraes)
  • Saudade da Bahia (Dorival Caymmi)
  • Só Danço Samba (Antônio Carlos Jobim, Vinícius de Moraes)
  • Só Tinha De Ser Com Você (Antônio Carlos Jobim, Aloysio de Oliveira)
  • Triste (Antônio Carlos Jobim)
  • Vivo Sonhando (Antônio Carlos Jobim)
  • Você (Roberto Menescal, Ronaldo Bôscoli)
  • Você Abusou (Antônio Carlos e Jocáfi)
  • Você e Eu (Carlos Lyra, Vinícius de Moraes)
  • Wave (Antônio Carlos Jobim)

Discographie partielle

La liste qui suit comprend des albums studios enregistrés au Brésil, aux États-Unis et en Europe à partir de 1959. Des albums live et de compilation sont également inclus ainsi qu'une liste de reprises en bossa nova. Tous les albums cités sont répertoriés sur Discogs et la plupart peuvent être écoutés sur YouTube. La maison de disque indiquée pour chaque album est celle de l'édition originale. Les labels discographiques historiques de la bossa nova incluent Odeon, Philips / Polydor, Verve, Elenco[36] et RGE.

On pourra consulter alternativement le « classement des meilleurs albums de bossa » selon les utilisateurs de Rate Your Music.

Albums studio

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Philips old logo.svg
Vervelogo.jpg
Elencosimbolo.jpg
Logo RGE.jpg
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Années 1959 - 1969

  • 1959 : Chega de Saudade - João Gilberto (Odeon)
  • 1959 : Bossa Nova - Carlos Lyra (Philips)
  • 1960 : O amor, o sorriso e a flor - João Gilberto (Odeon)
  • 1961 : Barquinho - Maysa (Columbia)
  • 1961 : João Gilberto - João Gilberto (Odeon)
  • 1962 : Jazz Samba - Stan Getz, Charlie Byrd (Verve)
  • 1962 : Big Band Bossa Nova - Quincy Jones (Mercury)
  • 1962 : Bossa Nova Soul Samba - Ike Quebec (Blue Note)
  • 1962 : Samba "Nouvelle Vague" - Sivuca (Barclay)
  • 1962 : Bossa Nova - Laura Villa (Polydor)
  • 1962 : Le Roi De La Bossa Nova - Luiz Bonfá (Fontana)
  • 1963 : Pery É Todo Bossa - Pery Ribeiro (Odeon)
  • 1963 : The Composer of Desafinado Plays - Antônio Carlos Jobim (Verve)
  • 1963 : Stan Getz With Guest Artist Laurindo Almeida - Stan Getz, Laurindo Almeida (Verve)
  • 1963 : Samba Esquema Novo - Jorge Ben Jor (Philips)
  • 1963 : Caterina Valente e Luiz Bonfá - Caterina Valente, Luiz Bonfá (London)
  • 1963 : A Bossa Nova de Roberto Menescal - Roberto Menescal (Elenco)
  • 1963 : À Vontade - Baden Powell (Elenco)
  • 1963 : Bossa, Balanço, Balada - Sylvia Telles (Elenco)
  • 1963 : Célèbres Mélodies du Brésil - Michel Magne et son grand orchestre (Bel Air)
  • 1963 : Wilson Simonal Tem "Algo Mais" - Wilson Simonal (Odeon)
  • 1963 : Samba no Esquema - Walter Wanderley (Odeon)
  • 1964 : Vagamente - Wanda Sá (RGE)
  • 1964 : Getz/Gilberto - Stan Getz, João Gilberto (Verve)
  • 1964 : Nara - Nara Leão (Elenco)
  • 1964 : Caymmi Visita Tom - Dorival Caymmi, Antônio Carlos Jobim (Elenco)
  • 1964 : A Grande Bossa dos Cariocas - Os Cariocas (Philips)
  • 1964 : Samba Nova Concepção - Eumir Deodato (Equipe)
  • 1965 : O compositor e o cantor - Marcos Valle (Odeon)
  • 1965 : Bossa Antigua - Paul Desmond, Jim Hall (RCA Victor)
  • 1965 : The New Sound of Brazil - João Donato (RCA Victor)
  • 1965 : Edu Lobo por Edu Lobo - Edu Lobo, Tamba Trio (Elenco)
  • 1965 : The Astrud Gilberto Album - Astrud Gilberto (Verve)
  • 1965 : Samba - Eu Canto Assim - Elis Regina (Philips)
  • 1965 : Brasil '65 - Sérgio Mendes Trio, Wanda Sá, Rosinha de Valença (Capitol)
  • 1966 : Rain Forest - Walter Wanderley (Verve)
  • 1967 : Francis Albert Sinatra & Antonio Carlos Jobim - Frank Sinatra, Antônio Carlos Jobim (Reprise)
  • 1967 : Domingo - Gal Costa, Caetano Veloso (Philips)
  • 1967 : Wave - Antônio Carlos Jobim (A&M/CTI)
  • 1967 : Equinox - Sérgio Mendes & Brasil '66 (A&M)
  • 1968 : Eu e a brisa - Márcia (Philips)
  • 1968 : Chico Buarque de Hollanda Volume 3 - Chico Buarque (RGE)
  • 1969 : Elis & Toots - Elis Regina, Toots Thielemans (Philips)
  • 1969 : Sivuca Guitar and Accordion - Sivuca (Reprise)

Années 1970 - 1979