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Boulogne-sur-Mer
Boulogne-sur-Mer
Vue générale : le phare, le beffroi et la mer.
Blason de Boulogne-sur-Mer
Blason
Boulogne-sur-Mer
Logo
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Pas-de-Calais
(sous-préfecture)
Arrondissement Boulogne-sur-Mer
(chef-lieu)
Canton Boulogne-sur-Mer-1
Boulogne-sur-Mer-2
(bureau centralisateur)
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Boulonnais (siège)
Maire
Mandat
Frédéric Cuvillier (PS)
2014-2020
Code postal 62200
Code commune 62160
Démographie
Gentilé Boulonnais
Population
municipale
42 366 hab. (2015 en diminution de 1,63 % par rapport à 2010)
Densité 5 032 hab./km2
Population
aire urbaine
131 558 hab. (2015[1])
Géographie
Coordonnées 50° 43′ 35″ nord, 1° 36′ 53″ est
Altitude Min. 0 m
Max. 110 m
Superficie 8,42 km2
Localisation

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Boulogne-sur-Mer

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Boulogne-sur-Mer
Liens
Site web ville-boulogne-sur-mer.fr

Boulogne-sur-Mer Écouter est une commune française, sous-préfecture du département du Pas-de-Calais en région Hauts-de-France. Ses habitants sont appelés les Boulonnais.

Avec 42 366 habitants intra-muros au dernier recensement en 2015 en diminution de 1,63 % par rapport à 2010, la ville est la deuxième du département par sa population derrière Calais, et première par sa densité de population[2]. Boulogne-sur-Mer est également le centre d'une agglomération d'environ 132 000 habitants, soit la 61e aire urbaine la plus peuplée du pays[1].

Située au bord de la Manche, face aux côtes anglaises, la ville est connue pour être le premier port de pêche de France, pour avoir été un important port de liaison avec l'Angleterre jusqu'à la fin du XXe siècle (place aujourd'hui occupée par Calais) et pour ses 2 000 ans d'histoire mouvementés, principalement marqués par les désirs de conquête de Jules César et Napoléon Ier. Classée « station de tourisme »[3], celle qu'on appelle couramment la « capitale de la Côte d'Opale » est l'une des principales destinations touristiques de la région[4] grâce à son riche patrimoine historique, à sa plage et celles des stations balnéaires voisines ainsi qu'au centre national de la mer Nausicaá, l'un des sites touristiques les plus visités au nord de Paris, considéré comme « le plus grand aquarium d'Europe » depuis sa dernière extension de 2018.

Géographie

Localisation

Carte de la Côte d'Opale
Boulogne-sur-Mer est sur la Côte d'Opale.

Boulogne-sur-Mer se situe dans le nord de la France, sur la Côte d'Opale, au bord de la Manche et à l'embouchure de la Liane, à environ 30 km au sud-ouest de Calais[5], 100 km à l'ouest de Lille[6] et 215 km au nord de Paris[7] à vol d'oiseau.

Du fait de son éloignement avec Lille et Arras (respectivement capitales régionale et départementale), Boulogne et son arrondissement possèdent des services particuliers n'existant pas dans les autres villes de même taille de la région[8].

La position de la ville dans le Pas-de-Calais a justifié l'installation d'un marégraphe côtier numérique (HT 200), installé à l'extrémité de la darse Sarraz-Bournet dans le port, dans l'ex-usine Comilog[Note 1].

Appartenant historiquement à la Picardie, Boulogne-sur-Mer est rattachée au département du Pas-de-Calais, puis à la région Nord-Pas-de-Calais au XXe siècle et, depuis 2016, à la région Hauts-de-France.

Périphérie

Boulogne-sur-Mer et sa banlieue forment la communauté d'agglomération du Boulonnais (CAB) qui s'étend sur 22 communes. De plus, Boulogne-sur-Mer exerce une influence importante sur tout le territoire du Boulonnais qui regroupe 74 communes proches de Boulogne-sur-Mer, dans lequel est incluse la CAB. Ce territoire appartient en quasi-totalité au parc naturel régional des caps et marais d'Opale, à l'exception de ses cinq communes les plus urbaines (dont Boulogne-sur-Mer). L'espace maritime boulonnais fait quant à lui partie du parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d'Opale.

Considérée comme la « capitale de la Côte d'Opale »[9],[10], la ville bénéficie par sa situation géographique de la proximité avec quelques sites naturels remarquables (comme le cap Gris-Nez, point du littoral français le plus proche de l'Angleterre) et quelques stations balnéaires parmi les plus attractives de la région (Wimereux, Wissant, Hardelot-Plage ou Le Touquet-Paris-Plage[11]).

À l'intérieur des terres, le paysage, majoritairement rural, à dominante agricole, offre un décor de bocage (plus ou moins relictuel) et d'habitat dispersé (contrairement à une grande partie du Nord-Pas-de-Calais).

Boulogne-sur-Mer est limitrophe des communes suivantes :

Communes limitrophes de Boulogne-sur-Mer
Manche Wimereux Wimille
Boulogne-sur-Mer Saint-Martin-Boulogne
Le Portel Outreau

La commune de Saint-Martin-Boulogne, limitrophe à l'est, constitue un véritable prolongement de Boulogne-sur-Mer en proposant, à proximité de la limite entre les deux communes, de nombreux établissements scolaires, culturels, médicaux, sportifs et de loisirs souvent considérés par la population locale comme étant à Boulogne plutôt qu'à Saint-Martin. La fusion des deux communes a d'ailleurs fait l'objet de discussions à plusieurs reprises[12],[13].

Vue générale de Boulogne-sur-Mer depuis Saint-Martin-Boulogne, près de l'autoroute A16.

Voies de communication et transports

Réseau routier

L'automobile reste le moyen de transport individuel privilégié par les Boulonnais, le vélo n'étant que peu utilisé, pour partie en raison du relief de la ville et pour partie par insuffisance d'aménagements adaptés[14]. L'agglomération connaît aux heures de pointe des phénomènes de circulation difficile. Le , la ville et l'association Rivages Propres essaient d'inverser la tendance avec le Cycleco, service de vélos en libre-service qui propose 34 vélos (dont 8 électriques pour les pentes) à louer[15].

Boulogne-sur-Mer est reliée à l'autoroute A16, qui lie la région parisienne à la frontière avec la Belgique via Beauvais, Amiens, Abbeville, Calais et Dunkerque. Plusieurs sorties de l'A16 desservent Boulogne-sur-Mer : la sortie no 29 dessert Boulogne-Sud et le port, les sorties no 30 et no 31 desservent Boulogne-Est et la sortie no 32 dessert Boulogne-Nord et permet de rejoindre la plage.

La ville est également sur le trajet de plusieurs routes départementales et nationales, dont la route nationale 42, voie express permettant de rejoindre rapidement Saint-Omer et l'autoroute A26 (qui part vers Reims et Troyes).

Le tableau suivant présente les grands liens routiers autour de Boulogne-sur-Mer et les distances vers les grandes villes proches.

Ville Distance à vol d'oiseau Voie routière Distance automobile Temps de parcours automobile
Calais 30 km[5] A16 35 km 30 minutes
Dunkerque 65 km[16] A16 75 km 50 minutes
Abbeville 70 km[17] A16 80 km 50 minutes
Arras 95 km[18] RN42 - A26 115 km h 15
Lille 100 km[6] A16 - A25
RN42
140 km
115 km
h 25
h 30
Amiens 105 km[19] A16 125 km h 15
Drapeau de la Belgique Bruges 125 km[20] A16 - Drapeau de la Belgique A18 145 km h 30
Rouen 150 km[21] A16 - A28 180 km h 40
Drapeau du Royaume-Uni Londres 150 km[20] A16 - Tunnel - Drapeau du Royaume-Uni M20 200 km
Saint-Quentin 155 km[22] RN42 - A26 180 km h 45
Drapeau de la Belgique Bruxelles 195 km[20] A16 - Drapeau de la Belgique A18 - Drapeau de la Belgique A10 230 km h 10
Paris 215 km[7] A16 260 km h 35
Reims 240 km[23] RN42 - A26 275 km h 30

Transports en commun

Un bus du réseau Marinéo.

Les lignes de bus du réseau Marinéo (anciennement TCRB) assurent les déplacements dans l'agglomération et vers les autres communes du Boulonnais. La ville est également desservie par les bus du réseau Oscar (département du Pas-de-Calais). Elle dispose d'une gare routière, historiquement située place de France dans le centre-ville, et déplacée à 200 m de là, boulevard Daunou, en 2017.

Liée à plusieurs grandes villes d'Europe grâce à la société Megabus entre 2012 et 2015[24], la ville est desservie depuis le par la ligne Dunkerque-Paris de FlixBus[25].

Durant la période estivale, un petit train routier touristique relie la plage à la ville fortifiée, en passant par le centre-ville.

Réseau ferroviaire

La gare de Boulogne-Ville, située dans le sud de la commune, est la gare principale de Boulogne. Elle permet de rejoindre Paris, Lille, Amiens ou encore Calais-Fréthun (qui assure les liaisons vers Londres) mais également des localités proches en TER.

La gare de Boulogne-Tintelleries, située dans le centre-ville, est desservie par des TER entre Boulogne-Ville et Calais.

Boulogne abritait deux autres gares ferroviaires, les gares de Boulogne-Maritime et de Boulogne-Aéroglisseurs, fermées dans les années 1990.

Transport maritime

Un ferry pour l'Angleterre dans le port en 2008.

Jusqu'à la fin du XXe siècle, le port de Boulogne-sur-Mer était bien développé pour le transport de passagers vers l'Angleterre et proposait de nombreuses traversées de la Manche en ferry vers Douvres et Folkestone. La construction du tunnel sous la Manche et la croissance du port de Calais ont entraîné la baisse du trafic du port de Boulogne et la fermeture progressive des lignes orchestrées par les différents opérateurs transmanche, qui ont préféré consacrer leurs efforts sur la ligne Calais-Douvres[26], jusqu'au départ de la dernière compagnie en 2010[27].

Le trafic fluvial reste néanmoins dense, avec des bateaux de pêche et de loisirs, et ceux des douanes maritimes.

Transport aérien

L'aéroport le plus proche est l'aéroport du Touquet-Côte d'Opale, à environ 20 km. Les aéroports plus importants de la région sont ceux de Lille-Lesquin (à 130 km) et de Beauvais (à 180 km). Il existe également un aérodrome situé au Portel, dans la banlieue sud de Boulogne-sur-Mer.

Autres voies de communication

La ville est le point de départ ou d'arrivée de deux routes cyclables européennes majeures : la LF1[28] jusqu'à Den Helder aux Pays-Bas, et l'Euroroute R1[29], commune avec la route précédente jusqu'à La Haye, et qui bifurque ensuite à l'est pour rejoindre l'Allemagne, la Pologne et les pays baltes jusqu'à Saint-Pétersbourg. L'EuroVelo 4 qui relie la Bretagne à l'Ukraine, passe également par Boulogne.

Hydrographie

La plage.

La ville est bordée à l'ouest par la Manche. La commune ne dispose que d'une seule plage située dans le nord-ouest, le reste du bord de mer étant occupé par les installations portuaires. Après une période où la baignade y était interdite, l'eau de cette plage reste classée parmi les moins propres de la région[30], notamment à cause de sa localisation, à côté du port et de la Liane, récupérant ainsi toutes les sources potentielles de pollution de la ville, du port et de la pluie[31]. C'est principalement pour cette raison que les plages voisines de l'agglomération sont souvent préférées par les vacanciers.

Boulogne-sur-Mer est traversée par la Liane, fleuve côtier de 36,7 km de long, qui se jette dans la Manche à Boulogne. Son embouchure a favorisé les installations portuaires. La Liane est canalisée et artificialisée à l'approche de l'estuaire. La digue Carnot protège le port.

Géologie

Astropecten lorioli.
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La superficie de la commune est de 842 hectares.

Le territoire se situe géologiquement au cœur de la boutonnière du Boulonnais, qui se prolonge sous l'eau jusque dans le Kent, au-delà des côtes anglaises voisines. Les terrains sont du Jurassique supérieur (Tithonien). Boulogne-sur-Mer est connue en paléontologie pour ses étoiles de mer : Astropecten lorioli.

La plage est sableuse, mais la ville s'inscrit en limite sud d'une façade rocheuse (pointe de la Crèche).

Topographie

Dans cette région plutôt plate, les reliefs sont assez variables à Boulogne-sur-Mer, avec de nombreuses pentes dans la ville, dont certaines avoisinent ou dépassent les 10 %. L'altitude varie de 0 mètre dans le nord-ouest (au niveau de la plage) à 110 mètres au niveau de la pointe Est de la ville (centre hospitalier) vers le mont Lambert. Le quartier du Chemin Vert se situe sur une colline à 70-80 mètres d'altitude. La vieille ville est sur une autre colline, à environ 60 mètres d'altitude[32], ce qui lui vaut le surnom de Haute ville, en opposition à la Basse ville qui comprend le centre-ville et les quartiers près du port et de la plage.

Risque sismique

Le risque sismique est faible sur l'ensemble du territoire communal (zone 2 sur 5 du zonage mis en place en mai 2011)[33], comme dans la majorité du Pas-de-Calais. Une faille sismogène existe néanmoins en Belgique, parallèle à la frontière franco-belge. Dans l'Histoire, plusieurs tremblements de terre importants semblent avoir eu un épicentre dans le pas de Calais, entre la France et l'Angleterre. Parmi eux, le tremblement de terre du 6 avril 1580 a touché Boulogne-sur-Mer et Calais ainsi qu'un petit tsunami qui aurait mis en difficulté des navires en mer, mais dans cette région qui a subi de nombreuses guerres, il reste peu de témoignages précis de cette époque. Plus récemment, le 19 septembre 1810, un petit tsunami a également touché le port de Boulogne-sur-Mer[34], évalué de degré 3 par le BRGM[35], c'est-à-dire d'une intensité assez forte, pouvant causer des inondations des côtes en pente douce, l'endommagement de constructions légères près des côtes ou encore l'inversion des cours d'eau dans les estuaires jusqu'à une certaine distance en amont.

Climat

Représentation graphique des variations de force moyenne des vents à Boulogne-sur-Mer selon leur orientation et direction.

La ville côtière est sous un climat océanique marqué. Les amplitudes thermiques sont faibles, les hivers sont doux et les étés frais. Les jours de gelée et de neige sont peu nombreux : il se peut qu'il ne neige pas plusieurs années de suite et il se peut que les températures ne descendent pas dans le négatif certains hivers. Boulogne-sur-Mer connaît néanmoins d'importantes périodes d'enneigement comme durant l'hiver 2012-2013[36] et d'importantes canicules estivales comme en 2003.

Le temps est variable à cause des vents, très fréquents et parfois violents, qui influencent le climat en fonction de leur direction. Les vents dominants venant du sud-ouest et de l'ouest (façade maritime) apportent un air relativement pur et poussent les nuages vers l'arrière-littoral, ce qui permet notamment à Boulogne d'être l'une des villes plus ensoleillées du nord de la France avec plus de 1 650 heures de soleil par an[37]. Il existe également des vents froids en provenance du nord ou de l'est. Les précipitations se répartissent tout au long de l'année, avec un maximum en automne et en hiver.

Le changement climatique est visible, les jours de pluie ont doublé entre 1955 et 2016[38], mais le risque de submersion marine est moindre par rapport à Calais et Dunkerque de par l'altitude.

La ville abrite depuis 1947 une station météorologique située à 73 m d'altitude sur une falaise du quartier Saint-Pierre. Face à la mer, les résultats enregistrés par cette station sont donc directement impactés par cette influence océanique.

Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 3 2,7 4,6 6,3 9,4 12 14,4 14,9 13 10 6,3 3,5 8,3
Température moyenne (°C) 5 4,8 7,1 9,3 12,5 15 17,3 17,8 15,7 12,4 8,5 5,6 10,9
Température maximale moyenne (°C) 6,9 6,9 9,4 12,2 15,6 17,9 20,2 20,6 18,4 14,8 10,6 7,6 13,4
Record de froid (°C)
date du record
−13,4
1987
−13,6
1956
−7,8
1971
−2
1966
1,6
1997
4
1962
8
1965
9
1956
5,8
1979
−1
1947
−5,6
1978
−9,6
1996
−13,6
Record de chaleur (°C)
date du record
15
1975
17,4
1961
22,6
1990
26
1949
31,2
2005
32,6
2011
35,4
2015
34,8
1990
31,5
2016
27,2
1985
20
1977
17,2
1978
35,4
Précipitations (mm) 63 37,5 46,2 44,7 50,6 49,7 54,7 46,7 60,4 83,4 84,6 81,1 702,6
Source : Le climat à Boulogne-sur-Mer (en °C et mm, moyennes mensuelles 1981 à 2010[39] et records depuis 1947[40])


Ville Ensoleillement
(h/an)
Pluie
(mm/an)
Neige
(j/an)
Orage
(j/an)
Brouillard
(j/an)
Moyenne nationale 1 973 770 14 22 40
Boulogne-sur-Mer 1 684 702 12 12 43
Paris 1 661 637 12 18 10
Nice 2 724 733 1 29 1
Strasbourg 1 693 665 29 29 53
Brest 1 605 1 211 7 12 75

Urbanisme

Le schéma de cohérence territoriale (SCOT) du Boulonnais est approuvé en septembre 2013[41]. Un plan local d'urbanisme (PLU) intercommunal, intégrant un programme local de l'habitat (PLH), a également été présenté en 2015, dont la version corrigée a été adoptée en 2016[42].

Morphologie urbaine

Les quartiers et les grands axes.

La ville se divise en neuf quartiers, tous différents par leur histoire, par le niveau social de leurs habitants, par la nature et l'architecture de leurs bâtiments, etc.

L'architecture de Boulogne-sur-Mer se caractérise par son important contraste selon les quartiers entre les bâtiments typiques en pierre et en marbre du Boulonnais (qui se distinguent des bâtiments à briques rouges typiques du Nord de la France) juxtaposés aux bâtiments modernes (dont la construction est notamment due aux dégâts causés par les bombardements de la seconde Guerre mondiale)[43].

Centre ville

Article détaillé : Centre-ville de Boulogne-sur-Mer.

C'est le quartier central de Boulogne. Il s'agit d'un quartier qui regroupe un grand nombre de bâtiments historiques et administratifs ainsi que de nombreux logements, commerces, banques, églises, équipements culturels et de loisirs, rues piétonnes et places.

Vieille ville

Le Vieux Boulogne est un lieu chargé d'histoire où se trouvent la basilique Notre-Dame, le château-musée, le beffroi, le palais impérial mais également l'hôtel de ville et le palais de justice. Paradoxalement, ce quartier important est le plus petit et le moins peuplé de la ville.

Il conserve encore de nombreuses rues pavées et d'anciens bâtiments occupés aujourd'hui par une population relativement aisée. La vieille ville est entourée de remparts, érigés au XIIIe siècle, très appréciés par les promeneurs[44].

Gambetta-Sainte-Beuve

Le quartier Gambetta-Sainte-Beuve se situe au nord-ouest, sur le bord de mer. Il se compose des rues proches de la plage et de la rive Est du port. Quartier touristique, surtout l'été, on y trouve peu de commerces mais de nombreux restaurants et cafés.

L'axe majeur du quartier, constitué par le boulevard Gambetta et le boulevard Sainte-Beuve (qui ont donné leurs noms au quartier), longe la mer et les quais du port sur 3 km. Le boulevard Sainte-Beuve est considéré comme l'une des avenues les plus « chics » de la ville[45].

Le quartier abrite la chambre de commerce et d'industrie et le centre Nausicaá.

Capécure

Article détaillé : Capécure.

Capécure se situe dans le sud-ouest de la ville, entre les zones industrielles d'Outreau au sud et le port de Boulogne au nord.

Il est divisé depuis les années 1950 en deux secteurs : la zone industrielle et économique (très peu habitée, qui abrite de nombreuses entreprises, en particulier dans la filière halieutique, qui font de Capécure le premier transformateur européen des produits de la mer[46]) et le secteur de Damrémont (petit quartier situé sur les rives de la Liane, à vocation résidentielle et sportive, qui abrite le palais des sports Damrémont, principal complexe sportif de la ville, et les clubs d'aviron et de canoë).

Quartier dynamique jusqu'à sa destruction lors de la Seconde Guerre mondiale, la commune souhaite lui redonner vie en y construisant des logements et des équipements de loisirs[47]. Un casino y est notamment construit en 2008, en remplacement de celui qui se trouvait jadis à l'emplacement actuel de Nausicaá.

Le Dernier Sou

Le Dernier Sou est situé dans l'Est de Boulogne. Quartier principalement résidentiel, il est très dynamique en période scolaire de par la présence de nombreux établissements (écoles, collèges, lycées) au sein et à proximité du quartier. On y trouve beaucoup de commerces de proximité et de petits restaurants.

Le Chemin Vert

Article détaillé : Chemin Vert (Boulogne-sur-Mer).

Né dans les années 1950 dans le nord de la commune, notamment pour accueillir les habitants des quartiers détruits pendant la Seconde Guerre mondiale[48], le Chemin Vert est aujourd'hui un quartier défavorisé de Boulogne, classé zone urbaine sensible[49]. Depuis 2004, différents projets d'aménagement urbain visent à rénover les bâtiments du quartier pour changer son visage et améliorer sa réputation[50]. Le quartier est connu pour avoir vu naître et grandir le footballeur Franck Ribéry.

Saint-Pierre

Perché sur une falaise dominant la mer, cet ancien quartier de marins et de pêcheurs abritait près d'un tiers de la population au début du siècle dernier[51]. Il a dû être reconstruit après la Seconde Guerre mondiale. Aujourd'hui, il se compose de ruelles avec des maisons mitoyennes et abrite le calvaire des marins et le sémaphore de Boulogne.

Beaurepaire

Quartier populaire situé au nord-est de la ville, il est, en majorité, composé de maisons mitoyennes et de logements collectifs.

Bréquerecque

Le quartier Bréquerecque est le quartier sud de la ville. Quartier assez dynamique, on y trouve de nombreux logements et commerces ainsi que le centre hospitalier et la gare de Boulogne-Ville. C'est le quartier le plus peuplé et le plus étendu de la ville.

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Logement

En 2014, le nombre total de logements dans la commune est de 22 873[52]. Parmi ces logements, 87,1 % sont des résidences principales, 1,4 % sont des résidences secondaires et 11,5 % sont des logements vacants. Ces logements sont pour 27,3 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 72,1 % des appartements[53].

Projets d'aménagement

Voici les principaux projets d'aménagement qui viennent de se terminer ou en cours de réalisation :

  • depuis 2004 : rénovation urbaine du quartier du Chemin Vert (250 millions € sur environ 20 ans dans le cadre du programme de l'ANRU) ;
  • dans les années 2010 : projet « Axe Liane »[47] : importants travaux le long du fleuve (aménagement des berges, création d'un écoquartier pour remplacer les friches industrielles derrière la gare principale, construction d'un nouveau stade nautique dédié au canoë et à l'aviron, construction de nouveaux logements, commerces et établissements, etc). L'Axe Liane englobe également les projets cités ci-après. Aujourd'hui, certains éléments de ce projet ont du mal à voir le jour, faute d'investisseurs[54] ;
  • 2015-2018 : projet « Terrasses de la Falaise » (40 millions €) : construction sur un terrain à très fort dénivelé entre les quartiers Gambetta-Sainte-Beuve et Saint-Pierre de 176 logements, de quelques commerces et d'un parking de plus de 1 000 places destiné à mieux desservir le port, la plage et Nausicaá[55] ;
  • 2015-2018 : projet « Nausicaá IV » (100 millions €) : extension du centre national de la mer, qui devrait devenir « le plus grand aquarium d'Europe »[56] ;
  • 2016-2019 : aménagement du port de Boulogne et du quartier Capécure (investissement de 33 millions €) : modernisation de la gare de marée et des installations portuaires, aménagement de l'ancienne gare maritime, réfection de la voirie, agrandissement du port de plaisance et construction d'une marina, etc[57].

La ville était candidate en 2003 à l'implantation d’une antenne du musée du Louvre, mais le gouvernement a préféré la construire à Lens afin de « tenter d'apporter un attrait touristique à une agglomération en grave crise économique »[58].

Toponymie

Origine du nom

Au Moyen Âge, Taruanna (devenu Thérouanne) est le centre névralgique régional et Boulogne est encore nommée « Bononia » (copie d'une carte ancienne, exécutée au XVIIe siècle).

À l'époque romaine, la ville et le port ont d'abord été nommés Gesoriacum sous l'empereur Claude, puis « Bononia » ou « Bolonia » par dissimilation à partir du IIIe siècle, probablement dérivé du gaulois bona (= fondation, ville), racine également à l'origine de la ville italienne de Bologne[59]. Selon toute vraisemblance, Boulogne peut être identifiée à « Portus Itius », le port nommé par Jules César dans sa conquête des Gaules[60] ; cette hypothèse a été développée, entre autres, par Camille Jullian[61]. Pendant la Révolution française, la ville fut appelée Port-de-l'Union[62].

Son nom flamand est Bonen[63].

Noms dérivés de celui de Boulogne

Boulogne-sur-Mer a donné son nom à la région naturelle du Boulonnais, qui regroupe plusieurs communes proches de Boulogne-sur-Mer. Les habitants de la ville et de cette région sont aujourd'hui appelés les Boulonnais.

Boulogne-Billancourt, ville de région parisienne, doit son nom à Boulogne-sur-Mer. En effet, Boulogne-la-Petite, créée en 1330 pour proposer des pèlerinages mariaux plus près de Paris que ceux très populaires du Boulonnais, est devenue en 1790 Boulogne-sur-Seine, puis en 1926 Boulogne-Billancourt.

Boulogne-sur-Mer est souvent appelée simplement Boulogne par la population locale et sur certains panneaux signalétiques. Le nom défini par le code officiel géographique, Boulogne-sur-Mer, est surtout utilisé de façon administrative ainsi qu'à l'échelle nationale pour la distinguer de Boulogne-Billancourt.

Une ville d'Argentine de la banlieue nord de Buenos Aires porte le nom de Boulogne Sur Mer, ainsi qu'une rue du quartier de Balvanera de Buenos Aires[64], en hommage à la ville française où mourut en exil, en 1850, le général José de San Martín, héros de l'indépendance argentine.

Histoire

Premières occupations humaines et Antiquité

Après une probable occupation préhistorique, le site est habité par les Morins, peuple celte.

Boulogne est dès l'Antiquité l'une des villes les plus importantes du nord de la Gaule. Elle est desservie par d'importantes voies de communication, comme la via Agrippa de l'Océan vers Rome (passant par l'actuelle région parisienne et Lyon, alors capitale de la Gaule).

Article détaillé : Gesoriacum.

Le site de l'actuelle ville de Boulogne serait celui qui a été choisi par Jules César, en 55 av. J.-C.[65], pour préparer sa flotte à envahir la Bretagne (actuelle Grande-Bretagne), expédition décrite dans la Guerre des Gaules[66]. César aurait pu installer son camp à l'emplacement actuel de la vieille ville. Des vestiges pouvant être ceux d'un quartier général romain y ont été identifiés par des archéologues en 1980.

Certains historiens pensent que l'actuelle basse-ville a pu être Portus Itius, le port cité par Jules César comme lieu d'embarquement de son armée sur les galères lancées vers les côtes du Kent pour tenter de conquérir l'Angleterre. Une autre hypothèse est que ce point d'embarquement des troupes romaines pourrait être une plage aujourd'hui ensablée située à douze miles au nord de Boulogne, sur le site actuel de Wissant (identifiée dans la chanson de Roland sous son nom saxon Wit-sand « sable blanc »). Les modifications importantes du littoral dans ce secteur (remblaiement) ont recouvert les sites portuaires de l'époque.

C'est à Boulogne que les Romains, sous l'ordre même de Caligula selon Suétone (Vie de Caligula, chap. XLVI), construisent vers 39 une tour « d'une hauteur prodigieuse ... à l'instar du Pharos » en vue d'une campagne contre les Celtes du pays de Galles, les Silures. Cette construction témoigne de l'importance que les Romains attachaient à ce site portuaire. Boulogne resta célèbre jusqu'au Moyen Âge pour ce phare romain, la tour d'Ordre, placé sur la haute falaise près de la plage, qui consistait en une tour de maçonnerie avec des étages se rétrécissant et au sommet de laquelle brûlait un feu.

En 43, la flotte militaire de l'empereur Claude, la Classis Britannica, dont les casernements sont installés au nord de la ville fortifiée (à l'emplacement actuel du parking de l'Enclos de l’Évêché)[67], conquiert définitivement et entièrement l'ile de Bretagne (actuelle Grande-Bretagne).

Boulogne est d'abord nommée en latin Gesoriacum sous l'empereur Claude, puis Bononia ou Bolonia (nom d'origine celtique) vers le IIIe siècle ; l'étymologie de ce nom fait l'objet d'une hypothèse[68].

À la fin du IIIe siècle, le préfet Carausius, d'origine ménapienne, commandant de la flotte de Gesoriacum s'allie aux Francs, fait sécession de l'empire et prend le contrôle de la Bretagne et du Nord de la Gaule. Le nouveau tétrarque, Constance Chlore, ne parvient à reprendre la ville de Gesoriacum qu'après bien des difficultés en 294, et il lui faudra encore deux ans pour éliminer de Gaule le reste des troupes révoltées et préparer une invasion de la Bretagne. Sa flotte part de Gesoriacum en 296 divisée en deux groupes, l'un dirigé par Constance en personne, l'autre par son préfet du prétoire, Julius Asclepiodotus. Un brouillard épais contraint la flotte de Constance Chlore à revenir en Gaule, mais permet à la flotte d'Asclepiodotus de débarquer sans être repéré et de reconquérir la Bretagne.

Au Ve ou VIe siècle, Zosime les mentionne comme germaniques[69], ce qui indiquerait un apport local de populations franques, de parler germanique, installés soit comme fédérés entre 250 et 350 par les Romains, soit au moment des grandes invasions du Ve siècle.

Le beffroi (1191-1214).

Moyen Âge

Au Moyen Âge, Boulogne est le siège du comté de Boulogne. Un de ses comtes, Eustache II as grenons (« aux belles moustaches »), envahit l'Angleterre avec Guillaume le Conquérant. Il est le mari de sainte Ide et le père de Godefroy de Bouillon. Un autre, Étienne de Blois, est roi d'Angleterre au XIIe siècle. Alphonse de Portugal, mari de la comtesse de Boulogne Matilde II, est roi de Portugal. Baudouin de Boulogne, comte de Boulogne, frère de Godefroy de Bouillon, est le premier roi chrétien de Jérusalem.

Le , Isabelle de France, fille de Philippe le Bel, épouse le roi Édouard II d'Angleterre dans l'église abbatiale située en haute ville.

En 1477, le roi Louis XI échange le comté de Boulogne et la jugerie de Lauraguais[70],[71].

Époque moderne

Boulogne est attaquée à trois reprises par les Anglais depuis l'enclave de Calais pendant la première moitié du XVIe siècle. Le 26 juillet 1544, la Tour d'Ordre romaine est détruite. Boulogne tombe en septembre 1544 et est presque aussitôt ré-assiégée en octobre par les troupes du dauphin de France (futur Henri II) dont l'avant-garde est commandée par Blaise de Monluc. Mais l'indiscipline des mercenaires ruine l'assaut. Le traité d'Ardres (juin 1546) prévoit la restitution de la ville à la France, mais reste sans effet. Il faut attendre le siège mené par Henri II (en 1549 et 1550) et le traité d'Outreau, signé le (rachat de 400 000 écus d'or), pour que la ville redevienne française. Ronsard y fait allusion dans son Hymne d'Henri II :

« Et sans en faire bruit, par merveilleux effortz,
Tu avois ja conquis de Boulongne les forts,
Et par armes contraint cette arrogance Angloise
A te vendre Boulongne et la faire Françoise. »
(v. 1581-1584)

En 1662, alors que Louis XIV vient d'acheter au roi d'Angleterre la place forte de Dunkerque, enlevée quatre ans plus tôt aux Espagnols par la coalition franco-britannique, les Boulonnais, bourgeois et paysans, se révoltent contre le roi de France, en raison de la pression fiscale accrue et des réquisitions pour le financement des guerres incessantes.

La révolte des Lustucru est soutenue en sous-main par les agents du roi d'Espagne, avec qui la guerre reprend en 1667, et dont la frontière se trouve à une vingtaine de kilomètres de l'entrée de Boulogne. En effet, jusqu'à 1678 (paix de Nimègue), la frontière passe encore entre Longueville et Escœuilles. Le pouvoir central exerce alors une répression féroce sur la région : de nombreux habitants des campagnes sont massacrés. Trois mille survivants, qui n'ont pu s'enfuir de l'autre côté de la frontière, sont envoyés aux galères.

Au XVIIIe siècle, Boulogne est un port de pêche en décadence (hareng à l'automne et maquereau au printemps), qui voit la montée en puissance de la contrebande entre l'Angleterre et la France[72]. Cette fraude, appelée smogglage, concerne surtout des produits courants (thé, tissus) ou des alcools (eaux-de-vie, vins, genièvre), surtaxés en Angleterre. Encouragé par les autorités françaises, ce trafic atteint des sommets dans les années 1780, avec près de 6 millions de livres de rapport annuel, contre 500 000 livres pour toutes les pêches[73].

Durant ce siècle, les corsaires boulonnais sont très actifs, notamment pendant la guerre de Succession d'Espagne (1744-1748) et de Sept Ans. Ils font de nombreuses prises et annoncent les grands succès durant la Révolution française et l'Empire, emmenés par le fameux baron Bucaille (Jacques-Oudart Fourmentin).

Après guerre, la pêche industrielle se développe fortement, avec des chalutiers très présents en Atlantique du Nord-Est, jusqu'au nord et à l'ouest des îles britanniques[74].

Époque contemporaine

Inspection de l'armée le 15 août 1804.

Le , vente à l'encan[75] de la cathédrale, du palais épiscopal et des dépendances pour la somme de 510 000 francs. Tout est démoli pierre à pierre par les adjudicateurs. Le , la première vaccination contre la variole en France est effectuée sur trois petites filles de la rue des Pipots : Mlles Beugny, Hédouin et Spitalier.

C'est autour de Boulogne que Napoléon Ier assemble entre 1803 et 1805 l'armée des côtes de l'Océan ou « Grande Armée » ; la deuxième distribution de la Légion d'honneur a lieu au camp de Boulogne, le .

Boulogne-sur-Mer bénéficie de grands travaux portuaires, comme l'aménagement d'un bassin circulaire sur la rive ouest dans le but d'accueillir la flotte qui devait assurer la maîtrise du détroit (on connaît cette structure sous le nom de bassin Napoléon) et la construction de deux ponts au-dessus de la Liane pour relier Capécure à Boulogne. Cet ensemble de structure passe pour être à l'origine de la prospérité de Boulogne au XIXe siècle. L'idée d'un débarquement fut abandonnée en août 1805, Napoléon préféra envoyer son Armée soutenir la campagne d'Allemagne (victoire de la bataille d'Austerlitz).

Puis le XIXe siècle est marqué par différents projets d'aménagement qui accompagnent la croissance de la ville et le développement du tourisme balnéaire :

Article détaillé : Tramway de Boulogne-sur-Mer.

L'Amphitrite (en), bateau britannique de 200 tonnes, fait naufrage le sur la côte de Boulogne-sur-Mer en transportant 108 condamnées à la déportation en Australie, 12 enfants et 13 hommes d'équipage (bilan : 133 morts, 3 survivants).

Boulogne devient le premier port de pêche français et une station balnéaire très attractive, grâce notamment aux bains de mer, directement importés d'Angleterre. Jusqu'en 1885, Boulogne est la ville la plus peuplée du département et l'une des villes les plus peuplées de la région (deuxième derrière Lille jusqu'en 1850). On compte, en 1854, 5 000 Anglais (et jusqu'à 15 000 en été) sur plus de 30 000 habitants.

Zone de repos et de soins de Boulogne lors de la première Guerre mondiale, photographiée depuis la colonne de la Grande Armée.

Le , le capitaine Ferber, pionnier de l'aviation, se tue lors d'un meeting aérien.

Lors de la Première Guerre mondiale, la ville se trouve assez loin du front pour être épargnée mais les populations souffrent et en conservent des séquelles visibles sur le monument aux Morts. La ville sert de cantonnement des alliés, en particulier des Britanniques, mais aussi de zone de repos et de soins[78]. Demeure aussi un dépôt de munitions immergées en mer non loin du port. Pendant le conflit, des camps travailleurs chinois venus travailler en France (notamment du corps de travailleurs chinois britannique) sont installés autour de la ville[79]. C'est à Boulogne que les Américains, menés par John Pershing, débarquent en France dans la liesse populaire le , deux mois après leur entrée officielle en guerre.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la ville est assiégée en mai 1940 par les Allemands pour empêcher le transit de soldats et de matériel entre la France et l'Angleterre.

Article détaillé : Siège de Boulogne-sur-Mer (1940).
Prisonniers de guerre allemands marchant dans Boulogne après sa libération par les Canadiens.

Par la suite, les Boulonnais furent très actifs contre l'occupant allemand : dès septembre 1941, intervenaient les premiers sabotages par ce qui allait devenir le front national de la résistance de Boulogne, créé par Roger Thierry, Eugène Blamangin et Émile Popelier, qui regroupera jusqu'à quatre cents résistants encadrés par Firmin Blondeel et Louis Fourrier[80]. Les Allemands comme les Alliés épargnent la ville fortifiée et ses monuments, ainsi que les maisons bourgeoises de l'ancien rivage. Mais en 1943 et 1944, la ville est bombardée, en particulier les quartiers Capécure et Saint-Pierre qui sont presque entièrement rasés, ce qui explique l'architecture typique de l'après-guerre qui caractérise aujourd'hui ces quartiers. À la fin de la guerre, Boulogne est déclarée détruite à 85 %, il s'agit de la ville de France qui a connu le plus de bombardements aériens[81]. De fin 1940 à 1944, les Boulonnais vivaient dans des caves[82]. Le réalisateur Alain Resnais évoque ce traumatisme dans son film Muriel ou le Temps d'un retour. Dans la nuit du 5 au , jour du débarquement, se tient au large de Boulogne l'opération de diversion Glimmer où les bombardiers britanniques Lancaster ont laissé tomber des paillettes suivant un motif progressif afin de créer l'illusion d'une grande flotte sur les écrans des radars côtiers allemands. Boulogne, tenue par une garnison de 10 000 Allemands commandée par Ferdinand Heim, est libérée entre le 17 et le au cours de l'opération Wellhit[83],[84] par des Canadiens qui ont surpris les Allemands en arrivant au cœur de la citadelle par un souterrain secret[85].

Début du XXIe siècle et déclin économique

Les dernières décennies sont marquées par le déclin de l'une des villes les plus dynamiques du pays jusque-là. La population, l'activité touristique et les revenus des habitants baissent, le taux de chômage et le taux de pauvreté augmentent et le port de Boulogne, poumon économique de la ville, souffre de la concurrence[86].

De nombreuses entreprises ferment. Celle qui a le plus marqué est celle des hauts fourneaux de la Comilog en 2003. Elle fabriquait du ferromanganèse et était l'un des sites de production les plus importants du monde[87]. Le site produisait de nombreux emplois directs et indirects pour les Boulonnais et près de 58 % de l'activité portuaire de Boulogne était directement liée à son activité[88]. Les causes de la fermeture sont multiples : hausse du prix de la matière première, concurrence internationale, baisse de la demande[89], problèmes écologiques (le port et la plage de Boulogne ont longtemps été classés parmi les plus pollués de France, à cause du mercure notamment), etc. La fermeture de la Comilog, annoncée comme une « catastrophe pour la ville » par le maire de Boulogne[89], a eu en effet d'importantes conséquences[90] : outre le licenciement des employés, le trafic du port de commerce est réduit de 60 %, ce qui fait passer le port de Boulogne à la vingtième place des ports de commerce français ; la communauté d'agglomération du Boulonnais est également privée de plusieurs millions d'euros de taxe professionnelle.

Construit en 2009 pour 46 millions d'euros, le hub port n'a quasiment jamais été utilisé.

La forte baisse du trafic du port du commerce (causée par ces fermetures) et du trafic des voyageurs vers l'Angleterre (due à la concurrence face au port de Calais et à l'ouverture du tunnel sous la Manche) remettent en cause l'importance du port de Boulogne. Indirectement, l'arrêt progressif du transmanche prive Boulogne de nombreux emplois, d'une importante visibilité nationale et internationale et des nombreux touristes anglais qui passaient par le Boulonnais auparavant. Le port souffre également du déclin de la filière halieutique. L'avenir du port fait aujourd'hui l'objet de débats politiques. D'un côté, ceux qui veulent que le port se tourne exclusivement sur la pêche et la plaisance et d'autres préférant une diversification des activités. En 2007, la CCI de Boulogne, gestionnaire du port, soutenue par la région, semble avoir gain de cause. Un hub port destiné aux escales BGV et aux marchandises[91] remplacent la moitié des 40 ha de la friche Comilog, le reste est utilisé pour des entreprises halieutiques. Mais l'activité transmanche étant interrompue depuis 2010, le hub port, construit en 2009 pour 46 millions d'euros, n'a quasiment jamais été utilisé[92]. En 2014, Dominique Dupilet, président du conseil départemental du Pas-de-Calais, et Frédéric Cuvillier, maire de Boulogne et secrétaire d'État, dénoncent la CCI Côte d'Opale comme responsable de l'abandon du port de Boulogne en privilégiant Calais pour tous ses projets[93],[94].

Parallèlement, de nombreux commerces en ville ferment, dont certains réputés et appréciés comme les Galeries Lafayette, le Furet du Nord et Chapitre (livres et multimédia)[95],[96]. Cette situation répandue en France relance le débat sur le stationnement, la piétonnisation du centre-ville[97], le coût des loyers pour les commerçants et l'impact des grands centres commerciaux en périphérie et du commerce en ligne sur les petits commerces en ville[98],[99]. Le taux de vacance commerciale reste néanmoins inférieur à la moyenne nationale[100]. L'arrêt du transmanche et la baisse du nombre d'activités en ville entraînent une importante baisse du tourisme. En 2013, 60 % des touristes qui viennent à Boulogne le font pour se rendre à Nausicaá[101].

D'après une étude de la DIRECCTE parue en avril 2015, le Boulonnais est l'une des zones de la région et du pays les plus en déclin depuis les années 1960. La croissance économique est l'une des plus faibles et devrait le rester jusque 2030 selon la DIRECCTE et l'INSEE. C'est également la seule zone au sein du Nord-Pas-de-Calais à ne pas avoir tiré profit de la reprise économique dans les années 2000. Depuis la crise de 2008, l’activité économique a encore reculé de 8,6 % (4,5 % au niveau régional)[102].

La situation économique de la ville est longuement abordée dans le film Chante ton bac d'abord sorti en 2014.

Politique et administration

Boulogne-sur-Mer et ses cantons jusqu'en 2014 :
canton de Boulogne-sur-Mer-Nord-Est
canton de Boulogne-sur-Mer-Nord-Ouest
canton de Boulogne-sur-Mer-Sud
canton du Portel
dans l'arrondissement de Boulogne-sur-Mer.

Boulogne-sur-Mer est le siège de la communauté d'agglomération du Boulonnais et du regroupement de trois structures intercommunales appelé Pays Boulonnais.

Le territoire de la commune est divisé en plusieurs parties, chacune rattachée à un canton : d'abord en deux de 1868 à 1984, puis en trois jusqu'en 1991, puis en quatre jusqu'en 2014. Aujourd'hui, à la suite du redécoupage cantonal visant à réduire le nombre de cantons, la ville est divisé en deux :