Ne doit pas être confondu avec Château de La Celle (La Celle-les-Bordes).

Château de La Celle
Image illustrative de l’article Château de La Celle
Vue depuis le parc en 2004.
Type château
Début construction 1748
Fin construction 1750
Destination initiale habitation
Propriétaire actuel Ministère des Affaires étrangères
Protection Logo monument historique Classé MH (1978)
 Inscrit MH (1978)
Coordonnées 48° 51′ 08″ nord, 2° 08′ 25″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Yvelines
Commune La Celle-Saint-Cloud
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Château de La Celle

Le château de La Celle, aussi appelé château de La Celle Saint-Cloud ou le petit château, est un château situé dans la commune de La Celle-Saint-Cloud, dans le département des Yvelines (France) et actuelle propriété du ministère des Affaires étrangères.

Histoire

À l’origine, monastère essentiellement composé d'un corps de ferme et de bâtiments pour abriter les moines, il est revendu en 1616. Une bâtisse de ce qui constitue le milieu du château actuel est alors construite et change plusieurs fois de propriétaire. Sous Louis XIV, le duc de la Rochefoucauld l'acquiert et la fait achever. La marquise de Pompadour l’achète en 1748 pour s'y détendre et surveiller la construction, à Meudon, de son château de Bellevue. Elle y ajoute de nouveaux embellissements et y accueille Louis XV.

En 1750, Jacques-Jérémie Roussel de Rocquencourt, fermier général, rachète le château qu'il agrandit en construisant le pavillon et l'aile nord, lui donnant ainsi sa configuration actuelle.

De 1776 à 1804, il est acheté par Louis Pierre Parat de Chalandray qui transforme les parterres à la française, en jardin à la française, avec l'aide du paysagiste Jean-Marie Morel.

Pour tout l'Ancien régime, nous avons une connaissance exacte de l'ameublement du château grâce aux inventaires après décès conservés au Minutier central de Paris.

Puis en 1804, il passe aux mains du vicomte Morel de Vindé. Ce dernier y reçoit Louis XVIII. Le château est alors connu pour posséder l'un des plus beaux troupeaux de mérinos de France.

En 1844, Jean-Pierre Pescatore l’acquiert. Il embellit le parc avec des paysagistes de renom, les frères Bulher. Il constitue l'allée que l'on peut encore admirer aujourd'hui dite "l'Allée des arbres étrangers". Il fait construire l'orangerie et trois serres pour sa collection de précieuses orchidées. Napoléon III et l'impératrice Eugénie de Montijo y sont reçus à deux reprises pour admirer cette collection unique en France. Passionné aussi par les chevaux, il fera construire un très grand manège couvert avec tribune et armatures en fer.

À sa mort, sa nièce Élisabeth Pescatore-Dutreux en hérite et continue l'embellissement du parc. Le château ne quitte plus alors la famille franco-luxembourgeoise Dutreux pendant un peu plus d'un siècle. En 1870, un obus tiré du Mont-Valérien tombe sur l'orangerie et en brise les vitrages ; les collections de végétaux exotiques périssent du froid rigoureux.

Du 11 au 18 mai 1940, la grande duchesse Charlotte de Luxembourg, fuyant l'occupation allemande, s'y réfugie quelques jours. Les Allemands occupent ensuite les lieux jusqu'en août 1944. À la Libération, quelques unités alliées s'installent successivement dans le parc et le château. Auguste et Suzanne Dutreux récupèrent tardivement leur propriété. Sans enfant, le couple souhaite que le château et son parc soient conservés dans leur intégralité, et le lègue, mais avec des conditions strictes d'utilisation, le 7 février 1951 : le légataire est le ministère français des Affaires étrangères dont le ministre est alors Robert Schuman, d'origine luxembourgeoise comme la famille Dutreux.

À l'été 1958, le président du Conseil Charles de Gaulle charge Michel Debré[Note 1], Jérôme Solal-Céligny[Note 2], Raymond Janot[Note 3] et Jean Mamert[Note 4] de finaliser la rédaction de l'avant-projet de constitution de la Ve République. Ils travaillent alors au texte jour et nuit, retirés dans le château de la Celle[Note 5][1].

Le château est classé monument historique en 1978. Le parc est lui classé parmi les sites du département des Yvelines depuis un arrêté du 22 mars 1985.

Fin 2013 et sous l'impulsion de Laurent Fabius et de Marie-France Marchand-Baylet, sa compagne et Présidente de Flag-France Renaissance, l'orangerie est restaurée et le parc du château accueille de nombreuses sculptures d’artistes plasticiens contemporains.

Cour d'honneur

Rencontres internationales

Depuis la prise de possession par le ministère des Affaires étrangères, le château a accueilli différentes rencontres internationales ou hébergé des chefs d'État ou ministres étrangers :

Les ministres français des Affaires étrangères choisissent aussi quelquefois d'y recevoir leurs homologues étrangers plutôt qu'au Quai d'Orsay.

Propriétaires successifs

Notes et références

Notes

  1. Garde des sceaux.
  2. Maître des requêtes au Conseil d'État, et membre du cabinet de Michel Debré[1].
  3. Représentant le président du Conseil[1].
  4. Auditeur au conseil d'État de 1re classe, appelé par Michel Debré pour diriger le groupe de travail[2].
  5. Seul Michel Debré rentre dormir chez lui, dans le 16e arrondissement de Paris[1].

Références

  1. a b c et d Béatrice Gurrey, « Jérôme Solal-Céligny, l’inconnu de la rédaction de la Constitution de 1958 », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  2. « M. MAMERT EST PROPOSÉ comme secrétaire général du Conseil économique et social », Le Monde,‎ (lire en ligne)

Sources

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