Conseil œcuménique des Églises
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Audition publique sur les armes et le désarmement nucléaire, organisée par le Conseil œcuménique des Églises le .
Une communauté mondiale de 350 Églises, en quête d'unité, de témoignage commun et de service chrétienVoir et modifier les données sur Wikidata
Histoire
Fondation
Cadre
Zone d'activité
Type
Domaine d'activité
Siège social
Langues
Organisation
Membres
350 ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Effectif
176 ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Secrétaire général
Budget
33 100 000 Franc suisseVoir et modifier les données sur Wikidata
Récompense
Site web

Le Conseil œcuménique des Églises (COE ou CŒE, en anglais World Council of Churches - WCC) est une organisation non gouvernementale à intérêt social et à caractère confessionnel, fondée en 1948, qui se veut une « communauté fraternelle d'Églises qui confessent le Seigneur Jésus-Christ comme Dieu et Sauveur selon les Écritures et s'efforcent de répondre ensemble à leur commune vocation pour la gloire du seul Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit » [1]. L'objectif du COE est l'harmonie entre les chrétiens au travers de réalisations concrètes communes. Il n'a pas vocation à devenir une « super-Église ». Son siège est situé au Grand-Saconnex, près de Genève en Suisse.

En 2018, il compte 350 membres de presque toutes les traditions chrétiennes, notamment protestantes, anglicanes, orthodoxes, vieille-catholiques, pacifistes, évangéliques et d'institution africaine, qui représentent 500 millions de chrétiens[2]. L'Église catholique n'est pas membre, bien qu'elle collabore pour certains sujets[3].

Histoire

Le Conseil œcuménique des Églises a ses origines dans le mouvement œcuménique des XIXe et XXe siècles, dont la Conférence missionnaire d’Édimbourg en 1910[4]. En 1920, une lettre du Synode orthodoxe de Constantinople invite à la création d’une organisation pour toutes les dénominations chrétiennes[5]. En 1937, les dirigeants de 100 Églises donnent leur accord, mais la Seconde Guerre mondiale freine le projet[6]. En 1948, 147 dénominations chrétiennes sont réunies pour la fondation du Conseil œcuménique des Églises et la première assemblée générale à Amsterdam[7].

Critères d'admission

Critères théologiques

  • Dans sa vie et son témoignage, l'Église professe la foi dans le Dieu trinitaire selon les Écritures, et telle que cette foi est reflétée dans le
    • L'Église doit prouver l'autonomie permanente de sa vie et de son organisation.
    • L'Église doit avoir la possibilité de prendre la décision de poser officiellement sa candidature et de continuer à appartenir à la communauté fraternelle du COE sans devoir obtenir l'autorisation d'un autre organisme ou d'une autre personne.
    • En règle générale, une Église candidate doit compter au moins cinquante mille membres. Pour des raisons exceptionnelles, le Comité central peut renoncer à appliquer ce critère et admettre une Église qui n'y satisferait pas.
    • Une Église candidate comptant plus de 10 000 membres mais moins de 50 000, à laquelle n'a pas été accordée la qualité de membre pour des raisons exceptionnelles aux termes de l'article I.3.b)3) du Règlement, mais qui satisfait à tous les autres critères d'admission, peut être admise comme membre aux conditions suivantes : (a) elle n'aura pas le droit de participer à la prise de décisions à l'Assemblée ; (b) elle pourra participer avec d'autres Églises au choix de cinq représentants au Comité central, conformément à l'article IV.4.b)3) du Règlement. À tous autres égards, cette Église est considérée comme une Église membre appartenant à la communauté du COE.
    • Les Églises doivent reconnaître l'interdépendance essentielle des Églises membres appartenant à la communauté du COE, en particulier celles de la même confession. Elles doivent faire tout leur possible pour entretenir des relations œcuméniques constructives avec d'autres Églises du pays ou de la région. Cela suppose normalement qu'elles soient membres du Conseil national des Églises ou d'un organisme similaire et de l'organisation œcuménique régionale ou sous-régionale.

Profession de foi

Le COE, dans son document de base, se réfère explicitement à la Bible, depuis 1961 (assemblée plénière de New Delhi). À ce congrès majeur, le Conseil international des missions et vingt-trois nouvelles églises - au nombre desquelles les Églises orthodoxes de Russie, de Roumanie, de Bulgarie, de Pologne et onze église africaines - rejoignent le COE, portant ses membres à 198[8]. L'Église catholique envoie, elle, cinq observateurs[8].

La base du COE est alors modifiée par l'introduction explicite du « mystère de la Trinité » : les Églises membres du COE « confessent [selon les Écritures], le Seigneur Jésus-Christ comme Dieu et Sauveur et pour cette raison, cherchent en commun à accomplir ce à quoi elles ont été appelées, à la gloire de Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit »[9]. Cette affirmation d’une confession de foi - non biblique - relance la querelle christologique mise sous le boisseau en 1948 et provoque le divorce avec une petite tendance du libéralisme théologique[10] et l'exclusion de fait des églises refusant la trinité comme les Swedenborgiens (en) ou encore les unitariens[9], ces derniers finalisant le processus de rapprochement avec les universalistes entamé depuis plusieurs années pour fonder les « unitariens universalistes »[11].

Structures

L'Assemblée plénière est l'organe législatif suprême du Conseil qui se réunit ordinairement tous les sept ans. Elle élit un Comité central de 150 membres auquel elle délègue ses attributions, sous réserve d’appliquer la Constitution du COE, pendant les intersessions. Le siège social du COE est basé à Genève.

Organisations régionales

Le COE est aussi organisé en conseil régionaux qui rassemblent les Églises membres et d'autres non-membres, notamment des Églises catholiques :

Personnalités

  • Notes

    1. L’ERF a l’habitude d’introduire la réserve suivante dans les accords œcuméniques inter-ecclésiaux pour matérialiser la liberté de conscience qu’elle reconnaît à ses fidèles devant toutes les déclarations dogmatiques : « Au moment où le dialogue interconfessionnel tente de recoudre les déchirures provoquées au sein de l’Église d’Occident au XVIe siècle, il serait souhaitable que ces tentatives ne contribuent pas à élargir le fossé creusé dès le début de l’ère chrétienne entre chrétiens trinitaires et chrétiens non trinitaires ou monophysites. Dans sa Déclaration de Foi, l’Église réformée de France reconnaît aux Symboles œcuméniques issus de cette période de l’histoire de l’Église leur valeur d’expressions historiques de la foi. Elle se réclame de la tradition spécifique qu’ils instaurent. Mais elle laisse aussi ouverte la possibilité de ne pas considérer les affirmations qu’ils formulent quant à la nature ou à l’essence même du Dieu unique comme des dogmes universels ou éternels. Le Synode régional souhaite que l’emploi des formules trinitaires dans les textes d’accord interconfessionnel n’interdise pas au dialogue œcuménique de s’élargir aux Églises unitariennes. »

    Références

    1. Constitution du COE, art. 1.
    2. « Églises membres du COE », sur http://www.oikoumene.org (consulté le 9 octobre 2018)
    3. « Groupe mixte de travail de l'Eglise catholique romaine et du COE », sur http://www.oikoumene.org (consulté le 23 juillet 2016)
    4. Mark Juergensmeyer, Wade Clark Roof, Encyclopedia of Global Religion, SAGE Publications, USA, 2011, p. 1379
    5. Erwin Fahlbusch, Geoffrey William Bromiley, Jan Milic Lochman, John Mbiti, Jaroslav Pelikan, The Encyclodedia of Christianity, Wm. B. Eerdmans Publishing, USA, 2008, p. 764
    6. J. Gordon Melton, Martin Baumann, Religions of the World: A Comprehensive Encyclopedia of Beliefs and Practices, ABC-CLIO, USA, 2010, p. 3130
    7. Earle E. Cairns, Christianity Through the Centuries: A History of the Christian Church, Zondervan, USA, 2009, p. 474.
    8. a et b Charles Boyer, Le Mouvement œcuménique : les faits, le dialogue, Presses de l'Université Grégorienne, , p. 83-84
    9. a et b Martin Leiner, « Doctrine de Dieu à la fin du XXe siècle et sensibilité postmoderne : Vers une critique des conceptions harmonisantes de la Trinité », dans Pierre Gisel et Gilles Emery, Le christianisme est-il un monothéisme ?, Labor et Fides, , p. 289
    10. Jean Baubérot, Le Protestantisme, P.u.F., coll. « Que Sais-je », , p. 161
    11. Michel Baron, Les unitariens, L'Harmattan, coll. « Chrétiens autrement », , p. 10
    12. Bernard Reymond, sur la trace des théologies libérales, Van Dieren, 2002.
    13. Le rapport de la Commission spéciale suscite un débat animé
    14. « Constitution et Règlement », chapitre XX : Conduite des réunions, articles 8 et 9. « Consensus (décision par) », Communauté des Églises chrétiennes dans le canton de Vaud, avec un lien sur : « La nouveauté de Porto Alegre : la prise de décisions par consensus », article de Martin Hoegger, 2006.
    15. L'Assemblée renouvelle l'engagement des Églises en faveur de la justice et de la paix, 8 novembre 2013, sur le site wcc2013.info, article en ligne
    16. « Secrétaires généraux », sur le site du COE.
    17. (en) « Election of Presidents of the World Council of Churches », Eighth Assembly, Assembly Committees, sur www.wcc-coe.org, (consulté le 8 novembre 2017).
    18. Nature et objet du dialogue œcuménique, Une étude du Groupe Mixte de Travail entre l’Église Catholique et le COE (2005).
    19. Minter, William, 1942-, Hovey, Gail, 1940- et Cobb, Charles E., Jr., No easy victories : African liberation and American activists over a half century, 1950-2000, Africa World Press, (ISBN 1592215742, 9781592215744 et 1592215750, OCLC 132681471, lire en ligne)

    Voir aussi

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