Coup d'État de 2021 en Guinée
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Scène de joie à Conakry après l'annonce du coup d'État ()
Informations générales
Date
Lieu Conakry (Guinée)
Issue
Belligérants
Drapeau de la Guinée Gouvernement de GuinéeDrapeau de la Guinée Groupement des forces spéciales (GFS)
Commandants
Drapeau de la Guinée Alpha Condé
Drapeau de la Guinée Ibrahima Kassory Fofana
Drapeau de la Guinée Mamadi Doumbouya
Pertes
Au moins un civil mort
Coordonnées 9° 31′ nord, 13° 42′ ouest
Géolocalisation sur la carte : Afrique
(Voir situation sur carte : Afrique)
Coup d'État de 2021 en Guinée
Géolocalisation sur la carte : Guinée
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Coup d'État de 2021 en Guinée

Le coup d'État de 2021 en Guinée a lieu le , lorsqu'une unité d'élite de l'armée guinéenne — le Groupement des forces spéciales (GFS) — s'empare du palais présidentiel et capture le président, Alpha Condé.

Les auteurs du coup d’État, menés par le colonel Mamadi Doumbouya, annoncent la suspension de la Constitution, la dissolution du gouvernement et des institutions ainsi que la fermeture des frontières. Une junte militaire prend le pouvoir sous le nom de Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD).

Contexte

Le président Alpha Condé en 2020.

Au pouvoir depuis 2010, Alpha Condé est contesté depuis sa réélection en 2020 pour un troisième mandat après avoir fait modifier par référendum la Constitution pour remettre à zéro le compteur de ses mandats passés et être de nouveau éligible[2].

Il tente de réformer l'armée et crée des unités spéciales et d'élites comme la GFS. Il y nomme comme responsable des proches comme Mamadi Doumbouya; malinké et originaire comme lui de la province Kankan[réf. nécessaire].

Depuis , plusieurs opposants sont emprisonnés : Mamady Condé a été arrêté, alors que Mamadou Oury Barry est mort en prison[3]. Un mois avant la tentative de putsch, l'augmentation du prix de l'essence a provoqué des tensions au sein de l'opposition[4]. Plusieurs augmentations de prix des produits de la vie quotidienne ont donné lieu à des remous, comme la hausse des tarifs du pain, sur laquelle est finalement revenu Alpha Condé[5].

Déroulement

Guinéens exprimant leur soutien au putch à Conakry, le 5 Septembre 2021
Parades de joie des militaire dans Kaloum.

Le vers h (heure locale), des tirs nourris à l'arme lourde sont entendus à Conakry, aux abords du palais présidentiel. Des habitants font état de nombreux soldats leur ordonnant de rentrer chez eux et de ne pas en sortir[6]. Le ministère de la Défense nationale assure avoir repoussé l'assaut[7].

Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, les putschistes — des soldats du Groupement des forces spéciales, menés par le colonel Mamadi Doumbouya — revendiquent la capture du président de la République Alpha Condé et annoncent la suspension de la Constitution, la dissolution du gouvernement et des institutions, la fermeture des frontières et la création d'un « Comité national du rassemblement et du développement » pour diriger le pays[8]. Sur les antennes de la RTG, ils appellent le reste de l'armée « à l’unité » et à « rester dans les casernes », et se justifient par la déclaration suivante [9] :

« la situation sociopolitique et économique du pays, le dysfonctionnement des institutions républicaines, l’instrumentalisation de la justice, le piétinement des droits des citoyens, l’irrespect des principes démocratiques, la politisation à outrance de l’administration publique, la gabegie financière, la pauvreté et la corruption endémique ont amené l’armée républicaine […] à prendre ses responsabilités vis-à-vis du peuple souverain de Guinée »

— Mamadi Doumbouya

Des soutiens du putsch devant le QG du CNRD.

Peu après 14 h, les putschistes réalisent une allocution à destination de la population sur la chaîne de télévision publique RTG.

Dans la soirée du , l'annonce du coup d'État conduit à des scènes de liesses dans la capitale Conakry et en province, dont une partie de la population guinéenne « sort massivement dans la rue », applaudissant notamment au passage des blindés des militaires[10],[11],[12].

Au journal télévisé, la junte annonce l’instauration d’un couvre-feu « à partir de 20 heures sur toute l’étendue du territoire national », la fermeture des frontières terrestres et aériennes « pour une semaine au moins », le remplacement des membres du gouvernement par les secrétaires généraux de chaque ministère, celui des préfets, sous-préfets et gouverneurs de région par des militaires. Les ministres sortants et les présidents des institutions sont convoqués à une réunion le lendemain, sous peine d’être considérés comme en « rébellion contre le CNRD »[13]. Tous y participent[14].

Réactions

Scène de liesse à Conakry

Organisations internationales