Donatien Laurent
Donatien Laurent Locronan 2014.jpg
Donatien Laurent en 2014 lors de l’inauguration du jardin à son nom à Locronan.
Fonction
Directeur
Centre de recherche bretonne et celtique
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Fañch Roudaut (d)
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 84 ans)
BrestVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Père
Fratrie
Loeiz Laurent (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Distinction
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Donatien Laurent, né le à Belfort et mort le à Brest, est un musicologue, ethnologue et linguiste français.

D'origine brestoise et nantaise, il a appris la langue bretonne, la danse et la musique bretonne, étudié la culture celtique. Il dirige ainsi pendant douze ans le Centre de recherche bretonne et celtique. Il fut l'un des premiers ethnologues à analyser la culture orale et la tradition chantée en Bretagne. Tout au long de sa carrière, il alterne entre collectes sur le terrain et travaux de réflexion sur documents existants. Ses recherches les plus importantes l'ont fait remonter aux origines de la gwerz de Louis Le Ravallec, la gwerz de Skolvan (proximité avec des textes du Livre noir de Carmarthen), et surtout Aux sources du Barzaz Breiz, sa thèse d’État publiée en 1989 après avoir retrouvé les carnets de collecte de l'auteur, La Villemarqué.

Biographie

Donatien Laurent (le plus à gauche) avec le bagad Bleimor au Bleun-Brug de Landivisiau en 1954.

Né d’un père polytechnicien d’origine finistérienne, Pierre Laurent, et d’une mère musicienne originaire de Nantes, Donatien Laurent fréquente durant ses années de lycée à Paris la diaspora bretonne, et découvre la culture celtique[1]. Il fait partie du mouvement scout breton Bleimor à Paris, puis intègre, à la suite de son frère Loeiz, le bagad Bleimor et en devient le penn-soner[2]. Sonneur de cornemuse aguerri, il suit en 1956 son ami Herri Léon dit « La Pie », à l’île de Skye pour suivre un stage d’été organisé par le College of Piping ; ils en sortent diplômés d'un certificat élémentaire. Tous les deux révolutionneront l'utilisation de la grande cornemuse écossaise dans les bagadoù, ce qui créera des conflits au sein de Bodadeg ar Sonerion[3].

Dans le cadre de son intérêt pour la musique bretonne, il commence dès l'adolescence, seul ou accompagné de ses amis bretons de Paris à faire des collectes sonores notamment dans le pays vannetais. Le premier enregistrement qu'il effectue seul, sur le terrain, date de l'été 1956, au Conquet, sur le magnétophone de son frère. Après un grave accident survenu en avril de l'année suivante, assorti de 18 jours de coma, les médecins l'ayant déclaré inapte à poursuivre des études, il décide de se consacrer à des recherches sur la culture bretonne[4]. Inscrit à la Licence libre d'Ethnologie de la Sorbonne à Paris, encadrée par André Leroi-Gourhan, il se voit proposer par ce dernier, en 1964, de faire du terrain ethnologique à Plozévet.

Enregistrements du fonds Donatien Laurent à l'université de Bretagne occidentale.

C’est à cette occasion, étant sur place de longs mois, qu'il parvient à rencontrer, au manoir de Keransquer, près de Quimperlé (Finistère), un descendant de Théodore Hersart de La Villemarqué.

En 1965, il rencontre lors d'une enquête sa future épouse, Françoise Prigent[5]. Elle lui apportera un soutien actif dans la rédaction des Sources de Barz[6].

Avec le descendant de La Villemarqué, il retrouve les carnets de collecte originaux sur lesquels le littérateur avait recueilli les chants qui ont servi de base à la rédaction du Barzaz Breiz. Cette découverte, qui fera l’objet, dix ans plus tard, d'une thèse soutenue en 1974 (suivie d'une version publique publiée quinze ans plus tard, en 1989), permet de mieux comprendre et juger la valeur du travail du vicomte, un temps mise en doute. Les carnets montrent que La Villemarqué connaissait parfaitement la langue bretonne (contrairement à ce que supposait en 1959 Francis Gourvil dans sa thèse sur le Barzaz-Breiz). Ils montrent aussi que La Villemarqué avait pris de grandes libertés en constituant son recueil, arrangeant certaines pièces, supprimant les mots trop français, etc., mais les carnets montrent surtout que certains chants, considérés par Luzel, F. Lot, Arbois de Jubainville, Anatole Le Braz, F. Gourvil comme ayant été inventés par La Villemarqué, avaient bel et bien été recueillis : c'est le cas de Merlin barde, Le Faucon, La Vassal de Duguesclin...

Donatien Laurent a dirigé le Centre de recherche bretonne et celtique de l'Université de Bretagne occidentale (Brest) pendant une douzaine d'années. En 2015, Dastum en partenariat avec le CRBC et avec l'aide de Donatien Laurent et Laurent Bigot, met en ligne une partie du travail de documentation du fonds numérisé de Donatien Laurent, soit cent trente-six enquêtes, réalisées principalement en Basse-Bretagne du milieu des années 1950 à la fin des années 1970[7].

Il meurt dans la nuit du 24 au 25 mars 2020 à Brest[8],[9].

Ouvrages