Front national de résistance
مقاومت پنجشیر (prs)
Image illustrative de l’article Front national de résistance

Idéologie
Objectifs Rétablissement de la République islamique d'Afghanistan
Fondation
Date de formation
Pays d'origine Afghanistan
Actions
Zone d'opération Vallée du Panchir
Organisation
Chefs principaux Amrullah Saleh
Ahmad Massoud
• Gul Haidar
• Saleh Registani
Fahim Dashty
Membres 9 000 revendiqués[1]
Guerre d'Afghanistan
Conflit du Panchir

Le Front national de résistance (FNR)[2] ou Résistance du Panchir est une alliance militaire en Afghanistan, créée en juillet-, durant l'offensive des talibans, qui se compose d'anciens membres de l'Armée nationale afghane, de l'Alliance du Nord et d'autres opposants au mouvement islamiste des talibans.

Active sur le territoire de la province du Panchir au nord-est du pays, elle est, après la prise de Kaboul en , la principale organisation de résistance aux talibans dans le pays[3].

Elle est dirigée par Ahmad Massoud (le fils du commandant Ahmed Chah Massoud, connu pour sa lutte victorieuse contre les troupes soviétiques en Afghanistan puis contre les talibans), et Amrullah Saleh, vice-président de la République, qui après la fuite de l'ancien président Ashraf Ghani hors du pays, s'est autoproclamé président en vertu de la constitution[4].

Grand route dans une vallée du Panchir

Drapeaux

Histoire

Dans les années 1990, la vallée du Panchir et les territoires voisins étaient des bases d'opérations de l'Alliance du Nord[9]. C'est une région peuplée principalement de Tadjiks, parlant le dari, et qui est le lieu de naissance d'Ahmed Chah Massoud (le « lion du Panchir »), le commandant des campagnes anti-talibans et de son fils et successeur Ahmad Massoud[10].

Les , l'édition indienne du journal The Economic Times rapporte que les anciens dirigeants de l'Alliance du Nord envisagent de se grouper dans la lutte contre les talibans[11]. Le , The Washington Post fait état que les restes de l'Alliance du Nord se mobilisent sous l'égide de la résistance[3].

En , après la prise de Kaboul, des opposants aux talibans, y compris le premier vice-président Amrullah Saleh, se réfugient dans la vallée du Panchir, la seule région de l'Afghanistan qui ne soit pas tombée aux mains des talibans, pour y créer un nouveau front de résistance[12],[13],[14]. Amrullah Saleh, sur son compte Twitter, dénonce la fuite d'Ashraf Ghani : « Je me trouve dans le pays et je suis président par intérim. Selon la constitution afghane, en cas de fuite, de démission ou de décès du chef de l'État, le vice-président dirige le pays » (l'ambassadeur d'Afghanistan à Douchanbé (Tadjikistan) a reconnu Saleh comme président). En sa qualité, il a appelé ses concitoyens à résister aux talibans.

Le , des informations non confirmées font état d'un afflux d'Afghans dans les rangs de la résistance. D'anciens soldats tadjiks de l’armée afghane arrivent également dans le Panchir montés sur des tanks et des véhicules blindés[15]. Le même jour, la résistance reprend le district de Tcharikar dans la province de Parwan, coupant les communications par la route entre Kaboul et Mazâr-e Charîf[16]. Le , un détachement dirigé par Iar-Mokhammada, fils du maréchal Abdul Rachid Dostom, arrive également dans la région[17].

Carte montrant le contrôle de l'Afghanistan par la résistance en rose la .
(voir carte plus détaillée (en).)

Le , trois districts de la province de Baghlân sont passés sous le contrôle des forces de la résistance[18]. Le même jour, deux généraux rejoignent la résistance, il s'agit du dernier chef d'état-major des forces armées de la République islamique Khaïbatoulla Alizaï et le dernier commandant des forces d'opérations spéciales, Sami Sadat[19].

Le , la zone de Baghlân qui était occupée par la résistance est reprise par les talibans pratiquement sans combats[20]. Le , la chaîne saoudienne Al-Arabiya rapporte que les représentants des talibans ont accordé un délai de quatre heures à la résistance pour abandonner la province du Panchir sous peine de la voir reprise par eux par la force[21]. Après le refus d'Ahmad Massoud d'obéir à cette injonction, une offensive est lancée par les deux camps au cours de laquelle un détachement de talibans aurait été pris en embuscade dans la vallée d'Andarab[22]. Le , les talibans affirment avoir repris le contrôle des zones perdues précédemment dans la province de Baghlân[23].

Réaction russe

L'ambassadeur russe en Afghanistan Dmitri Jirnov considère que la résistance du Panchir est condamnée et que son projet échouera. Il ajoute que la proclamation d'Amrullah Saleh comme président n'est pas conforme à la constitution de l'Afghanistan et qu'elle n'a aucune perspective d'avenir[24]. Jirnov a également déclaré son intention de servir de médiateur entre la résistance et les talibans[25].

Analyses

Selon le point de vue du journal The Economist, la cause de la résistance semble désespérée[26]. Le quotidien britannique The Independent signale que les résistants risquent d'être dépassés par les talibans qui ont capturé des armes et du matériel de guerre occidental pendant leur offensive.

Un journaliste afghan anonyme déclare que les résistants doivent commencer à planifier une résistance prolongée contre les talibans s'ils veulent tenir la vallée du Panchir[27]. De son côté, l'analyste Bill Roggio (en) considère que les perspectives de la résistance sont sombres, bien que leur base soit défendable et qu'Amrullah Saleh puisse compter sur un large réseau potentiel à travers tout le pays[28].

Le spécialiste de l'Afghanistan Gilles Dorronsoro, de l'université de la Sorbonne considère que les forces talibanes pourraient imposer un verrouillage du Panchir qui n'est pas en soi une menace majeure[29]. Il existe également des inquiétudes concernant Amrullah Saleh et Ahmad Massoud qui viennent d'horizons politiques différents bien que tous deux hostiles aux talibans. Par ailleurs, Ahmad Massoud ne possède pas l'influence politique de son père mort en 2001.

Notes et références

  1. Ahmad Massoud, sur les traces de son père mais démuni face aux talibans, L'Obs, 24 août 2021.
  2. Afghanistan : les talibans disent avoir encerclé le Panchir, mais vouloir discuter,Le Figaro avec AFP, 22 août 2021.
  3. a et b (en) Brick Murtazashvili, « Le nord de l'Afghanistan a vécu autrefois à l'écart des Talibans. Pourquoi est-il tombé si vite cette fois-ci? » [archive du ], sur The Washington Post, (consulté le )
  4. (en) Amrullah Saleh, « Conformément à la constitution de l'Afghanistan, en cas d'absence, d'évasion, de démission ou de décès du Président, le Vice-Président devient le Président intérimaire », sur Twitter
  5. a et b Afghanistan: combats dans le Panshir, annonce du gouvernement encore différée, RFI, 4 septembre 2021.
  6. Afghanistan : le Panchir, la vallée qui résiste encore et toujours aux talibans, L'Express, 4 septembre 2021.
  7. Alijani Ershad, Dans le Panchir, dernière province afghane qui échappe aux Taliban, la résistance est sûre d’elle, France 24, 27 août 2021.
  8. 'Northern Alliance' flag hoisted in Panjshir in first resistance against Taliban, Hindustan Times, 17 août 2021.
  9. (en) « La vallée du Panchir : quel est le bastion principal contre les Talibans en Afghanistan », Market Research Telecast,
  10. (en) « Ahmad Massoud déclaré successeur de son père », sur TOLOnews, (consulté le )
  11. Chaudhury Dipanjan Roy, « L'alliance du Nord envisage de se regrouper pour lutter contre les Talibans et cherchent des armes », sur The Economic Times (consulté le )
  12. (en-US) « un ex-vice président afghan qui promet un nouveau combat contre les Talibans », sur Digital Journal, AFP, (consulté le )
  13. (en) « Alors que les talibans ont pris le pouvoir une province afghane est toujours un bastion de Massoud », sur Free Press Journal (consulté le )
  14. (en) « Un front anti Talibans au Pandjchir ? Ex top spy Saleh, son of 'Lion of Panjshir' meet at citadel », sur The Week (consulté le )
  15. (en) « Le Panchir arbore le drapeau de la résistance », sur Tribune India
  16. (ru) Силы сопротивления начали бои с талибами в Афганистане // Лента.ру, 17 août
  17. (ru) Дустум-младший прибыл с войсками в Панджшер
  18. (ru)Силы сопротивления отбили у талибов три района афганской провинции Баглан — Новости — Мир — Коммерсантъ
  19. (ru)В Панджшер прибыли два афганских генерала
  20. (ru) « Les Talibans reprennent le contrôle du raïon d'Andarab dans la province de Baghlân (Талибы вернули контроль над районом Андараб в провинции Баглан на севере страны) », Tass,‎ (consulté le )
  21. (ru) « Les talibans donnent 4 heures pour rendre la province du Panchir (Талибы дали руководству сопротивления в провинции Панджшер четыре часа, чтобы сдаться) », ТАSS,‎ (consulté le )
  22. (ru)300 талибов угодило в засаду ополчения в Баглане
  23. (ru) « Les talibans affirment avoir assiégé les résistants du Pandjchir (Талибы заявили о взятии в осаду сил сопротивления в Панджшере) », Argoumenty i Fakty,‎ (consulté le )
  24. Vasilyeva Maria, « La résistance aux Talibans est vouée à l'échec », Reuters, (consulté le )
  25. « La Russie va aider les talibans à conclure un accord politique entre les leaders de la résistance du Panchir et les talibans », The Week, (consulté le )
  26. (en) « De Saïgon à Kaboul, ce que signifie le fiasco américain pour le monde (From Saigon to Kabul: what America's Afghan fiasco means for the world) », 1, The Economist,‎ (lire en ligne)
  27. (en) « Glavin: La résistance afghane se prépare pour une bataille longue et prévisible (Afghan resistance gears up for the long, predictable battle ahead) », sur ottawacitizen (consulté le )
  28. (en) Roggio Bill, « After fall of Kabul, resistance to Taliban emerges in Panjshir », Long War Journal, (consulté le )
  29. (en) « Le retranchement afghan contre les Talibans va lutter contre ces derniers (Afghan holdout will struggle against Taliban assault, say analysts) », sur France 24, (consulté le )