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Gérard Depardieu
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Gérard Depardieu en 2016.
Nom de naissance Gérard Xavier Marcel Depardieu
Naissance (69 ans)
Châteauroux, Indre, France
Nationalité Drapeau de la France Français
Drapeau de la Russie Russe (depuis 2013)
Profession acteur, producteur, homme d'affaires, ambassadeur culturel du Monténégro[1]
Films notables voir filmographie
Séries notables Marseille

Gérard Depardieu est un acteur français, né le à Châteauroux. Il est également citoyen russe depuis 2013.

Révélé en 1974 par le film Les Valseuses, il est depuis l'un des comédiens les plus actifs et l'une des principales vedettes du cinéma français. Outre son métier d'acteur, il est producteur de cinéma et de théâtre, homme d'affaires et viticulteur. Il a par ailleurs réalisé ou coréalisé trois films : Le Tartuffe en 1984, Un pont entre deux rives (avec Frédéric Auburtin) en 1999 et le segment Quartier Latin dans Paris je t'aime en 2006.

Il a tourné avec des cinéastes français prestigieux, parmi lesquels François Truffaut, Jean-Luc Godard ou Alain Resnais, et a alterné films d'auteur et divertissements populaires, tout en apparaissant également dans des films hollywoodiens (Green Card, 1492 : Christophe Colomb, L'Homme au masque de fer). Il fut en outre l'acteur fétiche des réalisateurs Maurice Pialat, Francis Veber, Alain Corneau et Bertrand Blier. Apparu dans plus de 200 films, il est le deuxième acteur français ayant cumulé le plus d'entrées en France, derrière Louis de Funès. En 1981, son interprétation dans Le Dernier métro lui permet d'obtenir son premier César du meilleur acteur. Il obtient l'un de ses plus grands succès en 1990 avec Cyrano de Bergerac, qui lui vaut son deuxième César du meilleur acteur et une nomination à l'Oscar du meilleur acteur.

Il est le père des acteurs Guillaume et Julie Depardieu.

Biographie

Jeunesse

Gérard Depardieu est le troisième enfant de René Depardieu (plus connu dans son quartier sous le sobriquet de « Dédé » parce qu'il ne savait dit-on écrire que deux lettres)[2], tôlier-formeur en carrosserie, Compagnon du devoir, et sapeur-pompier volontaire, père qu'il admire malgré sa violence[3], et d'Alice Marillier dite « La Lilette », mère au foyer, originaire de Saint-Claude, où ses grands-parents possèdent une petite fabrique de pipes[4]. Gérard grandit dans la misère dans un deux-pièces 39, rue du Maréchal-Joffre[5] de Châteauroux, dans une famille de prolétaires au milieu de cinq frères et sœurs, bien que sa mère ait tout tenté pour accoucher seule à l'arrivée de Gérard[6] (quelques années plus tard, Gérard aidera sa mère pour les accouchements de ses frères et sœurs cadets). Il passe plus de temps dans la rue qu'à l'école, qu'il quitte à l'âge de 13 ans. Pratiquement analphabète et à moitié bègue, il n'apprend la lecture que plus tard[7]. Au cours d'une adolescence difficile, il se « débrouille », commet quelques vols et pratique la contrebande en tous genres (cigarettes, alcool), entre autres avec des GIs de l'importante base aérienne américaine de Châteauroux-Déols. Il fait office également de garde du corps pour des prostituées qui descendent de Paris le week-end, le jour de paye des GIs[8],[9]. Sa famille le surnomme alors « Pétard » ou « Pétarou », allusion « fine » à l'habitude qu'il a contractée de péter sans cesse, en tout lieu[10].

Son certificat d’études primaires en poche, il entre à douze ans comme apprenti dans l’imprimerie du groupe de presse Centre France[11] tout en participant à des combats de boxe clandestins[12],[13]. Pour la saison 1965-1966, il signe une licence junior dans le club de football de la Berrichonne de Châteauroux, ce qui est contradictoire avec un départ de cette ville en 1964[14], après divers petits métiers, dont celui de plagiste à La Garoupe sur le Cap d'Antibes[11] alors qu'il n'a que seize ans. En 1968, son pire ennemi d'enfance Jacky Merveille, autre caïd castelroussin, meurt dans un accident de voiture, il décide alors de prendre son destin en main[15].

Il est dispensé du service militaire par un psychiatre qui diagnostique une « hyperémotivité pathologique », dont il souffrirait depuis l'enfance[16],[17].

Débuts d'acteur

En 1963, sur les conseils de Michel Pilorgé (fils d'un médecin berrichon)[11], Gérard Depardieu monte avec lui à Paris où ils suivent ensemble des cours de comédie au Théâtre national populaire. Puis il suit au théâtre Édouard VII — en même temps que Claude Jade et Alain Doutey — les leçons Jean-Laurent Cochet qui le prend sous son aile. À cette époque, il rencontre Élisabeth Guignot, fille de polytechnicien qu'il épouse le 11 avril 1970 à Bourg-la-Reine. Son épouse lui fait alors découvrir le monde de la bourgeoisie[8] ; elle lui présente Agnès Varda et son mari Jacques Demy[18] chez qui il est baby-sitter pour gagner de l'argent[13]. Son manque de culture lui fait dévorer avec passion et avidité tous les grands textes classiques tout en suivant la thérapie du docteur Tomatis pour corriger ses difficultés d'élocution et sa mémoire déficiente[19]. Il fait ses débuts devant la caméra en 1965 dans le court-métrage de Roger Leenhardt Le Beatnik et le Minet[20].

En 1970, Michel Audiard lui procure un petit rôle dans Le Cri du cormoran le soir au-dessus des jonques. Il joue également un petit rôle dans le film Un peu de soleil dans l'eau froide (1971) de Jacques Deray. Il joue dans plusieurs pièces de théâtre à Paris, notamment dans deux pièces mises en scène par Claude Régy ; c'est là que Marguerite Duras le remarque et lui offre un rôle en 1972 dans Nathalie Granger et un autre l'année suivante dans La Femme du Gange[21]. La même année, Pierre Tchernia lui offre un petit rôle de gangster avec quelques belles répliques dans Le Viager, au côté de Michel Serrault.

Le succès

Gerard Depardieu dans le film 1900 (1976).
Gérard Depardieu au Festival de Cannes 1989.

C'est en 1974 que Gérard Depardieu est pleinement révélé au grand public : son rôle de « gentil » voyou en cavale dans Les Valseuses de Bertrand Blier, aux côtés de Patrick Dewaere et de Miou-Miou, est un succès doublé d'un scandale en raison des dialogues crus et de la sexualité étalée des personnages. Cette même année, il reçoit le prix Gérard-Philipe de la ville de Paris[22].

Gérard Depardieu au Festival de Cannes 1994.

En 1975, il se libère du rôle étriqué de voyou grâce au succès de Sept morts sur ordonnance de Jacques Rouffio. Vient ensuite la période des grands réalisateurs italiens : Bernardo Bertolucci l'engage dans sa fresque historique 1900, où il partage la vedette avec Robert De Niro, et Marco Ferreri le dirige dans Rêve de singe et La Dernière Femme, film provoquant dans lequel son personnage s'émascule avec un couteau électrique. Depardieu impressionne pour son aisance à changer d'univers et aussi pour l'éventail de son registre. Il tourne en effet dans des films aussi différents que Le Camion (1977) de Marguerite Duras, Barocco (1977) d'André Téchiné, La Femme gauchère (1978) de Peter Handke et Inspecteur la Bavure (1980) de Claude Zidi.

Tout en restant fidèle à Bertrand Blier (Tenue de soirée, Trop belle pour toi), Depardieu élargit son répertoire auprès d'autres grands noms du cinéma d'auteur français, en refusant de s'enfermer dans un genre ou un personnage précis :

Francis Veber l'illustre parallèlement dans des comédies de type buddy movie à la française en formant un tandem gagnant avec Pierre Richard : La Chèvre en 1981, Les Compères en 1983 et Les Fugitifs en 1986.

En 1981, il est choisi par John Travolta pour être sa voix française dans Blow Out, réalisé par Brian De Palma.

On le retrouve également dans des films en costumes, où il incarne plusieurs personnages historiques ou issus de la littérature française :

Carrière

Théâtre