Grand Prix d'Italie 2020
Tracé de la course
Données de course
Nombre de tours 53
Longueur du circuit 5,793 km
Distance de course 306,720 km
Conditions de course
Résultats
Vainqueur Drapeau : France Pierre Gasly,
AlphaTauri-Honda,
h 47 min 6 s 056
(vitesse moyenne : 171,830 km/h)
Pole position Drapeau du Royaume-Uni Lewis Hamilton,
Mercedes,
min 18 s 887
(vitesse moyenne : 264,363 km/h)
Record du tour en course Drapeau du Royaume-Uni Lewis Hamilton,
Mercedes,
min 22 s 746
(vitesse moyenne : 252,034 km/h)

Le Grand Prix automobile d'Italie 2020 (Formula 1 Gran Premio Heineken d'Italia 2020) disputé le 6 septembre 2020 sur le circuit de Monza, est la 1026e épreuve du championnat du monde de Formule 1 courue depuis 1950 où le circuit, situé dans le Parco Reale de Monza et surnommé « le Temple de la vitesse », faisait partie des sept pistes utilisées pour cette édition inaugurale. Il s'agit de la soixante-et onzième édition du Grand Prix d'Italie comptant pour le championnat du monde de Formule 1, la soixante-dixième se tenant à Monza et la huitième manche du championnat 2020.

La pandémie de Covid-19, a entraîné le report ou l'annulation des dix premières course prévues du championnat 2020, et la saison a finalement démarré avec le Grand Prix d'Autriche le 5 juillet. Le 2 juin 2020, la direction de la Formule 1 publie une première version du nouveau calendrier comptant huit courses toutes disputées en Europe, la huitième étant le Grand Prix d'Italie, disputé au même moment de l'année que d'habitude, à la différence qu'il devait s'agir de la quinzième manche du championnat et que la course a lieu à huis clos. La Formule 1 reste ensuite en Italie pour disputer, une semaine plus tard, l'inédit Grand Prix de Toscane sur le circuit du Mugello.

L'interdiction du « mode fête » et l'obligation de rouler avec une cartographie moteur unique durant l'ensemble du weekend de course ne change rien au déroulement des qualifications concernant les Mercedes W11, bien au contraire : Lewis Hamilton et Valtteri Bottas sont seuls au monde pour la conquête de la pole position sur le « temple de la vitesse ». Ils battent tous les deux le précédent record du tour le plus rapide de l'histoire de la Formule 1, établi par Kimi Raïkkönen à Monza en 2018. À la vitesse moyenne de 264,363 km/h, Hamilton obtient sa 94e pole position, sa sixième de l'année (contre cinq au total en 2019), devançant son coéquipier de 69 millièmes de seconde. Contrairement à leurs rivaux, ils n'ont pas eu besoin de chercher l'aspiration de pilotes roulant devant eux pour gagner du temps et ont préféré évoluer dans un air non perturbé dans les lignes droites, les qualités de leur voiture dans les virages et les chicanes leur conférant un avantage important.

Le plus rapide derrière eux, à huit dixièmes de seconde, est Carlos Sainz Jr., accompagné en deuxième ligne par Sergio Pérez. Max Verstappen, à presque une seconde de Hamilton, ne réalise que le cinquième temps et part en troisième ligne avec Lando Norris. Daniel Ricciardo et Lance Stroll occupent la quatrième ligne, Alexander Albon et Pierre Gasly complétant la liste des pilotes qui ont atteint la troisième phase des qualifications. Ferrari déplore son pire résultat en qualifications à Monza où Sebastian Vettel, éliminé en Q1, s'élance du dix-septième rang tandis que Charles Leclerc, qui atteint la Q2 de justesse, s'élance treizième, un an après avoir réalisé la pole position et obtenu la victoire.

Des circonstances exceptionnelles permettent à Pierre Gasly de remporter sa première victoire en Formule 1 pour son cinquante-cinquième départ. Né en 1996, l'année du dernier succès d'un Français en Formule 1 (Olivier Panis au Grand Prix de Monaco), il devient le 109e vainqueur de la discipline et le treizième français ainsi que, à 24 ans, le plus jeune pilote victorieux de son pays. La Scuderia AlphaTauri remporte également son premier succès, le deuxième de l'équipe basée à Faenza qui, sous la dénomination Scuderia Toro Rosso, avait gagné à Monza avec en 2008 grâce à Sebastian Vettel. Carlos Sainz Jr., deuxième après avoir pourchassé Gasly en fin de course, et Lance Stroll, troisième, complètent un podium totalement inédit. Aucune autre écurie que Mercedes, Red Bull ou Ferrari ne s'était imposée depuis le Grand Prix d'Australie 2013, et ne pas trouver un pilote d'une de ces trois équipes sur un podium remonte au Grand Prix de Hongrie 2012.

Gasly, dixième sur la grille, voit Lewis Hamilton s'échapper d'entrée de jeu alors que Valtteri Bottas, qui rate son envol, se retrouve sixième après un tour et que Carlos Sainz Jr. roule en deuxième position. Alors qu'Hamilton caracole en tête, la course s'anime après vingt tours quand Kevin Magnussen, en panne non loin de la voie d'entrée des stands, se gare au bord de la piste ce qui provoque la sortie de la voiture de sécurité et la fermeture temporaire de la pitlane. Juste avant, Gasly a troqué ses gommes tendres pour des pneus durs. Hamilton et Antonio Giovinazzi commettent tous deux l'erreur de rentrer au stand, manœuvre temporairement prohibée. Après trois tours derrière la voiture de sécurité, la voie des stands est enfin libérée et la plupart des autres pilotes procèdent à leur changement de pneus. À la relance de l'épreuve, tous les concurrents repartent à pleine allure mais au vingt-quatrième tour, Charles Leclerc désormais quatrième, perd l'arrière de sa SF1000 dans la Parabolica et l'écrase violemment dans les pneus. Après plusieurs tours de neutralisation, la course est interrompue sur drapeau rouge pour permettre la réparation du mur de pneus, alors que la sanction tombe pour Hamilton et Giovinazzi sous la forme d'un stop-and-go de dix secondes. Les pilotes pouvant en profiter pour changer leurs gommes, Gasly choisit des medium, tout comme Lance Stroll qui ne s'était pas encore arrêté et bénéficie d'un « arrêt gratuit ».

Une nouvelle procédure de départ est lancée au vingt-huitième tour ; sur la grille, Hamilton devance Stroll, Gasly, Räikkönen, Giovinazzi, Sainz, Norris et Bottas. Stroll rate son départ, permettant à Gasly d'occuper la deuxième place à la première chicane. Lorsqu'Hamilton et Giovinazzi observent leurs pénalités et repartent en queue de peloton, Pierre Gasly se retrouve en tête de la course. Sainz déborde rapidement Stroll, puis Räikkönen au trente-quatrième tour, et se lance à sa poursuite. Le Français réussit à garder plus d'une seconde d'avance sur son rival afin de l'empêcher d'entrer dans la zone d'utilisation de son aileron arrière mobile et se décale dans les lignes droites pour le priver d'aspiration mais, au dernier tour, la McLaren peut enfin abaisser son aileron. L'Espagnol n'est toutefois jamais en mesure de porter une attaque franche et Gasly ainsi que toute son équipe peuvent exulter ; battu de quatre dixièmes de seconde, Sainz obtient lui aussi le meilleur résultat de sa carrière.

Lance Stroll, troisième, obtient le deuxième podium de sa carrière et devance Lando Norris qui a réussi à maintenir Bottas derrière lui ; ils sont suivis par Daniel Ricciardo et Lewis Hamilton qui, à coups de records du tour, est remonté jusqu'à la septième place et glâne un point bonus. Il atteint le record de 221 arrivées dans les points. Des bagarres du peloton émergent Esteban Ocon huitième, Daniil Kvyat neuvième et Sergio Pérez dixième. Tous ont débordé Kimi Räikkönen, très bien placé lors du nouveau départ, et qui n'a pu leur résister.

Au championnat du monde, Lewis Hamilton (164 points) possède une avance de 47 points sur Valtteri Bottas (117 points) qui dépasse Max Verstappen (110 points), hors du coup à Monza et victime d'un abandon sur un problème moteur après 30 tours. Loin derrière ce trio, Lando Norris est quatrième à égalité de points avec Lance Stroll (57 points). Dans un mouchoir de poche, suivent Alexander Albon (48 points), Charles Leclerc (45 points), Pierre Gasly (43 points), Carlos Sainz et Daniel Ricciardo (41 points). Chez les constructeurs, l'avance de Mercedes (281 points) sur Red Bull (158 points) atteint désormais 123 unités. McLaren conforte sa troisième place (98 points) devant Racing Point (82 points), Renault (71 points) qui dépasse Ferrari (61 points) et Alpha Tauri (47 points). Le jour où la famille Williams quitte la Formule 1, leur écurie reste la seule à ne compter encore aucun point.

Contexte

Premier Grand Prix sans modification des modes moteur

En marge du Grand Prix d'Espagne à Barcelone, les écuries reçoivent un courrier de Peter Bayer, secrétaire général de la FIA pour le sport automobile, annonçant le projet d'interdire le changement de mode moteur pour les qualifications et la course[1]. Cela devrait déboucher sur une directive technique l'interdisant et n'autorisant aucune différence dans le fonctionnement du moteur sur un weekend de Grand Prix[1],[2].

À l'issue du Grand Prix d'Espagne le 16 août, Michael Masi, le directeur de course de la FIA, a confirmé la volonté d'interdiction des modes de qualifications moteur : « Nos ingénieurs ont effectué un travail préparatoire considérable et nous avons également consulté les motoristes. Nous avons donc pleinement confiance en notre directive et nous avons l'intention de la publier avant la course à Spa[3]. »

Michael Masi assure que la FIA à le pouvoir de faire respecter la règle sur les modes moteur lors des Grands Prix. Après le Grand Prix d'Espagne, les écuries ont été informées que l'instance souhaitait mettre un terme, dès la fin du mois d'août, à la pratique des modes moteur multiples : la fédération souhaite limiter l'utilisation à un seul mode moteur pour les qualifications et la course, ce qui signe d'une part la disparition des modes de performance de qualifications (« mode fête » ) et d'autre part, la disparition des modes d'économie du moteur en course pour permettre aux officiels de mieux contrôler ce que les écuries font avec leurs unités de puissance car « la multitude et la complexité des modes utilisés font qu'il est extrêmement difficile pour la FIA de contrôler le respect de toutes les réglementations et dispositions liées à l'unité de puissance à certains moments cruciaux des Grands Prix. » La FIA s'appuie sur l'article 27.1 du règlement sportif qui stipule que les pilotes doivent conduire leur monoplace seuls et sans aide alors que les modifications des modes du moteur à combustion interne actuellement en vigueur pourraient potentiellement signifier que le pilote ne conduit pas la voiture seul et sans aide[4].

La fin du « mode fête » est finalement programmée pour entrer en vigueur dès le Grand Prix automobile d'Italie[5].

Pneus disponibles

Pneus disponibles à Monza[6]
Pneus pour piste sèche Pneus pluie
Représentation des pneus durs
Durs (Type C2)
Représentation des pneus medium
Médiums (Type C3)
Représentation des pneus tendres
Tendres (Type C4)
    Représentation des pneus intermédiaires
Intermédiaires
   Représentation des pneus pluie
      Pluie

Essais libres

Première séance, le vendredi de 11 h à 12 h 30

Temps réalisés par les six premiers de la première séance d'essais libres[7]
Pos. Pilote Voiture Chrono Écart
1 Drapeau de la Finlande Valtteri Bottas Mercedes 1 min 20 s 703
2 Drapeau du Royaume-Uni Lewis Hamilton Mercedes 1 min 20 s 948 + 0 s 245
3 Drapeau de la Thaïlande Alexander Albon Red Bull-Honda 1 min 21 s 500 + 0 s 797
4 Drapeau de la Russie Daniil Kvyat AlphaTauri-Honda 1 min 21 s 555 + 0 s 852
5 Drapeau des Pays-Bas Max Verstappen Red Bull-Honda 1 min 21 s 641 + 0 s 938
6 Drapeau de la France Pierre Gasly AlphaTauri-Honda 1 min 21 s 667 + 0 s 964