Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans
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Idéologie Salafisme djihadiste
Objectifs Instauration d'un califat régi par la charia
Statut Actif
Fondation
Date de formation
Origine Fusion d'Ansar Dine, d'AQMI au Sahel, de la katiba Macina et de la katiba Al-Mourabitoune
Actions
Mode opératoire Lutte armée, guérilla, attentat-suicide, prise d'otages
Zone d'opération Mali, Niger, Burkina Faso
Période d'activité - en cours
Organisation
Chefs principaux Iyad Ag Ghali
Djamel Okacha (tué en 2019)
Mokhtar Belmokhtar
Amadou Koufa
Abou Hassan al-Ansari (tué en 2018)
Sedane Ag Hita
Ba Ag Moussa (tué en 2020)
Membres 500 à 2 000[1],[2]
Allégeance Flag of Jihad.svg Al-Qaïda
Groupe relié ShababFlag.svg Al-Qaïda au Maghreb islamique
Répression
Considéré comme terroriste par Drapeau du Canada Canada(3 février 2021)[3]
Guerre du Mali
Guerre du Sahel

Le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (en abrégé GSIM ; en arabe : جماعة نصرة الإسلام والمسلمين, Jamāʿat nuṣrat al-islām wal-muslimīn, JNIM) est une organisation militaire et terroriste, d'idéologie salafiste djihadiste, formée le pendant la guerre du Mali. Il naît de la fusion d'Ansar Dine, des forces d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) dans le Sahel, de la katiba Macina et de la katiba Al-Mourabitoune.

Fondation

Le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans annonce sa formation dans un document vidéo transmis le à l'agence de presse mauritanienne Agence Nouakchott Information (ANI) et diffusé le lendemain[4],[5]. Plusieurs chefs djihadistes apparaissent dans cette vidéo : Iyad Ag Ghali, l'émir d'Ansar Dine ; Djamel Okacha, l'émir d'AQMI au Sahara ; Amadou Koufa, l'émir de la katiba Macina ; Abou Hassan al-Ansari, l'adjoint de Mokhtar Belmokhtar, émir de la katiba Al-Mourabitoune ; et Abou Abderrahman El Senhadji le qadi d'AQMI[6],[7],[8]. Ces derniers annoncent leur rassemblement dans une seule structure et prêtent allégeance à Ayman al-Zawahiri, l'émir d'al-Qaïda ; à Abdelmalek Droukdel, l'émir d'AQMI ; et à Haibatullah Akhundzada, l'émir des talibans[6],[4]. Iyad Ag Ghali est désigné comme le chef de ce mouvement[4].

Ces organisations djihadistes étaient déjà étroitement liées avant leur fusion et s'étaient coordonnées dans diverses opérations[9],[5]. Par cette annonce, le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans cherche à s'afficher comme un groupe puissant et à contrer l'influence de l'État islamique[9],[5].

Organisation

Commandement

Le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans est dirigé par Iyad Ag Ghali, tandis que Djamel Okacha est le commandant en second[4],[10]. Okacha est tué le lors du combat d'Elakla[11]. Abou Yehyia al-Djaizari lui succède, mais il est mortellement blessé en à l'attaque de Bamba[12]. Sedane Ag Hita devient alors le nouveau numéro 2 du GSIM[13]. Fin 2020, l'armée française présente Ba Ag Moussa comme le « chef militaire » du GSIM[14]. Ce dernier est tué lors d'une opération dans la région de Ménaka le [14].

Les forces du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans sont divisées en plusieurs katiba, dont les plus importantes sont :

Le cadi du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, Ali Maychou, dit « Abou Abderrahmane Es-Sanhadji » ou « Abou Abderrahmane al-Maghrebi », est tué au Mali par les forces françaises dans la nuit du 8 au [21],[22],[23],[24].

Effectifs

Fin 2017, le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans compte un peu plus de 500 hommes selon les services de renseignements français[1]. En , Le Figaro évoque pour sa part 2 000 hommes d'après ses sources, en précisant que ces effectifs seraient en baisse par rapport à l'année précédente[2].

Actions

Le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans revendique notamment l'attaque de Boulikessi, menée le [25],[26] ; une deuxième attaque contre la même localité le [27] ; la mort d'un soldat français dans la forêt de Fhero, le [28] ; l'attaque de Gourma-Rharous du [29], l'embuscade de Dogofry du [30], l'attentat de Kangaba, le [31], l'attaque de Soumpi du [32], l'attaque de Tombouctou du [33], l'attaque de Ber du [34], l'attaque de Dioura du [35] et l'attaque de Boulikessi du au [36].

L'attaque de Midal, menée le , est la première revendiquée par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans au Niger[37].

Au Burkina Faso, le GSIM est suspecté d'être à l'origine de l'attentat de Ouagadougou du [38], tandis qu'il revendique l'attaque de Ouagadougou du [39] et l'embuscade de Loroni du [40].

En Côte d'Ivoire, dans la nuit du 9 au , des djihadistes du GSIM attaquent un poste de l'armée et de la gendarmerie ivoiriennes à Kafolo, près de la frontière avec le Burkina Faso. Il s'agit alors de la première attaque djihadiste en Côte d'Ivoire depuis l'attentat de Grand-Bassam en 2016. Kafolo est à nouveau attaquée le par le GSIM. Une autre attaque djihadiste, visant un poste de gendarmerie, est menée le même jour à Kolobougou (Téhini), située plus à l’est le long de la frontière avec le Burkina Faso.

Financements

Selon une étude réalisée en 2019 par l'Institut d'études de sécurité (ISS Africa), les groupes djihadistes sahéliens s'autofinancent grâce à des trafics locaux, comme le trafic d'armes, à une forme d'impôt sur le bétail et à l'exploitation artisanale de l'or[41].

Otages

Dans la nuit du au , le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans publie une vidéo sur les six otages occidentaux qu'il retient[42],[43],[44] : Stephen Malcolm McGown, de nationalité britannique et sud-africaine, enlevé le à Tombouctou au Mali[45] ; l'Australien Ken Elliott, enlevé le à Djibo, au Burkina Faso[46] ; le Roumain Iulian Gerghut, enlevé le à Tambao, au Burkina Faso[47] ; la Suissesse Béatrice Stockly, enlevée le à Tombouctou[48] ; la Colombienne Gloria Cecilia Narvaez Argoti, enlevée le à Koutiala, dans le sud du Mali[49] ; et la Française Sophie Pétronin, enlevée le à Gao, au Mali[50]. Stephen McGown est libéré le [51].

Béatrice Stockly aurait été tuée par balle en [52], peut-être à la suite d'une bavure commise par un de ses gardes[53]. Son corps est retrouvé et identifié en [54].

L'homme politique malien Soumaïla Cissé, Sophie Pétronin et le prêtre italien Pier Luigi Maccalli (enlevé en 2018) et Nicola Chiacchio (également de nationalité italienne, enlevé en ) sont relâchés par les djihadistes le en échange d'une rançon et de la libération d'environ 160 à 200 prisonniers, mais dont la plupart ne seraient pas des combattants[55],[56],[57].

En , le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans diffuse également une vidéo montrant onze militaires maliens faits prisonniers entre et [58],[59],[60]. Cependant, le , le groupe djihadiste affirme que tous ses prisonniers ont été tués dans la nuit du 23 au par un bombardement de l'armée française, lors du combat de Tin Biden[61].

Désignation comme organisation terroriste

Le , le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans est placé sur la liste des organisations considérées comme terroristes par le département d'État des États-Unis[62].

Voir aussi

Articles connexes