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Guerre du Golfe
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De haut en bas et de gauche à droite : des F-15E, F-16 et F-15C de l'USAF volant au-dessus des puits de pétrole koweïtiens en feu ; blindé de combat M728 ; troupes britanniques du régiment de Staffordshire pendant l'opération 'Granby' ; « autoroute de la mort » ; vue par caméra d'un Lockheed AC-130.
Informations générales
Date (6 mois et 26 jours).
Lieu Irak, Koweït, Arabie saoudite, Israël et golfe Persique.
Casus belli Invasion du Koweït par l'Irak.
Issue Victoire de la Coalition
Belligérants
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau du Koweït Koweït
Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite
Drapeau de la Turquie Turquie
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau de l'Égypte Égypte
Drapeau des Émirats arabes unis Émirats arabes unis
Drapeau d'Oman Oman
Drapeau de la Syrie Syrie
Drapeau de la France France
Drapeau du Maroc Maroc
Drapeau du Pakistan Pakistan
Drapeau de Bahreïn Bahreïn
Drapeau du Bangladesh Bangladesh
Drapeau du Canada Canada
Drapeau de l'Italie Italie
Drapeau du Nigeria Nigeria
Drapeau de l'Argentine Argentine
Drapeau du Niger Niger
Drapeau de l'Australie Australie
Drapeau de l'Espagne Espagne
Drapeau du Sénégal Sénégal
Drapeau de la Belgique Belgique
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Drapeau de la Grèce Grèce
Drapeau de Sierra Leone Sierra Leone
Drapeau du Honduras Honduras
Drapeau de l'Irak Irak
Commandants
Drapeau des États-Unis George H. W. Bush
Drapeau des États-Unis Dick Cheney
Drapeau des États-Unis Colin Powell
Drapeau des États-Unis Norman Schwarzkopf
Drapeau des États-Unis John J. Yeosock
Drapeau des États-Unis Walter E. Boomer
Drapeau des États-Unis Charles Horner
Drapeau des États-Unis Stanley Arthur
Drapeau des États-Unis J. William Kime

Drapeau du Koweït Sheikh Jaber Al Ahmad
Drapeau du Koweït Sheikh Saad Al Abdullah

Drapeau de l'Arabie saoudite King Fahd
Drapeau de l'Arabie saoudite Saleh Al-Muhaya
Drapeau de l'Arabie saoudite Khalid bin Sultan
Drapeau du Royaume-Uni Margaret Thatcher
Drapeau du Royaume-Uni John Major
Drapeau du Royaume-Uni Peter de la Billière
Drapeau du Canada Brian Mulroney
Drapeau du Bangladesh Hussain Muhammad Ershad
Drapeau de la France François Mitterrand
Drapeau de la France Michel Roquejeoffre
Drapeau de l'Irak Saddam Hussein
Drapeau de l'Irak Ali Hassan al-Majid
Drapeau de l'Irak Izzat Ibrahim al-Douri
Drapeau de l'Irak Salah Aboud Mahmoud
Drapeau de l'Irak Hussein Kamel al-Majid
Drapeau de l'Irak Abed Hmoud
Forces en présence
956 600 hommes650 000 hommes
Pertes
Coalition :
378 morts
3 754 blessés
31 chars d'assaut détruits
75 avions détruits

Koweït :
4 200 morts
12 000 prisonniers
200 chars capturés ou détruits
850 blindés détruits ou capturés
57 avions détruits
8 avions capturés
17 navires coulés
6 navires capturés
20 000 à 35 000 morts
75 000 blessés
3 700 chars détruits
2 400 blindés détruits
2 600 pièces d'artillerie détruites
110 avions détruits
137 avions partis en Iran
19 navires coulés
19 navires endommagés.
Civils :
Drapeau de l'Irak 3 664 morts
Drapeau du Koweït 1 082 morts, 625 disparus
Drapeau de la Jordanie 14 morts
Drapeau d’Israël 2 morts

Batailles

Invasion irakienne du Koweït :

Bataille des ponts · Prise du palais Dasman · Bataille de l'île de Failaka · Vol 149 British Airways

Intervention des forces de la Coalition :

Opération Artimon · Busiris · Salamandre · Daguet · Bataille d'Ad-Dawrah · Bataille de Khafji · Bataille au large de Bubiyan · Bataille de Hafar Al-Batin · Opération Bouclier du désert · Tempête du désert · Highway of Death · Bataille de 73 Easting · Medina Ridge · Aérodrome de Jalibah · Bataille de Norfolk

Incidents après le cessez-le-feu :

Bataille de Rumaila · Aérodrome de Safwan

La guerre du Golfe est un conflit qui oppose, du 2 août 1990 au 28 février 1991, l'Irak à une coalition de 35 États, dirigée par les États-Unis à la suite de l'invasion et l'annexion du Koweït par l'Irak. La guerre est divisée en deux phases : l'opération Bouclier du Désert (en anglais Desert Shield), du 2 août 1990 au 17 janvier 1991, au cours de laquelle les troupes se renforcent et défendent l'Arabie saoudite, et l'opération Tempête du Désert (en anglais Desert Storm), du 17 janvier au 28 février, phase de combat, qui commence avec un bombardement aérien et naval, suivi d'un assaut terrestre et qui se termine avec une victoire des forces de la coalition qui parviennent à repousser l'armée irakienne hors du Koweït et à avancer en Irak. La coalition cesse sa progression et déclare un cessez-le-feu 98 heures après le début de la campagne terrestre. Au cours de la guerre, les combats sont limités à l'Irak, le Koweït et des zones le long de la frontière avec l'Arabie saoudite ; l'Irak lance des missiles Scud contre des cibles militaires de la coalition en Arabie saoudite et contre Israël.

La guerre du Golfe est aussi connue sous d'autres noms, comme la première guerre du golfe Persique, la Première Guerre du Golfe, la guerre du Koweït, la Première Guerre d'Irak, ou tout simplement « guerre d'Irak » jusqu'à ce que le terme fasse à la place référence à la guerre de 2003, également connue aux États-Unis comme « opération liberté de l'Irak ». L'occupation du Koweït par l'armée irakienne, qui commence le 2 août 1990, est condamnée par la communauté internationale et conduit à des sanctions économiques immédiates contre l'Irak par les membres du Conseil de sécurité de l'ONU. Le président américain George Bush déploie les forces des États-Unis en Arabie saoudite et exhorte d'autres pays à envoyer leurs propres armées sur le terrain. De nombreuses nations rejoignent la coalition, ce qui en fait la plus grande alliance militaire depuis la Seconde Guerre mondiale. La grande majorité des forces militaires de la coalition viennent alors des États-Unis, avec l'Arabie saoudite, le Royaume-Uni et l'Égypte comme principaux contributeurs, dans l'ordre. Le Koweït et l'Arabie saoudite paient environ 32 milliards de dollars sur les 60 milliards que coûte le conflit.

Ce conflit est aussi marqué par la mise en place d'émissions d'information en direct du front de bataille, principalement par le réseau américain CNN. La guerre gagne également le surnom de « guerre de jeu vidéo » après la diffusion quotidienne d'images provenant de caméras installées à bord des bombardiers américains au cours de l'opération Tempête du Désert.

Contexte historique

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Donald Rumsfeld, en tant qu'envoyé spécial américain au Moyen-Orient, rencontre Saddam Hussein les 19 et 20 décembre 1983.

Tout au long de la guerre froide, l'Irak est allié à l'Union soviétique, et il y avait des désaccords entre le pays et les États-Unis. Les États-Unis sont préoccupés par la position de l'Irak vis-à-vis du conflit israélo-palestinien. Les États-Unis désapprouvent également le soutien qu'apporte l'Irak à de nombreux activistes arabes comme Abou Nidal, ce qui conduit les États-Unis à placer l'Irak sur la liste des États soutenant le terrorisme, le 29 décembre 1979. Les États-Unis restent officiellement neutres après l'invasion de l'Iran par l'Irak en 1980, qui devient la guerre Iran-Irak, bien qu'ils fournissent des ressources, un soutien politique et quelques avions « non militaires » à l'Irak.

En mars 1982, l'Iran lance une fructueuse contre-offensive (opération Victoire Indéniable) et les États-Unis intensifient le soutien qu'ils apportent à l'Irak afin d'empêcher l'Iran de contraindre l'Irak à la capitulation. Dans une tentative américaine d'établir des relations diplomatiques complètes avec l'Irak, le pays est retiré de la liste des États soutenant le terrorisme. Apparemment, cela était dû à l'amélioration du système d'écoutes du régime, bien que l'ancien assistant du secrétaire adjoint américain à la défense déclare par la suite : « Personne n'avait de doutes sur le fait que [les Irakiens] continuaient à être impliqués dans le terrorisme... La vraie raison était de les aider à gagner la guerre contre l'Iran. ». Avec des succès militaires de l'Irak et le refus de l'offre de paix par l'Iran au mois de juillet, les ventes d'armes atteignent un pic en 1982. Lorsque le président irakien Saddam Hussein expulse Abou Nidal vers la Syrie après que les États-Unis en ont fait la demande en novembre 1983, l'administration Reagan envoie Donald Rumsfeld rencontrer Saddam Hussein en tant qu'envoyé spécial et crée des liens. En août 1988, au moment où le cessez-le-feu avec l'Iran est signé, l'Irak se retrouve criblé de dettes et les tensions montent au sein de la société. La majeure partie de cette dette est détenue par l'Arabie saoudite et le Koweït. L'Irak fait pression sur ces deux nations pour effacer les dettes, mais elles refusent.

Le différend entre l'Irak et le Koweït implique également le fait que l'Irak revendique le Koweït comme territoire irakien. Le Koweït a fait partie de la province ottomane de Basra. Dès lors, ce dernier est revendiqué par l'Irak comme étant un territoire irakien légitime. La dynastie souveraine du Koweït, la famille al-Sabah, a conclu un accord de protectorat en 1899, qui assigne la responsabilité de ses affaires étrangères au Royaume-Uni. Le Royaume-Uni fixe la frontière entre les deux pays en 1922, rendant l'Irak pratiquement sans accès à la mer. Le Koweït rejette par la suite les tentatives irakiennes d'obtenir des dispositions complémentaires dans la région.

L'Irak accuse aussi le Koweït de dépasser les quotas de production de pétrole fixés par l'OPEP. Afin que l'organisation maintienne son prix à 18 dollars le baril, une certaine discipline est nécessaire. Les Émirats arabes unis et le Koweït sont régulièrement en surproduction. Pour ce dernier, il s'agit en partie de réparer les pertes causées par les attaques iraniennes lors de la guerre Iran-Irak et de payer pour les pertes d'un scandale économique. Il en résulte une chute des prix, jusqu'à 10 dollars le baril, correspondant à une perte de sept milliards de dollars par an pour l'Irak. Ce manque à gagner est équivalent à son déficit de la balance de paiements en 1989. Les revenus qui en résultent ne suffisent plus à subvenir aux besoins du gouvernement, et encore moins à réparer les infrastructures endommagées. La Jordanie et l'Irak souhaitent alors plus de discipline et obtiennent une petite victoire. Le gouvernement irakien décrit cela comme de la guerre économique, et considère que le Koweït a aggravé la situation avec des forages directionnels réalisés à travers la frontière, dans le gisement de Rumaila. À la même époque, Saddam Hussein cherche à tisser des liens étroits avec les États arabes qui ont soutenu l'Irak lors de la guerre. Il obtient le soutien des États-Unis, et pense que l'existence de liens avec des États du Golfe pro-occidentaux pourrait aider à amener et maintenir l'Irak dans la sphère d'influence des États-Unis.

L'énorme diminution des exportations de pétrole de ces deux pays de l'OPEP — Iran et Irak — représente autant de bénéfices pour l'Arabie saoudite et le Koweït, auprès desquels l'Irak est respectivement endetté à hauteur de 45 milliards de dollars américains et de 15 milliards de dollars. Saddam Hussein exige des deux pays arabes non seulement l'annulation de ces dettes, mais aussi un don d'une valeur égale, et menace de représailles armées en cas de désaccord. La reconversion de l'économie de guerre en économie de marché s’opère lentement en Irak. Le Koweït dont Bagdad se voulait déjà souverain en 1958 et qui avait réchappé aux menaces du Général Kassem qui revendiquait « le territoire koweïtien comme partie intégrante de l'Irak » juste après la pleine indépendance déclarée le 19 juin 1961 grâce aux appuis britannique et arabe[1],[2], suscite l'ire de Saddam Hussein. Une diminution du cours du baril de pétrole brut d'un seul dollar fait perdre 1 milliard de dollars par an[3] à l'Irak. Or le Koweït, qui restreint l'accès irakien au golfe Persique et a fortiori à la mer, produit de plus en plus de pétrole et ne respecte même pas ses quotas. L'ultime casus belli arrive lorsque le Koweït est accusé de forer du côté irakien de la frontière entre les deux pays.

Le 25 juillet 1990, Saddam Hussein rencontre l'ambassadrice américaine à Bagdad, April Glaspie. Celle-ci, bien au fait de ce qui se prépare (« nous constatons que vous avez amassé des troupes nombreuses à la frontière »), lui laisse entendre que « les États-Unis n'ont pas d'opinion sur les conflits opposant deux pays arabes »[4]. Le 30 juillet, une réunion de médiation est organisée à Djeddah ; elle échoue[5].

Déroulement

Entraînement des forces britanniques, 6 janvier 1991.
4 F-111 lors de la campagne aérienne de 1991.
Avions de la coalition durant l'opération Bouclier du Désert. De bas en haut:Un Alpha Jet et un Mirage F-1 du Qatar, un autre Mirage F-1 mais français, un F-16 américain et un CF-188 Hornet canadien.
Forces égyptiennes, syriennes, omanaises, koweïtiennes et françaises lors d'une revue le 8 mars 1991 après la victoire.
Image de la défaite des forces irakiennes le long de l'« autoroute de la mort ».

On peut distinguer quatre phases :