Hans Küng
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Hans Küng (2009)
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Hans Küng est un prêtre catholique et théologien suisse, né le à Sursee dans le canton de Lucerne (Suisse) et mort le à Tübingen (Bade-Wurtemberg, Allemagne).

Biographie

Après avoir fait des études de théologie à Rome à l'Université grégorienne, il est ordonné prêtre en 1954. Il continue ses études dans diverses universités européennes, dont la Sorbonne, à Paris où il soutient une thèse de doctorat intitulée La justification. La doctrine de Karl Barth est une réflexion catholique. En 1960, Hans Küng est nommé professeur de théologie à l'Université Eberhard Karl de Tübingen, en République fédérale d'Allemagne. Il a pour collègue Josef Ratzinger (futur Benoît XVI), avec qui il participe au concile Vatican II comme théologien expert (peritus). Cette expérience le marquera profondément.

Au cours des années 1970, Hans Küng publie de nombreux ouvrages tout en poursuivant son enseignement. Il publie en 1971 Infaillible ? Une interpellation, à la suite de la parution de l'encyclique Humanae Vitae du pape Paul VI (1968), qui condamnait les méthodes contraceptives utilisant des dispositifs mécaniques ou des médicaments[1] et qui, selon lui, tournait le dos à la collégialité épiscopale définie par Vatican II[2]. En 1978, il publie Être chrétien[3], qui se vendra à des milliers d'exemplaires à travers le monde [4].

Le , à la suite d'une longue controverse avec Rome et spécialement la Congrégation pour la doctrine de la foi, il se voit retirer sa missio canonica (reconnaissance officielle par l'Église catholique qu'un professeur est habilité à enseigner la théologie et à participer à la collation des grades universitaires catholiques). Il est toutefois maintenu par ses confrères à l'Université Eberhard Karl de Tübingen comme professeur et directeur de l'institut des recherches œcuméniques, spécialement créé pour lui par l'Université de Tübingen[5]. De 1960 à sa retraite en 1996, Hans Küng enseigne la théologie et la théologie œcuménique[6].

Hans Küng meurt à 93 ans, le à Tübingen[7]'[8].

Le Weltethos

Hans Küng se voue depuis 1993 à la fondation nommée Weltethos[9] (Tübingen et Zurich). Il définit l'ethos comme l'attitude morale fondamentale de l'homme[10]. Elle cherche à développer et renforcer la coopération entre les religions, au-delà d'une vague reconnaissance de valeurs communes. Il cherche particulièrement à lancer de véritables initiatives pratiques en vue de la paix et du développement. On peut consulter son site qui inclut la déclaration pour une éthique planétaire[11]. Cet engagement a valu à Hans Küng de recevoir le Prix Niwano de la paix en 2005. Concernant la création du Parlement des Religions qui s'est réuni à Chicago aux États-Unis, Hans Küng soutient que l’éthique dont il est question en parlant des religions est « loin de constituer un effort de réduction à un minimalisme éthique, elle découvre plutôt ce que les religions du monde partagent déjà comme minimum d’éthique commun. Elle n'est aucunement un reproche adressé à quiconque : elle invite plutôt les croyants et non-croyants à faire leur cette perspective, et à s'en inspirer »[12]. Le , Hans Küng et Paul Ricœur, philosophe français protestant, ont un débat intéressant autour du Manifeste pour une éthique planétaire de Hans Küng[13].

Une position critique envers la hiérarchie catholique

En 1995, lors de la publication de l'encyclique Evangelium Vitæ (sur la valeur et l'inviolabilité de la vie humaine) de Jean-Paul II, Hans Küng accuse ce pape d'être « un dictateur spirituel voulant détruire la liberté de conscience », de vouloir faire taire les dissidents dans son Église et d'imposer sa morale au reste du monde[14].

Hans Küng dit en 2003 chercher une « réconciliation pragmatique » avec Rome. Le cardinal Karl Lehmann, de Mayence, déclare alors à la presse que son attitude est une « remarquable expression de bonne volonté » et annonce son intention d'intervenir à ce sujet auprès de la Congrégation pour la doctrine de la foi[15].

En septembre 2003, il publie un article dans Le Monde des religions pour affirmer que la repentance de l'an 2000 est un geste médiatique qui n'a pas été suivi d'actes majeurs tendant à la concrétiser[16].

Le , après la mort de Jean-Paul II, il dresse une analyse de son pontificat, qui restera selon lui « comme une grande espérance déçue et, finalement, comme un désastre », et aura plongé l'Église « dans une crise qui fera date[pas clair][17] ». Inquiet de l'élection du cardinal Josef Ratzinger comme pape sous le nom de Benoît XVI, il est reçu par ce dernier à Castel Gandolfo le [18]. Si les deux hommes ont des positions théologiques différentes, le cardinal Ratzinger déclare en 1988 : « Nous considérons tous les deux les différences entre nos positions théologiques comme légitimes et nécessaires au progrès de la pensée, et elles n'entravent en rien notre sympathie mutuelle et notre capacité de collaborer à travers elles[19]». Leur conversation s'était focalisée sur l'ouvrage récent de Hans Kung "Weltethos" [20]. Benoît XVI a souligné à cette occasion :"l'effort du professeur Küng pour contribuer à une reconnaissance renouvelée des valeurs morales essentielles de l'humanité à travers le dialogue des religions et dans la rencontre avec la raison séculière" [21].


À l'annonce de la publication de la constitution apostolique Anglicanorum Coetibus permettant la création de prélatures accueillant des groupes anglicans traditionalistes au sein de l'Église catholique, Hans Küng publie comme ancien professeur de l'Institut de recherches œcuméniques de Tübingen un article dans différents journaux européens, dans lequel il considère cette constitution apostolique comme l'« enterrement » d'années de travail vers l'œcuménisme[22]. Le lendemain, Gian Maria Vian, rédacteur en chef de L'Osservatore Romano, considérera, lui, que Hans Küng se trouve « fort loin des réalités[23] ».

Hans Küng se réjouit de l'encyclique Deus caritas est publiée en 2005, et notamment de la réflexion de Benoît XVI sur l’éros et l’agapè. Au lendemain de l'élection du pape François, il a affirmé que c'était le « meilleur choix possible »[24].

Œuvres