Insurrection djihadiste au Burkina Faso

Informations générales
Date - en cours
(4 ans, 10 mois et 9 jours)
Lieu Burkina Faso
Issue En cours
Belligérants
Drapeau du Burkina Faso Burkina Faso
Drapeau de la France France
Drapeau des États-Unis États-Unis
Flag of Jihad.svg Ansarul Islam (depuis 2016)
Shabab Ansar Dine (2015-2017)
Drapeau de l'État islamique État islamique dans le Grand Sahara (2015-2019)Shabab Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (depuis 2017)
Drapeau de l'État islamique État islamique en Afrique de l'Ouest (depuis 2019)
Commandants
Drapeau du Burkina Faso Michel Kafando
Drapeau du Burkina Faso Roch Marc Christian Kaboré
Shabab Ibrahim Malam Dicko
Shabab Jafar Dicko
Shabab Adnane Abou Walid Al-Sahraoui
Forces en présence
Drapeau du Burkina Faso
12 000 hommes[1]
Shabab
inconnues
Pertes
Drapeau du Burkina Faso
436 morts
310 blessés
(du 4 avril 2015 au 31 mai 2020)[2]

Drapeau de la France
2 morts[3]
Shabab
inconnues
Civils :
1 807 morts
(du 4 avril 2015 au 31 mai 2020)[2]

Guerre du Sahel

Batailles

L'insurrection djihadiste au Burkina Faso est un conflit armé opposant à partir de 2015 le gouvernement burkinabé à des groupes salafistes djihadistes. Elle se déroule dans le cadre de la guerre du Sahel.

Prélude

Les délégués d'Ansar Dine et du MNLA à Ouagadougou le , avec notamment : Alghabass Ag Intalla, le représentant d'Ansar Dine ; Djibrill Bassolé, le ministre des affaires étrangères du Burkina Faso ; et Bilal Ag Acherif, le secrétaire général du MNLA.

Au pouvoir depuis 1987, le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, cherche à ménager les groupes djihadistes lorsque ces derniers atteignent la région sahélienne[4],[5],[6]. Le conseiller du président burkinabé, le Mauritanien Moustapha Ould Limam Chafi, et son chef d’état-major particulier, le général Gilbert Diendéré, nouent des contacts avec certains chefs djihadistes, notamment pour négocier la libération d’otages occidentaux[7],[6]. Fin 2012, lors de la guerre du Mali, le Burkina Faso fait office de médiateur et accueille des délégations d'Ansar Dine et du MNLA à Ouagadougou afin de négocier avec le gouvernement malien[8],[9]. En 2013, le pays intervient au Mali au sein de la MISMA, puis de la MINUSMA. Mais en , Blaise Compaoré est renversé par un soulèvement populaire, avec pour conséquences un affaiblissement de l'armée et de l'appareil sécuritaire[4],[5].

Déroulement

2015-2016

En 2015, le Burkina Faso commence à son tour à être la cible d'attaques djihadistes[10]. Le , un gendarme est mortellement blessé dans une attaque menée contre le poste de Oursi par trois hommes armés, qui selon un témoin se réclamaient de Boko Haram[11],[12]. Il s'agit de la première attaque djihadiste menée contre un poste des services de sécurité burkinabés près de la frontière avec le Niger et le Mali[13]. Mais d'autres suivent : entre et , sept postes sont attaqués au nord et à l'ouest de Burkina Faso. Ces attaques, parfois revendiquées par des groupes djihadistes, font quinze morts et plus de onze blessés[14],[15]. Ainsi le , trois gendarmes, un djihadiste et un civil sont tués lors d'un affrontement à Samorogouan[16],[17]. Le , trois policiers sont abattus à Intangom[18],[14]. Le soir du , un petit groupe de deux ou quatre djihadistes attaquent un poste de douane à Markoye, tuant un douanier et un civil et faisant trois blessés. Deux jours plus tard, Adnane Abou Walid Al-Sahraoui revendique l'attaque, la première depuis son allégeance à l'État islamique[19],[20],[21]. Le , quatre militaires sont tués, ainsi que deux civils, dans une nouvelle attaque à Intangom, revendiquée également par l'État islamique[18],[22],[23].

La capitale Ouagadougou est également frappée par un attentat le , lorsqu'un commando de trois hommes armés ouvre de feu sur des civils occidentaux dans un bar-restaurant et un hôtel. L'attaque fait 30 morts et est revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et attribuée à la katiba Al-Mourabitoune[24],[25].

2017

Fin 2016, le nombre des attaques djihadistes augmente avec la formation d'un nouveau mouvement : Ansarul Islam, dirigé par l'imam Ibrahim Malam Dicko[10],[26],[27],[28],[29]. Le groupe est actif dans les territoires frontaliers séparant le Mali et le Burkina Faso et particulièrement dans la province de Soum, au Burkina[27],[26]. Le , le groupe Ansarul Islam mène l'attaque de Nassoumbou au cours de laquelle douze soldats de l'armée burkinabée sont tués[26]. Le , il assassine un imam de la localité de Tongomayel, ancien membre d'Ansarul Islam qui avait pris ses distances avec le groupe[26]. Le , un enseignant est assassiné dans le village de Kourfayel, dans la province de Soum[30]. Le , un militaire est légèrement blessé par le tir d'une roquette à Nassoumbou[31]. Le , un chef d'Ansarul Islam, Harouna Dicko, est abattu à Pétéga, dans une opération des forces de sécurité[32]. Au total, environ 70 personnes, en grande majorité des militaires, des gendarmes et des policiers, trouvent la mort dans une vingtaine d'attaques[29]. Les djihadistes évitent de cibler les civils, tant qu'ils ne collaborent pas avec les autorités, pour essayer de se concilier les populations[29].

Entre le et le , une opération baptisée « Panga » est menée par 1 300 soldats des forces armées maliennes, burkinabées et françaises, dans la forêt de Fhero, à la frontière entre le Mali et le Burkina Faso[33], considérée comme un sanctuaire des djihadistes d'Ansarul Islam[34]. Le , un véhicule léger français saute sur un engin explosif improvisé qui blesse deux hommes, ils sont ensuite secourus par un détachement qui entreprend de fouiller la zone, mais ce dernier est pris à partie et un soldat est tué[35],[36],[37]. L'attaque est revendiquée par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans[38],[39]. En douze jours de fouilles, deux djihadistes sont tués, huit faits prisonniers, et entre plusieurs dizaines et 200 suspects sont arrêtés[33],[40],[41]. Cependant les forces françaises repartent rapidement à l'offensive. Le 29 et , elles tuent ou capturent une vingtaine de djihadistes dans les combats de la forêt de Foulsaré[42]. Puis dans la nuit du 30 au , l'armée française mène une nouvelle attaque dans la forêt de Serma où une vingtaine de djihadistes trouvent la mort[43],[44].

Le , à Pétéga, un policier à la retraite est assassiné par deux ou quatre hommes armés, dont l'un est également abattu au cours de son repli[45],[46]. Dans la nuit du 2 au , au moins cinq personnes, dont un couple et leur enfant, sont assassinés dans des attaques ciblées menées dans trois localités de la province de Soum : Pogwol, Pétéga et Kourou Peul[46]. Le , des militaires raflent 74 villageois dans la région de Djibo en les accusant de soutenir Ansarul Islam ; plusieurs d'entre-eux sont torturés, deux en meurent[47]. Le , des échanges de tirs ont lieu à Doumbala entre des policiers et sept ou neuf islamistes, mais sans faire de victimes[48].

Le chef d'Ansarul Islam, Ibrahim Malam Dicko, aurait trouvé la mort en [49]. Le groupe annonce alors avoir un nouveau chef, Jafar Dicko[50]. Dans la nuit du 24 au , cinq hommes d'Ansarul Islam sont assassinés dans les villages de Ndidja, Sibé et Neyba, dans la province de Soum ; les autorités burkinabè évoquent alors de possibles règlements de compte au sein du groupe[51].

La nuit du , Ouagadougou est frappée par un nouvel attentat : deux hommes armés entrent dans un café-restaurant et assassinent 18 personnes avant d'être à leur tout abattus par les forces d'intervention burkinabè[7].

Le , un véhicule de l'armée burkinabè roule sur un engin explosif à Touronata : trois soldats sont tués et deux grièvement blessés ; c'est la première attaque de ce type au Burkina Faso[52]. Le , un douanier est tué à Djibasso lors d'une attaque contre un poste de gendarmerie[53]. Le , trois hommes, dont un chef de village et un imam, sont abattus par des hommes armés dans la province de Soum[54]. Le , sept soldats sont blessés par l'explosion d'une mine près de Djibo[55]. Le , deux gendarmes sont tués et deux blessés dans une embuscade près de la même ville[55]. Le , l'armée burkinabè remporte un premier succès en neutralisant une dizaine de djihadistes dans le village d'Ariel, près de Nassoumbou[56]. Le , six djihadistes à moto mènent un raid sur le village de Taouremba, où ils incendient une buvette et abattent cinq membres du groupe d'autodéfense Kogl Weogo, ainsi qu'un conseiller municipal[57].

Les forces armées burkinabè lancent alors une série d'opérations dans le nord du pays à la fin de l'année 2017[58]. Cependant celle-ci s'accompagnent d'exactions, au moins plusieurs dizaines de personnes sont exécutées sommairement et l'ONU recense près de 25 000 déplacés entre et [58]. De 2016 à début 2018, Human Rights Watch fait état d'au moins 33 meurtres et exécutions sommaires présumés, dont dix-neuf commis par les djihadistes et quatorze par les forces de sécurité du Burkina Faso[59].

2018

Le , un commando du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans mène une attaque à Ouagadougou contre l'ambassade de France et l'état-major général des armées burkinabè[60]. Huit soldats et huit assaillants sont tués, tandis que 61 soldats et 24 civils sont blessés[60]. Dans la nuit du 21 au , les forces spéciales de la gendarmerie burkinabè lancent un assaut contre une cellule dormante djihadiste retranchée dans une villa à Karpala, un quartier au sud-est de Ouagadougou[61]. Trois djihadistes et un gendarme sont tués dans l'opération[61].

En 2018, les violences au Burkina Faso se poursuivent au Nord mais commencent également à gagner l'est du pays[62],[63],[64]. Le soir du , trois attaques sont menées par les djihadistes : à Tindangou, contre un poste de contrôle où un policier est tué et contre le commissariat de police et la brigade de gendarmerie de Comin-Yanga, où cette fois un assaillants est abattu[65]. Le , cinq gendarmes et un civil sont tués par l'explosion d'une mine suivie par une fusillade du site minier de Boungou, à une centaine de kilomètres de Fada N'Gourma[66],[67]. Dans la nuit du 27 au , sept à huit autres membres des forces de sécurité sont tués pas un engin explosif près de Pama[68],[69],[70]. Le , dans la même région, deux militaires sont tués et six autres blessés par l'explosion d'une mine artisanale près de Kabonga[71]. Dans la nuit du 14 au , des djihadistes pénètrent dans les villages de Diabiga et Kompiembiga, près de Pama, et assassinent neuf personnes, dont un leader religieux[72],[73],[74]. Le , à Inata, trois employés d'une mine d'or — un Indien, un Sud-Africain et un Burkinabé — sont enlevés et trois gendarmes sont tués[75]. Le , huit soldats sont tués par l'explosion d'un engin explosif à la sortie d'un pont entre Baraboulé et Djibo[75]. Le , un convoi militaire en partance vers la mine de Foutouri saute sur engin explosif près de Gayéri et six soldats sont tués[76],[77],[78]. Puis, dans la nuit du 4 au , une quarantaine de djihadistes attaquent à nouveau des gendarmes près des mines d'Inata, non loin de la ville de Djibo, mais l'aviation française est avertie et neutralise une dizaine d'assaillants[78]. Le , six policiers sont encore tués et cinq blessés par l'explosion d'une mine suivie d'une embuscade près de Sollé[79],[80]. Le , un militaire est tué et un autre blessé à Pama, également par un IED[79]. Début octobre, l'armée burkinabè lance alors une opération dans les forêts de l'Est, avec le soutien des forces françaises[81],[82],[83]. Le , quatre gendarmes et un civil sont à nouveau tués par l'explosion d'une mine près de Boungou, dans le département de Fada N'Gourma[84],[85]. Le , les gendarmes repoussent une embuscade à Bougui, à dix kilomètres de Fada N'Gourma, et tuent six assaillants contre un blessé dans leurs rangs[86],[87]. Le , dix gendarmes sont tués dans une embuscade du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans à Loroni[88].

2019

Le , six personnes sont assassinées par des hommes armés dans le village de Yirgou, dans le département Barsalogho et en représailles, les villageois, appartenant à la communauté des Mossis, majoritaire au Burkina Faso, s'en prennent aux éleveurs peuls, accusés de complicité avec les djihadistes, et massacrent au moins 40 membres de cette communauté[89],[90]. Alors que les violences communautaires prennent de plus en plus d'ampleur au Mali, il s'agit de la première tuerie de ce type au Burkina Faso depuis le début des attaques djihadistes dans ce pays[89],[90]. Le , un groupe de 36 djihadistes attaque le village de Gasseliki et tue douze civils[91],[92]. Le , dix civils sont tués par des hommes armés dans le village de Sikiré, près de la ville d'Arbinda[93]. Le , quatre soldats burkinabés sont tués et cinq autres blessés dans une attaque à Nassoumbou[94]. Dans la nuit du 3 au , des djihadistes attaquent la commune de Kaïn, à 80 kilomètres d'Ouahigouya, et assassinent quatorze civils selon l'armée[95]. Le , l'armée affirme avoir mené en réponse une opération dans les départements de Kaïn, Banh et Bomborokuy et prétend avoir « neutralisé » 146 terroristes contre seulement quelques blessés légers dans ses rangs[95]. Cependant Human Rights Watch accuse rapidement l'armée d'avoir commis des exécutions sommaires lors de cette opération[96]. Le Mouvement Burkinabé des Droits de l'Homme et des Peuples (MBDHP) affirme même après avoir interrogé des témoins qu'aucune attaque n'a été menée par des terroristes à Kaïn dans la nuit du 3 au et qu'aucun combat n'a ensuite opposé l'armée aux djihadistes, mais qu'une soixantaine de civils ont été exécutés sommairement par les militaires[97],[98]. Le , une attaque djihadiste a lieu pour la première fois dans la région Centre-Est : quatre douaniers burkinabés et un prêtre espagnol sont tués au poste de douane de Nohao, près de la frontière avec le Togo[99],[100]. Selon Human Rights Watch, au moins 42 personnes accusées de collaborer avec le gouvernement sont assassinées par des djihadistes et au moins 116 hommes, majoritairement peuls, sont exécutés sommairement par des membres des forces de sécurité du Burkina Faso (principalement par un détachement de gendarmes d'Arbinda) entre le milieu de l'année 2018 et [101]. Du au , des affrontements communautaires entre Peuls et Kouroumbas — aussi appelés Fulsés — et Mossis et impliquant également des « terroristes » selon le gouvernement burkinabé, font au moins 62 morts dans la commune d'Arbinda[102],[103],[104],[105],[106].

Des attaques commencent également à être menées contre les chrétiens. La première survient le , lorsque six personnes, dont un pasteur, sont ainsi tuées par un groupe de 10 à 20 hommes armés dans un temple protestant à Silgadji[107],[108]. Le , une église catholique est ciblée à son tour à Dablo par un groupe de 20 à 30 djihadistes qui abattent six personnes, dont un prêtre[109],[108]. Le , une procession catholique est attaquée entre les villages de Kayon et Singa-Rimaïbé, dans le département de Zimtanga, quatre personnes sont assassinées et une statue de la vierge Marie est détruite[110],[111],[108].

Dans la nuit du 9 au , les forces spéciales de la Task Force Sabre attaquent un campement djihadiste près de Gorom-Gorom et délivrent quatre otages — deux Français, une Sud-Coréenne et une Américaine. Deux militaires français et quatre djihadistes sont tués lors de l'affrontement[112],[113],[114].

Mais les massacres se multiplient. Le , 19 civils sont tués dans une attaque à Arbinda[115],[108]. Le , des hommes armes abattent 17 à 18 personnes dans le village de Béléhédé[116]. Le , quinze habitants des villages de Sagho et de Toékodogo, dans la commune de Barsalogho, sont tués lors d'un raid[117]. Dans la nuit du 25 au , 22 autres villageois sont tués dans une attaque à Dibilou, près de la ville Kaya[118],[108].

Le , au moins 24 soldats sont tués dans une attaque à Koutougou, la plus meurtrière menée contre l'armée depuis le début des violences en 2015[119]. Le , dans la province du Sanmatenga, 14 à 19 personnes sont tuées lorsqu'un camion de transport saute sur un engin explosif entre Barsalogho et Guendbila, tandis que quatorze triporteurs civils trouvent la mort dans une attaque des djihadistes contre un convoi de vivres entre Dablo et Kelbo[120],[108]. Le , six gendarmes sont tués dans une embuscade à Inata[121]. Dans la nuit du 19 au , au moins cinq soldats sont tués dans une embuscade près de Toéni[122]. Le , neuf civils sont tués dans deux attaques à Pissélé et Boulkiba[123],[124]. Le , des hommes armés assassinent neuf personnes à Komsilga, dans la commune de Zimtanga, puis sept personnes sont battues à Dénéon, situé dans la même commune[125]. Dans la nuit du au 1er octobre, six personnes sont tuées à Kargo, toujours dans la commune de Zimtanga[126]. Le soir du , une attaque sur un site d'orpaillage à Dolmané dans la commune d'Arbinda, fait 23 morts[127],[108]. Le soir du , 14 personnes sont massacrées dans une mosquée à Salmossi[128],[108]. Dans la nuit du 18 au , six soldats et policiers sont tués dans deux attaques à Bahn et Yensé[129],[130]. Le soir du , neuf civils sont assassinés à Zoura[131],[108]. Le , six soldats sont tués dans deux embuscades à Guindbila et Sidogo, deux villages de la commune de Barsalogho[132]. Dans la nuit du 26 au , 13 à 15 civils sont tués à Pobé-Mengao[133],[134],[108]. Le , le député-maire de Djibo et trois personnes de son entourage sont tuées dans une embuscade à Gaskindé[135]. Le , les djihadises tuent cinq gendarmes et cinq civils dans une attaque à Oursi[136]. Le , un convoi de la société minière SEMAFO tombe dans une embuscade entre Ougarou et Boungou : 39 civils sont tués et 60 sont blessés[137],[108].

En novembre, l'armée burkinabée revendique plusieurs succès contre les djihadistes. Elle affirme ainsi avoir mené deux opérations les 15 et , au cours desquelles 24 djihadistes auraient été tués dans la forêt de Yorsala et huit autres près de Bourzanga[138],[139]. Elle déclare avoir repoussé une attaque à Arbinda le et tué 18 assaillants contre un seul tué du côté des gendarmes[140],[141]. Elle revendique également le démantèlement d'un cellule clandestine dans la province de Nahouri le et la neutralisation de six hommes d'Ansarul Islam[142].

Le soir du , une vingtaine d'hommes armés attaquent le poste de police Yendéré, près de la frontière avec la Côte d'Ivoire, faisant deux blessés[143],[144]. Le 1er décembre, 14 civils, dont des enfants, sont massacrés dans une église protestante à Hantoukoura[143],[108].

Le , dans le nord du Burkina Faso, une patrouille de chasseurs Mirage largue quatre bombes sur un groupe de djihadistes rassemblés pour une attaque et tue une quinzaine de ces derniers[145].

Le , 200 à 300 djihadistes de l'État islamique dans le Grand Sahara attaquent la localité d'Arbinda[146],[147]. Ils massacrent 35 civils, en majorité des femmes, mais sont repoussés en laissant derrière eux 30 à 80 morts contre sept tués du côté des militaires burkinabés[148],[147]. La nuit suivante, le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans tue onze militaires dans une embuscade à Hallalé, près de Tongomayel[149].

2020

Le , un bus transportant principalement des collégiens saute sur un engin explosif entre Toéni et Tougan, tuant 14 civils[150]. Le , des djihadistes attaquent les villages de Nagraogo et Alamou, dans la province de Sanmatenga, et massacrent 36 civils[151]. Le , le parlement burkinabé adopte une loi permettant le recrutement de volontaires locaux pour appuyer la lutte contre les djihadistes[151]. L'idée avait été lancée par le président Kaboré en [151].

Le 25 janvier, le village de Silgadji est attaqué et au moins 39 civils sont tués[152],[153],[154],[155]. L'armée perd quant à elle au moins six hommes le 28 janvier dans une embuscade entre Madjoari et Pama, dans la province de Kompienga[156].

Le , une attaque contre l'église protestante de Pansi lors des cérémonies dominicales fait vingt-quatre morts (dont le pasteur) et une vingtaine de blessés parmi la population, une semaine après l'enlèvement et la mort de cinq personnes (dont un pasteur) dans la commune voisine de Sebba[157],[158],[159].

Le 29 février, la ville de Sebba est visée par une attaque au cours de laquelle dix policiers trouvent la mort[160].

Le , les villages de Barga-Peulh et Dinguila-Peulh subissent une attaque de groupes d'autodéfense, en représailles aux actions jihadistes auxquelles sont accusés de participer fréquemment des Peuls, qui fait une quarantaine de morts[161].

Le 9 avril, cinq soldats sont tués, trois blessés et quatre portés disparus lors d'une attaque à Sollé[162]. Le même jour, 31 habitants de Djibo sont exécutés sommairement par des militaires[163].

Bilan humain

Au Burkina Faso, 70 civils et 48 membres des forces de sécurité sont tués dans des attaques djihadistes entre et le [77]. Le , le gouvernement burkinabé annonce que 204 de ses soldats ont été tués dans des attaques djihadistes depuis 2015, tandis que l'AFP affirme avoir recensé 630 morts civils et militaires[164].

Selon un décompte de l'AFP, 400 personnes ont été tuées au Burkina Faso entre 2015 et mai 2019[109].

Selon Human Rights Watch, au moins 256 civils ont été assassinés par les djihadistes au Burkina Faso, entre avril 2019 et janvier 2020[108].

Entre le 4 avril 2015 et le 31 mai 2020, l'observatoire pour la démocratie et les droits de l'homme (ODDH) répertorie 436 militaires burkinabés tués et 310 blessés par les djihadistes, 1 219 civils tués et 349 blessés par les djihadistes et 588 civils tués par les forces armées burkinabées[2].

Déplacés

Des réfugiés peuls, pour certains rescapés de Yirgou, à Barsologho, le 15 janvier 2019.

Le , le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés affirme que les violences dans le nord du Burkina Faso ont fait 486 000 déplacés, dont 267 000 lors des trois derniers mois[165]. La plupart de réfugiés s'enfuient vers les grandes villes du centre du pays, 16 000 partent à l'étranger[165].

Liens externes