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État d’Israël

מְדִינַת יִשְׂרָאֵל (Medīnat Yisra'el) (he)

دولة إسرائيل (Dawlat Isrā'īl) (ar)

Drapeau
Drapeau d'Israël.
Blason
Armoiries d'Israël.
Description de cette image, également commentée ci-après
  •      Israël
  •      Cisjordanie (région majoritairement occupée par Israël)
Devise nationale Aucune[1]
Hymne national Hatikvah
Administration
Forme de l'État République parlementaire
Président Reuven Rivlin
Premier ministre Benyamin Netanyahou
Président de la Knesset Yuli-Yoel Edelstein
Langues officielles hébreu[2]
Capitale Jérusalem (non reconnue internationalement : voir le paragraphe capitale d’Israël)

31° 47′ 00″ N, 35° 13′ 00″ E

Géographie
Plus grande ville Jérusalem
Superficie totale 20 770–22 072 km2
(classé 148e)
Superficie en eau 2 %[3]
Fuseau horaire

UTC +2 (IST) ;

Heure d’été : UTC+3 (IDT)
Histoire
Indépendance Du Mandat des Nations unies confié au Royaume-Uni
Déclaration
Démographie
Gentilé Israélien
Population totale (30 avril 2018) 8 847 400[4] hab.
(classé 96e)
Densité 401 - 426 hab./km2
Économie
PIB nominal (2014) en augmentation 304,983 milliards de $
+ 4,9 % (37e)
PIB (PPA) (2014) en augmentation 268,283 milliards de $
+ 4,2 % (55e)
PIB nominal par hab. (2014) en augmentation 37 914 $
+ 2,7 % (25e)
PIB (PPA) par hab. (2014) en augmentation 33 352 $
+ 1,9 % (32e)
IDH (2014) en augmentation 0,894 (très élevé  ; 18e)
Monnaie Shekel (NIS) (ILS​)
Divers
Code ISO 3166-1 ISR, IL​
Domaine Internet .il
Indicatif téléphonique +972

Israël[Note 1] ([is.ʁa.ɛl]), en forme longue l’État d’Israël (respectivement en hébreu יִשְׂרָאֵל (Yisrā'el) et מְדִינַת יִשְׂרָאֵל (Medīnat Yisra'el)  [mediˈnat jisʁaˈʔel], en arabe إِسْرَائِيلُ (Isrā'īl) et دولة إسرائيل (Dawlat Isrā'īl)), est un État situé sur la côte orientale de la mer Méditerranée au Proche-Orient en Asie occidentale. Son indépendance a été proclamée le , après le vote du plan de partage de la Palestine le par l’Organisation des Nations unies (ONU) qui mit fin au mandat britannique et qui prévoyait la création d’un État juif et d’un État arabe.

Israël est une démocratie parlementaire. Le Premier ministre, élu par le Parlement et nommé par le président, est le chef de l'exécutif. La Knesset (assemblée), où siègent cent vingt députés élus au scrutin proportionnel intégral à un tour, représente le pouvoir législatif. La Cour suprême, composée de neuf juges, sert à la fois de pouvoir judiciaire et de Cour d'appel. Le pays a établi sa capitale à Jérusalem, choix qui n’est pas reconnu par une grande partie de la communauté internationale. Tel Aviv est le centre diplomatique, économique et financier du pays. Israël est également le seul État au monde où la population est majoritairement juive avec une proportion de 75 %. Le la Knesset adopte une nouvelle loi fondamentale de l'État d'Israël qui fait d'Israël l'État-nation du peuple juif. La population non juive comprend principalement des Arabes pour la plupart des descendants des Arabes de l'époque de la Palestine mandataire aussi appelés Arabes israéliens ; ils représentent 20,6 % de la population : 91 % d'entre eux sont musulmans[5].

Depuis son indépendance en 1948, l’État d’Israël s'est trouvé engagé dans plusieurs conflits armés avec les pays arabes voisins. L'Égypte et la Jordanie ont signé un traité de paix avec Israël, mais ce dernier reste en conflit avec la Syrie, le Liban et le Hamas dans la bande de Gaza.

Nom

Article détaillé : Étymologie d'« Israël ».

Dans la déclaration d’indépendance de 1948, l'État juif proclamé par le conseil national représentant la communauté juive de Palestine et les mouvements sionistes prend pour nom Israël, rejetant les possibles autres noms de Sion, Judée ou Eretz Israel (« Terre d'Israël »)[6]. Ses citoyens sont dénommés Israéliens. Ce nom se réfère historiquement au royaume d'Israël et plus généralement aux Israélites qui ont établi des royaumes dans la région pendant l'Antiquité. La tradition biblique rapporte l’origine de ce nom dans le livre de la Genèse, quand le troisième des patriarches hébreux, Jacob, est renommé Israël (Celui qui lutte avec Dieu[7] ou « Dieu est fort, Dieu triomphe[8] ») après avoir combattu avec un ange de Dieu. Jacob étant considéré comme le père des douze tribus qui sortirent d’Égypte, la nation biblique constituée est connue sous le nom des « enfants d’Israël ». Après l'exil à Babylone, « Israël » sert à désigner la communauté juive qui s'inscrit dans la continuité avec l'Israël biblique[9].

La première mention d’Israël apparaît sur la stèle de Mérenptah vers 1200 av. J.-C. Cette stèle comporte un hymne célébrant la paix entre l’Égypte du pharaon Mérenptah et Canaan. Israël ne désigne pas une région ou une localité mais apparaît sur cette stèle comme une population du pays de Canaan qui habitait sur les hauteurs de Judée[10].

Israël est un nom masculin[11].

Géographie

Article détaillé : Géographie d’Israël.

Localisation

Article détaillé : Frontières d’Israël.

Israël partage ses frontières avec le Liban au nord, avec la Syrie au nord-est, la Jordanie et la Cisjordanie à l’est, et avec l’Égypte et la bande de Gaza au sud-ouest. Il possède un littoral sur la mer Méditerranée à l’ouest et sur le golfe d’Aqaba au sud. Israël se trouve entre les latitudes 29° et 34° N, et longitudes 34° et 36° E.

Frontières

Les frontières d’Israël ne sont pas définies et reconnues par l’ensemble de la communauté internationale. Elles ont évolué au cours de son existence et sont contestées par de nombreux pays. Leur évolution historique, le droit international, les revendications politiques et historiques les concernant sont un sujet complexe et controversé. Les frontières internationalement reconnues sont celles avec l'Égypte et la Jordanie avec lesquelles Israël a signé des traités de paix. Celles avec le Liban et la bande de Gaza sont des lignes de cessez-le-feu de la guerre de 1948 qu’on appelle également, « frontières de 1967 », c’est-à-dire d’avant la guerre des Six Jours. Après la guerre des Six-Jours, Israël a aussi pris le contrôle du plateau du Golan en Syrie et de territoires en Cisjordanie, dont la partie orientale de Jérusalem sans aval de la communauté internationale.

Depuis sa création, l'État d'Israël a conquis plusieurs territoires sur ses voisins. Lors de la guerre de 1948, il étend ses frontières au-delà des limites du plan de partage. Lors de la guerre de 1967, il conquiert la Bande de Gaza, le Sinaï et le plateau du Golan. Depuis l’évacuation du Sinaï en 1981 et de la bande de Gaza en 2005, Israël occupe encore des territoires en Cisjordanie et Jérusalem-Est, revendiqués pour la création d’un État palestinien, ainsi que le plateau du Golan revendiqué par la Syrie et les fermes de Chebaa (revendiquées depuis 2000[12] par le Liban bien que faisant partie du plateau du Golan).

Territoire

Voir l’image vierge
Carte cliquable d'Israël.

Le territoire d’Israël (hors les zones occupées de Cisjordanie, de Jérusalem-Est et du plateau du Golan), couvre environ 20 770 km2, dont à peu près 2 % sont occupés par des lacs. Le territoire sous juridiction israélienne, qui inclut la totalité de Jérusalem et les hauteurs du Golan atteint 22 072 km2. La superficie totale sous contrôle israélien direct ou partiel, qui comprend également les territoires palestiniens de Cisjordanie et exclut Gaza, mesure au total 27 799 km2.

En dépit de sa taille relativement réduite, Israël regroupe des spécificités géographiques variées allant du désert du Néguev au sud jusqu’aux pentes et monts de Galilée et du Golan tout au nord. La plaine côtière israélienne sur les rives de la Méditerranée accueille environ 70 % de la population totale du pays. À l’est des collines centrales de Samarie coule le Jourdain qui part du lac de Tibériade au nord pour se jeter plus au sud dans la Mer Morte, le point le plus bas sur Terre, situé au sud-est de Jérusalem. Plus au sud de cette mer saturée en sel, la vallée de l’Arabah ou Haarava au climat sec et aride, se prolonge jusqu’au golfe d’Eilat en mer Rouge, refuge d’une importante vie aquatique due à la présence de nombreux récifs et coraux.

Il existe des particularités uniques à Israël et à la péninsule du Sinaï, ce sont les « makhteshim » ou cratères créés par l’érosion. Le plus grand makhtesh du monde est le cratère de Ramon dans le Néguev qui mesure 40 km de long sur 8 km de large. Un rapport environnemental récent[Lequel ?] sur le bassin méditerranéen indique qu’Israël détient la plus grande variété d’espèces de plantes répertoriées au kilomètre carré de tous les pays méditerranéens.[réf. souhaitée]

Le climat des zones côtières peut être très différent de celui des zones montagneuses du pays, particulièrement pendant les mois d’hiver. Les régions de Tel Aviv et Haïfa ont un climat typiquement méditerranéen avec des hivers doux et pluvieux et des étés chauds et humides. Les montagnes au nord sont par contre souvent enneigées l’hiver, et Jérusalem peut aussi connaître des chutes de neige.

La température la plus élevée du continent asiatique (53,7 °C) a été atteinte en 1942 au Kibboutz (village associatif) de Tirat-Zvi au nord du Jourdain[réf. souhaitée]. De mai à septembre, les journées de pluies sont relativement rares. Les faibles ressources hydriques de l’État d’Israël l’ont contraint très tôt à prendre des mesures visant à favoriser les techniques limitant la consommation d’eau[13]. Israël produit une partie croissante de son eau par des procédés de désalinisation. Le fort ensoleillement a également favorisé l’implantation d’incubateurs technologiques sur les énergies solaires, ce qui place Israël parmi les nations les plus avancées dans ce domaine, tant par la consommation par habitant que par le développement technologique dans ce domaine[14],[15]. Un projet de très grande centrale solaire mondiale est actuellement envisagé dans le Néguev[16].

Environnement

Depuis son indépendance, Israël a planté au total plus de 240 millions d’arbres et 4 % de sa surface est dorénavant boisée[17],[18].

Israël compte 66 parcs nationaux et 190 réserves naturelles[19],[Note 2] couvrant près d'un quart du territoire national en 2015. Ils se répartissent sur une multitude de milieux différents : montagne, désert, savane herbeuse, savane boisée, forêt, lac et cours d'eau ou zone corallienne en mer Rouge (golfe d'Aqaba). Dans ces réserves et selon les milieux, ont été réintroduites de nombreuses espèces disparues de la région ou en voie d'extinction : oryx, addax, onagres, bouquetins et autruches. Dans le golfe d'Aqaba, où le corail a souffert de la pression touristique le long du littoral israélien, des scientifiques réimplantent des coraux par bouturage selon une technique inédite[20],[21].

Histoire

Article détaillé : Histoire d'Israël.

Origine moderne

L’histoire de cet État s’inscrit dans le cadre de l’histoire du peuple juif et dans la continuité de l’histoire du sionisme. Son indépendance est vue par ses pères fondateurs comme la mise en œuvre des promesses de la Déclaration Balfour de 1917 et du plan de partage de la Palestine mandataire voté par l’ONU le .

Les premières années du pays sont marquées par l’arrivée des rescapés de la Shoah et d’importantes vagues d’immigration juive en provenance de nombreux pays du monde, en particulier les réfugiés fuyant les pays arabes puis à partir des années 1970, les Juifs d’Union soviétique.

Terre d’Israël dans l’Antiquité

La prise du second temple de Jérusalem représentée sur l’arc de triomphe à Rome lors de la Première guerre judéo-romaine.

La Terre d’Israël, appelée « Eretz Yisrael » en hébreu est considérée comme étant la terre sacrée du peuple juif depuis les temps bibliques. D’après la Torah, la Terre d’Israël fut promise aux trois patriarches du peuple juif, par Dieu, en tant que patrie du peuple juif. Les historiens constatent l'émergence des premiers royaumes israélites aux alentours du début du Ier millénaire av. J.-C.[22] Ces royaumes gouvernent tout ou partie de la région pendant un millénaire, quand ils ne sont pas supplantés par des envahisseurs, tels les Assyriens, les Perses, les Grecs ou les Romains. Les sites sacrés évoqués et les quatre villes saintes du judaïsme, chacune associée aux quatre éléments (Jérusalem - feu, Hébron - terre, Safed - air, Tibériade - eau)[23], se situent en Terre d’Israël.

De la fin de la province de Judée à la fin de la domination mamelouke sur la Palestine

Entre la période des royaumes israélites et la conquête musulmane au VIIe siècle apr. J.-C., la Terre d’Israël tomba aux mains successives des Assyriens, Babyloniens, Perses, Grecs, Romains, Sassanides et Byzantins. Cependant, la population, majoritairement juive, commencera à décliner après la guerre contre l’Empire romain lors de la Première guerre judéo-romaine, entre 66 et 73 apr. J.-C., puis la seconde guerre judéo-romaine (Guerre de Kitos)[24] et la Révolte de Bar Kokhba, en 132 apr. J.-C., qui provoquera l’exil forcé d’une majorité d’entre eux et la nouvelle appellation de la région en province de Syrie-Palestine, et, plus tard, Palestine, afin d’essayer d’effacer le lien entre le peuple juif et la Terre d’Israël[25],[26]. En 628-629 apr. J.-C., une révolte juive contre l’empereur byzantin Héraclius conduira à un massacre massif et à l’expulsion totale des Juifs de la région. La population juive de la région se réduisit considérablement et atteignit probablement son point le plus bas. Toutefois, une présence juive minoritaire se maintint continuellement.

Le centre de la population juive se déplaça de Judée (Jérusalem et région au sud de Jérusalem) en Galilée (région de Tibériade) dès le Ier siècle, à la suite de l’occupation romaine de Jérusalem. La Mishna et des parties du Talmud et le Talmud de Jérusalem, qui sont, hormis la Torah, parmi les plus importants textes du judaïsme, furent composés en Israël durant cette période. En 636 apr. J.-C., la Terre d’Israël fut prise par les Arabes musulmans. Le contrôle de la région échut aux Omeyyades, puis aux Abbassides. La région fut gouvernée un temps par les Croisés, principalement francs, de 1099 à 1260, date à laquelle la région tomba aux mains des Mamelouks.

La période de la domination ottomane

En 1516, sous le règne de Selim Ier, la Palestine (appelée Filistin Sancağı, Sancak de Palestine, à cette époque) fit partie intégrante de l’Empire ottoman, qui gouverna la région jusqu’au début du XXe siècle, à l'exception de la courte période d'invasion des troupes françaises menées par Napoléon, dont certains disent qu’il envisagea la création d’un État juif sous protection française en Palestine[27]. La fin de l'Empire ottoman, après la Première Guerre mondiale, placera la région sous administration (1917) puis mandat britanniques (1922) après accord de la Société des Nations. Bien que très difficilement estimable, la population de la région entière de Palestine s’établirait aux alentours de 400 000 habitants au XIXe siècle, dont 100 000 à 200 000 juifs, selon les sources de l’époque (recensement turc et démographes contemporains), à l’intérieur des limites du futur État d’Israël en 1893[28], soit environ entre 4 et 9 habitants au km2 contre 357 habitants au km2 en 2009[réf. souhaitée].

Peters Cuinet Recensement turc
92 000 habitants 186 000 habitants 198 000 habitants

Le mandat britannique

Police auxiliaire juive durant le mandat britannique.

En 1917, les Britanniques prennent le contrôle de la Palestine à la suite de la défaite de l’Empire ottoman lors de la Première Guerre mondiale.

En accord avec la Promesse faite par Lord Balfour à Chaim Weizmann, ils obtiennent de la Conférence de San Remo l’établissement d’un mandat britannique sur la région qui aura pour but, notamment, l’établissement d’un « foyer national juif » en Palestine selon les aspirations du mouvement sioniste.

Article détaillé : Palestine mandataire.

L'ONU vote le Plan de Partage de la Palestine

Article détaillé : Plan de partage de la Palestine.

Le 29 novembre 1947, l’ONU vote le Plan de partage de la Palestine en un État juif et un État arabe tout en faisant de Jérusalem un corpus separatum sous administration internationale. Trente-trois pays votent « pour », treize « contre », et dix s’abstiennent[29].

Le lendemain, la guerre civile éclate entre les populations juives et arabes de Palestine tandis que les Britanniques organisent leur retrait.

Indépendance de l’État d’Israël

Le , dernier jour du Mandat britannique, le président de l’Agence juive, David Ben Gourion, proclame l’indépendance de l'État d'Israël dont il devient le premier Premier Ministre.

Les pays arabes voisins soutenus par la Ligue arabe lui déclarent immédiatement la guerre. Israël affronte les armées de Transjordanie, d’Égypte, de Syrie et d’Irak et l'Armée de libération arabe mise sur pied par la Ligue arabe lors de la guerre israélo-arabe de 1948-1949.

Au cours de courtes périodes de combats entrecoupées de trêves, Israël agrandit les territoires sous son contrôle. En 1949, plusieurs armistices sont signés entre Israël et ses voisins. Tout d’abord avec l’Égypte, le qui occupe la bande de Gaza, le Liban le sur la ligne bleue, la Jordanie le qui annexe la Cisjordanie et la partie est de Jérusalem et qui procède à un échange de territoires avec Israël pour aboutir aux frontières actuelles délimitées par la ligne verte et enfin la Syrie, le . Cependant, ces armistices n'ouvrent qu'une trêve des conflits israélo-palestinien et israélo-arabe qui durent jusqu'à aujourd'hui.

Réfugiés arabes et réfugiés juifs

La guerre israélo-arabe de 1948-1949 voit l’exode de près de 750 000 Arabes palestiniens sur les 900 000 qui vivaient dans les territoires dont Israël prend le contrôle, dont la moitié fuit les conditions de guerre et l’autre moitié est expulsée de force par les forces israéliennes[30].

Dans les années qui suivent la création d’Israël, s'intensifie l'exode des Juifs des pays arabes et musulmans, 900 000 fuient les pays arabes, abandonnant leurs biens. Parmi eux, 600 000 se réfugient en Israël[31]. Les Juifs du monde arabe constituent aujourd'hui la majeure partie des Juifs de France et de la société israélienne[32].

Évolutions des frontières du pays

Les frontières du pays ont beaucoup évolué depuis les propositions du plan de partage de la Palestine de 1947 au gré des guerres israélo-arabes, des armistices et des traités de paix.

Certaines résolutions de l’ONU ont revêtu une importance capitale pour Israël, entre autres la résolution 181 de l'Assemblée générale[33] qui soutient notamment la constitution d’un État juif, puis la Résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations unies en date du , à la suite de la guerre des Six Jours et de la Résolution 338 du Conseil de sécurité des Nations unies en date du , qui proposaient un cadre pour le règlement du conflit israélo-arabe.

Politique et administration

Article détaillé : Politique en Israël.
La Knesset est le Parlement israélien. Elle est située à Jérusalem.

Israël est une République parlementaire multipartite et une démocratie libérale qui adopte le suffrage universel.

L’unique chambre de son Parlement est la Knesset dont les 120 membres siègent à Jérusalem et qui est renouvelée tous les 4 ans.

Le chef de l’État est le président d’Israël, qui n’a essentiellement qu’une fonction honorifique. Il désigne le Premier ministre dans le parti ou la coalition majoritaire à la Knesset afin que celui-ci compose son gouvernement (en).

Israël n’a pas de Constitution écrite mais s’appuie sur les principes énoncés dans la Déclaration d’indépendance de 1948 et sur les 14 lois fondamentales adoptées par la Knesset. La Cour suprême est la plus haute instance judiciaire israélienne. Les jugements sont rendus par des juges professionnels laïcs. Des tribunaux religieux (en) propres à chaque confession gèrent les questions matrimoniales.

Israël n’est pas membre de la Cour pénale internationale : le Statut de Rome, qui crée cette institution, a été signé par le gouvernement israélien le , mais n’a pas été ratifié par la Knesset.

Administration territoriale

Article détaillé : District (Israël).
ÉgypteArabie saouditeJordanieLibanSyrieDistrict de Tel AvivDistrict de HaïfaDistrict centreDistrict sudDistrict de JérusalemJudée et Samarie (partiellement contrôlé par l'Autorité palestinienne)Bande de Gaza (contrôlé par le Hamas)District nordCarte des districts d'Israël
À propos de cette image
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Carte des districts d'Israël.
  • Ces six districts sont eux-mêmes divisés en 15 sous-districts, comprenant 50 régions naturelles[35].

Au 31 décembre 2016, la population israélienne de 8,6 millions d'habitants se répartit ainsi[36]:

District Ville principale Sous-district Population
1 A Nord Nazareth Kinneret (he), Safed, Acre, Golan, Vallée de Jezreel 1 401 300[Note 3]
2 Haïfa Haïfa Haïfa, Hadera 996 300
3 Tel-Aviv Tel-Aviv-Jaffa Bat Yam, Bnei Brak, Givatayim, Holon, Ramat Gan, Tel-Aviv-Jaffa 1 388 400
4 Centre Ramla Rishon LeZion, Sharon (Netanya), Petah Tikva, Ramla, Rehovot 2 115 800
5 Jérusalem Jérusalem Jérusalem 1 083 300[Note 4]
6 Sud Beer-Sheva Ashkelon, Beer-Sheva 1 244 200
B Judée et Samarie Modiin Illit Ariel 399 300

Le taux d'urbanisation est particulièrement élevé et se situe au-dessus de 92 %[37]. La population israélienne se retrouve principalement sur le littoral méditerranéen autour de deux grandes villes Tel-Aviv et Haïfa, ainsi qu'à Jérusalem.

Liste des principales agglomérations israéliennes au [38] :

Ville Population
dans les limites
de la commune
Densité
par km2
Aire
métropolitaine
Illustration
population rang
Tel-Aviv-Jaffa, District de Tel Aviv 432 900 8 354 3 785 000 1 Israel - Tel Aviv Beach 001.JPG
Jérusalem, District de Jérusalem 865 700 6 916 1 223 800 2 Jerusalem from mt olives.jpg
Haïfa, District de Haïfa 278 900 4 045 913 700 3 Haifa Shrine and Port.jpg
Beer-Sheva, District Sud 203 600 1 733 369 200 4 Citybeersheva.jpg

Politique étrangère d'Israël

Reconnaissance internationale

Pays ne reconnaissant pas l'État d'Israël (en rose les pays qui sont revenus sur leurs reconnaissances).

À ce jour, la majeure partie des pays du monde, à l’exception de la plupart de ceux du monde arabo-musulman, ont reconnu Israël en tant qu’État. Cette reconnaissance se produisit dans les jours suivant la déclaration d’indépendance du pays, le , et lorsqu'Israël fut admis à l’ONU.

Tous les États du monde arabo-musulman votèrent contre le Plan de partage de 1947. Depuis, seules l’Égypte (en 1982), l’Autorité palestinienne (en 1993)[39],[40], la Jordanie (en 1994)[41] et la Mauritanie (en 1999)[42] ont reconnu l’État d’Israël.

La Syrie, l’Iran depuis la Révolution et des groupes politiques comme le Hamas ou le Hezbollah ne reconnaissent ni l’existence ni la légitimité d’Israël, le désignent en tant qu’« entité sioniste » et refusent officiellement tout contact avec lui.

L'État d'Israël est parfois dénoncé en raison de sa politique militaire : par la société civile au travers de diverses manifestations de soutien aux civils bombardés[43] ou par des déclarations de chefs d'État[44],[45] qui s'offusquent de cela. Cependant, une condamnation d'Israël peut également provenir de la confusion, volontaire ou non, entre Juifs et Israéliens[46], et entre antisémitisme et antisionisme[47].

Relations diplomatiques

La Mauritanie a rompu ses liens diplomatiques avec Israël en à la suite de la Guerre de Gaza[48]. La France du général de Gaulle a aussi rompu ses « liens spéciaux » avec Israël. Au cours d'une conférence de presse le , De Gaulle fait une déclaration qui suscite la polémique en déclarant que les Juifs étaient restés « ce qu'ils avaient été de tous temps, un peuple d'élite, sûr de lui-même et dominateur »[49].

Parmi les autres pays musulmans, la Turquie maintient des relations diplomatiques avec Israël. Israël entretenait également des bonnes relations diplomatiques avec l’Iran, avant la Révolution islamique de 1979. Trois pays d'Amérique latine ont rompu leur relation diplomatique avec Israël : la Bolivie et le Venezuela à la suite des raids israéliens sur Gaza en 2009[50], et le Nicaragua en 2010[51], à la suite de l'abordage de la flottille pour Gaza.

En juillet 2014, le Chili, le Pérou, l’Équateur, le Brésil et le Salvador rappellent leurs ambassadeurs en Israël, à la suite de l'opération Bordure protectrice[52] ; la Bolivie place également le pays sur sa liste des États terroristes[53]. En 2016, l'État d'Israël refuse toujours de reconnaître le génocide arménien pour ne pas froisser ses relations avec la Turquie.

Capitale d’Israël

Article détaillé : Statut de Jérusalem.
Le Mur des Lamentations, symbole du judaïsme à Jérusalem.

La désignation de Jérusalem comme capitale de l'État d'Israël par la loi de Jérusalem de 1980 est contestée par la plupart de la communauté internationale, hormis par les États-Unis[54]. Cette position date des débuts de l’histoire d’Israël, quand en 1949 Israël décide que sa capitale est la partie ouest de Jérusalem[55] et y installe le gouvernement et la Knesset. La communauté internationale n’accepte pas cet état de fait qui ne tient pas compte des recommandations de l’ONU et les ambassades sont en conséquence à Tel-Aviv-Jaffa voire dans d’autres villes (jusqu’en 1973, il y avait toutefois à Jérusalem quelques ambassades africaines et jusqu’en 1980 y siégeaient aussi 13 ambassades de pays de l’Amérique latine et des Pays-Bas). La proclamation de Jérusalem réunifiée comme capitale, à la suite de la guerre des Six Jours, n’est pas plus acceptée car l’annexion n’est pas reconnue par la communauté internationale. La désignation de Jérusalem ou de Tel Aviv comme capitale a fait l’objet de controverses médiatiques[56]. Le 6 décembre 2017, le président américain Donald Trump annonce la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël et son intention d'y déplacer l'ambassade américaine[57].

Les États-Unis inaugurent officiellement leur ambassade à Jérusalem le 14 mai 2018[58], suivis par le Guatemala le 16 mai 2018[59] et le Paraguay le 21 mai 2018[60]. Mais le nouveau président revient sur ce transfert le 5 septembre 2018[61].

Position des institutions internationales

Les principaux organismes internationaux (notamment l’ONU[62]) ne reconnaissent aucune capitale pour Israël. La résolution 478 du Conseil de sécurité des Nations unies déclare « nulle et non avenue » la loi fondamentale adoptée par l’État israélien définissant Jérusalem capitale éternelle et indivisible[63].

Position des différents États et organismes nationaux

Si, pour le politologue Bruno Tertrais directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique, le terme « reconnaissance n'a pas de signification juridique [car] les États sont souverains dans le choix de leur capitale »[64], les documents ou déclarations officiels de quelques pays précisent leur position quant à la capitale d'Israël :

  • Drapeau de l'Allemagne Allemagne : l’Allemagne constate qu’Israël considère Jérusalem comme sa capitale mais constate également une non-reconnaissance de ce fait par la communauté internationale[65].
  • Drapeau du Canada Canada : « Capitale [d'Israël] : (à déterminer) »[66].
  • Drapeau de la République populaire de Chine Chine : « il est difficile de résoudre la question »[67].
  • Drapeau du Danemark Danemark : pas de capitale définie[68].
  • Drapeau de l'Espagne Espagne : pas de capitale définie[69]
  • Drapeau des États-Unis États-Unis : en 1995, les États-Unis ont reconnu Jérusalem comme capitale d'Israël[70]. Cependant la décision d'y déplacer l'ambassade des États-Unis n'a été entérinée que le 6 décembre 2017 par le président Donald Trump qui a reconnu de nouveau Jérusalem comme capitale d'Israël et qui a annoncé des plans pour y transférer l'ambassade des États-Unis[71]. Le transfert est effectif le 14 mai 2018[72]. La veille, le ministère des Affaires étrangères israélien organise une réception pour la délégation américaine à laquelle sont représentés une vingtaine de pays dont des pays de l'Union européenne, l'Autriche, la Roumanie, la Hongrie et la République tchèque[72].
  • Drapeau de la France France : la position française précise :
« Capitale : l’État d’Israël a fixé sa capitale à Jérusalem en dépit de l’absence d’accord international sur le statut de cette ville.
Villes principales : Tel Aviv, Haïfa, Beer Sheva, Jérusalem (« corpus separatum »)[73] ». L’ambassade française est néanmoins demeurée installée à Tel Aviv. Le 6 décembre 2017, le président Emmanuel Macron précise : « La France soutient la solution de deux États, Israël et la Palestine, vivant en paix et en sécurité, avec Jérusalem comme capitale des deux États. »[74].