République italienne

(it) Repubblica Italiana

Drapeau
Drapeau de l'Italie.
Blason
Emblème de l'Italie.
Devise pas de devise officielle
Hymne Il canto degli Italiani (« Le chant des Italiens »)
Description de l'image EU-Italy.svg.
Administration
Forme de l'État République parlementaire
Président de la République Sergio Mattarella
Président du Conseil Giuseppe Conte
Langue officielle Italien[1],[2]
Capitale Rome

41° 53′ N, 12° 29′ E

Géographie
Plus grande ville Rome
Superficie totale 301 336 km2
(classé 72e)
Superficie en eau 3,4 %
Fuseau horaire

UTC +1: (CET) ;

Heure d'été: UTC +2: (CEST)
Histoire
Fondation de Rome 753 av. J.-C.
Empire romain 27 av. J.-C.
Couronnement de Pépin d'Italie 781
Unification
République
Démographie
Gentilé Italien
Population totale (2019[3]) 60 359 546 hab.
(classé 23e)
Densité 200 hab./km2
Économie
PIB nominal (2018) en augmentation 2 073 900 millions de dollars[4] (8e)
PIB (PPA) (2018) en augmentation 2 542 970 millions de dollars[5] (12e)
PIB nominal par hab. (2018) en augmentation 35 392 dollars[6] (14e)
PIB (PPA) par hab. (2018) en augmentation 42 080 dollars[7] (14e)
Taux de chômage (2018) Decrease Positive.svg 9,7 % de la population active[8]
Dette publique brute (2014) Increase Negative.svg 2 134,74 milliards d' (132,1 % du PIB)
+ 2,8 %
IDH (2017) en diminution 0,880[9] (très élevé ; 28e)
Monnaie Euro[10] (EUR​)
Divers
Code ISO 3166-1 ITA, IT​
Domaine Internet .it
Indicatif téléphonique +39
Organisations internationales Drapeau des Nations unies ONU
Drapeau de l’Union européenne UE
Drapeau du Conseil de l'EuropeCOE
Drapeau de l'OTANOTAN
G20
CD

L'Italie /itali/[11] Écouter (en italien : Italia /iˈtaːlja/[12] Écouter), en forme longue la République italienne (en italien : Repubblica Italiana /reˈpubblika itaˈljaːna/[12] Écouter), est un pays d'Europe du Sud correspondant physiquement à une partie continentale, une péninsule située au centre de la mer Méditerranée et une partie insulaire constituée par les deux plus grandes îles de cette mer, la Sicile et la Sardaigne, et beaucoup d'autres îles plus petites (hormis la Corse, française depuis 1769). Elle est rattachée au reste du continent par le massif des Alpes. Le territoire italien correspond approximativement à la région géographique homonyme.

L'Italie apporte une contribution très importante à la civilisation occidentale : elle est notamment le berceau de la civilisation étrusque, de la Grande-Grèce, de l'Empire romain, du Saint-Siège, des républiques maritimes, de l'humanisme et de la Renaissance. Existant en tant qu'État unitaire depuis 1861 à la suite du Risorgimento (Renaissance ou Résurrection) mené par le royaume de Sardaigne, l'Italie est une république depuis l'abolition par référendum de la monarchie italienne en 1946. Elle est membre fondateur de l'Union européenne et de la zone euro.

L'Italie est, en ce début de XXIe siècle, une puissance moyenne[13], forte de ses soixante millions d'habitants, de sa position en 2017 de huitième puissance économique mondiale et de troisième économie de la Zone Euro, et de son rôle au sein de nombreuses organisations internationales comme l'Union européenne, l'Organisation du traité de l'Atlantique nord, le G7 et l'Organisation de coopération et de développement économiques.

Histoire

Étymologie

Bas-relief représentant des têtes de taureaux dans la nécropole de Su Crucifissu Mannu près de Porto Torres en Sardaigne datant du IVe millénaire av. J.-C.. Ces représentations abstraites de taureaux sont retrouvées en grand nombre en Italie.
Bas-relief représentant des têtes de taureaux dans la nécropole de Su Crucifissu Mannu près de Porto Torres en Sardaigne datant du IVe millénaire av. J.-C.. Ces représentations abstraites de taureaux sont retrouvées en grand nombre en Italie.
 
Tombe des géants d'Osono en Sardaigne en forme de tête de taureau du IIe millénaire av. J.-C.
Tombe des géants d'Osono en Sardaigne en forme de tête de taureau du IIe millénaire av. J.-C.
Évolution du territoire dénommé Italia du Ve siècle av. J.-C. à Dioclétien[14].

Au Ve siècle av. J.-C. le nom « Italia » désigne à l'origine une partie seulement de ce qu'est maintenant l'Italie du Sud. Selon Antiochos de Syracuse, c'est la partie du sud de la péninsule (Bruttium), l'actuelle région italienne de la Calabre habitée par les Italos (et plus précisément l'isthme de Catanzaro). Au IIe siècle av. J.-C., l'historiographe grec Polybe appelle Italie le territoire compris entre le détroit de Messine et les Apennins septentrionaux, bien que son contemporain romain Caton l'Ancien étende le concept territorial de la péninsule jusqu'à l'arc alpin. C'est sous le règne de l'Empereur Auguste (Ier siècle av. J.-C.) que le terme a été étendu officiellement pour couvrir la péninsule jusqu'aux Alpes, unifiant ainsi la zone géographique italienne et unifiant pour la première fois l'ensemble du peuple ethnoculturel italique qui y vivait. La Sicile, la Sardaigne et la Corse ne feront pas partie de l'Italie avant le IIIe siècle, conséquence des réformes administratives de Dioclétien, même si leurs rapports culturels étroits avec la péninsule permettent de les considérer comme partie intégrante de l'Italie.

Le nom Italia pourrait aussi venir du nom d'Italos, fils de Telegonos et de Pénélope, roi des Œnôtres ou Œnotriens, royaume correspondant à une partie de la Calabre et de la Basilicate, allant jusqu'à Tarente au sud. « Italos devint un législateur si apprécié pour sa justice et sa manière de gouverner, que son peuple appela ses territoires du nom d'Italie en son honneur, en sa mémoire », d'après l'Énéide de Virgile.

Une des plus anciennes inscriptions faisant apparaître le mot Italie sous la forme ITALIA se trouve sur une monnaie datant du Ier siècle av. J.-C., retrouvée dans l'ancienne Corfininium dans les Abruzzes, capitale de la Confédération italique. La monnaie avait été frappée par la confédération des peuples italiques, en guerre contre Rome pour obtenir la citoyenneté romaine (Guerre sociale). Le taureau était un symbole fort dans les royaumes italiques et était souvent dépeint donnant un coup de corne au loup romain, symbole provocant de l'Italie libre pendant la Guerre sociale (Rome) au Ier siècle av. J.-C..

Le terme même d'Italia évolue pendant l'Antiquité. Pour les Grecs, il s'agissait seulement du royaume voisin d'Italos. Une origine populaire rapproche l'étymologie à un épisode de la mythologie grecque des travaux d'Héraclès. En effet, après avoir volé les cent quinze bœufs de Géryon, le héros mena le troupeau le long des côtes italiennes, lorsqu'un taureau s'échappa jusqu'en Sicile. Héraclès l'y retrouva et appela le pays Italia. Une autre version grecque emploie les termes Ouitalia et Ouitalios, en les rapprochant du grec étalon (anciennement Wetalon) signifiant : « taureau ». Il est possible également que les ítalos aient pris leur nom de l'animal, le taureau, et que dans un printemps sacré, il les avait guidés jusqu'aux lieux où ils se sont certainement installés. L'historien grec Dionysius de Halicarnasse expose ce compte rendu ensemble avec la légende que l'Italie a porté le nom d'Italus, mentionné aussi par Aristote et Thucydide.

Une autre étymologie est proposée, sur le rapprochement de it- et de aithô, en grec : ce verbe signifie « brûler », et on le retrouverait dans le radical du nom du volcan Etna. Sa présence serait justifiée du fait que, « Italie » étant un nom donné par les Grecs, venant de l'est, ils voient le soleil couchant rougeoyer et brûler l'horizon à l'endroit de la péninsule. On trouve le terme aithalia également utilisé à l'époque antique pour les îles de Lemnos (sans doute du fait de son activité métallurgique) et d'Elbe, pour la même raison qu'« Italie ». Son usage pour l'Etna ou Aithna est transparent. Le nom d'aithalia aurait été donné en premier lieu aux côtes sud de la Botte, là où les Grecs ont accosté en premier, sur le continent.

Avant et pendant Rome

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Avant le développement de Rome, l'Italie était composée de plusieurs cultures et civilisations, pour la plupart indo-européennes (Italiotes ou italiques), sur un substrat ligure du Néolithique. Sur ces cultures qualifiées d'autochtones, empiétaient :

Sous la République romaine, la limite nord de l'Italie s'arrête à la Gaule cisalpine, au niveau des fleuves Aesis - puis en -59 le Rubicon - et Magra. En -42, la Cisalpine est réunie à l'Italie qui s'arrête désormais aux Alpes. Cette dernière limite est fixée au trophée des Alpes mais est ensuite déplacée. Rome attribue la citoyenneté romaine à l'ensemble des Italiens dès -89, elle ne l'étend à tout l'Empire que trois siècles plus tard (édit de Caracalla, 211-212).

Rome et son empire

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Photographie représentant Romulus et Rémus nourris par la louve capitoline
Romulus et Rémus nourris par la louve, mythe fondateur de la civilisation romaine, musées du Capitole (Rome).

Selon la légende, la fondation de Rome est due à Romulus et Rémus au milieu du VIIIe siècle av. J.-C.. La civilisation de Rome connut une première phase d'expansion sous le gouvernement des rois de Rome, qui sont également les fondateurs symboliques de nombreuses institutions romaines. L'unification de la péninsule est conduite à l'époque de la République. Après la victoire de Rome contre Carthage lors de la première guerre punique, les principales îles de la Méditerranée occidentale passèrent également sous le contrôle de Rome. Les deuxième et troisième guerres puniques lui assurèrent le contrôle de tout le pourtour du bassin occidental de la Méditerranée.

Au Ier siècle av. J.-C., Rome domine une grande partie du bassin méditerranéen, mais après la mort de Jules César, le , la République sombre dans la troisième guerre civile de son histoire. Son successeur, fils adoptif par testament et petit-neveu, Octave, futur empereur Auguste, d'abord fort mal préparé à mener sa conquête du pouvoir arrive à éliminer progressivement ses rivaux : en , une coalition des forces octaviennes et antoniennes détruisent les forces des tyrannicides dans la plaine de Philippes en Macédoine, en il soumet Sextus Pompée alors maître des îles tyrrhéniennes et se débarrasse de son ancien collègue triumvir Lépide. Enfin en il affronte et défait la flotte de Marc Antoine et Cléopâtre VII à la bataille d'Actium, ce qui fait de lui le maître de l'empire. À partir de , faisant mine de restaurer la République dans son fonctionnement traditionnel, il la transforme progressivement en Empire (son « règne » est une période nommée par les historiens le Principat) et met ainsi fin à de longues années d'instabilité politique. Son régime se fonde sur un consensus : le désir de paix sociale après trois guerres civiles destructrices. Le gouvernement des territoires contrôlés par Rome évolue et s'améliore relativement par rapport à ce qu'étaient les pratiques de gestion républicaine. Le fer de lance de la gestion est le respect des cultures locales (par exemple le respect scrupuleux des traditions religieuses de chaque province), des formes d'autonomies (les premières à en bénéficier furent les anciennes cités-États de Grèce) qui s'approfondissent et s'étendent au fur et à mesure que la romanisation des provinciaux progresse et le développement économique favorisé par la réalisation de grandes infrastructures et surtout la Pax Romana.

Empire romain à son apogée.
L'Italie et ses régions à l'époque de l'Empire romain au Ier siècle av. J.-C.
Le Trophée des Alpes, aujourd'hui situé dans la commune française de La Turbie, marquait la frontière côtière entre l'Italie et la Gaule augustéenne.

L'empire était composé de l'Italie (métropole de l'empire) et des provinces romaines (territoires situés à l'extérieur de la péninsule). Juridiquement le territoire de l'Italie était assimilé à celui de la ville de Rome, ses habitants libres étaient tous citoyens romains grâce au droit du sol (jus soli). Les citoyens romains pouvaient servir dans les légions mais avaient aussi beaucoup de privilèges sociaux par rapport aux non-citoyens. Le programme politique des empereurs était d'intégrer de plus en plus les provinces à la civilisation romaine, ceci, au fil des siècles, a eu comme conséquence une perte progressive de l'hégémonie de l'Italie sur les provinces. Aux IIIe et IVe siècles, l'Empire romain se transforme, de facto, d'un « empire colonial » à un empire universel où tous les hommes libres étaient citoyens d'une même nation. La date charnière de cette transformation est l'Édit de Caracalla de 211 qui octroie la citoyenneté romaine à tout homme libre de l'Empire, mesure qui fut précédé de très nombreux octrois soit à titre individuel, soit à titre collectif au cours des premiers siècles de l'Empire. À cette époque les légionnaires sont principalement recrutés parmi les citoyens romains issus des provinces, notamment d'Illyrie et de Thrace. Si l'apogée territoriale et économique de l'Empire couvre les Ier et IIe siècles, le IIIe siècle marque quant à lui une période sombre appelé Anarchie militaire ou Troubles de l'Empire, marqué par des crises politiques à répétition, sur fond d'invasion barbares régulières. Les Empereurs se succèdent au gré des coups d'État ou des assassinats politiques. C'est seulement l'arrivée de Dioclétien au pouvoir, en 284 qui met en place le système de la Tétrarchie qui met fin à une instabilité préjudiciable pour l'Empire : grossièrement, ce système se fonde sur un partage territorial de l'Empire entre deux empereurs nommés les « Augustes », assistés de deux « dauphins » qui portent le titre de « César ». Ce système qui divise l'empire le rend paradoxalement plus apte à répondre aux incursions ennemies (chaque pars se défend elle-même et prête renfort à sa consœur). Ce système est une tentative pour faire abstraction du système de succession héréditaire, mais qui ne survivra pas à la disparition politique de son fondateur. En 306, d'un commun accord, les deux Auguste (Dioclétien lui-même et son homologue Constance Chlore) quittent le pouvoir et se retirent de la vie politique. La Tétrarchie n'y survit pas et les règles de succession dynastique reprennent le dessus avec l'arrivée de la dynastie des Constantiniens. Après le terrible IIIe siècle, le IVe siècle est un siècle de sécurité et de progrès économique qui voit d'autre part l'Empire progressivement se christianiser.

Depuis le début du règne de Dioclétien (284), une nouvelle vague de persécutions menées par l'État romain frappe les chrétiens, avec un nombre important de suppliciés. Devant l'échec de ses actions violentes, l'empereur Galère signe en 311, un premier édit de tolérance, mais c'est une tolérance négative à l'inverse de l'édit de Milan, lui édictant une tolérance positive, signé 313 par Constantin Ier. Ce texte met fin aux persécutions contre les chrétiens et garantit à tous les citoyens la liberté de culte. La déclaration se réfère à un monothéisme vague (pour ne choquer ni païens ni chrétiens) et déclare que l'État donne la liberté de conscience à ses citoyens, pieuses intentions vite remises en question par l'implication de l'État romain dans le schisme donatiste. Le christianisme, se propage en Italie surtout à partir de la ville de Rome, cité cosmopolite dans laquelle vivaient de nombreux immigrés originaires des provinces d'orient, où le christianisme était plus répandu (Les plus fortes concentrations s'enregistrent en Judée et en Égypte). L'Église romaine récupère un certain nombre de traditions païennes et les assimile dans sa liturgie : par exemple, la date du 25 décembre pour la célébration de Noël coïncide avec les fêtes du dieu Sol, très vénéré au début du IVe siècle. Idem, le choix de dimanche pour le « Jour du Seigneur », jour hebdomadaire des célébrations solaires (qui est resté dans l'anglais Sunday ou encore l'allemand Sontag). Les cultes polythéistes sont ainsi transformés en vénération des saints et de la Vierge Marie. Par exemple, beaucoup de temples dédiés à Vénus se transforment en églises consacrées à la mère de Jésus et dans les petites villes les cérémonies dédiées à un dieu protecteur deviennent des fêtes patronales en l'honneur d'un saint que l'imaginaire populaire associe au dieu précédent : protecteur des malades, de l'agriculture, de la chasse, des soldats et des marins. Par cette politique l'église romaine arrive à mieux faire accepter aux Italiens, très attachés à leurs traditions, le passage au christianisme, le même processus aura lieu dans les provinces. En 380 l'empereur Théodose Ier élève le christianisme au rang de religion d'État.

Au début du Ve siècle, en 402, la ville de Ravenne, dans le nord-est de l'Italie, devient capitale de l'empire d'Occident, elle sera la dernière. Bien sûr, Rome n'occupait plus vraiment, depuis le IIIe siècle, la fonction de capitale sinon une « capitale symbolique », lieu d'ancrage de la mémoire et des traditions romaines. Des capitales plus effectives (et surtout plus proche des fronts) l'avaient depuis longtemps supplantée. Dans la nuit du au , le front rhénan est dégarni pour des raisons de défense de l'Italie péninsulaire. Cette nuit-là le Rhin gèle et perd son aspect de barrière naturelle, facilitant le passage massif de barbares (Alamans, Wisigoth, Ostrogoth, Vandales) face à un limes aminci (seulement défendu par quelques troupes de fédérés francs). C'est le début de la décennie terrible (407-420) : l'empire est confronté à une longue série d'invasions barbares : les Wisigoths, les Huns, les Ostrogoths, les Vandales et les Francs. L'année 410 marque durablement les esprits, les barbares mettent Rome à sac mettant fin à huit siècle de sécurité intramuros. Le préfet de la ville de l'époque Rutilius Namatianus écrit en poème dans lequel il parle de « la Mère du Monde assassinée ». En dépit de ces très grands chocs psychologiques, l'Empire ne s'effondre cependant pas immédiatement : En 420, la situation s'est stabilisée mais l'empire a déjà perdu sa première province (La Bretagne), a connu deux décennies de destructions diverses, et des barbares sont présents dans tout l'Empire d'Occident. De plus à cette date un quart de l'armée romaine a été anéanti et le limes et très mal défendu. L'Empire connait une phase de redressement sous l'action énergique du général Aétius (il défait notamment Attila à la bataille des Champs Catalauniques en 451), mais ressort très affaibli de la période d'instabilité politique ouverte par l'assassinat d'Aétius par Valentinien III en (L'Empereur sera lui aussi assassiné un an après mettant fin à la dynastie des théodosiens). L'Empire perd son meilleur général. Les barbares qui avaient été accueillis en tant que fédérés à l'intérieur des limes, forment des royaumes qui sont de plus en plus autonomes par rapport au pouvoir impérial. Ce morcellement progressif de l'Empire est favorisé par l'incompétence des huit empereurs qui se succèdent de 455 à 476, la plupart faibles et peu entreprenant. Rome est de nouveau mise à sac en . Vers 470, l'Empire d'Occident s'est réduit à l'Italie et quelques possessions en Gaule. En 476, Odoacre, un patrice d'origine germanique, renonce à prendre le titre d'empereur et à gouverner les provinces, il se proclame simplement roi d'Italie, cette date marque la fin de l'Empire romain d'Occident. Symboliquement, il envoie à Constantinople les insignes impériaux à l'empereur d'Orient Zénon. L'Empire romain d'Orient subsiste encore un millénaire, disparaissant avec la prise de Constantinople par les Ottomans en 1453.

La statue ci-dessus de la louve romaine est authentique, mais pas les deux jumeaux qui ont été ajoutés à la Renaissance.

Italie médiévale

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L'Italie médiévale est le théâtre d'une grande rivalité entre les villes du nord de la Péninsule, qui deviennent des centres textiles et des centres financiers et monétaires pour certaines d'entre elles. Florence, Gênes, Venise créent des monnaies en or, en créant chacune une pièce fabriquée dans ce métal, plus difficile à rogner et à falsifier. Le florin, principale monnaie du Moyen Âge, est créé en 1252 par la corporation des changeurs et banquiers (Arte del Cambio) de Florence, l'une des cinq corporations majeures et contribue au succès de la ville, qui l'impose en Europe. Le dynamisme du quartier d'affaires vénitien lui permet une expansion navale et la construction d'un arsenal qui est le plus important au monde et quadruple en quelques décennies.

Renaissance

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La Renaissance italienne, qui culmine au XVe siècle, prend racine en Toscane (Italie Centrale), concentrée autour de Florence et Sienne, puis a des répercussions importantes à Venise[15] puis s'installe à Rome, où fleurit une architecture à la mode antique.

La péninsule se distingue par les œuvres littéraires de Pétrarque, Castiglione et Machiavel ou les travaux d'artistes comme Michel-Ange et Léonard de Vinci et les grands travaux architecturaux, comme le Dôme de Florence et la basilique Saint-Pierre à Rome. La Renaissance italienne est aussi marquée par l'installation en France de financiers et d'artistes. Ainsi, les banques italiennes de Florence et Lucques, implantées à Lyon, comme la Banque Gadagne et les Capponi, qui fusionnent[16] et prêtent aux souverains espagnols et français qui se combattent. Le banquier Albisse Del Bene, issu d'une famille d'exilés florentins, est munitionnaire des armées et contrôle la levée des impôts dans toutes les régions de France[16].

Vers l'unification

150e anniversaire.

Du XIVe au XVIe siècle[17], c'est la Renaissance en Italie avec des artistes tels que Michel-Ange ou Raphaël, et des scientifiques comme Galilée qui font littéralement « renaître » l'art et la science, d'abord dans la péninsule puis dans l'Europe tout entière. À l'époque de Léonard de Vinci, l'Italie reste très morcelée sur le plan politique. Elle est constituée d'une mosaïque de principautés (duchés, cités-États…). Les princes italiens organisent chacun leur propre cour et se livrent souvent à des guerres sanglantes avec de multiples interventions extérieures, notamment de la France et de l'Espagne (guerres d'Italie). Les guerres incessantes du XVIe siècle dues aux ingérences des grands états européens ainsi que la montée en puissance de l'Autriche et des principautés allemandes expliquent en partie le déclin des principautés italiennes du XVIIe au XIXe siècle.

La Révolution française et les guerres d'Italie qui s'ensuivent font naître au sein de l'intelligentsia italienne l'espoir d'une Italie unifiée, espoir vite effacé après que la péninsule se trouve de nouveau découpée en différents états.

Après les campagnes napoléoniennes, la maison de Savoie, qui voit une occasion d'agrandir le royaume de Sardaigne, utilise les poussées nationalistes et s'engage dans trois guerres d'indépendance contre l'Empire Austro-Hongrois, la deuxième se faisant avec l'appui extérieur de la France. En 1859, la France du Second Empire et le royaume de Sardaigne concluent une alliance dans le but de rejeter l'Autriche hors de l'Italie du nord, la France devant recevoir la Savoie et le comté de Nice en récompense pour son aide. Toutefois, après l'occupation de la Lombardie, Napoléon III signe l'armistice de Villafranca qui met fin à la campagne d'Italie, laissant ainsi la Vénétie autrichienne. N'ayant pas rempli ses obligations, Cavour refuse de céder la Savoie et Nice à la France. Toutefois, la défaite de l'Autriche affaiblit les petits États de la péninsule, où des gouvernements libéraux se forment et demandent l'annexion au royaume de Sardaigne. Cavour arrache l'accord de la France mais doit lui sacrifier la Savoie et Nice. La cession de Nice soulève de vives protestations, en particulier de Giuseppe Garibaldi, né dans la ville.

Le , Napoléon III et Victor-Emmanuel II signent le traité de Turin, qui prévoit l'annexion de la Savoie et de Nice à la France. À la suite de l'expédition des Mille au sud et la descente subséquente des Piémontais du nord, le royaume de Sardaigne réussit à unifier une grande partie de la péninsule (à l'exclusion de Rome et de Venise) et à provoquer la proclamation du royaume d'Italie le , ayant comme capitale Turin, puis Florence à partir de 1865.

En 1866, Venise est annexée au royaume d'Italie, suivie par Rome, en 1870. Ceci provoque le début d'une fracture entre l'État italien et l'Église qui durera jusqu'aux accords du Latran, en 1929. La forme de gouvernement proclamée est celle d'une monarchie constitutionnelle, avec un parlement élu au suffrage restreint. Rome devient officiellement capitale de l'Italie en 1871.

En même temps, dans le nord de la péninsule, se développe une puissante industrialisation, facilitée par les capitaux d'une agriculture modernisée dans la plaine du Pô, les ressources hydroélectriques des Alpes dans le dernier quart du siècle et la délocalisation des industries du sud, notamment textiles, vers le nord[18]. Cette industrialisation se concentre essentiellement sur le « Triangle d'Or »: Turin, Milan et Gênes. Le Sud reste dominé par la production agricole mais aussi par des structures agraires quasi féodales : c'est le système des latifundia, grandes exploitations aux propriétaires absentéistes et routiniers, aux ouvriers agricoles sous-payés et des microfundia, minuscules propriétés destinées principalement à l'auto-consommation. Cette situation économique conduit au développement du brigandage, mouvement insurrectionnel politique et social de l'Italie méridionale, violemment réprimé et donnera naissance au début de l'immigration méridionale.

De la Première à la Seconde Guerre mondiale

Bien qu'ayant adhéré secrètement à la Triple-Alliance en 1882, l'Italie reste neutre au début de la Première Guerre mondiale, puis décide de s'allier à la Triple-Entente. Le , l'Italie déclare la guerre à l'Autriche-Hongrie. La guerre s'avère plus difficile que prévu : les armées autrichiennes et italiennes ne parviennent pas à prévaloir l'une sur l'autre. En 1917, après la défaite russe, les Allemands concentrent sept divisions sur le front italien pour aider leurs alliés autrichiens. Dans la bataille qui suit, à Caporetto, les Italiens subissent une très grave défaite et reculent de plus de 100 km sur la ligne du Piave. En , s'engage la bataille du Piave au cours de laquelle, les Autrichiens essayent sans succès de briser la ligne nord du front italien. Le , l'armée italienne lance une offensive victorieuse à Vittorio Veneto et contraint l'Autriche-Hongrie à la capitulation. Le est signé l'armistice de Villa Giusti. Par le traité de Versailles, les frontières italiennes furent rectifiées en sa faveur. Toutefois l'Italie n'obtint pas tous les territoires qu'elle revendiquait, notamment sur la question de l'irrédentisme, qui fut ressentie comme une « victoire mutilée », ce qui va favoriser l'agitation nationaliste et l'ascension de Mussolini.

Benito Mussolini était dans les années 1900 un jeune militant socialiste proche du syndicalisme révolutionnaire, un groupe qui ne croyait pas au « parlementarisme bourgeois » et était favorable à une révolution violente. Toutefois lors de l'entrée en guerre de l'Italie en 1915, Mussolini avait mûri également un fort penchant nationaliste. Il estimait notamment que la guerre était anticapitaliste car elle exaltait la valeur des masses paysannes et ouvrières au combat. Il estime toutefois qu'une révolution socialiste ne peut se réaliser qu'à travers la collaboration de toutes les classes, populaires et bourgeoises, pour le salut de la nation. Il est donc contraire à la lutte des classes.

De 1919 à 1922, l'Italie est secouée par une grave crise sociale, économique et politique. Mussolini l'exploite en brisant les grèves et les syndicats par la violence : il se fait ainsi connaître et bien voir par les milieux d'affaires et le patronat (Confindustria et Confagricoltura). Il utilise pour cela des squadre (escouades), sortes de milices, issues en grande partie des rangs des arditi (venant des troupes d'élite démobilisées en 1918) nationalistes, dont l'uniforme est la chemise noire — qui deviendra un des symboles du fascisme. Après la marche sur Rome en , le roi d'Italie, Victor-Emmanuel III, lui confie le gouvernement. En 1924 le parti fasciste remporte les élections législatives. Le député socialiste Matteotti dénonce les violences et les intimidations dont sont victimes les opposants politiques. Il sera assassiné quelques jours plus tard. Jouant habilement de mansuétude et de menaces, Mussolini installe progressivement l'appareil fasciste dans le pays. Son alliance militaire avec l'Allemagne nazie provoquera l'entrée de l'Italie dans la guerre aux côtés des forces de l'Axe.

Mussolini déclare la guerre à l'Angleterre et à la France le à la veille de l'entrée des Allemands dans Paris. Lors de la signature du Pacte d'acier en 1939 avec l'Allemagne, l'Italie avait estimé de ne pas pouvoir participer à une guerre de vaste ampleur avant l'année 1943, à cause de l'usure et de la vétusté de son armement. Les victoires éclair des Allemands poussèrent Mussolini à entrer en guerre dès 1940, pensant que l'issue en était proche.

Contrairement à la Première Guerre mondiale où elle combattait sur un seul front, l'armée italienne était forcée de s'engager sur quatre fronts différents : en Afrique du Nord, en Afrique orientale, dans les Balkans et en URSS. Les Italiens subissent plusieurs graves défaites et sont de plus en plus dépendants de leurs alliés allemands. Après la défaite de El Alamein et le débarquement anglo-américain au Maghreb en novembre 1942, Italiens et Allemands abandonnent l'Afrique en mai 1943. De plus, les armées de l'Axe ayant subi une grave défaite à Stalingrad en janvier 1943, l'armée italienne en URSS se désagrège dans une déroute catastrophique.

Le , les Alliés débarquent en Sicile puis pénètrent dans le sud de l'Italie ; Mussolini est renversé puis emprisonné, sur ordre du roi. Le dictateur est délivré par un commando allemand le . Alors que les Allemands se transforment d'alliés en occupants, le Duce installe, sous l'ordre d'Adolf Hitler, une République sociale italienne (appelée aussi République de Salò) dans le nord du pays. Le maréchal Pietro Badoglio signe la capitulation le , l'Italie du Sud poursuit la guerre aux côtés des Alliés, en même temps que s'engage une guerre civile en Italie du nord (fasciste) de Mussolini soutenue par les Allemands. L'Italie devient alors un vaste champ de bataille où s'affrontent plusieurs armées étrangères. Le , tentant de fuir vers la Suisse, Mussolini est exécuté (puis pendu) par des partisans communistes.

Époque contemporaine

Le , un référendum met fin à la monarchie, la République italienne est proclamée et la famille royale est exilée.

L'Italie s'installe alors dans un régime parlementaire, dominé par la Démocratie chrétienne et des partis laïques antifascistes, qui favorise, malgré de fréquentes crises ministérielles, à la fois la reconnaissance internationale, l'intégration européenne et un développement économique sans précédent. Vedette de la bourse italienne milanaise, Fiat est le symbole du miracle italien, dont la période va des élections d' aux Jeux olympiques de Rome en 1960 : 700 000 automobiles en 1955, 10 millions cinq ans après[19]. Le fabricant de scooters Vespa n'est pas en reste. Entre 1945 et 1965, il s'en vendra 3,5 millions.

Un Parti communiste italien de plus en plus fort, et relativement modéré, empêche toute alternance électorale jusqu'en 1976, moment du « compromis historique » mais aussi des années de plomb, marquées par le terrorisme d'extrême gauche et d'extrême droite. Peu à peu, la démocratie chrétienne, tout en restant incontournable, laisse une partie du pouvoir à des partis moins importants comme le Parti républicain italien ou le Parti socialiste italien. Des réformes sociales majeures sont adoptées après référendum (le divorce, l'avortement) ou après le vote de lois, ainsi qu'une transformation du Système de retraite en Italie, afin de développer des formules de retraite par capitalisation.

Les gratte-ciel de Milan.

Un climat affairiste, de plus en plus corrompu, s'installe, ce qui provoque l'opération judiciaire dite Mani pulite (Mains propres). Il s'ensuit une réorganisation politique massive qui voit l'explosion des trois grandes forces politiques (la Démocratie chrétienne, le Parti communiste et le Parti socialiste) en une myriade de partis, changements accentués par le référendum de 1993 et l'adoption en 1994 d'une loi électorale posant les bases d'un système électoral mixte. Ces changements provoquent la descente politique de Silvio Berlusconi dont les affaires avaient bénéficié du gouvernement du socialiste Bettino Craxi. S'il est rapidement lâché par ses alliés (comme la Ligue du Nord), il n'en revient pas moins au pouvoir en 2001 avec une victoire électorale écrasante, après un intermède, dominé par le centre gauche, incapable de faire aboutir une réforme constitutionnelle majeure. Ce gouvernement Berlusconi II est jusqu'à présent le plus long de toute l'histoire républicaine.

En 2006, la gauche, menée par Romano Prodi, revient au pouvoir à la suite d'une courte victoire aux élections législatives. En août 2006, Ehud Olmert demande à Romano Prodi que l'Italie prenne la direction de la Finul renforcée après le conflit israélo-libanais, ce qui fut le cas en .

En février 2020, l’Italie est l’un des pays les plus touchés par la pandémie de Covid-19 en Italie, l'Italie du Nord est mise en quarantaine, qui s'étend à la totalité du pays par la suite[réf. nécessaire].

Politique

La Constitution italienne date de 1947 et a établi la Première République, « fondée sur le travail » (art. 1er). Elle consacre le principe de la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire (respectivement confiés au Gouvernement, au Parlement et à la Justice) et fonde un régime parlementaire bicaméral :

  • une Chambre des députés (Camera dei deputati) de 630 députés ;
  • un Sénat (Senato della Repubblica) de 315 sénateurs (ainsi que d'anciens présidents de la République et de cinq sénateurs à vie, au plus, nommés par le chef de l'État).

Le Parlement est élu au suffrage universel. La loi électorale a été substantiellement modifiée à la suite d'un référendum abrogatif en 1993 pour introduire une part de scrutin majoritaire (75 %) afin d'éviter l'instabilité gouvernementale chronique du début de la République due, entre autres, à un multipartisme excessif et à l'absence d'alternance. Elle a été à nouveau modifiée à la fin de l'année 2005, pour rétablir un scrutin proportionnel de listes bloquées, de façon à réduire l'échec probable de la Maison des libertés. Critiquée, y compris par le ministre qui en a présenté le projet, elle est qualifiée de Porcellum (de porcata, une cochonnerie) contrairement à la précédente, le Mattarellum (en réalité, la loi Mattarella, du nom de son rapporteur). Une certaine présidentialisation de la vie politique italienne s'est opérée dans les années 1990 et 2000, incarné par la rivalité entre deux personnalités autour desquelles ont convergé plusieurs partis réunis en vastes coalitions, aboutissant à la formation du premier véritable bipartisme italien : Silvio Berlusconi qui crée un parti personnel, Forza Italia, en 1994 qui réunit autour de lui une coalition successivement appelée Pôle des libertés - Pôle du bon gouvernement (Polo delle Libertà - Polo del Buon Governo, au pouvoir de mai à ), Pôle pour les libertés (Polo per le Libertà, principale formation d'opposition de 1996 à 2000), Maison des libertés (Casa delle libertà, au pouvoir de 2001 à 2006, principale force d'opposition de 2006 à 2007) et Peuple de la liberté (Popolo della Libertà, transformé en parti politique en 2009, au pouvoir de 2008 à 2011) au centre droit ; Romano Prodi qui forme successivement les coalitions de L'Olivier (L'Ulivo, au pouvoir de 1996 à 2001, principale force d'opposition de 2001 à 2006) puis de L'Union (L'Unione, qui se transforme en en parti politique appelé Parti démocrate, au pouvoir de 2006 à 2008) au centre gauche.

Le président de la République italienne (Presidente della Repubblica Italiana) est le chef de l'État, élu par les députés et les sénateurs ainsi que des représentants de régions pour un mandat de sept ans. Bien qu'ayant un rôle considéré comme symbolique, il est le garant de la Constitution, et pour cela, dispose d'une aura reconnue par la classe politique. Il nomme le président du Conseil des ministres et les ministres du gouvernement ; il dispose, également, du droit de dissolution du Parlement. S'il ne peut assumer ses fonctions, c'est le président du Sénat qui devient président de la République par intérim, jusqu'à ce qu'un successeur soit trouvé au chef de l'État sortant. Il s'agit depuis le de Sergio Mattarella, désormais sans étiquette après avoir été membre du Parti démocrate.

Le gouvernement de la République est présidé par le président du Conseil des ministres (Presidente del Consiglio dei ministri) et constitué des ministres et secrétaires d'État, lesquels sont responsables devant le Parlement.

Une réforme avortée de la Constitution, adoptée par le Parlement en 2005, aurait dû aboutir à la création d'une « IIe République » dans laquelle l'organisation territoriale aurait été de type fédéral et où le Premier ministre (nouveau nom donné au chef du Gouvernement) aurait eu des pouvoirs très étendus tandis que la Chambre des députés n'aurait plus compté que 530 députés (-100)) et le Sénat de la République 265 sénateurs (-50). Les sénateurs auraient été par ailleurs élus au suffrage indirect. Cette réforme a été massivement rejetée par le peuple italien lors d'un référendum en .

Romano Prodi, vainqueur de justesse des élections législatives des 9 et à la tête d'une coalition électorale de centre gauche intitulée L'Union, est nommé président du Conseil des ministres par Giorgio Napolitano, le nouveau président de la République élu le , mais démissionne vingt mois plus tard, à la suite de la perte de la confiance des sénateurs.

Dans les années 2010, le paysage politique a beaucoup changé : le centre gauche a convergé en un seul parti, le Parti démocrate (Partito Democratico), et le centre droit a fait, provisoirement de même avec la création du Peuple de la liberté (Popolo della Libertà), le parti créé par Silvio Berlusconi et Gianfranco Fini. Cela a pour conséquence d'enrayer l'instabilité chronique de la vie politique italienne, même si le PDL subit le départ de Futur et liberté pour l'Italie, doit abandonner la direction du gouvernement à la suite de la crise de la dette dans la zone euro en 2011 et finit par éclater en 2013. D'un autre côté, une formation populiste, anti-corruption et partisane d'une démocratie directe par opposition aux formes de démocraties représentatives, le Mouvement 5 étoiles (Movimento 5 Stelle) de l'ancien humoriste et polémiste Beppe Grillo, a joué du rejet croissant des partis traditionnels au sein d'une partie de l'opinion publique pour devenir l'une des principales forces électorales du pays.

Le quatrième gouvernement dirigé par Silvio Berlusconi, qui entamait son troisième mandat, a été nommé le et était composé d'une alliance entre le parti Peuple de la liberté et le parti de la Ligue du Nord (Lega Nord, droite voire extrême droite fédéraliste, régionaliste, populiste, eurosceptique).

À la suite de la démission de Silvio Berlusconi, en , un gouvernement dit technique est dirigé par l'économiste Mario Monti qui démissionne le (mais reste en fonction jusqu'au et annonce sa montée en politique à travers la coalition électorale Avec Monti pour l'Italie puis le parti centriste et libéral Choix civique pour l'Italie (Scelta Civica per l'Italia).

Les élections générales des et aboutissent à des résultats incertains. La coalition de gauche Italie. Bien commun (Italia. Bene Comune) formée autour du Parti démocrate et comprenant la Gauche, écologie et liberté (Sinistra Ecologia Libertà, gauche écosocialiste et eurocommuniste), le Parti socialiste italien (Partito socialista italiano, gauche sociale-démocrate et socialiste démocratique) et le Centre démocrate (Centro democratico, centre chrétien social) arrive en tête en nombre de voix et sécurise la majorité absolue à la Chambre des députés, mais ne peut obtenir le contrôle du Sénat où elle fait presque jeu égal avec la coalition de centre droit de Silvio Berlusconi. Le Mouvement 5 étoiles fait une percée avec un quart des suffrages exprimés, talonnant les deux formations politiques traditionnelles et les forçant à s'entendre pour stabiliser une majorité à la chambre haute. Enfin, dernière coalition à obtenir des sièges, Avec Monti pour l'Italie réunissant Choix civique pour l'Italie, Futur et liberté pour l'Italie (Futuro e libertà per l'Italia, centre droit libéral-conservatisme et europhile) et l'Union de centre (Unione di Centro, centre démocrate chrétien).

À la suite de ce scrutin, une Grande coalition (Grande coalizione) est formée entre le Parti démocrate (centre gauche), qui prend la tête du gouvernement, Le Peuple de la liberté (centre droit), le Choix civique pour l'Italie (centre) et l'Union de centre (centre), ainsi qu'avec l'appui extérieur du Parti socialiste italien, du Centre démocrate et de plusieurs formations régionalistes, autonomistes ou à la représentation spécifique (Parti populaire sud-tyrolien, Parti autonomiste tridentin et tyrolien, l'Union pour le Trentin, l'Union sud-américaine des émigrés italiens, le Mouvement associatif des Italiens à l'étranger et l'Union valdôtaine). Puis, Le Peuple de la liberté se scinde en deux en  : une majorité des parlementaires suivent Silvio Berlusconi dans l'opposition et reforment Forza Italia, tandis qu'une forte minorité emmenée par le ministre de l'Intérieur Angelino Alfano reste au sein de la Grande coalition et fondent le Nouveau Centre droit (Nuovo Centrodestra). Enfin, en , le centre démocrate chrétien se réunit au sein des groupes communs Pour l'Italie (Per l'Italia) dans les deux chambres du Parlement, toujours membres de la majorité gouvernementale et coalisant l'aile démocrate chrétienne du Choix civique pour l'Italie qui crée en le parti Populaires pour l'Italie (Popolari per l'Italia) et l'Union de centre.

Le gouvernement, formé le , est présidé par Paolo Gentiloni. La Chambre des députés est présidée par Laura Boldrini, députée de la Gauche, écologie et liberté élue le juste après les élections de 2013 alors que la coalition Italie. Bien commun, et alors que son parti est entré immédiatement dans l'opposition au gouvernement de grande coalition qui s'est formé ensuite. Au Sénat, c'est l'ancien juge antimafia et membre du Parti démocrate Pietro Grasso qui préside depuis le .

Le , après divers blocages, le parlement italien parvient à élire les nouveaux présidents des deux chambres. La présidence Chambre des députés revient à Roberto Fico, membre du Mouvement 5 étoiles, et celle du Sénat à Elisabetta Alberti Casellati, proche de Silvio Berlusconi. Cet accord permet de convoquer l'ensemble des mouvements politiques afin de former le nouvel exécutif[20].

Transparency International (TNI) place en 2018 l'Italie au 53e rang sur 180 pays pris en compte dans son classement selon d'indice de perception de corruption[21].

Géographie

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Carte de l'Italie.
Les zones altimétriques d'Italie.
Photo satellite de l'Italie.

L'Italie est une péninsule de l'Europe du Sud située au centre du bassin méditerranéen. D'une superficie de 301 300 km2, elle est longue de 1 360 km du nord au sud et couvre à 92 % la superficie de la région géographique italienne[22]. Ouverte sur la mer Adriatique au nord-est, la mer Tyrrhénienne au sud-ouest, la mer Ionienne au sud-est et la mer de Ligurie à l'ouest-nord-ouest, elle englobe de nombreuses îles dont les principales sont la Sicile et la Sardaigne. Au sud, l'Italie est séparée de l'Afrique de par la Tunisie par le détroit de Sicile et au nord les Alpes constituent une frontière naturelle avec le reste de l'Europe. Dans le sud de l'Italie, on trouve les derniers volcans en activité d'Europe (si on exclut l'Islande), le Vésuve près de Naples, l'Etna en Sicile et le Stromboli dans les îles Éoliennes. Le Centre de la péninsule et le Nord du pays sont occupés par des chaînes de montagnes, les Apennins et la face interne de l'arc alpin.

Ces zones sont un réservoir d'eau très important et donc un grand fournisseur d'énergie hydroélectrique. Pour faciliter les liaisons nationales et internationales, les autorités ont fait de gros efforts d'aménagement. Huit mille kilomètres d'autoroute ont été construits. L'équipement des cols et le percement de grands tunnels comme ceux du Mont-Blanc ou du Fréjus relient l'Italie au reste de l'Europe.

Au nord de l'Italie la plaine du est une riche zone agricole. Le méthane présent dans son sous-sol est la seule source d'énergie fossile présente en Italie. Les autres plaines sont situées sur le littoral. Longtemps marécageuses, elles ont été drainées et amendées pour permettre le développement de l'agriculture et du tourisme.

La botte italienne connaît un climat méditerranéen, avec des nuances. Plus on va vers le sud, plus les étés sont longs et secs. Dans le Sud des Pouilles et de la Calabre, la sécheresse estivale est supérieure à cinq mois. Dans les Apennins, les hivers sont plus froids. Le nord de l'Italie connaît un climat de type subtropical humide avec des hivers plutôt froids mais des étés très chauds et humides et des précipitations plus abondantes que dans la péninsule.

Les montagnes les plus hautes sont le mont Blanc, le mont Rose, le Cervin et le Grand Paradis. Les fleuves et rivières les plus importants sont : le , le Tanaro, le Tessin, l'Adige, l'Adda, l'Arno, le Tibre, en italien Tevere. Les lacs les plus importants sont : le lac Majeur, le lac de Côme, le lac de Garde et le lac Trasimène. Le point culminant est le mont Blanc (4 809 m) ou le mont Blanc de Courmayeur (4 748 m) selon le regard que l'on porte au litige entre l'Italie et la France sur la frontière du mont Blanc. Madesimo est la commune italienne la plus éloignée de la mer, soit par la route 292 km jusqu'à Gênes.

Climat

Le climat italien est à la fois méditerranéen dans la péninsule, subtropical humide aux hivers parfois froids dans le nord, et montagnard à l'intérieur des terres. Au nord et sur un axe central du pays, le relief est montagneux. Les températures moyennes en zones de montagnes varient de −5 °C l'hiver à 20 °C l'été. Les côtes bénéficient d'un climat plus doux grâce à la proximité de la mer Méditerranée. Les températures varient de °C l'hiver à 30 °C l'été. Au sud de la péninsule, la Sicile est la région la plus chaude du pays. Les températures en hiver varient de −2 °C à l'Etna à 11 °C sur la côte sicilienne. En été, les températures sur l'île varient de 17 à 34 °C.

À l'ouest de la péninsule, la Sardaigne est dotée, comme ses voisines, d'une influence méditerranéenne et montagnarde. Les précipitations varient de 800 mm du côté du Val d'Aoste au nord à 350 mm en Sicile et en Calabre. En été, des épisodes de Sirocco peuvent survenir sur le sud du pays, notamment en Sicile, pouvant faire grimper la température à plus de 40 °C quelques jours consécutifs. La neige tombe chaque hiver sur tous les massifs italiens. De façon générale, l'Italie bénéficie d'une durée d'ensoleillement comprise entre 1 700 et 2 900 h par an.

Effets du changement climatique

Le changement climatique a aggravé les problèmes environnementaux existants en Méditerranée. Ceci s'applique également à l'Italie[23]. Dans cinq domaines (eau, écosystèmes, nutrition, santé et sécurité), les changements actuels et les scénarios futurs font systématiquement apparaître des risques importants et croissants dans les décennies à venir[23]. Dans de grandes parties de l'Italie, les précipitations diminuent, les températures augmentent et les phénomènes météorologiques extrêmes deviennent de plus en plus fréquents. Les conséquences des changements dans les Alpes sont particulièrement visibles. Certaines parties du glacier de Planpincieux, à la frontière avec la France, menacent maintenant de plonger dans la vallée en raison de la hausse des températures. Les conséquences sont également évidentes dans l'agriculture. Au cours de la saison 2018/2019 en Italie, la pire récolte d'olives depuis 25 ans a été prise et l'Association des agriculteurs italiens parle déjà d'un « effondrement de l'huile d'olive ». En Sicile, les agriculteurs ont commencé à cultiver des plantes tropicales telles que la mangue ou l'avocat, en raison de l'évolution des conditions, plutôt que les oranges et les olives, qui étaient auparavant indigènes. La crise climatique menace également le patrimoine culturel du pays. Treize des quinze sites du patrimoine mondial de l'UNESCO sont menacés par l'érosion côtière en Italie car ils sont situés dans la région côtière de basse altitude[24].

Environnement

La pollution de l'air est à l'origine de 60 000 décès par an en Italie selon les chiffres communiqués en 2016 par l'Agence européenne pour l'environnement[25].

Le jour du dépassement (date de l'année à partir de laquelle l'humanité est supposée avoir consommé l'ensemble des ressources que la planète est capable de régénérer en un an) de l'Italie[Note 1] est le 15 mai[26]. L'Italie est l'un des pays dont la consommation dépasse le plus les capacités de la planète.

Subdivisions

L'organisation territoriale de l'Italie se compose de :