John Shelby Spong
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Fonction
Évêque
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 90 ans)
RichmondVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Université de Caroline du Nord à Chapel Hill
Virginia Theological Seminary (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Honest to God (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
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John Shelby Spong, né le à Charlotte et mort le à Richmond, est un évêque du diocèse épiscopalien de Newark, dans le New Jersey, de l'Église épiscopalienne des États-Unis. Protestant libéral progressiste, théologien, universitaire, critique religieux et écrivain, il appelle à repenser fondamentalement la foi chrétienne, en abandonnant le théisme et la vie après la mort en tant que punition des comportements humains.

Biographie

John Shelby Spong naît le à Charlotte, ville de Caroline du Nord. Il fait ses études dans des écoles publiques. Il fréquente l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill, où il devient membre de Phi Beta Kappa et obtient un Bachelor of Arts en 1952. Il suit sa formation théologique au Séminaire théologique de Virginie d'où il sort avec un Master of divinity en 1955.

Il sert ensuite comme pasteur dans différentes paroisses épiscopaliennes en Caroline du Nord et en Virginie et donne aussi des cours dans plusieurs université, notamment la Harvard Divinity School. Il devient évêque de Newark en 1979, siège qu'il occupe jusqu'en 2000, devenant une des voix les plus éminentes du courant libéral au sein de l'anglicanisme.

Il se retire de son office d'évêque en 2000 mais continue à donner de nombreux conférences aux États-Unis et dans le monde. En 2016, il souffre d'un malaise avant une conférence ce qui le pousse à diminuer ses engagements publics. Il meurt à son domicile le [1].

Écrits

L'œuvre de Spong traite de sources bibliques et non-bibliques, et est influencée par l'analyse critique moderne de ces sources. Il est représentatif d'un courant de pensée trouvant ses racines dans l’universalisme médiéval de Pierre Abélard et l’existentialisme de Paul Tillich, qu’il présente comme son théologien favori[2].

Une idée récurrente chez Spong est que l’interprétation populaire, supposée « littérale », des Écritures chrétiennes ne correspond pas véritablement à la situation des communautés chrétiennes modernes, et qu’une approche plus nuancée des Écritures, permise par l’érudition et la compassion, peut être cohérente à la fois vis-à-vis de la tradition chrétienne et de la compréhension moderne de l'univers.

Il croit, comme son prédécesseur l’évêque John A.T. Robinson, que le théisme a perdu sa crédibilité en tant que conception valide de la nature de Dieu. Il explique qu’il est chrétien parce qu’il croit que Jésus-Christ a exprimé pleinement la présence d’un Dieu de compassion et d’amour désintéressé, et que c’est le sens de la proclamation des premiers chrétiens, « Jésus est seigneur ». Il rejette le caractère historique d'évènements proclamés comme des vérités par certaines doctrines chrétiennes, comme la conception virginale et la résurrection de la chair de Jésus.

Une nouvelle Réforme

Spong est un fervent défenseur du féminisme, des droits des homosexuels et de l'égalité raciale au sein de l'Église comme au sein de la société dans son ensemble[3],[4],[5]. À ces fins, il prône une nouvelle Réforme protestante, dans laquelle de nombreuses doctrines de base de la chrétienté devraient être reformulées. Le développement le plus détaillé de ces convictions se situe dans son livre A New Christianity for a New World: Why Traditional Faith Is Dying and How a New Faith Is Being Born. Il expose brièvement ces idées ainsi (traduction de Gilles Castelnau[6]) :

« Luther embrasa la Réforme protestante en clouant à la porte de l'église de Wittenberg en 1517 les 95 Thèses dont il voulait débattre. Je publierai ce défi à la Chrétienté dans The Voice. Je mettrai en ligne mes thèses et en enverrai des copies avec invitation au débat aux leaders chrétiens mondiaux reconnus. Mes thèses sont bien moins nombreuses que celles de Luther, mais elles sont bien plus lourdes sur le plan théologique. Les questions sur lesquelles j'appelle maintenant les chrétiens du monde à débattre sont celles-ci :

1. La conception théiste de Dieu est périmée. Le langage théologique qu'elle induit perd aujourd'hui tout sens. Il faut élaborer une nouvelle façon de parler de Dieu.

2. La compréhension de la personne de Jésus comme incarnation de la divinité théiste doit être également abandonnée. La christologie traditionnelle n'est plus crédible.

3. Le récit biblique d'une création parfaite et achevée, d'où l'humanité est déchue dans le péché, est un mythe pré-darwinien et un non-sens post-darwinien.

4. Interpréter le dogme de la naissance virginale du Christ comme une vérité biologique, rend incompréhensible l'affirmation de sa divinité.

5. Dans notre mentalité post-newtonienne, on ne peut plus interpréter les miracles du Nouveau Testament comme des événements surnaturels accomplis par une divinité incarnée.

6. L'interprétation sacrificielle de la croix expiant les péchés du monde est une idée barbare et primitive provenant d'une compréhension de Dieu qui doit être abandonnée.

7. La Résurrection est un acte de Dieu faisant passer Jésus dans le monde céleste. Il ne s'agit pas d'une réanimation physique prenant place dans le monde humain.

8. Le récit de l'Ascension, qui suppose un univers à trois niveaux, ne peut pas être transposé dans les concepts spatiaux de l'ère post-copernicienne.

9. Il n'existe aucun principe éthique objectif, extérieur à nous, révélé par Dieu et formulé dans une écriture ou sur des tablettes de pierre et qui devrait régler à jamais notre conduite morale.

10. La prière ne peut pas être une série de requêtes adressées à une divinité céleste, pour lui demander d'intervenir de l'extérieur dans notre histoire humaine.

11. La résurrection ne doit pas être une récompense ou entraîner une punition. L'Église ne doit plus chercher à culpabiliser les fidèles.

12. Tous les humains sont à l'image de Dieu, et chacun doit être respecté pour ce qu'il est. C'est pourquoi aucune discrimination n'est admissible selon des critères de race ou d'orientation sexuelle. »

Les travaux de Spong sur l'évolution textuelle du rôle de juif trahissant Jésus attribué à Judas Iscariote dans les Évangiles ont recueilli une attention particulière de la part de chercheurs en sciences sociales s'intéressant aux racines de l'antisémitisme dans le Nouveau Testament. Il soutient fermement que les détails grandissants donnés sur la trahison de Judas depuis les évangiles synoptiques jusqu'à l'Évangile de Jean sont le résultat d'un embellissement actif de la part des auteurs plus récents comme Marc et la source Q, comme le résultat d'une tension idéologique issue de l'hostilité imprévue et croissante entre Juifs et Chrétiens dans les premiers temps de l'Église.

Critiques

Gerald O'Collins, professeur catholique de théologie fondamentale de l'Université pontificale grégorienne de Rome, a affirmé que les travaux de Spong "ne faisaient tout simplement pas partie du monde de l'érudition internationale. Aucun savant sérieux ne se fera avoir par ce livre. [...] Ce qui y est dit à propos d'un passage clé que Saint Paul utilise dans l'Épître aux Galates 1:15f. montre que l'évêque [Spong] a perdu son grec. [Spong défendait sa thèse en se basant sur un mot grec qui n'est pas dans le passage[7].] [...] [ma] recommandation pour son prochain livre est de laisser de vrais experts l'examiner avant publication."[8]

Rowan Williams, ancien archevêque de Canterbury, écrit une réponse aux 12 points de Spong en 1998, quand il est évêque de Monmouth : « Je ne peux d'aucune manière considérer les thèses de Spong comme représentant un avenir chrétien défendable ou même intéressant. Et je veux savoir si la tradition et les écritures chrétiennes passées lui semblent vraiment creuses et stériles comme le suggère son texte. »[pertinence contestée]

Publications

Bishop Spong during CrossWalk America, 2006