L'Aurore
Image illustrative de l’article L'Aurore (journal français, 1897-1914)

Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité quotidien
Genre politique et culturel
Date de fondation
Date du dernier numéro
Ville d’édition Paris

ISSN 1255-9792[1]

L’Aurore est un ancien quotidien français créé par Ernest Vaughan, ancien rédacteur de L'Intransigeant, qui parut de 1897 à 1914. Il est célèbre pour avoir publié en J'accuse…! de Zola, véritable début de l'affaire Dreyfus. L'équipe de rédaction comportait notamment Arthur Ranc, Bernard Lazare et Georges Clemenceau.

Création et différents administrateurs

Ernest Vaughan, rédacteur de L'Intransigeant de Rochefort (un journal initialement radical puis devenu boulangiste et antisémite), quitte cette feuille en 1896 et fonde un journal républicain socialiste intitulé L’Aurore le . Son projet était de « créer un journal où toutes les opinions libérales, progressistes, humanitaires, si avancées qu'elles fussent, puissent être librement exposées »[2].

Dans un premier temps, la rédaction est effectuée essentiellement par Arthur Ranc, Bernard Lazare, Georges Clemenceau, Urbain Gohier et Francis de Pressensé (socialiste).

En 1898 le peintre Eugène Carrière réalise une affiche pour L'Aurore.

L'affaire Dreyfus

Une de L'Aurore du contenant la lettre « J'accuse…! » rédigée par Émile Zola.

Dès sa création en , après avoir refusé qu'un dreyfusard tel que Bernard Lazare pût y soutenir son combat[3], L'Aurore prit le parti de la révision du procès de Dreyfus sans s'engager toutefois sur la question de l'innocence. Début 1898, il devint à proprement parler dreyfusard et le principal porte-parole des partisans de l'innocence du capitaine et de la révision de son procès.

Outre le directeur, Vaughan, Arthur Ranc, Georges Clemenceau et Émile Zola jouèrent un rôle clef dans cette prise de position, appuyée par la Ligue des droits de l’homme créée pendant l'Affaire.

L'Aurore publie notamment les listes de protestation appelant à la révision du procès Dreyfus ou à soutenir la cause révisionniste et, le (no 87), J'accuse…! de Zola, dont le titre a été trouvé par Clemenceau, et qui marque le début de l'affaire. Ceci vaut un procès à Zola et à L'Aurore en , perdu.

« J'accuse…! » porta les tirages à plus de 300 000 exemplaires, alors que jusque-là, ils n’étaient que de l'ordre de 20 000 à 30 000[4]. Néanmoins les outrances antimilitaristes de Gohier le discréditèrent quelque peu et détournèrent certains dreyfusards du journal[5].

La lettre de Zola visait à entraîner des poursuites pour diffamation, c’est-à-dire devant la cour d’assises. Ainsi on pourra expliquer l’affaire devant une juridiction civile. C’est d’ailleurs ce qui se produisit, mais avec un succès relatif puisque cette dernière, sans doute sous la pression des arguments de l’armée, réitéra le même verdict.

Après la grâce présidentielle accordée à Dreyfus en , Gohier provoque la démission de Clemenceau de L'Aurore, à la suite de son article du dans lequel Gohier se vantait d'avoir à lui seul compris l'affaire Dreyfus et seul, dans les colonnes de L'Aurore, soutenu la démonstration du lien de l'affaire Dreyfus avec le complot clérical et militaire « sous les outrages de l'ennemi, sous la réprobation et les reproches des défenseurs de la personne de Dreyfus[6]. »

Emmanuel Macron s'est rendu sur la tombe d'Emile Zola en 2017, pour rendre hommage à son engagement.

Années 1900

Devenu célèbre pendant l'affaire, le journal connaît une période propice grâce à la qualité de sa rédaction et à des auteurs comme Émile Buré, François Albert, Alphonse Aulard, Georges Mandel, Gérard Bauer ou Paul Lévy. Sont également publiés dans L'Aurore à cette période des textes littéraires, notamment d'Octave Mirbeau ou Anatole France.

En 1903, Gohier quitte le journal tandis que Clemenceau y revient. Devenant rédacteur en chef en , il y reste jusqu’à son accession au pouvoir en 1906. Il fait de L’Aurore, non plus une page littéraire, mais un journal au service de ses idées politiques[réf. nécessaire]. Clemenceau y publie des articles anti-colonialistes, en particulier au sujet de la question marocaine qui allait déboucher, en 1905, sur la crise de Tanger (article du , du , du , etc.), mais il critique aussi l'antimilitarisme et l'internationalisme de Gustave Hervé (« Pour la patrie », ).

En 1904, la société qui le finançait fait faillite, il est néanmoins sauvé par Victor Simond.

De 1906 à 1908, Arthur Ranc devient le rédacteur politique du journal.

Disparition

Mais ensuite L’Aurore subit une vraie descente : il ne tire plus que 7 000 exemplaires en 1912 (présidence de Gohier).

L'Aurore disparut en 1914, de même que de nombreux journaux en province ou à Paris (La Gazette de France, etc.). En effet, en ce début de Première Guerre mondiale, on ne pensait pas que celle-ci serait longue et aucune solution n'avait été préparée au cas où elle se prolongerait. Ainsi, la mobilisation des hommes désertifia les ateliers d’imprimerie et les salles de rédaction, de même que la censure empêcha la parution de nombreux titres.

Autres événements parus dans L’Aurore