Le Havre
De haut en bas et de gauche à droite: La baie du Havre; l'hôtel-de-Ville; Le Havre reconstruit avec ses immeubles Perret et l'église St-Joseph; les immeubles Perret; intérieur du clocher de l'église St-Joseph; l'église St-Joseph; la cathérale Notre-Dame; le quai Georges-V; les cabines colorées de la plage ; le square St-Roch; panorama de la plage et du port.
Baie-du-Havre 14 07 2005.jpg
Le Havre, hôtel de ville.jpg LeHavre.jpg
Immeubles Perret Le Havre (180698403).jpeg Le Havre Eglise St-Joseph 16.jpg Le Havre Eglise St-Joseph 10.jpg
La cathétrale Notre-Dame.jpg Le Havre, Bassin, quai George V orienté Ouest.JPG
Cabines de plage, Le Havre.jpg Garden Saint-Roch in Le Havre (France), April 2012.JPG
Port and beach of Le Havre, 2015.jpg
Blason de Le Havre
Blason
Le Havre
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Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Seine-Maritime
(sous-préfecture)
Arrondissement Le Havre
(chef-lieu)
Intercommunalité Le Havre Seine Métropole
(siège)
Maire
Mandat
Édouard Philippe
2020-2026
Code postal 76600, 76610, 76620
Code commune 76351
Démographie
Gentilé Havrais
Population
municipale
170 147 hab. (2017 en diminution de 1,73 % par rapport à 2012)
Densité 3 624 hab./km2
Population
aire urbaine
290 684 hab. (2015)
Géographie
Coordonnées 49° 29′ 24″ nord, 0° 06′ 00″ est
Altitude Min. 0 m
Max. 105 m
Superficie 46,95 km2
Élections
Départementales Bureau centralisateur de 6 cantons
Législatives Deux circonscriptions : 7e et 8e
Localisation
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Liens
Site web lehavre.fr

Le Havre (/lə ˈɑvʁ/) est une commune française du Nord-Ouest de la France située dans le département de la Seine-Maritime en région Normandie[1],[2],[3], située sur la rive droite de l'estuaire de la Seine. Son port est le deuxième de France après celui de Marseille pour le trafic total et le premier port français pour les conteneurs.

Administrativement, la commune est, avec Dieppe, l'une des deux sous-préfectures du département de la Seine-Maritime. Elle est également chef-lieu de canton et siège d'un évêché. Avec 170 147 habitants au dernier recensement de 2017, Le Havre est la commune la plus peuplée de Normandie, repassant ainsi de la quartorzième place à la quinzième au niveau national et la deuxième sous-préfecture française derrière Reims. Elle occupe le site de l'estuaire de la Seine et se trouve au bord de la Manche, à la pointe sud-ouest du pays de Caux. Elle est reliée à la capitale, située à 200 km au sud-est, par la voie ferrée et l'autoroute.

La ville et le port sont officiellement fondés par le roi François Ier en 1517. Le développement économique à l'époque moderne est entravé par les guerres de religion, les conflits avec les Anglais, les épidémies et les tempêtes. C'est à partir de la fin du XVIIIe siècle que Le Havre s'agrandit et que le port prend son essor grâce à la traite négrière puis au commerce international. Après les bombardements de 1944, l'atelier d'Auguste Perret entreprend de reconstruire la cité en béton. L'industrie du pétrole, de la chimie et de l'automobile sont dynamiques pendant les Trente Glorieuses mais les années 1970 marquent la fin de l'âge d'or des paquebots et le début de la crise économique : la population diminue, le chômage augmente et reste à un niveau élevé encore aujourd'hui. Les changements des années 1990-2000 sont nombreux. La droite remporte les élections municipales ; la ville s'engage sur le chemin de la reconversion en cherchant à développer le secteur tertiaire et de nouvelles industries (aéronautique, éoliennes). Port 2000 accroît la capacité d'accueil des conteneurs pour concurrencer les ports du Nord de l'Europe, les quartiers sud se transforment, les paquebots font leur retour. En 2005, l'Unesco inscrit le centre-ville du Havre au patrimoine mondial de l'humanité. Le musée d'art moderne André-Malraux devient le deuxième de France pour le nombre de toiles impressionnistes.

Le Havre reste profondément marqué par sa tradition ouvrière et maritime. La ville est connue nationalement grâce à ses clubs sportifs d'envergure nationale (Le Havre Athletic Club en football, Saint-Thomas Basket et l'équipe féminine de handball du HAC).

Géographie

Localisation

La commune du Havre se situe au nord-ouest de la France, sur le littoral de la Manche et l'estuaire de la Seine. La ville se trouve au débouché de la vallée de la Seine qui la relie à la capitale grâce à un réseau de transport diversifié. À vol d'oiseau, Le Havre se trouve à 70 km à l'ouest de Rouen[4] et à 176 km à l'ouest de Paris[5].

Administrativement, Le Havre est une commune de la région Normandie qui se trouve dans l'ouest du département de la Seine-Maritime. L'unité urbaine du Havre correspond à peu près au territoire de la Communauté d'Agglomération Havraise (CODAH)[6] qui regroupe 17 communes et 250 000 habitants[7]. Elle occupe la pointe sud-ouest de la région naturelle du pays de Caux, dont elle est la plus grande ville. De nombreuses personnes des communes limitrophes de Sainte-Adresse, Octeville-sur-Mer, Fontaine-la-Mallet, Montivilliers, Harfleur et Gonfreville-l'Orcher viennent travailler quotidiennement au Havre. Le week-end, les Havrais fréquentent les stations balnéaires de la Côte d'Albâtre ou empruntent le pont de Normandie pour passer quelques heures à Honfleur dans le Calvados. Les Honfleurais et les Cauchois viennent faire leurs courses dans les centres commerciaux du Havre.[réf. souhaitée]


Communes limitrophes du Havre
Octeville-sur-Mer Fontaine-la-Mallet Montivilliers
Sainte-Adresse Havre Harfleur
Gonfreville-l'Orcher
Manche Honfleur (Calvados) Honfleur (Calvados)
Carte du Havre : au sud, l'estuaire de la Seine ; à l'ouest, la Manche.

Géologie et relief

Le Havre appartient à l'ensemble géologique du Bassin parisien, formé à l'ère secondaire. Ce dernier se compose de roches sédimentaires. La commune du Havre se compose de deux ensembles naturels séparés par une falaise morte ou « côte » : d'une part la ville basse, au sud, comprend le port, le centre-ville et les quartiers périphériques. Elle a été construite sur d'anciens marais et vasières qui ont été drainés à partir du XVIe siècle[8]. Le sol est constitué de plusieurs mètres d'alluvions déposées par la Seine[8]. Le centre-ville, reconstruit après la Seconde Guerre mondiale, repose sur environ un mètre de gravats aplanis[9],[10].

La ville haute au nord, fait partie du plateau cauchois : le quartier de Dollemard est sa partie la plus élevée (entre 90 et 115 mètres d'altitude). Le plateau est recouvert d’une couche d’argile à silex et d'un limon fertile[11]. Le sous-sol est constitué d'une grande épaisseur de craie, pouvant mesurer jusqu’à 200 mètres de profondeur[12]. En raison de sa pente, la côte est affectée par le risque d'éboulements[13].

Climat

En raison de sa situation sur le littoral de la Manche, le climat du Havre est tempéré océanique. Les jours sans le moindre vent sont rares. Ils apportent les influences maritimes toute l'année. D'après les relevés de la station météorologique du Cap de la Hève (1970-1999), la température descend en dessous de °C 14 jours par an, et elle s'élève au-dessus de 25 °C 17 jours par an. La durée moyenne de l'ensoleillement annuel est de 1 878 heures par an[14].

Les précipitations se répartissent tout au long de l’année, avec un maximum en automne et en hiver. Les mois de juin et juillet sont marqués par quelques orages[15]. L’un des traits caractéristiques de la région est la grande variabilité du temps, même au cours d’une journée[16]. Les vents dominants sont de secteur sud-ouest pour les vents forts, et nord - nord-est pour les vents faibles[17] ; les tempêtes se produisent en hiver, surtout en janvier[15]. Le record absolu de vitesse du vent pour l'agglomération havraise a été enregistré le au Cap de la Hève : 180 kilomètres par heure[18].

Les principaux risques naturels sont les inondations, les tempêtes et les raz-de-marée. La ville basse peut être soumise à des remontées de la nappe phréatique[19]. L'absence de cours d'eau dans les limites de la commune empêche les crues par débordement. La plage du Havre peut, rarement, connaître des inondations appelées aussi « submersions de tempêtes ». Elles sont provoquées par la combinaison de vents violents, de fortes vagues et d'un important coefficient de marée. Dans la perspective du réchauffement climatique et de l'élévation du niveau de la mer, ces phénomènes pourraient s'amplifier dans l'avenir.[réf. souhaitée]

Le Havre – Cap de la Hève - Période moyenne 1981-2010 sauf insolation 1961-1990
Mois J F M A M Jn Jt A S O N D Année
Températures maximales (en °C) 7,7 7,7 10,1 12,5 16,0 18,5 20,7 21,0 18,9 15,4 11,0 7,9 13,9 °C
Températures minimales (en °C) 3,4 3,3 5,3 6,9 10,0 12,7 14,9 15,3 13,4 10.5 6,9 4,0 8,9 °C
Précipitations (hauteur moyenne en mm) 63,5 44,7 41,5 44,8 52,6 55,6 55,1 54,8 57,3 77,0 76,9 73,3 695 mm
Nombre de jours avec précipitations (> 1 mm) 11,4 9,0 9,0 8,6 8,5 7,5 8,6 8,7 8,6 11,3 12,4 11,7 115 jrs
Nombre d'heures d'ensoleillement 63 88 136 179 215 224 238 218 168 124 74 61 1878 h
Source : Météo France
Le Havre – Cap de la Hève - Températures extrêmes de 1949 à 2017
Mois J F M A M J J A S O N D
Températures maximales records (en °C) 14,9 20,0 22,0 26,5 29,9 36,0 38,9 36,3 33,6 28,5 20,0 16,4
Années des températures maximales 1998 1960 2017 2018 2005 2019 2019 2003 1961 2011 2015 2000
Températures minimales records (en °C) -13,8 -12,5 -7,8 -1,0 1,2 4,4 3,1 8,4 3,3 -0,2 -4,8 -8,6
Années des températures minimales 1985 1991 1971 1986 1979 1962 2016 1966 1996 2003 1965 1962
Source : Météo France

Voies de communication et transports

Liaisons régionales, nationales et internationales

Depuis longtemps, Le Havre a exploité les atouts de sa situation littorale, mais a aussi souffert de son relatif enclavement. C'est pourquoi les décideurs locaux (et parmi eux la Chambre de Commerce et d'Industrie) ont amélioré l'accessibilité de l'agglomération et du port : l'autoroute A131 (E05) relie Le Havre à l'A13 (autoroute de Normandie) par le pont de Tancarville. Ainsi la ville se trouve à une heure de Rouen et une heure trente de l'Île-de-France[20]. Depuis 2005, l'autoroute A29 (E44, autoroute des estuaires) relie l'agglomération havraise au nord de la France et aboutit au Pont de Normandie, ce qui met Amiens (au nord-est) à deux heures de route et Caen (au sud-ouest) à une heure.[réf. souhaitée]

Le réseau de chemin de fer est lui aussi bien développé. Ainsi, les TER ont été modernisés avec la création de la ligne LER en 2001 et de relations directes avec Fécamp en 2005. Treize trains Corail de la ligne Paris - Le Havre desservent les gares de Bréauté-Beuzeville, Yvetot, Rouen, et la gare Saint-Lazare[20]. En outre, un TGV quotidien dessert Le Havre : il relie la ville à Marseille depuis décembre 2004 en desservant les gares de Rouen, Mantes-la-Jolie, Versailles, Massy, Lyon Part-Dieu, Avignon, Aix-en-Provence, et la gare Saint-Charles[20]. Vers 2020, une liaison TGV vers Paris pourrait voir le jour, dans le cadre du Grand Paris, et mettrait Le Havre à environ une heure quinze de la capitale avec un terminus dans une nouvelle gare à La Défense[21].

Le Havre, port d'escale.

Aucune liaison ferroviaire directe ne relie cependant Le Havre et Caen, pourtant de nombreux projets — connus sous le nom de « ligne du Sud-Ouest » — consistant à relier Le Havre à la rive gauche de la Seine en aval de Rouen, près de l'estuaire du fleuve, ont été étudiés dans la deuxième moitié du XIXe siècle et au début du XXe siècle, mais aucun n'a été réalisé par manque de volonté politique et à la suite de la forte opposition des autorités portuaires rouennaises.[réf. nécessaire] Par les transports en commun, il faut donc passer en train par Rouen ou utiliser l'autocar par la ligne no 20 (via notamment Deauville et Houlgate) ou no 39 (Express) des Bus verts. Les Autocars gris vers Étretat et Fécamp et, VTNI pour les destinations vers la vallée de la Seine et Rouen assurent la desserte inter-urbaine pour le compte du département de la Seine-Maritime. Enfin, la compagnie AirPlus assure des navettes vers les gares et les aéroports de Paris.

Le MSC Meraviglia quittant le port du Havre, juin 2017.

Pour le transport aérien, l'agglomération dispose de l'aéroport du Havre-Octeville. Situé à 5 km au nord-ouest du Havre sur la commune d'Octeville-sur-Mer, il est géré par la CODAH. En 2007, le nombre de passagers commerciaux, les mouvements d'avions commerciaux et non commerciaux, ont augmenté[22]. La principale destination est la plate-forme de correspondance de Lyon. De nombreuses destinations de vacances sont proposées chaque année (Tunisie, Baléares, Portugal, Grèce, Bulgarie, etc.) grâce aux agences de voyages locales qui affrètent les avions. À Octeville se trouve également l'aéroclub Jean Maridor. Un rapprochement avec l'aéroport de Deauville est à l'étude afin de créer une plateforme aéroportuaire régionale forte. Cet aéroport pourrait porter le nom de « Le Havre/Deauville ». Celui du Havre-Octeville serait plutôt axé vers le fret.[réf. souhaitée]

Les liaisons maritimes transmanche avec Portsmouth dans le Sud de l'Angleterre grâce à P&O Ferries se sont arrêtées le 30 septembre 2005 pour être reprises par LD Lines qui en a changé la configuration. Deux liaisons vers Portsmouth sont ainsi assurées quotidiennement. Mais en fin d'année 2014, en raison d'un manque de fréquentation de la clientèle française et de subventions insuffisantes, la ligne ferme. Le concurrent Brittany Ferries est désormais le seul à assurer les liaisons maritimes vers le Royaume-Uni[20]. La liaison vers l'Irlande a été déplacée au départ du port de Cherbourg.

Transports urbains

Transports en commun
Tram et bus.
Le nouveau tramway du Havre.

La ville et l'agglomération ont un réseau de transports assez dense. Ce dernier répond à une problématique de rupture entre la ville basse et la ville haute, les deux parties de la ville étant reliées par de longs boulevards, de petites routes sinueuses, de nombreux escaliers, un funiculaire et enfin le tunnel Jenner.

Le réseau de transports en commun de la CODAH est nommé « Lia »[23] ; il est exploité par la Compagnie des transports de la porte océane (CTPO), une filiale de Transdev. Le remaniement du réseau de bus en 2008 a permis d'assurer un meilleur service pour toutes les villes de l'agglomération. La CTPO exploite un réseau de bus constitué de 16 lignes urbaines régulières, 2 lignes de tramway et de deux lignes de bus nocturnes appelées « LiA de nuit », en correspondance avec 3 navettes de taxis de nuit desservant l'agglomération[23]. L'agglomération havraise est desservie par 165 véhicules et 41 lignes régulières de bus pour une moyenne de 100 000 voyageurs par jour[23]. À partir de janvier 2011, elle propose un service de navettes régulières spécifiques vers la Zone industrielle et portuaire du Havre, s'ajoutant ainsi au service TransEstuaire de VTNI[20]. Le funiculaire permet, depuis 1890, une liaison entre la ville haute à la ville basse en quatre minutes par le biais de cabines tractées[24].

Pendant plus de 75 ans, le Havre a disposé d'un réseau de tramways parmi les plus étendus et les plus modernes de France. Aujourd'hui, la communauté d'agglomération cherche à développer l'offre de transport urbain. La solution du tramway sur rails a été retenue. Elle est entrée en service le 12 décembre 2012 et compte 23 stations sur 13 kilomètres de longueur cumulée[25]. Une première ligne relie la plage à la gare, montant à la ville haute par un nouveau tunnel, proche du tunnel Jenner, pour se scinder en deux : une direction vers Mont-Gaillard, une autre vers Caucriauville. Une seconde ligne est à l'étude pour résoudre le problème de saturation de la ligne de bus 2 et pour une desserte des quartiers sud en plein développement.

Enfin, l'agglomération havraise dispose depuis 2001 de la LER, une ligne de TER reliant la gare du Havre à Rolleville en passant par cinq autres gares SNCF de l'agglomération.

Transports individuels

À partir de 2005, les travaux d'aménagement de pistes cyclables se sont multipliés, avec notamment un raccordement à la Voie Verte, promettant un réseau important et de qualité. Entre 2007 et 2011, la longueur totale des pistes cyclables a doublé pour atteindre les 46 kilomètres de longueur cumulée[26]. Il est possible de louer des vélos par l'intermédiaire des agences de bus Océane ou de la mairie (Vél-H)[24] qui consent également à des prêts. Afin de promouvoir l'usage de la bicyclette dans la ville, l'association La Roue Libre vend des vélos d'occasion[24]. Un collectif nommé LH-Vélorution[27] tente depuis début 2012 de sensibiliser le public à l'utilisation du vélo pour ses déplacements dans l'agglomération et de mettre en lumière et d'alerter la mairie sur certains manques (positionnement, signalisation) et de mauvaises implantations des équipements cyclables. Enfin, 140 taxis travaillent au Havre et desservent 25 stations[28].

Urbanisme

Ville basse

Ville reconstruite après 1945

Plan du Havre et de son centre-ville reconstruit après la Seconde Guerre mondiale.
L'architecture Perret, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO.

En grande partie détruit pendant la Seconde Guerre mondiale, le centre-ville a été reconstruit d'après les plans de l'atelier d'Auguste Perret entre 1945 et 1964. Seuls l'hôtel de ville et l'église Saint-Joseph (107 m de hauteur) ont été conçus personnellement par l'architecte Auguste Perret. Venant féliciter ce travail de reconstruction, l'UNESCO a inscrit le centre-ville du Havre le 15 juillet 2005 au patrimoine mondial de l'humanité[29]. Cet espace de 133 hectares est l'un des rares sites contemporains inscrits en Europe[29]. L'architecture du quartier se caractérise par l'usage du béton, du préfabriqué, l'utilisation systématique d'une trame modulaire de 6,24 mètres et des lignes droites[29],[30].

Une autre œuvre architecturale notable du centre-ville est celle de la Maison de la Culture du Havre, réalisée en 1982 par l'architecte brésilien Oscar Niemeyer et surnommée « le Volcan », en raison de la forme du bâtiment[31]. En 2012, ce lieu est en cours de réfection de l'espace extérieur et intérieur avec des modifications assez importantes approuvées par l'architecte notamment une plus grande ouverture vers l'extérieur de l'esplanade.

Les quartiers Notre-Dame et du Perrey sont essentiellement résidentiels. Le quartier des Halles est l'un des pôles commerciaux de la ville. Quant au quartier Saint-François, il a été également reconstruit après 1945 mais dans un style architectural radicalement différent : les immeubles sont en briques et possèdent un toit à double pente en ardoise. C'est le quartier des restaurants et du marché aux poissons.

Quartiers du centre ancien

À l'est et au nord du centre-ville reconstruit s'étendent des quartiers anciens (quartiers de Danton, Saint-Vincent, Graville, Massillon, etc.) épargnés par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. L'habitat, généralement en briques, date du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle. Rue Durécu, une dizaine de maisons dont l'entrée se trouvent en contrebas de la chaussée marquent l'ancien niveau des constructions avant les bombardements de 1944. Cette dénivellation témoigne de l'épaisseur des gravats provenant des immeubles détruits dans ce quartier. En cheminant rue Jean-Baptiste-Eyries, le numéro 75 était la demeure d'un médecin de marine identifiable par les feuilles de laurier et l'ancre de marine sculptées dans la pierre portant le numéro. Au bas de la porte d'entrée se trouve une petite niche cerclée de métal et comportant une barre horizontale. Il s'agit d'un décrottoir servant à nettoyer les chaussures avant d'entrer dans l'immeuble. Le signe distinctif des maisons de notables.

Les commerces se concentrent le long de quelques grandes rues et au niveau du quartier du Rond-Point. Au cours des années 1990 et 2000, ces quartiers ont fait l'objet d'une importante requalification, notamment dans le cadre d'une OPAH : amélioration de l'habitat par réhabilitation ou reconstruction, création d’équipements publics et redynamisation des commerces[32].

À la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle, le quartier des gares a connu d'importantes transformations. En effet, l'endroit constitue la porte d'entrée de la ville avec les principales avenues qui s'y croisent et la présence de la gare ferroviaire. De nouveaux bâtiments sont sortis de terre (université du Havre, conservatoire, sièges sociaux de la SPB (Société de Prévoyance Bancaire) et de la CGM, Novotel, Matmut, nouvelle CCI) dont certains ont été dessinés par des architectes de renom. La gare routière, certifiée NF depuis 2005, a été réaménagée. Au nord de la gare, un autre projet immobilier en lieu et place du vétuste ilôt Turgot-Magellan vit le jour en 2013[33], comprenant 12 500 m2 de bureaux et un hôtel de huit étages, complété par des commerces en rez-de-chaussée.

Les quartiers Sud

Zone commerciale des Docks Vauban, 2009, côté sud.

Les quartiers sud du Havre ont été marqués par les activités industrielles et portuaires. On y trouve des ensembles en brique du XIXe siècle, des grands ensembles (Chicago, Les Neiges), des cités ouvrières, des PME, des entrepôts, des bassins et des installations portuaires, ou encore des infrastructures de transport.

Les quartiers Sud connaissent depuis quelques années une mutation profonde, grâce aux aides européennes. Il s'agit de redynamiser des endroits délaissés par les activités industrielles et portuaires en développant les activités tertiaires. Ainsi, les docks ont été complètement transformés en salle de sport et de spectacles (Dock Océane), en centre commercial (Docks Vauban) et en parc des expositions (Docks Café). Les Bains des Docks ont été dessinés par l'architecte Jean Nouvel. Fin 2012, les étudiants de Sciences-Po Europe Asie et de l'INSA intégreront de nouveaux bâtiments situés à côté de l'ISEL (Institut supérieur d’études logistiques) et de la future ENSM (École nationale supérieure maritime)[34]. Le nouveau pôle médical autour de la nouvelle clinique des Ormeaux a été construit dans ces quartiers où de nombreux logements sont également programmés, avec pour objectif de favoriser la mixité sociale.

En 2011, la ville du Havre lance le projet "Odyssey 21". La Cité de la Mer et du Développement Durable devait s'organiser autour d'une tour métallique de 120 mètres de haut conçue par Jean Nouvel : le projet a été suspendu en 2007, mais les travaux devaient finalement commencer en 2013[35]. La municipalité comptait y attirer quelque 300 000 visiteurs par an[36]. En 2013, le nouveau maire du Havre, Edouard Philippe, décide d'abandonner le projet, mettant en cause la dérive du coût de construction.

Ville haute

La ville haute est composée de trois parties : la « côte », les quartiers pavillonnaires du plateau et les grands ensembles périphériques.

Les quartiers situés sur la « côte » (la falaise morte) sont résidentiels, plutôt aisés dans la partie ouest (Les Ormeaux, rue Félix-Faure) et plutôt modestes à l'est (Sainte-Cécile, Aplemont). Le tunnel Jenner passe sous la côte et permet de relier la ville haute et la ville basse. C'est aussi sur la côte que l'on trouve les deux forts de la ville (forts de Sainte-Adresse et de Tourneville) et le principal cimetière (cimetière Sainte-Marie). Avec la disparition des fonctions militaires de la ville, les forts sont progressivement reconvertis : le fort de Sainte-Adresse abrite les Jardins suspendus, le fort de Tourneville accueille les archives municipales, plusieurs associations culturelles ou de mémoire et depuis 2013 le projet Tetris, un pôle de musiques actuelles doté de salles de concerts et des studios de répétition[37].

Au nord de la « côte » se sont développés, durant la première moitié du XIXe siècle, des quartiers pavillonnaires tels que Rouelles, Sainte-Cécile, la Mare-au-Clerc, Sanvic, Bléville et Dollemard[38]. Dans leur prolongement Nord-Ouest, entre Bléville et l’aéroport d’Octeville, un nouveau secteur est actuellement en cours de construction : « Les Hauts de Bléville ». Cet éco-quartier, composé d'habitations aux normes HQE, d'une ZAC et d'une école, devrait compter 1 000 logements au total[39].

Les quartiers périphériques de la commune se sont développés dans l'après-guerre. Ce sont des grands ensembles de Caucriauville, du Bois de Bléville, du Mont-Gaillard et de la Mare-rouge où se concentre une population défavorisée. En octobre 2004, l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) a signé avec la municipalité du Havre la première convention afin de financer la réhabilitation de ces quartiers. Cette convention finance plus de 340 millions d'euros pour les grands ensembles des quartiers nord, où résident environ 41 000 habitants. Cette enveloppe prolonge le budget du Grand Projet de Ville (GPV). Elle permet de démolir puis de reconstruire plus de 1 700 logements.[réf. nécessaire]

Toponymie

Le nom de la ville est attesté en 1489, avant même sa fondation par François Ier, sous la forme le Hable de Grace, puis ville de Grace en 1516, deux ans avant sa fondation officielle[40]. L'appellation savante et transitoire de Franciscopolis en hommage à ce même roi, rencontrée dans certains documents, puis celle du Havre-Marat, en référence à Jean-Paul Marat au moment de la Révolution française, ne se sont pas imposées. Cependant, cette dernière explique pourquoi le déterminant complémentaire -de-Grâce n'a pas été rétabli[40]. Ce qualificatif se référait sans doute à la chapelle Notre-Dame, située à l'emplacement de la cathédrale du même nom. On remarque qu'elle faisait face à la chapelle Notre-Dame de Grâce de Honfleur de l'autre côté de l'estuaire[40].

La ville de Havre de Grace, dans le Maryland, doit son nom à son homonyme française.

Le nom commun havre, synonyme de port, sorti de l'usage à la fin du XVIIIe ou au XIXe siècle, est conservé dans l'expression havre de paix. Il est généralement considéré comme un emprunt au moyen néerlandais au XIIe siècle[41]. Son origine germanique explique l'« aspiration » du h initial. Cependant, de nouvelles recherches mettent l'accent sur le fait que le terme qui est attesté très tôt (dès le début du XIIe siècle) et dans des textes normands sous les formes hable, hafne, havene, havne et haule, rend peu probable une origine néerlandaise[42]. Par contre, une étymologie scandinave est pertinente étant donné l'ancien appellatif norrois höfn (génitif hafnar, vieux danois hafn), désignant un « port de mer naturel, havre » et l'évolution phonétique du terme étrave d'origine scandinave assurée, attesté lui aussi sous des formes analogues comme estable et qui remonte probablement à l'ancien scandinave stafn. Ce mot de vieux norrois se perpétue dans les langues nordiques modernes : islandais höfn, féroïen havn et norvégien / danois havn[43].

Histoire

Fondée le 8 octobre 1517 par François Ier, la ville du Havre est une création relativement récente. Elle connait un fort essor démographique grâce au dynamisme de son port aux XVIIIe et XIXe siècles. Les bombardements de 1944 marquent une césure importante dans l'histoire de la ville et dans l'esprit de ses habitants. Aujourd'hui, les projets urbains et portuaires se multiplient pour faire face aux défis économiques et sociaux du XXIe siècle.

Avant François Ier

De nos jours, l'abbaye de Graville est le plus ancien bâtiment du Havre.
Embouchure de la Seine avant la fondation du Havre, vers le XIVe siècle (P.-F. Frissard, 1837, Archive municipales de la ville du Havre).

La présence humaine sur le territoire havrais remonte à la Préhistoire, vers 400 000 av. J.-C.[44]. Plusieurs vestiges datant du Néolithique ont été exhumés en ville basse et dans la forêt de Montgeon[45] : c'est à cette époque que la population augmente et se sédentarise dans les premiers hameaux[44]. Au cours de l'âge du fer, le peuple celte des Calètes s'installe dans la région. Dès l'Antiquité, le trafic fluvial sur la Seine fait vivre les cités gallo-romaines de l'estuaire. Une voie romaine relie sans doute Lillebonne (Juliobona) à l'embouchure de la Seine et passe par le territoire actuel de la commune du Havre.[réf. nécessaire]

Les premières mentions de l'abbaye de Graville remontent au IXe siècle[46], celles de Sanvic sur le plateau, du village de Leure et de son port de commerce apparaissent au XIe siècle[8]. Ce dernier sert d'abri aux navires qui attendaient la marée permettant d'entrer dans le port d'Harfleur situé en amont. C'est à cette époque que Guillaume Malet, compagnon de Guillaume le Conquérant se fait construire un château à Graville et une motte féodale à Aplemont[46]. Plusieurs hameaux de pêcheurs et d'agriculteurs, les premières paroisses, se créent au Moyen Âge classique. Pendant la guerre de Cent Ans, les ports fortifiés de Leurre et d'Harfleur subissent des destructions. Au début du XVIe siècle, la croissance des échanges commerciaux, l'ensablement du port d'Harfleur et la crainte d'un débarquement anglais poussent le roi François Ier à fonder le port du Havre et la ville[47].

La fondation du Havre

Le roi François Ier, fondateur du port du Havre.
Plan de la ville en 1530 (P.-F. Frissard, 1837, Archive municipales de la ville du Havre).

Le 8 octobre 1517, François Ier signe la charte de fondation du port dont les plans sont confiés d'abord au vice-amiral Guyon le Roy. La Tour François Ier, dite la « grosse tour », en défend l'entrée. Malgré les difficultés liées au terrain marécageux et aux tempêtes, le port du Havre accueille ses premiers navires en octobre 1518. Le roi se déplace lui-même en 1520, rend perpétuels les privilèges des Havrais et leur donne ses propres armoiries constituées d'une salamandre[48]. La fonction militaire est aussi encouragée : Le Havre est un des points de rassemblement de la flotte française pendant les guerres. Des navires partent également pêcher la morue à Terre-Neuve.

Le Nouveau Monde attire les aventuriers et quelques-uns partent du Havre, comme Villegagnon qui fonde une colonie au Brésil (Fort-Coligny) en 1555. Aujourd'hui encore, une place des cannibales rappelle ces liens anciens avec l'Amérique. À la fin du XVIe siècle, la contrebande prend son essor et Le Havre voit arriver des produits américains comme des cuirs, du sucre et du tabac. Un des principaux acteurs de ce trafic interlope est un explorateur et cartographe, Guillaume Le Testu (1509-1573) : un quai au Havre porte toujours son nom.

En 1525, une tempête provoque la mort d'une centaine de personnes, la destruction de 28 bateaux de pêche et de la chapelle Notre-Dame[48]. En 1536, cette dernière est reconstruite en bois avec des piliers en pierres sous la direction de Guillaume de Marceilles. Une tour gothique coiffée d'une grande flèche octogonale est ajoutée en 1540. La même année François Ier confie le projet d'urbanisme et de fortification à l'architecte italien Girolamo Bellarmato[48]. Celui-ci a les pleins pouvoirs et organise le quartier Saint-François selon des normes précises (plan orthogonal, limitation de la hauteur des maisons, etc.). La première école et la halle aux grains sont érigées. Les années 1550 voient la création de plusieurs institutions municipales : l'hôtel de ville, l'amirauté, l'hôpital, le siège de la vicomté et du bailliage[48].

Les guerres de religion

La Réforme connaît un relatif succès en Normandie. Dès 1557, Jean Venable, libraire colporteur de Dieppe, diffuse en pays de Caux et en Basse-Normandie les écrits de Martin Luther et de Jean Calvin. Un premier temple protestant est construit au Havre en 1600 dans le quartier de Sanvic, à l'emplacement du 85, rue Romain-Rolland[48]. Il est détruit en 1685, à la révocation de l'édit de Nantes par Louis XIV. Il faut attendre 1787 et l'Édit de tolérance du roi Louis XVI, pour que les protestants havrais ouvrent à nouveau un lieu de culte dans le quartier Saint-François[49].

Le Havre est touchée par les Guerres de religion : le 8 mai 1562, les réformés prennent la ville, pillent les églises et expulsent les catholiques[48]. Redoutant une contre-attaque des armées royales, ils se tournent vers les Anglais qui leur envoient des troupes. Les occupants construisent des fortifications en vertu du traité d'Hampton Court. Les troupes de Charles IX, commandées par le connétable de Montmorency, attaquent Le Havre et les Anglais sont finalement chassés le 29 juillet 1563[48]. Le fort bâti par les Anglais est détruit et la tour de Notre-Dame est abaissée sur les ordres du roi de France. Celui-ci ordonne la construction d'une nouvelle citadelle qui est achevée en 1574. De nouvelles fortifications sont mises en place entre 1594 et 1610[48]. En 1581 débute l'aménagement d'un canal entre Harfleur et l'estuaire de la Seine.

Les XVIIe et XVIIIe siècles

La façade de la maison de l'Armateur (XVIIIe siècle).

La fonction de défense du Havre est réaffirmée et la modernisation du port débute au XVIe siècle, sur ordre du cardinal de Richelieu, gouverneur de la ville : l'arsenal et le bassin du Roy sont aménagés, les remparts sont renforcés et une forteresse est construite[50]. C'est dans cette dernière que Mazarin fait emprisonner les princes frondeurs, Longueville, Conti et Condé. Au début du règne de Louis XIV, Colbert décide de rénover les infrastructures portuaires et militaires : les travaux durent 14 ans[50]. En 1669, le ministre inaugure le canal du Havre à Harfleur, appelé aussi « canal Vauban ».

Le Havre affirme sa vocation maritime et internationale au cours du XVIIe siècle : la Compagnie de l'Orient s'y installe dès 1643[50]. On importe d'Amérique des produits exotiques (sucre, coton, tabac, café et diverses épices). La traite des Noirs enrichit les négociants locaux, surtout au XVIIIe siècle. Avec 399 expéditions négrières aux XVIIe et XVIIIe siècles, Le Havre figure au troisième rang des ports français ayant pratiqué la traite atlantique, derrière Nantes et La Rochelle[51]. Cependant, le commerce maritime est soumis aux relations internationales et au contexte européen : les guerres de Louis XIV et de Louis XV interrompent momentanément l'essor du Havre. Les Anglo-Hollandais bombardent la ville à plusieurs reprises, notamment en 1694 et en 1696[52],[50].

En 1707, le capitaine havrais Michel Dubocage explore l'océan Pacifique à bord de la Découverte et atteint l'île de Clipperton. À son retour au Havre, fortune faite, il monte une maison de négoce et achète un hôtel particulier au cœur du quartier Saint-François ainsi que la seigneurie de Bléville. Un autre capitaine havrais Jean-Baptiste d'Après de Mannevillette (1707-1780) travaille pour la Compagnie des Indes et cartographie les côtes de l'Inde et de la Chine. À partir du milieu du XVIIIe siècle, les riches négociants se font construire des résidences sur la côte[53]. En 1749, Madame de Pompadour veut voir la mer : Louis XV choisit Le Havre pour satisfaire le désir de sa maîtresse. C'est une visite ruineuse pour les finances de la ville. L'essor économique du Havre se traduit par un accroissement de sa population (18 000 habitants en 1787[53]) mais aussi par des transformations dans le port et la ville : installation d'une manufacture de tabac dans le quartier Saint-François, expansion des chantiers navals, nouvel arsenal, bourse de commerce, création et ouverture, en 1773, de l'École royale de la Marine[54]. Après le terrible incendie des 4 et 5 janvier 1786 Louis XVI approuve, lors de sa visite en juin suivant, le projet d'extension de la ville et c'est François Laurent Lamandé qu'il choisit pour se charger de multiplier par quatre la surface de la ville[55].

La période révolutionnaire (1789-1815)

Le Museum d'histoire naturelle du Havre était autrefois un palais de justice. Il date du XVIIIe siècle.

Entre 1789 et 1793, le port du Havre est le deuxième en France, après celui de Nantes. Le commerce triangulaire se poursuit jusqu'à la guerre et l'abolition de la traite. Le port reste toujours un enjeu stratégique à cause du commerce des céréales (ravitaillement de Paris) et de sa proximité avec l'ennemi britannique.

Les événements nationaux de la Révolution française trouvent un écho au Havre : les délégués pour les Cahiers de Doléances sont élus en mars 1789[56]. Des émeutes populaires surviennent en juillet, la garde nationale est formée quelque temps plus tard. L'élection d'un maire a lieu en 1790, année de célébration de la Fête de la Fédération. L'année 1793 est difficile pour la France comme pour Le Havre à cause de la guerre, des insurrections fédéralistes et du marasme économique. La Terreur religieuse transforme la cathédrale Notre-Dame en temple de la Raison. La ville acquiert le statut de sous-préfecture par la réforme administrative de l'an VIII[57]. Sous l'Empire, Napoléon Ier vient au Havre et ordonne la construction de forts[58]. Une chambre de commerce est fondée en 1800 mais, à cause de la guerre contre la Grande-Bretagne et du blocus continental, l'activité du port se réduit et celle des corsaires s'accroît. La population du Havre diminue jusqu'à compter 16 231 habitants en 1815[56].

La prospérité du XIXe siècle

L'hôtel de ville en 1897.
Le quai de Southampton dans les années 1920.
La Villa Maritime, boulevard Albert -1er.
Vue de la rue de Paris en 1910.

L'arrêt des guerres révolutionnaires et napoléoniennes permet au commerce de reprendre normalement à mesure que s'éloigne la menace britannique. Le contexte de paix retrouvée et d'essor économique entraîne un afflux important de population. Les Havrais sont vite à l'étroit dans les murailles et de nouveaux quartiers apparaissent. Mais beaucoup d'indigents s'entassent dans le quartier insalubre de Saint-François. Les épidémies de choléra, de typhoïde et de « fièvres » font plusieurs centaines de morts dans les années 1830-1850. L'alcoolisme et la mortalité infantile font des ravages dans les classes les plus pauvres. Tout au long du XIXe siècle, l'aspect cosmopolite de la cité portuaire ne fait que se renforcer : dans les temps de prospérité maritime, la main-d'œuvre du pays de Caux est poussée vers Le Havre à cause de la crise du tissage. L'implantation d'une large communauté bretonne (10 % de la population havraise à la fin du XIXe siècle) modifie la vie culturelle du Havre. La réussite économique de la ville attire des entrepreneurs anglo-saxons, nordiques et alsaciens[59].

La ville et son port se transforment grâce à de grands travaux d'aménagement, en partie financés par l'État, qui s'étalent tout au long du XIXe siècle, parfois interrompus par les crises politiques ou économiques. Ainsi plusieurs projets sont menés à bien comme la construction d'une nouvelle bourse et du bassin du commerce dès la première moitié du siècle. Le Havre devient le pilier européen de l'Histoire de la caféiculture, grâce à l'arrivée de familles de protestants allemands qui avaient capté le négoce du café pendant la Révolution haïtienne. L'installation progressive de l'éclairage au gaz à partir de 1835[60], de l'enlèvement des ordures (1844) et des égouts dénote un souci de modernisation urbaine. Au milieu du siècle, les vieux remparts sont rasés et les communes limitrophes sont annexées : par conséquent, la population de la ville du Havre augmente brusquement. La période 1850-1914 constitue l'âge d'or du Havre ; en effet, hormis quelques années de dépression (guerre de Sécession[61], guerre franco-prussienne), le commerce explose et la ville s'embellit de constructions édilitaires (grands boulevards, hôtel de ville, palais de justice, nouvelle bourse).

Les effets de la révolution industrielle sont de plus en plus visibles au Havre : la première drague à vapeur est utilisée en 1831. Les chantiers de construction navale se développent avec Augustin Normand[60]. Frédéric Sauvage met au point ses premières hélices au Havre en 1833. Le chemin de fer arrive en 1848[62] et permet de désenclaver Le Havre. Les docks sont construits à la même époque, de même que des magasins généraux. Le secteur industriel reste cependant minoritaire au XIXe siècle : les usines sont en relation avec le trafic portuaire (chantiers navals, raffineries de sucre, fabriques de cordes, etc.). Le secteur bancaire se développe, même s'il demeure largement tributaire de l'extérieur. La ville compte peu de professions libérales et de fonctionnaires. Le nombre d'écoles reste insuffisant jusque dans les années 1870.[réf. nécessaire]. À partir de 1868, la ville accueille des spectacles taurins dans les arènes du Havre.

Les voyages transatlantiques en paquebot se développent dès les années 1830[60].

À la veille de la Première Guerre mondiale, Le Havre est le premier port européen pour le café[63] ; il importe quelque 250 000 tonnes de coton et 100 000 tonnes de pétrole. Le cabotage européen apporte du bois, de la houille et du blé d'Europe du Nord, du vin et de l'huile de Méditerranée. Le Havre reste une porte d'entrée pour les marchandises américaines mais aussi un point de passage pour les candidats à l'émigration vers les États-Unis.

L'hôtel et les bains Frascati en 1901.

Sous la Monarchie de Juillet, Le Havre devient une station balnéaire fréquentée par les Parisiens. La création des bains maritimes remonte à cette époque. C'est en 1889 que le boulevard maritime est construit, dominé par la villa maritime[60]. Le casino Marie-Christine (1910) et le palais des Régates (1906) rassemblent la bourgeoisie, alors que les premières cabanes sont installées sur la plage[60]. La fin du XIXe siècle et la Belle Époque annoncent cependant des tensions sociales exacerbées par l'inflation et le chômage. À partir de 1886, l'agitation ouvrière, que soutiennent les socialistes de plus en plus influents, secoue la ville. L'affaire Jules Durand est symptomatique de ce contexte[64].

Le temps des guerres (1914-1945)

Le bilan humain de la Première Guerre mondiale est lourd pour la cité : environ 7 500 morts havrais, soldats et marins. La ville est épargnée par les destructions massives car le front se situe beaucoup plus au nord. Plusieurs navires sont néanmoins torpillés par les sous-marins allemands dans la rade. La fabrication des obus et des canons mobilise 35 000 personnes dans les usines de guerre comme Schneider (12 000 ouvriers dont 6 500 femmes) et dans les nouveaux ateliers installés au sein des entreprises de métallurgie (Caillard) ou de construction navale (Augustin-Normand[65]). Un des faits notables de la guerre est l'installation du gouvernement belge à Sainte-Adresse, dans la banlieue du Havre, celui-ci ayant été contraint de fuir l'occupation allemande[66]. La ville sert de base arrière pour l'Entente, notamment pour les navires de guerre britanniques : 1,9 million de soldats britanniques passent par le port du Havre[67].

Le paquebot Normandie à la gare maritime du Havre.

L'entre-deux-guerres est marqué par l'arrêt de la croissance démographique, l'agitation sociale et la crise économique. Au sortir du conflit ; l'inflation ruine de nombreux rentiers. La ville est devenue largement ouvrière. Les pénuries et la vie chère provoquent la grande grève de 1922 au cours de laquelle l'état de siège est proclamé. Le Port reste cependant un pôle d'activité important. Dans un souci de reconnaissance du café colonial français, Le Havre crée en 1937 le premier marché à terme du monde sur le robusta[68].

En 1936, l'usine Bréguet du Havre est occupée par les grévistes[67] : c'est le début du mouvement ouvrier sous le Front Populaire. Sur le plan économique, la forte croissance de la deuxième moitié du XIXe siècle semble révolue. Les ports du nord de l'Europe concurrencent sérieusement Le Havre et les grands travaux d'aménagement portuaire sont ralentis. Cependant, les importations de pétrole continuent d'augmenter et des raffineries voient le jour à l'est du Havre. La crise mondiale de 1929 et les mesures protectionnistes entravent le développement du commerce. Seul le secteur du voyage se porte relativement bien, avec 500 000 voyageurs transportés en 1930. Le paquebot Le Normandie rallie New York en 1935[67].

L'un des blockhaus du mur de l'Atlantique.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands occupent Le Havre à partir du printemps 1940, provoquant l'exode d'une partie de sa population[69]. Ils implantent une base navale dans le cadre de la préparation de l'invasion du Royaume-Uni (opération Seelöwe) et aménagent la Festung Le Havre[70], ligne de casemates, blockhaus et batteries d'artillerie intégrée au mur de l'Atlantique[71]. Pour les Havrais, la vie quotidienne est difficile à cause des pénuries, de la censure, des bombardements et de la politique antisémite : ainsi, le maire Léon Meyer est contraint de quitter son poste à cause de ses origines juives. La résistance havraise se constitue autour de plusieurs noyaux comme le groupe du lycée du Havre ou encore celui du Vagabond Bien-Aimé. Ces groupes participent au renseignement des Britanniques et à des actions de sabotage en vue du débarquement du 6 juin.[réf. nécessaire]

Juin 1944 : premier bombardement du Havre par l'aviation britannique

Le Havre est sous les bombes dès le 12 juin et dans la nuit du 14 au 15 juin 1944. Opération dirigée par le lieutenant-général John Crocker, commandant du 1er corps d'armée britannique.

Septembre 1944 : destruction du Havre par l'aviation britannique, voir (

Le Havre hiver 1944-1945.

Le Havre subit 132 bombardements planifiés par les Alliés au cours de la guerre. En 1942, le quartier de la gare est détruit[72]. Plus tard, à la Libération, les nazis détruisent également les infrastructures portuaires et coulent des navires avant de quitter la ville.

Mais les destructions les plus importantes surviennent les 5 et 6 septembre 1944 lorsque les avions anglais[73] bombardent le centre-ville et le port pour affaiblir l'occupant dans le cadre de l'opération Astonia. En sept jours, les bombardiers de la Royal Air Force ont opéré sur Le Havre un peu plus de 2 000 sorties et ont déversé quelque 10 000 tonnes de bombes[74].

Le bilan des bombardements est lourd : 5 000 morts (dont 1 770 en 1944[75],[73]), 75 000[73] à 80 000 sinistrés, 150 hectares rasés, 12 500 immeubles détruits[67] (dont le musée[76]). Le port est également dévasté et quelque 350 épaves gisent au fond de l'eau[73]. Le Havre est libérée par les troupes alliées le 12 septembre 1944.

L'enjeu stratégique de cette destruction n'est pas clair : le port était déjà inutilisable, et la garnison allemande de 12 00 hommes était située sur les hauteurs, tandis que l'état-major était logé loin du centre-ville[77].

Le Havre après 1945

Le général de Gaulle fait une visite au Havre le 7 octobre 1944[78]. La ville reçoit la Légion d'honneur le 18 juillet 1949 pour « l'héroïsme avec lequel elle a supporté ses destructions »[78],[79],[80].

Au printemps 1945, le ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme confie le projet de reconstruction du centre-ville du Havre à l'atelier Perret. Il souhaite faire table rase des anciennes structures et appliquer les théories du classicisme structurel. Le matériau retenu pour l'édification des bâtiments est le béton et le plan général est une trame orthogonale. Officiellement, la reconstruction s'achève au milieu des années 1960[81],[67]. Le musée d'art moderne et la première maison de la culture du pays sont inaugurées en 1961 par André Malraux[67]. La commune s'agrandit par annexions successives de Bléville en 1953, Sanvic en 1955[82] puis Rouelles en deux temps (1963; 1973)[83]. À partir des années 1970, les difficultés économiques sont dues à la désindustrialisation marquée par la fermeture des ACH en 1999 par exemple et aux transformations du commerce portuaire (1974 voit aussi se terminer le service de ligne pour New York du paquebot France). La crise pétrolière participe au marasme industriel. Depuis, la ville s'est engagée dans un processus de reconversion essentiellement tournée vers le secteur tertiaire : ouverture de l'université dans les années 1980, développement du tourisme, modernisation du port (Port 2000).[réf. nécessaire]

Politique et administration

La sous-préfecture.

Rattachements administratifs et électoraux

La ville est le chef-lieu de l'arrondissement du Havre, l'un des deux du département de la Seine-Maritime.

Pour l'élection des députés, Le Havre s'étend depuis 2012 sur deux circonscriptions : la septième (territoire des anciens cantons I, V, VI et VII) et la huitième circonscription de la Seine-Maritime (territoire des anciens cantons II, III, IV, VIII, IX)[84].

La ville était le chef-lieu de neuf cantons. Dans le cadre du redécoupage cantonal de 2014 en France, la ville est désormais le bureau centralisateur de six cantons, répartis comme suit[85] :

[86] Nom du Canton Bureau centralisateur Population 2012[87] Écart /moyenne Nombre de communes entières Communes composant le canton
14 Le Havre-1 Le Havre 37 768 fraction Le Havre Partie de la commune du Havre située au nord et à l'ouest d'une ligne définie par l'axe des voies et limites suivantes : depuis la limite territoriale de la commune de Sainte-Adresse, rue de la Sous-Bretonne, rue Estienne-d'Orves, rue Irène-Joliot-Curie, rue des Martyrs, rue Florimond-Laurent, rue de Saint-Quentin, rue Coypel, rue Bernard-Palissy, rue de Châteaudun, rue de Saint-Quentin, rue de Belfort, rue de l'Artois, rue Daguerre, rue Paul-Louis-Courier, rue Charles-Floquet, rue Edmond-Meyer, rue Darwin, rue de Douaumont, rue Pierre-Curie, rue Edmond-Meyer, rue Louis-Blanc, rue Jenner, tunnel Jenner, place Jenner, avenue René-Dehayes, lisière est de la forêt de Montgeon, jusqu'à la limite territoriale de la commune de Fontaine-la-Mallet.
15 Le Havre-2 Le Havre 35 420 2 + fraction Le Havre 1° Les communes suivantes : Harfleur, Montivilliers.
2° La partie de la commune du Havre située au nord et à l'est d'une ligne définie par l'axe des voies et limites suivantes : depuis la limite territoriale de la commune de Fontaine-la-Mallet, lisière est de la forêt de Montgeon, allée des Cigales, rue William-Cargill, rue Socrate, chemin de la rue Socrate à la rue William-Cargill, rue Jean-Bouise sud, allée Étienne-Peau, ligne droite jusqu'à la rue Adèle-Robert, rue Adèle-Robert, rue Socrate, place des Martyrs, rue Flandres-Dunkerque, rue des Londes, avenue du 8-Mai-1945, rue Fourier, rue Édouard-Vaillant, avenue Pierre-Courtade, rue Virgil-Grissom, rue du Docteur-Vannier, chemin de Caucriauville, jusqu'à la limite territoriale de la commune d'Harfleur.
16 Le Havre-3 Le Havre 37 580 3 + fraction Le Havre 1° Les communes suivantes : Gainneville, Gonfreville-l'Orcher, Rogerville.
2° La partie de la commune du Havre située au sud d'une ligne définie par l'axe des voies et limites suivantes : depuis la limite territoriale de la commune de Gonfreville-l'Orcher, route nationale 282, boulevard de Leningrad, boulevard de Graville, rue Aristide-Briand, cours de la République, cours du Commandant-Fratacci, quai Colbert, rue André-Carrette, quai Casimir-Delavigne, quai de l'Île, quai de Southampton, chaussée John-Kennedy, boulevard Clemenceau, ligne droite dans le prolongement de l'avenue Foch, jusqu'au littoral.
17 Le Havre-4 Le Havre 37 107 fraction Le Havre partie de la commune du Havre située à l'est d'une ligne définie par l'axe des voies et limites suivantes : depuis la limite territoriale de la commune de Gonfreville-l'Orcher, route nationale 282, boulevard de Leningrad, boulevard de Graville, rue Aristide-Briand, cours de la République, tunnel Jenner, rue de Tourneville, rue Pasteur, rue du Général-Rouelle, rue des Acacias, rue Jenner, tunnel Jenner, place Jenner, avenue René-Dehayes, lisière est de la forêt de Montgeon, allée des Cigales, rue Socrate, chemin de la rue Socrate à la rue William-Cargill, rue William-Cargill, rue Jean-Bouise sud, allée Étienne-Peau, ligne droite jusqu'à la rue Adèle-Robert, rue Adèle-Robert, rue Socrate, place des Martyrs, rue Flandres-Dunkerque, rue des Londes, avenue du 8-Mai-1945, rue Fourier, rue Edouard-Vaillant, avenue Pierre-Courtade, rue Virgil-Grissom, rue du Docteur-Vannier, chemin de Caucriauville, jusqu'à la limite territoriale de la commune d'Harfleur.
18 Le Havre-5 Le Havre 32 874 fraction Le Havre partie de la commune du Havre située à l'intérieur du périmètre définie par l'axe des voies et limites suivantes : rue des Martyrs, rue Florimond-Laurent, rue de Saint-Quentin, rue Coypel, rue Bernard-Palissy, rue de Châteaudun, rue de Saint-Quentin, rue de Belfort, rue de l'Artois, rue Daguerre, rue Paul-Louis-Courier, rue Charles-Floquet, rue Edmond-Meyer, rue Darwin, rue de Douaumont, rue Pierre-Curie, rue Edmond-Meyer, rue Louis-Blanc, rue Jenner, rue des Acacias, rue du Général-Rouelle, rue Pasteur, rue de Tourneville, tunnel Jenner, cours de la République, rue Jules-Lecesne, place de l'Hôtel-de-Ville, avenue René-Coty, rue d'Ingouville, rue Gustave-Flaubert, rue Jacques-Louer, rue Pierre-Faure, rue d'Eprémesnil, place des Gobelins, rue des Gobelins, rue Mogador, rue Jean-Charcot, rue Belain-d'Esnambuc, passage Duflo, ligne droite dans le prolongement de la rue d'Albion jusqu'à la rue Clément-Marical, rue Clément-Marical, rue de la Cavée-Verte, rue Roger-Salengro, rue Gaston-Doumergue, rue Alexandre, rue Irène-Joliot-Curie.
19 Le Havre-6 Le Havre 37 335 1 + fraction Le Havre 1° La commune suivante : Sainte-Adresse.
2° La partie de la commune du Havre non incluse dans les cantons du Havre-1, du Havre-2, du Havre-3, du Havre-4 et du Havre-5.
Le Palais de Justice.

Le palais de justice du Havre, situé sur le boulevard de Strasbourg. Avec son annexe, il comprend un tribunal de grande instance, un tribunal pour enfants, un tribunal de commerce. La ville compte également un conseil des prud'hommes et un tribunal d'instance. Parmi les services judiciaires proposés figurent l'aide juridictionnelle et le service de l'application des peines. Le Havre dépend de la cour d'appel de Rouen. La prison, qui datait du Second Empire, a été entièrement détruite en 2012. Le nouveau centre pénitentiaire du Havre a été terminé en 2010 à Saint-Aubin-Routot, à l'est de l'agglomération havraise. Il a une superficie de 32 000 m2 sur un site de 15 hectares et peut accueillir 690 personnes[88].

Intercommunalité

carte de la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole.
carte de la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole.

La ville était le siège de la communauté de l'agglomération havraise (CODAH), créée en 2001 et qui regroupait 17 communes.

Une première réflexion incluse dans le schéma départemental de coopération intercommunale arrêté par le préfet de Seine-Maritime le 22 décembre 2011 prévoyait la fusion de la communauté d’agglomération havraise (CODAH), de la communauté de communes de Saint-Romain-de-Colbosc et de la communauté de communes du canton de Criquetot-l’Esneval, afin de « conforter un pôle solide, aux compétences claires et au rayonnement incontestable[89] » centré sur l'agglomération havraise. Cette fusion, qui aurait abouti au regroupement de 54 communes soit environ 280 000 habitants[90],[91], n'a pas été réalisée[pourquoi ?].

Dans le cadre de l'approfondissement de la coopération intercommunale prévu par la loi portant nouvelle organisation territoriale de la République (Loi NOTRe) du , le projet de nouveau schéma départemental de coopération intercommunale présenté par le préfet de Seine-Maritime le 2 octobre 2015 prévoit à nouveau la fusion de la « communauté d’agglomération havraise (236 997 habitants) et de la communauté de communes du canton de Criquetot-l'Esneval (16 394 habitants)[92] » (mais sans la communauté de communes de Saint-Romain-de-Colbosc, renommée entre-temps communauté de communes Caux Estuaire).

La communauté d'agglomération fusionne avec la communauté de communes Caux Estuaire et la communauté de communes du canton de Criquetot-l'Esneval pour former le la communauté urbaine dénommée Le Havre Seine Métropole[93],[94],[95],[96].

Le Havre Seine Métropole est une communauté urbaine qui rassemble 54 communes et compte 275 000 habitants. Parmi eux, 100 000 actifs habitent le territoire et 92 % d’entre eux y travaillent.

Le Havre Seine Métropole est une métropole d’avenir qui s’attache à développer l’attractivité de son territoire et renforcer son rayonnement en capitalisant sur trois leviers : l’enseignement supérieur, le tourisme et le développement économique. Plusieurs projets en cours portent cette ambition notamment le projet Le Havre Smart Port City, la création de la Cité Numérique et l’obtention très récente du label Pays d’Art et d’Histoire.

Le Havre Seine Métropole est un outil au service des communes et des habitants. La communauté urbaine étend et renforce les mobilités sur son territoire en développant son offre de transports. Elle agit en faveur de la santé en renforçant les politiques de prévention et en développant la démographie médicale. La qualité de vie pour tous est une priorité pour Le Havre Seine Métropole. Elle développe plusieurs politiques publiques en faveur de l’agriculture et de l’alimentation, de la ruralité et de la protection de ressource en eau. Elle s’attache à développer l’accès au numérique et propose plusieurs événements culturels, créateurs de lien social, notamment à travers le soutien du tissu associatif.

Tendances politiques et résultats

La ville du Havre, « Stalingrad-sur-Mer »[97], a été pendant longtemps le plus grand bastion du Parti communiste français, qui l'a dirigée de 1965 à 1995[59].

De 2010 à 2017, Édouard Philippe (Les Républicains) succède à la tête de la municipalité après la démission d'Antoine Rufenacht (UMP), maire du Havre depuis 1995. Il devient président de la Communauté de l'agglomération havraise (CODAH) et siège à l'Assemblée nationale comme député de la 7e circonscription de la Seine-Maritime depuis 2012[98]. En mai 2017, il est nommé Premier ministre par le nouveau président de la République, Emmanuel Macron.

Globalement, les Havrais de la 7e circonscription (centre-ville et quartiers ouest) votent à droite alors que ceux de la 8e circonscription (quartiers est) choisissent majoritairement le candidat de gauche. Ainsi, à l'élection présidentielle de 2007, la 7e a élu l'UMP Nicolas Sarkozy à 55,05 % contre 44,95 % pour la PS Ségolène Royal alors que la 8e a préféré la candidate socialiste à 55,02 %[99],[100].

En revanche, les résultats de la présidentielle 2012 donne le PS gagnant dans les deux circonscriptions, avec un écart plus faible dans la 7e (Hollande : 51,71 % / Sarkozy : 48,29 %) que dans la 8e (Hollande : 64,21 % / Sarkozy : 35,79 %)[99],[100]. Sur l'ensemble de la ville, on peut noter une différence entre le vote aux élections locales et aux élections nationales. Pour les élections présidentielles 2007, Ségolène Royal obtient 50,31 % sur l'ensemble de la ville (soit 3,5 points de plus qu'au niveau national) et en 2012 François Hollande récolte 58,63 % (soit 7 points de plus qu'au national). Lors des élections législatives de ces années on retrouve cet avantage aux candidats de gauche. Aux élections locales, particulièrement aux municipales, la tendance est inversé. Lors des municipales 2008, Antoine Rufenacht (UMP) l'emporte avec 54,74 % des voix au second tour (malgré un contexte très favorable à la gauche cette année-là). En 2014, Édouard Philippe (UMP) est élu dès le premier tour avec 52,04 % des suffrages, les listes de gauche obtenant respectivement 16,75 % pour le PS et 16,37 % pour le PCF.

Administration municipale

Le Havre, l'Hôtel de Ville et la tour François Ier, par Eugène Boudin (1852).

Le nombre d'habitants au Havre étant supérieur à 150 000 et inférieur à 199 999, le nombre de conseillers municipaux est composé de 59 membres.

Le Havre a connu de nombreuses extensions territoriales en annexant des communes voisines :

Ces localités gardent aujourd'hui des mairies annexes.

Liste des maires

Liste des maires depuis le début de la Ve République[101]
Période Identité Étiquette Qualité
1959 1965 Robert Monguillon[102] SFIO Fonctionnaire dans l'administration des Finances
1965 1971 René Cance[103],[104] PCF Instituteur
Député de la Seine-Inférieure puis de la Seine-Maritime (1946 → 1951 et 1956 → 1967)
Conseiller général du Havre-2 (1937 → 1940 et 1945 → 1958)
mars 1971 octobre 1994[105] André Duroméa[106],[107] PCF Ouvrier serrurier
Député de la Seine-Maritime (1967 → 1986 et 1988 → 1993)
Sénateur de la Seine-Maritime (1986 → 1988)
Conseiller général du Havre-2 (1958 → 1976)
Démissionnaire
10 octobre 1994[108],[109] juin 1995 Daniel Colliard[110] PCF Cimentier-boiseur
Député de la Seine-Maritime (1993 → 1997)
Conseiller général de Seine-Maritime (1973 → 1982)
juin 1995[111] décembre 2010[112],[113] Antoine Rufenacht RPR
puis
UMP
Chef d'entreprise[114]
Député de la Seine-Maritime
Président de la Communauté de l'agglomération havraise (2001 → 2010)
Démissionnaire
décembre 2010[115] mai 2017[116] Édouard Philippe[117],[118] UMP
puis
LR
Énarque, avocat, cadre chez Areva
Conseiller général du Havre-5 (2008 → 2012)
Député de la Seine-Maritime (7e circ.) (2012 →)
Président de la Communauté de l'agglomération havraise (2010 →)
Démissionnaire à la suite de sa nomination comme Premier ministre
mai 2017[119] mars 2019[120] Luc Lemonnier UMPLR Diplômé de l'École nationale d'assurances (ENASS), assureur
Conseiller départemental du Havre-6 (2015 → 2019)
Vice-président du conseil départemental de la Seine-Maritime (2015 → 2019)
Président du Havre Développement (2017[121] → )
Président de la CODAH (2017 → 2018)
Président de Le Havre Seine Métropole (2019 → 2019)
Démissionnaire
mars 2019[122] 5 juillet 2020[123] Jean-Baptiste Gastinne LR Professeur d'histoire-géographie
Conseiller régional de Normandie (2015 → 2019)
Vice-président du conseil régional de Normandie (2016 → 2019)
Président de Le Havre Seine Métropole[124] (2019 → )
5 juillet 2020[125] En cours Édouard Philippe LREM Énarque, avocat, cadre chez Areva
Conseiller général du Havre-5 (2008 → 2012)
Député de la Seine-Maritime (7e circ.) (2012 → 2017)
Président de la Communauté de l'agglomération havraise (2010 → 2017)
Premier ministre (2017 → 2020)

Politique de développement durable

La ville a engagé une politique de développement durable en lançant une démarche d'Agenda 21 en 2006[126]. Depuis 2008, Le Havre fait partie du réseau Energy Cities et, dans ce cadre, elle applique les démarches de l'Agenda 21 et de l'Approche Environnementale sur l'Urbanisme.

Une étude réalisée en 2012 par l'Aphekom[Quoi ?] et comparant dix grandes villes françaises montre que Le Havre est la deuxième commune la moins polluée de France[127]. Le Havre est également la troisième ville de France de plus de 100 000 habitants pour la qualité de l'air[128]. Un bilan carbone élaboré en 2009 a mis en évidence que la ville rejetait quelque 32 500 tonnes de CO2 par an[129]. En 2011, la moyenne annuelle des rejets de dioxyde de soufre par les industries était comprise entre trois microgrammes par mètre cube dans le centre du Havre à douze microgrammes par mètre cube dans le quartier de Caucriauville[130].

La municipalité s'est donné comme objectif de réduire de 3 % par an[Quand ?] les émissions de CO2[129]. Pour cela, des panneaux solaires ont été installés sur plusieurs bâtiments municipaux (hôtel de ville, jardins suspendus)[26].

Le Havre a su garder des espaces verts étendus (750 hectares, soit 41 m2 par habitant[26]) : les deux plus grands sont la forêt de Montgeon et le parc de Rouelles, tous deux situés en ville haute. Les jardins du prieuré de Graville et les jardins suspendus offrent des panoramas sur la ville basse. En centre-ville, le square Saint-Roch et les jardins de l'hôtel de ville donnent aux citadins des espaces de loisirs. Divers écosystèmes sont représentés grâce aux jardins de la plage et au parc Hauser (grottes). Enfin, le plateau de Dollemard a été classé « Espace Naturel Sensible départemental » en 2001 afin de protéger son paysage et son écosystème de falaise[26]. Les rues de la ville sont bordées par 13 000 arbres de 150 variétés différentes[131].

Budget et fiscalité

En 2018, un rapport de la chambre régionale des comptes de Normandie indique que l'endettement de la ville du Havre s'est fortement accentué entre 2012 et 2017[132]

Distinctions et labels

La ville a été récompensée à plusieurs reprises par des labels écologiques (label Énergies d'avenir en 2009-2011, label Terre durable en 2009)[réf. nécessaire].

Depuis 1998, la plage du Havre reçoit chaque année le pavillon bleu notamment grâce à tous ses aménagements, qui s'étendent sur 30 000 m2[133].

Jumelages

Le Havre est jumelée avec les villes de Drapeau des États-Unis Tampa (États-Unis) depuis 1992, de Drapeau de la Russie Saint-Pétersbourg (Russie), de Drapeau de la Grande-Bretagne Southampton (Grande-Bretagne) et Drapeau de la république du Congo Pointe-Noire (Congo) depuis 2010[134].

Par ailleurs, Le Havre a signé des contrats de partenariat avec différentes villes étrangères[134] :