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Image illustrative de l’article Le Monde
Une sur le traité d'alliance entre la France et l'URSS du premier numéro du Monde, le 19 décembre 1944.

Pays Drapeau de la France France
Langue français
Périodicité quotidien
Format berlinois
Genre Généraliste
Prix au numéro 2,80 (numéros datés du dimanche-lundi à vendredi inclus), 4,50 (numéro daté du samedi)
Diffusion 323 565[1] ex. (2019, en augmentation +12,18 %)
Fondateur Hubert Beuve-Méry
Date de fondation 1944 (il y a 76 ans)
Éditeur Société éditrice du Monde
Ville d’édition Paris

Propriétaire Groupe Le Monde : Xavier Niel et Matthieu Pigasse
Directeur de publication Louis Dreyfus, Jérôme Fenoglio
Directeur de la rédaction Luc Bronner
Rédacteur en chef Marie-Pierre Lannelongue (M le magazine du Monde)
Philippe Le Coeur & Michaël Szadkowski (rédaction numérique)
Christophe Ayad (International)
Caroline Monnot & Nicolas Chapuis (France)
Anne Eveno (Économie)
Auréliano Tonet (Culture)
ISSN 0395-2037
OCLC 1758539
Site web lemonde.fr

Le Monde est un journal français fondé par Hubert Beuve-Méry en 1944.

C'est l'un des derniers quotidiens français dits « du soir », qui paraît, daté du lendemain, à Paris en début d'après-midi ainsi que, un peu plus tard, dans certaines grandes villes, et est distribué ailleurs le matin suivant.

Classé parmi les quotidiens français « de référence »[2], il est le quotidien national payant le plus lu en France (2,42 millions de lecteurs en 2016)[3] et le deuxième en nombre d'exemplaires vendus (323 565 exemplaires par numéro en 2019)[4],[5].

Il a été le journal le plus diffusé à l'étranger jusque dans les années 2000, avec une diffusion journalière hors France de 40 000 exemplaires[6],[7], tombée à 26 000 exemplaires en 2012[8].

Sa ligne éditoriale est parfois présentée comme étant de centre gauche[9], bien que cette affirmation soit récusée par le journal lui-même, qui revendique un traitement non partisan[10]. Son lectorat était néanmoins composé à 63 % de lecteurs de gauche en 2014, selon un sondage réalisé par l'Ifop pour le magazine Marianne[11].

Le journal est édité par le groupe Le Monde, détenu à 75 % par la holding Le Monde Libre, elle-même contrôlée à parité par les hommes d'affaires Xavier Niel et Matthieu Pigasse[12],[13]. Il bénéficie de subventions de la part de l'État français.

Le , Matthieu Pigasse vend 49 % de ses parts de la société Le Nouveau Monde à Daniel Křetínský, un milliardaire tchèque.

Histoire

1944 : Fondation

La rédaction du Monde était située 5, rue des Italiens à Paris, de sa création jusqu’en 1989 (photo prise en 2015).

Le premier numéro du Monde paraît le , daté du 19 décembre sur une seule page recto verso. Il succède au journal Le Temps qui, victime de l'ordonnance du 30 septembre 1944 sur les titres ayant paru sous l'occupation de la France par l'Allemagne, a vu ses locaux réquisitionnés et son matériel saisi. Le Monde, bénéficiaire de cette confiscation, en reprend le format et la présentation, l’équipe rédactionnelle, les ouvriers et employés ainsi que les anciens locaux situés rue des Italiens, locaux où il restera 44 ans et qui lui valent le surnom de « quotidien de la rue des Italiens ». Le général de Gaulle, qui souhaitait doter la France d'un « journal de prestige » tourné vers l'étranger et qui serait « l'officieux » de la République, est un élément moteur de sa création[14]. Il charge son Ministre de l'Information Pierre-Henri Teitgen d'en trouver le directeur, choix difficile car la plupart des hommes de presse de l'époque étaient d'anciens collaborateurs ou déjà à la tête de journaux de la presse clandestine[15]. Georges Bidault, le président du Conseil national de la Résistance lui suggère le nom d'Hubert Beuve-Méry. Ce dernier hésite longtemps car il veut diriger un journal indépendant vis-à-vis des pouvoirs politiques, économiques et religieux. Le , Hubert Beuve-Méry fonde la société à responsabilité limitée Le Monde au capital de 200 000 francs répartis en 200 parts sociales, son premier comité de rédaction comprend également René Courtin, professeur de droit, et Christian Funck-Brentano, ancien chargé des questions de presse au cabinet du général de Gaulle[16]. Le quotidien, destiné comme Le Temps aux élites[Note 1], tire à 150 000 exemplaires dès 1945. Né dans l'ombre du pouvoir, Le Monde s'en émancipe progressivement grâce à Hubert Beuve-Méry qui acquiert son indépendance rédactionnelle durant la guerre froide et la guerre d'Indochine[17].

En 1951, la Société des rédacteurs du Monde est créée, qui a pour mission de veiller à l'indépendance journalistique du titre. Elle se voit initialement attribuer un peu plus de 28 % des parts de la SARL Le Monde[18]. Suivront la société des employés et des cadres en 1968, et celle des lecteurs en 1985. Les salariés du journal tiennent une place centrale dans la gestion du quotidien. À l'époque, la ligne éditoriale, sans se revendiquer explicitement de gauche, est généralement solidaire des mouvements révolutionnaires « socialistes » (Vietnam, Portugal, allant jusqu'à titrer « Phnom Penh libérée » lors de la prise de la ville par les Khmers rouges, en [19],[20]).

En 1954 est lancé le Monde diplomatique[21].

En 1956, Le Monde devient propriétaire de son immeuble rue des Italiens.

Le journal refuse en 1957 la publication d'un article de Jean-Paul Sartre consacré à l'usage de la torture en Algérie[22].

À partir du début des années 1960 la diffusion du titre connaît une forte expansion, qui la fera tripler en 20 ans, passant de 137 433 exemplaires en 1960 à 347 783 en 1971, puis près de 500 000 à la fin des années 1970[23].

Hubert Beuve-Méry, le fondateur du titre, prend sa retraite en 1969[24].

La fin des années 1970 se caractérise notamment par une hostilité forte des journalistes du quotidien vis-à-vis de Valéry Giscard d'Estaing. En 2014, dans une enquête intitulée Le jour où… « Le Monde » choisit de torpiller Giscard[25], Raphaëlle Bacqué revient sur l'affaire des diamants telle qu'elle fut vécue à l'intérieur du Monde et évoque l'aspect très politique de son exploitation. Son enquête mentionne notamment l'hostilité générale des journalistes de la rédaction à Giscard d'Estaing et leurs proximités avec l'opposition. Elle indique aussi les débats internes entre ceux, tels que le chef du service politique, Raymond Barillon, qui sont circonspects et réticents à reprendre les révélations du Canard enchaîné et ceux, tels l'éditorialiste Philippe Boucher, « abhorrant le giscardisme », qui veulent pousser l'affaire en l'amalgamant notamment avec des révélations mentionnées par Minute sur un permis de construire obtenu par Raymond Barre et des informations sur le patrimoine en Afrique de cousins de Giscard. Philippe Boucher, plus tard nommé au Conseil d'État par François Mitterrand, reconnaîtra en 2014 avoir eu la dent un peu dure dans l'exploitation de cette histoire[25].

1980-2000 : difficultés financières

La rédaction du Monde est située boulevard Auguste-Blanqui à Paris, depuis 2004 (photo prise en 2008).

En 1981, Claude Julien succède à Jacques Fauvet. En 1982, André Laurens prend la suite. En 1985, il est écarté de la direction à la suite de la baisse des ventes (alors qu'il titrait en moyenne 434 000 exemplaires entre 1974 et 1981, années qui marquent la fin de l'expansion de son lectorat, il voit sa diffusion chuter à 335 000 exemplaires en 1985, le faisant descendre en dessous de son seuil de rentabilité[26]), et son apport au socialisme mitterrandien[pas clair][27]. Il est alors remplacé par André Fontaine[28].

En 1985, la BNP exige que le journal vende son immeuble de la rue des Italiens[29].

Le Monde s'installe 15, rue Falguière (15e) en dans un bâtiment conçu par les architectes Pierre du Besset et Dominique Lyon, puis 21 bis rue Claude-Bernard (5e) en 1996 et enfin, en 2004, boulevard Auguste-Blanqui (13e) dans un bâtiment conçu par l'architecte Christian de Portzamparc, dont l'architecture s'inspire du siège du New York Times[30]. Son nouveau siège est en construction par le cabinet d'architectes norvégien Snøhetta jusqu'en , à l'entrée de l'avenue de France (13e) en surplomb des voies de la gare d'Austerlitz[31].

En 1989, en raison de la concurrence de Libération et d'un renouveau du Figaro, la diffusion a reculé de 40 000 exemplaires en dix ans[32].

En un triumvirat doit succéder à André Fontaine. Composé de Daniel Vernet (gérant-directeur), Bruno Frappat (directeur de la rédaction) et Martin Desprez (directeur-gestionnaire), il cède finalement sa place, à la suite de rivalités internes, à Bruno Frappat (toujours à la tête de la rédaction) et à Jacques Lesourne, économiste, élu directeur de la publication du Monde le – il devient le premier non-journaliste à ce poste[33].

En 1994, Le Monde troque le statut de SARL pour celui de société anonyme (SA) à directoire et conseil de surveillance. À la suite de la démission de Jacques Lesourne qui ne peut enrayer la chute de la diffusion du titre et du chiffre d'affaires publicitaire, Jean-Marie Colombani, rédacteur en chef, est élu directeur de la publication du journal en [32], d'abord par la société des rédacteurs puis par les actionnaires du journal. En , Colombani nomme Noël-Jean Bergeroux directeur de la rédaction. En 1995, il lance une nouvelle formule du quotidien. L'anti-chiraquisme de Colombani (il ne dissimule pas son hostilité à Jacques Chirac à la suite de la tragédie d'Ouvéa), l'anti-mitterrandisme d'Edwy Plenel[Note 2] et le mondialisme balladurien d'Alain Minc, président du conseil de surveillance de la SA Le Monde, font que leur journal est accusé par ses confrères de balladurisme (tel Le Canard enchaîné qui titre le « Le Monde balladurisé ? C'est pas une Minc affaire ») lors de l'élection présidentielle française de 1995 et jettent le trouble dans son lectorat[34].

En 1995, Le Monde connaît une première recapitalisation, de 295 millions de francs. En 1996, Le Monde se lance sur Internet avec Lemonde.fr, qui propose des dossiers en ligne, la Une en version graphique à partir de 13 heures, l’intégralité du journal avant 17 heures, l’actualité en liaison avec l’AFP et des rubriques sur la Bourse, les livres, le multimédia et le sport. Deux ans plus tard, le journal complet en ligne coûte 5 FF (soit 0,76 euro de l'époque) alors que le journal imprimé coûte 7,50 FF (1,15 euro)[35]. S’ils concernent le multimédia, les articles du supplément imprimé hebdomadaire Télévision-Radio-Multimédia sont disponibles gratuitement en ligne dans la rubrique Multimédia, rebaptisée ensuite « Nouvelles technologies ».

Années 2000 : stratégie d'expansion

Jean-Marie Colombani est réélu en 2000 pour un nouveau mandat, au cours duquel il engage le titre dans la construction d'un groupe de presse, l'actuel Groupe Le Monde. Après avoir tenté en vain de racheter L'Express à Vivendi Universal Publishing (ex-Havas) en 1997[36], il prend le contrôle du groupe Les Journaux du Midi (anciennement Midi Libre SA) en 1999 et acquiert 30 % des « Publications de la vie catholique » en 2003, lesquelles incluent notamment La Vie, Courrier international et Télérama – le groupe revend le patrimoine immobilier de ce dernier[37]. En 2002 et en 2003, plus de 60 millions d'euros sont émis en obligations remboursables en actions (ORA), ce qui alourdit toutefois un endettement à long terme déjà élevé[38],[39],[40].

En , paraît le livre La Face cachée du Monde de Pierre Péan et Philippe Cohen[41] très critique à l'égard des trois dirigeants du Monde, Jean-Marie Colombani, Alain Minc et Edwy Plenel. Le groupe Le Monde, notamment, porte plainte pour diffamation[42],[43] ; le conflit, médiatisé, est finalement résolu à l'amiable en , évitant la tenue d'un procès[44],[45],[46]. Voir, infra, la section « La Face cachée du Monde ».

En 2004, paraît une enquête sur le génocide du RwandaPatrick de Saint-Exupéry, L'Inavouable : La France au Rwanda – qui, selon Éric Fottorino, provoque le malaise des journalistes du Monde, le journal ayant « entériné la vision fausse et facile d'un double génocide qui dédouanait la diplomatie française, gauche et droite confondues »[47].

Le , Edwy Plenel démissionne de la direction de la rédaction du journal[48],[49],[50], avant de quitter définitivement Le Monde en septembre 2005[51],[52].

De 1980 à 2005, Le Monde est le partenaire de l'émission audiovisuelle Le Grand Jury[53]. Il est remplacé par Le Figaro en septembre 2005 à la suite d'une augmentation du capital dans le journal Le Monde du groupe Lagardère, propriétaire de la station de radio concurrente Europe 1[54].

Le , Le Monde publie une nouvelle formule, préparée par Éric Fottorino et son groupe de réflexion « Vivaldi »[55], qui propose un profond changement de l'architecture du quotidien[56],[57]. Elle permet une remontée durable de la satisfaction des lecteurs, au-dessus de 80 %, selon Éric Fottorino[55].

En 2006, Jean-Michel Dumay voit son mandat de président de la société des rédacteurs renouvelé. Le groupe Le Monde revend les Éditions Desclée de Brouwer à l'éditeur suisse Parole et Silence spécialisé dans la spiritualité chrétienne. En juin, Pierre Jeantet remplace Jean-Paul Louveau comme directeur général. En octobre, la société des rédacteurs du Monde s'oppose à la création d'un « pôle sud » de la presse quotidienne régionale réunissant les actifs du Monde (Midi libre, L'Indépendant, Centre Presse) et ceux du groupe Hachette-Filipacchi de Lagardère (La Provence, Nice-Matin, Corse-Matin et Var-Matin) à travers une holding commune. Pierre Jeantet et Bruno Patino entrent dans un directoire aux côtés d’Éric Fottorino.

Laurent Mauduit qui était devenu éditorialiste, après s'être prononcé publiquement contre l'entrée au capital du journal du groupe Lagardère, quitte le journal en , dénonçant la censure de l'un de ses articles à propos des Caisses d'épargne[58].

Crise du directoire de 2007-2010

Le , la société des rédacteurs du Monde refuse d'accorder un troisième mandat à Jean-Marie Colombani à la tête du directoire du groupe, avec 48,5 % des suffrages en faveur de la reconduction et 46,7 % contre (mais 60 % des voix étaient nécessaires selon les règles internes du journal). Le , Pierre Jeantet (recruté un an plus tôt comme directeur général) lui succède au poste de président du directoire du groupe Le Monde, avec Bruno Patino comme vice-président, tandis qu'Éric Fottorino (précédemment directeur de la rédaction) lui succède au poste de directeur du journal (les fonctions de président du groupe et de directeur du journal étant désormais dissociées).

Le , à la suite de désaccords en matière financière entre la direction et la Société des rédacteurs du Monde, le président du directoire Pierre Jeantet, le vice-président Bruno Patino et le directeur du journal Éric Fottorino démissionnent en bloc[59]. Le , alors que Pierre Jeantet et Bruno Patino confirment leur démission, Éric Fottorino décide finalement de ne pas démissionner[60]. Il devient président du directoire le [61].

En , Jean-Michel Dumay claque la porte de la société des rédacteurs du Monde (SRM) en dénonçant un « marchandage indigne »[62]. Le même mois, le journal est condamné par un tribunal de Barcelone, à 300 000 euros de dommages-intérêts pour avoir publié un article jugé diffamatoire évoquant les pratiques du dopage au FC Barcelone[63].

Fin 2008, le groupe Le Monde cède la librairie religieuse La Procure pour 3 à 4 millions d'euros. En , il met en vente la société éditrice des Cahiers du cinéma, les Éditions de l'Étoile. En , le groupe d'édition d'art Phaidon en devient propriétaire. Toujours en 2009, il vend sa branche jeunesse, composée de Fleurus presse et de Junior hebdo, à Héros et Patrimoine, une société détenue par Financière de loisirs et par le fonds d'investissement américain Open Gate Capital.

En , Éric Fottorino reproche sa « vantardise et sa frénésie » à Nicolas Sarkozy dans un éditorial. Le milliardaire Vincent Bolloré, ami du chef de l’État, annonce qu’il va cesser de faire imprimer son quotidien gratuit Direct Matin sur les rotatives du Monde. Le Journal du dimanche, qui appartient au milliardaire Arnaud Lagardère, autre ami de Nicolas Sarkozy, fait savoir qu’il changera d’imprimerie. Enfin, Les Échos, propriété du milliardaire Bernard Arnault, lui aussi ami personnel du président, dénonce le contrat souscrit avec l’imprimerie dont Le Monde est propriétaire. Pour Éric Fottorino, « le pouvoir tentait de nous asphyxier par la voie industrielle ».

Dans la même période, une enquête du Monde signale le rôle central de la banque BNP Paribas dans le capitalisme de connivence français, citant plusieurs fois son PDG, Michel Pébereau. Cet épisode est à l'origine du refus de BNP Paribas, pourtant banque historique du Monde, d'aider le quotidien en grave difficulté. Pour Éric Fottorino, « sans doute n’était-il pas opportun, au moment où nous discutions notre avenir, d’irriter celui qui tenait une partie de la solution entre ses mains. (...) Déplaire nous condamnait-il à dépérir ? Il était de toute façon trop tard pour faire marche arrière. »[64].

Années 2010

En , cinq repreneurs sont présentés[65] : Le Nouvel Observateur, El País, le groupe de presse qui édite L'Espresso (Italie), le groupe de presse Ringier (Suisse) ainsi qu'un trio formé par Pierre Bergé (entrepreneur, propriétaire du magazine Têtu), Matthieu Pigasse (homme d'affaires, propriétaire et président du magazine Les Inrockuptibles) et Xavier Niel (fondateur de Free). Par ailleurs, le président de la République Nicolas Sarkozy rencontre Éric Fottorino le , alors que le journal cherche d'urgence un repreneur, pour interdire la reprise du journal par le trio Bergé-Pigasse-Niel et le met en garde en déclarant que si cette option était choisie, l'État renoncerait à verser 20 millions d'euros pour participer au sauvetage de l'imprimerie du journal[66],[67]. L'autre repreneur potentiel est formé du groupe Nouvel Observateur et Orange[68]. Fin juin, l'offre du trio Bergé-Pigasse-Niel est plébiscitée par les salariés actionnaires[69]. Orange et Le Nouvel Observateur décident de retirer leur offre[70]. Ce choix est validé par le vote du conseil de surveillance (11 voix pour et 9 abstentions) le [71]. Le , le rachat du journal par le trio est entériné[72],[73]. Le groupe Le Monde est alors contrôlé par la société Le Monde libre qui possède 64 % du capital, cette société étant détenue par les trois hommes d'affaires ainsi que par le groupe de presse espagnol Prisa[74].

Le , Le Monde annonce qu'il porte plainte contre X pour « violation du secret des sources » après que les services secrets français (DCRI) ont été mis à contribution par l'exécutif pour identifier la source d'un journaliste de la rédaction. Bernard Squarcini, directeur de la direction centrale du renseignement intérieur, le reconnaît dans un entretien au Nouvel Observateur : il a ordonné un « éclairage DCRI » sur des fuites provenant du ministère de la Justice au sujet de l'affaire Woerth-Bettencourt, une enquête qui peut être considérée comme une atteinte au secret des sources, protégées par la loi, et donc à la liberté de la presse.

Le , Éric Fottorino est révoqué de la présidence du directoire du groupe Le Monde et de sa fonction de directeur de la publication, pour divergences de point de vue avec les actionnaires, tout en restant provisoirement le directeur du journal ; Louis Dreyfus est nommé à sa place à la présidence du directoire[75],[76]. Puis, le , le conseil de surveillance du groupe Le Monde nomme Érik Izraelewicz directeur des rédactions du groupe et membre du directoire, choix ratifié le par les journalistes avec 74 % des voix[77],[78].

Le , Érik Izraelewicz meurt à l'âge de 58 ans, victime d'une crise cardiaque au siège du Monde[79]. Le , Alain Frachon le remplace à titre intérimaire[80].

Le , Natalie Nougayrède, proposée à ce poste par les trois principaux actionnaires du groupe, Pierre Bergé, Xavier Niel et Matthieu Pigasse, devient la directrice du Monde après un vote positif de la Société des Rédacteurs du journal[81].

Sa nomination, pour un mandat de 6 ans, à la direction du Monde et comme membre du directoire en tandem avec Louis Dreyfus, président de ce dernier, est validée à l'unanimité par le Conseil de surveillance du groupe le [82]. Dans un communiqué, il est précisé que tous deux « doivent placer la révolution numérique au cœur de leurs mandats »[82].

En , un mouvement de contestation est déclenché dans le journal par l'annonce d’un plan de mobilité prévoyant le passage vers la version numérique d’une cinquantaine de postes et la suppression d'un certain nombre de rubriques (Logement et exclusion, Économie sociale et solidaire, Banlieue...)[83],[84].

Le , sept membres de la rédaction en chef du Monde – François Bougon, Vincent Fagot, Julien Laroche-Joubert, Damien Leloup, Cécile Prieur, Françoise Tovo et Nabil Wakim – démissionnent et dénoncent « des dysfonctionnements majeurs, ainsi qu'une absence de confiance et de communication avec la direction de la rédaction »[85],[86].

Le , Vincent Giret et Michel Guerrin, les deux adjoints de la directrice du Monde, démissionnent à leur tour, mis en cause par une partie de la rédaction qui demandait leur départ[87].

Enfin, le , à la suite d'un bras de fer avec la rédaction et d'une absence de soutien des actionnaires[88], Natalie Nougayrède jette l'éponge et démissionne de son poste[89],[90]. Dans un texte envoyé à l’AFP[91], elle explique n’avoir « plus les moyens d’assurer en toute plénitude et sérénité » ses fonctions.

Le , un nouvel organigramme est mis en place[92] : Gilles van Kote est promu membre du directoire et directeur du Monde par intérim par le trio Bergé-Niel-Pigasse dans l'attente d'un vote de la Société des rédacteurs du Monde (SRM) tandis que Jérôme Fenoglio devient directeur des rédactions.

Le , Le Monde lance une nouvelle formule voulue « plus claire et plus aérée », selon son directeur général Louis Dreyfus[93].

Le , à la suite de la démission de Gilles van Kote due au refus de la Société des rédacteurs du Monde de soutenir sa candidature définitive[94] et à l'issue d'un deuxième vote de celle-ci[95], Jérôme Fenoglio accède au poste de directeur du quotidien tandis que Luc Bronner le remplace en tant que directeur des rédactions[96].

Les décodeurs, rubrique du site Web du journal Le Monde, est créée le [97] et le , les journalistes de la rubrique créent un moteur de recherche baptisé Décodex (cf. la section Critiques ci-dessous).

À la suite du décès de Pierre Bergé en , Xavier Niel et Matthieu Pigasse rachètent chacun la moitié de ses parts dans Le Monde libre, holding qui détient 72,5 % du Groupe Le Monde[13].

Directeurs

Directeurs de la rédaction

Organigramme actuel

Position du Monde dans l'espace politique français

Le journal est le point de jonction de plusieurs grands courants d'idées principalement liés au courant de la social-démocratie chrétienne sur le plan intérieur.

Jean-Jacques Servan-Schreiber, responsable de la page de politique extérieure, quitte le journal au début des années 1950 en lui reprochant son neutralisme dans les relations Est-Ouest[100]. En 1955, les milieux d'affaires reprochent au Monde une position trop à gauche et lancent un concurrent, Le Temps de Paris, opération qui échouera[101].

Sous la Ve République, le journal soutient la politique étrangère du général de Gaulle[102], tout en critiquant sa politique intérieure.

Dans les années 1970, il s'oriente clairement vers un soutien à l'Union de la gauche[103] et dénonce les scandales financiers qui éclatent sous la présidence de Giscard d'Estaing (affaire des diamants[104]etc.). Il soutient alors la candidature de François Mitterrand à l'élection présidentielle française de 1981[105]. Après la victoire du candidat socialiste, Jacques Fauvet écrit dans le numéro du  : « Cette victoire c'est enfin celle du respect sur le dédain, du réalisme sur l'illusion, de la franchise sur l'artifice, bref, celle d'une certaine morale[106]. »

Après l'élection, le soutien affiché du journal à François Mitterrand lui coûte de nombreux lecteurs[107], ce qui amène le journal à prendre ses distances, affichant notamment son scepticisme sur la politique de nationalisations menée par Pierre Mauroy[105]. C'est notamment la dénonciation du scandale du Rainbow Warrior qui permet au journal de faire preuve de son indépendance et de voir ses ventes rebondir[108]. Le Monde est ensuite en première ligne dans la dénonciation des scandales de l'ère Mitterrand (Affaire des Irlandais de Vincennes[109], Carrefour du développementetc.). Une véritable animosité oppose alors Mitterrand au journal, visant plus particulièrement le journaliste Edwy Plenel[110]. Plusieurs journalistes du Monde font ainsi l'objet d'écoutes téléphoniques clandestines de la part du pouvoir[111].

Lors de l'élection présidentielle de 1995, le journal prend le parti d'Édouard Balladur contre Jacques Chirac[112].

Lors de l'élection de 2002, les journalistes Philippe Cohen et Pierre Pean affirment que le journal a mené une campagne active pour Lionel Jospin[113].

En 2007, le directeur du Monde Jean-Marie Colombani appelle à voter Ségolène Royal dans les colonnes du journal[114].

Critiques et polémiques

Le Temps de Paris

En 1955/56, le CNPF présidé par Georges Villiers pensait que Le Monde était trop orienté à gauche et décida d'aider au lancement d'un quotidien concurrent, Le Temps de Paris. L'opération était coordonnée par l'ancienne Éminence grise de Pierre Laval, Jean Jardin ; dès la publication du premier numéro, en , le directeur du Monde, Hubert Beuve-Méry, fut rassuré par la qualité jugée plutôt médiocre du journal concurrent, dont la publication s'arrêta au bout de quelques mois[115].

La Face cachée du Monde

En 2003, une série d'ouvrages et de travaux ont critiqué la neutralité du journal. Dans la revue Actes de la recherche en sciences sociales, le sociologue de l'école bourdieusienne Patrick Champagne analysait l'évolution du quotidien et l'influence de Jean-Marie Colombani dans l'article « Le médiateur entre deux mondes ».

Ces critiques devinrent accusations dans l'essai La Face cachée du « Monde », où Pierre Péan et Philippe Cohen affirment, entre autres choses, que l'équipe dirigeante, constituée alors de Jean-Marie Colombani, Edwy Plenel et Alain Minc, avait pris le parti de s'orienter vers une logique de rentabilité et de vente faisant fi, selon eux, des règles déontologiques. Le non-respect de la raison d'État fut également au cœur de la critique de La Face cachée du « Monde ». Enfin, les critiques pointaient également du doigt certains parti-pris éditoriaux.

Daniel Schneidermann, à l'époque employé du Monde, chroniqueur au supplément radio-TV du quotidien et lui-même animateur d'une émission de télévision sur France 5, a critiqué dans son ouvrage Le Cauchemar médiatique la réaction de la direction du quotidien, en estimant que celui-ci ne répondait pas aux arguments du livre La Face cachée du « Monde ». Les dirigeants du Monde l'ont licencié en pour « cause réelle et sérieuse » : selon eux, un passage du livre de Daniel Schneidermann était « attentatoire à l’entreprise pour laquelle il travaille ». Le journaliste a poursuivi le quotidien aux prud'hommes de Paris, qui lui ont donné gain de cause en [116]. Le jugement a été confirmé en appel en mars 2007[117].

Alain Rollat, journaliste au Monde de 1977 à 2001, s'est livré, quant à lui, à une sévère auto-critique des errements survenus dans la gestion de l'entreprise sous la direction de Jean-Marie Colombani, principal responsable, à ses yeux, de l'emprise croissante des « puissances d'argent » sur le « quotidien de référence ». La publication de son témoignage a été délibérément occultée par ses anciens compagnons[118].

La thèse de Pierre Péan et Philippe Cohen se fondait essentiellement sur le fait que la ligne éditoriale originelle avait été altérée afin de répondre aux objectifs de pouvoir des rédacteurs et d'un petit groupe affilié, avec des collusions dans des cercles économiques. Pierre Péan et Philippe Cohen reprochaient par exemple le salaire mensuel du directeur de la rédaction du Monde (26 000 euros par mois) en dépit d'une perte estimée à 25 millions d'euros pour l'exercice 2003 au niveau du groupe (périmètre de CA de 460 M d'€, année d'acquisition du groupe La Vie catholique par Le Monde). Les avocats du Monde et ceux de Péan-Cohen ont préféré éviter le procès et ont accepté la médiation de Guy Canivet, premier président de la Cour de cassation.

Élection présidentielle de 2012

Le , Le Monde a fait un gros titre de première page « Marine Le Pen arrive en tête parmi les jeunes de 18-24 ans », basé sur une étude de l'institut CSA, réalisée du 12 au , soit trois semaines plus tôt. Dans ce sondage, « le sous-échantillon des jeunes 18-24 ans comportait moins de 200 personnes », ce que Le Monde n'a pas signalé à ses lecteurs, selon la Commission des sondages[119], qui s'en est émue.

D'autres instituts donnaient des résultats différents sur les intentions de vote des jeunes. Pour tous les autres sondages de la présidentielle 2012[120], Le Monde avait pour partenaire Ipsos, dont le sondage en date du ne montrait pas encore de progression de Marine Le Pen, qui obtenait 15 % des voix des sondés[121]sur l'ensemble de la population contre 16 % deux semaines auparavant. Marine Le Pen a finalement recueilli au 1er tour 18 % des voix des 18 à 24 ans[122], soit presque la même proportion d'électeurs que dans l'ensemble de la population (17,90 %).

Articles et contributions extérieures sur la pédocriminalité

Selon Anne-Claude Ambroise-Rendu, historienne spécialiste d'histoire du crime et de la justice et de l'histoire des médias, le journal a donné la parole dans les années 1970, à deux promoteurs de la pédocriminalité, en publiant en un texte de Gabriel Matzneff, qui plaide pour le respect des « pratiques sexuelles chez la très jeune fille ou le très jeune garçon » et dénonce le « cordon sanitaire » autour de l'enfant, tandis qu'en 1980, une chronique extérieure de l'éditeur Roland Jaccard, futur cofondateur du magazine Causeur et ami personnel de Matzneff[123] fait un compte rendu élogieux du livre de Tony Duvert L'Enfant au masculin[124],[125].

Le , une « Tribune libre » de Gabriel Matzneff dénonce ainsi les 38 mois de détention préventive des suspects incarcérés dans l'Affaire de Versailles[126], mais aussi la « discrimination »[126] contre les homosexuels par le Code pénal, le « silence » des intellectuels[126] et même la « gêne, teintée de réprobation »[126], qui font de lui « un homme isolé »[126] malgré les attaques et la plainte d'un téléspectateur[126], depuis son premier passage à la nouvelle émission de télévision littéraire de Bernard Pivot, Apostrophes, le [126]. Mais peu après, le , Le Monde signale aussi « de nombreuses réactions de nos lecteurs pour la plupart critiques, voire hostiles et quelquefois indignées »[127] à la « Tribune libre » de Gabriel Matzneff et en publie trois[127].

Plus généralement, les journalistes du quotidien se montrent très sceptiques, dans leurs articles, sur la tentation d'une partie des militants homosexuels d'ouvrir le débat sur la pédophilie, début 1978, quelques mois après la grande manifestation parisienne provoquée par la campagne homophobe de la chanteuse Anita Bryant. Le reporter du Monde note par exemple que les films projetés au cinéma "La Pagode", lors de la quinzaine homosexuelle " Écrans roses et nuits bleues ", soutenue par le Groupe de libération homosexuel politique et quotidien (G.L.H.P.Q.), n'ont "pas toujours séduit" le public" [128]. Il souligne que "les organisateurs ont abordé un sujet que les homosexuels n'aiment guère évoquer et peuvent trouver choquant" car "les pédophiles s'attirent la haine de tout le monde et même des homosexuels", selon l'aveu de l'animateur de la réunion[128]. Le journaliste note que l'on "peut s'interroger" sur "l'authenticité" de témoignages qui "n'ont guère fait avancer la discussion"[128] et se demande pourquoi, "ouvrir ce débat, parler à la première personne et à la place de l'enfant ?"[128].

Le Monde publie le , en page "opinions", la veille du procès de l'Affaire de Versailles, le « communiqué » d'une pétition estimant que « trois ans, ça suffit » pour Bernard Dejager, Jean-Claude Gallien et Jean Burckhardt, en détention préventive depuis 38 mois car accusés d'attentat à la pudeur contre trois enfants de 13 et 14 ans[129]. Le Monde prend trois jours après ses distances avec la pétition, son journaliste dénonçant la gravité des faits et observant que la levée du huis-clos a permis de comprendre une affaire jusque là obscurcie par le secret de l'instruction. Quatre mois après, les signataires de cettre pétition, qui ont découvert la réalité de l'Affaire de Versailles lors de l'audience publique, produisent le un second texte plus prudent, qui réclame surtout une procédure plus rapide et la même majorité sexuelle pour les homosexuels que pour les autres. Echaudé, Le Monde prend aussi ses distances avec ce second texte et n'en publie que quelques extraits, entre guillemets, dans un court entrefilet.

Deux ans plus tard, le journal s'abstient également de publier une pétition parue dans Libération au sujet d'un homme en détention préventive, accusé de pédocriminalité dans l'Affaire des films de la FNAC et n'en cite qu'un court extrait, une dizaine de jours plus tard, début , en couvrant simplement le procès. Les juges ont « correctionnalisé » l'affaire[130], pour arriver plus vite au procès et réduire le risque encouru de 10 ans à 5 ans de prison ferme, en transformant les accusations, d'« attentats à la pudeur commis sans violence contre des enfants de moins de quinze ans » à « violences et voies de fait commises contre des enfants de moins de quinze ans »[130], bien que l'on « puisse contester que des violences contre des enfants soient plus répréhensibles qu'un attentat à la pudeur commis avec leur consentement », estime alors Le Monde[130], qui prend ainsi ses distances avec la notion de consentement des mineurs, déjà fragilisées par les expertises judiciaires produites à l'audience du procès de l'Affaire de Versailles deux ans plus tôt.

Le , le concurrent Libération appuie une vaste contre-attaque médiatique de Daniel Cohn-Bendit, député européen, qui fait face à l'exhumation d'un article pédophile tiré de son livre de 1975 Le Grand Bazar qui avait paru à l'été 1976, peu après le suicide de la terroriste Ulrike Meinhof[131] dans le magazine culturel allemand de son ex-mari. Le texte est diffusé un quart de siècle plus tard à des journaux anglais, italiens et allemands[132] par la fille de cette dernière, en colère contre ceux qui avaient selon elle encouragé sa mère dans une voie sans issue.

Après deux semaines de silence, Daniel Cohn-Bendit répond aux médias, via une interview prévue au 20 heures de TF1 sur ces écrits pédophiles. L'un des articles de Libération [133], signé le jour même par Sorj Chalandon, affirme que Libération a lui aussi été, « dans les années 1970 », pris dans le « vertige commun » de son époque, où les journalistes croyaient avoir pour tâche d'abattre ce qui semblait relever de l'ordre moral, aboutissant à faire l'apologie de comportements criminels[134]. L'article évoque la pétition publiée en 1977 par Le Monde sur l'Affaire de Versailles.

Une semaine après, le , dans les pages "débats" du Monde, le philosophe, enseignant et chercheur au CNRS (Centre Jean Pépin, Histoire des doctrines de l'Antiquité)[135] Roger-Pol Droit publie une "analyse" titrée « De la subversion par la sexualité à la reconnaissance des droits de l'enfant » qui tente la même démarche de recontextualisation, mais en citant lui plutôt des publications de René Schérer ou de son ex-amant Guy Hocquenghem[136], à l'époque journaliste à Libération, effectuées dans la revue spécialisée Recherches, fondée par le psychanalyste d'extrême-gauche Félix Guattari, par ailleurs président du comité de défense de Pierre Goldman, militant d'extrême gauche ayant glissé dans le banditisme au cours des années 1970.

Les décodeurs

Les décodeurs, rubrique du site Web du journal Le Monde, créée le [97], se fixe pour objectif de vérifier les informations données sur des thématiques variées, dans les médias et sur les sites internet.

Le , Les décodeurs créent Décodex, un moteur de recherche accessible depuis leur site internet ou depuis une extension au navigateur internet et présenté comme « un outil de vérification de l'information à destination des enseignants (et des autres) ». L'initiative est critiquée dans la presse. Les journalistes Vincent Glad, Élisabeth Lévy et Daniel Schneidermann dénoncent la prétention qu'aurait le quotidien de jouer un rôle d'arbitre « impartial et transparent »[137] et le fait de s'instituer « juge et partie »[138],[139].

Certains, comme Jacques Sapir, estiment que le Décodex mis en place est une « liste maccarthyste », qu'ils comparent à l’Index librorum prohibitorum[140],[141], « la liste établie par l’Église des ouvrages que les catholiques n'avaient pas le droit de lire »[142].

Élection présidentielle de 2017

Bien que la direction du journal s'en défende[143], la neutralité du traitement accordé aux candidats de l'élection présidentielle par Le Monde est mise en cause par plusieurs journaux et associations, dont Acrimed, qui dénoncent un parti-pris non assumé du journal en faveur d'Emmanuel Macron[144],[145].

Le , Le Monde, mais aussi Inrocks et Libération, prennent la décision de boycotter la soirée électorale de Marine Le Pen pour protester contre le fait qu'une dizaine de médias y aient été refusés[146].

Autres

En 1999, la rédaction du journal « fait le choix de l'intervention » au Kosovo, comme l'admettra Edwy Plenel. Les journalistes Pierre Rimbert et Serge Halimi lui reprochent d'avoir contribué à désinformer l'opinion en relayant complaisamment les accusations des gouvernements occidentaux contre la Serbie. Ainsi, le journal consacra plusieurs unes au Plan Fer-à-cheval (un prétendu projet de nettoyage ethnique de la Serbie) qui était en réalité une invention du gouvernement allemand destinée à justifier l'entrée en guerre de l'Otan[147].

Selon les archives de Vassili Mitrokhine agent du KGB, Le Monde (nom de code du KBG[pas clair] VESTNIK, « messager ») était le principal relais du KGB pour répandre la désinformation antiaméricaine et pro-soviétique dans les médias français. Les archives ont identifié deux journalistes du journal Le Monde et plusieurs collaborateurs qui ont été utilisés dans le cadre des opérations[148].

Michel Legris publie en 1976 Le « Monde » tel qu'il est. D'après cet ancien journaliste du Monde (1956-1972), témoin direct de l'évolution du « quotidien de référence », le journal, derrière son apparente objectivité, applique de multiples procédés de désinformation au service d'une ligne éditoriale gauchisante. Celle-ci est portée notamment par de jeunes journalistes militants recrutés après 1968. Le journal vise non seulement à favoriser l'élection d'une majorité socialiste autour de François Mitterrand, mais aussi à promouvoir les convictions de l'intelligentsia de gauche ou d'extrême-gauche. Citations et analystes de textes à l'appui, Michel Legris montre aussi comment Le Monde a minimisé et excusé les exactions des Khmers rouges au Cambodge[149]. Comment il a reproduit sans aucune distance critique la propagande maoïste présentant la Chine populaire comme un paradis socialiste (p. 165-167), Guy Debord écrivant qu'il s'agissait du « journal le plus franchement maoïste paraissant hors de Chine ». Ainsi, en 1971, le journaliste Alain Bouc critique vigoureusement dans Le Monde le livre Les Habits neufs du président Mao de Simon Leys, qui révélait la nature du régime chinois[150]. Ou pris systématiquement le parti de l'extrême-gauche révolutionnaire contre les démocrates socialistes lors des troubles qui ont suivi la « révolution des Œillets » au Portugal[151]. Il énumère les cas où Le Monde omet ou retarde des informations gênantes pour sa ligne éditoriale, voire diffuse de fausses nouvelles, parfois diffamantes[152]. Si Le Monde subit alors une érosion de son lectorat, qui n'y retrouve plus les valeurs fondatrices du journal, Michel Legris paiera cher sa critique contre le pouvoir de ce grand média : il ne trouvera pas de travail dans la presse française pendant neuf ans.

En , Érik Israelewicz, alors rédacteur en chef du Monde où il était responsable du traitement de l'économie, publie un article dans la revue Sciences humaines. Il y explique comment l'actualité sociale, qui primait alors au Monde, a été progressivement fondue avec l'actualité économique dont la place était grandissante ; puis comment l'actualité des entreprises a progressivement dominé la rubrique économique et sociale[153]. Serge Halimi, directeur du Monde diplomatique, dans son essai politique Le Grand Bond en arrière (2004, réédité en 2006 et 2012), ajoute ironiquement : « Ensuite, on crée un supplément affaires [Le Monde des affaires]. Enfin, ce sera régulièrement Le Monde Argent ».

L'association de critique des médias Acrimed, reproche notamment au Monde de participer à la quasi unanimité des médias français en faveur de l'austérité européenne[154], de ne pas parler de certains livres critiques vis-à-vis du journalisme français, et ce malgré leur succès[155] ; ou encore l'utilisation de son image de marque pour la vente de produits n'ayant rien à voir avec le journalisme[156].

Le Monde est sévèrement critiqué pour sa couverture de l'affaire Alègre notamment en propageant des rumeurs contre Dominique Baudis, alors président du Conseil supérieur de l'audiovisuel et ancien maire de Toulouse[157],[158].

En , irrité par le contenu d'un article du Monde consacré à François Mitterrand signé par l'historien François Cusset, l'actionnaire Pierre Bergé dira « regretter » d'avoir investi dans le quotidien[159]. Il avance ainsi : « Je considère que contrairement… à ce qu’ils prétendent, les journalistes du Monde ne sont pas libres mais prisonniers de leurs idéologies, de leurs règlements de compte, et de leur mauvaise foi[160]. »

En , le mensuel Le Monde diplomatique publie un article du journaliste Pierre Rimbert critiquant la disparition progressive de l'indépendance rédactionnelle au Monde. L'article rapporte notamment une déclaration du milliardaire et propriétaire du Monde Xavier Niel : « Quand les journalistes m’emmerdent je prends une participation dans leur canard et après ils me foutent la paix[161]. »

En , Le Monde diplomatique rapporte les propos d'Eric Fottorino, ancien directeur du Monde : « Le Monde a rejoint la cohorte de ces titres renommés dont le sort est désormais lié au capital et au bon vouloir des capitaines d’industrie ou de finance. » Serge Halimi, directeur du Monde diplomatique, ajoute ironiquement qu'« avocat de la « mondialisation heureuse », Le Monde en est devenu la proie »[64].

Dans Un Monde à part (2013), Jean-Marie Colombani critique également l'évolution du quotidien du fait de ses nouveaux actionnaires, celui-ci n'étant plus selon lui, un « journal de journalistes », mais étant « engagé à gauche du simple fait de son actionnariat » (Pierre Bergé, Xavier Niel, Matthieu Pigasse). En raison de ce même actionnariat, l'ancien directeur du journal affirme que celui-ci « n'est plus indépendant du pouvoir économique»[162].

Les journalistes du quotidien n'échappent pas au reproche d'être trop politisés. Ainsi, Adam Nossiter du New York Times juge Le Monde « frénétique à l'égard de Nicolas Sarkozy »[163].

En , le site internet du quotidien annonce par erreur la mort de Bernard Tapie. L'article est rapidement retiré. Selon le quotidien, une dizaine d'articles auraient ainsi été publiés par erreur[164].

Condamnations judiciaires

En , Le Monde et sa filiale Le Monde Interactif ont été condamnés à 1 500 euros d'amende chacun par le tribunal correctionnel de Paris pour avoir diffamé le député socialiste Julien Dray[165]. La 17e chambre reproche au journaliste d'avoir utilisé des informations de TRACFIN concernant une enquête sur le député, « ce qui lui confère une apparente crédibilité », sans avoir attiré l'attention de ses lecteurs sur la circonspection qui s'imposait à ce stade de l'enquête ; et d'avoir « manqué à la prudence » en ne donnant pas la parole à M. Dray, ainsi qu'en ne rappelant pas le caractère « unilatéral et non contradictoire » de la note de TRACFIN (Julien Dray écopera d'un rappel à la loi[166]).

En , Le Monde a été condamné en dernière instance par la justice espagnole à indemniser deux clubs de football pour atteinte au droit à l'honneur. Le quotidien a dû verser 300 000 euros de dommages et intérêts au Real Madrid, et 15 000 euros au FC Barcelone, à la suite d'un article accusant des joueurs de dopage sans preuves[167]. En déboutant Le Monde de son pourvoi en cassation contre le FC Barcelone, le Tribunal suprême estimait en 2011 que « l'information publiée n'était pas véridique, le journal ayant utilisé des données inconsistantes et non contrastées, et le journaliste n'ayant pas suffisamment vérifié ses sources dans une affaire dont la gravité aurait plongé le club dans le discrédit »[168].

Le Monde a été condamné le pour diffamation, après avoir attribué à l'acteur John Malkovich un compte caché en Suisse dans une filiale de la banque HSBC[169]. Cette condamnation est confirmée le par la cour d'appel de Paris[170]. Les journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme ont été astreints à payer chacun une amende de 1 500 euros, et le directeur de la publication à 1 000 euros d’amende. Tous trois ont été condamnés à verser solidairement au total 10 000 euros de dommages et intérêts à John Malkovich.

Le , Le Monde et son journaliste Adrien Senecat ont été condamnés par le Tribunal de grande instance de Paris pour diffamation publique envers Olivier Berruyer, fondateur et animateur du blog les-crises.fr, à 1 500 euros de dommages et intérêts. Samuel Laurent a été condamné le même jour pour un tweet diffamatoire envers Olivier Berruyer : il était alors responsable de la rubrique des Décodeurs au Monde[171].

Diffusion et audience

Données de l'OJD[172],[173] :

Année Diffusion France payée Évolution annuelle
1979 353 915[174] NC
1994 302 203[174] NC
2001 358 978[174] en augmentation 3,0 %
2002 361 254[175] en augmentation 0,6 %
2003 345 231[176] en diminution –4,4 %
2004 330 768[177] en diminution –4,2 %
2005 320 704[178] en diminution –3,0 %
2006 312 265[179] en diminution –2,6 %
2008 300 522[180] en diminution –5,2 %
2009 288 049 en diminution –4,1 %
2010 286 348 en diminution –0,6 %
2011 292 765 en augmentation 2,2 %
2012 288 113 en diminution –1,6 %
2013 275 310 en diminution –4,4 %
2014 273 111 en diminution –0,8 %
2015 267 897 en diminution –1,9 %
2016 269 584 en augmentation 0,6 %
2017 284 738 en augmentation 5,6 %
2018 288 435 en augmentation 1,3 %


Année Diffusion totale
1962 182 408
1963 188 723
1964 200 457
1965 230 012
1966 251 399
1967 294 722
1968 354 982
1969 354 623
Année Diffusion totale
1999 390 840
2000 392 772
2001 405 983
2002 407 085
2003 389 249
2004 371 803
2005 360 610
2006 350 039
Année Diffusion totale
2007 358 655
2008 340 131
2009 323 039
2010 319 022
2011 325 295
2012 318 236
2013 303 432
2014 298 529
2015 292 054
2016 289 555
2017 301 528
2018 302 624

Pour une comparaison avec la diffusion totale des autres quotidiens nationaux français, voir « Presse en France ».

D'après l'OJD, en 2003, un peu plus de la moitié des abonnés à la version Internet sont les abonnés à la version papier utilisant leur droit de consultation :

  •  : 30 597 ;
  •  : 44 687.

En 2007, l'audience du quotidien s'élève à 1 895 000 lecteurs (EPIQ 2006/2007-LNM) dont 56 % appartient à un foyer CSP+.

Graphique de la diffusion totale par année de 1999 à 2018

Finances

La Société des lecteurs du Monde (éditrice du journal) a publié en 2017 un chiffre d'affaires de 177 100 000 , une perte de 775 000  et un effectif de 650 personnes[181].

Le journal Le Monde touche des subventions de l'État. Ainsi, il a perçu 2,95 millions d’euros d’aide du fonds d'aide à la modernisation de la presse de 2003 à 2010[182] (voir Aides à la presse en France). En 2010, il est le second quotidien français qui reçoit le plus de subventions de l'État avec 17 millions d'euros d'aides directes[183]. En 2011 et 2012, il est le premier avec 16,9 et 18,6 millions d'euros[184],[185].

Publications

Le quotidien Le Monde

Le Monde présente la particularité d'être daté du lendemain de son jour de parution. C'est le seul en France, avec le quotidien Présent, à conserver cette formule en 2013. Son édition du jour est ainsi disponible vers 13 heures à Paris, Lyon et Toulouse[186] et le soir même dans quelques grandes villes de France[réf. nécessaire] et partout ailleurs le lendemain, y compris à l'international. Par exemple, l'édition sortant des rotatives le vendredi 1er sera datée samedi 2.

Toujours appelé « quotidien du soir », Le Monde est aujourd'hui devenu en réalité un quotidien du midi. Le « bouclage » de la rédaction se fait le matin à 10 h 30, ce qui permet d'intégrer des informations tombées dans la nuit ou au petit matin, contrairement à la plupart de ses confrères qui bouclent dans la nuit.

Aujourd'hui, le quotidien se découpe de la façon suivante :

  • La une : elle se compose d'une tribune, très souvent accompagnée d'une photo d'actualité ; de l'éditorial du jour au centre ; d'un dessin de Plantu en pied de page ; ainsi que d'autres brèves qui seront développées dans le journal.
  • Page deux : cette page du journal comprend notamment le dessin de presse quotidien de Xavier Gorce.
  • Page trois : cette page, du nom de son emplacement, est le lieu d'une enquête plus poussée sur un thème précis, qu'il soit d'actualité récente ou qu'il procède plus d'une enquête de fond sur un thème méconnu. Une place très large est laissée à l'image au sein de cette page.
  • Planète : une à deux pages consacrée(s) à l'actualité environnementale.
  • International, International & Europe : 4, 5 pages consacrées à l'actualité internationale et européenne.
  • France : 3-4 pages consacrées à l'actualité française principalement centrée sur la politique.
  • Économie : 2-3 pages consacrées à l'actualité économique, financière et industrielle.
  • Décryptages : 3-4 pages réservées aux débats (tribunes, billets d'humeur, réactions publiques, lettres ouvertes…) ou à une enquête poussée sur un point d'actualité
  • Culture : 2-3 pages consacrées à l'actualité culturelle française et internationale. Le numéro du mercredi est consacré aux sorties cinéma.
  • & Vous : une page sur la vie pratique et quotidienne
  • Carnet : nécrologie, hommages, mariages, naissances
  • Météo & jeux, la météo n'apparaît plus à partir du avec le lancement d'une nouvelle formule du quotidien. Elle est consultable en ligne sur le site internet du quotidien.
  • La dernière page (la page 28 généralement) est consacrée au courrier des lecteurs ainsi qu'à un billet d'humeur d'une personnalité

Chaque numéro du Monde propose une contre-enquête qui peut porter sur n'importe quelle rubrique du journal.

Si le découpage du journal reste la plupart du temps quasiment identique d'un jour à l'autre, rien n'empêche la rédaction de consacrer plus de pages à tel thème en raison d'une actualité importante. Par exemple, pour sa couverture du séisme de mars 2011 intervenu au Japon, la rubrique Planète a pu monopoliser une petite dizaine de pages dans certains numéros du quotidien.

Depuis 2009, Le Monde désigne une personnalité de l'année. Les récipiendaires sont le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, en 2009, et Julian Assange, en 2010.

Le Monde.fr

Logo Le Monde.fr, « .fr » dessiné par Pierre Katz (designer) en .

Le Monde est présent sur Internet avec son propre nom de domaine (lemonde.fr) depuis le [187].

La quasi-totalité du contenu textuel du journal y est accessible gratuitement tous les jours, en début d'après-midi. Les articles de moins de trois jours sont également librement accessibles, mais sans la documentation iconographique et infographique du journal. D'autres sources sont aussi mises à disposition du lecteur, comme des dépêches d'agences de presse ou des billets de blog.

Pour l'accès aux archives, l'abonné au journal a un droit limité (à 25 articles d'archive par mois) et gratuit de consultation, sinon la lecture des archives est payante. On peut, depuis , s'abonner à la partie payante du site et bénéficier des dépêches d'agence (AFP, AP, Reuters), d'une base de données de résultats électoraux mise à jour depuis 1969, accéder à des contenus multimédia (près d'un million d'articles du Monde en ligne, soit l'intégralité du quotidien depuis 1987).

Par ailleurs, depuis , Le Monde.fr a lancé un nouveau service : le Journal électronique[188]. Il est ainsi possible de lire Le Monde en ligne, en bénéficiant des fonctionnalités propres au numérique : feuilletage, zoom numérique, recherche, etc. En , puis en , le portail d'accueil du site a été entièrement refondu dans sa présentation.

L'édition électronique du journal a d'abord été créée en 1994. Elle était conçue au sein du journal et était distribuée sur les réseaux électroniques grâce à un accord avec CompuServe et Edelweb, une société française spécialisée sur la sécurité en ligne. La version Web paraît le , 51 ans après le premier numéro papier, et est alimentée par une équipe de trois journalistes recrutés par Michel Colonna d'Istria[189]. Depuis 1999, le site est édité par la société Le Monde interactif, filiale majoritaire du Monde et à 34 % de Lagardère. La filiale Le Monde interactif a d’abord été présidée par Alain Giraudo, puis par Bruno Patino, à la suite de l'échec du lancement du portail Tout.lemonde.fr en 2000. Le PDG du Monde interactif a ensuit été Philippe Jannet, remplacé en 2012 par Isabelle André[190].

En 2017, LeMonde.fr figurait parmi les dix sources les plus citées dans Wikipédia en français[191]. Actuellement, le site fait partie des 50 sites les plus visités en France[192].

Les Blogs LeMonde.fr

Depuis le début des années 2000 lemonde.fr proposait à ses abonnés de pouvoir éditer un blog sur le site. Le , le média annonce que ce service prendra fin le de la même année[193],[194]. Les billets des 400 blogs abonnées du Monde ont été conservés par la Bibliothèque nationale de France, certains blogs aussi par la Bibliothèque nationale allemande [195].

Applications pour smartphones et tablettes

Le [196], Le Monde lance l'une des premières applications d'actualité pour smartphone iphone et tablette ipad, disponible gratuitement via l'App Store[197] récemment créé. Elle est téléchargée plus de 100 000 fois en 15 jours[198] et 500 000 fois en 6 mois[199].

En 2011, l'appli « Le monde : l'info en continu » est lancée sur Android[200].

En 2015, une nouvelle application freemium est disponible sur l'AppStore et Google Play : La matinale du Monde[201].

Depuis le , Le Monde ainsi que sept autres éditeurs de presse français (Paris MatchViceL’ÉquipeMeltyCosmopolitanKonbini et Tastemade) diffuse tous les jours des contenus exclusifs et une expérience visuelle inédite sur Discover, l'espace réservé aux médias de l'application Snapchat[202].

Suppléments, rubriques et titres

Le Monde propose des suppléments[Note 3] quotidien, hebdomadaires et mensuels, ainsi que divers suppléments ponctuels.

Tous les jours :

  • Le Monde éco & entreprise, supplément quotidien (depuis ), paraissant sur 8 à 12 pages. Ce supplément était auparavant hebdomadaire, paraissant avec l'édition du quotidien datée du mardi. Titré Le Monde économie jusqu'en , il change alors de nom pour adapter son nom actuel, tout en conservant ses jour et rythme de parution (sauf plusieurs semaines durant l'été et Noël). Ce supplément contient des dossiers, des analyses, des entretiens, consacrés à l'économie, à la vie des marchés et des entreprises. Dès , Le Monde revient au format initial en réintégrant les pages Économie au sein du cahier principal, signifiant l'arrêt de 8 ans de développement du supplément avec sa Une propre[203].

Chaque semaine :

  • Le Monde Science & Médecine, paraissant en supplément de l'édition du quotidien datée du mercredi (sauf au mois d'août et à Noël), et comportant 8 pages. Jusqu'en , le supplément était titré Le Monde science&techno, et paraissant avec l'édition « Week-end », datée du samedi ;
  • Le Monde des livres, fondé en 1967 par Jacqueline Piatier[204], paraissant en supplément de l'édition du quotidien datée du vendredi (sauf au mois d'août et à Noël), et comportant de 8 à 10 pages. L'actualité de l'édition et la critique des principales parutions, dans tous les genres, de la littérature classique à la bande dessinée.
  • Le Monde Idées, (anciennement Le Monde culture&idées) paraissant en supplément de l'édition « Week-end » du quotidien, datée du samedi, et comportant 8 pages. Dès , ce supplément est supprimé et remplacé par des pages « Idées » intégrées au cahier principal.
  • M, le magazine du Monde (anciennement Le Monde 2, Le Monde magazine), publié en supplément de l'édition du quotidien datée du samedi. On y trouve notamment l'actualité de l'art de vivre, de la mode et de la beauté, du design, de la culture, etc.

Chaque mois :

  • Le Monde Argent. Portant sur l'actualité des placements financiers (prêt, placement, investissement, immobilier, emprunt…) ; le supplément devient Le Monde argent & patrimoine en , avec un jour de parution mensuel fluctuant puis, à partir due , adopte le nom actuel.
  • Le Monde Université et Grandes Écoles. Analysant l'actualité éducative à destinations des parents, des enseignants et des étudiants ; le supplément prend le nom de Le Monde universités & grandes écoles, en , et paraissant en supplément de l'édition du quotidien datée du jeudi.

Le quotidien fait aussi paraître, chaque année, plus de 30 suppléments ponctuels : Le Monde des vins, Europa (en collaboration avec des titres de presse non français), sur certaines manifestations artistiques (Festival d'Avignon, Biennale de Lyon, etc.).

Anciennement :

  • Le Monde géopolitique, ancien supplément de l'édition du quotidien datée du jeudi, et comportant habituellement 8 pages. Initialement titré Le Monde géo&politique, il est publié en supplément de l'édition du quotidien datée du dimanche puis, à partir de , en supplément de l'édition datée du jeudi, avec en outre un changement de dénomination en . La publication du supplément cesse avec le numéro daté du . Quatre pages de géopolitique sont réintégrées dans le cahier principal du Monde daté dimanche-lundi depuis fin 2015.
  • Le Monde Sports (anciennement Le Monde sport&forme, paraissant en supplément de l'édition « Week-end » du quotidien, datée du samedi, et comportant 8 pages ; La publication de ce supplément a définitivement cessé le , deux pages de sport sont réintégrées dans le cahier principal du numéro daté samedi.
  • Le Monde télévisions, paraissant en supplément de l'édition du quotidien datée du dimanche, et comportant 28 ou 32 pages. On y trouve l'actualité de tous les écrans télévisions, web, ainsi qu'une sélection des programmes de télévision et de radio pour la semaine à venir. À partir du , ce supplément disparaît au profit d'une page quotidienne dans le cahier principal du journal et 3 pages dans l'édition datée dimanche-lundi.

Les articles les plus significatifs publiés dans Le Monde et ses suppléments sont aussi rassemblés et publiés sous différents formats :