Lewis Hamilton
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Lewis Hamilton en 2016 au Grand Prix de Malaisie.
Biographie
Nom complet Lewis Carl Davidson Hamilton
Date de naissance (36 ans)
Lieu de naissance Drapeau : Royaume-Uni Stevenage (Royaume-uni)
Nationalité Drapeau : Royaume-Uni Britannique
Site web lewishamilton.com
Carrière
Années d'activité Depuis 2007
Qualité Pilote automobile
Parcours
AnnéesÉcurie0C.0(V.)
2007-2012 Drapeau : Royaume-Uni McLaren 110 (21)
2013- Drapeau : Allemagne Mercedes 161 (77)
Statistiques
Numéro permanent 44
Nombre de courses 271
Pole positions 100 (record)
Meilleurs tours en course 55
Podiums 169 (record)
Victoires 98 (record)
Champion du monde 7 (record) : 2008, 2014, 2015, 2017, 2018, 2019, 2020

Sir Lewis Hamilton, né le à Stevenage dans le Hertfordshire en Angleterre, est un pilote automobile britannique, septuple champion du monde de Formule 1 en 2008, 2014, 2015, 2017, 2018, 2019 et 2020. Recordman du nombre de pole positions (100), du nombre de podiums (169), de courses terminées dans les points (233), du nombre de points marqués en une saison (413), du nombre de points en carrière (3 872), de tours passés en tête ainsi que du nombre de victoires (98, dont 77 pour la même écurie), il est, à ce jour, le pilote le plus titré de la discipline, en compagnie de Michael Schumacher, avec sept titres mondiaux. Il est le seul pilote de l'actuel plateau à avoir obtenu des victoires et des pole positions dans toutes les saisons qu'il a disputées, soit quinze années consécutives en 2021.

Né et élevé à Stevenage, Hamilton fait ses armes en karting puis rejoint le programme des jeunes pilotes de McLaren en 1998 à treize ans. Vainqueur du championnat de Formule 3 Euro Series en 2005 puis du championnat de GP2 Series 2006, il débute en Formule 1 en 2007, au sein de l'écurie de Ron Dennis. Dès sa première saison, battant plusieurs records de précocité, il termine deuxième du championnat à un point de Kimi Räikkönen. L'année suivante, il remporte son premier titre de champion du monde grâce à un dépassement dans le dernier virage du dernier Grand Prix à Interlagos, pour devenir à l'époque le plus jeune pilote titré en F1.

Après quatre saisons de plus avec McLaren, il rejoint Mercedes Grand Prix en 2013. L'ère des moteurs turbo-hybrides qui débute en 2014 marque le départ d'une domination totale de l'écurie allemande et de son pilote, qui s'adjuge six titres mondiaux supplémentaires avec, pour commencer, un doublé en 2014 et 2015 au cours d'une rivalité intense avec son coéquipier Nico Rosberg, qui lui permet d'égaler son idole Ayrton Senna avec trois sacres. Après la retraite de Rosberg, qui le bat en 2016, Sebastian Vettel sur Ferrari devient son principal adversaire, qu'il finit par dominer en prenant le large après la mi-saison, en 2017 et en 2018. Lewis Hamilton conquiert deux nouveaux titres, en 2019 et 2020, égalant le record de Michael Schumacher. Le 8 mai 2021 sur le Circuit de Barcelone lors des qualifications du Grand Prix d'Espagne, il atteint le chiffre historique de cent pole positions. Il peut obtenir voire dépasser le même nombre de victoires au cours de la même saison.

Hamilton est considéré comme le pilote qui a élargi l'audience de la Formule 1, en partie grâce à son activité sociale, son engagement pour la défense de l'environnement, ses incursions dans la musique et la mode. En 2020, il devient une figure majeure du mouvement Black Lives Matter, engageant toute la Formule 1 dans la lutte contre le racisme et pour augmenter la diversité dans le sport automobile. Membre de l'Ordre de l'Empire britannique depuis son titre mondial 2008, Lewis Hamilton est élevé au grade de chevalier (KBE), anobli par la reine Élisabeth II le [1].

Biographie

Les débuts

Le grand-père paternel de Lewis Hamilton est originaire de la Grenade, qu'il a quittée en 1955 pour l'Angleterre puis y est retourné dans les années 1970 après le décès de sa femme[2]. Son père est né en Angleterre. Lewis Hamilton naît à Stevenage et grandit à Tewin, au nord de Londres[3].

Lewis Hamilton débute par le karting à l'âge de huit ans et se met rapidement en évidence par son coup de volant. À neuf ans, il remporte son premier championnat national, ce qui lui vaut d'être invité en fin d'année au dîner de gala organisé par l'hebdomadaire britannique Autosport. À cette occasion, il aborde Ron Dennis, le patron de l'écurie de Formule 1 McLaren et lui confie qu'il aimerait un jour piloter en Formule 1 pour son écurie. Ron Dennis l'encourage à persévérer et lui promet de suivre attentivement sa carrière. Trois ans plus tard, Ron Dennis lui fait signer un contrat à long terme et accepte de financer sa carrière. En 2000 il devient champion d'Europe de Formula A en karting sur CRG-Parilla.

En 2002, Hamilton fait ses débuts dans le championnat britannique de Formule Renault, qu'il remporte l'année suivante avec l'équipe Manor Motorsport. Fin 2003, toujours pour le compte de Manor Motorsport, il dispute également deux courses du championnat britannique de Formule 3 ainsi que les deux courses internationales de Formule 3 de Macao et de Corée, réalisant la pole position de cette dernière.

En 2004, il réalise sa première saison complète de Formule 3, toujours pour la même équipe, mais dans le championnat Euroseries. Après une première saison prometteuse, il est engagé par l'équipe française ASM et écrase le championnat 2005, remportant quinze courses sur vingt, ainsi que les Masters de Zandvoort.

Cette réussite lui vaut de passer en 2006 en GP2, où il remplace le tenant du titre Nico Rosberg dans l'écurie ART Grand Prix. D'emblée, Hamilton domine des pilotes plus expérimentés que lui et, malgré le retour en fin de saison de Nelsinho Piquet, s'octroie le titre de champion lors du dernier week-end.

2007 : première saison exceptionnelle en Formule 1 chez McLaren

Lewis Hamilton dans son tour d'honneur après sa première victoire, au Grand Prix du Canada.
Lewis Hamilton au Grand Prix des États-Unis.

En 2007, Hamilton rejoint McLaren-Mercedes aux côtés de Fernando Alonso, un tout nouveau duo composant l'écurie anglo-allemande. Dès ses premiers Grands Prix, l'Anglais confirme les espoirs placés en lui. En Australie, après avoir ponctuellement mené la course, il termine troisième derrière Alonso qui le double à la faveur du dernier ravitaillement ; il devient le premier débutant à terminer son premier Grand Prix sur le podium depuis Jacques Villeneuve en 1996. En Malaisie, il est deuxième derrière son coéquipier après avoir doublé les deux Ferrari au départ et résisté de manière autoritaire aux attaques de Felipe Massa dans les premiers tours. Hamilton termine deuxième, derrière Felipe Massa, au Grand Prix de Bahreïn et devient le seul débutant à conquérir trois podiums pour ses trois premières courses en championnat. À l'issue de la course, il est troisième du championnat, à égalité de points avec Fernando Alonso et Kimi Räikkönen. Après une nouvelle deuxième place en Espagne, il prend la tête du championnat, devenant le plus jeune pilote à mener le championnat, avant d'être rattrapé par Fernando Alonso, vainqueur à Monaco, malgré une nouvelle deuxième place obtenue dans les rues de la principauté.

Dès sa sixième course, au Grand Prix du Canada, il obtient la première pole position de sa carrière et part de la première ligne pour la troisième fois de la saison. Il remporte la course, marquée par l'accident de Robert Kubica et quatre interventions de la voiture de sécurité. Il récidive une semaine plus tard, en remportant, sur l'Indianapolis Motor Speedway, le Grand Prix des États-Unis. Après cette deuxième victoire consécutive, il compte dix points d'avance sur son coéquipier Alonso au championnat. À l'occasion du Grand Prix de France à Magny-Cours, les McLaren sont moins performantes et Ferrari réalise son premier doublé de la saison. Hamilton termine troisième et accroît encore son avance sur son coéquipier qui termine septième. Lors de son Grand Prix national à Silverstone, il réalise la pole position au prix d'une stratégie très agressive qu'il paye en course, une de ses prestations les plus effacées depuis le début de saison. Il termine toutefois troisième, obtenant son neuvième podium consécutif et consolidant sa place de leader du championnat.

Le 21 juillet, lors de la dernière partie des qualifications du Grand Prix d'Europe disputé sur le Nürburgring, il est victime d'une violente sortie de route causée par l'éclatement d'un pneumatique à cause de la mauvaise fixation de l'une de ses roues en raison de la défaillance d'un pistolet pneumatique, dans une courbe rapide et percute de face un mur de pneus. Après s'être difficilement extrait de sa monoplace, il est évacué vers le centre médical du circuit puis vers l'hôpital de Coblence où les examens pratiqués ne laissent apparaître aucune fracture ou lésion[4]. Le lendemain, les délégués médicaux de la FIA l'autorisent à participer à la course qu'il démarre à la dixième place de la grille. Son excellent départ est gâché par une crevaison consécutive à une touchette puis par une sortie de piste au moment où une violente averse s'abat sur le circuit. De retour en piste grâce à l'aide des commissaires, il prend place en queue de peloton lors du second départ et perd toute chance de bien figurer en chaussant les pneus secs trop tôt. Sa remontée s'achève en neuvième position, réalisant ainsi son premier score vierge en Formule 1, ce qui permet à son coéquipier Alonso, vainqueur de la course, de revenir à deux longueurs au championnat. Selon des experts, la décélération subie par le leader du championnat du monde lors de son terrible crash des qualifications du GP d'Europe sur le Nürburgring a été de 29,8 g. À la question : « En quoi cet accident vous a-t-il perturbé ? », Hamilton répond : « Il ne m'a pas perturbé. C'est loin d'être le premier et sûrement pas le dernier ! »[5]

Au Grand Prix de Hongrie, Hamilton s'élance de la pole position après le déclassement de son coéquipier, rétrogradé en sixième position à la suite d'un comportement jugé antisportif lors de la séance de qualification, ayant gêné le Britannique lors d'un changement de pneus. Hamilton remporte l'épreuve devant Räikkönen avec qui il est resté au coude à coude durant toute la course. Il remporte ainsi sa troisième victoire en championnat et possède sept points d'avance sur Alonso et vingt sur Räikkönen. Le 26 août, au Grand Prix de Turquie, Hamilton part de la deuxième place entre les deux Ferrari de Felipe Massa et Kimi Räikkönen. Dès le départ, il se retrouve troisième, place qu'il va longtemps occuper même s'il perd quelques dixièmes de secondes au tour sur Massa au fil de la course. À seize tours du but, son pneu avant droit éclate alors qu'il roule à près de 260 km/h. Hamilton garde le contrôle de sa monoplace et rallie les stands où son arrêt lui fait perdre deux places. Il se retrouve cinquième, place qu'il tient jusqu'à l'arrivée malgré le retour d'Heikki Kovalainen. À Monza, il se qualifie à quelques millièmes d'Alonso à la deuxième place, qu'il conserve en course. Une semaine plus tard, à Spa-Francorchamps, il se qualifie et rallie l'arrivée à la quatrième place.

Le 30 septembre, au Grand Prix du Japon au Mont-Fuji, il réalise la pole position sous la pluie. Dans les mêmes conditions, il remporte la course alors que son coéquipier abandonne, et prend une sérieuse option dans l'optique du titre : il mène de douze points alors qu'il ne reste que deux Grand Prix. Après avoir réalisé la pole position au Grand Prix de Chine et avoir mené la première partie de la course, Hamilton reste trop longtemps en piste avec des pneus usés : perdant plusieurs secondes pleines à chaque tour, il est dépassé par Kimi Räikkönen avant de rentrer enfin aux stands. En sur-vitesse dans l'allée des stands, il perd le contrôle de sa monoplace et échoue dans un bac à graviers. Après ce premier abandon de sa carrière, il n'a plus que quatre points d'avance sur Fernando Alonso et sept sur Kimi Räikkönen, deuxième et vainqueur de la course.

Au Brésil, qualifié en deuxième position et virtuellement champion du monde au départ de la course, Lewis Hamilton commet une erreur en début de course lors d'une passe d'armes avec son coéquipier au cours de laquelle il sort de la piste, puis perd de nombreuses secondes à la suite d'un souci électronique qui le laisse temporairement au ralenti. Relégué en queue de peloton puis victime d'une mauvaise stratégie de course, il termine à la septième position après avoir perdu un tour sur Kimi Räikkönen qui s'impose et devient champion du monde. À égalité de points avec Fernando Alonso, il le devance au nombre de deuxièmes places et devient vice-champion du monde pour sa première saison ; seul Jacques Villeneuve, lors de la saison 1996, a terminé à une telle position pour une première saison. Il gagne le Trophée Seagrave, décerné par le Royal Automobile Club.

2008 : plus jeune champion du monde de l'histoire de la Formule 1

Lewis Hamilton au Grand Prix d'Espagne.
Lewis Hamilton (à gauche) dépasse Heikki Kovalainen lors du Grand Prix de Grande-Bretagne.
Dépassement de Lewis Hamlilton sur Kimi Räikkönen lors du Grand Prix de Belgique.

Au mois de , lors d'essais privés sur le circuit de Catalogne à Barcelone, Lewis Hamilton est victime d'insultes à caractère raciste de la part de spectateurs[6]. Après avoir menacé les autorités sportives espagnoles de sanctions pouvant aller jusqu'à la suppression du calendrier des deux Grands Prix disputés en Espagne si aucune mesure n'est prise pour empêcher que de tels faits se reproduisent[7], la FIA annonce le lancement d'une campagne intitulée Racing Against Racism[8]. Le président de la FIA, Max Mosley, révèle par ailleurs qu'Hamilton a déjà été victime d'insultes racistes fin 2007 au Grand Prix de Chine et déjà en provenance de supporters espagnols de Fernando Alonso[9].

La saison 2008 commence en fanfare en Australie : auteur de la pole position le samedi, il remporte la course. Victime d'un souci au moment de son ravitaillement en Malaisie, il se classe cinquième avant de terminer hors des points à Bahreïn, après avoir légèrement décollé sur la Renault de Fernando Alonso, et perd la tête du championnat du monde au profit de Kimi Räikkönen. En Espagne, il monte sur la troisième marche du podium puis il termine deuxième du Grand Prix de Turquie, seul des favoris à avoir choisi une stratégie à trois arrêts ravitaillement. Sous la pluie, à Monaco, il tape le rail mais rejoint son stand et remporte l'épreuve, utilisant à son avantage les différentes sorties de la voiture de sécurité ; cette victoire lui permet de récupérer la tête du championnat du monde.

Parti de la pole position au Canada, il mène le début de course avant de percuter Kimi Räikkönen, immobilisé à cause du feu rouge dans la voie des stands, lors du ravitaillement ; il abandonne et perd la première place du championnat au profit de Robert Kubica. Pénalisé d'un recul de dix places sur la grille de départ du Grand Prix de France pour cet incident, il se classe dixième et est à nouveau pénalisé pour avoir court-circuité une chicane en dépassant Sébastien Bourdais. Quinze jours plus tard, au Grand Prix de Grande-Bretagne, il part quatrième, progresse au fil des premiers tours puis domine l'épreuve disputée dans des conditions dantesques, devenant le premier Anglais à remporter cette course depuis Johnny Herbert en 1995 ; il reprend la tête du championnat à égalité avec Felipe Massa et Räikkönen.

Il réitère sa performance en Allemagne après avoir réalisé une nouvelle pole position. Premier sur la grille de départ du Grand Prix de Hongrie, il est dépassé au premier virage par Massa qui s'affirme comme étant son principal adversaire au championnat. Victime d'une crevaison au cours de la course, il finit cinquième mais augmente son avance au championnat car le Brésilien, qui a survolé l'épreuve, abandonne à trois tours de l'arrivée sur casse mécanique. Celui-ci prend sa revanche au Grand Prix d'Europe à Valence et remporte la course, Hamilton terminant deuxième.

Longtemps deuxième derrière Räikkönen au Grand Prix de Belgique, il profite de l'apparition de la pluie en fin de course pour attaquer le Finlandais mais est sanctionné par une pénalité de vingt-cinq secondes après avoir franchi la ligne d'arrivée en vainqueur pour avoir court-circuité une chicane ; il se classe finalement troisième derrière Nick Heidfeld et Felipe Massa, vainqueur sur tapis vert. En Italie, piégé par les conditions climatiques, il ne se qualifie qu'en quinzième position. En course, il remonte à la septième place, juste derrière le Brésilien, et conserve un point d'avance sur lui au championnat. À Singapour, il termine troisième derrière Fernando Alonso et Nico Rosberg et accentue son avance à sept points, Felipe Massa terminant hors des points.

Au Japon, Hamilton se qualifie en pole position mais est pénalisé pour un freinage discutable au premier virage ; il termine hors des points d'une course remportée par Alonso. Son avance au championnat se réduit à cinq points, son adversaire terminant septième, pénalisé pour l'avoir percuté. Une semaine plus tard, Hamilton survole le Grand Prix de Chine qu'il remporte après être parti de la pole position. Massa termine deuxième et Hamilton aborde la dernière manche du championnat, le Grand Prix du Brésil, avec à nouveau sept points d'avance au championnat.

Parti quatrième quand Massa est en pole position, il occupe une longue partie de la course la cinquième place qui lui permet mathématiquement de remporter le championnat en cas de victoire du Brésilien. À la suite d'une averse dans les derniers tours, comme la majorité des pilotes, il s'arrête aux stands pour changer de pneus. Reparti cinquième derrière Massa, Alonso, Räikkönen et Timo Glock, ce dernier ayant fait le pari de rester en piste avec des pneus pour piste sèche, il est dépassé par Sebastian Vettel, ce qui le relègue à la sixième place et lui ôte le point dont il a besoin pour devenir champion. Massa remporte la course, au moment où Hamilton est toujours sixième mais, dans le dernier virage, le Britannique dépasse Glock, en difficulté avec ses pneus secs, et récupère la cinquième place qui lui permet de devenir, à 23 ans, 9 mois et 26 jours, le plus jeune champion du monde de l'histoire de la Formule 1, record battu en 2010 par Sebastian Vettel[10]. Champion du monde dès sa deuxième saison, il égale Jacques Villeneuve en 1997 et Juan Manuel Fangio en 1951.

2009 : impossibilité de lutter pour le titre

Lewis Hamilton passe la barre des 700 tours en tête d'une course, à Valence.
Lewis Hamilton décroche la onzième victoire de sa carrière à Singapour.

À l'entame de la saison 2009, Hamilton fait figure de favori pour le titre mondial face à des pilotes comme Felipe Massa ou Robert Kubica, considérés comme potentiels champions du monde après leurs prestations de 2008. Ces prévisions se révèlent erronées dès les séances d'essais hivernales. Les McLaren MP4-24, dotées du SREC qui les handicape en termes d'équilibre des masses, sont rétives et difficiles à mettre au point. Ni Hamilton ni son équipier Heikki Kovalainen ne parviennent à trouver leurs marques au cours des essais hivernaux.

Une polémique éclate à l'issue du premier Grand Prix de la saison, en Australie : Hamilton est accusé d'avoir délibérément menti aux enquêteurs de la FIA qui l'interrogeaient après la course à la suite d'un imbroglio lié à un dépassement sous drapeau jaune, passant de la quatrième à la troisième position. Après consultation des transmissions radios entre Hamilton et son stand, McLaren et Hamilton sont reconnus coupables et le pilote écope d'une disqualification du Grand Prix. Il débute ainsi la saison avec un score vierge, une première dans sa carrière.

Les premières courses de la saison confirment les piètres résultats hivernaux. Hamilton est dans l'impossibilité de défendre son titre mondial au volant d'une monoplace ne pouvant rien face aux révélations techniques que sont les Brawn-Mercedes (sans SREC mais dotées d'un double diffuseur) et les Red Bull-Renault (sans SREC). Tandis que Jenson Button rafle les victoires et que les pilotes Red Bull engrangent de gros points, Hamilton, même s'il termine dans les points à trois reprises à l'occasion de ses quatre premières courses, n'inscrit que neuf points en neuf courses et n'est que onzième du championnat. Les faits notables de ces courses sont son accident en qualifications à Monaco où il tape le mur, ce qui le fait partir dix-neuvième, et son départ au Nürburgring où, s'élançant cinquième, il se hisse à quelques millimètres près en tête au premier virage avant de connaître une crevaison après un contact avec Mark Webber.

En Hongrie, dixième manche du championnat, il réalise sa meilleure qualification de la saison et s'élance de la quatrième place de la grille. Auteur d'une course solide, il monte sur son premier succès de l'année alors qu'il n'était plus entré dans les points depuis la quatrième manche. Au Grand Prix d'Europe à Valence, il réalise sa première pole position de la saison et termine deuxième derrière Rubens Barrichello après une erreur de ses mécaniciens dans les stands alors qu'il était en tête. Une semaine plus tard, lors du Grand Prix de Belgique à Spa Francorchamps, il abandonne dès le premier tour, victime indirecte de l'accrochage entre Romain Grosjean et Jenson Button. Au Grand Prix d'Italie, Hamilton réalise la pole position mais laisse à nouveau la victoire à Barrichello. Alors qu'il est en troisième position, il attaque Button dans le dernier tour pour le gain de la deuxième place, sort violemment de la piste et cède la troisième place à Kimi Räikkönen.

Il s'impose ensuite à Singapour après avoir réalisé la pole position et enchaîne avec deux troisièmes places aux Grands Prix du Japon et du Brésil. À Abou Dabi, dernière épreuve de la saison, Hamilton obtient la pole position, mène le début de course, mais abandonne sur problème de freins. Il se classe cinquième du championnat du monde avec 49 points et cède son titre à Jenson Button.

2010 : retour à la compétitivité

Lewis Hamilton au Grand Prix du Canada en 2010.
Lewis Hamilton au Grand Prix de Belgique en 2010.

À Bahreïn, premier Grand Prix de la saison, Hamilton se classe troisième derrière Fernando Alonso et Felipe Massa. Au Grand Prix d'Australie, alors qu'il ne reste que quelques tours, Hamilton attaque Alonso pour le gain de la quatrième place lorsque Webber le percute au freinage : Hamilton termine sixième. En Malaisie, il termine à nouveau sixième après s'être élancé de la vingtième position sur la grille. En Chine, sous la pluie, il termine second derrière son coéquipier Jenson Button. À Barcelone, alors qu'il occupe la deuxième place de l'épreuve depuis le départ, il abandonne, victime de la casse d'une jante et d'un crash sévère à deux tours du but. Cet abandon le relègue à la sixième place du championnat du monde.

À Istanbul, Hamilton profite de l'accrochage entre les deux Red Bull et l'abandon de Vettel pour remporter son douzième succès devant Button et Webber et, poursuivant sur sa lancée, signe au Canada la dix-huitième pole position de sa carrière, la première de la saison qui échappe à un pilote Red Bull Racing, avant de s'imposer devant Button et Fernando Alonso pour prendre la tête du championnat du monde.

À Valence, à l'occasion du Grand Prix d'Europe, ainsi qu'à Silverstone, il se classe second et accroît son avance sur Button au championnat. Au Grand Prix d'Allemagne, sa monoplace est largement en retrait face aux Red Bull et aux Ferrari et Hamilton se qualifie sixième puis accroche la quatrième place finale. Lors du Grand Prix de Hongrie, Hamilton fait part à ses ingénieurs de ses doutes sur la fiabilité de ses freins. Il s'élance de la cinquième position sur la grille mais, au vingt-troisième tour, abandonne en raison d'un problème de boîte de vitesses. Il perd la tête du championnat au profit de Mark Webber.

Fin août, Lewis Hamilton remporte le Grand Prix de Belgique juste devant Webber, alors que son coéquipier et Alonso abandonnent et que Vettel termine hors des points : il reprend la tête du championnat avec trois points d'avance sur Webber. Il abandonne à Monza, victime d'une rupture de direction à la suite d'une touchette avec Felipe Massa et perd la tête du championnat. À Singapour, il profite du dépassement d'un retardataire par Webber pour le dépasser pour le gain de la troisième place mais l'Australien le percute et le contraint à l'abandon. À Suzuka, il est pénalisé de cinq places sur la grille pour changement de boîte de vitesses et termine cinquième. Lors du Grand Prix de Corée, il profite du double abandon des Red Bull pour terminer second derrière Alonso. En proie à des soucis d'adhérence, Hamilton termine quatrième au Brésil et voit ses chances de titre réduites avec désormais vingt-quatre points de retard. À Abu Dhabi, où même la victoire n'est pas forcément suffisante pour remporter le championnat, il se classe second, derrière Vettel qui décroche le titre. Avec une pole position, cinq meilleurs tours, neuf podiums, trois victoires, Hamilton se classe quatrième du championnat devant son coéquipier Jenson Button.

2011 : saison difficile chez McLaren-Mercedes

Lewis Hamilton au Grand Prix de Malaisie en 2011.
L'accrochage entre Lewis Hamilton et Webber au Grand Prix du Canada.

Lors du premier Grand Prix de la saison, en Australie, Lewis Hamilton se qualifie en deuxième position sur la grille derrière Sebastian Vettel. Victime d'un problème de fond plat après avoir escaladé un vibreur, il termine deuxième derrière Vettel. En Malaisie, il est accroché par Alonso en fin de course, est victime d'une crevaison, sort de la piste et ne termine que huitième, loin derrière Vettel qui signe une nouvelle victoire. Il remporte ensuite le Grand Prix de Chine où il prend la tête à cinq tours de l'arrivée[11].

Il se classe quatrième du Grand Prix de Turquie, sa voiture présentant un écart de performances impressionnant face aux Red Bull. Au Grand Prix d'Espagne, Hamilton finit second dans la même seconde que le vainqueur Sebastian Vettel. Malgré une fréquente utilisation du DRS, il ne parvient pas à passer le leader du championnat. À Monaco, il réalise un dépassement controversé sur Felipe Massa dans l'épingle, forçant celui-ci à l'abandon quelques mètres plus loin en le faisant sortir de la trajectoire dans le tunnel. En fin de course, il est pénalisé pour avoir percuté Pastor Maldonado mais termine finalement sixième. Au Canada, le départ est donné derrière la voiture de sécurité et Hamilton s'accroche avec Webber à la relance et perd plusieurs positions. Quelques tours plus loin, il passe son coéquipier dans la ligne droite des stands. Button ne le voit pas et Hamilton, coincé entre son équipier et le muret, ne peut éviter l'accrochage et abandonne sur bris de suspension arrière gauche dans une course remportée par Button.

Lewis Hamilton, avant le Grand Prix de Corée du Sud en 2011.

Au Grand Prix d'Europe, Hamilton se classe quatrième ; il termine à nouveau à cette place lors de son Grand Prix national où, victime de problème de carburant, il est dépassé par Webber mais résiste aux attaques de Felipe Massa dans le dernier tour. Il remporte sa deuxième victoire de la saison en Allemagne après un dépassement sur Fernando Alonso au trente-sixième tour. Lors du Grand Prix de Hongrie, il finit à nouveau quatrième mais, en Belgique, il abandonne après avoir accroché Kamui Kobayashi. À Monza, il se qualifie en première ligne mais se classe quatrième de l'épreuve sans avoir pu doubler Michael Schumacher. À Singapour, il s'accroche à nouveau avec Felipe Massa, reçoit une pénalité et termine cinquième. Au Japon, il accroche encore une fois Felipe Massa et finit cinquième à nouveau. En Corée du Sud, il signe sa première pole position de la saison, la première qui échappe à Red Bull Racing. Doublé par Sebastian Vettel dès les premiers hectomètres de la course, il se classe finalement second de l'épreuve. En Inde, malgré une pénalité de trois places en qualification et un accrochage avec Felipe Massa en course, il finit septième de l'épreuve. À Abou Dabi, il profite de l'abandon du poleman Sebastian Vettel pour remporter sa troisième victoire de la saison. Il abandonne pour la troisième fois de la saison au Brésil à la suite d'un problème de boîte de vitesses et se classe cinquième du championnat du monde, loin derrière son équipier Button, vice-champion.

2012 : dernière saison chez McLaren-Mercedes

Lewis Hamilton au Grand Prix de Malaisie en 2012.
Lewis Hamilton au Grand Prix d'Italie en 2012.
Lewis Hamilton au Grand Prix du Japon en 2012.

Lors du premier Grand Prix de la saison, il réalise la pole position, sa deuxième en Australie et la vingtième de sa carrière, devant son coéquipier Jenson Button. Il termine à la troisième place. Une semaine plus tard en Malaisie, il réalise une nouvelle pole position mais après avoir réussi son départ, l'interruption de la course pendant une heure à cause de la pluie change la donne : Hamilton perd du temps au stand et n'arrive pas à rattraper Fernando Alonso et Sergio Pérez devant lui. Il se classe troisième, comme la semaine précédente en Australie. En Chine, il réalise le second temps des qualifications mais s'élance septième en raison d'un changement de boîte de vitesses ; il termine une nouvelle fois à la troisième place et prend la tête du championnat. À Bahreïn, il s'élance en première ligne mais ne termine que huitième.

En Espagne, il signe le meilleur temps de la séance de qualification mais est privé de la pole position et déclassé en dernière place sur la grille de départ par les commissaires de la FIA qui considèrent que son écurie lui a délibérément demandé d'immobiliser sa monoplace en piste afin qu'il reste suffisamment de carburant à bord pour satisfaire à la réglementation (un litre d'essence au minimum dans le réservoir). Lors du pesage, il restait 1,3 litre de carburant dans la McLaren MP4-27 mais les commissaires ont estimé qu'il y aurait eu moins d'un litre si Hamilton avait bouclé son tour de décélération pour rejoindre le parc fermé ; il termine huitième du Grand Prix. Deux semaines plus tard, à Monaco, il pointe au troisième rang des qualifications à la suite du déclassement de Michael Schumacher, initialement premier, et finit cinquième de la course. Lors du Grand Prix suivant, au Canada, il s'élance en deuxième position derrière Sebastian Vettel et prend le contrôle de la course lors du premier passage aux stands de l'Allemand. Il s'arrête au cinquantième tour changer de pneus et repart troisième derrière Fernando Alonso et Sebastian Vettel qui décident de ne pas effectuer un second arrêt au stand. Il comble rapidement son retard à raison de deux secondes au tour et s'impose, devenant ainsi le septième vainqueur différent depuis le début de la saison en autant de courses. Il remporte ainsi sa dix-huitième victoire, la troisième au Canada après 2007 et 2010.

En Europe, il se qualifie à nouveau derrière Vettel et abandonne à deux tours de la fin, s'accrochant avec Pastor Maldonado alors qu'il était en lutte pour la troisième place. Il termine huitième de son Grand Prix national puis abandonne en Allemagne, pour son centième Grand Prix. Il signe la pole position et remporte sa dix-neuvième victoire en Hongrie après avoir dominé le week-end de bout en bout puis abandonne une nouvelle fois en Belgique, impliqué dans le carambolage du premier tour. La semaine suivante, au Grand Prix d'Italie, il réalise la pole position et remporte l'épreuve quand Vettel et Webber abandonnent, ce qui lui permet de revenir à la deuxième place du championnat du monde.

Le , lors du Grand Prix de Singapour, Lewis Hamilton, alors en tête de la course nocturne après s'être élancé de la pole position, abandonne sur un problème de transmission et retombe à la quatrième position du championnat du monde[12]. Le , l'écurie Mercedes Grand Prix, dirigée par Ross Brawn et Nick Fry, annonce qu'Hamilton a signé avec elle un contrat de trois ans et remplacera donc Michael Schumacher à partir de la saison 2013[13]. Au Japon, un problème de suspension le contrarie et il finit cinquième. Une semaine plus tard, en Corée, il se qualifie en deuxième ligne derrière les Red Bull et, en course, sa barre anti-roulis casse au vingtième tour alors qu'il était quatrième : il termine dixième. En Inde, il se qualifie troisième et termine sa course à la quatrième place. Une semaine plus tard à Abu Dhabi, il décroche avec aisance la pole position assez loin devant les deux Red Bull. Alors qu'il contrôlait la course en étant bien installé en première position, sa McLaren lui joue à nouveau des tours comme à Singapour et il est obligé de mettre pied à terre au dix-neuvième tour. Le , il s'impose au Grand Prix des États-Unis en dépassant Sebastian Vettel au quarante-deuxième tour après s'être élancé de la deuxième place sur la grille. Pour sa dernière course avec McLaren, au Grand Prix du Brésil, il réalise la pole position mais, en course, abandonne au cinquante-cinquième tour après avoir été accroché par Nico Hülkenberg. Il termine quatrième du championnat du monde, juste devant son coéquipier Button.

2013 : nouveau départ avec Mercedes

Lewis Hamilton au Grand Prix de Malaisie en 2013.

Lors de la première course de la saison, en Australie, il se classe cinquième après s'être élancé de la troisième place sur la grille. En Malaisie, il obtient son premier podium pour Mercedes en finissant troisième avec moins d'une seconde d'avance sur son coéquipier Nico Rosberg, prié par des consignes d'équipe de ne pas attaquer l'Anglais en fin de course. Durant la course, Hamilton s'arrête par erreur au stand de son ancienne écurie McLaren[14].

En Chine, il réalise sa première pole position avec Mercedes et se classe troisième de la course, obtenant son deuxième podium pour Mercedes. Au Grand Prix de Bahreïn, après un début de course difficile il conquiert en toute fin d'épreuve la cinquième position face à Mark Webber. Au Grand Prix d'Espagne, deuxième des qualifications derrière son coéquipier, il tombe dans les profondeurs du classement le lendemain et termine douzième. À Monaco, il est quatrième quand son coéquipier remporte la course puis, au Canada, il se qualifie en deuxième place et termine troisième derrière Sebastian Vettel et Fernando Alonso. Il pointe à la quatrième place du championnat du monde avec 55 points de retard sur le leader Vettel. Après une quatrième place en Grande-Bretagne et une cinquième place en Allemagne, toutes deux obtenues après être parti de la pole position, il s'impose au Grand Prix de Hongrie devant Kimi Räikkönen et Sebastian Vettel. Cette victoire, obtenue après avoir signé la pole position, est sa première avec Mercedes.

À la pause de la mi-saison, Hamilton est quatrième du championnat avec 48 points de retard sur Vettel. Quatre semaines plus tard, il obtient, au Grand Prix de Belgique, sa quatrième pole position consécutive de la saison. La dernière partie de la saison s'avère plus compliquée puisqu'il ne remonte plus sur le podium : neuvième en Italie, cinquième à Singapour et en Corée du Sud, il abandonne au Japon après une touchette au départ avec Sebastian Vettel. En Inde et à Abou Dabi, il termine sixième et septième. Ces nombreuses contre-performances sont élucidées deux semaines plus tard, aux États-Unis, quand Mercedes découvre deux grosses fêlures sur son châssis. Il termine la course quatrième derrière les Red Bull et Romain Grosjean. Pour la dernière course, au Brésil, alors qu'il est en lutte pour le podium, il s'accroche en la fin de course avec la Williams de Valtteri Bottas et finit à la neuvième place après avoir crevé et effectué un drive-through. Il conclut sa première saison chez Mercedes AMG à la quatrième place du championnat avec 189 points, 5 podiums, 5 pole positions, 1 abandon (contre 6 en 2012) et 1 victoire.

2014 : double champion du monde

Lors de la saison 2014, Mercedes conçoit avec la W05 la meilleure voiture du plateau, propulsée par le meilleur moteur V6 hybride. Dès lors, les pilotes des deux Flèches d'Argent ont l'avantage en qualifications comme en course, sauf problèmes de fiabilité.

Lors du Grand Prix inaugural, en Australie, Lewis Hamilton obtient la pole position mais abandonne au troisième tour à cause d'un problème moteur, quand son coéquipier Nico Rosberg l'emporte. En Malaisie, il réalise, au volant de la Mercedes AMG F1 W05, le premier grand chelem de sa carrière : pole position, victoire, meilleur tour en course et tous les tours en tête. À Bahreïn, en Chine et en Espagne, il gagne à nouveau, toujours devant Rosberg, et porte son total de victoires à 26, devançant désormais Juan Manuel Fangio, Jim Clark et Niki Lauda au palmarès des vainqueurs de Grand Prix.

Sa série de victoires s'arrête à Monaco où il finit deuxième derrière son coéquipier. Après un abandon au Canada et une deuxième place en Autriche, Hamilton renoue avec la victoire lors de son Grand Prix national ; pour la première fois de sa carrière, il remporte une course sans s'être élancé depuis les deux premières lignes (il est parti sixième). Aux deux Grands Prix suivants, Hamilton rencontre des problèmes techniques en qualification. En Allemagne, il est victime d'une sortie de piste causée par une défaillance de ses freins et part de la vingtième place sur la grille. En Hongrie, une fuite de carburant met le feu à sa monoplace dès le début de la séance de qualification et il doit s'élancer depuis les stands pour la course. Alors que Rosberg ne profite pas longtemps de sa pole position, piégé par la sortie de la voiture de sécurité ; Hamilton, en difficulté avec ses freins, part en tête-à-queue et plonge au classement. Si les deux pilotes sont désormais sur deux stratégies différentes, Mercedes intime à plusieurs reprises à Hamilton de laisser passer Rosberg qui pourtant ne réussit pas à revenir au contact, Hamilton accroissant même son avance ; Daniel Ricciardo remporte la course devant Alonso et Hamilton, Rosberg se classant quatrième. En Belgique, Rosberg, en pole position, est dépassé par Hamilton, qui l'accompagne en première ligne, dès le premier virage. Au second tour, lors d'une tentative de dépassement, le Britannique est touché par son coéquipier et, victime d'une crevaison, chute en fond de classement avant d'abandonner tandis que Rosberg termine second, à nouveau derrière Ricciardo.

Voiture argentée, vue de profil, sur un dégagement. Le pilote serre les poings.
Lewis Hamilton célèbre sa victoire au Grand Prix de Singapour en 2014.

En pole position en Italie, il remporte la course devant son coéquipier et revient à 22 points au championnat. À nouveau en pole position au Grand Prix de Singapour, il réalise un second hat-trick consécutif tandis que Rosberg abandonne ; en lui reprenant vingt-cinq points d'un coup, il s'empare de la tête du championnat du monde avec une avance de trois points. Au Japon, parti en première ligne derrière son coéquipier en pole position, il passe en tête dans le vingt-huitième tour et remporte l'épreuve interrompue avant terme après le grave accident de Jules Bianchi ; son avance au championnat passe à 10 points.

À Sotchi, partant de la pole position, Lewis Hamilton complète une deuxième série de quatre victoires consécutives cette saison, en augmentant son avance de 7 points supplémentaires après une course qu'il mène de bout en bout pour devenir le premier vainqueur du Grand Prix de Russie de Formule 1, son coéquipier et principal adversaire ayant raté son premier freinage, l'obligeant à anticiper son arrêt aux stand avant de remonter jusqu'à la deuxième place. À trois Grands Prix de la fin d'un championnat dont la dernière course, à Abou Dabi, compte double, Hamilton possède 17 points d'avance sur son coéquipier.

À Austin, la semaine suivante, parti en deuxième position derrière Rosberg, il remporte un cinquième succès consécutif après l'avoir dépassé au vingt-troisième tour et porte son avance au championnat du monde à 24 points. Cette dixième victoire de la saison fait de lui, avec trente-deux succès, le Britannique le plus victorieux en Formule 1 devant Nigel Mansell. Au Brésil, Rosberg l'emporte devant Hamilton, permettant à Mercedes de réaliser un record de onze doublés en une saison. L'avance du Britannique est réduite à 17 points.

À Abou Dabi, parti en première ligne derrière son coéquipier et unique rival pour le titre, il remporte son onzième succès de la saison, le trente-troisième de sa carrière, et devient le premier double champion britannique du monde de Formule 1 depuis Jackie Stewart en 1971 et le premier champion du monde sur une Mercedes depuis Juan Manuel Fangio en 1955.

2015 : triple champion du monde

Lewis Hamilton au Grand Prix du Canada.

En 2015, Mercedes possède toujours la meilleure voiture du plateau, la voiture semble plus fiable que l'an passé. Lors du premier Grand Prix de la saison, en Australie, la Mercedes AMG F1 W06 Hybrid domine, même si Ferrari semble avoir progressé. Hamilton obtient la pole position, devant son coéquipier Nico Rosberg, et ils réalisent, dans le même ordre, le premier doublé de la saison de l'écurie. En Malaisie, Ferrari, grâce à Sebastian Vettel, s'impose pour la première fois depuis 2013 ; Hamilton a eu du mal à gérer ses pneumatiques et a effectué un arrêt de plus que Vettel. En Chine, Hamilton, parti de la pole position, réalise un hat trick ; il continue sur sa lancée à Bahreïn et, à l'issue de la course, conserve la tête du championnat avec 27 points d'avance sur son coéquipier et 28 sur Vettel.

Pour la première fois de la saison, en Espagne, pour le retour en Europe, Hamilton rate la pole position mais s'élance néanmoins en première ligne aux côtés de son coéquipier. Le lendemain, il perd sa deuxième place au profit de Vettel ; un dépassement en piste n'étant pas envisageable, il opte alors pour trois arrêts qui lui permet de terminer second, à treize secondes de Rosberg. À Monaco, il remporte les deux premières séances d'essais et réalise la pole position. En course, alors qu'il fait cavalier seul en tête depuis le départ, Max Verstappen percute violemment Romain Grosjean au freinage de Sainte-Dévote et provoque, au soixante-cinquième tour, la sortie de la voiture de sécurité. Hamilton, rappelé aux stands pour chausser ses pneus tendres tandis que Rosberg et Sebastian Vettel, qui roulent vingt-cinq secondes derrière, restent en piste, ressort derrière eux et achève la course à la troisième place.

Lewis Hamilton vainqueur à Spa.

Le , Lewis Hamilton remporte pour la quatrième fois le Grand Prix du Canada après être parti de la pole position, en contrôlant son coéquipier Nico Rosberg ; il reprend dix-sept points d'avance au championnat. Pour son Grand Prix national, à Silverstone, Hamilton, en pole position devant son coéquipier Rosberg, rate son envol et est rapidement dépassé par les Williams de Felipe Massa et Valtteri Bottas. Il récupère la tête de la course à l'issue de son premier arrêt au stand et réalise un hat-trick. Le , Hamilton termine sixième en Hongrie à cause d'un départ manqué et de nombreuses erreurs en piste ; il accroît néanmoins son avance au championnat sur Rosberg, relégué à la huitième place après une crevaison en fin de course. Après la pause estivale, en Belgique, Hamilton obtient la pole position et remporte le Grand Prix, il possède alors 28 points d'avance sur Rosberg et 67 sur Vettel. Deux semaines plus tard à Monza, il réalise le deuxième Grand Chelem de sa carrière, portant son avance en tête du championnat à 53 points sur son coéquipier qui a abandonné alors qu'il reste sept courses à disputer.

Le , à l'issue de sa victoire au Grand Prix des États-Unis, il est sacré champion du monde pour la troisième fois de sa carrière. Au Mexique, au Brésil et à Abou Dabi, Hamilton se classe second derrière son coéquipier qui conserve son titre de vice-champion du monde.

2016 : vice-champion du monde derrière son coéquipier Rosberg

Une rivalité historique entre Lewis Hamilton (à gauche) et Nico Rosberg (à droite) chez Mercedes-Benz entre 2013 et 2016.

Le pilote britannique réalise la pole position du Grand Prix inaugural de la saison 2016, en Australie mais, à cause d'un mauvais départ, il se classe second lors de la course derrière son coéquipier. À Bahreïn, il rate une nouvelle fois son envol et termine troisième. Lors des deux Grands Prix suivants, Hamilton rencontre de nombreux problèmes techniques en qualification et en course ; il inscrit 24 points et accuse un retard de 43 points sur son coéquipier Nico Rosberg.

Lewis Hamilton au Grand Prix de Monaco en 2016.

À Barcelone, on assiste au premier double abandon de Mercedes depuis 2012, les deux pilotes s'accrochant au premier tour de course après que Nico Rosberg a dépassé Hamilton au départ. Il faut attendre Monaco pour assister à la première victoire, sous la pluie, du triple champion du monde qui profite d'un arrêt au stand raté de Red Bull Racing pour ravir la première place à Daniel Ricciardo.

Casse moteur de Lewis Hamilton au Grand Prix de Malaisie 2016 provoquant un tournant dans le championnat du monde des pilotes.

Hamilton s'impose ensuite au Canada et dédie sa victoire à Mohamed Ali ; pour le Grand Prix d'Europe, sur le nouveau tracé de Bakou, il se classe cinquième après avoir connu de nombreux déboires techniques en course. Au Grand Prix d'Autriche, il s'élance de la pole position et domine la première partie de course avant de se faire doubler par son coéquipier sur une autre stratégie de course. Hamilton remonte ensuite sur Rosberg et tente un dépassement lors du dernier tour de course ; les deux pilotes s'accrochent, Hamilton remporte l'épreuve tandis que Rosberg, quatrième, jugé responsable de la collision écope d'une pénalité. À Silverstone, Mercedes déclare avoir établi de nouvelles règles pour leurs pilotes avec des sanctions en cas de nouvel accrochage. Lors de la course, Hamilton s'impose facilement devant son public alors que Rosberg cède sur tapis vert sa deuxième place à Max Verstappen en écopant d'une pénalité à cause d'un échange radio interdit. Hamilton s'impose ensuite à Budapest où il prend la tête du championnat du monde ; il accroît son avance la semaine suivante, en Allemagne, juste avant la trêve estivale, et compte 19 points d'avance sur son coéquipier.

À la reprise, au Grand Prix de Belgique, sur le circuit de Spa, Hamilton est pénalisé d'un recul de 55 places sur la grille de départ pour de multiples changements de composants moteur. Sûr de partir en dernière ligne il choisit de ne pas défendre ses chances en qualifications et ne passe pas la Q1. En course, aidé par l'accrochage du premier virage entre Max Verstappen, Kimi Räikkönen et Sebastian Vettel et par la violente sortie de piste de Kevin Magnussen qui provoque un drapeau rouge, il remonte jusqu'à la troisième place et ne perd que 10 points au championnat sur le vainqueur Nico Rosberg. Au Grand Prix de Malaisie, alors qu'il mène la course avec une vingtaine de secondes d'avance sur Daniel Ricciardo, une casse moteur provoque son abandon, il compte désormais 23 points de retard sur son coéquipier qui réussit à prendre la troisième place. Lors du Grand Prix suivant au Japon, placé en première ligne aux côtés de son coéquipier, Hamilton rate son envol, perd sept places d'entrée, puis remonte jusqu'au troisième rang quand Rosberg l'emporte : l'écart passe à 33 points. Dès lors, le pilote allemand n'a plus qu'à assurer des deuxièmes places pour remporter son premier titre mondial. Et c'est ce qu'il va faire, tandis qu'Hamilton va s'imposer quatre fois.

Au Grand Prix des États-Unis, il obtient sa 58e pole position et bat le record d'Alain Prost en obtenant une pole position sur 23 circuits différents. Le dimanche, il remporte sa 50e victoire, devant son coéquipier à qui il reprend sept points dans la course au titre mondial. Au Mexique, il réalise la pole position et remporte sa 51e victoire, égalant ainsi Alain Prost au second rang du palmarès des vainqueurs de Grands Prix ; il revient à 19 points de Rosberg dans la course au titre mondial. Au Brésil, il réalise la pole position et remporte, sous la pluie, une course émaillée de deux drapeaux rouges et cinq sorties de la voiture de sécurité. En obtenant la 52e victoire de sa carrière, il pointe désormais à la seconde place des vainqueurs de Grands Prix, devant Alain Prost. Il pointe à 12 unités de Nico Rosberg au classement du championnat du monde. Malgré une victoire dans l'épreuve finale à Abu Dhabi, il ne peut empêcher Nico Rosberg d'aller chercher son unique titre de champion du monde.

2017 : quadruple champion du monde

Lewis Hamilton aux tests de Catalogne en 2017.
Lewis Hamilton reçoit une reproduction du casque de son idole Ayrton Senna après avoir égalé le record de 65 pole positions, au Grand Prix du Canada.

Au début de la saison 2017, Lewis Hamilton doit faire face à de nouveaux défis, celui d'un nouveau coéquipier, Valtteri Bottas et le retour sur le devant de la scène de Ferrari. Il obtient sa 62e pole position en devançant Sebastian Vettel en Australie et finit deuxième de l'épreuve après avoir réalisé son changement de pneus avant Vettel. En Chine, malgré une météo capricieuse, il réalise une nouvelle pole position, qu'il convertit en victoire. À Bahreïn, deuxième des qualifications derrière son coéquipier, après un départ mal maitrisé et une pénalité de cinq secondes pour avoir ralenti Daniel Ricciardo, il termine second. En Russie, il termine quatrième et assiste à la première victoire de son coéquipier. Il se rattrape en Espagne avec la pole position et la victoire après un combat intense contre Vettel.

À Monaco, les Mercedes dotées d'un empattement plus long sont moins à l'aise que les Ferrari. Hamilton s'élance de la treizième place et termine septième de la course ; il compte 25 points de retard sur Sebastian Vettel. Au Canada, il égale le record de 65 pole positions de Senna et remporte le Grand Prix devant son coéquipier. À Bakou, Vettel, surpris par un freinage d'Hamilton sous le régime de voiture de sécurité, le touche puis se place ensuite à sa hauteur pour lui donner un coup de roue. À la relance, la protection d'habitacle de la Mercedes d'Hamilton se détache, l'obligeant à passer par les stands pour la changer. Hamilton termine cinquième derrière Vettel, pénalisé pour son comportement en piste.

En Autriche, pénalisé après un changement de boîte de vitesse, il s'élance de la huitième place et termine quatrième quand son coéquipier est victorieux devant Sebastian Vettel. À Silverstone, Hamilton réalise le quatorzième hat trick et le cinquième chelem de sa carrière et revient à un point de Vettel qui termine septième. En Hongrie, les Mercedes sont en difficultés contre les Ferrari qui réalisent le doublé. Sur un coup stratégique, Bottas, troisième, laisse passer Hamilton sur un rythme plus rapide pour aller inquiéter les Ferrari. Sa stratégie échouant, il rend la troisième place à Bottas dans le dernier virage. Hamilton obtient sa septième pole position en Belgique et remporte son 58e Grand Prix après une lutte tout au long de la course contre Vettel. Au Grand Prix d'Italie, il réalise, sous la pluie, sa soixante-neuvième pole position (sa huitième de la saison) et devient le nouveau recordman devant Michael Schumacher.

Cinquième sur la grille du Grand Prix de Singapour, il profite de l'abandon sur un triple accrochage de Sebastian Vettel, Kimi Räikkönen et Max Verstappen qui étaient placés devant lui, pour prendre d'entrée la tête de l'épreuve et mener la course de bout en bout ; il obtient sa septième victoire de la saison, la soixantième de sa carrière et repousse Vettel à 28 points au classement du championnat. En Malaisie, il réalise sa soixante-dixième pole position quand son principal rival s'élance de la dernière position. Hamilton, second derrière Max Verstappen tandis que Vettel finit au pied du podium, compte 34 points d'avance sur l'Allemand. Une semaine plus tard, à Suzuka, il s'impose devant les Red Bull de Max Verstappen et Daniel Ricciardo tandis que Vettel abandonne et compte 59 points d'avance au championnat. Aux États-Unis, Lewis Hamilton peut être sacré champion en cas de victoire si Vettel ne fait pas mieux que sixième. Il obtient sa 72e pole position et sa 117e première ligne, battant le record de départs depuis la première ligne détenu par Michael Schumacher. Hamilton triomphe pour la cinquième fois en six éditions à Austin et compte 66 points d'avance sur son unique rival pour le titre qui finit deuxième. Grâce à ce succès et à la cinquième place de Valtteri Bottas, Mercedes remporte son quatrième titre consécutif de champion du monde des constructeurs. Au Mexique, il marque les deux points de la neuvième place, son plus mauvais classement de la saison et se fait prendre un tour par le vainqueur Max Verstappen ; Sebastian Vettel ne terminant que quatrième, Hamilton célèbre son quatrième titre de champion du monde des pilotes ; il est le premier Britannique à accomplir cet exploit. Il termine quatrième derrière Kimi Raikkonen après s'être élancé des stands au Brésil. À Abou Dabi, qualifié deuxième derrière son coéquipier, il assure le quatrième doublé de la saison de son écurie en terminant derrière Bottas.

2018 : l'égal de Fangio avec cinq titres

Lewis Hamilton, à bord de la Mercedes W09, lors du Grand Prix d'Autriche 2018.

Lors du Grand Prix inaugural en Australie, Hamilton réalise la pole position ; si la Mercedes impressionne, pendant la course les forces s'équilibrent avec Ferrari et Vettel remporte la course devant son rival. À Bahreïn le Britannique est pénalisé d'un recul de cinq places sur la grille ; parti neuvième, il termine troisième, derrière Vettel et Valtteri Bottas. La lutte avec Vettel se poursuit en Chine où les Mercedes sont impuissantes face aux Ferrari qui occupent la première ligne ; Hamilton qualifié en quatrième place termine à la même place en course, remportée par Daniel Ricciardo. À Bakou, Vettel, en pole position devant Hamilton, conserve sa place jusqu'à la mi-course quand il change de pneus. Après la relance lorsque la voiture de sécurité s'efface, il tente une attaque et abîme ses pneus ; Hamilton en profite pour prendre la deuxième place puis la victoire. Pour la première fois de la saison, l'Anglais est en tête du championnat avec 4 points d'avance sur son rival.

Au retour en Europe, le quadruple champion du monde obtient sa soixante quatorzième pole position. Les deux Mercedes, sur la première ligne, convertissent le doublé en course, Vettel finissant quatrième. À Monaco Mercedes souffre de son empattement long ; le Britannique se qualifie en troisième place et termine l'épreuve à la même position. Au Canada Hamilton se qualifie quatrième, largement dominé par Ferrari et son coéquipier ; cinquième de la course, il perd la tête du championnat pour un point au profit de Vettel. En France, Hamilton domine l'ensemble des essais et obtient la pole position, devant son coéquipier ; il s'impose facilement devant Max Verstappen et Kimi Räikkönen. Vettel se classe cinquième ce qui permet au champion du monde en titre de reprendre la tête du championnat. En Autriche les Mercedes verrouillent la première ligne mais Hamilton abandonne, quelques tours après son coéquipier en raison d'un problème de pression d'essence. En Grande-Bretagne Hamilton réalise la pole position alors que Ferrari dominait les essais. Percuté par Räikkönen au premier tour, Hamilton repart en fond de grille et remonte jusqu'à la deuxième place, juste derrière Vettel.

En Allemagne, Hamilton, dominé par Ferrari en qualifications, abandonne avant la fin de l'exercice, victime d'une problème de fuite hydraulique et s'élance quatorzième alors que Vettel est en tête tout au long de la course. Lorsque la pluie arrive, Hamilton change de pneus tout en conservant des pneus pour piste sèche. Il remonte en reprenant de nombreuses secondes à Vettel qui, sous pression, part à la faute alors qu'il possédait plus de neuf secondes d'avance, Hamilton remporte la course. Il gagne à nouveau en Hongrie en profitant des conditions humide en qualifications et prend de l'avance au championnat.

Après la pause estivale, en Belgique, alors que Ferrari progresse toujours, Hamilton réussit la pole position mais ne peut contenir l'Allemand qui remporte une course marquée par l'accident spectaculaire entre Nico Hülkenberg, Fernando Alonso et Charles Leclerc. En Italie, à Monza, Ferrari place ses deux monoplaces en première ligne pour la plus grande joie des tifosis; le lendemain Vettel percute Hamilton qui tente de le dépasser et est à nouveau contraint à une remontée depuis la dernière place alors que Lewis Hamilton remporte le Grand Prix. À Singapour, grâce à un tour de qualification encensé par les observateurs, il convertit une pole position inattendue en victoire et prend 40 points d'avance sur Vettel au championnat[15]. Il enchaine ensuite les victoires, en Russie, où son coéquipier Valtteri Bottas le laisse passer sur ordre du stand Mercedes, puis au Japon, une course qu'il mène de bout en bout pour parvenir à neuf succès dans la saison, 80 pole positions, 71 victoires et une avance de 67 points sur Sebastian Vettel à quatre courses de la fin du championnat. Alors qu'il peut remporter son cinquième titre mondial en partant pour la 81e fois en pole position au Grand Prix des États-Unis, il passe la ligne d'arrivée en troisième position, la course étant gagnée par Kimi Räikkönen et son rival allemand terminant à la quatrième place. À ce point, une septième place lui suffit au Grand Prix du Mexique pour enlever le titre et le , il termine quatrième dans la capitale mexicaine pour rejoindre Juan Manuel Fangio avec cinq couronnes mondiales. Au Brésil, profitant de l'accrochage entre Max Verstappen et Esteban Ocon, il remporte la course et offre à son écurie Mercedes un cinquième titre consécutif au championnat constructeurs depuis 2014. Pour le dernier Grand Prix de la saison, à Abou Dabi, il porte pour la première fois, le temps de la première séance d'essais libres, le No 1 sur le museau de sa Mercedes afin de fêter son cinquième titre mondial. Il signe sa 83e pole position et la convertit en une 73e victoire lors de la course. Il marque au total 408 points durant cette saison 2018, le plus gros total depuis l'instauration des 25 points pour la victoire en 2010.

2019 : sextuple champion du monde

Pour le premier Grand Prix de la saison, à Melbourne, Lewis Hamilton réalise sa 84e pole position ; en course, dépassé au départ par son coéquipier et futur vainqueur Valtteri Bottas, il rencontre des difficultés à cause d'un fond plat abîmé mais résiste à Max Verstappen et termine deuxième. Deux semaines plus tard, à Bahreïn, parti troisième derrière les Ferrari, il s'impose grâce à un dépassement sur Sebastian Vettel puis profite d'une perte de puissance affectant le moteur de Charles Leclerc, alors en tête, pour le dépasser à moins de dix tours de l'arrivée ; il s'agit de sa soixante-quatorzième victoire. Pour le 1 000e Grand Prix de l'histoire de la catégorie reine en Chine, Hamilton part deuxième, derrière son coéquipier Bottas ; il prend un meilleur envol que le Finlandais, le dépasse et remporte la course.

En Azerbaïdjan, qualifié deuxième derrière Bottas, il prend un bon départ et essaye de prendre l'avantage sur le pilote finlandais, sans succès. Dans les derniers tours, il rattrape Bottas mais une erreur qui lui fait perdre du temps ; il termine deuxième. Il remporte ensuite deux victoires consécutives en menant la course du premier au dernier tour sur le circuit de Catalunya lors du Grand Prix d'Espagne puis à Monaco en résistant, durant soixante-six tours, à Max Verstappen.

Alors qu'il réalise le meilleur début de saison de sa carrière avec quatre victoires et deux deuxièmes places en six courses et 137 points marqués sur un maximum de 156 (87,8 % de réussite), il n'est pas satisfait de ses performances : « J'ai vraiment le sentiment que mes performances ont été très moyennes jusqu'à présent, peut-être au-dessus de la moyenne mais généralement très moyenne lors des six premières courses. J'ai l'impression que j'ai obtenu les meilleurs résultats que je pouvais décrocher. Je suis arrivé préparé au mieux mais quant au fait d'extraire la quintessence de la voiture qui est à ma disposition, je pense que j'ai eu des difficultés lors de ces six premières courses. Mais je suppose que ce n’est pas tellement différent des saisons précédentes. Je ne doute pas que mes performances vont s'améliorer au fil des courses, à mesure que je gagnerai en connaissance, surtout au niveau des pneumatiques dont la fenêtre de fonctionnement est encore plus étroite cette année[16]. »

Qualifié deuxième du Grand Prix du Canada, il remporte la victoire après la pénalisation de Sebastian Vettel qui avait franchi la ligne d'arrivée en tête. Au Grand Prix de France, il domine tous ses adversaires et, grâce à cette nouvelle victoire, mène le championnat avec 36 points d'avance sur son coéquipier Bottas, second. Cinquième du Grand Prix d'Autriche remporté par Max Verstappen qui met fin à sa série de dix podiums consécutifs, il remporte, deux semaines plus tard à Silverstone, son Grand Prix national pour la sixième fois (ce qui constitue un record sur le tracé anglais) et obtient sa quatre-vingtième victoire, son septième succès en dix courses. Lors du Grand Prix d'Allemagne, il réalise sa 87e pole position mais, lors de la course disputée par une météo très changeante, il sort par deux fois de la piste, passe notamment cinquante secondes au stand pour changer un museau détruit, récolte cinq secondes de pénalité pour avoir coupé la ligne de l'entrée des stands et finit hors des points ; une pénalité infligée aux pilotes Alfa Romeo qui avaient terminé septième et huitième lui offre les deux points de la neuvième place.

Hamilton remporte sa huitième victoire de la saison à Budapest grâce à une intuition des stratèges du stand Mercedes qui lui demandent d'effectuer un arrêt supplémentaire au quarante-neuvième tour alors qu'il roule en deuxième position derrière Max Verstappen. Chaussé de gommes fraîches, reparti avec vingt secondes de retard sur son rival, il le dépasse à trois boucles de l'arrivée et s'impose pour la septième fois en Hongrie, portant son avance au classement pilotes à 62 points sur Valtteri Bottas avant la trêve estivale. S'imposant encore en Russie et au Mexique pour atteindre dix victoires dans la saison tout en portant son record de pole positions à quatre-vingt-sept, Lewis Hamilton fête, aux États-Unis, son sixième titre de champion du monde, après avoir pris la deuxième place de la course derrière Bottas. Sacré à deux courses de la fin, il compte désormais un titre de plus que Juan Manuel Fangio et un de moins que Michael Schumacher qui détient le record depuis 2004. Septième au Brésil après une pénalité de cinq secondes pour avoir envoyé Alexander Albon en tête-à-queue, il achève la saison en dominant de bout en bout le Grand Prix d'Abou Dabi pour une onzième victoire cette année agrémentée du sixième chelem de sa carrière.

2020 : record de victoires et septuple champion du monde

Pour sa huitième saison consécutive au sein de l'écurie allemande Mercedes, Lewis Hamilton se qualifie deuxième du Grand Prix d'Autriche, derrière son coéquipier Valtteri Bottas ; pénalisé de trois places pour ne pas avoir suffisamment ralenti alors que des drapeaux jaunes étaient agités en Q3 lors des qualifications, il part cinquième. Second sous le drapeau à damier, il est pénalisé de cinq secondes pour avoir accroché Alexander Albon qui était en train de le dépasser, et termine quatrième. Une semaine plus tard, sur le même circuit pour le Grand Prix de Styrie, Hamilton réalise sa quatre-vingt-neuvième pole position ; en tête durant la majorité de l'épreuve, il gagne son quatre-vingt-cinquième Grand Prix.

Lewis Hamilton au Grand Prix de Toscane 2020, au volant de la Mercedes W11 peinte en noir.

En Hongrie, le Britannique part, à nouveau, en pole position puis remporte sa quatre-vingt-sixième victoire sans avoir été menacé. Il gagne le Grand Prix de Hongrie pour la huitième fois, ce qui constitue un nouveau record et s'impose ensuite à domicile dans le Grand Prix de Grande-Bretagne en menant la course de bout en bout pour la vingtième fois de sa carrière, malgré une crevaison dans le dernier tour. La semaine suivante, toujours à Silverstone pour le Grand Prix du 70e anniversaire, il doit composer, comme son coéquipier, avec un problème de surchauffe de ses pneumatiques qui n'affecte pas la Red Bull RB16 de Max Verstappen qui remporte la course. Hamilton réalise le meilleur tour et prend la deuxième place, égalant le record de 155 podiums de Michael Schumacher. En pole position au Grand Prix d'Espagne, Hamilton remporte sa 88e victoire, devant Max Verstappen et détient le nouveau record de podiums en Formule 1. En remportant les Grands Prix de Belgique et de Toscane devant son coéquipier, il prend ses distances au championnat du monde. En Russie, Hamilton reçoit une double pénalité de cinq secondes pour avoir effectué des essais de départ dans une zone interdite ; il termine troisième derrière Valtteri Bottas et Max Verstappen.

Lors du Grand Prix de l'Eifel, il s'élance deuxième derrière son coéquipier mais le dépasse lorsque Bottas rate son freinage en bout de ligne droite après treize tours. Quand le Finlandais abandonne sur perte de puissance, Hamilton n'a plus de rival pour l'empêcher de remporter sa septième victoire de la saison. Avec 91 victoires, il égale le record de victoires en Formule 1 établi Michael Schumacher en 2006[17]. Deux semaines plus tard, parti de la pole position, il remporte le Grand Prix du Portugal devant Valtteri Bottas et Max Verstappen et devient le nouveau détenteur du record de victoires en Formule 1[18], soit autant de succès qu'Alain Prost (51) et Ayrton Senna (41) réunis. Il possède 77 points d'avance sur son coéquipier Valtteri Bottas au championnat du monde. Le monde de la Formule 1 ne doute plus que Lewis Hamilton soit capable de dépasser les 100 pole positions et autant de victoires à partir de 2021[19],[20],[21],[22]. Il remporte le Grand Prix d'Émilie-Romagne devant son coéquipier Valtteri Bottas et Daniel Ricciardo ; ce doublé permet à Mercedes de remporter un septième titre consécutif, ce qui constitue un nouveau record en Formule 1[23]. Vainqueur du Grand Prix de Turquie le 15 novembre pour sa 94e victoire, il égale le record de sept titres de champion du monde de Michael Schumacher à trois courses de la fin du championnat. Il s'impose deux semaines plus tard à l'arrivée du Grand Prix de Bahreïn où il obtient sa 98e pole position et sa 95e victoire. En amont de la deuxième course sur le circuit de Sakhir, programmée le 6 décembre, Lewis Hamilton est testé positif au Covid-19 et doit être placé à l'isolement, ce qui entraîne son premier forfait depuis ses débuts en 2007, après 265 départs[24]. Il revient au volant pour la dernière course de la saison, à Abou Dabi le 13 décembre, et se classe troisième pour porter son record à 165 podiums.

Le 31 décembre 2020, Lewis Hamilton figure sur la liste des honneurs du nouvel an pour être élevé par Élisabeth II au rang de Chevalier de l'Ordre de l'Empire Britannique et porter le titre de Sir. Il est le quatrième pilote britannique à connaître cet honneur après Jackie Stewart, Jack Brabham et Stirling Moss[25].

2021 : en piste pour tenter de gagner un huitième titre, atteignant 100 pole positions

Début 2021, tout le plateau est connu sauf l'équipier de Valtteri Bottas chez Mercedes Grand Prix, le contrat de Lewis Hamilton ayant pris fin en 2020. Les négociations en vue d'un renouvellement de contrat traînent en longueur pour diverses raisons, sur lesquelles les médias ont longuement spéculé (contrat d'une année seulement avec option pour la suivante, montant de 40 millions de dollars sans les bonus, droit de veto sur le choix de son coéquipier, refus de faire équipe avec Max Verstappen[26]…)

Le 8 février 2021, l'écurie annonce être tombée d'accord avec son pilote pour une neuvième saison consécutive, sans plus de précisions quant à la durée de ce contrat qui ne porterait que sur un an (2021)[27]. Concernant ses modalités, il est simplement indiqué : « Une part importante du nouvel accord s'appuie sur l'engagement commun en faveur d'une plus grande diversité et d'une plus grande inclusion dans le sport automobile qui a été pris l'année dernière par Lewis et Mercedes. Cela prendra la forme d'une fondation caritative commune qui aura pour mission de soutenir une plus grande diversité et une plus grande inclusion sous toutes ses formes dans le sport automobile[28]. » Le Britannique se mettra en piste avec l'objectif de remporter son huitième titre mondial, le septième en huit ans : « Je suis excité d’entamer ma neuvième saison avec mes équipiers de chez Mercedes. Nous avons accompli des choses incroyables en Formule 1 durant ces neuf saisons et nous ne sommes pas encore rassasiés[27] ! »

Il commence la saison en remportant sa quatre-vingt-seizième victoire le 28 mars à Bahreïn au terme d'un intense combat face à Max Verstappen, établissant un nouveau record et en égalant un autre. En menant 27 tours de la course, il parvient au total de 5126 tours en tête, dépassant Michael Schumacher qui s'était arrêté à 5111[29],[30],[31]. Par ailleurs, il gagne au moins une course pour la quinzième année consécutive, égalant ainsi le septuple champion du monde allemand[32]. À Imola, le 17 avril, il réalise sa 99e pole position, établissant un nouveau record, puisqu'il s'élance depuis la position de tête sur un trentième circuit différent depuis 2007[33],[34] ; il se classe deuxième de la course derrière Max Verstappen après une remontée de huit places consécutive à une sortie dans le bac à graviers. Deux semaines plus tard, Lewis Hamilton reste invaincu à Portimão puisqu'il avait remporté le Grand Prix du Portugal 2020 pour son retour au calendrier sur une nouvelle piste. Cette fois, deuxième sur la grille, il effectue en course deux dépassement cruciaux, l'un sur Verstappen, l'autre sur Bottas pour remporter la 97e épreuve de sa carrière et la deuxième en trois courses disputées en 2021. Son total de 69 points à ce stade de la saison est le plus élevé depuis ses débuts en 2007, meilleur qu'en 2015 où 2017 où il en totalisait 68 en comptant les mêmes résultats (deux victoires, une deuxième place) mais où le point bonus du meilleur tour n'existait pas encore[35]. Le 8 mai sur le circuit de Barcelone, il tourne une page de l'histoire de la Formule 1 en réalisant la centième pole position de sa carrière. Mais, compte tenu des Grand Prix bien plus nombreux que dans le passé, son pourcentage depuis la première au Grand Prix du Canada 2007, est de 37,17%, par rapport à Juan Manuel Fangio (29 poles pour 59,89%) Jim Clark (33 poles pour 45,83%) et Ayrton Senna (65 poles pour 40,37 %). En revanche, Michael Schumacher qui le suit avec 68 pole positions, est à 22,15%[36]. Le lendemain, il remporte sa 98e victoire, son cinquième succès consécutif sur le circuit catalan, pour un total de six victoires au Grand Prix d'Espagne en battant à nouveau Max Verstappen grâce à une option stratégique gagnante. Avec 94 points en quatre courses, Lewis Hamilton compte son meilleur total depuis le début de sa carrière[37].

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