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Ligue des États arabes
جامعة الدول العربية
Logo de l'organisation
Drapeau de la Ligue arabe.
Carte de l'organisation
Carte des pays de la Ligue arabe.
Situation
Création

(Protocole d'Alexandrie)

Type Organisation internationale
Siège Drapeau de l'Égypte Le Caire

(Tunis de 1979 à 1990)

Coordonnées 30° 02′ 41″ N, 31° 13′ 59″ E
Langue Arabe
Organisation
Membres depuis le 20 novembre 1993
Secrétaire général Drapeau de l'Égypte Ahmed Aboul Gheit

Site web http://www.lasportal.org

Géolocalisation sur la carte : Égypte

(Voir situation sur carte : Égypte)
Ligue des États arabes جامعة الدول العربية
Carte des pays arabes et leurs drapeaux.

La Ligue arabe (arabe : جامعة العربية, Jāmiʻah al-ʻArabīyah), officiellement la Ligue des États arabes (arabe : جامعة الدول العربية, Jāmiʻah ad-Duwal al-ʻArabīyah), est une organisation régionale à statut d’observateur auprès de l'Organisation des Nations unies. Elle fut fondée le au Caire par sept pays et compte aujourd'hui vingt-deux États membres. L'organisation de la Ligue arabe repose sur quatre organismes principaux : le sommet des chefs d'État, le Conseil des ministres, les comités permanents et le Secrétariat général dirigé par Ahmed Aboul Gheit depuis 2016. De plus, divers organismes ont été créés en application de traités qui complètent le pacte de 1945 et plusieurs agences spécialisées travaillent en étroite collaboration avec elle.

Histoire

En 1944, à la recherche d'une fédération des pays arabes, le gouvernement égyptien met en place un groupe d'étude chargé d'élaborer un projet[2]. Avec l'aide des Britanniques, la conférence d'Alexandrie du se conclut par la rédaction du Protocole d'Alexandrie, déterminant les bases de la future association[3]. La Ligue arabe est créée le au Caire[4]. Les sept membres fondateurs de la Ligue arabe sont : l'Égypte, l'Arabie saoudite, l'Irak, la Jordanie, le Liban, la Syrie et le Yémen du Nord. L'association vise à affirmer l'unité de la « nation » arabe et l'indépendance de chacun de ses membres.

Dès sa naissance, la ligue est divisée en deux camps aux visées politiques opposées, l'entente égypto-saoudienne favorable aux projets d'indépendance s'opposant à l'axe hachémite jordano-irakien plus enclin à une coopération avec la puissance britannique encore maîtresse de nombreux protectorats et mandats (Soudan, Palestine, Émirats, etc.). Par la suite, dans le contexte de l'anticolonialisme et de la guerre froide, une division s'opère entre États socialistes proches de l'URSS (Libye, Syrie) et États proches des États-Unis (Arabie saoudite, Émirats arabes unis)[5].

L'action de la Ligue est d'abord dirigée contre l'ingérence des puissances coloniales européennes dans la région, en l'occurrence la France et le Royaume-Uni. À partir de 1948, l'Israël est également considéré comme une entité exogène au monde arabe rendant son existence illégitime. Un grand nombre de sommets de la Ligue arabe ont été tenus à la suite d'évènements spécifiques du conflit israélo-palestinien et arabe. Les résolutions les plus importantes de l'institution concernent d'ailleurs la Palestine.

Après la crise du canal de Suez, le royaume d'Irak fut renversé, diminuant ainsi l'influence hachémite. L'Égypte, forte de son succès, représentait alors avec la Syrie l'axe nationaliste de la Ligue arabe qui s'opposait à l'axe monarchique et pro-occidental emmené principalement par l'Arabie saoudite et la Jordanie.

Entre 1976 et 1983, la Ligue entretenait une Force arabe de dissuasion durant la guerre du Liban qui n'eut qu'un effet modeste sur le cours du conflit.

Le , l'Égypte signa les accords de Camp David avec Israël. Les ministres de la Ligue arabe se réunirent en 1979 à Bagdad pour décider des sanctions diplomatiques et économiques à infliger à l'Égypte. L'Irak, contrairement à ses voisins arabes, demanda l'adoption de sanctions économiques symboliques, ne touchant pas le peuple égyptien. L'Égypte fut alors exclue de la Ligue en 1979 et le siège de l'organisation fut déplacé du Caire à Tunis. La Ligue fut alors privée de son membre le plus puissant, écarté pendant plus de 10 ans, qui fournissait une part importante du personnel. Cela entraîna une baisse de l'influence de l'organisation. Le , 12 des 21 membres de la Ligue arabe décidèrent le retour du siège au Caire et la réintégration de l'Égypte. Malgré les protestations des neuf absents, le changement eut lieu le . Un accord fut conclu le entre la France et la Ligue, accordant le statut diplomatique au Bureau de la Ligue arabe à Paris, ouvert en 1974, régissant ses privilèges et immunités sur le territoire français[6].

Cette unité politique est également mise à mal en 1990 lors de la guerre du Golfe où l'Irak envahit un autre pays membre, le Koweït.

À cause de la prévalence de la souveraineté étatique sur l'intérêt panarabe, la Ligue n'a jamais fait ses preuves. Soixante ans après sa création, ni la question de la périodicité des sommets arabes n'a été tranchée ni celles de la procédure des votes, du caractère contraignant des décisions ou encore du recouvrement des cotisations. En 2002, après une proposition du prince d'Arabie saoudite Abdallah ben Abdelaziz Al Saoud, la Ligue arabe élabore l'initiative de paix arabe, fondée sur l'idée d'une paix globale au Moyen-Orient : en échange d'une normalisation des relations entre Israël et chacun des pays de la Ligue arabe, l'État hébreu se retirerait de la Cisjordanie, de la bande de Gaza et du plateau du Golan[7]. En 2007, au sommet de Riyad, cette proposition est relancée par une résolution nommée « réactivation de l'initiative de paix arabe ». Israël a jusqu'ici refusé de considérer cette initiative[8].

La plus grave crise connue par la ligue arabe fut le refus de celle-ci d'exécuter le mandat d'arrêt international rédigé par la Cour pénale internationale en 2009 à l'encontre du président soudanais Omar el-Béchir (en visite dans des pays de la ligue), accusé de génocide et de crimes de guerre. Pour nombre de pays occidentaux, ce fut un aveu de corruption et de non-respect des lois et libertés internationales.

Depuis les divisions provoquées par la guerre en Syrie, la Ligue arabe est jugée une « organisation quasi moribonde »[9].

Appellation

L'actuelle Ligue arabe aurait pu s'appeler la « Coalition arabe » suivant la proposition de la Syrie ou encore l'« Union arabe » comme le souhaitait l'Irak. La délégation égyptienne a quant à elle proposé l'appellation de « Ligue arabe » ; selon elle le concept est plus approprié aussi bien sur le plan linguistique que politique.

Les participants ont fini par trouver un terrain d'entente et l'ont appelé la « Ligue des États arabes ».

Adhésion

Bâtiment de la ligue arabe au Caire.

L'article 1 de la charte de la Ligue dispose que chaque pays arabe indépendant a le droit d'adhérer à l'organisation. Le pays candidat doit pour cela déposer une demande au niveau du Secrétariat général permanent ; la demande sera alors étudiée par le Conseil. Il y a donc deux sortes de membres : ceux qui ont entériné la charte de la Ligue, au nombre de 7, et ceux qui demandent leur adhésion. Ces derniers doivent réunir certaines conditions pour pouvoir adhérer à l'organisation : le pays candidat doit être arabe et indépendant. L'adhésion de la Somalie et de Djibouti à la Ligue avait suscité une polémique au sein de l'organisation du fait que l'arabe n'est pas la langue officielle des deux candidats. Toutefois le Conseil de la Ligue a fini par accepter leurs candidatures eu égard à « leurs origines arabes ». L'Irak s'est opposé en 1961 à l'adhésion du Koweït sous prétexte que ce pays faisait partie de ses territoires ; le délégué irakien a même quitté le Conseil pour manifester son refus. La candidature du Koweït a finalement été acceptée par le Conseil qui ne pouvait faire autrement, puisque l'article 7 de la charte dispose que les décisions adoptées à l'unanimité doivent être appliquées par les pays membres.

Perte de qualité de membre

Chaque pays membre de la ligue a le droit de se retirer à condition de déposer un préavis d'un an. Le conseil n'exige pas d'explications des pays qui se retirent, toutefois il tente de comprendre les raisons qui les ont amenés à se retirer pour les convaincre de revenir sur leur décisions. Si la Ligue venait à amender sa charte, un pays membre pourrait se retirer s'il n'approuve pas les nouveaux amendements. La charte de la Ligue prévoit l'exclusion de tout pays membre qui ne respecterait pas ses engagements ; toutefois, elle doit être prononcée à l'unanimité. Néanmoins, le , la Ligue a suspendu la participation de la Syrie à la majorité qualifiée et non à l'unanimité des 22 pays arabes[1]. Ce statut n'est cependant pas irréversible puisque le membre exclu peut présenter une seconde candidature. Un État peut perdre sa qualité de membre s'il perd son identité juridique, comme cela s'est produit en 1958 lorsque l'Égypte et la Syrie ont décidé d'unir leurs États respectifs pour devenir la « République arabe unie » et en 1990 avec l'union du sud et du nord du Yémen qui a donné naissance à la République arabe yéménite unie. Cependant un pays qui perd sa souveraineté reste membre à part entière. Lorsque le Koweït a été envahi en 1990 par l'Irak, cela ne l'a pas empêché d'être représenté au sein de la Ligue.

Composition

La Ligue arabe est composée de vingt-deux membres : sept membres fondateurs auxquels se sont ajoutés par la suite quinze autres pays signataires.

Ces pays, qui sont également membres de l'Organisation de la conférence islamique, représentent une population de 378 millions d'habitants en 2014 et une superficie de 13 500 000 km2.

La Ligue arabe compte également cinq pays observateurs.

Pays fondateurs

Fonctionnement

Secrétaires généraux

Notes et références

  1. a et b « La Syrie suspendue par la Ligue », Le Parisien, le .
  2. Arthur Eyffinger, Arthur Witteveen, La Cour internationale de Justice, 1946-1996, Martinus Nijhoff Publishers, , 428 p. (ISBN 9041104682, lire en ligne), p. 228.
  3. Académie de Droit International de la Haye, Recueil Des Cours, Volume 137 (1972/III), Martinus Nijhoff Publishers, , 938 p. (ISBN 9028602445, lire en ligne), p. 15.
  4. René-Jean Dupuy, Académie de droit international de la Haye, Manuel sur les organisations internationales, Martinus Nijhoff Publishers, , 967 p. (ISBN 9041111190, lire en ligne), p. 37.
  5. Jean-Christophe Victor, « Mondes arabes », Le Dessous des cartes, 10 septembre 2011.
  6. Assemblée nationale, rapport no 2191.
  7. « Relance de l’initiative de paix arabe à Riyad ».
  8. « La résolution du sommet de Riyad ».
  9. Sylvain Cypel, « Jérusalem. Donald Trump rompt avec cinquante ans de politique américaine », orientxxi.info, (consulté le 30 janvier 2018)
  10. List of countries by population.
  11. « Données sur le développement humain (1980-2015) ».

Annexes

Articles connexes