Liverpool
Blason de Liverpool
Héraldique
Liverpool
Haut gauche : Cavern Club. Haut droit : Pier Head.
Milieu : panorama urbain.
Bas gauche : St. George's Hall. Bas droit : Albert Dock.
Administration
Pays Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni
Nation Drapeau de l'Angleterre Angleterre
Région Angleterre du Nord-Ouest
Comté Merseyside
Statut Cité (1880)
Maire
Mandat
Joanne Anderson
2021-2025
Code postal L
Indicatif 0151
Démographie
Gentilé Liverpuldien
Population 491 500 hab. (2017)
Densité 4 395 hab./km2
Population de l'aire urbaine 864 122 hab.
Géographie
Coordonnées 53° 24′ 33″ nord, 2° 59′ 09″ ouest
Altitude Min. 0 m
Max. 70 m
Superficie 11 184 ha = 111,84 km2
Divers
Comté historique Lancashire
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Angleterre
Voir sur la carte administrative d'Angleterre
City locator 14.svg
Liverpool
Géolocalisation sur la carte : Royaume-Uni
Voir sur la carte administrative du Royaume-Uni
City locator 14.svg
Liverpool
Géolocalisation sur la carte : Royaume-Uni
Voir sur la carte topographique du Royaume-Uni
City locator 14.svg
Liverpool
Liens
Site web site officiel

Liverpool (/livœʁpul/[a] ; en anglais : /ˈlɪvəpuːl/[b]) est une cité et un district métropolitain du Merseyside dans la région de l'Angleterre du Nord-Ouest sur la rive est et nord de l'estuaire du fleuve Mersey. La ville faisait partie du comté du Lancashire jusqu'en 1974 avant la formation du comté de Merseyside.

La ville est fondée en 1207 et obtient le statut de cité en 1880. Avec une population de 491 500 habitants en 2017, c'est la sixième plus grande ville du Royaume-Uni, et la quatrième d'Angleterre ; l'aire urbaine de Liverpool comprend 864 122 habitants en 2011 (6e région urbaine du Royaume-Uni)[1]. Ses habitants s'appellent les Liverpuldiens (Liverpudlians en anglais)[2].

L'ensablement progressif de l'estuaire de la Dee, sur lequel se tenait le port de Chester depuis l'époque romaine, a permis à Liverpool de devenir un port majeur. Au début du XIXe siècle, alors que l'Empire britannique était en pleine expansion économique, environ 40 % de son commerce passe par Liverpool, ce qui contribue grandement à l'importance de la ville. En 1930, la ville est à son apogée avec une population de plus de 850 000 habitants.

Bombardée durant la Seconde Guerre mondiale, la ville entame au lendemain de la guerre sa reconstruction, mais elle est rapidement touchée par la crise industrielle des années 1970 qui affecte son activité portuaire et dont elle se remet lentement. Liverpool a ainsi perdu de nombreux habitants mais demeure encore une métropole économique de premier rang pour le Nord-Ouest anglais. La ville a entamé un processus de reconversion dans le secteur tertiaire : services à l'industrie, activités commerciales (Liverpool One), et le tourisme (Albert Dock).

Liverpool est liée à la popularité des Beatles, un des plus grands phénomènes de l'industrie discographique mondiale, et développe son activité touristique principalement autour des groupes de musique des années 1960 et des galeries d'art et musées. Étant la sixième ville la plus visitée du Royaume-Uni, Liverpool possède le deuxième plus grand nombre de musées après Londres. En 2004, plusieurs quartiers de la ville obtiennent le statut de Patrimoine mondial[3] et la ville partage le titre de capitale européenne de la culture en 2008 avec Stavanger (Norvège) pour célébrer son 800e anniversaire.

Ville multi-culturelle (elle abrite une des plus anciennes communautés chinoises et africaines d'Europe), elle est aussi un important pôle universitaire, et est également célèbre pour ses deux principaux clubs de football, Everton et Liverpool, qui évoluent tous deux en Premier League.

L'accent propre aux habitants de Liverpool et du Merseyside est le « scouse » (terme anglais désignant également un ragoût à base de pommes de terre, de viande salée et d'oignons). Le mot « Scouser » est utilisé pour désigner les gens possédant cet accent ou, de façon plus générale, toute personne originaire de Liverpool.

Toponymie

Le nom de « Liverpool » vient du vieil anglais lifer qui signifie « eau boueuse » et pōl, qui signifie « ruisseau ». Il est mentionné pour la première fois vers 1190 comme Liuerpul. D'autres origines du nom ont été suggérées, comme Elverpool, en référence au grand nombre d'anguilles (eel en anglais aujourd'hui) dans la Mersey.

Histoire

De borough à cité

La fondation de la ville est communément située le , quand la ville est constituée en « borough » et obtient le statut de port par décision royale. Au début, elle est simplement un point de ralliement pour les troupes partant pour l'Irlande et au milieu du XVIe siècle sa population n'est que de 500 habitants. Le bac qui la relie au Wirral (Birkenhead) est le plus ancien connu ; il a été installé par des moines. Les premières rues forment un « H » :

  • Bank Street (maintenant Water Street)
  • Castle Street
  • Chap
  • Dale Street
  • Juggler Street (maintenant High Street)
  • Moor Street (maintenant Tithebarn Street)
  • Whiteacre Street (maintenant Old Hall Street)

En 1515, un hôtel-de-ville est construit dans la Dale Street.

La ville est l'enjeu de plusieurs batailles durant la guerre civile anglaise, avec notamment un siège de 18 jours en 1644. En 1699 la ville devient une paroisse ; la même année, son premier navire pour le transport d'esclaves, le Liverpool Merchant, fait voile vers l'Afrique.

C'est seulement au XVIIIe siècle, alors que l'ensablement de l'estuaire de la Dee progresse, et que le commerce avec les Antilles devient florissant, surpassant celui avec l'Irlande et avec le continent, que la ville commence à s'étendre. En 1715 le premier dock (darse) à niveau d'eau constant est construit à Liverpool[4],[5], suivi d'une multitude de bassins animés par la marée[6]. Pendant deux siècles, le commerce des esclaves contribue à sa croissance et est à l'origine à la fois de sa richesse et de l'afflux de sa population noire.

En 1830, Liverpool voit l'ouverture de la première ligne commerciale de chemin de fer.

Au début du XIXe siècle, environ 40 % du commerce maritime de l'Empire britannique passe par Liverpool. La construction de grands édifices à cette époque témoigne de cette richesse passée.

En 1830, Manchester et Liverpool sont les deux premières villes reliées par une voie ferrée, la Liverpool and Manchester Railway.

La population continue de croître à un rythme élevé, particulièrement pendant les années 1840, quand un grand nombre d'Irlandais affluent à cause de la grande famine. En 1851, le quart de la population de la ville est ainsi née en Irlande.

En 1880, la ville gagne le statut de cité.

« Seconde ville de l'Empire »

Lime Street dans les années 1890, à gauche le St.George's Hall, à droite l'hôtel Great North Western, au milieu la colonne de Victoria

Lors de la seconde moitié du XIXe siècle, Liverpool est désignée comme la « Seconde ville de l'Empire » (derrière Londres) par Benjamin Disraeli, qui est Premier ministre alors que l'Empire britannique est à son apogée. À certaines périodes, la richesse de Liverpool excède même celle de Londres[7],[8] et le bureau des douanes de la ville est le plus gros contributeur d'impôt du pays[9]. Autre indice prouvant l'importance de Liverpool : c'est la seule ville hors de Londres à avoir eu un bureau du gouvernement britannique.

L'ambassadeur des États-Unis James Maury (en) est affecté à Liverpool dès 1790 et reste en poste 39 ans. Dès 1851 la ville est considérée comme la « New York de l'Europe »[10]. Ses bâtiments de taille impressionnante traduisent les ambitions de la ville au tournant du XXe siècle.

La marche no 1 de la série de marches militaires Pomp and Circumstance d'Edward Elgar, souvent considérée comme l'hymne de l'Angleterre, est dédiée par son compositeur à son ami Alfred E. Rodewald et à la Liverpool Orchestral Society.

XXe siècle

Le Titanic était immatriculé à Liverpool

Une loi de 1919 (le « Housing Act », sur le logement) engendre la construction de nombreuses maisons à loyer modéré, louées par la municipalité ensuite dans les années 1920 et 1930. Cela a pour conséquence le déménagement de milliers de familles depuis le centre-ville vers la banlieue (création de cités-jardins), ce qui devait améliorer leurs conditions de vie. La construction de lotissements se poursuit après la Seconde Guerre mondiale, bien qu'en même temps des programmes de réhabilitation du centre sont mis en place. La construction de deux tunnels routiers vers le Wirral (aménagements fonciers) accélère ce mouvement (« Queensway » (1934) puis « Kingsway » (1971)).

La croissance se poursuit durant la première moitié du XXe siècle et la population atteint un pic en dépassant les 850 000 personnes en 1930, année durant laquelle la ville accueille le premier aéroport régional du Royaume-Uni.

La ville est bombardée durant la Seconde Guerre mondiale (80 raids sur le comté), surtout en mai 1941 ; elle est la deuxième cible privilégiée après Londres. Bien que « seulement » 2 500 personnes meurent des bombardements, plus de la moitié des maisons subissent des dégâts et 11 000 sont détruites. C'est que l'importance stratégique de la ville est reconnue à la fois par Hitler et Churchill. La bataille de l'Atlantique a été planifiée à Liverpool, les locaux souterrains ayant été depuis transformés en musée[11].

Après la guerre, des reconstructions sont effectuées et de nombreux immeubles rebâtis. Le Seaforth Dock, à l'époque le plus grand projet de dock de Grande-Bretagne, est également construit. Les nombreux projets de reconstruction du centre imaginés dans les années 1950 et 1960 sont alors et demeurent impopulaires, et balaient la plupart des immeubles hérités de la période d'avant-guerre ayant survécu aux bombardements afin de laisser place au renouveau de la ville.

Dans les années 1960 la ville devient le centre de la musique Beat, que l'on associe avec les Beatles et autres groupes rock de Liverpool de l'époque (Gerry and the Pacemakers, etc).

Pier Head avec les « trois grâces » et le quartier d'affaires derrière (West Tower à gauche).

La ville connaît encore quelques années de prospérité. Cependant, à partir des années 1970, avec d'une part le déclin de l'industrie manufacturière britannique dans le nord du pays (principalement l'industrie textile du Lancashire), et d'autre part l'émergence d'une nouvelle concurrence (internationale et nationale, exemple : Southampton), ou encore l'utilisation de nouvelles façons de procéder au transport maritime (les conteneurs nécessitant moins de main-d'œuvre), la ville voit sa population se réduire à 460 000 habitants en 1985. Le plus gros employeur est alors la municipalité après la fermeture d'une entreprise de construction automobile. Le sociologue Paul Millward relève qu'« un rapport de 1981 rendu public vingt-huit ans plus tard affirmait que l'objectif du gouvernement de Margaret Thatcher était de laisser la ville mourir. » La désindustralisation entraine une forte hausse du chômage et de la pauvreté[12].

Depuis les années 1990, la ville se redresse progressivement et connaît alors un taux de croissance supérieur à la moyenne nationale.

En 1974, la ville devient partie intégrante du district métropolitain de Merseyside et sort ainsi du Lancashire.

XXIe siècle

La ville tente de développer le tourisme autour des groupes de musique des années 1960, particulièrement des Beatles, ainsi qu'autour de ses galeries d'art et de ses musées. Liverpool possède ainsi le deuxième plus grand nombre de musées au Royaume-Uni après Londres.

En 2004 commence le projet Liverpool One, dans lequel sont investies 920 millions de livres ; c'est un vaste centre commercial situé dans le centre-ville, constituant un projet immobilier du groupe financier Grosvenor créé pour redynamiser la ville.

En 2007 la ville fête le 800e anniversaire de sa fondation. En 2008, elle est capitale européenne de la culture. L'événement principal a été en septembre le défilé de « La Princesse ». Conçue par François Delarozière, c'est une araignée mécanique de 20 mètres de haut et pesant 37 tonnes ; elle représente les huit « pattes » de Liverpool : l'honneur, l'histoire, la musique, la Mersey, les ports, la gouvernance, le soleil et la culture.

Innovations et notoriété

École de médecine tropicale

Dans le domaine des transports, la ville de Liverpool a été dans son histoire particulièrement innovante. En effet, au Royaume-Uni, Liverpool est la première à se doter de :

– un ferry [réf. nécessaire];
– une ligne de train (Liverpool and Manchester Railway) en 1830 ;
– un bateau à vapeur transatlantique[réf. nécessaire] ;
– un tramway en 1859 (le 2e en Europe après Paris en 1853) [13] ;
– un train électrique en 1903[14] ;
– une ligne régulière par hélicoptère (Liverpool – Cardiff par la BEA en 1950[15]).

L'Oriel Chambers, construit en 1864 par Peter Ellis, est l'un des premiers bâtiments à armature en métal, innovation qui ouvre la porte aux gratte-ciel[16].

En finances, les premiers produits dérivés (les cotton futures) sont échangés aux Liverpool Cotton Exchange à la fin des années 1700[17].

Frank Hornby est un inventeur de jouets originaire de Liverpool qui a notamment créé les Meccano, les Hornby Model Railways et les Dinky Toys.

Entre 1862 et 1867 a lieu à Liverpool de manière annuelle le Grand Olympic Festival[18],[19]. Cette manifestation, imaginée par John Hulley et Charles Melly, est à la fois amateur et résolument tournée vers l'international. Le programme des premiers jeux olympiques modernes à Athènes en 1896 était d'ailleurs quasiment identique à celui des festivals[20]. En 1865 Hulley cofonde la Nation Olympian Association à Liverpool, qui est l'ancêtre de la British Olympic Association. Son article de fondation sert également de base à la charte olympique.

En 1897, les frères Lumière filment Liverpool[21].

Politique

Conseil municipal

Municipal Buildings, bâtiments administratifs de la ville.

La ville de Liverpool est administrée par un conseil municipal et est l'un des cinq borough qui constitue le comté de Merseyside. Le conseil municipal comprend 90 conseillers, trois pour chaque ward ou quartier, de la ville, ainsi que cinq administrateurs chargés de s'occuper des affaires courantes. Le conseil doit élire un président et choisir le maire de la ville. Le rôle du président du conseil est d'orienter les débats et de servir de médiateur entre les conseils municipaux de quartier, le conseil municipal central et les partenaires publics ou privés. Le maire est le premier citoyen de la ville, qu'il représente et promeut, et a pour charge notamment de soutenir les associations. Le président du conseil est actuellement Joe Anderson (en) tandis que le maire s'appelle Mike Storey.

Lors des élections municipales de , le Parti travailliste reprend le contrôle du conseil municipal de Liverpool pour la première fois depuis 12 ans. Il dispose actuellement de 48 sièges contre 37 pour le parti libéral démocrate. Le parti libéral quant à lui remporte alors trois sièges et les Verts deux. Le Parti conservateur, l'un des trois grands partis au Royaume-Uni, n'a aucun représentant.

Parti au pouvoir Année Leaders
pas de majorité 1974-1983 1974-1975 Cyril Carr (libéral)
1975-1976 : Bill Smyth (Liberal)
1976-1978 : John Hamilton (Labour)
1978 (mai-juin) : Eddie Roderick (travailliste)
1979-1983 : Trevor Jones (Liberal)
Travailliste 1983 – 1987 1983-1986 : John Hamilton
1986-1987 : Tony Byrne
Parti libéral 1987 (mars–mai) Trevor Jones
Travailliste 1987-1992 1987 (mai–octobre) : Harry Rimmer
1987 – 1990 : Keva Coombes
1990 – 1992: Harry Rimmer
pas de majorité 1992-1996 Harry Rimmer (Labour)
Travailliste 1996-1998 Frank Prendergast
Démocrates libéraux 1998-2010 1998-2005 : Mike Storey
2005-2010 : Warren Bradley
Travailliste 2010–2021 2010–présent Joe Anderson (en)
Travailliste 2021-présent Joanne Anderson

Pour les élections, la ville est divisées en 30 « wards »[22], par ordre alphabétique il s'agit de :

  1. Allerton & Hunts Cross
  2. Anfield
  3. Belle Vale
  4. Central
  5. Childwall
  6. Church
  7. Clubmoor
  8. County
  9. Cressington
  10. Croxteth
  11. Everton
  12. Fazakerley
  13. Greenbank
  14. Kensington & Fairfield
  15. Kirkdale
Liverpool City Council Wards - Numbered.svg
  1. Knotty Ash
  2. Mossley Hill
  3. Norris Green
  4. Old Swan
  5. Picton
  6. Princes Park
  7. Riverside
  8. Speke Garston
  9. St Michaels
  10. Tuebrook & Stoneycroft
  11. Warbreck
  12. Wavertree
  13. West Derby
  14. Woolton
  15. Yew Tree

Circonscriptions électorales et membres du parlement

Liverpool a quatre circonscriptions électorales pour les législatives : Liverpool Riverside, Liverpool Walton, Liverpool Wavertree et Liverpool West Derby[23]. Aux élections législatives britanniques de 2010, elles furent toutes remportées par le parti travailliste. Les parlementaires sont respectivement : Louise Ellman, Steve Rotheram, Luciana Berger et Stephen Twigg. Pour les élections de 2010, on a procédé à un redécoupage électoral : ainsi la circonscription de Liverpool Garston, en ville, a été fusionnée avec la circonscription de Knowsley South pour former la circonscription de Garston and Halewood. Elle fut remporté par Maria Eagle du parti travailliste[24].

Lors du référendum de 2016, Liverpool a voté à 58 % pour le maintien du Royaume-Uni au sein de l'Union européenne. En revanche, le quartier d'Afiels, l'un des dix plus pauvres d'Angleterre, a voté à 52 % pour la sortie de l'Union européenne[12].

Liens internationaux

Jumelages
Consulats