Lucette Destouches
Lucette Destouches (née Almanzor), François Gibault and Maroussia Klimova in 1995.jpg
Lucette Destouches avec François Gibault et Maroussia Klimova en 1995.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 107 ans)
MeudonVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Lucie Georgette AlmansorVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Conjoint

Lucette Destouches, née Lucie Almansor le [1] à Paris et morte le à Meudon[2],[3], est une danseuse et centenaire française. Elle est la seconde épouse de Louis-Ferdinand Céline de 1943 jusqu'à la mort de l'écrivain en 1961.

Biographie

Fille d'un Normand, Joseph Almansor (1882-1952), et d'une Flamande, Gabrielle Donas, Lucie Georgette[4] Almansor naît en 1912 dans le 5e arrondissement[5] de Paris. Elle grandit dans un appartement rue Monge, avec un singe pour animal de compagnie[6]. À l'âge de dix ans, elle déménage rue de la Banque, dans le quartier de la Bourse, où elle habitera jusqu'à l'âge de vingt ans. À quatorze ans, elle est admise au conservatoire de danse.

Elle devient la compagne de Louis-Ferdinand Céline en 1935, et l'épouse le dans le 18e arrondissement[7]. Gabrielle et Gen Paul sont les témoins de mariage.

Maison de Lucette et Louis-Ferdinand Destouches à Meudon en 2012.

Après leur exode à La Rochelle, ils s'installent en chez la mère de Céline, puis au 4, rue Girardon à Paris, dans un appartement déniché par leur ami Gen Paul[8]. En , elle suit Céline dans sa fuite à Sigmaringen (avec son chat Bébert)[9], où elle sympathise avec Maud de Belleroche[10]. Se souvenant de cette époque, Abel Bonnard écrira d'elle : « la vaillante madame Céline, dont le courage, comme il arrive pour les meilleures des femmes, prenait la forme de la bonne humeur »[11]. Ils partent ensuite en exil au Danemark, où ils vivent dans une petite maison à Klarskovgaard, à côté de Korsør, près de la mer Baltique[12],[13],[14].

De retour en France en juillet 1951, ils s’installent à Menton chez la mère et le beau-père de Lucette, Gabrielle et Ercole Pirazzoli. Ils sont ensuite logés à Neuilly-sur-Seine chez Paul Marteau. Finalement, ils achètent une maison à Meudon, la Villa Maïtou, 25 ter, route des Gardes. Lucette Destouches sympathise avec le mari de Françoise Sagan, Bob Westhoff, et reçoit chez elle de très nombreuses personnalités, dont Arletty, Marcel Aymé, Michel Simon, Charles Aznavour et Angelo Rinaldi, Roger Nimier et Albert Paraz.

Dans ses romans, Céline campe Lucette Destouches sous les traits du personnage de Lili. Celle-ci apparaît dans D'un château l'autre, Nord, et Rigodon, trois ouvrages qui content l'exil du couple pendant et après la guerre.

Sépulture de Louis-Ferdinand Céline au cimetière de Meudon avec l'inscription par anticipation pour Lucette Destouches.

Louis-Ferdinand Céline meurt le vers dix-huit heures après avoir déclaré à Lucette Destouches qu'il « [allait] crever ». Elle fait en sorte que la nouvelle reste aussi secrète que possible, et l'enterrement a lieu en présence d'une trentaine de personnes seulement, dont Marcel Aymé, Claude Gallimard, Roger Nimier, Robert Poulet, Jean-Roger Caussimon et Lucien Rebatet[15]. Elle fait alors graver sur leur tombe, outre le nom de son mari, et par anticipation ses prénom, nom et dates,

« LUCIE DESTOUCHES
NÉE ALMANSOR
1912-19.. »

ignorant qu'elle dépasserait allègrement le siècle[16].

En 1965, dans un entretien accordé à Colette Gouvion, elle affirme « [être] perdue »[17].

Elle enseigne alors la danse classique. Elle fait notamment profiter de ses cours Judith Magre, Françoise et Isabelle Gallimard et Ludmila Tcherina[18], ainsi que les membres des 2Be3 à leurs débuts[19].

Elle écarte la correctrice et transcriptrice de Céline, Marie Canavaggia, de la préparation des textes posthumes comme Rigodon. Après la mort de Céline et selon la volonté de l'écrivain, elle s'oppose fermement à la reparution de ses pamphlets antisémites (Bagatelles pour un massacre, L'École des cadavres et Les Beaux Draps) en France[20] ; elle y consent finalement en 2017[21] ; mais le projet, porté par Gallimard, est finalement reporté sine die[22].

En 2012, à l'occasion de son centième anniversaire, sort un recueil de textes sur Lucette Destouches dirigé par David Alliot, Madame Céline[23],[24],[1].

Elle vivait, jusqu'à son décès survenu le , dans la maison familiale de Meudon[16],[25], vendue à terme avec droit d'usage pour payer ses dettes et les trois personnes qui se relayaient auprès d'elle[26].

Ouvrage