Lucien Sève
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Fonctions
Directeur
Éditions sociales
-
Conseiller municipal de Chaumont (d)
avril -
Biographie
Naissance
Décès
Époque
Nationalité
Formation
Activités
Philosophe, militant politiqueVoir et modifier les données sur Wikidata
Père
André Sève (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjointe
Françoise Sève (d) (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Parti politique
Membre de
Mouvement
Influencé par
Distinction

Lucien Sève, né le à Chambéry et mort le à l'hôpital Antoine-Béclère de Clamart, est un philosophe français d'inspiration marxiste.

Militant politique, il occupe des responsabilités au sein du Parti communiste français. Il s’en éloigne à partir de 1984 et le quitte définitivement en 2010.

Biographie

Fils de gérants d'une petite maison d'édition, Lucien Sève fait ses études secondaires au lycée de Chambéry, puis poursuit en khâgne au lycée du Parc à Lyon[1].

Il est admis à l'École normale supérieure en 1945[2] et obtient l'agrégation de philosophie en 1949[3].

Professeur de philosophie au lycée français de Bruxelles, il est révoqué pour « propagande marxiste-léniniste » en mai 1950. Nommé dans une petite ville française, il échappe à la révocation définitive de l'Éducation nationale en acceptant d'être affecté en 1952 à une unité disciplinaire de l'armée en Algérie. À son retour, il enseigne la philosophie dans les classes terminales de lycée, notamment au lycée Saint-Charles, à Marseille[1].

Il publie en 1956 une anthologie commentée des grands textes laïcs qui le conduit à approfondir la philosophie universitaire française au XIXe siècle ; il y montre le rôle joué par Victor Cousin dans la lutte contre le matérialisme et la dialectique sous le Second Empire.

Membre du Parti communiste français depuis septembre 1950, il est élu au comité central de ce parti en 1961 et en reste membre jusqu'en 1994[1].

En 1964, un article paru dans la revue L'École et la Nation, « Les “dons” n'existent pas », a un important retentissement et le fait connaître bien au-delà du public enseignant.

Il publie en 1969 Marxisme et théorie de la personnalité. Cet ouvrage donne lieu à un débat très vif avec Louis Althusser à propos de l'interprétation de la VIe thèse sur Feuerbach de Marx et de la conceptualisation de l'« essence humaine ».

De 1970 à 1982, Sève dirige Les Éditions sociales, une maison d'édition du PCF.

En 1980 paraît Une introduction à la philosophie marxiste, ouvrage qui dresse un tableau critique de la philosophie classique et des apports des grands penseurs matérialistes antiques, ainsi que de Marx et Engels, Lénine, Gramsci et Mao Zedong.

En 1984, Lucien Sève appelle à une « refondation » communiste, qu'il ne conçoit que sur la base d'une étude approfondie de l'œuvre de Marx et d'Engels et qu'il présente dans Communisme, quel second souffle ? Il s’éloigne alors du Parti communiste[4].

Membre du Comité consultatif national d'éthique de 1983 à 2000, il promeut le concept de « personne potentielle » pour résoudre les nombreuses contradictions que l'éthique, médicale en particulier, doit affronter. En 1994, il présente le résultat de son expérience et de ses réflexions dans Pour une critique de la raison bioéthique.

Sa réflexion, toujours dans la même perspective, le porte à s'interroger sur l'existence et les apports du matérialisme dialectique dans l'étude de la nature : Sciences et dialectiques de la nature (1998). Ce travail est prolongé par la publication en 2005 du livre Émergence, complexité et dialectique sous la coordination de Janine Guespin-Michel ; le chapitre central s'adresse particulièrement aux scientifiques et démontre l'utilisation possible des catégories dialectiques dans l'épistémologie des systèmes dynamiques non linéaires. Six contributions de scientifiques complètent la discussion sur ces catégories.

Il s'engage à partir de 2004 dans la publication d'une synthèse en plusieurs volumes, « Penser avec Marx aujourd'hui », dont le premier tome s'intitule Marx et nous, le deuxième L'Homme ?, le troisième La Philosophie ? et le quatrième Le Communisme ?

L'ensemble de son œuvre est une interrogation sur l'essence humaine et sur la place de la personne dans une conception matérialiste dialectique et historique. Ce travail est prolongé en 2006 dans un ouvrage qui fait le point de la question et réunit quatre articles parus dans diverses revues ou journaux : Qu'est-ce que la personne humaine ? - Bioéthique et démocratie.

Il démissionne du PCF[5] à l’issue des régionales d', dénonçant ce qu'il voit comme un « raidissement dans la pratique démocratique » d’un parti qui « n’a pas réussi à se transformer ». Il ajoute dans une lettre aux militants qu'il n'arrête pas le combat :

« Pour où je pars ? Pour un où qui n’existe pas encore, un où à construire d’une façon à inventer, même si je considère par exemple qu’une structure fort modeste telle que Communistes unitaires peut être bien utile pour engager ce qui doit l’être[6]. »

Son analyse, qui suscite parfois de vives réactions à l'échelon local[7], suggère des voies à suivre pour transformer le PCF et une stratégie pour la mise en place du communisme tel qu'il le conçoit, qui s'inspirerait de la thèse stratégique de Marx selon laquelle « l'émancipation des travailleurs sera l'œuvre des travailleurs eux-mêmes. »

Les 9 et , un colloque « Philosophie, Anthropologie, Émancipation : autour de Lucien Sève » est organisé à l'occasion de ses 90 ans[8], à l'École normale supérieure et à la Sorbonne, par la fondation Gabriel Péri en partenariat avec le Séminaire Marx au XXIe siècle, Paris-1 (IHRF), le séminaire Lectures de Marx (ENS Ulm), la GEME (Grande Édition de Marx et d'Engels), Les Éditions sociales, La Dispute et Espaces Marx.

Lucien Sève meurt à l'âge de 93 ans du Covid-19 le [9].

Prix