Manuel Merino
Illustration.
Manuel Merino en 2020.
Fonctions
Membre du Congrès péruvien
En fonction depuis le
(8 mois et 14 jours)
Élection 26 janvier 2020
Circonscription Tumbes
Président de la république du Pérou

(5 jours)
Président du Conseil Ántero Flores-Aráoz
Prédécesseur Martín Vizcarra
Successeur Francisco Sagasti
Président du Congrès de la République du Pérou[a]

(7 mois et 25 jours)
Élection
Prédécesseur Pedro Olaechea (en)
Successeur Rocío Silva-Santisteban (en) (intérim)
Francisco Sagasti
Biographie
Nom de naissance Manuel Arturo Merino de Lama
Date de naissance (59 ans)
Lieu de naissance Tumbes
Nationalité Péruvienne
Parti politique Action populaire
Conjoint Mary Peña (en)
Religion Catholicisme

Manuel Merino
Présidents de la république du Pérou

Manuel Arturo Merino de Lama, né le à Tumbes, est un homme d'État péruvien, président du Congrès de la République du Pérou de mars à novembre 2020, puis éphémère président de la république du Pérou du 10 au 15 novembre 2020.

Il devient président à la faveur de la destitution controversée de Martín Vizcarra. Sous la pression de la rue, de la communauté internationale et de l'armée, il démissionne cinq jours après son entrée en fonction.

Biographie

Débuts

Né à Tumbes, au nord du Pérou, Manuel Merino est un homme d'affaires de 59 ans ayant fait des études d'agronomie. En parallèle de ses activités liées au secteur agricole et d'élevage de sa région, il exerce une carrière politique au sein du parti centriste Action populaire (AP), qu'il intègre en 1979.

Parcours politique

Parlementaire

En 2001, Merino est élu une première fois au Parlement péruvien en représentation de Tumbes. Il exerce cette fonction jusqu'en 2006 et se distingue en tant que président de la Comission à la protection des consommateurs.

Il est réélu une deuxième fois en 2011, toujours au sein de l'AP en alliance avec le parti Pérou possible d'Alejandro Toledo, et assume le poste de vice-président du Congrès jusqu'en 2012. Il préside ensuite la Commission au logement en 2012 et 2013 et occupe la vice-présidence du Parlement amazonien entre 2011 et 2013.

Merino revient une nouvelle fois au Parlement péruvien à la suite des élections législatives de 2020 convoquées par le président Martín Vizcarra qui avait dissous le Congrès précédent en septembre 2019. Il est d'ailleurs nommé président du Congrès le et déclare à cette occasion que le Congrès devrait « regagner et renforcer la confiance du public », et que les élus devaient « montrer l'exemple et avoir une attitude responsable, transparente et efficace ».

Cependant, la crise politique générée par la confrontation entre les pouvoirs exécutif et législatif se poursuit et Merino devient l'un des principaux promoteurs de la première tentative de destitution du président Martín Vizcarra en septembre 2020. En effet, accusé de corruption à la suite de la diffusion d'un enregistrement le mettant en cause dans un contrat de complaisance supposé d’un chanteur, le Congrès ouvre une procédure de destitution à l’encontre de Martín Vizcarra le [1]. Celui-ci échappe à la destitution le 18 septembre, la motion recueillant seulement 32 votes favorables sur les 87 nécessaires[2]. Une nouvelle procédure est enclenchée en novembre suite aux témoignages de plusieurs hommes d’affaires, qui ont affirmés devant la justice avoir versé en 2014 des pots-de-vin à Martín Vizcarra[3]. Il est finalement destitué par le parlement le avec 105 voix pour, 19 contre et 4 abstentions[4]. Néanmoins, cette décision est dénoncée par une large partie de la population, hostile au Parlement qui est accusé de « coup d'État ». Vizcarra était devenu très populaire auprès de la population en tant que héraut de la lutte contre la corruption. La destitution est également mal accueillie par les organisations patronales, qui attendait du gouvernement qu'il se concentre sur le redémarrage de l'économie dans le contexte de la crise provoquée par la pandémie de Covid-19[5].

D'après le professeur de science politique Kevin Parthenay, la destitution de Martin Vizcarra répond également à des motifs politiques : « Il existait une opposition très forte entre Martin Vizcarra et Manuel Merino, et il y avait une véritable volonté de casser l’exécutif depuis le Parlement[6]. »

Président de la République

Le , la fonction de président de la République revient à Manuel Merino en tant que président du Parlement. Il promet un gouvernement de transition consensuel et appelle à l'unité nationale[7]. Dans la foulée, il constitue un gouvernement à majorité conservatrice dans un contexte de manifestations hostiles dans tout le pays[8].

L'annonce de la destitution de Vizcarra mène en effet dans les jours qui suivent à des manifestations de grande ampleur — les plus grandes au Pérou depuis deux décennies — dans la capitale et les principales ville du pays[9],[10],[11]. Trois personnes sont tuées lors d'une manifestation brutalement réprimée par la police le 14 novembre[12].

Merino n'est par ailleurs pas reconnu par la majorité des gouvernements voisins, la décision du parlement de destituer Vizcarra sur la base d'accusations couvertes par l’immunité présidentielle étant jugée inconstitutionnelle[13].

Le Congrès l'appelle à démissionner immédiatement le 15 novembre[14], ce qu'il fait le jour même[15],[16]. Quelques heures avant, les ministres du Logement, de l'Énergie, de l'Éducation, de la Santé, du Tourisme, de la Justice, de la Culture, ainsi que celle des Femmes, avaient présenté leur démission[17].

Francisco Sagasti est élu président du Congrès dès le lendemain[18].

Notes et références

Notes

  1. Luis Valdez Farías assure l'intérim du 10 au 15 novembre 2020.

Références

  1. « Au Pérou, le Parlement déclenche une procédure de destitution du président Vizcarra », sur lemonde.fr, (consulté le 13 septembre 2020).
  2. « Pérou: le président Martin Vizcarra échappe à une procédure de destitution », sur rfi.fr, (consulté le 20 septembre 2020).
  3. « Au Pérou, le Parlement tente à nouveau de destituer Martin Vizcarra », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  4. « Au Pérou, le Parlement approuve la destitution du président Martin Vizcarra », sur France 24, FRANCE24, (consulté le 10 novembre 2020).
  5. « Pérou : le président destitué par le Parlement à la suite d’accusations de corruption », sur Le Monde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le 10 novembre 2020).
  6. « Les Péruviens protestent contre la destitution du président Martin Vizcarra », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 13 novembre 2020).
  7. (es) « Manuel Merino anuncia gabinete de “consenso y unidad nacional” », sur www.elcomercio.pe, (consulté le 10 novembre 2020).
  8. Le Point magazine, « Pérou: l'ex-président critique le nouveau pouvoir, appelle à des manifestations "pacifiques" », sur Le Point, (consulté le 13 novembre 2020).
  9. (en) « 'All of Peru is fired up': protesters fill streets after ousting of president », sur the Guardian, (consulté le 14 novembre 2020).
  10. « Le Pérou, ce pays qui dévore ses présidents », sur Libération.fr, Libération, (consulté le 14 novembre 2020).
  11. « Pérou : le président destitué par le Parlement à la suite d’accusations de corruption », sur Le Monde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le 14 novembre 2020).
  12. « Trois morts lors de manifestations appelant à la démission du nouveau président », sur L'Orient-Le Jour,
  13. (es) Redacción El Comercio Perú, « Mario Vargas Llosa: “Clarísimamente el flamante Congreso ha violado la Constitución” », sur El Comercio Perú, elcomercio.pe, (consulté le 14 novembre 2020).
  14. (es) « El Congreso peruano pide la "renuncia inmediata" de Manuel Merino a la presidencia », sur France 24, FRANCE24.Espanol, (consulté le 15 novembre 2020).
  15. (pt) « Presidente interino do Peru, Manuel Merino renuncia após série de protestos », sur www.cnnbrasil.com.br (consulté le 15 novembre 2020).
  16. (es) « Manuel Merino renuncia como presidente de Perú tras menos de una semana en el poder », BBC News Mundo,‎ (lire en ligne, consulté le 15 novembre 2020).
  17. (en) Empresa Peruana de Servicios Editoriales S. A. EDITORA PERÚ, « State Ministers resign from office in Peru », sur andina.pe (consulté le 15 novembre 2020).
  18. « Le Pérou se trouve un président par intérim », sur Les Echos, (consulté le 16 novembre 2020).

Annexes

Liens externes

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