Le militantisme est une forme d'engagement collectif à une cause de nature morale, religieuse, sociale, politique, associative ou syndicale souvent en vue de protester contre ce qui est perçu comme une injustice.

Historiquement ce terme militaire issu du latin fait référence aux membres de la milice du Christ, mais son usage au vingtième siècle dérive pour décrire l'expression organisée d'une protestation d'un groupe social.

Définition et origine

Le mot est d'origine guerrière mais son utilisation est issue de la théologie. Le terme "militantisme" provient du latin milita qui désigne le service militaire, le métier de soldat.

Historiquement, l'usage du mot militant dans un sens moral et religieux se trouvait dans l'expression « Église militante », qui désignait les fidèles sur terre, par opposition à l'Église triomphante (au ciel), et à l'Église souffrante (au purgatoire)[1],[2]. Le mot désigne ainsi en premier lieu les membres de la milice du Christ.

On le retrouve en 1944 dans son affiliation théologique sous la plume de François Mauriac:

Les militants de l’Action catholique, en 1944, sont appelés à vivre plus dangereusement: plus que jamais le royaume du ciel appartiendra aux violents (Mauriac, Bâillon dén., 1945, page 442)[3]

Le mot en français est attesté dans un dictionnaire depuis 1962[3]. En anglais le Online Etymology Dictionary documente le mot «activisme» dans son utilisation au sens politique depuis 1920[4] ou 1915[5] respectivement.

Émergence du militantisme au 20ème siècle

L'histoire de ce mot est à mettre en relation avec l'interprétation des comportements collectifs (en) et de l'action sociale[6],[7],[8],[9].

A la suite de l'émergence de mouvements sociaux dans les années 1960, une nouvelle compréhension du terme émerge comme étant l'expression d'une protestation démocratique, acceptable et rationnelle[10],[11],[12]. L'histoire des révoltes à travers des mouvements de protestation organisés est cependant documentée depuis les révoltes d'esclaves sous la République Romaine dès Ier siècle av. J.-C. Le gladiateur romain Spartacus mène 6000 esclaves à la révolte dans ce qui sera appelé la Troisième Guerre servile[13].

D'autres exemples de révoltes historiques sont souvent cités comme la révolte des paysans en Angleterre en 1381 contre l'impôt par tête[14]. En 1930 Mahatma Gandhi mène la marche du sel, à laquelle participent des milliers de millitants indiens pour protester contre les taxes du gouvernement britannique. 60 000 personnes sont alors emprisonnées, le mouvement social généré mène cependant à terme à l'indépendance de l'Inde. Dans certaines régions de l'Asie, l'Afrique et l'Amérique du Sud, le recours aux mouvements sociaux sous l'influence de millitants pour les droits civiques ou de révolutionnaires a œuvré en faveur de l'auto subsistance et l'indépendance nationale, voire dans certaines régions du monde des organisations collectives, communistes et socialistes[15]. L'essor du militantisme impacte fortement les sociétés occidentales également, à travers des mouvements sociaux comme le Mouvement ouvrier, le mouvement pour le droit des femmes et le mouvement pour les droits civiques[16].

Le « militantisme moral », aujourd'hui en plein essor, est fondé sur des solidarités hors de toute organisation ou idéologie politique . Cette forme de militantisme se concentre sur un sujet précis. Cela peut inclure des causes telles que l'antiracisme, l'humanitaire, la défense des droits de l'Homme, la lutte des classes, le féminisme, la lutte contre le SIDA, la défense de l'environnement, du droit des consommateurs ou du développement durable, etc.

Un acte militant : ce camion anti-vivisection est régulièrement visible sur le bord des routes montpelliéraines.

Moyens employés

Bombage devant la Sorbonne dont l’accès était interdit par la police, mars 2006 (pendant le mouvement contre le CPE)

Le militantisme peut utiliser différents moyens pour faire entendre sa voix :