New Shepard
Propulseur du New Shepard après utilisation, en 2017.
Propulseur du New Shepard après utilisation, en 2017.
Données générales
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Constructeur Blue Origin
Premier vol 29 avril 2015
Statut actif
Lancements (échecs) 16 (0)
Étage(s) 1
Poussée au décollage 490 kN
Motorisation
Ergols LH2 / LOX
1er étage 1 x BE-3
Missions
Vol suborbital

New Shepard est un véhicule spatial formé par la combinaison d'une fusée réutilisable et d'une capsule habitée développées par la société Blue Origin pour effectuer des vols suborbitaux. Le lanceur décolle et atterrit verticalement. Le , le véhicule a effectué un premier vol complet comprenant une ascension jusqu'à une altitude de 100 km.

La capsule, qui doit transporter entre autres des touristes spatiaux, effectue ses atterrissages en douceur et à la verticale, et ce au plus proche du site de lancement[1].

Le premier vol habité a eu lieu le 20 juillet 2021.

Développement

Le moteur BE-3 est testé sur banc d'essais.

Une version à échelle réduite, appelée Goddard, a effectué un premier vol, le . Après un premier vol en au cours duquel la fusée n'avait pu être récupérée[2], la fusée a effectué un vol parfait le de la même année [3] à 100,5 km d'altitude. Le , le même lanceur, avec entre autres des parachutes et allumeurs pyrotechniques neufs et des logiciels modifiés atteint 101,7 km avant d'atterrir.

L'appellation New Shepard fait référence au premier astronaute américain, Alan Shepard. À l'époque, les États-Unis ne disposaient pas d'un lanceur assez puissant, et ce premier vol fut uniquement suborbital.

Caractéristiques techniques

Le New Shepard comprend une fusée mono étage et une capsule destinée à embarquer des passagers pour un vol suborbital.

Fusée

La fusée mono étage est propulsée par un moteur-fusée BE-3 développé par Blue Origin pour cet usage. Ce moteur-fusée de 49 tonnes de poussée brûle un mélange d'oxygène et d'hydrogène liquide. La poussée peut être réduite à 8,9 tonnes : cette capacité est utilisée lorsque la fusée fortement allégée doit atterrir en douceur et de manière contrôlée sur le sol. Le décollage et l'atterrissage sont verticaux. Le corps de la fusée comprend des ailerons orientables à l'arrière pour stabiliser le vol au décollage et à l’atterrissage. La fusée comprend également au sommet un anneau : l'air qui circule entre l'anneau et le corps de la fusée permet de contrôler de manière passive la descente en modifiant le centre de pression aérodynamique. Quatre ailerons fixés sur cet anneau et déployés au début de la phase de descente contribuent également à cette stabilisation. Enfin, 8 aérofreins également fixés sur l'anneau se déploient pour réduire la vitesse de descente de la vitesse du son à la moitié de celle-ci. Un train d'atterrissage comprenant 4 pieds se déploie avant l'atterrissage. Le contrôle de l'appareil est effectué par des ordinateurs de bord, il n'y a pas de contrôle au sol. La fusée est inspirée du McDonnell Douglas DC-X[4].

Capsule

Capsule de la fusée suborbitale New Shepard après un vol de test.

La capsule fixée au sommet de la fusée permet d'embarquer 6 passagers et a un volume habitable de 15 m3. Elle est également pourvue de 6 fenêtres d'environ 73 cm de largeur pour 108 cm de hauteur, faisant d'elles les plus grandes de l'histoire du vol spatial habité. Elle redescend sur le sol suspendue à 3 parachutes qui se déploient au cours de la descente. La capsule dispose d'un système de propulsion lui permettant, en cas de défaillance de la fusée, de se désolidariser de celle-ci et de s'élever suffisamment haut pour permettre le déploiement des parachutes et un atterrissage en douceur. Il s'agit d'un moteur à propergol solide de 32 tonnes de poussée fonctionnant durant 2 secondes[4].

Déroulement d'un vol

Le New Shepard décolle depuis un site situé dans l'ouest du Texas et effectue une montée propulsée d'une durée d'environ 150 s qui lui permet d'atteindre une altitude de 40 km, les passagers subissant une accélération maximum de 3 g. Arrivé à cette altitude, la vitesse du lanceur est d'environ Mach 3,7 (environ 1 km/s) et la propulsion est coupée, quelques secondes plus tard la capsule se désolidarise du premier étage. Sous l'effet de l'inertie, la capsule continue son ascension jusqu'à une altitude d'environ 100 km. Après avoir atteint son altitude maximale, la capsule amorce une descente non propulsée avec une décélération atteignant un maximum de 5 g. Lorsque l'altitude n'est plus que d'environ 1,5 km, la fusée rallume son moteur-fusée qu'elle fait fonctionner une dizaine de secondes pour un atterrissage vertical en douceur à une vitesse de 9 km/h sur une zone prévue proche du pas de tir. La capsule atterrit à quelques kilomètres de son site de lancement sous trois parachutes principaux redondants. Elle dispose également de rétrofusées diminuant la vitesse résiduelle à un seuil acceptable lors du contact avec le sol sur le modèle du Soyouz russe. La durée totale d'un vol est environ d'une dizaine de minutes[5].[réf. nécessaire]

Historique des vols

Essais des précurseurs du New Shepard