Nissan Motor Company
logo de Nissan
illustration de Nissan

Création 1932
Dates clés 1999 : Nissan s'allie à Renault
Fondateurs Drapeau : Japon Yoshisuke Aikawa
Personnages clés Yoshisuke Aikawa, fondateur
Kenjiro Den, fondateur
Rokuro Aoyama, fondateur
Meitaro Takeuchi, fondateur
Carlos Ghosn, ex-Président
Itaru Koeda, Co-Chair, Exec. VP
Takeshi Isayama, Vice Chair
Toshiyuki Shiga, COO
Forme juridique Kabushiki kaisha[1]Voir et modifier les données sur Wikidata
Action TSE : 7201
NASDAQ : NSANY
Slogan Innovation that excites
Siège social Nishi-ku, Yokohama
Drapeau du Japon Japon
Direction Drapeau : Japon Yasushi Kimura (PCA)
Drapeau : Japon Makoto Uchida (DG)
Actionnaires Renault : 43,4 %
Daimler AG : 3,10 %
Activité Généraliste
Produits Automobiles
Société mère Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi
Sociétés sœurs Renault
Filiales Infiniti
Datsun
Nismo
Venucia
Mitsubishi Motors
Effectif 140 654 fin 2019
Site web www.nissan-global.com

Capitalisation 1 435 339 millions JPY en mars 2020
Chiffre d'affaires 11 574 247 millions JPY en 2019
Résultat net 319 138 millions JPY en 2019[2]

Nissan Motor Company, Limited (日産自動車株式会社, Nissan Jidōsha Kabushiki-kaisha?), Nissan (日産?) est un constructeur automobile japonais né sous le nom de Datsun. Son siège social est à Yokohama depuis 2010. Il est lié au constructeur français Renault depuis 1999 à travers l'Alliance Renault-Nissan qui est au premier semestre 2017, le premier groupe automobile mondial (nombre de voitures produites).

Depuis 2012, le groupe Nissan détient 15 % du capital du groupe Renault. Inversement, le groupe Renault détient 43,4 % du capital du groupe Nissan.

Histoire

Le , l'entreprise Kaishinsha Motorcar Co., Ltd est créée à Tokyo par trois investisseurs, Kenjiro Den, Rokuro Aoyama et Meitaro Takeuchi, et se lance dans la fabrication d'automobiles. Trois ans plus tard, la première automobile sort des ateliers, la DAT (acronyme de Den Aoyama Takeuchi), qui possédait un moteur V-2 d'une puissance de dix chevaux et qui pouvait atteindre la vitesse maximale de 32 km/h. En 1919, une autre entreprise, Jitsuyo Jidosha Seizo, basée à Osaka, lance la Lila, une petite voiture traditionnelle de 1,2 litre de cylindrée.

En 1926, les deux entreprises fusionnent et forment la DAT Jidosha Seizo Co. en reprenant les initiales des trois fondateurs de la Kaishinsha Motorcar Co. et ils s'installent à Osaka. Leurs activités automobiles respectives ayant été des échecs, ils décident de se spécialiser dans la fabrication de camions. En 1930, ils décident de relancer une activité automobiles avec la DAT 91. En 1931, la société devient une filiale de Tobata Imono Co. et se lancent dans la production d'un dérivé de l'Austin Seven britannique. Les nouvelles voitures sont produites sous la marque Datson (littéralement « fils de DAT »). En 1932, ils construisent une nouvelle usine à Yokohama, y déménagent et rebaptisent encore une fois leurs produits Datsun en référence à la traduction en anglais de soleil, symbole du Japon[3] et parce que Son a une prononciation désavantageuse en japonais. En , Tobata Imono Co. et une autre entreprise japonaise, Nihon Sangyo Co. (littéralement « industrie du Japon », en abrégé « Ni-San ») créent une filiale commune, la Jidosha-Seizo Ltd, pour fabriquer les Datsun. Nihon Sangyo Co. reprend la totalité de l'entreprise en 1934 et la rebaptise Nissan Motor Co., Ltd. La marque Nissan est créée[4]. La production automobile prend alors son essor et le constructeur développe toute une gamme, avec des conduites intérieures, des coupés, des roadsters.

En novembre 1937, le siège social de Nissan fut transféré à Hsinking, la capitale du Mandchoukouo. En décembre, la société a changé de nom pour celui de « corporation du développement des industries lourdes de Mandchourie » (Manshū Jukōgyō Kaihatsu Yoko) sous l'égide de la Compagnie du développement industriel de Mandchourie», une société anonyme partagé à 50 % par Nissan et à 50 % par le gouvernement du Mandchoukouo qui en supervise le plan central.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'entreprise participe à l'effort de guerre japonais et se trouve démantelée en 1945.

En 1947, la production des Datsun peut reprendre, toujours avec des véhicules britanniques sous licence. Mais Datsun développe dans les années 1950 sa propre conception de véhicules. En 1951, fort de son expérience dans la fabrication de véhicules militaires acquise durant la Seconde Guerre mondiale, Datsun lance le Patrol, un 4 × 4 doté d'un moteur six cylindres de 85 chevaux qui surclasse la Jeep Willys en termes de puissance et de capacité de charge. En 1955, Datsun propose la limousine 110 ; en 1958, une Datsun 210 gagne au rallye d'Australie Mobilgas Round Australia Trial ; en 1959, la Datsun Bluebird est lancée au Japon, le succès est immédiat et ce modèle restera un modèle phare de la marque. En 1964, la President est lancée, une voiture de luxe. En 1966, Nissan rachète son compatriote Prince Motor Co. et acquiert ainsi un personnel hautement qualifié et la renommée des modèles Skyline et Gloria. En 1969, la société lance la 240Z, un modèle doté d'un six cylindres en ligne de 2,4 litres et de 150 ch, c'est-à-dire la puissance d'une Porsche pour moins de la moitié de son prix.

Le groupe s'internationalise. En 1958, il commence à exporter vers les États-Unis, puis en 1962 vers l'Europe. Datsun ouvre une usine à Taiwan en 1959, une usine au Mexique en 1961. En 1973, la Nissan Sunny connaît un grand succès aux États-Unis grâce à sa faible consommation dans un contexte de flambée du cours du pétrole. Dans les années 1980, Nissan s'implante industriellement aux États-Unis. En 1984, Nissan construit son usine de Sunderland au Royaume-Uni, et en 1988 son centre de R&D britannique[5]. .

Les marques Nissan et Datsun ont longtemps cohabité, Nissan étant distribué au Japon et Datsun à l'international. En 1981, Nissan prend la décision d'abandonner complètement, et en particulier aux États-Unis, la marque Datsun, jugée trop anglo-saxonne, et de se concentrer sur la marque Nissan.

En 1989, en réaction à la création de la marque Lexus par Toyota, Nissan crée à son tour une marque de prestige pour le marché nord-américain, Infiniti, destinée à compléter la marque Nissan sur le segment haut de gamme et à concurrencer les produits allemands aux États-Unis. Cette marque contribuera à augmenter sa présence sur ce qui est alors le premier marché mondial, mais représente également un lourd investissement.

Nissan connut sa plus forte expansion dans les années 1970, lorsque l'industrie automobile japonaise tout entière se déployait. Nissan devient alors le numéro deux japonais de l'automobile, derrière Toyota. Depuis, l'ambition de l'entreprise a toujours été de rattraper son concurrent, sans jamais y parvenir.

Mais dans sa course avec Toyota et dans sa politique de développement à marche forcée à l'international, l'endettement de Nissan dans les années 1980 augmente. Dans les années 1990, l'entreprise prend du retard dans le développement de ses nouveaux produits, l'identité de ses produits apparaît floue. Nissan ne réalise qu'une seule année bénéficiaire dans la décennie, en 1996. Les années suivantes se soldent par des pertes de plus en plus importantes et un endettement massif.

Alliance Renault-Nissan - à partir de 1999

À la fin des années 1990, Nissan est au bord de la faillite, en 1998, après avoir tenté un rapprochement avec quelques constructeurs sans succès, il trouve une planche de salut auprès de Renault et de Louis Schweitzer. Les négociations débutent en et le 1er mars 1999, une alliance avec Renault, second constructeur français, est conclue. Renault prend 44 % du capital du japonais, créant ainsi l'Alliance Renault-Nissan par l'échange de participations croisées. À cette occasion, Louis Schweitzer fait appel à Carlos Ghosn, pour lui confier la direction de Nissan afin de restructurer le constructeur japonais. Ce dernier devient le premier étranger à diriger un constructeur automobile japonais.

Sites d'assemblage de véhicules de Nissan dans le monde.
Le nouveau siège social en construction (Avril 2008)

Devenu PDG de Nissan sous la houlette de Louis Schweitzer, Carlos Ghosn entreprend le redressement de l'entreprise, avec le plan NRP, pour Nissan Revival Plan. En pratiquant une politique drastique de réduction des coûts, notamment par la suppression de 28 000 emplois, et en tirant parti des synergies avec son nouvel actionnaire, Nissan redevient une entreprise compétitive au niveau mondial. L'Alliance Renault-Nissan devient le quatrième groupe automobile du monde.

Le nouveau siège social, une tour de quatre-vingt-dix-neuf mètres de haut et vingt-deux étages, située à Nishi-ku au bord de la baie de Yokohama, a été achevé en 2009.

En 2012, Nissan parle de réactiver la marque Datsun, pour commercialiser des véhicules low cost autour de 500 000 yens (4 600 euros) dans les pays émergents, en Chine, Brésil, Inde ou encore au Mexique. Il s'agirait de reproduire chez Nissan le succès que connaît Dacia chez son partenaire Renault[6].

En février 2013, Nissan a dévoilé une première image donnant un aperçu de la calandre-type de la marque ressuscitée Datsun.

Le , Nissan relance la marque Datsun en Inde avec la Datsun GO[7], présentant le premier modèle de la marque low cost, une berline cinq portes sur base de Lada, qui sera ensuite diffusée en Indonésie et en Russie. Datsun sera la marque à bas coût de Nissan comme Dacia l'est pour Renault, les quatre marques faisant partie avec Lada de l'alliance Renault-Nissan, les modèles Lada, Dacia et Datsun auront des plates-formes communes.

En mai 2016, Nissan et Mitsubishi Motors annoncent une augmentation de capital de Mitsubishi que Nissan souscrira pour devenir actionnaire de Mitsubishi à hauteur de 34 % pour 1,9 milliard d'euros[8]. Cette augmentation de capital est réalisée en octobre 2016, pour un coût de 2,29 milliards de dollars[9].

En novembre 2016, KKR annonce l'acquisition de Calsonic Kansei, un équipementier automobile détenu jusque là à 40,7 % par Nissan, pour l'équivalent de 4,5 milliards de dollars[10].

Le constructeur japonais a passé le cap des 150 millions de véhicule produits après 84 ans, en . Le véhicule en question est une Leaf (seconde génération). La courbe des ventes de Nissan s'est envolée au cours des dernières années. Il a en effet fallu 73 ans pour atteindre le cap des 100 millions et seulement 11 ans pour fabriquer les 50 derniers millions de véhicules[11].

Fin 2018, Nissan enregistre une forte baisse de ses ventes en France avec une chute de 10 % pour les dix premiers mois de l'année. Le Qashqai, véhicule représentant 40 % des ventes de Nissan en Europe, symbolise cette chute des ventes puisqu'il éprouve des difficultés à s'adapter aux nouvelles normes européennes entrées en vigueur au [12]. Ses immatriculations en Europe ont chuté de 38 % en septembre 2018. En juillet 2019, suite à des mauvais résultats, Nissan annonce la suppression de 12 500 emplois, dont plus de 6 000 déjà réalisé[13].

Sites de production

Les zones de production ont aussi beaucoup évolué récemment. 76,5 % des 100 premiers millions de véhicules ont été produits au Japon. Pour les 50 derniers, c'est seulement 23,5 %

Depuis 2006, 13 % des véhicules ont été assemblés en Europe. La principale usine du continent est celle de Sunderland, en Angleterre, qui donne naissance aux crossovers Juke et Qashqai[11].