Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Nouvelle-Calédonie (homonymie).

Nouvelle-Calédonie
Blason de Nouvelle-Calédonie
Emblèmes
Nouvelle-Calédonie
Logo du gouvernement[1]
Administration
Pays Drapeau de la France France
Statut Collectivité sui generis
Chef-lieu Nouméa
Provinces Nord
Sud
Îles Loyauté
Communes 33
Président du gouvernement Philippe Germain
2015 -
Président du Congrès Gaël Yanno
2018 -
Assemblée délibérante Congrès de la Nouvelle-Calédonie
Président du Sénat coutumier Clément Grochain
2018 -
Haut-commissaire Thierry Lataste[2]
Démographie
Gentilé Néo-Calédonien
Population 268 767 hab. (2014[3],[4])
Densité 14 hab./km2
Langues locales Français (officielle) plus 28 langues vernaculaires kanakes et de nombreuses langues parlées par les minorités ethniques (wallisien, futunien, indonésien, javanais, tahitien, vietnamien)
Géographie
Coordonnées 21° 15′ sud, 165° 18′ est
Superficie 1 857 550 ha = 18 575,5 km2
Divers
Monnaie Franc Pacifique (XPF)[5]
Fuseau horaire UTC+11:00
Domaine internet .nc
Indicatif téléphonique 687
Code postal Commence par 988
Code ISO 3166-1 NCL, NC
Localisation
Localisation de Nouvelle-Calédonie

La Nouvelle-Calédonie est une collectivité française composée d'un ensemble d'îles et d'archipels d'Océanie, situés en mer de Corail et dans l'océan Pacifique Sud. L'île principale, la Grande Terre, se localise à 1 407 km à l'est-nord-est de Double Island Point, en Australie, à 1 477 km au nord-nord-ouest du cap Reinga, à l'extrémité septentrionale de la Nouvelle-Zélande, et à 130 km au nord du tropique du Capricorne[6].

Distante de la France métropolitaine d'environ 16 740 kilomètres et d'une superficie de 18 575,5 km2, cette collectivité (ancien territoire d'outre-mer) située en Mélanésie et en Océanie lointaine relève de la souveraineté française depuis 1853. La zone économique exclusive (ZEE normalement fixée à 200 milles des côtes) a été étendue à 350 milles en 2015 après l'avis favorable de l'Organisation des Nations unies[7]. La richesse de son sous-sol (notamment en nickel), les transferts financiers de l'État et de l'Union européenne ainsi que les politiques de rééquilibrages territoriaux et ethniques menées depuis la fin des années 1980 ont permis à la Nouvelle-Calédonie d'atteindre un niveau de développement très élevé, surtout comparativement au reste du Pacifique insulaire et même de la France ultramarine (avec un IDH de 0,813 en 2010[8]). Cependant, les inégalités restent fortes et les potentialités de l'archipel qui permettraient d'explorer des alternatives aux activités minières, à commencer par le tourisme, sont encore insuffisamment valorisées[9].

Elle dispose d'un statut particulier de large autonomie sui generis instauré par l'accord de Nouméa, différent des collectivités d'outre-mer (COM)[10],[11], et du statut de pays et territoire d'outre-mer (PTOM) de l'Union européenne. Elle dispose de signes identitaires qui lui sont propres, aux côtés des emblèmes nationaux français (un hymne, une devise et une graphie spécifique des billets de banque). La question de son drapeau et de son nom font en revanche débat, les indépendantistes utilisant généralement l'appellation de « Kanaky » (en référence au peuple Kanak) et disposant de leur propre drapeau depuis 1984, deux options rejetées généralement par les non-indépendantistes qui peuvent défendre pour leur part des positions assez diverses (statu quo, association des emblèmes indépendantistes à ceux de la France, ou invention de nouveaux symboles communs à l'ensemble des communautés vivant dans l'archipel). Un référendum de 2018 sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie est organisé le [12],[13]. À la question « voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? »[14], les Calédoniens ont répondu à 56,4 % pour le « non », avec un taux de participation de plus de 80 %[15]. L'accord de Nouméa précise que : « La consultation portera sur le transfert à la Nouvelle-Calédonie des compétences régaliennes, l'accès à un statut international de pleine responsabilité et l'organisation de la citoyenneté en nationalité ». Ainsi, s'offre à la Nouvelle-Calédonie un ensemble de choix sur son futur statut (État associé à la France, indépendance, large autonomie au sein de la République française, etc.).

Peuplé depuis au moins 3 200 à 3 300 ans, l'archipel était habité avant l'arrivée des Européens par des Mélanésiens aujourd'hui appelés Kanaks, mot d'origine hawaïenne précédemment orthographié « canaque », qui forment le peuple autochtone et constituent la première communauté de la Nouvelle-Calédonie, avec en 2014 39 % des Néo-calédoniens. La colonisation de peuplement, tant pénale (avec la présence d'un bagne de 1864 à 1924, la déportation s'étant arrêtée en 1894) que libre, est à l'origine de la population d'origine européenne, fortement métissée, soit 27,2 % des habitants se déclarant « Européens » en 2014 (natifs ou non) à quoi peuvent s'ajouter les 8,6 % de métis et les 8,7 % se définissant simplement comme « Calédoniens ». Enfin, le développement économique, surtout à travers l'exploitation minière du nickel et les secteurs liés (la métallurgie mais aussi le bâtiment et l'énergie) a entraîné l'apport de mains-d'œuvre asiatiques d'abord (indonésienne, vietnamienne et japonaise) à partir de la fin du XIXe siècle et pendant la première moitié du XXe siècle (leurs descendants représentant 2,8 % de la population locale en 2014), puis polynésiennes (essentiellement wallisienne et futunienne) depuis les années 1950 (10,3 % des habitants en 2014). L'accord de Nouméa reconnaît dans son préambule une double légitimité d'une part à la population kanake (celle du « premier occupant ») et d'autre part aux autres communautés au titre de leur participation à la construction de la Nouvelle-Calédonie contemporaine, devant « poser les bases d’une citoyenneté néocalédonienne, permettant au peuple d'origine de constituer avec les hommes et les femmes qui y vivent une communauté humaine affirmant son destin commun »[16], et ce quelle que soit la solution institutionnelle finalement adoptée.

Son chef-lieu ou capitale, Nouméa, en est aussi la principale commune et la seule grande ville. Elle compte 99 926 habitants au dernier recensement de 2014. Le Grand Nouméa (avec les communes voisines de Païta, Dumbéa et Mont-Dore) compte 179 509 habitants, soit les deux tiers des 268 767 personnes peuplant l'archipel. Son organisation territoriale, mise en place en 1989 et confirmée par le statut de 1999, repose sur un « fédéralisme interne » dit « asymétrique » (d'après Robert Bertram)[17] ou « gigogne » (selon Jean-Yves Faberon)[18], incarné par trois provinces (Nord, Sud, qui est la plus peuplée et la plus développée, et Îles Loyauté). Ces provinces disposent de champs de compétences très étendus et possèdent chacune individuellement le statut de collectivité territoriale de la République française. Le Congrès de la Nouvelle-Calédonie, formé par la réunion d'une partie des élus des assemblées provinciales, est un « Parlement local » disposant depuis 1999 d'un réel pouvoir législatif (préparant et votant des lois du pays) et de contrôle sur l'exécutif néo-calédonien incarné par un gouvernement collégial.

Histoire

Article général Pour un article plus général, voir Peuplement de l'Océanie.
Article détaillé : Histoire de la Nouvelle-Calédonie.

Peuplement et sociétés pré-européennes (avant 1774)

Habitants autochtones de Nouvelle-Calédonie, vers 1880

Il y a 5 000 ans, des habitants du littoral de la Chine du sud, cultivateurs de millet et de riz, commencent à traverser le détroit pour s'installer à Taïwan. Vers 2000 av. J.-C., des migrations ont lieu de Taïwan vers les Philippines. De nouvelles migrations commencent bientôt des Philippines vers Sulawesi et Timor et, de là, les autres îles de l'archipel indonésien. Vers 1500 av. J.-C., un autre mouvement mène des Philippines en Nouvelle-Guinée et, au-delà, les îles du Pacifique. Les Austronésiens sont sans doute les premiers navigateurs de l'histoire de l'humanité.

Comme l'attestent des fragments de poterie Lapita retrouvés, les premiers habitants de la Nouvelle-Calédonie auraient posé le pied sur le territoire il y a environ 3 000 ans. On appelle Lapita la période de 1300 à 200 av. J.-C. C'est à Koné sur la côte ouest de Grande Terre que furent découverts les premiers vestiges de la civilisation Lapita. Selon l'archéologue Christophe Sand : « Si les Lapitas sont bien les ancêtres des Kanaks, leur culture n’était pas du tout la même, ce qui n’est pas non plus facile à admettre. »

Durant la période suivante, Naia Oundjo, ce qui est appelé aujourd'hui la culture kanake commence à se différencier des autres cultures mélanésiennes, elles aussi issues de cette migration austronésienne. Ils maîtrisent l'art de la pierre polie, et fondent leur civilisation sur la culture de la terre (principalement ignames et taros) et une organisation sociale basée sur une structure clanique. Lors de rituels guerriers, des clans pratiquent aussi l'anthropophagie[19]. Il est à noter que le terme de « kanak », longtemps péjoratif et véhiculé à la colonisation sous la graphie « canaque », vient de l'hawaïen[20] kanaka. Le chef historique de la revendication nationaliste et indépendantiste Jean-Marie Tjibaou, à travers sa pièce Kanaké écrite pour le festival Mélanésia 2000 en 1975, a joué sur l'homonymie de ce terme avec le nom du héros d'un mythe régional de l'aire paicî, « Tein Kanaké », afin, selon Mounira Chatti, maître de conférences en littérature comparée à l'université de la Nouvelle-Calédonie, « de réaliser le glissement de Kanaké, code onomastique donné au héros dans les différentes versions du récit originel, vers un nouveau Kanaké, héros national qui parle au nom de la nation kanak. L'obsession de l'unité kanake amène le futur chef de file du mouvement indépendantiste à purger le mythe d'origine de son caractère régionaliste pour « le hisser au rang d'épopée nationale » (Bensa, 1987 : 428) »[21].

Premiers contacts avec les Européens (1774-1853)

Carte historique par William Hodges en 1774, British Library

Le 4 septembre 1774, l'enseigne de vaisseau James Colnett aperçoit à l'horizon une terre inconnue. Il se trouve à bord du bâtiment commandé par le navigateur et explorateur anglais James Cook. Cook baptise cette terre New Caledonia en l'honneur de l'Écosse. En effet, on dit que l'aspect des côtes lui aurait rappelé cette région de Grande-Bretagne, dont le père de Cook est originaire. (Caledonia est l'ancien nom latin de la province correspondant à l'Écosse britannique.)

Il est probable qu'en 1788, l'expédition française conduite par La Pérouse reconnaît la côte Ouest à bord de L'Astrolabe et de La Boussole, juste avant de sombrer dans un naufrage sur le récif de Vanikoro aux Îles Salomon. En 1793, le contre-amiral français Antoine Bruny d'Entrecasteaux, parti en 1791 à la demande de Louis XVI pour retrouver La Pérouse, passe au large de la Nouvelle-Calédonie, reconnaît la Côte Ouest de la Grande Terre et se serait arrêté notamment aux Îles Loyauté. Néanmoins, on attribue la découverte de ces dernières à l'explorateur français Jules Dumont d'Urville en 1827 qui fut le premier à les situer précisément sur une carte.

Les missionnaires anglais de la London Missionary Society (L.M.S.) décident, à partir de 1797, de christianiser le Pacifique. L’archipel néocalédonien est atteint en 1840. Les missions protestantes reposent sur quelques hommes courageux, les « teachers », des catéchistes samoans et rarotongans. Ils débarquent en 1841 à l'île des Pins (Kunié) et en 1842 à Touaourou (Sud Grande Terre). Ils en sont chassés en 1842. La LMS s'installe aux îles Loyauté en 1841 avec plus de succès, le plus grand rencontré en Mélanésie.

Les premières conversions d’Océaniens à la foi protestante incitent les pères de la Société de Marie, missionnaires catholiques, à s’implanter en Mélanésie. Fin 1843, un navire de guerre français amène à Balade via Wallis un évêque, Guillaume Douarre[22],[23], et quatre missionnaires maristes, dont le Père Benoît Forestier.

Les missionnaires maristes, comme les protestants, réprouvent l’anthropophagie et regrettent que la femme soit accablée de travaux. Ils luttent contre la polygamie ou l’usage d’abandonner les malades. Mais les Kanak attaquent, en 1847, la mission de Balade où le frère Blaise Marmoiton[24] est martyrisé[25].

Les maristes s'implantèrent, avec succès cette fois, à Kunié en 1848. L'Île des Pins servit de base à l'évangélisation de la Grande Terre. Les missionnaires revinrent à Balade en 1851.

Colonisation de la Nouvelle-Calédonie (1853-1944)

Carte historique extraite de l'encyclopédie allemande Meyers Konversations-Lexikon de la Nouvelle-Calédonie et des îles Loyauté

La France de Napoléon III cherche une terre nouvelle, libre de toute occupation européenne, pour y fonder une colonie pénitentiaire. Par ailleurs, la France souhaite renforcer sa présence dans le Pacifique, encore faible face aux Néerlandais et Britanniques, alors que ces derniers envisagent d'annexer la Nouvelle-Calédonie. La Nouvelle-Calédonie est finalement proclamée colonie française à Balade le 24 septembre 1853 par le contre-amiral français Febvrier-Despointes. En fait, c'est Edmond de Bovis qui mène l'opération car l'amiral, fort malade, ne quitte guère son carré[26].

Sous le commandement du capitaine de vaisseau Louis-Marie-François Tardy de Montravel, arrivés sur le navire la Constantine, le 25 juin 1854, les militaires français fondent au sud-ouest de la Grande Terre Port-de-France pour servir de chef-lieu à la colonie, simple garnison qui deviendra rapidement une petite ville et prendra le nom de Nouméa le 2 juin 1866.

Après la Commune de Paris, la Nouvelle-Calédonie sert de lieu de déportation pour de très nombreux anciens communards condamnés par les conseils de guerre mis en place par le gouvernement d'Adolphe Thiers. Plus de 2 000 condamnés d'Afrique du Nord, essentiellement des révoltés algériens furent envoyés dans les bagnes de Nouvelle-Calédonie[27].

Un colon devant son habitation en « Brousse », avant 1906.

À la fin du XIXe et au début du XXe siècle plusieurs tentatives de colonisation sont des semi-échecs mais entraînent l'installation durable de populations européennes libres qui, avec les libérés du bagne, sont installés sur des terres de l'île principale pour y pratiquer l'agriculture (essentiellement la culture du café, d'autres tentatives concernant la canne à sucre ou le coton s'étant révélés des échecs) ou l'élevage. Leur implantation ainsi que la politique foncière et de l'indigénat qui en découle, menée par l'administration coloniale, provoquent diverses révoltes kanakes, telle celle de 1878 menée par le grand-chef Ataï. À côté de cela, la découverte de ressources minérales importantes, notamment en nickel, attire des investisseurs (comme John Higginson, les établissements Ballande ou encore la famille Rothschild) et permet le développement d'une intense activité minière et métallurgique, dominée par la Société Le Nickel (SLN). Pour répondre au besoin de main d'œuvre, des travailleurs « engagés sous contrat » asiatiques sont recrutés, essentiellement des Japonais ou des Tonkinois dans les mines, et des Javanais pour le travail agricole ou la domesticité[28].

La Nouvelle-Calédonie participe à l'effort de guerre français pendant la période 1914-1918, ce que confirme pour partie la révolte kanak de 1917.

En 1931, des Kanaks sont exposés, dans un enclos de cases, au Jardin d'Acclimatation, à l'occasion de l'exposition coloniale de Paris[29].

Durant la Seconde Guerre mondiale, le ralliement de la Nouvelle-Calédonie à la France libre intervient dès 1940. La Nouvelle-Calédonie devient à partir du une importante base arrière américaine dans la guerre contre le Japon, d'ailleurs la flotte américaine composée de l'USS Enterprise qui se dirigeait vers Guadalcanal avait séjourné à Nouméa.

Histoire contemporaine (depuis 1944)

Après la guerre, la France abandonne le terme de colonie et abolit le code de l'indigénat. En parallèle, le Territoire connaît une croissance économique rapide et importante grâce à l'exploitation de « l'or vert » : c'est le « boom du nickel », la Nouvelle-Calédonie en devenant alors le troisième producteur mondial.

Au début des années 1960, la Nouvelle-Calédonie fut envisagée comme site d'essais nucléaires[30].

Drapeau Kanaky, non officiel.

Les années 1980 voient les tensions entre opposants et partisans de l'indépendance atteindre leur paroxysme, les affrontements dégénèrent bientôt en insurrection quasi généralisée durant la période dite des « événements » (1984-1988). La violence culmine en 1988 avec la prise d'otages d'Ouvéa. Le , le leader indépendantiste kanak Jean-Marie Tjibaou est assassiné à Ouvéa.

Cet épisode pousse les deux camps et leurs dirigeants à négocier. Les négociations aboutissent à la signature des accords de Matignon le prévoyant la mise en place d'un statut transitoire de dix ans devant se solder sur un référendum d'autodétermination pour que les Calédoniens se prononcent pour ou contre l'indépendance. Cet accord est complété par l'accord de Nouméa du qui prévoit une autonomie forte et repousse le référendum final sur la question de l'avenir institutionnel (indépendance ou maintien au sein de la République française) entre 2014 et 2018. En cas de rejet de l'indépendance, un second, puis éventuellement un troisième référendum pourront être organisés[31]. À l'issue de votes toujours opposés à l'accession à la pleine souveraineté, un nouvel accord sera négocié.

En mars 2018, le Congrès de Nouvelle-Calédonie fixe la date de ce référendum au 4 novembre 2018[13]. La question posée aux électeurs est : « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? »[32]. La réponse qui l’emporte est le non avec 56,4 % des voix. La Nouvelle-Calédonie reste donc française. Toutefois, l'accord de Nouméa prévoit que deux autres référendums sont possibles dans les quatre ans en cas de victoire du non.

Géographie

Carte générale des archipels de Nouvelle-Calédonie.
Taille de la Nouvelle-Calédonie par rapport à la France métropolitaine
1969 km séparent Nouméa de Sydney en Australie

La Nouvelle-Calédonie est un ensemble d'îles et d'archipels mélanésiens de l'océan Pacifique Sud, situé dans la mer de Corail en Océanie lointaine autour des coordonnées 21° 30' Sud 165° 30' Est, à 1 407 km à l'est-nord-est de l'Australie (Double Island Point) et 1 477 km au nord-nord-ouest de la pointe septentrionale de l'île du Nord, en Nouvelle-Zélande. Le pays insulaire de Vanuatu la borde au nord-nord-est et Port Vila n'est éloigné de Nouméa que de 539 km. Elle couvre une superficie terrestre totale de 18 575,5 km2[33] et environ 3 400 km de côtes[34]. Sa Zone économique exclusive (ZEE) est de 1 422 543 km2, soit près de 13 % de la ZEE française, la deuxième plus importante pour un territoire français après celle de la Polynésie française et la 9e d'Océanie. Elle a des frontières maritimes avec les îles Salomon au nord, le Vanuatu au nord-est, Fidji à l'est, Norfolk (territoire autogouverné de l'Australie) au sud et l'Australie à l'ouest. Elle fait partie d'un continent appelé Zealandia, à 93 % submergé. Zealandia fait presque la moitié de la taille de l'Australie et est remarquablement longue et étroite. Il y a environ 25 millions d'années, un changement dans les mouvements des plaques tectoniques a commencé à étirer Zealandia avec force. Parmi les régions submergées de Zealandia, on trouve le plateau de Lord Howe, le plateau Challenger, le plateau de Campbell, la ride de Norfolk et le plateau de Chatham.

Les îles

La Nouvelle-Calédonie est centrée autour d'une île principale, la Grande Terre. Elle comprend également plusieurs ensembles d'îles plus petites, les îles Belep au nord-ouest de la Grande Terre, l'île des Pins au sud-est, les îles Loyauté au nord-est (Ouvéa, Lifou, Tiga et Maré), plus loin à l'ouest l'archipel des îles Chesterfield et les récifs de Bellone.

Sur une superficie d'environ 16 360,8 km2[35], la Grande Terre est de loin la plus grande de toutes les îles néo-calédoniennes. Elle s'étire du nord-ouest au sud-est sur près de 400 km en longueur et 50 à 70 km en largeur. Elle est parcourue sur toute sa longueur par une chaîne montagneuse, dont le point culminant, le mont Panié, s'élève à 1 629 mètres[36] (5 344 pieds) d'altitude.

Les îles Loyauté sont situées en mer de Corail à une centaine de kilomètres à l'est. Lifou est la plus vaste de ces îles, avec 1 196,1 km2, et est plus étendue que la Martinique. Viennent ensuite Maré (641,7 km2), Ouvéa (132,1 km2) et Tiga (11 km2[37]).

À 47 km au nord-ouest de la Grande Terre, les îles Belep couvrent 69,5 km2 répartis en trois îles : Art (la plus grande, avec 52 km2[38], et la seule à être peuplée), Pott, Dau Ac et les îlots rocheux Daos du Nord et Daos du Sud.

Limite sud du lagon néo-calédonien, l'île des Pins, située à environ 50 km de la pointe sud-est de la Grande Terre, couvre quant à elle 152,3 km2[39].

À cela il faut ajouter plusieurs groupes d'îlots et de récifs à fleur d'eau non habités :

En mer de Corail :

  • les récifs de l'Astrolabe, à 117 km à l'ouest-nord-ouest d'Ouvéa.
  • le récif Pétrie, à 298 km au nord-ouest d'Ouvéa et à 170 km de la pointe septentrionale de la Grande Terre.
  • les récifs d'Entrecasteaux, à 223 km de la pointe nord-ouest de la Grande Terre, dans le prolongement des îles Belep desquelles ils sont séparés par le « Grand Passage », détroit de 500 à 600 mètres de fonds. Il comprend les atolls de Huon et de la Surprise (les deux plus importants, avec les îles Fabre et Le Leizour[40]), Pelotas et du Portail[41], ainsi que les récifs Guilbert et du Mérite[42]. Ils constituent la limite nord du lagon de la Nouvelle-Calédonie.
  • l'archipel des Chesterfield, à 534 km à l'ouest de la pointe nord de la Grande Terre, qui sert essentiellement pour la récolte de données météorologiques et de réserve naturelle pour les oiseaux marins et les tortues[43], et qui comprend[44] :
    • les récifs Bampton au nord avec les îlots Avon, Bampton et Renard et la caye sableuse de Skeleton.
    • l'atoll des îles Chesterfield à proprement parler avec les îles Longue, du Passage (ou Bennet) et Loop, ainsi que les îlots du Mouillage.
    • les récifs de Bellone et Booby, situées à 164 km au sud-est des îles Chesterfield auxquelles ils sont généralement associés.

Dans l'océan Pacifique :

Certaines cartes indiquent la présence d'une grande Île de Sable (en anglais Sandy Island ou Sable Island) située à l'ouest-nord-ouest de l'île principale, mais des scientifiques australiens ont déclaré, en novembre 2012, ne pas avoir trouvé cette île lors d'une expédition sur place[45].

Les lagons

Lagon de Poé.

Le lagon néo-calédonien a une surface totale de 24 000 km2, ce qui en fait l'un des plus grands lagons du monde (et qui est parfois présenté comme « le plus beau lagon du monde »[46]).

Il est ceinturé par une barrière de corail d'une longueur de 1 600 km, située entre 2 et 50 km des côtes de la Grande Terre, et s'étendant, des récifs d'Entrecasteaux au nord-ouest à l'île des Pins au sud-est, sur 680 km de long. La température des eaux varie entre 22 et 30 °C.

En dehors de la Grande Terre, plusieurs atolls possèdent leurs propres lagons, le plus important d'entre eux étant Ouvéa avec un lagon de 850 km2[47].

Le , une grande partie des lagons de Nouvelle-Calédonie, soit six sites formant une totalité de 15 743 km2, ont été inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO[48]. Il s'agit du 33e site inscrit au patrimoine mondial pour la France, et plus particulièrement de son second site naturel après le golfe de Porto en Corse (inscrit en 1983) et le premier d'outre-mer.

Climat

Photographie satellite de la Nouvelle-Calédonie.

Le territoire jouit d'un climat tropical, tempéré par l'influence océanique et influencé périodiquement par les phénomènes El Niño et La Niña, avec des vents dominants à l'est et au sud-est (les alizés). Il comprend des températures relativement chaudes (la moyenne des températures moyennées sur 12 mois pour la période 1952-1965 est d'environ 23,2 °C, avec un pic inférieur à 22,3 °C en 1965 et supérieur à 25 °C en 1998[49]) et une humidité assez forte (la moyenne annuelle du taux d'humidité de l'air oscillant entre 73 et 81 %)[50].

L'année est divisée en deux saisons séparées par deux inter-saisons, déterminées par la position de la zone de convergence intertropicale (ZCIT) et l'importance de l'anticyclone de l'île de Pâques :

  • la saison chaude et humide, ou été austral, ou encore « saison des cyclones », de mi-novembre à mi-avril. Elle est caractérisée par des températures maximales de 28 °C à 32 °C, mais pouvant aisément dépasser les 30 °C (la plus forte température jamais enregistrée étant ainsi de 39,1 °C à Bouraké, sur la commune de Boulouparis, le ) et un fort taux d'humidité. Le mois le plus chaud de l'année est généralement février, avec des températures moyennes entre 24 et 29 °C, et le plus pluvieux est janvier, avec des précipitations moyennes de 244,1 mm[51]. La ZCIT étant dans l'hémisphère sud, de nombreux cyclones ou dépressions tropicaux se succèdent à cette période et peuvent parfois être violents. Ainsi, le cyclone Erica, qui a frappé la Nouvelle-Calédonie les 13 et , a offert au Territoire ses records de vents et de pressions minimales (tous enregistrés à la pointe de Vavouto, au sud de Voh, le ), soit un vent moyenné sur 10 minutes de 166 km/h, des rafales de 234 km/h et une pression de 952,3 hPa[52]. Ce cyclone a alors fait deux morts, près de 3000 sans-abris momentanés et des dégâts matériels estimés à 5,692 milliards de Francs Pacifique (47,7 millions d'euros environ).
  • une première saison de transition, de mi-avril à mi-mai, avec une diminution du nombre de basses pressions, des précipitations et des températures.
  • la saison fraîche, ou hiver austral, de mi-mai à mi-septembre. C'est une saison douce autant pour ses températures que pour sa pluviométrie, la ZCIT étant alors dans l'hémisphère nord et le Territoire étant sous l'influence des perturbations d'origine polaire qui remontent la mer de Tasman et qui amènent des « coups d'ouest » (vents froids et forts d'ouest, entraînant des phases d'importantes précipitations sur la côte ouest de la Grande Terre). Les températures oscillent généralement entre 15 °C et 25 °C, avec toutefois des minimales pouvant descendre en dessous des 15 °C en altitude (le record de la température la plus basse enregistrée en Nouvelle-Calédonie est de 2,3 °C à Bourail le [52]). Le mois le plus frais de l'année est en général août, avec des températures moyennes entre 17 et 24 °C[51].
  • la deuxième saison de transition, ou saison sèche, de mi-septembre à mi-novembre. C'est à cette période que l’anticyclone de l'île de Pâques atteint son étendue maximale, faisant remonter les températures (qui oscillent entre 18 et 26 °C) et protégeant l'archipel des perturbations polaires. Cela se traduit par des alizés largement dominantes et de très faibles précipitations, le mois le plus sec étant octobre avec des précipitations moyennes de 60,5 mm[51]. De nombreux « feux de brousse » et incendies se déclenchent généralement à cette époque de l'année.

Il y a en moyenne entre 2500 h et 2800 h d'ensoleillement par an en Nouvelle-Calédonie[53].

Mais au-delà de ces données globales, il existe d'importantes différences régionales qui donnent naissance aux différents paysages de la Nouvelle-Calédonie.

Paysages

Paysage de savane à niaoulis au nord de la côte ouest.

La côte est, exposée aux vents dominants et donc plus humide, présente des paysages de forêts tropicales denses (palmiers, cocotiers…) le long d'une bande littorale étroite enchâssée entre les montagnes et l'océan.

La côte ouest, en revanche, est protégée des vents dominants par la Chaîne, et est donc plus sèche. Elle offre ainsi un paysage de larges et longues plaines herbeuses et de savane (dont l'arbre emblématique est le niaouli), montant progressivement par une série de collines et de plateaux, recouverts de forêt sèche, vers les montagnes. Le littoral quant à lui est dominé par la mangrove, même si des zones claires se sont formées au nord de la Grande Terre. En effet, un excès de sel a provoqué la mort des palétuviers, des arbres pourtant aptes à pousser dans l'eau de mer. Mais, depuis une dizaine d'années (2008), la salinité diminue et les clairières reverdissent peu à peu.

Un écosystème particulier, appelé « maquis minier », caractérisé par une végétation buissonnante, à l'instar du maquis des zones méditerranéennes, s'est développé sur le sol ferreux des plaines et collines de l'extrémité sud de la Grande Terre.

Plage de Poingam

Les îles Loyauté enfin, de par leur formation géologique particulière (de type atoll surélevé), présentent des paysages particulièrement chaotiques. Ainsi, bien que le relief y soit très peu élevé (culminant à 138 m à Maré, à 104 m à Lifou et à 42 m à Ouvéa), il donne naissance aussi bien à de nombreuses falaises et terrasses en bord de mer (falaises de Xodre à Lifou ou de Lekini à Ouvéa) qu'à un important réseau de grottes et à de véritables gouffres à l'intérieur des terres (grottes de Gossanah à Ouvéa). D'un autre côté, si la porosité du sol a empêché la présence d'un réseau hydrographique, les eaux de pluie issues des importantes précipitations que connaissent les îles s'infiltrant en effet directement dans le sol, elle a permis l'apparition de véritables « lentilles d'eau douce » (le trou de Bône à Maré), chaque île comportant ainsi une multitude de petites nappes phréatiques d'eau douce, ou saumâtre à Ouvéa, « flottant » au-dessus de l’eau salée, grâce à sa plus faible densité et à la faible miscibilité des deux liquides. Quoi qu'il en soit, la question de l'approvisionnement en eau douce et de la gestion des réserves des nappes est une question importante aux îles Loyauté, avec l'installation de citernes pour recueillir les eaux de pluie ou d'une usine de dessalement à Ouvéa.

Toponymie

Le terme Calédonie dérive du nom donné par les Romains au massif montagneux du nord de l'Écosse. James Cook lui-même d'origine écossaise par son père, baptisa ainsi l'île qu'il venait de découvrir en 1774 en référence à cette région. Avec le temps, le nom s'applique progressivement à l'ensemble de l'archipel tandis que l'île principale est progressivement appelée Grande Terre. Le nom du pays fait néanmoins partie des signes identitaires qui doivent être définis et adoptés à la majorité des trois cinquièmes du Congrès selon l'accord de Nouméa : « La loi constitutionnelle sur la Nouvelle-Calédonie prévoira la possibilité de changer ce nom, par « loi du pays » adoptée à la majorité qualifiée. » (article 1.5 alinéa 2)

La Nouvelle-Calédonie est aussi dénommée familièrement par les descendants de colons européens (les Caldoches) et les Métropolitains (les Zoreilles) « le Caillou », tandis que le terme « Kanaky » a une connotation indépendantiste et identitaire en référence au terme kanak, terme d'origine hawaiienne[réf. nécessaire], répandu dans le Pacifique par les navigateurs européens.

La toponymie et l'onomastique (nom des terres, îles, tribus et personnes…) en Nouvelle-Calédonie sont des questions liées à des problèmes d'ordre foncier, juridique, historique et linguistique, débattus sur un plan politique depuis de nombreuses années. L'accord de Nouméa prévoit ainsi : « Les noms kanaks des lieux seront recensés et rétablis. Les sites sacrés selon la tradition kanake seront identifiés et juridiquement protégés, selon les règles applicables en matière de monuments historiques. » (article 1.3 alinéa 1)

Biodiversité

Le maquis minier dans le sud, un des exemples de la richesse de la biodiversité calédonienne

La Nouvelle-Calédonie se distingue notamment par une biodiversité d'une étonnante richesse et originalité. Le taux d'endémie est le plus élevé au monde[réf. nécessaire]. Il s'agit de l'un des vingt-cinq points chauds de biodiversité définis en 2000 par l'organisation américaine Conservation International.

Elle est tout de même en danger du fait, entre autres, de l'invasion depuis les années 1960 de Wasmannia auropunctata et la pollution des lagons par les industries.

En avril 2013, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie décide d'interdire la pêche aux requins dans toute sa zone économique exclusive[55]. L'année suivante, il crée le Parc naturel de la mer de Corail couvrant une surface de 1,3 million de kilomètres carrés[56]. Enfin, en , la région des Lacs du Grand Sud, pour une superficie de 43 970 ha et constituée à 90 % de formations végétales, est classée sur la liste des zones humides d'importance internationale de la convention de Ramsar[57].

Population

Évolution de la population entre 1961 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.

Données démographiques

La population de la Nouvelle-Calédonie est de 268 767 habitants lors du recensement de 2014[3]. Entre 1996 et 2004, la population calédonienne s’est accrue de 33 953 personnes (soit une croissance moyenne par an pendant cette période de 2,16 %), dont 28 000 au titre du solde naturel (naissances moins décès) et 6 000 au titre du solde migratoire apparent. Cette augmentation est de 14 791 entre 2004 et 2009 (1,28 % de croissance moyenne par an), soit 14 000 d'accroissement naturel et 1 000 de solde migratoire apparent, et de 23 187 entre 2009 et 2014 (1,8 % de croissance annuelle moyenne).

Inégale répartition de la population

La densité y est particulièrement faible, notamment beaucoup plus faible qu'à Tahiti ou que dans les départements d'Outre-mer, avec 14,47 hab./km2, mais en vérité la population néo-calédonienne est très inégalement répartie. Ainsi, sur ces 268 767 habitants, seulement 18 297 (6,81 %) vivent aux îles Loyauté (9,2 hab./km2) et 50 487 (18,78 %) dans la province Nord (pourtant la plus étendue des trois provinces, et où la densité n'est donc que de 5,27 hab./km2) contre 199 983 (74,41 %) dans la province Sud (27,4 hab./km2) qui regroupe ainsi environ trois quarts de la population calédonienne sur seulement un peu plus d'un tiers du territoire. Et au sein même de cette dernière province la répartition de la population est très déséquilibrée, avec une forte concentration à Nouméa et dans son agglomération. Le chef-lieu Nouméa, avec 99 926 habitants en 2014, rassemble ainsi 37,18 % des habitants du territoire (2 221 hab./km2) sur à peine 0,35 % de sa superficie, et le Grand Nouméa pèse 179 509 personnes, soit 66,79 % de la population totale sur moins d'1/10e de la surface de l'archipel (109 hab./km2).

Et ce déséquilibre s'est accentué depuis la fin des années 1990 : si la part respective des trois provinces dans la population calédonienne était restée globalement stable entre 1983 et 1996, avec 68 % de la population dans le Sud, 21 % au Nord et 11 % aux îles, la part du Sud n'a cessé ensuite de se renforcer (71,2 % en 2004 et presque 75 % en 2009 puis 2014) tandis que celles des Îles et du Nord se sont affaiblies. Depuis 1989, la Province Sud a connu un taux d'accroissement annuel moyen de 2,3 % contre 1,5 % dans le Nord et une stagnation à 0,1 % dans les Îles (qui a perdu des habitants entre 2004 et 2009 essentiellement). Le Grand Nouméa passe ainsi de 60 % de la population calédonienne en 1996 à 66,67 % en 2009 et 66,79 % en 2014, avec une croissance annuelle moyenne entre 1989 et 2014 à 2,4 %. Nouméa maintient notamment une croissance assez forte entre 1996 et 2009, à 1,91 %, soit un taux à peu près égal que ce que le chef-lieu avait connu entre 1989 et 1996, avant de retomber à 0,48 % entre 2009 et 2014. Mais ce sont surtout les communes de banlieue qui connaissent alors une croissance considérable, à l'image des autres agglomérations, d'abord pour celles de la proche banlieue (Dumbéa et Mont-Dore) puis pour Païta. Dumbéa a vu ainsi sa population augmenter en moyenne de 4,7 % annuellement entre 1989 et 1996 puis de 4,33 % de 1996 à 2009 et de 6,4 % entre 2009 et 2014, le Mont-Dore de 3,4 % entre 1989 à 1996 puis seulement de 1,64 % de 1996 à 2009 puis de 1,15 % de 2009 à 2014 et surtout Païta qui est passé d'une croissance annuelle moyenne de 3,8 % entre 1989 et 1996 à 5,8 % entre 1996 et 2009 puis de 5,2 % de 2009 à 2014. Ainsi, le Grand Nouméa a grandi, mais Nouméa, comme pour la plupart des villes-centres, a vu sa proportion en son sein diminuer : elle représentait 75 % de la population de son agglomération en 1976, 67 % en 1989, déjà plus que 59,6 % en 2009 et 55,67 % en 2014[58],[59],[3].

Or, la croissance naturelle est plus forte dans le Nord et les Îles que dans le Sud. Le creusement de ces déséquilibres s'explique donc essentiellement par une migration intérieure et notamment par la forte attractivité de l'agglomération nouméenne, fournisseuse d'emploi et de biens de consommation et d'équipement. Entre 1996 et 2004, le solde migratoire interne de la Province Sud est le seul ainsi à être positif (+3 764) quand ceux des provinces nord et îles sont particulièrement négatifs (-1 785 dans les Îles et -1 979 dans le Nord, si bien que les Loyautés finissent par voir leur population décroître entre 2004 et 2009). C'est pour limiter cet exode rural et la macrocéphalie de Nouméa, entre autres, que des projets de développement d'autres pôles urbains ont été lancés, notamment celui de Voh-Koné-Pouembout (parfois appelé VKP) autour du projet de développement de l'usine du Nord, ce qui a permis de redonner un dynamisme démographique à la Province Nord entre 2009 et 2014. Au déséquilibre Sud-Nord s'est alors substitué un déséquilibre Ouest-Est : sur les 14 communes de la côte Est et de la Chaîne centrale de la Grande Terre, 9 ont eu un taux de croissance annuelle négatif entre 2004 et 2009 (Kouaoua à - 3,24 %, Houaïlou à - 2,76 %, Ponérihouen à - 2,65 %, Hienghène à - 1,8 %, Canala à - 0,99 %, Thio à - 0,85 %, Touho à - 0,24 %, Poum à - 0,03 % et Poindimié à - 0,02 %) et 4 entre 2009 et 2014 (- 1,69 % à Sarraméa qui devient la commune la moins peuplée de l'archipel en 2014, - 1,47 % à Touho et à Yaté et - 0,12 % à Ponérihouen) ; sur les 5 communes insulaires, 4 perdent des habitants entre 2004 et 2009 (Maré à - 6,05 %, Ouvéa à - 4,89 %, Lifou à - 3,52 % et les îles Belep à - 0,76 %) et 3 entre 2009 et 2014 (les îles Belep à - 1,19 %, l'Île des Pins et Ouvéa à - 0,11 %)[3]. De plus, l'importance du chef-lieu du territoire est telle qu'aucune commune ne pourra vraiment la concurrencer démographiquement avant de nombreuses années.

Une population jeune

La population de la Nouvelle-Calédonie continue à rester particulièrement jeune comparativement à la moyenne nationale. Ainsi, la part des moins de 20 ans dans la population totale était de 39,5 % en 1996 (20 % de la population néo-calédonienne dans la classe des moins de 10 ans) contre 7,5 % alors pour les plus de 60 ans et un âge moyen de 27 ans et 10 mois[60]. Toutefois, la population connaît depuis ces 20 dernières années un phénomène de vieillissement: la part des moins de 20 ans est ainsi passée de 47 % en 1983 à 43,9 % en 1989, 39,5 % donc en 1996, 37 % en 2004, 34,4 % en 2009 et 31,99 % en 2014, tandis que les plus de 60 ans ont augmenté de 6,2 % en 1983 à 6,9 % en 1989, 7,5 % en 1996, 9,4 % en 2004, 11,2 % en 2009 et surtout 12,48 % en 2014. L'âge moyen est ainsi en 2009 de 30 ans et de 33 ans en 2014, soit légèrement plus élevé que dans les autres territoires français du Pacifique (31 ans en Polynésie française en 2012 et 24 ans à Wallis-et-Futuna en 2008) mais nettement moins qu'en métropole où l'âge moyen est de 40,8 ans et où 20 % de la population a 60 ans ou plus et 25 % moins de 20 ans. La pyramide des âges néo-calédonienne reste donc globalement triangulaire, même si sa base a tendance à rétrécir.

Là encore on observe de grosses disparités entre les Provinces tout en ayant une tendance à diminuer. Dans le Nord et surtout aux Îles Loyauté, la jeunesse de la population est particulièrement visible : l'âge moyen est ainsi de 27,5 ans en 2009 et de 31,5 ans en 2014 dans les îles et près de 37 % de la population y a moins de 20 ans (42 % en 2009), pour 33,43 % de la population dans la même tranche d'âge (37 % encore en 2009) et un âge moyen de 31,3 ans dans le Nord. L'écart se réduit ainsi avec le Sud, où l'âge moyen en 2014 est de 33,6 ans, et où 31,2 % des habitants ont moins de 20 ans. On voit apparaître dans ces deux provinces également un léger phénomène de vieillissement avec une augmentation des plus de 60 ans, mais aussi par la chute des tranches d'âge entre 15 et 30 ans, surtout dans les Îles, du fait du départ des jeunes vers Nouméa pour poursuivre leur scolarité ou trouver du travail[58].

Pyramide des âges de la Nouvelle-Calédonie en 2014 en pourcentage[61].
HommesClasse d’âgeFemmes
0,14 
90 et plus
0,28 
1,16 
80-89
1,7 
3,6 
70-79
3,97 
7,19 
60-69
6,92 
10,75 
50-59
10,69 
14,73 
40-49
14,85 
14,83 
30-39
15,23 
15,13 
20-29
14,85 
16,65 
10-19
16,32 
15,82 
0-9
15,19 

Une croissance dynamique mais de moins en moins forte

Cette jeunesse s'associe à une assez forte croissance démographique naturelle, là encore toutefois avec une tendance à la stagnation, voire à la baisse : le taux d'accroissement naturel était ainsi de 1,77 % en 1996 et de 1,24 % en 2004 et de même en 2005, les estimations de l'Insee établissant un taux de 1,3 % pour 2006, 1,2 % pour 2007 et seulement 1,1 % pour 2009[62] (rappelons que le taux de croissance naturelle pour la France était de 0,35 % en 2003). Deux raisons à cette forte croissance : une assez importante natalité qui a tendance toutefois a décroître, et une assez faible mortalité.

La natalité est particulièrement forte par rapport à la France métropolitaine, même si elle a fortement décru durant ces 5 dernières années. Le taux brut de natalité est ainsi passé de 25  en 1989 à 23,2  en 1996, à 17,3  en 2004, 17,7  en 2006 et 16,3  en 2008 (en comparaison, le taux de natalité pour la France était de 13  en 2009). Ces aspects de la natalité calédonienne sont encore une fois exacerbés dans les provinces Nord et Îles avec des taux respectifs de 17  (contre 24  en 1996) et de 19,8  en 2004 (contre 26,7  en 1996). La baisse conséquente de la natalité dans ces deux provinces fait que leurs taux se rapprochent de celui de la Province Sud qui, nettement plus faible en 1996, a connu une chute beaucoup plus modérée au cours de ces 10 dernières années : le taux de natalité y est ainsi passé de 21  en 1996 à 17  en 2004. C'est donc essentiellement la natalité des populations mélanésiennes qui baisse le plus, souvent en raison de l'allongement de la durée des études et donc du déplacement de la jeunesse vers Nouméa voire en Métropole pour poursuivre sa formation ou trouver du travail, et donc retarde l'âge où ces jeunes décident de fonder une famille. Cette baisse de la natalité se retrouve dans celle de l'indice de fécondité, qui est passé de 3,2 enfants par femme en 1989 à 2,2 en 2004, soit juste au-dessus du point de renouvellement des générations. L'écart avec celui de la France métropolitaine (qui est actuellement de 2 enfants par femme) s'est particulièrement réduit.

En contrepartie, la mortalité est faible : le taux brut de mortalité était ainsi de 5,1  en 1996 pour 4,9  en 2004, 4,7  en 2006 et 4,8  en 2008. Ce taux est même largement inférieur à celui de la France métropolitaine, où le taux de mortalité s'établissait en 2009 à 9 . Cette faible mortalité est due à de multiples facteurs : relative jeunesse de la population, douceur du climat, absence de catastrophes naturelles majeures (seuls les cyclones sont un véritable danger, mais ils sont rarement aussi virulents et aussi meurtriers que les ouragans des Antilles et leurs effets, à quelques exceptions près, sont généralement bien gérés par la population et les autorités) ou de grandes épidémies tropicales (la dengue peut être mortelle, mais les cas restent encore assez rares et cette maladie est de mieux en mieux régulée par les autorités, tandis que la Nouvelle-Calédonie se distingue par l'absence de paludisme), qualité des soins, de l'hygiène de vie et niveau de vie assez élevé comparativement à d'autres départements ou territoires d'outre-mer. Toutefois, le taux de mortalité infantile est plus élevé qu'en métropole, tout en restant dans les moyennes que l'on retrouve dans les pays de l'OCDE : il était ainsi de 6,3  en 2004, de 6,4  en 2005 et les prévisions l'établissent à 5,7  en 2006 et à 6,1  en 2007, contre 3,8  en France métropolitaine en 2005. Cette faible mortalité se traduit par une augmentation de l'espérance de vie à la naissance, qui est passé de 68 à 71,8 pour les hommes et de 73 à 80,3 ans pour les femmes entre 1989 et 2007, et s'établit, les deux sexes confondus, à 75,9 ans en 2007.

Il existe donc au sein même du territoire néo-calédonien de fortes disparités des données démographiques, la population y étant très inégalement répartie avec une domination macrocéphale du Grand Nouméa mais où l'âge moyen ou la croissance naturelle diffèrent également plus ou moins fortement selon où l'on se trouve, même si dans ces domaines les différences ont tendance à s'estomper. Cette diversité se retrouve dans la composition même de la population néo-calédonienne qui se répartit en plusieurs groupes principaux.

Groupes ethniques principaux

Répartition ethnique selon le recensement de 2014.

Les recensements enregistrant les données faisant apparaître l'origine ethnique des personnes sont admis, par dérogation, en Nouvelle-Calédonie[63]. Ainsi, la CNIL a donné un avis favorable au recensement de 2009 pour la Nouvelle-Calédonie, qui fait apparaître l'origine ethnique des personnes. Ces données étaient enregistrées jusqu'en 1996, mais ne l'avaient pas été pour le recensement de 2004. La CNIL rappelle une délibération de 2002, dans laquelle elle avait affirmé que « le recueil de l'appartenance ethnique des personnes, compte tenu des caractéristiques sociodémographiques propres au territoire de Nouvelle-Calédonie, répond à un motif d'intérêt public […] »[64].

Selon le recensement de 2014, la répartition ethnique de la population était la suivante[65] :

Groupe de femmes kanakes.
  • les Kanaks[66] (Mélanésiens) : 104 958 résidents et 39,05 % de la population totale (contre 86 788 individus et 44,09 % en 1996 et 99 078 personnes et 40,34 % en 2009) s'étant déclarés comme tels lors du recensement de 2014. Peuvent néanmoins s'y ajouter une partie des personnes ayant préféré se définir comme « Calédoniens », ou comme appartenant à la catégorie des « plusieurs communautés (métis) », deux catégories en constante augmentation.
Répartition de la communauté kanak sur le territoire néo-calédonien en 2014.
  • les « Européens » : 73 199 personnes et 27,24 % des Néo-calédoniens (contre 67 151 personnes et 34,12 % en 1996 et 71 721 habitants et 29,2 % en 2009) se sont déclarés Européens. Là encore, une partie de ceux inscrits comme « Calédoniens » ou issus de « plusieurs communautés (métis) » peuvent avoir des origines européennes, tandis que cette catégorie de la population peut se diviser traditionnellement en deux, voire trois catégories :
Cavaliers broussards à Bourail.
    • les descendants d'Européens historiques souvent métissés, ou Caldoches (terme ayant une connotation péjorative, au même titre que le mot « Zoreilles », désignant les personnes d'origine métropolitaine). Ils sont principalement d'origine française, descendants d'anciens bagnards ou de colons libres dont beaucoup d'Alsaciens-Lorrains ayant fui l'Alsace ou la Lorraine après leur incorporation à l'Empire allemand en 1871, des immigrants de La Réunion venus dans les années 1860 et 1870, des « colons Feillet » venus au tournant du XXe siècle mais aussi les quelques descendants de la dernière grande vague de « peuplement libre » de la colonie dans les années 1920, phase généralement appelée la « colonisation des nordistes » car les familles venaient alors essentiellement du Nord de la France. De nombreux patronymes d'origine britannique se retrouvent également (Martin se prononçant « Martine » dont l'homme politique local Harold Martin, Johnston, Hickson…) ou irlandaise (Daly qui se prononce « Délé », O'Donnoghue, Nagle…), familles descendant de certains aventuriers pour la plupart déçus de la « ruée vers l'or » qu'a connue l'Australie au milieu du XIXe siècle et qui ont alors tenté leur chance dans l'île voisine de Nouvelle-Calédonie comme négociants ou éleveurs, et sous l'impulsion de James Paddon (un aventurier et commerçant britannique installé dans l'île Nou, actuelle Nouville dans la rade de Nouméa avant même que la ville soit créée et la Nouvelle-Calédonie soit française). Il faut noter aussi la présence de descendants d'Italiens (Pantaloni, Paladini, Gervolino…), d'Allemands (Tuband, Metzger, Münkel…), de Belges (Metzdorf…), entre autres. Leur nombre est difficile à estimer. Ils se distinguent généralement entre les Nouméens et les « Broussards » (ou habitants de la « Brousse »).
    • les Européens issus d'une immigration plus récente datant de la deuxième moitié du XXe siècle, et principalement d'origine française, appelés « Métros », « Zoreilles » ou « Zor' ». Ainsi, en 2009, environ 37 000 habitants (15 %) sont nés en France métropolitaine ou dans un DOM (tous ne sont pas pour autant considérés comme « Zoreilles », certains pouvant être également des Caldoches » tandis qu'il existe une petite communauté antillaise ou réunionnaise).
    • les « Pieds-Noirs » venus s'installer dans l'archipel après les indépendances des pays du Maghreb dans les années 1950 et 1960, ainsi que leurs descendants : c'est le cas par exemple des hommes politiques Philippe Gomès (président du gouvernement local de 2009 à 2011 et député depuis 2012), Pierre Bretegnier ou Pierre Maresca.
Répartition de la communauté européenne sur le territoire néo-calédonien tel qu'issu des données du recensement de 2014.
  • « Calédoniens » : 23 355 individus et 8,69 % des Néo-calédoniens (contre 14 743 personnes et 6 % en 2009) ont coché la case « Autres » du questionnaire sur les communautés du recensement, et ont souhaité pour la plupart se définir simplement comme « Calédoniens ». Il peut s'agir de membres de n'importe quelle autre communauté mais refusant d'être enfermés dans une définition purement ethnique de leur identité, ou peuvent faire référence à la notion de « destin commun » développée dans l'accord de Nouméa. Et cette tendance est en très forte augmentation.
  • les habitants se définissant comme appartenant à « plusieurs communautés », ou métis, étaient 23 007 et 8,56 % de la population totale (20 398 et 8,3 % en 2009). Beaucoup d'entre eux appartiennent à la communauté « caldoche » qui, outre une ascendance européenne, est issue également de mélanges avec les populations mélanésiennes, asiatiques, polynésiennes ou les descendants des transportés (bagnards de droit commun), des relégués (petits délinquants) musulmans algériens («les Algériens du Pacifique») ou, de manière marginale des cent vingt-six déportés politiques de la révolte des Mokrani (1871), parfois dénommés les « Kabyles du Pacifique ».
Walliens et Futuniens au centre culturel Kaimolo.
  • les Wallisiens et Futuniens : 21 926 personnes et 8,16 % du total (17 763 et 9,02 % en 1996, 21 262 et 8,66 % en 2009). Ils sont issus d'un véritable exode de la population des îles Wallis-et-Futuna vers la Nouvelle-Calédonie à partir des années 1950, et sont désormais presque deux fois plus nombreux que ceux continuant à habiter leur archipel d'origine. La stagnation de leur nombre et le recul de la proportion s'explique par un ralentissement depuis les années 1980 de l'immigration originaire de cet archipel, et le métissage ou l'intégration à la communauté des « Calédoniens » de nombreux individus issus des deuxièmes ou troisièmes générations de natifs.
  • différents groupes asiatiques historiques, qui totalisent 7 542 individus et 2,81 % du total (7 825 et 3,98 % en 1996, 8 199 et 3,34 % en 2009). D'autres peuvent se retrouver parmi les catégories « plusieurs communautés » ou « Calédoniens ». Ils descendent d'une ancienne main-d'œuvre venue à partir de la fin du XIXe siècle pour travailler essentiellement dans les caféries ou les mines. Ils se répartissent entre des :
    • Indonésiens : 3 859 habitants et 1,44 % des Néo-calédoniens (5 003 et 2,54 % en 1996, 3 985 et 1,62 % en 2009),
    • Vietnamiens : 2 506 résidents et 0,93 % de la population (2 822 et 1,43 % en 1996, 2 357 et 0,96 % en 2009),
    • « Autres asiatiques », dont surtout des Chinois mais aussi quelques familles considérées comme Caldoches mais d'origine japonaise (Tsutsui, Nakamura, Takamatsu, Tanaka…) ou descendants d'engagés indiens d'origine réunionnaise venus sous l'impulsion de Gabriel Le Coat de Kerveguen, grand propriétaire cannier réunionnais désireux de faire cultiver la canne à sucre en Nouvelle-Calédonie (région de la Naïna) et qui a fait ainsi venir plusieurs familles de l'île de la Réunion et leur main-d'œuvre essentiellement composée de « Malabars ». Ce groupe constituait 1 177 habitants et 0,44 % du total (1 857 et 0,76 % en 2009). 1 116 japonais furent internés à partir du puis expulsés vers l'Australie en 1942.
Danseurs polynésiens à la foire de Bourail.
  • les Tahitiens : 5 608 personnes et 2,09 % de la population (5 171 individus et 2,63 % en 1996, 4 985 et 2,03 % en 2009).
  • les Ni-Vanuatu : 2 568 habitants et 0,96 % des Néo-calédoniens (2 244 et 1,14 % en 1996, 2 327 et 0,95 % en 2009).
  • 6 604 personnes, soit 2,46 % de la population, n'ont pas déclaré leur appartenance à une communauté lors du recensement de 2014 (2 867 et 1,17 % en 2009).

La démographie est une donnée politique importante en Nouvelle-Calédonie. Depuis l'accord de Nouméa, la composition ethnique du collège électoral est un enjeu dans l'optique du référendum. Les indépendantistes soupçonnent l'État d'encourager l'immigration de Métropole par des avantages fiscaux et d'agir de façon à mettre en minorité les peuples autochtones davantage favorables, selon eux, à l'autonomie ou l'indépendance.

D'autre part, l'attractivité économique de la Nouvelle-Calédonie favorise une immigration importante de populations polynésiennes (notamment de Wallis-et-Futuna, que l'État français tente de freiner par un important programme de développement spécifique dans cette autre collectivité d'outre-mer, ainsi que de Polynésie française). Aujourd'hui les Wallisiens par exemple y sont plus nombreux qu'à Wallis-et-Futuna, et des conflits ethniques se produisent avec les MélanésiensSaint-Louis entre 2001 et 2004 tout particulièrement).

Ce cosmopolitisme est également à l'origine de la présence de langues, dialectes et façons spécifiques de s'exprimer propres à l'archipel.

Langues

Le français est la langue officielle, avec un accent et des expressions particulières au sein de la population européenne installée depuis plusieurs générations en Nouvelle-Calédonie ainsi que dans les autres communautés non-européennes. En 2009, 180 809 habitants de plus de 10 ans étaient capables au moins de parler le français, soit la quasi-totalité de la population (98,9 %, dont 99,8 % des métis et des Tahitiens, 99,5 % des Européens et de ceux s'étant déclarés « autres », 99,4 % des Kanaks, 98,9 % des Ni-Vanuatu, 98,7 % des Indonésiens, 98,4 % des « non déclarés », 97,9 % des Wallisiens et Futuniens et des Vietnamiens et seulement 58 % des autres asiatiques). Parmi eux, 177 945 savaient le lire et l'écrire (98,4 % des francophones et 97,3 % de la population totale de plus de 10 ans, dont 99,1 % des Européens, 98,9 % des métis, 98,7 % des « autres », 98,1 % des Kanaks, 97,7 % des Tahitiens, 95,5 % des « non déclarés », 92,9 % des Wallisiens et Futuniens, 92,1 % des Indonésiens, 91,5 % des Vietnamiens, 88,8 % des Ni-Vanuatu et 53,4 % des autres asiatiques), 1 160 seulement le lire (0,6 % des francophones et de la population totale).

Mais il existe également 28 langues locales (qui sont des langues austronésiennes) dont quatre disposent d'un enseignement optionnel dans le secondaire, sont disponibles au baccalauréat et sont enseignées à l'Université de la Nouvelle-Calédonie : deux sur la Grande Terre (le paicî, dans la région de Poindimié et de Koné-Pouembout, et l'ajië, dans la région de Houailou), et deux dans les îles Loyauté (le nengone, dans l'île de Maré, et le drehu, dans l'île de Lifou). En 2013, quatre autres sont aussi présentes en option dans certains collèges : le xârâcùù de la région de Canala et Thio sur la côte Est de la Grande Terre (dans deux collèges privés à Thio et Houaïlou et deux collèges publics à Canala et La Foa), l'iaai d'Ouvéa (dans les deux collèges de l'île, dont un privé et un public), le drubéa (originairement parlé dans le Grand Nouméa et à Yaté, enseigné au collège public de Yaté) et le fwâi de Hienghène (au collège public de cette commune). Il y avait en 2013 2 741 collégiens et 406 lycéens suivant un enseignement en langues kanak, contre respectivement 2 359 et 655 en 2005[67].

La défense, la promotion et les évolutions de ces langues kanak sont gérées par une Académie des langues kanak, créée en 2007 pour appliquer une des dispositions de l'accord de Nouméa. En 2014, 68 345 personnes de 14 ans ou plus (70 428 en 2009) ont déclaré parler ou comprendre au moins une langue kanak, les plus parlées étant le drehu (15 949), le nengone (8 940), le paicî (6 866), le xârâcùù (5 287), l'ajië (5 019) et l'iaai (3 821). Les moins parlées étaient le sîchë (20 personnes, à Bourail et Moindou), le pwapwâ de Voh (79), le neku (86, à Bourail et Moindou), l'arhâ de Poya (135) et le pije de Hienghène (160). Il existe également un créole à base lexicale française, le tayo, uniquement parlé dans la tribu de Saint-Louis au Mont-Dore par quelque 1 033 locuteurs[67].

Les autres langues parlées par les communautés vivant dans l'archipel sont le wallisien, le futunien, le tahitien, le vietnamien, le javanais et le bichelamar (Ni-Vanuatu), et dans une moindre mesure le mandarin, le cantonais, le japonais et l'anglais.

Religion

Centre culturel islamique de Nessadiou à Bourail.

La Nouvelle-Calédonie est régie, en matière de cultes, par les décrets Georges Mandel des 16 janvier et , qui aménagent la loi de séparation des Églises et de l'État de 1905. Ces décrets permettent dans certaines colonies d'alors (et encore aujourd'hui dans les collectivités de Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna et des TAAF, mais aussi en Polynésie française pour les autres religions que le protestantisme tandis que seulement le premier décret s'applique à Mayotte) la constitution de missions religieuses, dont le choix du président et des membres du conseil d'administration doit être soumis à agrément du représentant de l'État dans le Territoire (art. 2 du premier décret), sauf s'il s'agit « du chef même de la circonscription missionnaire » du culte catholique car alors sa nomination comme président du conseil d'administration doit seulement être notifiée à l'autorité publique locale[68].

La religion, essentiellement chrétienne, est aujourd'hui une composante identitaire forte pour la société et la culture kanakes ainsi que pour les autres populations océaniennes présentes en Nouvelle-Calédonie.

La majorité des cultes en Nouvelle-Calédonie sont chrétiens, surtout catholiques[23], mais également protestants ou pentecôtistes notamment au sein des populations mélanésiennes et tahitiennes, du fait de la présence dès le début du XIXe siècle, et avant même la prise de possession par la France, de missions d'évangélisation. Les premiers Calédoniens blancs furent les missionnaires, escortés par les militaires. Depuis les origines de la colonisation, on a assisté à une vive compétition entre les prêtres catholiques et les pasteurs protestants. En 1894, le gouverneur Paul Feillet ouvre la Grande Terre au prosélytisme protestant, jusqu'alors limité aux îles Loyauté. Les premiers prêtres catholiques kanak sont, après 1947, Luc Amoura et Michel Matouda.

Aujourd'hui, le culte catholique est organisé en un diocèse créé en 1966 sur la base d'un ancien vicariat apostolique lui-même fondé en 1847. Il comprend l'ensemble de la Nouvelle-Calédonie et constitue la métropole ecclésiastique de la province de Nouméa qui regroupe également deux autres diocèses suffragants (ceux de Wallis-et-Futuna et de Port-Vila). Son siège est à la cathédrale Saint-Joseph de Nouméa, érigée entre 1887 et 1897, et elle compte 32 paroisses pour 110 000 baptisés revendiqués sur 210 000 habitants estimés par l’Annuaire pontifical de 2004, soit une part de 52,4 % de la population totale[69].

Pour les protestants, deux Églises sont nées d'un schisme à la fois doctrinal et politique en 1958 au sein des organisations calvinistes néo-calédoniennes jusque-là gérées par la Société des missions évangéliques de Paris. D'une part, l'Église protestante de Kanaky Nouvelle-Calédonie (ÉPKNC), dénommée jusqu'en 2013 Église évangélique en Nouvelle-Calédonie et aux îles Loyauté (ÉÉNCIL), est la plus importante en nombre de membres, notamment au sein de la communauté kanake. Membre de la Communion mondiale d'Églises réformées (et, avant sa création en 2010, de l'Alliance réformée mondiale), du Conseil œcuménique des Églises, de la Conférence des Églises du Pacifique et de la Cevaa - Communauté d'Églises en Mission, elle est organisée selon le système presbytérien synodal en quatre régions (Grande Terre, Nengone, Drehu et Iaai), 18 consistoires et 90 paroisses, pour 30 000 à 40 000 fidèles revendiqués (soit environ 60 % des protestants néo-calédoniens)[70],[71]. D'autre part, l'Église évangélique libre de la Nouvelle-Calédonie (ÉÉLNC) est surtout organisée autour de l'ancienne mission de Do Néva à Houaïlou, avec environ 14 000 à 15 000 croyants (soit 20 % des protestants néo-calédoniens). Enfin, s'y ajoutent environ 10 000 membres d'autres organisations chrétiennes millénaristes, adventistes ou évangélistes, très populaires auprès des populations océaniennes (mélanésiennes comme polynésiennes) du Grand Nouméa (Témoins de Jéhovah, Mormons, Sanitos de la Communauté du Christ, Adventistes du septième jour, Pentecôtistes).

D'autres cultes, non chrétiens, minoritaires, sont présents :

D'autres spiritualités sont présentes et actives, sur le plan religieux ou non, parfois amicaliste, comme l'Association des Malabars, Bourbonnais, Indiens de Calédonie et leurs amis (AMBICA)[84], parfois potentiellement sectaire[85].

Institutions et politique

Article détaillé : Politique en Nouvelle-Calédonie.

Couleur électorale

Le corps électoral de Nouvelle-Calédonie s'ancre très majoritairement à droite. Au premier tour de l'élection présidentielle de 2012, Nicolas Sarkozy obtient 49,63 % des suffrages, loin devant François Hollande (à 24,91 %)[86]. Lors du deuxième tour de l'élection présidentielle de 2007, l'île avait voté pour le candidat UMP à 62,89 %, contre 37,11 % à Ségolène Royal[87]. En 2002, Jacques Chirac avait obtenu 80,42 % des suffrages contre 19,58 % à Jean-Marie Le Pen[88].

Institutions

L'histoire institutionnelle de la Nouvelle-Calédonie est particulièrement complexe, l'île ayant connu une multitude de statuts différents. Colonie française de 1853 à 1946, elle sera ensuite Territoire d'outre-mer de 1946 à 1999 et enfin une Collectivité sui generis d'Outre-mer spécifiquement régie par le titre XIII de la Constitution française (articles 76 et 77)[89]. De plus, dans les années 1980, les statuts d'autonomie interne se sont succédé pour essayer de faire face à la revendication indépendantiste croissante puis aux Événements : statut Lemoine de 1984, statut Fabius-Pisani de 1985, statuts Pons I et II respectivement en 1986 puis 1988, enfin le statut de l'Accord de Matignon puis celui de Nouméa[90]. Un Comité des signataires réunit régulièrement (tous les 12 ou 18 mois généralement) les partenaires historiques de l'Accord de Nouméa (représentants de l'État et tout ou partie des signataires historiques) ainsi que les dirigeants des institutions locales (depuis 2006) ou des représentants des formations politiques représentées au Congrès (depuis 2011), cela afin de suivre l'application des dispositions de cet accord[91].

Actuellement, les institutions de la Nouvelle-Calédonie sont définies par la loi organique no 99-209 du 19 mars 1999 relative à la Nouvelle-Calédonie[92].

Le chef-lieu est Nouméa, depuis sa création en 1854 sous le nom de Port-de-France, les sièges de toutes les institutions de la Nouvelle-Calédonie (Haut-commissariat, Congrès, gouvernement, Sénat coutumier et Conseil économique, social et environnemental) s'y trouvent. Il s'agit également du siège de la Province Sud depuis la création de cette subdivision administrative en 1989, après avoir été celle de la Région Sud de 1985 à 1988.

Subdivisions

Carte des subdivisions administratives de la Nouvelle-Calédonie

Orange Province Sud
1. Thio
2. Yaté
3. Île des Pins
4. Mont-Dore
5. Nouméa (chef-lieu)
6. Dumbéa
7. Païta
8. Boulouparis
9. La Foa
10. Sarraméa
11. Farino
12. Moindou
13. Bourail
14. Poya (partie sud)

Vert Province Nord
14. Poya (partie nord)
15. Pouembout
16. Koné (chef-lieu)
17. Voh
18. Kaala-Gomen
19. Koumac
20. Poum
21. Îles Belep
22. Ouégoa
23. Pouébo
24. Hienghène
25. Touho
26. Poindimié
27. Ponérihouen
28. Houaïlou
29. Kouaoua
30. Canala

Jaune Îles Loyauté
31. Ouvéa
32. Lifou (chef-lieu)
33. Maré

Provinces

La Nouvelle-Calédonie est découpée en trois collectivités appelées provinces, créées par le décret du , dans un souci de partage des institutions entre partisans et opposants de l'indépendance, et disposant d'un vaste champ de compétences :

  • la Province Sud, la plus peuplée et la plus dense (199 983 habitants en 2014 sur 7 012 km2, soit 27 hab./km 2), elle est composée d’un peu moins de la moitié sud de la Grande Terre, ainsi que l'Île des Pins. Elle a pour chef-lieu Nouméa. Les anti-indépendantistes y ont toujours été nettement majoritaires (33 élus sur 40 depuis 2014, une seule indépendantiste, de plus élue sur une liste non-indépendantiste, y a siégé de 2004 à 2009). La Province est présidée par Philippe Michel (Calédonie ensemble) depuis le .
  • la Province Nord, la plus étendue (9 582,6 km2) mais aussi la moins densément peuplée (50 487 habitants en 2014 soit 5,3 hab./km2). Elle comprend un peu plus de la moitié nord de la Grande Terre ainsi que les îles Belep. L'hôtel de province, et donc le chef-lieu, est situé à Koné sur la côte ouest qui est aussi la commune la plus peuplée. Les indépendantistes y sont majoritaires (18 élus sur 22 depuis 2014). Elle est présidée par Paul Néaoutyine (FLNKS-UNI-Palika) depuis le .
  • la Province des îles Loyauté dont le centre administratif est à sur Lifou, est la province la moins peuplée (18 297 en 2014), mais aussi la plus petite en termes de superficie (1 980,9 km2). Elle comprend les îles d'Ouvéa, Lifou, Tiga et Maré. Elle ne compte plus aucun conseiller provincial non-indépendantiste depuis 2009. Elle est présidée par Néko Hnepeune (FLNKS-UC) depuis le .

Les membres des « Assemblées de Provinces » chargées de gérer ces circonscriptions (14 pour les îles Loyauté, 22 pour la province Nord et 40 pour la province Sud) sont élus au scrutin proportionnel de liste à un tour, chaque parti devant rassembler 5 % des inscrits de la province pour pouvoir être représenté. Les élections provinciales du ont démontré un fort éclatement (31 listes pour 76 sièges et 120 000 électeurs), un peu moins marqué lors du scrutin suivant du (24 listes pour 135 000 inscrits) et celui du (seulement 17 listes pour 152 462 inscrits). Chaque Assemblée de Province élit en son sein un président et 3 vice-présidents.

L'État est représenté dans chaque province, appelée alors « subdivision administrative », par un « commissaire délégué de la République » nommé par arrêté du ministre chargé de l'outre-mer. Les commissaires ont tous leurs locaux dans le chef-lieu de la province où il est en poste, sauf celui de la Subdivision administrative Sud qui lui siège à La Foa tout en ayant une antenne à Nouméa. Actuellement, les trois commissaires délégués sont :

Économie

Pays/territoire PIB (nominal) en 2011
(milliards de dollars US)
PIB (nominal) par hab. en 2011
(dollars US)
Drapeau de l'Australie Australie 1 490,52 66 289
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande 161,84 36 688
Drapeau d'Hawaï Hawaï 70,01 50 798
Drapeau de la Papouasie-Nouvelle-Guinée Papouasie-Nouvelle-Guinée 12,92 1 939
Flags of New Caledonia.svg Nouvelle-Calédonie 9,89 38 921
Drapeau des Fidji Fidji 3,75 4 196
Drapeau des Salomon Îles Salomon 0,87 1 573
Drapeau du Vanuatu Vanuatu 0,79 3 211
Drapeau des Samoa Samoa 0,64 3 520
Drapeau des Tonga Tonga 0,44 4 221
Drapeau des Kiribati Kiribati 0,16 1 594
Drapeau des Tuvalu Tuvalu 0,04 3 202
Sources : ISEE[124], FMI[125], BEA[126]
Paysage minier à Kouaoua.
Usine SLN de Doniambo à Nouméa.

L'économie de la Nouvelle-Calédonie est l'une des plus fortes et des plus dynamiques de l'outre-mer français, avec un PIB estimé à 855,5 milliards de francs CFP (7,165 milliards d'euros ; 9,8 milliards de dollars US) en 2012[124], soit un PIB par habitant particulièrement élevé de 3,342 millions F.CFP (28 005  ; 38 735 USD) en 2012, supérieur à ceux de pratiquement tous les États et territoires du Pacifique insulaire (dont la Nouvelle-Zélande) et comparable à ceux de la plupart des régions métropolitaines. La croissance économique a été de +3,9 % en 2010, +3 % en 2011 et +2,2 % en 2012[124]. Le taux de chômage a reculé de 18,7 % au recensement de 1996 à 14,0 % au recensement de 2009[127], avec cependant encore des écarts très marqués entre le Grand Nouméa (taux de chômage de 8,7 % en 2009) et les zones rurales à prédominance kanake (Province Nord : 27,8 % de chômage en 2009 ; Îles Loyauté : 32,4 % de chômage en 2009)[128].

Le dynamisme économique de la Nouvelle-Calédonie est lié aux ressources du sous-sol. La Nouvelle-Calédonie détient entre 20 % et 30 % des réserves mondiales connues de nickel[129],[130]. Celui-ci a été initialement extrait de la garniérite, minerai devant son nom à Jules Garnier qui l'a découvert en 1864 sur l'île. La présence de ce minerai est due à des roches appelées ophiolites, constituées de péridotite altérée en serpentine, qui finit par donner de la garniérite[131]. Avec l'épuisement -rapide- de ce minerai, l'extraction du nickel se fait à partir des latérites riches en nickel et pauvres en fer, comme la saprolite, qui sont transformées en ferronickel[132]. Avec la mise en œuvre récente de deux nouveaux projets métallurgiques (KNS et Vale Nouvelle-Calédonie), le nickel devrait contribuer pour 30 à 40 % du PIB local et faire travailler près de 12 % de la population active.

Si l'économie locale a souffert de la baisse des cours de ce métal dans les années 1990 et depuis le début des années 2010, elle a connu, dans les années 2000, un élan économique particulièrement important, dû au redressement de ces cours (du fait de la hausse de la demande en fer, le nickel étant un composant qui entre dans la fabrication d'aciers inoxydables) mais aussi à l'important apport d'investissements liés aux deux grands projets de construction d'usine : Goro Nickel dans le Sud par Inco et Koniambo dans le Nord par une coopération entre le groupe local des Sociétés des Mines du Sud Pacifique et le géant canadien Falconbridge. Le nickel représente le principal produit d'exportation (les produits miniers représentaient près de 94 % des exportations en 2006), sans pour autant être la ressource dominante au sein du PIB néo-calédonien (18 % en 2007).

L'agriculture est relativement peu développée du fait du manque de terre cultivable et d'un mode de production resté largement vivrier, notamment dans le cadre de la culture traditionnelle par les Kanaks des taros et ignames. Le territoire doit donc importer des denrées alimentaires, faute d'autosuffisance (12 % des importations en 2006). L'élevage (surtout de bovins) par contre est particulièrement bien implanté, notamment dans les grandes plaines herbeuses et les savanes de la côte ouest de la Grande Terre, et permet à la Nouvelle-Calédonie d'être pratiquement autosuffisante dans son approvisionnement en viande. L'archipel ne fournit pratiquement pas de produits laitiers, il s'approvisionne chez les deux gros producteurs voisins : l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Enfin, l'aquaculture de la crevette est un secteur en développement et essentiellement destiné à l'exportation vers les marchés porteurs d'Europe ou du Japon.

Les autres sources de revenu du territoire sont :

  • le tourisme, en provenance de France métropolitaine, du Japon, d'Australie et de Nouvelle-Zélande. Ce secteur reste encore largement embryonnaire (avec moins de 225 000 touristes accueillis en 2007, dont 120 000 croisiéristes) et ne représente que 4 % du PIB du territoire ;
  • les transferts financiers depuis la métropole, qui restent une donnée fondamentale, comme dans les autres territoires ultramarins, de l'économie calédonienne, représentant 16 % du PIB du territoire en 2007.

La création d'une taxe générale à la consommation (TGC, équivalent d'une TVA sur les biens et les services) a été adoptée en 2016, pour le lancement d'une marche à blanc le et une mise en place définitive en [133]. Il a également été instituée une taxe sur les plus-values (immobilières et mobilières) en 2015. Il n'y a pas de taxe d'habitation[134].

L'île est entourée d'une zone économique exclusive de 1,74 million de kilomètres carrés.

Infrastructures

Santé

Article détaillé : Santé en Nouvelle-Calédonie.

Le système de Santé de la Nouvelle-Calédonie est complet et comparable au reste de la France. Le territoire compte sept centres hospitaliers, répartis entre trois établissements publics, dont deux dans le Grand Nouméa (quatre du centre hospitalier territorial CHT réunis en 2016 dans un Médipôle unique et un centre hospitalier spécialisé CHS) et deux en Province-Nord (Centre hospitalier du Nord CHN). S'y ajoutent trois établissements privés à Nouméa, la clinique Magnin, la polyclinique de l'Anse Vata et la clinique de la Baie des Citrons, réunis en 2015 au sein d'une société hospitalière commune, la clinique île Nou-Magnin, avec pour but de les regrouper sur un site unique en construction à Nouville.

Science et éducation

Éducation

Article détaillé : Éducation en Nouvelle-Calédonie.

Le système éducatif est presque identique à celui du reste de la France, avec quelques adaptations liées au statut. En particulier l'instruction obligatoire commence dès l'âge de cinq ans. Les programmes de l'enseignement primaire s'appuient sur le même socle commun de connaissances et de compétences mais le contenu pédagogique peut être enrichi par les différentes collectivités pour y intégrer les spécificités culturelles, historiques et géographiques du Territoire. La formation des enseignants du primaire relève aussi des compétences locales. Le calendrier scolaire diffère lui aussi car la Nouvelle-Calédonie (avec Wallis-et-Futuna), fait correspondre ses « grandes vacances » avec la saison chaude, ce qui fait que son année scolaire s'échelonne de fin février ou début mars à la fin décembre.

Science et recherche

Il existe plusieurs institutions de recherche, basées principalement à Nouméa et touchant essentiellement à la biodiversité, l'environnement, la biologie et la géologie, le nickel, l'océanographie, l'histoire, l'anthropologie, la sociologie et la linguistique des langues Kanak.

Énergie et gestion de l'environnement

Énergie

Le barrage de Yaté (2e plan, à dr.) et son lac de rétention.
Article détaillé : Énergie en Nouvelle-Calédonie.
Vue générale du barrage de Yaté

Le taux de dépendance énergétique de la Nouvelle-Calédonie était en 2008 de 94,9 % et était estimé pour 2009 à 95,7 %. Il a toujours été supérieur à 90 % (son minimum, atteint en 1988), et est depuis 1991 égal ou au-dessus de 94 %[135]. La consommation d'électricité est d'environ 1 800 GWh chaque année depuis 2005, dont environ les deux tiers concernent la seule SLN. La qualité du service de distribution publique s'est améliorée depuis les années 1980, avec une puissance de pointe d'environ 120 MW en 2009 (elle était d'un peu moins de 50 MW en 1988, 80 MW en 1997 et 100 MW en 2003)[136]. Les deux distributeurs sont EEC (filiale de GDF Suez, concessionnaire à Nouméa, au Mont-Dore, à Dumbéa, Lifou, Bourail, Koumac et Kaala-Gomen) et Enercal (pour le reste du territoire, soit 26 communes).

La production d'électricité (hors photovoltaïque) était en 2009 de 1 944 074 MWh. Plus des trois quarts (77,4 %) est issue de 22 centrales thermiques à flamme (4 principales : SLN-Doniambo à fioul et Ducos avec TAC kérosène à Nouméa, Jacques-Iekawé de Népoui avec fioul à Poya et Prony-Énergies à charbon au Mont-Dore, et 18 petites centrales thermiques autonomes à moteur diesel : Comagna à l'île des Pins, île Ouen au Mont-Dore, Nouméa, Borendy et Kouaré à Thio, Katricoin à Moindou, à Lifou, Tadine à Maré, Ouenghé à Ouvéa, Waala aux îles Belep, Tiari et village à Ouégoa, Tiabet, Arama et village à Poum, Pouébo, Caavatch à Hienghène, Ouaté à Pouembout). Ceci, ainsi que la consommation des particuliers liée notamment à un parc automobile important, explique de fortes importations d'hydrocarbures (29,041 milliards de Francs pacifique CAF en 2009, et environ 13 % du coût des marchandises entrant en Nouvelle-Calédonie) et de charbon (1,881 milliards CAF en 2009)[137]. Vient ensuite l'hydroélectrique qui représente un peu plus du cinquième (20,4 %) de la production avec 12 barrages (dont le principal, avec une puissance de 68 MW et une production annuelle moyenne de 307 GWh, à Yaté, suivi de ceux de Néaoua et de la à Houaïlou et de 9 micro-centrales hydroélectriques MCH : Ouégalé et village à Pouébo, Borendy et Kouaré à Thio, Gohapin à Poya, Caavatch à Hienghène, Wadiana à Yaté, Katricoin à Moindou et Ouaté à Pouembout).

L'éolien pour sa part constitue 2,1 % de ce total avec fermes éoliennes (Mont Négandi avec 15 Vestas et Éole-Prony I, II, III et Mont-Mau de respectivement de 10, 21, 20 et 15 Vergnet au Mont-Dore ; Lexö à Lifou avec 9 Vergnet[138] ; Mwiré à l’île des Pins avec 3 Vergnet[139] ; Kafeate I et II de Voh avec respectivement 22 et 20 Vergnet[140]). Une centrale au biocarburant (huile de coprah) existe depuis 2004 à Ouenghé sur l'île d'Ouvéa : sa production était de 209 MWh (0,01 %) en 2005, 101 MWh (0,005 %) en 2006, 1 MWh (0,00005 %) en 2007, et de très faible teneur par la suite. La puissance totale de ces installations électriques était en 2009 de près de 500 MW[141].

Le photovoltaïque reste souvent limité aux sites isolés ou habitations de particuliers et peu raccordés au réseau général. Des centrales hybrides ont été installées à l'île Ouen (N'Gi et Ouara) par EEC[142] et sur les îlots de Yenghébane et Yandé à Poum par Enercal. Cette dernière exploite également une petite ferme solaire à Tadine sur Maré (200 kW)[139]. Mais la principale infrastructure, première centrale solaire au sol de Nouvelle-Calédonie, est celle Helios-Bay de La Tontouta à Païta (9 560 panneaux solaires et 239 structures pour 17 000 m2 de capteurs, une puissance installée de 2,1 MWc et une capacité de production de 3 000 MWh par an)[143].

Gestion de l'environnement

Transports

Article détaillé : Transport en Nouvelle-Calédonie.

Les réseaux de transport en Nouvelle-Calédonie sont soumis à un certain nombre de contraintes géographiques : l'insularité, l'aspect relativement étendu de l'île principale, la présence de la Chaîne centrale, la macrocéphalie du Grand Nouméa. S'y ajoute l'absence d'alternative à la route dans les transports intérieurs, à l'exception des liaisons maritimes inter-îles. La Nouvelle-Calédonie possède plusieurs opérateurs de transport en commun publics, possessions soit du Territoire, soit des provinces, soit des communes. Il existe plusieurs réseaux de bus publics dont les plus importants en termes de trafic et en nombre de passagers restent ceux de la ville de Nouméa (Karuïa Bus) et du Grand Nouméa (CarSud). Depuis 2016, des travaux urbains sont réalisées pour la création d'une ligne Néobus[144] qui relira le Médipôle à la place de la Moselle, c'est un des plus grands projets de transports en commun de la Nouvelle-Calédonie.

En termes de transport aérien, trois compagnies locales ont été créées : Aircalin pour les vols internationaux, Air Calédonie (Aircal) pour les vols locaux et Air Loyauté pour les vols inter-îles ainsi que de Koumac, Touho et Belep depuis le 1er avril 2018. L'Aéroport international de Nouméa-La Tontouta, situé sur le territoire de Païta, est la principale porte donnant sur l'extérieur en tant que seul aéroport international de l'archipel. L'aéroport de Magenta, à Nouméa, est la plateforme centrale du réseau domestique. Le réseau local est composé de neuf aérodromes dont les infrastructures ne peuvent accueillir que des avions court-courrier : l'île des Pins, l'île de Tiga, l'aéroport de Koné, de Maré (La Roche), de Lifou, d'Ouvéa et enfin celui de Nouméa-Magenta. Le déplacement entre les îles reste essentiellement effectué en bateau.

Communications

Les communications intérieures se faisaient, avant 1900, par sémaphore, malle-poste puis par télégraphe Chappe à partir de la pose en 1893 d'un câble sous-marin entre le site de Téoudié à Ouaco près du village de Kaala-Gomen dans le nord-ouest de la Grande Terre, et Bundaberg dans le Queensland en Australie. Quelques bambous gravés kanak en portent témoignage. Le télégraphe est utilisé jusqu'en 1923.

Les communications intercontinentales sont d'abord essentiellement assurées par voix maritime, principalement à partir de 1882 par les Messageries maritimes depuis Marseille et par le canal de Suez. En 1919, le canal de Panama permet la liaison depuis Dunkerque, via Tahiti.

Ces communications internationales sont rendues plus rapides à partir de 1893 par le câble sous-marin télégraphique Bundaberg-Téoudié. La nouvelle de la première guerre mondiale parvient ainsi à Nouméa le . Puis, la télégraphie sans fil (TSF) à partir de 1925 (depuis la station de Nouméa à la pointe de l'Artillerie) et l'aéropostale à partir de 1931 relie encore ponctuellement à quelques destinations du monde, surtout Paris, Saïgon et Papeete. La Seconde Guerre mondiale et la présence américaine à partir de 1942 permet d'améliorer technologiquement le réseau et de le relier à davantage de destinations. Puis le passage à la radiotéléphonie en 1959 puis de la transmission par satellite en 1976, avec l'inauguration de la station et de l'antenne de Nouville, permettent de faire face aux besoins croissants de communications internationales de l'archipel et d'améliorer son désenclavement[145]. Cette même antenne, gérée par « France Câbles et Radio » (FCR) Nouvelle-Calédonie de 1986 à 2008, une filiale à 100 % de France Télécom, permet le développement d'internet à partir de 1996 et de la télévision par satellite (avec un seul bouquet, Canalsat) en 1999.

Par ailleurs, la construction d'une tour de télécommunication au sommet de la colline de Montravel (la « tour Mobilis ») en 1995 permet les premiers relais de Global System for Mobile Communications (GSM) au départ de Nouméa et donc la naissance de la téléphonie mobile dans l'archipel[146].

Le , le câble sous-marin de fibre optique reliant la Nouvelle-Calédonie à l'Australie, Gondwana-1 (en), permet largement d'augmenter la vitesse du réseau internet néo-calédonien, permettant le développement du haut débit[147] et de la télévision numérique terrestre (TNT) à compter de . La Nouvelle-Calédonie fait possiblement partie des sites bénéficiant du passage d'un autre câble sous-marin de fibre optique, Hawaiki Cable (de), envisagé pour 2018 entre l'Australie et les États-Unis[148].

La gestion des équipements et des réseaux de communication en Nouvelle-Calédonie mais aussi avec l'international, comme l'opération de service que ce soit pour la téléphonie fixe ou mobile, la poste, internet et les communications radiomarines font l'objet de monopoles de la part de l'Office des postes et télécommunications de Nouvelle-Calédonie (OPT-NC), mis en service en 1958, dépendant initialement de l'État français puis de la Nouvelle-Calédonie à partir de 2003. Seuls le marché des fournisseurs d'accès à internet (FAI) est ouvert à la concurrence avec cinq opérateurs ([email protected] qui est une marque d'une filiale de l'OPT[149], Nautile, Micro Logic Systems dit MLS, Can'L et InternetNC). En 2014, près de 54 % des ménages néo-calédoniens disposaient d'un téléphone fixe (près des deux tiers dans le Grand Nouméa mais seulement deux cinquièmes dans le Sud rural, un tiers en Province Nord, un cinquième aux îles Loyauté) et jusqu'à 94,5 % d'entre eux avaient au moins un téléphone mobile (taux partout supérieur à 90 %, il monte jusqu'à 96 % dans le Grand Nouméa). Et alors qu'en 2009 le taux d'accès à internet n'était que de 37,7 % des ménages, il est monté à 57,3 % en 2014 (mais avec de grands déséquilibres, allant de 68,2 % dans le Grand Nouméa à 17,4 % aux îles Loyauté, 33,6 % dans le Nord et 38,4 % dans le Sud rural)[150].

L'indicatif téléphonique international de la Nouvelle-Calédonie est +687, tandis que les numéros de téléphone, qui ne dépendent pas du plan de numérotation en France, sont composés de six chiffres. Le domaine de premier niveau national pour l'archipel est .nc. Pour ce qui est du code postal, il commence par le préfixe 988 suivi de deux autres chiffres selon la localité.

Culture

Article détaillé : Culture en Nouvelle-Calédonie.

Infrastructures culturelles

La plupart des infrastructures culturelles sont concentrées sur le chef-lieu de la Nouvelle-Calédonie, Nouméa. On y trouve notamment :

Intérieur de la bibliothèque Bernheim à Nouméa.
  • les Archives territoriales dans la presqu'île de Nouville, à côté du campus[151],
  • Deux bibliothèques :
Le musée de la ville de Nouméa.
  • Quatre musées :
    • le musée de Nouvelle-Calédonie, créé en 1971 (comme Musée Territorial) à partir des collections jusqu'alors exposées à la bibliothèque Bernheim et de divers apports, il est consacré à l'archéologie et à l'ethnologie des populations océaniennes, essentiellement de la population kanake (sculptures anciennes, totems, masques funéraires, poteries, parures, bijoux, monnaies kanaks, sagaies, flèches faitières, reproduction de pirogues et d'une grande case installée dans sa cour intérieure) mais aussi avec des œuvres provenant d'autres sociétés insulaires du Pacifique, notamment de Papouasie-Nouvelle-Guinée, Wallis-et-Futuna, Vanuatu ou Fidji[155].
    • le musée de la Ville de Nouméa, fondé en 1996 et installé dans un bâtiment de style colonial récemment rénové, en bordure de la place des Cocotiers. Celui-ci avait, par le passé, servi tout d'abord de local à la Banque Marchand, première banque locale, de 1874 à 1880, puis, après la faillite retentissante de cet établissement financier, d'hôtel de ville de 1880 à 1975[152]. Il accueille plusieurs objets retraçant l'histoire du chef-lieu de la Nouvelle-Calédonie de sa création en 1854 à nos jours, issus de plusieurs collections privées (dont celle de la Société Le Nickel), mais aussi deux expositions permanentes : une au sous-sol sur la Nouvelle-Calédonie dans la Grande Guerre et la seconde à l'étage sur la Seconde Guerre mondiale.
    • le Musée d'histoire maritime, inauguré le dans les locaux de l'ancienne gare maritime sur les quais du port, à l'entrée de Nouville, et créé à l'initiative de deux associations de passionnés d'archéologie sous-marine : « Fortune de mer » (au champ d'action limité aux eaux territoriales néo-calédoniennes) et « Salomon » (qui s'intéresse au mystère de la disparition du navigateur Jean-François de La Pérouse près de l'île de Vanikoro aux îles Salomon en 1788). Le musée expose ainsi de manière permanente, sur 600 m2, les découvertes des différentes campagnes de fouilles réalisées par ces deux associations, selon 6 thèmes : les premiers navigateurs (sur les techniques de navigation des premiers peuples océaniens), l'ère des grands découvreurs, aventuriers et commerçants (sur les santaliers et baleiniers du début du XIXe siècle), de Port-de-France à Nouméa, sur la route du nickel et au temps des Américains. À cela s'ajoutent des expositions temporaires, installées à l'étage du bâtiment[156],
    • le musée du Bagne, installé dans l'ancienne boulangerie en pierre du bagne sur la presqu'île de Nouville, qui passe pour être le plus ancien bâtiment construit par l'administration pénitentiaire sur ce site, a été créé par l'association « Témoignages d'un passé ». Il n'est pas ouvert en permanence, mais se visite à la demande et est le point de départ d'un tour guidé des différentes infrastructures du bagne de Nouville : la chapelle, les anciens ateliers qui abritent aujourd'hui le département de droit, économie et gestion de l'université de la Nouvelle-Calédonie, l'ancien magasin aux vivres devenu le théâtre de l'Île, l'ancien hôpital du marais et actuel CHS Albert-Bousquet, la ferme Nord et la laiterie[157],
  • Deux théâtres, gérés par le Centre d'Art de la Ville de Nouméa :
    • le Théâtre de l'île, ouvert en 2000 dans un édifice massif en pierre taillée du bagne de Nouville construit en 1875 pour servir de cathédrale (fonction qu'il n'a jamais remplie) et qui a été successivement un magasin aux vivres de la pénitentiaire, lieu d'élevage de vers à soie à partir de 1930, salle de bal, centre de regroupement des prisonniers à partir de 1940 et salle de cinéma et de spectacle à partir de 1970. Entièrement réaménagé par la ville de Nouméa à partir de 1994 pour l'adapter aux normes acoustiques et d'organisation de l'espace (avec une salle de 354 places et l'aménagement de coulisses) d'un théâtre moderne. Dominant la mer, il est voisin du campus et des archives territoriales[158],
    • le théâtre de Poche est une salle de spectacle de petite taille et au caractère intimiste, et fait partie des locaux du Centre d'Art installés en 1996 dans les bâtiments de l'ancienne prison civile, à côté du palais de Justice. Le Centre d'Art, outre des locaux administratifs, accueille également des salles d'expositions et de répétitions mises à disposition des troupes de théâtre, chorales ou autre associations artistiques affiliées à cette institution[159],
Deux des cases stylisées du Centre culturel Tjibaou de Nouméa, par Renzo Piano.
  • le Centre culturel Tjibaou, véritable vitrine tant au plan local, régional qu'international de la culture kanake, installé dans un complexe monumental réalisé entre 1995 et 1998 près du site qui avait accueilli en 1975 le festival Mélanésia 2000 organisé par Jean-Marie Tjibaou, en bord de mer à l'est de Nouméa, à côté du quartier résidentiel et du golf de Tina. Il est l'œuvre de l'architecte italien Renzo Piano qui a pris le parti d'allier modernité et architecture vernaculaire dans un style devenu mondialement célèbre, notamment pour ses dix hauts bâtiments nervurés et effilés en bois et acier, figurant des cases traditionnelles stylisées. Géré par l'Agence de développement de la culture kanake, fondé par les Accords de Matignon, et inauguré dans le cadre de la signature de l'Accord de Nouméa les 4 et , il comprend une salle de spectacle couverte de 400 places en bois (salle Sissia), une scène en plein air, un sentier kanak qui fait l'office d'une visite commentée, des salles d'expositions, de cours d'initiation aux arts et techniques de fabrication d'ouvrages traditionnels, de récit de contes et légendes kanaks et une médiathèque.
Le centre culturel municipal du Mont-Dore.
Cases du centre culturel provincial du Nord à Koné.
  • l'Académie des langues kanakes, prévue par l'Accord de Nouméa et créée officiellement le , est chargée de la promotion des langues kanakes et de leur enseignement. Elle est installée dans un immeuble entre le port et le centre-ville de Nouméa,
  • le Conservatoire de musique de Nouvelle-Calédonie, ancienne École territoriale de musique (ETM), elle est installée dans l'ancien consulat britannique, grand bâtiment de style colonial datant du XIXe siècle situé dans le quartier de l'Artillerie Nord. L'École de musique de Nouméa, créée en 1974, s'y installe avant de se transformer en l'ETM puis en Conservatoire. Outre des leçons instrumentales et de solfège, le Conservatoire abrite également un auditorium servant à accueillir des concerts et récitals de musique orchestrale, classique ou non (notamment de jazz), ou de chants (choral, lyrique…), réalisés par des artistes locaux ou internationaux[160]. Le conservatoire organise également des cours en dehors du chef-lieu du territoire, au Mont-Dore, à Dumbéa, Païta, Boulouparis, La Foa, Bourail, Koné, Koumac et à Lifou[161],
  • la Fédération des Œuvres Laïques (FOL) qui dispose, au sommet de la colline dite du Sémaphore qui domine le centre-ville, d'un bâtiment accueillant une salle de spectacle (où ont lieu essentiellement des représentations théâtrales, des manifestations comme l'élection de Miss Nouvelle-Calédonie, la plupart des spectacles de fin d'année des écoles nouméennes et des spectacles d'artistes ou d'humoristes locaux, métropolitains ou internationaux) de 550 places, et une salle d'exposition[162].
  • le Café musiques municipal « Le Mouv' », « monolithe habillé d'une résille en bois et en métal, comme une double peau » installé dans le parc municipal de Rivière-Salée au nord de la ville et inauguré en août 2001. Il consiste en une salle de concert de 200 m2 et de 400 places et en une scène de 100 m2[163],
  • 12 salles de cinéma au sein du multiplexe CinéCity, en bordure du port et du centre-ville, soit un bâtiment de 5 niveaux comprenant un espace de jeux d'arcade, de restauration et la billetterie au rez-de-chaussée, les salles dans les trois premiers étages et enfin les bureaux de la société Hickson qui gère ce cinéma au dernier étage. Toutes les autres salles (celles du Rex, du City, l'autre cinéma Hickson à Nouméa, du Plaza et du Liberty) ont toutes été démolies ou reconverties. Le choix des films reste généralement limité et retardé vis-à-vis des sorties internationales et françaises[164],[165].

Il existe toutefois également des infrastructures du même type disséminées dans le reste de la Nouvelle-Calédonie :

  • les bibliothèques municipales de Boulouparis, Bourail, Dumbéa, Hienghène, Koné, Mont-Dore, Ouvéa, Poindimié, Pouébo, Pouembout, Thio et Voh, les médiathèques de La Foa et Païta et la bibliothèque provinciale Lôhna de à Lifou,
  • le Musée de Bourail, la Villa-Musée (reconstitution d'une maison traditionnelle de colon-éleveur) de Païta et le Musée de la Mine de Thio,
  • les centres culturels municipaux de Dumbéa (servant surtout de salle de spectacle et des fêtes), Goa Ma Bouarate de Hienghène, du Mont-Dore (essentiellement salle de spectacle, pour des représentations théâtrales ou des concerts), les deux centres culturels provinciaux de Koné et Yeiwéné Yeiwéné situé dans la tribu de Hnainèdre à Maré, le carrefour culturel de Bourail, la maison de la culture de l'Île des Pins, le centre socio-culturel de La Foa et le dock socio-culturel de Païta,
  • la salle de spectacle municipale du Colisée de Bourail,
  • la salle de cinéma Jean-Pierre Jeunet à La Foa, lieu où se déroule annuellement le festival de La Foa, et celle de Bourail.
  • Un projectionniste itinérant parcourt également les différentes tribus et villages de la « Brousse »[164].
  • Enfin, le
    Articles détaillés : Musique calédonienne et Danse calédonienne.
    Bua (danse traditionnelle kanak) réalisé au festival waan-dance de , à l'université de la Nouvelle-Calédonie à Nouméa.

    La Nouvelle-Calédonie connaît une certaine diversité musicale, témoin de sa diversité culturelle.

    Le Kaneka est une forme musicale née au milieu des années 1980, lors des événements politiques qui ont secoué l'île. Le Kaneka trouve son origine dans le battement binaire produit sur un tronc d'arbre central lors du "Pilou", rythme traditionnellement utilisé lors des cérémonies tribales kanakes. Le Kaneka se mêle parfois, et de plus en plus, à des rythmiques et des mélodies proches du reggae, qui est également un style musical très populaire en Nouvelle-Calédonie et notamment auprès des Kanaks. De nombreuses figures internationales du reggae ont donné des concerts en Nouvelle-Calédonie : Jimmy Cliff, Israël Vibration ou encore The Wailers.

    La population européenne, et surtout les Caldoches de Brousse, ou Broussards, ont développé aussi un style musical assez typique mêlant des expressions caldoches et une musicalité essentiellement empruntée à la musique country.

    À cela s'ajoutent les musiques traditionnelles des autres communautés, et surtout l'ensemble des styles musicaux importés de Tahiti : tamure mais aussi la valse tahitienne (valse à deux temps)…

    À côté de cela se développe de plus en plus des groupes de jazz, musique soul ou rock. Des festivals musicaux se sont multipliés depuis les années 1990 et 2000 : le festival Live en août[167] créé en 1991 par la Grande Brasserie de Nouvelle-Calédonie (GBNC) initialement pour mieux faire connaître les musiciens de jazz du territoire sous le nom de Jazz en août avant de prendre sa dénomination actuelle en 1998, il réunit des groupes locaux et internationaux (essentiellement de la zone Pacifique toutefois, notamment australiens ou néo-zélandais) de jazz, rock, soul et folk (notamment irlandaise) dans les bars, bistros, tavernes et restaurants essentiellement à Nouméa mais de plus en plus sur l'ensemble du Territoire. Le festival Femmes funk[168], créé en 1997 essentiellement pour promouvoir les artistes féminines de la zone Pacifique (mais pas seulement), organise sur un site à la fois des concerts d'artistes internationaux (soul, jazz, reggae, bossa nova, rock, slam, kaneka, hip-hop…) accompagné d'ateliers enfants ou d'initiation à l'artisanat traditionnel, tout d'abord sur Nouméa (généralement 4 jours sur le site du Centre culturel Tjibaou) puis en brousse à la fin du mois de septembre et au début du mois d'octobre. Enfin, du 8 au ont eu lieu, sur le site du Centre culturel Tjibaou à Nouméa, les premières Francofolies de Nouvelle-Calédonie, marquant une nouvelle exportation de ce festival musical créé en 1985 à La Rochelle. Les têtes d'affiches de cette première édition ont été Youssoupha, Cali, Miossec, LEJ, Claudio Capéo, Black M, Boulevard des airs et Hubert-Félix Thiéfaine, aux côtés d'artistes locaux comme Édou. 6 à 7 000 visiteurs ont alors été attendus[169].

    Si la Nouvelle-Calédonie s'est dotée de nombreuses salles de spectacles ou de concert, dont celles du Conservatoire, du café-musique Le Mouv' de Rivière-Salée et celles plus importantes de la salle Sissia du Centre culturel Tjibaou ou de la Fédération des Œuvres laïques (F.O.L), auxquelles s'ajoutent des salles en brousse (le centre culturel du Mont-Dore, le colisée de Bourail…). Mais elles restent de capacité réduite, et aucun espace adéquat pour accueillir des concerts plus importants n'a été jusqu'ici clairement délimité (ces dernières années, la plupart d'entre eux s'organisaient sur la presqu'île de Nouville à Nouméa, sur la plaine du Kuendu Beach). La construction d'une grande salle de concert est néanmoins en projet.

    Littérature

    La Nouvelle-Calédonie a produit plusieurs écrivains dont le plus célèbre localement reste Jean Mariotti[170]. Ses principales œuvres sont surtout :

    • Les Contes de Poindi, recueil de contes inspirés de légendes kanakes, publié en 1939 puis revu et corrigé en 1941 et traduit en anglais, en allemand et en slovaque notamment ;
    • Takata d'Aïmos[171], roman fantastique lui aussi inspiré d'une légende traditionnelle kanake[172] ;
    • Remords[173], roman psychologique sur les bagnards[174] ;
    • À bord de l'incertaine, éd. Stock, Delamain et Boutelleau, Paris, 283 p. (réédité à Papeete en 1981 puis à Nouméa en 1996 et en 2000), récit de fiction se situant dans un pays imaginaire mais inspiré de son enfance dans le petit village calédonien de Farino[175] ;
    • Le Dernier voyage du Thétis, éd. Stock, Paris, 1947, 251 p., recueil comprenant 7 nouvelles : Le Dernier Voyage du Thétis, Paysage, Le Porto du Drafn, Toi y'en a monnaie ?, Simple histoire, L'épopée accidentelle, Nuit calédonienne[176] ;
    • également plusieurs ouvrages sur l'histoire, la géographie ou l'économie de la Nouvelle-Calédonie.

    La Nouvelle-Calédonie a également vu naître ou a accueilli plusieurs auteurs renommés, en inspirant fortement tout ou partie de leur œuvre. C'est le cas notamment de Francis Carco, qui a passé ses dix premières années sur le Territoire, ou encore A.D.G., auteur de roman noir resté célèbre pour ses idées d'extrême droite véhiculées dans ses livres et pour avoir été témoin de la période de la montée de l'indépendantisme puis des évènements des années 1980.

    Pour ce qui est de la littérature kanake, les auteurs les plus représentatifs restent Déwé Gorodey, actuellement membre du Gouvernement local chargé de la Culture, ou encore l'écrivain, poète et dramaturge Pierre Gope[177]. Une de ses pièces, Les Champs de la Terre, fable poétique inspiré du folklore calédonien et surtout kanak, a ainsi été représentée au Festival d'Avignon en 2006 et a fait ensuite l'objet d'une tournée en Europe.

    De plus, l'un des auteurs calédoniens les plus prolifiques aujourd'hui est Nicolas Kurtovitch[178], président fondateur depuis 1996 de l'Association des écrivains de Nouvelle-Calédonie, et dont le recueil de poésie Le Piéton du dharma[179] a reçu le prix du salon du livre insulaire d'Ouessant, catégorie poésie. On lui doit surtout des recueils de poésie, mais aussi un roman : Good night friends[180],[181], ainsi que plusieurs pièces de théâtres dont une en collaboration avec Pierre Gope : Les Dieux sont borgnes, éd. Grains de sable, Nouméa, 2002[182]. Frédéric Ohlen est un autre poète réputé, auteur de quatre recueils qui allient profondeur du message et acuité de la forme[183]. Le plus récent, La Lumière du Monde[184], a reçu le prix du gouvernement au Salon international du livre océanien (SILO 2005).

    En 1996 a été créé le prix Livre Mon Ami, décerné par des enfants âgés de 9 à 13 ans vivant en Nouvelle-Calédonie à un ouvrage de littérature d'enfance et de jeunesse de parution récente et de langue française. L'auteur qui remporte le prix est ensuite invité à se rendre en Nouvelle-Calédonie pour rencontrer ses jeunes lecteurs.

    La Brousse en folie de Bernard Berger permet de découvrir les singularités de la société néo-calédonienne à travers une expression humoristique accessible à tous. Cette série de bande dessinée, née en 1984, est chaque année parmi les plus gros succès d'édition de l'île.

    Architecture

    Case kanak

    Case traditionnelle kanak située au Centre culturel Tjibaou à Nouméa.
    Un des chambranles qui entourent la porte XIXe (Muséum de Toulouse).

    L'architecture traditionnelle kanak comprend uniquement la case, véritable symbole de l'organisation de la société. Il en existe de plusieurs types : à la fois lieux des cérémonies ou palabres (grande case du clan ou des districts des Îles Loyauté, les plus représentatives et les plus chargées de symbolisme), d'habitat (avec des cases ordinaires pour les femmes) ou de stockage (greniers à igname). Ronde (forme qui représente un espace collectif de vie, propice aux palabres, aux échanges et au maintien d'un esprit communautaire) avec un toit conique offrant souvent une forte pente (pour permettre l'écoulement des eaux de pluie, tandis que la forme aérodynamique générale de l'édifice permet une forte résistance aux vents violents quelle que soit leur direction), elle est souvent construite, notamment sur la Grande Terre où les inondations sont courantes, sur un tertre surélevé par rapport au terrain naturel pour échapper aux dégâts des eaux. Sa construction n'utilise que des matériaux végétaux : murs et « pré-couverture » du toit (kötu en Xârâcùù)[185] en peau de niaouli (élément particulièrement étanche) généralement (et dans certaines régions avec du pandanus ou du cocotier), couverture du toit en paille (bon isolant qui permet de maintenir une température ambiante constante et douce tout au long de l'année, même en période de fortes chaleurs), attaches de la structure avec des lianes (rendent l'édifice flexible et donc résistant aux intempéries) et éléments importants (flèche faîtière, poteau central, poteaux de tour de case, chambranle, linteau de la porte) en bois de houp (arbre endémique à la Nouvelle-Calédonie, séculaire, représentant l'origine des clans et dont le bois est sacré). Chacune des pièces sculptées a une symbolique particulière[186],[187],[188] :

    • la flèche faîtière, qui domine la case, représente le « frère aîné », à savoir le chef de clan, ou, aux Îles Loyauté, le grand chef du district, et se compose d'un visage central, d'un tronc pied qui la rattache au sommet de la case et d'une partie supérieure qui représente la spécificité du clan (percée d'une toutoute souvent pour les clans dits « de la mer », surmontée sinon d'un animal totémique ou d'une coiffe particulière). Elle est enlevée lorsque le « frère aîné »/grand-chef meurt et remplacée par celle de son successeur. Elle est devenue aujourd'hui l'un des principaux emblèmes de l'identité kanak (surtout sous sa forme percée d'une toutoute) et est présente aussi bien sur le drapeau indépendantiste kanak, les pavillons des Provinces des Îles Loyauté et Nord, le logo du gouvernement local et, plus largement, le blason de la Nouvelle-Calédonie ;
    • le poteau central, qui supporte la structure, c'est contre lui que s'adosse le « frère aîné »/grand-chef et autour s'assoient ses « cadets » (chefs des clans qui composent le district aux Îles Loyauté ou des lignées mineures d'un clan). Il est souvent sculpté, avec des images retraçant l'histoire orale du clan ou le symbolisant. Selon les endroits, il représente le « frère aîné » ou bien le sorcier - ministre chargé du maintien des rites qui assurent le pérennité du clan. Entre lui et l'entrée est aménagé, à même le sol, un foyer qui a une double fonction : réchauffer l'intérieur durant les moments les plus frais de l'année, et préserver l'ossature et le bois contre le pourrissement et les termites par la fumée ;
    • les poteaux de tour de case représentent les clans/lignées « cadettes » dépendant de celui du grand-chef/« frère aîné » : ils rappellent ainsi qu'ils sont le support de l'unité du district/clan, et que sans eux celui-ci s'effondre. Ils comprennent généralement un visage central ;
    • les chambranles qui entourent la porte, ils symbolisent les esprits protecteurs du district/clan dont le visage est représenté ;
    • le linteau de la porte est placé bas, à environ 1,50 m du sol, obligeant les visiteurs à s'incliner en signe de respect lorsqu'ils pénètrent dans la case.

    Les dix haut bâtiments du Centre culturel Tjibaou de Renzo Piano reprennent d'une matière stylisée la forme des cases traditionnelles kanak.

    Maisons coloniales

    Un exemple de maison coloniale : le Château Hagen dans le quartier de la Vallée des Colons à Nouméa.

    La colonisation de peuplement à partir du milieu du XIXe siècle a permis le développement d'un style architectural résidentiel particulier dit des « maisons coloniales » qui se retrouve, avec certaines variantes, dans d'autres anciennes colonies françaises (Réunion, Antilles, Polynésie française, Indochine) ou anglo-saxonnes (dans les États du Sud des États-Unis ou l'Inde). Bien que de factures variables, elle offre généralement un certain charme et un élément identitaire important pour les populations locales, notamment d'origine européenne ou Caldoches, qui poussent pour leur préservation. Toutefois, les intempéries (notamment les cyclones), l'usure (rouille des toits, pourrissement et attaque de termites sur les éléments en bois) ou divers projets immobiliers ont entraîné la disparition de la plupart de ces maisons. Présentes dans la plupart des communes ayant connu une certaine implantation européenne, surtout sur la côte ouest, les plus célèbres et représentatives restent l'ancienne Banque Marchand ou Ancienne Mairie (première banque locale de 1874 à sa faillite retentissante pour la colonie en 1880, avant de servir d'hôtel de Ville de 1880 à 1975 et reconverti en 1996 en Musée de la Ville[152]), la Maison Cellières du Faubourg Blanchot (délabrée depuis le décès de sa dernière propriétaire en 1995 et « squattée » par plusieurs familles pendant des années, elle a été rachetée par un promoteur qui a eu la charge, en échange de la construction d'un immeuble sur une partie du terrain, de la reconstruire à l'identique de l'originale)[189],[190], le « château Hagen » ou encore le bâtiment historique de la clinique Magnin à la Vallée des Colons pour Nouméa, le « Château Grimigni » à Pouembout. Elles comprennent généralement[191] :

    • une assise et ossature centrale (murs, fondations) en dur (pierres, chaux, voire béton cyclopéen), mais quelquefois en bois, et une toiture en tôle. Les murs sont particulièrement épais (60 à 100 cm), donnant aux édifices un aspect massif et permettant de réguler la température intérieure. La forme générale est rectangulaire. Le tout est souvent surélevé, pour éviter les inondations, profiter d'un vide sanitaire pour lutter contre la chaleur ou tout simplement, pour celles de Nouméa, parce qu'elles sont souvent construites sur des zones marécageuses ;
    • un corps principal, salles de détente, salon d'été, salle à manger, chambres, et agrémentée sur l'avant, ou tout autour de la bâtisse, d'une véranda protégée d'une contre-pente avec frise de tôle découpée en pointe. Les murs sont percés d'assez larges fenêtres ou baies, avec croisillons, persiennes ou verrières multicolores. Il y a souvent un étage avec des chambres ou plus généralement un grenier (remise à meuble ou, en milieu rural, entrepôt de produits de la ferme), parfois lui aussi doté d'une véranda ornée de garde-corps de paliers ouvragés. Le toit en tôle à quatre pans en pignon (quelquefois avec un faux-pigeonnier) et surmonté de faux-pinacles ou faux-paratonnerres. Les maisons les plus travaillées disposent de marquises au-dessus des portes ou des fenêtres. Le sol est en plancher ;
    • une ou plusieurs annexes servant de caves (
      Article détaillé : Sport en Nouvelle-Calédonie.
      L'équipe de Nouvelle-Calédonie de football, surnommée les « Cagous » (en rouge et gris), à l'occasion d'un match contre l'équipe des Tuvalu lors des Jeux du Pacifique Sud de 2007.

      La pratique du sport est importante en Nouvelle-Calédonie, avec en 2010 70 530 licenciés, soit 29 % de la population néo-calédonienne (contre une moyenne nationale de 24 %). C'est tout particulièrement vrai dans les Îles Loyauté et en Province Nord, avec des taux de pratique sportive s'établissant respectivement à 40 % et 31 %, mais aussi en Province Sud (27 %)[192].

      Rodéo sur cheval à la foire de Bourail de 2011.

      Parmi les sports les plus pratiqués en Nouvelle-Calédonie figurent le football (seul sport à disposer d'une fédération indépendante de la fédération française en Nouvelle-Calédonie, et qui a donné les personnalités sportives originaires de l'archipel les plus connues, avec à leur tête le champion du monde et d'Europe Christian Karembeu ou l'entraîneur Antoine Kombouaré), le nautisme (Planche à voile et Kitesurf), le cyclisme (longtemps incarné par les résultats olympiques de Laurent Gané), les sports équestres et hippiques (courses, concours et rodéos), la natation (représentée au niveau national et international par Lara Grangeon ou Diane Bui Duyet), l'athlétisme, le tennis (Wanaro N'Godrella, 1/4 de finaliste à l'Open d'Australie et 71e joueur mondial en 1973), le cricket (surtout auprès des femmes mélanésiennes), le rallye automobile (le rallye de Nouvelle-Calédonie, créé en 1967, est reconnu internationalement depuis 1998), le rugby à sept est également un sport de haut niveau et pratiqué par de nombreux adhérents. La Nouvelle-Calédonie a obtenu la 6e place au classement final des Jeux du Pacifique 2011, ce qui lui a permis de participer à la première Coupe de France de rugby à sept qui a eu lieu au cours de l'année 2012.

      La Nouvelle-Calédonie est l'un des archipels du Pacifique les mieux équipés en infrastructures sportives, avec un taux de 1,7 équipement pour 1 000 habitants (3,7  dans les Îles Loyauté, 2,9  dans le Nord et 1,2  dans le Sud), soit plus qu'en Polynésie française (1,2 ). L'organisation à trois reprises des Jeux du Pacifique (en 1966, 1987 et 2011), mais aussi d'autres évènements internationaux, est à l'origine de la construction des principales infrastructures de l'archipel, surtout dans le Grand Nouméa (stade Numa-Daly de Magenta, piscines olympiques du Ouen Toro puis de Ducos, l'Arène du Sud de Païta)[192].

      Cet intérêt de la population pour le sport, l'éclectisme des pratiques et le bon équipement de l'archipel expliquent que la Nouvelle-Calédonie soit le territoire le plus titré aux Jeux du Pacifique.

Photographies

Codes

La Nouvelle-Calédonie a pour codes :