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Offensive de Maarat al-Nouman et Saraqeb
Description de cette image, également commentée ci-après
Évolution de la situation dans la poche d'Idleb entre décembre 2019 et février 2020
Informations générales
Date en cours
(2 mois et 2 jours)
Lieu Maarat al-Nouman, Saraqeb et leurs environs
Issue En cours
Belligérants
Drapeau de la Syrie République arabe syrienne Drapeau de la Russie Russie
Drapeau de l'Iran Iran
InfoboxHez.PNG Hezbollah
Liwa Fatemiyoun infobox flag.png Division des Fatimides
Liwa Zainebiyoun infobox flag.png Liwa Zainebiyoun
Flag of Hayat Tahrir al-Sham.svg Hayat Tahrir al-Cham
Flag of Syria 2011, observed.svg Armée nationale syrienne
Logo of the Army of Glory.png Jaych al-Ezzah
Flag of the Turkistan Islamic Party in Syria.svg Parti islamique du Turkestan
WaHaridFlag.png Wa Harid al-Mumimin

Infobox Ajnad al-Kavkaz flag.png Ajnad al-Kavkaz
Flag of Jihad.svg Jound al-Cham
Flag of Jihad.svg Harakat Fajr al-Cham al-Islamiyya
Flag of Jihad.svg Katibat Jabal al-Islam
Flag of Taliban.svg Jamaat Imam Bukhari
Tajamo Chouhada al-Charkiya


Drapeau de la Turquie Turquie
Commandants
Drapeau de la Syrie Maher el-Assad
Drapeau de la Syrie Souheil al-Hassan
Drapeau de l'Iran Asghar Pashapour †
Flag of Hayat Tahrir al-Sham.svg Abou Mohammed al-Joulani
Forces en présence
Drapeau de la Syrie
Inconnues
Flag of Hayat Tahrir al-Sham.svg Flag of Syria 2011, observed.svg Flag of Jihad.svg
50 000 à 100 000 hommes[1],[2]
Drapeau de la Turquie
7 000 hommes[3]
Pertes
Drapeau de la Syrie
946 morts au moins[A 1]

Drapeau de la Russie
4 à 8 morts[14],[15]

Drapeau de l'Iran
2 morts[16],[17]
Flag of Hayat Tahrir al-Sham.svg Flag of Syria 2011, observed.svg Flag of Jihad.svg
989 morts au moins[A 2]
Drapeau de la Turquie
16 morts[18],[19]
50 blessés[18],[19]
Civils :
380 morts au moins[4]
900 000 à 1,1 million de déplacés[5],[6]

Guerre civile syrienne

Coordonnées 35° 38′ 41″ nord, 36° 40′ 26″ est
Géolocalisation sur la carte : Syrie
(Voir situation sur carte : Syrie)
Offensive de Maarat al-Nouman et Saraqeb

L'offensive de Maarat al-Nouman et Saraqeb a lieu lors de la guerre civile syrienne. Elle est lancée le par l'armée syrienne et ses alliés dans l'est du gouvernorat d'Idleb et l'ouest du gouvernorat d'Alep. Les loyalistes s'emparent de la ville de Maarat al-Nouman le , puis de Saraqeb le . Ils prennent le contrôle de la totalité de l'autoroute M5 le 11 février et dégagent la périphérie ouest d'Alep le 16 février. L'offensive du régime provoque la fuite de près d'un million de civils, soit la plus importante vague de déplacés depuis le début du conflit.

Prélude

Le , la Russie proclame un cessez-le-feu qui met fin à l'offensive de Khan Cheikhoun, dans le gouvernorat d'Idleb[20],[21]. Cependant, des combats ponctuels continuent d'éclater dans la région[21]. Ainsi, entre le 31 août et le 1er décembre, les combats sporadiques font au moins 250 morts chez les loyalistes et 220 morts chez les djihadistes et les rebelles selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), tandis qu'au moins 160 civils, dont 45 enfants, sont tués par des bombardements[22].

Le 30 novembre et le 1er décembre, des affrontements ont lieu près de Maarat al-Nouman[22], la deuxième plus grande ville du gouvernorat d'Idleb, peuplée de 150 000 habitants[23]. Quatre villages sont pris par les rebelles, puis reconquis par les forces du régime[22]. Selon l'OSDH, ces combats, les plus violents depuis le début de la trêve, font au moins 51 morts chez les loyalistes et au moins 45 morts chez les djihadistes et les rebelles[24]. À partir du 16 décembre, les frappes aériennes du régime s'intensifient dans la région de Maarat al-Nouman, provoquant la fuite de dizaines de milliers de civils[25],[21]. Maarat al-Nouman est abandonnée par une large partie de sa population civile[21],[26],[27]. Le 17 décembre, 23 civils sont tués par des frappes menées contre le village de Talmenas[28],[29].

Déroulement

Offensive loyaliste à Maarat al-Nouman en décembre 2019 et janvier 2020

L'offensive au sol débute le 19 décembre[26],[30]. Les 19 et 20 décembre, de violents combats ont lieu au sud de Maarat al-Nouman, faisant au moins 30 morts chez les loyalistes et 51 du côté des djihadistes et des rebelles[31]. Les loyalistes progressent vers Maarat al-Nouman et s'emparent de 25 villages entre le 19 et le 22 décembre[32]. Le 23 décembre, le poste d'observation de l'armée turque à al-Surman se retrouve encerclé par l'armée syrienne[33]. La localité de Jarjanaz est également conquise le même jour par les troupes du régime[33].

Le 24 décembre, les djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham et d'Ansar al-Tawhid lancent une contre-offensive pour tenter de freiner la progression des loyalistes qui ne sont alors plus qu'à six kilomètres de la ville Maarat al-Nouman[26]. L'attaque est contenue par les troupes du régime qui ouvrent également un nouveau front à l'est d'Idleb, où elles s'emparent de deux villages[26].

Le 25 décembre, l'armée syrienne s'empare encore de quelques localités, faisant passer à 40 le nombre de villages conquis depuis le début de l'offensive, et est à 4 kilomètres de Maarat al-Nouman[27].

Le 24 décembre, la Turquie annonce qu'elle est en pourparlers avec la Russie pour obtenir un nouveau cessez-le-feu[34]. Le porte-parole de la présidence turque, Ibrahim Kalin, déclare : « Nous suivons de près le processus en vue de mettre fin aux bombardements[34]. Ces bombardements doivent cesser immédiatement à la faveur d'un nouveau cessez-le-feu. C'est notre principale attente de la partie russe »[34]. Le président turc Recep Tayyip Erdoğan affirme pour sa part le 22 décembre que « la Turquie ne peut accueillir une nouvelle vague de réfugiés en provenance de Syrie » et que « les effets négatifs de cette pression que nous subissons seront ressentis par tous les pays européens, à commencer par la Grèce »[35]. Le 26 décembre, le président américain Donald Trump appelle la Russie, la Syrie et l'Iran à cesser le « carnage », tout en saluant le rôle de la Turquie[36]. La France demande également une « désescalade immédiate »[36].

Le , un missile balistique doté d'une ogive à sous-munitions tirée par l'armée syrienne frappe une école à Sarmin (en), causant la mort de 12 civils, dont deux femmes et cinq enfants, et faisant 13 blessés[37],[38],[39]. Le 5 janvier, neuf autres civils sont tués à Ariha[40].

Le , la Russie annonce l'entrée en vigueur d'un nouveau cessez-le-feu dans la région d'Idleb après la conclusion d'un accord avec la Turquie[41].

Cependant, les raids aériens se poursuivent. Le 11 janvier, au moins 18 civils sont tués par des frappes aériennes du régime sur les villes et localités d'Idleb, Benniche et Al-Nayrab[42]. Le 15 janvier, au moins 19 autres civils sont tués par un raid sur la ville d'Idleb[43],[44]. Le 23 janvier, au moins huit civils, dont cinq enfants, sont tués dans des raids russes à Saraqeb et Arnaba[45].

Des combats au sol éclatent également ponctuellement. Dans la nuit du 15 au 16 janvier, les troupes du régime s'emparent de deux villages près de Maarat al-Nouman au terme de combats qui font au moins 29 morts chez les loyalistes et 26 du côté des djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham[44].

Les 25 et 26 janvier, les troupes du régime font une nouvelle poussée : elles s'emparent de sept villages et atteignent les abords de la ville de Maarat al-Nouman[46]. Le tronçon d'autoroute entre Maarat al-Nouman et Saraqeb, au nord, est également coupé[47]. Au matin du 27 janvier, Maarat al-Nouman est presque encerclée : les loyalistes tiennent les villages au nord et à l'est de la ville et accentuent la pression sur son flanc ouest[47]. Plus au nord, l'armée syrienne tente également d'avancer dans la région de Saraqeb et dans l'ouest du gouvernorat d'Alep[47]. Le 28 janvier, les troupes du régime entrent dans Maarat al-Nouman et prennent rapidement le contrôle de plus de la moitié de la ville, laquelle est alors abandonnée par la majorité de ses habitants[48],[49]. Des combats ont lieu, mais le gros des forces djihadistes et rebelles battent rapidement en retraite[49]. Le matin du 29 janvier, Maarat al-Nouman est entièrement aux mains du régime[50],[51]. Les loyalistes contrôlent alors 40 % du gouvernorat d'Idleb[52].

Le 29 janvier, le président turc Recep Tayyip Erdoğan critique la Russie en l'accusant de ne pas respecter les accords conclus, le cessez-le-feu étant resté lettre morte[50],[53]. Deux jours plus tard, il dénonce la « cruauté du régime envers son propre peuple et ses attaques qui provoquent des bains de sang et menaçant notre pays d'une nouvelle vague de migrants » et menace de « recourir à la force militaire »[54]. Cependant l'inaction de la Turquie est largement dénoncée par les habitants de la région d'Idleb[55].

Fin janvier, les forces iraniennes interviennent de nouveau dans l'offensive d'Idleb, après être restées en retrait dans cette région pendant plusieurs mois[56]. Elles ouvrent un nouveau front dans le sud-ouest du gouvernorat d'Alep[56] et engagent la Force Al-Qods[56],[16], les miliciens libanais du Hezbollah[16],[57], des Syriens du Liwa al-Baqir et des Forces locales de Défense[16], des Palestiniens du Liwa al-Quds[58],[59], des Afghans de la Division des Fatimides[59], des Pakistanais du Liwa Zainebiyoun[59] et des milices irakiennes[56]. Le 30 janvier, ces forces s'emparent de Khan Touman et de Khalidiya[56].

Offensive loyaliste à Saraqeb en février 2020

Évolution de la situation dans la poche d'Idleb à partir du 24 janvier 2020 :

De leur côté, les forces du régime continuent d'avancer. Le 31 janvier, elles arrivent à deux kilomètres au sud de la ville de Saraqeb[60], auparavant peuplée de 110 000 habitants mais alors presque totalement abandonnée par sa population civile[61]. Les loyalistes reculent cependant après une contre-attaque des rebelles et sont à 5 kilomètres de la ville le 1er février[52], puis à 8 kilomètres le 3 février[62]. Le 2 février, au moins 14 civils sont tués par des raids aériens, dont sept membres d'une même famille à Sarmin (en)[63]. De son côté, l'armée turque se déploie à Saraqeb dés le 30 janvier[64].

Dans la nuit du 2 au 3 février, un convoi turc de 240 camions et blindés venu renforcer les postes d'observation de la région est touché par des tirs d'artillerie syriens près de Saraqeb[62],[65],[66],[67],[68]. Sept soldats et un contractor civil turcs sont tués et treize sont blessés selon Ankara[69],[70]. En représailles l'armée turque mène des frappes aériennes et des tirs d'artillerie sur 54 cibles dans les gouvernorats d'Idleb, Hama, et Lattaquié et revendique la « neutralisation » de 76 soldats du régime le 3 février[62],[65],[71]. Sana, l'agence de presse officielle du régime syrien dément tout décès dans les rangs de l'armée, tandis que l'OSDH donne pour sa part un bilan d'au moins 13 soldats syriens tués et plus de 20 autres blessés[62]. Ömer Çelik, le porte-parole de l'AKP, déclare alors : « Après cette attaque, les éléments du régime qui se trouvent dans cette région sont pour nous des cibles. Ce que nous attendons de la Russie, c'est qu'elle évite de servir de bouclier ou de chercher à protéger le régime de quelque manière que ce soit »[65]. De son côté le président Recep Tayyip Erdoğan promet de riposter à toute nouvelle attaque du régime[72], il annonce qu'il ne laissera pas l'armée syrienne progresser davantage à Idleb[73] et prévient également Moscou dans un ton inhabituellement virulent[64] : « Je veux m'adresser en particulier aux autorités russes : notre interlocuteur, ce n'est pas vous, c'est le régime. N'essayez pas de nous entraver. [...] Nous ne pouvons pas rester silencieux alors que nos soldats tombent en martyrs. Nous allons continuer de demander des comptes »[65]. Le 5 février, il déclare qu'il laisse jusqu'à la fin du mois aux troupes du régime syrien pour se retirer au-delà des postes d'observation turcs[74].

Mais malgré les avertissements de la Turquie, l'armée syrienne continue de progresser et pénètre dans la ville de Saraqeb le soir du 5 février[69],[75],[76]. Plusieurs centaines de djihadistes et de rebelles se retirent de la ville par le nord, avant qu'elle ne se retrouve totalement encerclée[69],[77],[78]. Dans la nuit du 5 au 6 février, des blindés turcs se déploient à Taftanaz (en) et Binnich (en), au nord de Saraqeb[76],[79],[14]. Le 6, les djihadistes et les rebelles lancent une contre-offensive avec le soutien de l'artillerie turque[76],[77]. Les combats se poursuivent à l'intérieur de Saraqeb, où les assiégés parviennent à reprendre le contrôle de la majeure partie de la ville en attaquant depuis les quartiers nord[77]. D'autres forces à l'extérieur tentent de briser l'encerclement au niveau du village d'al-Nayrab[80]. Cependant la contre-offensive est repoussée et en fin de journée les troupes du régime s'emparent d'une vaste partie de Saraqeb[61]. Au moins 17 civils sont également tués le même jour par des bombardements dans la région d'Idleb[61]. Le 8 février, l'armée syrienne annonce contrôler la totalité de la ville de Saraqeb[81].

Offensive loyaliste dans l'ouest du gouvernorat d'Alep

Les forces du régime poursuivent ensuite leur offensive avec l'objectif d'achever la prise de contrôle de l'autoroute M5, reliant Damas à Alep et passant par Maarat al-Nouman et Saraqeb[81]. Avec la prise de cette dernière ville, tout le tronçon de l'autoroute passant par le gouvernorat d'Idleb est sous contrôle loyaliste, seule une portion de 15 kilomètres dans l'ouest du gouvernorat d'Alep reste alors tenue par les rebelles[81]. Le 8 février, les troupes du régime prennent la localité d'al-Eis, située dans cette région[81]. Le 10 février, les rebelles ne tiennent plus que deux kilomètres de tronçon[82],[83]. Le matin du 11 février, les loyalistes s'emparent du dernier tronçon dans le secteur de Rachideen al-Rabea[84]. Tout l'autoroute M5, d'Alep à Damas, est alors sous le contrôle du régime pour la première fois depuis 2012[84].

La Turquie continue pour sa part d'acheminer des renforts[85]. Les effectifs de l'armée turque dans la région passent à 5 000 hommes au 11 février selon l'agence Reuters[86], tandis que pour l'OSDH leurs effectifs sont de 5 000 à la date du 9 février[87], 6 000 au 10 février[88] et 7 000 au 16 février[3]. Le 10 février, l'artillerie syrienne loyaliste bombarde la base aérienne de Taftanaz : cinq soldats turcs sont tués et cinq autres blessés selon Ankara[89],[82], tandis que l'OSDH donne un bilan d'au moins six tués et sept blessés[90]. La Turquie riposte en bombardant des positions de l'armée syrienne[91],[92]. En fin de journée, elle donne un bilan de 101 combattants du régime neutralisés, trois chars et deux canons détruits et un hélicoptère touché[91]. Le lendemain, un hélicoptère est abattu par une roquette turque près du village de Qaminas et ses deux pilotes sont tués[93].

Les bonnes relations entre la Turquie et la Russie semblent alors fortement ébranlées[94]. Les accords de Sotchi du sur la mise en place d'une zone démilitarisée à Idleb se sont avérés inapplicables[94]. Le 12 février, le président turc Erdoğan menace le régime de frapper « partout » en cas de nouvelles attaques contre ses troupes et prononce une rare critique contre la Russie en l'accusant de prendre part au « massacre » contre les civils[18],[94]. Le ministère syrien des Affaires étrangères répond en qualifiant le président turc de « personne déconnectée de la réalité »[95]. Moscou accuse pour sa part Ankara de ne pas respecter les accords de Sotchi, de « ne pas tenir ses obligations de séparer les combattants de l'opposition (syrienne) modérée » des groupes djihadistes et de n'avoir rien fait pour « neutraliser les groupes terroristes »[96]. Le Kremlin diffuse cependant un communiqué assurant que les présidents Poutine et Erdoğan se sont entretenus par téléphone et veulent sauvegarder leurs « accords de désescalade »[97],[98]. Le lendemain, la Turquie menace alors de recourir à la force contre les « radicaux » qui ne respectent pas le cessez-le-feu[99],[100]. Les États-Unis annoncent pour leur part soutenir totalement la Turquie[100]. Dans ce contexte de tensions, le Parlement syrien annonce le 13 février reconnaître officiellement le génocide arménien commis par l'Empire ottoman entre 1915 et 1917[101]. La Turquie répond en dénonçant : « un acte hypocrite de la part d'un régime qui pendant des années a commis toutes sortes de massacres contre son propre peuple »[102].

L'armée syrienne poursuit sa progression dans l'ouest du gouvernorat d'Alep[103]. Le 13 février, les Turcs se retirent de la base du Régiment 46, à 12 kilomètres à l'ouest d'Alep[103]. Le lendemain, la base est prise par les loyalistes après des combats contre les djihadistes et les rebelles[103]. L'armée syrienne avance également sur Orum al-Kobra (en) et Kafr Naha afin d'établir une ceinture de sécurité pour protéger l'autoroute[103]. Elle arrive également à 5 kilomètres d'Atarib, la principale ville encore contrôlée par les djihadistes dans l'ouest du gouvernorat d'Alep, mais abandonnée par presque toute sa population civile[103]. L'armée turque se déploie alors dans cette ville[104]. Le même jour, un autre hélicoptère du régime syrien est abattu par les Turcs ou les rebelles près d'Orum al-Kobra et ses deux pilotes sont tués[105]. Cependant, les loyalistes prennent Orum al-Kobra le 14 février[106], puis Kafr Naha le 15[107]. Le 16 février, ils dégagent la périphérie ouest d'Alep pour la première fois depuis 2012 en s'emparant d'une trentaine de villages[4].

Le 20 février, les rebelles lancent une attaque à al-Nayrab, à l'ouest de Saraqeb, avec le soutien de l'artillerie turque[108],[109],[110]. Deux soldats turcs sont tués et cinq blessés par une frappe aérienne[19].

Pertes

Plusieurs bilans sont donnés par l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) :

  • Entre le 19 et le 24 décembre 2019 : au moins 134 morts du côté du régime et au moins 167 morts du côté de l'opposition — dont 138 djihadistes et 29 rebelles —[7], ainsi qu'au moins 78 civils, dont 17 femmes et 13 enfants, tués par les frappes aériennes et les tirs d'artillerie du régime et de la Russie entre le 19 et le 24 décembre 2019[30]
  • Le 25 décembre 2019 : au moins quatre loyalistes tués[8]
  • Le 26 décembre 2019 : au moins sept loyalistes tués[9]
  • Entre le 28 décembre 2019 et le 15 janvier 2020 : au moins 91 morts du côté du régime et au moins 50 morts du côté de l'opposition — dont 38 djihadistes et 12 rebelles — et au moins 79 civils tués[10],[11] (dont au moins 30 loyalistes et 9 djihadistes tués le 28 décembre 2019[111], au moins 2 loyalistes et 5 djihadistes tués le 29 décembre 2019[112],[113] : au moins 2 civils tués le 30 décembre 2019[114], au moins 27 loyalistes et 20 djihadistes et rebelles tués le 31 décembre 2019[115], au moins 9 civils tués le 1er janvier 2020[116], au moins 22 loyalistes et 12 djihadistes tués le 2 janvier 2020[117],[118], au moins 17 civils tués le 5 janvier 2020[119], au moins 27 loyalistes et 18 djihadistes et rebelles tués le 8 janvier 2020[120], au moins trois loyalistes et 19 civils tués le 11 janvier 2020[121], au moins trois civils tués le 12 janvier 2020[122] et au moins quatre civils tués le 13 janvier 2020[123])
  • Entre le 15 et le 23 janvier 2020 : au moins 119 morts du côté du régime, au moins 72 morts du côté de l'opposition — dont 56 djihadistes et 16 rebelles — plus 41 djihadistes tués dans des bombardements russes et au moins 87 civils tués — dont 52 par l'aviation russe, 21 par l'aviation syrienne loyaliste et 14 par les tirs d'artillerie des djihadistes[12].
  • Entre le 24 janvier et le 17 février 2020 : au moins 591 morts du côté du régime — dont 18 miliciens étrangers pro-iraniens — et au moins 659 morts du côté de l'opposition — dont 499 djihadistes[13].
  • Plus de 380 civils tués par les bombardements du régime syrien et de la Russie entre mi-décembre 2019 et le 16 février 2020[4].

L'ONU fait pour sa part état de la mort d'au moins 200 civils dans les frappes aériennes et les tirs d'artillerie entre le 1er janvier et le 13 février 2020[124].

Le Hezbollah compte pour sa part au moins trois tués dans les régions d'Idleb et Alep au cours du mois de janvier 2020[125],[126]. Au moins deux Iraniens du Corps des Gardiens de la révolution islamique sont également tués[16],[17], dont Asghar Pashapour, un haut commandant iranien de la Force Al-Qods, tombé dans la région d'Alep le 2 février 2020[127],[128],[16].

La Russie fait également état de tués parmi ses troupes, mais sans en préciser le nombre[129]. Selon le ministère russe des affaires étrangères, quatre officiers des unités spéciales du FSB sont tués le 1er février dans la région d'Alep lorsque leur véhicule saute sur une mine, alors qu'ils revenaient d'une séance de pourparlers avec des militaires turcs et des militaires syriens loyalistes[14]. L'OSDH fait état de la mort de quatre autres militaires russes à la mi-janvier[15].

À la date du 12 février 2020, les pertes turques sont de 14 morts et 45 blessés depuis le début du mois selon le président Erdoğan[18],[97].

L'UNICEF compte au moins 65 enfants tués ou blessés en décembre, et près de 50 000 enfants privés d'école[130].

Exactions

Début février, à Khan al-Sebel, près de Maarat al-Nouman, des miliciens du régime syrien profanent un cimetière en détruisant des pierres tombales et en exhumant des cadavres[131],[132],[133].

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), 72 hôpitaux, cliniques et dispensaires doivent suspendre leurs activités entre décembre 2019 et février 2020, soit après avoir été pris pour cibles par les forces aériennes syriennes et russes, soit par crainte de l'être[124].

Réfugiés

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), l'offensive du régime syrien provoque la fuite vers la frontière turque de 900 000 civils entre le 1er décembre 2019 et le 17 février 2020[5], soit la plus importante vague de déplacés depuis le début du conflit en 2011[134],[124]. L'OSDH donne pour sa part un bilan d'1,1 million de déplacés à la date du 19 février[6].

Si certains civils parviennent à se reloger, des milliers de familles se retrouvent contraintes de s'établir en plein hiver, occasionnellement sous la neige et sous des températures négatives, au milieu des champs, sur les bords des routes, dans des habitations de fortune, ou doivent dormir dans leurs véhicules[135],[124].

Annexes

Lien externes