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Olivia de Havilland
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Olivia de Havilland en 1936.
Nom de naissance Olivia Mary de Havilland
Naissance (103 ans)
Tokyo, Japon
Nationalité Drapeau du Royaume-Uni Britannique (naissance)
Drapeau des États-Unis Américaine (naturalisation)
Drapeau de la France Française (naturalisation)
Profession Actrice
Films notables voir filmographie.

Olivia de Havilland est une actrice britannique naturalisée américaine[1],[2] et française[3], née le à Tokyo (Japon).

Ayant joué dans 49 films, elle apparaît aujourd'hui, depuis le décès de l'acteur Kirk Douglas, comme la dernière légende vivante de l'Âge d'or de Hollywood[4],[5] et un témoin de cette époque, à l'image de Norman Lloyd, Marsha Hunt ou Baby Peggy. Elle est la sœur de l'actrice Joan Fontaine.

Biographie

Jeunesse et famille

De Havilland en 1933, âgée de 15 ans.

Olivia Mary de Havilland naît à Tokyo au Japon. Elle est la fille de l'avocat spécialisé dans les brevets Walter de Havilland[6] et de l'actrice Lillian Fontaine. Sa sœur cadette est l'actrice Joan Fontaine (1917-2013). Les deux sœurs sont devenues automatiquement citoyennes du Royaume-Uni en vertu du droit d'aînesse[7].

Un de ses ancêtres, nommé de Haville, était normand et compagnon de Guillaume le Conquérant, avec lequel il participa à la conquête de l'Angleterre en 1066[8].

Ses parents divorcent quand elle a deux ans ; sa mère quitte alors Tokyo en 1918 avec ses deux filles et va s'installer à Saratoga en Californie, où elle se remarie avec George Fontaine, le propriétaire d'une chaîne de magasins[8]. La jeune Olivia poursuit ses études au Los Gatos High School (en) puis au couvent Notre-Dame à Belmont.

En 1933, alors adolescente, elle fait ses débuts au théâtre amateur dans une pièce intitulée Alice in Wonderland, une production de la Saratoga Community Players basée sur le roman de Lewis Carroll[9].

Carrière

La carrière cinématographique d'Olivia de Havilland débute avec Alibi Ike de Ray Enright en 1935. Elle apparaît sur scène la même année à l'Hollywood Bowl dans le rôle de Hermia du Songe d'une nuit d'été, adaptée au cinéma avec la même distribution.

Olivia de Havilland en 1938.

Elle partage par la suite l'affiche avec Errol Flynn dans de nombreux films populaires tels que Capitaine Blood et La Charge de la brigade légère en 1936, et Les Aventures de Robin des Bois en 1938.

Elle prête ses traits à Melanie Wilkes dans Autant en emporte le vent en 1939[10], ce qui lui vaut une nomination pour l'Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle (que Hattie McDaniel, qui joue Mama dans le même film, remportera).

En 1941, elle est naturalisée américaine. Elle et sa sœur sont nommées à l'Oscar de la meilleure actrice en 1942. C'est Joan qui l'emporte pour son rôle dans Soupçons d'Alfred Hitchcock face à Olivia dans Par la porte d'or[11]. Le biographe Charles Higham décrivant les évènements de cette cérémonie, déclara que Fontaine s'avançant pour recevoir sa récompense, a singulièrement rejeté les tentatives de félicitations que voulait lui adresser Olivia, et que celle-ci fut blessée et embarrassée par un tel comportement[12]. Il expliqua que les sœurs avaient une relation compliquée, et que bien que toutes deux aient refusé de commenter l'incident, déclara que cet épisode était le catalyseur de ce qui se veut être deux vies remplies de querelles.

Pendant la même époque, l'actrice, de plus en plus frustrée par les rôles qui lui sont attribués, estime être capable de jouer d'autres rôles que les sages demoiselles en détresse stéréotypées et commence à refuser les scénarios proposés pour ce type de personnages. À cause de la loi permettant aux studios de suspendre les contrats des acteurs en cas de rejet d'un rôle, la période de suspension fut ajoutée à la durée du contrat. En théorie, ceci permettait à un studio de maintenir indéfiniment son contrôle sur un contractuel. Rares furent ceux qui essayèrent de modifier le système ; Bette Davis, avec qui elle était amie, intenta un infructueux procès à la Warner Bros. durant les années 1930. N'acceptant plus cette situation, Olivia De Havilland leur en intenta un dans les années 1940 et celui-ci porta ses fruits ; de ce fait, le pouvoir des studios fut réduit et étendit la liberté des acteurs. Cette décision fut l'un des actes légaux les plus importants et de plus grande envergure jusqu'alors à Hollywood. Le courage d'Olivia en intentant ce procès lui valut le respect et l'admiration de ses collègues[13].

La qualité et la variété de ses rôles commence à s'améliorer. Après trois années d'absence, elle fait son retour dans À chacun son destin (1946). Dans le rôle d'une mère qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, tente de retrouver son fils, elle obtient l'Oscar de la meilleure actrice. Les critiques sont élogieuses envers ses nouveaux rôles. James Agee, dans sa critique de La Double Énigme, note qu'elle est « l'une des plus jolies femmes dans les films. Elle ne possède pas un talent remarquable mais son jeu est sérieux, calme, minutieux et bien soutenu... un vrai plaisir à contempler. »

Les critiques sont unanimes quant à sa prestation dans La Fosse aux serpents (1948). Ce film est l'un des premiers à tenter de réaliser un portrait réaliste de la maladie mentale et Olivia de Havilland est louée pour sa volonté de jouer un personnage totalement dénué de glamour et de se confronter à tant de sujets controversés. Elle remporte un deuxième Oscar pour L'Héritière en 1950. Son interprétation d'une jeune fille riche qui prend conscience que seul son argent intéresse ses soupirants est, selon les critiques, « remarquable[14] » et « à glacer le sang[15]. »

Olivia de Havilland en 1952.

Elle tourne de moins en moins de films à partir des années 1950. Elle refuse le rôle de Blanche Dubois dans Un tramway nommé Désir parce que « je venais de donner naissance à mon fils et je ne pouvais plus le faire[16] » et non parce qu'elle aurait trouvé le script immoral comme cela a été rapporté. Le rôle est finalement attribué à sa partenaire d'Autant en emporte le vent, Vivien Leigh, pour lequel celle-ci remporte un Oscar.

Elle est nommée pour un Golden Globe pour sa performance dans Ma cousine Rachel (1952) aux côtés de Richard Burton. Elle est ensuite dirigée par Terence Young dans La Princesse d'Eboli (1955) et Stanley Kramer dans Pour que vivent les hommes (également en 1955) où elle donne la réplique à Robert Mitchum et Frank Sinatra.

En 1964, elle joue, dans le thriller Une femme dans une cage, une femme handicapée persécutée par un groupe de jeunes. La même année, elle donne la réplique à Bette Davis qui la choisit pour succéder à Joan Crawford dans Chut... chut, chère Charlotte. En 1965, elle devient la première femme à être présidente du jury au Festival de Cannes[17].

En 1953, elle a un coup de foudre pour Paris qu'elle découvre pour la première fois et décide d'y vivre, déclarant que « la France est le seul pays où je me sente vraiment chez moi »[18].

Restant à l'écart du monde du cinéma[19],[20], elle déclare travailler sur une autobiographie.

En 2003, elle présente la 75e cérémonie des Oscars.

En 2005, pour le 65e anniversaire de la sortie de Autant en emporte le vent, Turner Classic Movies diffuse un documentaire rétrospectif, Melanie Remembers dans lequel Olivia de Havilland est interviewée. À 88 ans, elle se remémore tous les détails de son casting (elle était en contrat avec la Warner qui refusait d'abord de la prêter à Selznick) et du tournage.

Lors de la cérémonie des César 2011 au théâtre du Châtelet à laquelle elle assiste, la profession lui rend hommage par une ovation debout.[réf. souhaitée]

Vie privée

Olivia de Havilland épouse en 1946 le romancier américain Marcus Goodrich (en) et donne naissance à un fils Benjamin (1949-1991) qui deviendra mathématicien. Elle divorce en 1954, puis épouse en secondes noces en 1955, à Yvoy-le-Marron en Sologne, le journaliste français Pierre Galante dont elle divorce en 1979. De cette union naîtra Gisèle en 1956, qui se consacre au journalisme.

Rivalité familiale

L’actrice Joan Fontaine en compagnie de Gary Cooper, recevant tous deux un Oscar en 1942.

Le biographe Charles Higham rapporte que les deux sœurs ont entretenu une relation difficile dès la prime enfance, Olivia de Havilland déchirant les vêtements de sa cadette, Joan Fontaine. Il semble en réalité que la querelle entre les sœurs ait eu comme origine le fait que Joan considérait que leur mère avait toujours préféré Olivia[21].

En 1942, elles sont toutes deux nommées pour l'Oscar de la meilleure actrice. Joan Fontaine le remporte finalement pour son rôle dans Soupçons, Olivia de Havilland étant nommée pour Par la porte d'or. D'après Higham, Joan Fontaine « se sentit coupable d'avoir gagné étant donné son manque d'ambition de carrière... » Toujours est-il que lors de cette soirée, Joan Fontaine refusa les félicitations de sa sœur au moment où elle se leva pour monter sur scène recevoir son prix[21]. Plusieurs années plus tard, Olivia de Havilland devait se souvenir du comportement de sa sœur et lui rendit la pareille, en refusant de la saluer lors d'une soirée ; il faut préciser que Joan Fontaine venait de tenir des propos peu amènes sur son beau-frère.

Les relations entre les deux sœurs continuèrent à se détériorer après l'incident des Oscars en 1942[21]. D'après Higham, c'est le premier accroc de ce qui deviendra une brouille à vie, les deux sœurs ne se parlant plus à partir de 1975[12]. Joan Fontaine dira même : « Je me suis mariée la première, j'ai gagné l'Oscar avant Olivia et, si je meurs la première, elle sera sans doute folle de rage parce que je l'aurais encore battue[11] ».

Selon Joan Fontaine, Olivia de Havilland ne l'invita pas au service mémorial de leur mère récemment décédée. Olivia démentit, déclarant l'avoir invitée, mais ayant essuyé un refus de Joan, trop prise, pour assister à la cérémonie. Higham prétend que Joan eut aussi des relations difficiles avec ses propres filles, probablement après avoir découvert qu'elles entretenaient une relation secrète avec leur tante Olivia. Dans une émission télévisée sur la chaîne canadienne CBC, Joan Fontaine s'est exprimée sur sa brouille avec sa sœur[22].

Filmographie

Cinéma

Olivia de Havilland dans Capitaine Blood (1935).
Dans L'Héritière (1949).