OpenStreetMap
Logo de OpenStreetMap
Le logo représente une loupe permettant de lire des informations géographiques.

Image illustrative de l’article OpenStreetMap

Adresse OpenStreetMap.org
Description Service collaboratif de cartographie en ligne
Slogan La carte coopérative libre
Commercial Non Non
Publicité Non Non
Langue Multilingue
Inscription Obligatoire pour contribuer
Facultatif pour consulter
Propriétaire Communauté OpenStreetMap
Projet soutenu par la Fondation OpenStreetMap
Lancement (15 ans)
État actuel En activité[1]

OpenStreetMap (OSM) est un projet Service collaboratif de cartographie en ligne qui vise à constituer une base de données géographiques libre du monde (permettant par exemple de créer des cartes sous licence libre), en utilisant le système GPS et d'autres données libres. Il a été mis en route en par Steve Coast à l'University College de Londres.

Par l'utilisation de moyens informatiques reposant sur Internet qui permettent l'intervention et la collaboration de tout utilisateur bénévole, OpenStreetMap relève de la géomatique 2.0, de l'information géographique bénévole et de la néogéographie, dont les outils composent le GeoWeb.

Début 2013, le millionième contributeur participant à la réalisation de la carte mondiale librement accessible et utilisable a été enregistré[2].

Histoire

Le projet OpenStreetMap, lancé en [3], a été présenté par Steve Coast le lors de la conférence Euro Foo Camp[4]. Le premier prototype du projet est une cartographie tracée à partir d'une trace GPS, collectée lors d'un trajet à vélo. Le constat de Steve Coast a été que l'agence cartographique publique de son pays, l’Ordnance Survey, conserve le droit de reproduction à son profit, alors qu'elle est financée par ses principaux utilisateurs, les contribuables britanniques[5].

La situation est identique dans la quasi-totalité des États, excepté les États-Unis, dont la constitution interdit ce double financement. La mise en ligne de certaines cartes (le Géoportail de l'Institut national de l'information géographique et forestière, par exemple) ne correspond pas à une publication libre, puisque la reproduction, la réutilisation ou la modification sont presque toujours soumises à des restrictions importantes.

L'activité déployée pour OpenStreetMap s'inscrit dans le courant de la culture libre, qui préconise les logiciels les plus ouverts possibles. Nombre d'utilisateurs souscrivent à l'idée d'empêcher l'appropriation définitive par des organismes commerciaux de biens dont l'ensemble de la communauté a besoin[réf. souhaitée].

En , la Fondation OpenStreetMap a été créée pour soutenir le projet, elle est enregistrée en Angleterre comme organisation à but non lucratif. Ses objectifs principaux sont de gérer l'infrastructure matérielle nécessaire à OpenStreetMap et de protéger juridiquement le projet[6]. En , une association loi de 1901 OpenStreetMap France[7] a été créée dans le but de promouvoir et soutenir le projet OpenStreetMap en France. Elle organise chaque année une rencontre des utilisateurs et contributeurs francophones.

Avec le temps, OpenStreetMap a pu obtenir diverses sources de données directement importables, ou bien utilisables pour créer des données. L'entreprise néerlandaise Automotive Navigation Data (AND) a donné, en , une base de données complète sur le réseau routier des Pays-Bas, tandis que la base TIGER (publiée par le Bureau du recensement des États-Unis, domaine public) a été importée à la fin de cette même année[8], celle-ci apportait le réseau routier, les divisions administratives et les voies d'eau des États-Unis.

Une carte du monde (2011) représentant l'utilisation d'OSM en fonction du nombre d'utilisateurs (foncé=beaucoup d'utilisateurs).

Au début du projet, la licence des données était la Creative commons by-sa[9], qui était faite pour des œuvres de type littéraire ou artistique. Un des groupes de travail de la Fondation OpenStreetMap s'est efforcé de trouver une licence plus adaptée à des bases de données et s'est joint à l'Open Knowledge Foundation qui développait la licence Open Database License (ODbL)[10]. Cette licence est conçue pour les bases de données et spécifie clairement la ré-utilisation dans le cadre d’œuvres dérivées, les données géographiques étant distinguées d'autres éléments d'un mash-up, elle impose d'un autre côté que la combinaison des données d'OpenStreetMap avec d'autres données suive la même licence[11]. À partir de , les nouveaux contributeurs ont dû accepter la nouvelle licence, alors que les autres contributeurs étaient invités à placer leurs données en ODbL. Le changement a été effectif le [12], les données dont les auteurs n'avaient pas changé la licence ont dû être supprimées (1 % du total).

À la suite du séisme de 2010 à Haïti, des efforts particuliers ont été déployés par les contributeurs d'OpenStreetMap pour fournir des données géographiques précises et récentes aux organisations humanitaires. Les images satellites fournies par DigitalGlobe et GeoEye permettaient de cartographier les zones sinistrées, les camps de réfugiés, etc.[13] À la suite de cette initiative, le projet Humanitarian OpenStreetMap Team se forme pour répondre aux besoins des humanitaires et aider à la cartographie des pays en voie de développement[14].

La communauté des contributeurs (en France)

Une enquête a été menée au sein du laboratoire PASSAGES (UMR 5319) du CNRS dans le cadre du projet scientifique ECCE Carto entre 2014 à 2017 pour étudier la communauté OSM en France[15]. D'après ses résultats, le contributeur-type d'une communauté OSM (éventuellement territorialisée) est masculin et trentenaire, doté d'un niveau de diplôme élevé, plutôt cadre et « évoluant entre informatique et territoires », avec un « intérêt marqué et renforcé pour les cartes ». Il est volontiers collaboratif et ouvert « sur le Monde et sur du monde… »[16]. Plus précisément, pour 298 réponses obtenues, 88 % des répondants sont des hommes (chez les plus jeunes contributeurs la part homme/femme est un peu plus équilibrée, mais les contributeurs de 27 à 39 ans sont presque tous des hommes), la moyenne d'âge du contributeur est de 38 ans et 58 % des répondants ont un niveau master ou supérieur ; 31 % sont ingénieurs dans le secteur privé et 41 % dans la fonction publique.

Mise en œuvre

Une carte de Paris sur OpenStreetMap.
Utilisation d'un fond de carte d'OpenStreetMap par OpenSeaMap.

À la manière de Wikipédia, tous les internautes naviguant sur le web peuvent contribuer à la création et à la numérisation de cartes. Des éditeurs permettent de réaliser en ligne des cartes en se basant sur un fond d'images satellitaires. Cependant, ces images satellitaires ne couvrent pas toujours en haute résolution l'ensemble du globe. C'est pourquoi il est possible d'introduire des données provenant de récepteurs GPS. Il suffit pour cela de réaliser un itinéraire et de positionner le récepteur en mode enregistrement, puis de le restituer sur le serveur de données d'OpenStreetMap situé au Royaume-Uni et géré par la fondation OpenStreetMap.

Les points d'intérêt (POI, en anglais point of interest), c'est-à-dire, toutes les mentions utiles (noms, largeur, nature du revêtement, sens uniques, parcs, zones résidentielles et d'activités, barrières, pistes cyclables, boîtes aux lettres, cabines téléphoniques, commerces, fontaines, etc.) sont notés, soit en les écrivant, soit en les photographiant, soit en les décrivant sur un appareil d'enregistrement audio.

Tous les modes de locomotion terrestre possibles sont utilisés : à pied, à deux-roues, à rollers, à skis, en véhicule automobile particulier, en bus, en train…

Les enregistrements de données GPS peuvent être rendus publics par l'intermédiaire du site d'OSM. Cela a pour avantage de les rendre visibles dans les outils d'édition des cartes. Cela facilite la couverture internationale : une personne séjournant dans une autre région ou un autre pays que le sien peut publier les tracés de ses parcours, à charge pour les habitants permanents de les compléter.

La carte principale est une carte routière comprenant des éléments figurés de manière plate, mais une carte du relief avec les courbes de niveaux est également disponible.

Les outils disponibles au début de 2010 permettent d'utiliser les données d'OpenStreetMap pour :