Pandémie de Covid-19 de 2019-2020
COVID-19 Outbreak World Map.svg
Expansion du virus SARS-CoV-2 dans le monde au [1].
  • 1 à 9 cas confirmés
  • 10 à 99 cas confirmés
  • 100 à 999 cas confirmés
  • 1 000 à 9 999 cas confirmés
  • 10 000 à 99 999 cas confirmés
  • Supérieur à 100 000 cas confirmés
Pandemic photomontage COVID-19.png
Dans le sens des aiguilles d'une montre à partir du haut :
Maladie
Agent infectieux
Origine
Localisation
Monde Monde entier (liste des pays touchés)
Foyers principaux (plus de 50 000 cas confirmés) :

Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau de l'Italie Italie
Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Drapeau de l'Espagne Espagne
Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Date d'arrivée
Depuis le
(4 mois et 13 jours)
Site web
Bilan
Cas confirmés
721 266
Cas soignés
150 941
Morts
33 940

La pandémie de maladie à coronavirus de 2019-2020 est une pandémie d'une maladie infectieuse émergente, appelée Covid-19 et provoquée par le coronavirus SARS-CoV-2, qui débute en dans la ville de Wuhan, en Chine centrale, puis se propage dans le monde entier.

L'OMS alerte dans un premier temps la république populaire de Chine et les autres membres de l'OMS[2], puis elle prononce l'état d'urgence de santé publique de portée internationale le [2].

Le , un premier cas est découvert hors de Chine continentale. Deux navires de croisière (le MS Westerdam et le Diamond Princess) sont aussi touchés. Le nombre total de malades hors de la Chine dépasse les 1 500 à la mi-[3],[1].

À partir de janvier 2020, le gouvernement chinois met en œuvre des procédures lourdes de confinement, et place plusieurs villes puis toute une région en quarantaine, fermant de nombreux sites publics et déployant d'importants moyens sanitaires.

Le , le nombre de nouveaux cas déclarés quotidiennement hors de Chine est plus élevé que dans ce pays[4],[5],[6].

Le , l'épidémie de covid-19[a] devient une pandémie[7],[8] selon l'OMS, qui demande des mesures de protection essentielles contre le nouveau coronavirus pour prévenir la saturation des services de soins intensifs[9] et renforcer l'hygiène préventive (suppression des contacts physiques, bises et serrements de mains, fin des attroupements et des grandes manifestations ainsi que des déplacements et voyages non indispensables, promotion du lavage des mains, mise en application de quarantaineetc.). Cette pandémie mondiale provoque des annulations en série de manifestations sportives et culturelles sur toute la planète, la mise en place par de nombreux pays de mesures de confinement pour freiner la formation de nouveaux foyers de contagion, la fermeture des frontières de nombreux pays, et un krach boursier du fait des incertitudes et des craintes qu'elle fait peser sur l'économie mondiale. Elle a aussi des effets en termes d'instabilité sociale et économique et est le prétexte à la diffusion en ligne d'informations erronées ou relevant de la théorie du complot.

Le taux de létalité provisoire est plus bas que lors des précédentes épidémies à coronavirus[10], avec pour estimation environ 1 à 2 % sur les cas dépistés[11].

Au , environ 721 000 cas cumulés sont confirmés dans le monde, dont environ 151 000 personnes guéries et 34 000 morts[3]. Ce sont 199 pays et territoires qui sont touchés par cette crise sanitaire mondiale, avec des foyers majeurs en Chine, en Italie, aux États-Unis, en Espagne, en Allemagne, en Iran et en France. L'OMS déclare, le , l'Europe épicentre de la pandémie[12].

Données et caractéristiques épidémiologiques

À propos des données

La situation épidémiologique évolue rapidement, les données sur le virus, la maladie, l'épidémie puis la pandémie sont partagées par les chercheurs dès le [13], moins d'une semaine après la déclaration officielle de son existence. La première prépublication apparaît deux semaines après la déclaration, le [14].

L'urgence sanitaire fait que les découvertes et mises à jour médico-scientifiques sont publiées avec une relecture par les pairs plus rapide et moins méticuleuse que d'ordinaire, et parfois en prépublication avant revue par les pairs ; la qualité des données primaires et des sources secondaires doivent dès lors être interprétées avec prudence[15].

Des lacunes de données existent, notamment parce que tous les pays n'ont pas la même approche en termes de dépistage, pour des raisons de moyens financiers alloués ou de moyens techniques disponibles. S'y ajoute la qualité du système de veille sanitaire et de remontée de l'information. Le dépistage peut viser à être systématique (par exemple en Corée du Sud), être ciblé uniquement sur des porteurs du virus présentant des symptômes, ou ne viser que les cas les plus graves (par exemple en France). Le dépistage, quand il existe, ne s'effectuant pas au même rythme dans tous les pays, il existe un décalage croissant entre cas confirmés et cas réels. Les données sur la létalité (taux de décès parmi les personnes touchées) sont donc particulièrement peu fiables, rendant la comparaison entre pays peu significative.

Les même biais existent concernant la mortalité, les critères de recensement n'étant pas homogènes entre pays. Néanmoins, le taux de mortalité en fin de pandémie, sera significatif des politiques de santé publique menées dans chaque pays[16].

Caractéristiques épidémiologiques de la phase d'émergence en Chine

Avertissements :
  1. Les bilans et chiffres ci-dessous sont à interpréter au regard des spécificités démographiques de la Chine. Sa pyramide des âges n'est, par exemple, pas comparable à celle de la France, mais proche de celle de l'Allemagne. Le sex-ratio y défavorise les femmes (113 garçons pour 100 filles à la naissance), sauf au-dessus de 65 ans (100 femmes pour 91 hommes) ; et la part du nombre d'enfants dans la population est très basse : en 2019 le taux de natalité y était de 10,4 naissances pour mille habitants (le plus bas depuis 70 ans) et le nombre de naissances (14,6 millions en 2019, soit 4 % de moins qu'en 2018) est le plus bas depuis près de 60 ans[17] ;
  2. Les chiffres ci-dessous ne concernent que des malades confirmés en Chine, de source officielle (44 672 cas pour le premier bilan) ; il s'agit de la frange des malades les plus symptomatiques (donc plus facilement détectables) ; ces chiffres peuvent évoluer ; ils seraient probablement différents dans un pays à population très jeune ou avec un sex-ratio plus équilibré.
Selon un premier bilan épidémiologique[18], publié le 24 février 2020, à partir de 44 672 cas confirmés en Chine :
  • 87 % de ces malades confirmés avaient de 30 à 79 ans ;
  • 1 % seulement avaient 9 ans ou moins ;
  • 1 % seulement avaient de 10 à 19 ans ;
  • 3 % avaient 80 ans ou plus ;
  • 75 % sont tombés malades dans la province du Hubei, et 86 % des expositions étaient liées à Wuhan (habitants, visiteurs ou contact étroit avec ces derniers) ;
  • 81 % des cas confirmés étaient bénins (sans pneumonie ou avec une pneumonie légère) ;
  • 14 % étaient sévères (avec dyspnée, fréquence respiratoire supérieure ou égale à 30/min, saturation en oxygène sanguin inférieure ou égale à 93 %, pression partielle d'oxygène artériel par rapport au rapport d'oxygène inspiré inférieur à 300 et/ou infiltrats pulmonaires supérieurs à 50 % en 24 à 48 h) ;
  • 5 % des cas étaient critiques (insuffisance respiratoire, choc septique et/ou dysfonction ou échec d'organes multiples) ;
  • taux global de létalité : 2,3 % (1 023 décès pour 44 672 cas confirmés) ;
  • 0 % de décès chez les 9 ans et moins ;
  • 0 % de décès chez les cas bénins ;
  • 49,0 % de décès parmi les cas critiques ;
  • 8 % de décès chez les 70 - 79 ans ;
  • 14,8 % de décès chez les 80 ans et plus.
Le taux de létalité était beaucoup plus élevé en cas de comorbidités préexistantes :

Les agents de santé ont été surexposés (1 716 cas pour un total de 44 672 cas avérés soit 3,8 %[Quand ?]), surtout à Wuhan (63 % des cas de la ville avec 1 080 malades). 14,8 % des cas confirmés au sein des agents de santé ont été classés graves ou critiques (seuls cinq sont cependant morts dans cette période).

Virus

Le SARS-CoV-2 en microscopie électronique.

La pandémie est due à un coronavirus, un type de virus enveloppé de symétrie sphérique et couvert de spicules (constituées de diverses protéines) lui donnant l'apparence d'une couronne[19],[20] (cette couronne se réfère à une représentation commune du virus en deux dimensions ; en termes mathématiques et en trois dimensions, ces protubérances s'inscrivent dans ce qui s'apparente à une couronne solide).

Caractéristiques

La séquence génétique de ce coronavirus est similaire à 80 %[21] à celle du coronavirus du SRAS. Il est d'abord désigné provisoirement par l'OMS[22] et les CDC[23] sous le terme anglais 2019 novel coronavirus[b], ou 2019-nCoV, avant d'être nommé SARS-CoV-2 sur recommandation de l'ICTV[24]. La maladie causée par ce virus est nommée de manière définitive covid-19 le 11 février 2020 par l'OMS[25].

Il appartient au sous-genre Sarbecovirus[26]. Son génome, stable[27] et constitué d'un ARN simple-brin à polarité positive de 29 903 nucléotides, a été séquencé pour la première fois le par une équipe de l'Université Fudan de Shanghai (Chine)[28],[29],[30],[31],[29],[32].

Durée d'infectiosité du virus

La durée d'infectiosité du virus serait, selon son support, de 24 à 72 heures. Les matières plastiques favorisent sa durée de vie[33],[34]. Sous une température de 25 degrés Celsius (25 °C) il persiste plus longtemps, au-dessus de 30 °C sa durée de vie diminue fortement[35].

Mode de transmission

Dans le SRAS, il n'existait pas de forme bénigne ; de plus, les malades allaient à l'hôpital et ne devenaient contagieux que 3 à 4 jours après l'apparition des signes cliniques, ce qui facilitait le contrôle de la pandémie[36].

Au , on ignore cependant encore les modalités précises de transmission inter-humaine.