Sophie Pétronin
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Sébastien Chadaud-Pétronin (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Sophie Pétronin, née à Bordeaux le [1], est une travailleuse humanitaire de nationalités française et suisse. Elle est la fondatrice de l'ONG Association d'aide à Gao, qui œuvre dans le domaine de l'aide à l'enfance dans le nord du Mali[2].

Le , elle est enlevée à Gao par un groupe de djihadistes associé à Al-Qaïda. Après près de quatre ans de captivité, elle est libérée le  ; elle était alors la dernière otage française dans le monde.

Biographie

Enfants à Gao

Sophie Pétronin est originaire de Bordeaux[3]. Laborantine de formation, elle entreprend une formation médicale et se spécialise dans les questions de malnutrition et en médecine tropicale[4].

Elle découvre Gao en 1996 avant de s’y installer définitivement en 2001[5]. Elle dirige depuis 2004 dans cette ville une organisation non gouvernementale venant en aide aux enfants souffrant de malnutrition[3].

Première tentative d'enlèvement en 2012

En 2012, des rebelles du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) profitent du coup d’État contre le président Amadou Toumani Touré pour s'attaquer à des villes stratégiques du Mali, dont Gao - où réside encore Sophie Pétronin. Réfugiée au consulat d'Algérie, elle parvient à s’enfuir par une porte de derrière alors que les diplomates algériens sont eux-mêmes capturés par les rebelles touaregs. Elle parvient ensuite à s'exfiltrer du pays par le désert grâce à l'aide d'une famille locale qui lui procure déguisement et logistique. Elle racontera cette expérience en détail dans la presse française[réf. nécessaire].

Cet épisode ne la décourage nullement, même s'il a eu valeur d'avertissement : « Le risque d’attentat et d’enlèvement visant les Occidentaux est toujours très élevé dans tout le Mali. Nous devons redoubler de prudence », écrit-elle dans un rapport à AAG (Association d'Aide à Gao). C'est donc en pleine connaissance de cause qu'elle retourne au Mali dès l'année suivante pour poursuivre la mission dont elle se sent profondément investie.

Son enlèvement en 2016

Vue aérienne de Gao et du pont de Wabaria, théâtre en 2013 de combats entre les forces spéciales françaises et le MUJAO au cours de la deuxième bataille de Gao de la guerre du Mali.

Le , Sophie Pétronin est enlevée à Gao. Une enquête est ouverte par le parquet de Paris et confiée à la Direction générale de la Sécurité intérieure[6].

Ce n'est qu'en que des premières nouvelles apparaissent lorsqu'une association djihadiste du Sahel diffuse une vidéo où elle apparaît avec cinq autres personnes enlevées entre 2011 et 2017 au Mali mais également au Burkina Faso. Sa détention est revendiquée par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM)[7], association salafiste liée à Al-Qaïda[8]. Les autres personnes détenues en otage sont de diverses autres nationalités : Arthur Kenneth Elliott (Australie), Stephen McGown (Afrique du Sud), Iulian Ghergut (Roumanie), la missionnaire Béatrice Stockly (Suisse) et la religieuse Gloria Cecilia Narváez Argoti (Colombie)[9].

Après la diffusion d'une seconde vidéo en , dans laquelle elle ne s'exprime pas[10], Sophie Pétronin apparaît dans un nouvel enregistrement vidéo diffusé début où elle s'adresse directement à son fils, mais également au gouvernement et au président français[11],[12],[13].

Une nouvelle vidéo est adressée à la famille en . Sophie Pétronin n’apparaît pas directement sur cette vidéo mais est visible en photo. Son fils se dit alors très préoccupé par son état de santé[14].

En , Sébastien Chadaud-Pétronin, le fils de Sophie Pétronin, fait le déplacement au Mali pour tenter de précipiter la libération de sa mère. Il appelle Emmanuel Macron à « clarifier sa position ». M. Chadaud-Pétronin se montre très inquiet : « M. Macron a le droit de sacrifier l'otage, en sa qualité de chef des armées, mais le sacrifice est la résultante d'un refus de négociation. Donc il a aussi un devoir de transparence, et je crois que dans la situation d'urgence, où on a tous peur qu'elle soit en train de mourir, s'il y a refus de négociation, je pense qu'il est temps maintenant de l'acter. » Il réitère sa volonté de rester le plus longtemps possible sur place, jusqu'à obtenir une évolution dans la situation de sa mère[15].

Le , Emmanuel Macron répond aux accusations de M. Chadaud-Pétronin : « L’État continue d'agir sans relâche pour retrouver notre compatriote. Une telle démarche pour réussir exige le professionnalisme et la discrétion.[16] » Le fils de Sophie Pétronin est soutenu dans son combat par Ingrid Betancourt, retenue pendant six ans en otage en Colombie entre 2002 et 2008. Elle était à ses côtés à Paris lors du point presse qu'il a donné le lorsqu'elle a rappelé le rôle indispensable joué par l'ex-président de la République Nicolas Sarkozy lorsqu'elle était gardée en captivité par les FARC : « J'ai su plus tard qu'il appelait tous les jours [en Colombie] pour faire pression. » Sébastien Chadaud-Pétronin estime que M. Macron lui a manifesté « le même mépris que celui qu'il a affiché face aux Gilets jaunes »[17]. Il a regretté que le ministère des Affaires étrangères n'ait pas donné suite à la proposition des ravisseurs de libérer sa mère en [18]. Au cours de ce même point presse, il a révélé que, selon des informations qu'il avait eues, sa mère allait « un peu mieux », tout en reconnaissant ne pas être certain de la fiabilité de ces révélations[19].

Le , Sébastien Chadaud-Pétronin indique à RTL au sujet de sa mère que les ravisseurs « ne veulent pas la garder » en raison de son état de santé qui se détériore et qu'Emmanuel Macron est « le seul à avoir le pouvoir de vie et de mort sur ma mère[20] ». Le Ministère des Affaires étrangères souhaite davantage de « discrétion et de professionnalisme » pour mener à bien cette négociation. Jean-Pierre Pétronin, époux de l'otage, a concédé que son fils « n'était pas compétent » pour mener seul les négociations. « Pour aller plus loin, peut-être qu'il faut s'en remettre au gouvernement mais il faut vraiment que ça se fasse très, très rapidement », ajoute-t-il[21].

Le , lors de l'hommage national rendu aux deux soldats tués pour la libération de deux otages français au combat de Gorom-Gorom, le président de la République déclare : « Je pense à Sophie Pétronin aux mains de ses ravisseurs. Nous ne l'oublions pas » et assure que « jamais notre nation n'abandonne ses enfants ». Sébastien Chadaud-Pétronin l'en « remercie sincèrement » et appelle à nouveau à agir pour la libération de sa mère[22]. Le , la famille annonce que le gouvernement lui a transmis une preuve de vie récente de l'otage[23].

Libération

Après avoir été détenue pendant près de quatre ans, Sophie Pétronin est libérée le avec d'autres otages[24],[25],[26],[13],[27]. Sa remise en liberté coïncide avec celle de plus d'une centaine voire deux cent prisonniers[28],[8],[29],[27] dont l'identité et le profil demeurent inconnues, bien qu'ils soient présentés comme étant des djihadistes condamnés ou présumés par des responsables maliens s’exprimant sous le couvert de l’anonymat[13],[30] et pour la plupart, des « combattants de base » et des chefs précédemment capturés par les soldats français, selon le reporter Didier François[28],[29].

Avant son enlèvement, Sophie Pétronin vivait à Gao au Mali où elle y dirigeait depuis des années une organisation d’aide à l’enfance et a déclaré lors de sa remise en liberté, le jeudi 8 octobre 2020 : « Pour le Mali, je vais prier, implorer les bénédictions et la miséricorde d’Allah, parce que je suis musulmane. Vous dites Sophie, mais c’est Mariam que vous avez devant vous »[31].

Elle a présenté une vision dédramatisée de ses conditions de détention et déclaré vouloir retourner au Mali[32],[27].

Références

  1. « Sophie Pétronin, de longues années au service des enfants du Mali », sur LExpress.fr, (consulté le 9 octobre 2020)
  2. « AAG Association d'AideàGao », sur aide-gao.org (consulté le 25 décembre 2016)
  3. a et b « Mali : qui est Sophie Pétronin l'humanitaire française enlevée à Gao ? », sur lexpress.fr, (consulté le 29 août 2017).
  4. Pierre Bouvier, « Qui est Sophie Pétronin, l’otage française au Mali ? », sur lemonde.fr, (consulté le 29 août 2017).
  5. Tanguy Hamon, « Qui est Sophie Pétronin, l'humanitaire française enlevée par Al-Qaïda au Mali ? », sur lci.fr, (consulté le 29 août 2017).
  6. « Une humanitaire franco-suisse enlevée au Mali », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 25 décembre 2016)
  7. Jnim [Jama'at nusrat al-islam wal-muslimin] ou Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, GSIM.
  8. a et b « Libération de Sophie Pétronin : "100 jihadistes remis dans la nature, un prix très cher", estime un spécialiste de la sécurité au Sahel », sur Franceinfo, (consulté le 17 octobre 2020)
  9. « Al-Qaïda au Mali publie une vidéo de six otages, dont la Française Sophie Pétronin », sur lexpress.fr,
  10. « Mali : une nouvelle vidéo de Sophie Pétronin, otage française », sur L'Express,
  11. « L'otage française Sophie Pétronin dans une nouvelle vidéo d'un groupe djihadiste », sur 7sur7, (consulté le 14 mai 2019)
  12. « L'otage française Sophie Pétronin dans une vidéo », sur L'Express, (consulté le 14 mai 2019)
  13. a b et c « L’ex-otage française Sophie Pétronin est à bord de l’avion pour la France », sur Le Monde,
  14. « Sophie Pétronin : le fils de l’otage au Mali se dit très préoccupé pour la vie de sa mère », sur 20 minutes.fr, (consulté le 12 novembre 2018)
  15. « Le fils de Sophie Pétronin otage au Mali "ma mère est en train de mourir, et nous l'abandonnons" », France Inter,‎ (lire en ligne, consulté le 25 novembre 2018)
  16. « Emmanuel Macron répond au cri d'alarme du fils de Sophie Pétronin, otage au Mali », sur FIGARO, (consulté le 15 décembre 2018)
  17. « Macron accusé d'avoir abandonné à son sort l'otage française Sophie Pétronin », sur Libération.fr, (consulté le 15 décembre 2018)
  18. « Le fils de l’otage française Sophie Pétronin devant la presse - RFI », sur RFI Afrique (consulté le 15 décembre 2018)
  19. « Mali : le fils de l’otage Sophie Pétronin en appelle à Emmanuel Macron », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 15 décembre 2018)
  20. « "Macron a un pouvoir de vie ou de mort" sur Sophie Pétronin, lance son fils », sur RTL.fr, (consulté le 14 mai 2019)
  21. « Le fils de Sophie Pétronin implore Macron "qui a un pouvoir de vie ou de mort sur ma mère" », sur L'Obs, (consulté le 14 mai 2019)
  22. « "On a le sentiment qu'il y a une volonté de Paris de ne pas laisser cette affaire dans l'état où elle est", explique le fils de Sophie Pétronin », sur francetvinfo, (consulté le 15 mai 2019)
  23. Franck Mathevon, « Sophie Pétronin est toujours en vie, révèle le fils de l'otage française enlevée au Mali », sur francetvinfo.fr, Franceinfo, (consulté le 12 août 2020).
  24. « Mali : l'otage française Sophie Pétronin libérée après près de quatre ans de captivité », sur ladepeche.fr, (consulté le 8 octobre 2020)
  25. « Libération de Sophie Pétronin: les retrouvailles émouvantes avec son fils à son arrivée à Bamako », sur BFMTV, (consulté le 9 octobre 2020)
  26. « VIDEOS. "Je vais très bien !" : les premiers mots de Sophie Pétronin après sa libération au Mali », sur Franceinfo, (consulté le 9 octobre 2020)
  27. a b et c « Ce que l'on sait de la libération de Sophie Pétronin », sur ladepeche.fr, (consulté le 17 octobre 2020)
  28. a et b Romain David, « Sophie Pétronin : la libération de djihadistes "change singulièrement la donne" au Mali », sur Europe 1, (consulté le 17 octobre 2020)
  29. a et b Julien Ricotta & l'AFP, « Sophie Pétronin, les dessous d'une libération », sur Europe 1, (consulté le 17 octobre 2020)
  30. Mali: des djihadistes relâchés contre la libération de deux otages, dont peut-être Sophie Pétronin, lefigaro.fr, 5 octobre 2020, mis à jour le 7 octobre 2020
  31. « Les 200 djihadistes libérés pour délivrer Sophie Pétronin “vont reprendre les armes immédiatement” », sur LeMonde.fr (consulté le 10 octobre 2020)
  32. « L’ex-otage Sophie Pétronin veut retourner au Mali « voir ce qui se passe » », sur www.20minutes.fr, (consulté le 10 octobre 2020)

Vidéographie

Liens externes