Soyouz MS-10 (Союз МС-10)
Insigne de la mission
Données de la mission
Vaisseau Soyouz
Équipage Alekseï Ovtchinine
Nick Hague
Indicatif radio Burlak
Date de lancement 11 octobre 2018
Site de lancement Cosmodrome de Baïkonour, aire LC-1
Date d'atterrissage 11 octobre 2018
Site d'atterrissage Jezkazgan
Durée 30 minutes
Distance parcourue 420 km
Photo de l'équipage
Ovtchinine et Hague
Ovtchinine et Hague
Navigation

Soyouz MS-10 est une mission spatiale lancée le par un lanceur homonyme. Le vaisseau devait conduire deux astronautes jusqu'à la Station spatiale internationale (ISS) afin qu'ils participent aux Expéditions 57 et 58 mais, après deux minutes de vol, une défaillance de propulseur impose un retour dans l’atmosphère en vol balistique[1]. Ce vol clôt une période de 35 ans sans incident du lanceur Soyouz lors de vols habités.

Chronologie du lancement

Le décollage de la mission Soyouz MS-10 a lieu depuis l’aire de lancement Gagarine du cosmodrome de Baïkonour le à 11 h 40 heure de Moscou. Le lancement est nominal jusqu'à la séparation des quatre propulseurs d'appoint formant le premier étage du lanceur Soyouz qui a lieu à une altitude d'environ 50 kilomètres à T+117,8 secondes (T = heure de décollage). Au moment de cette séparation un nuage de débris est observé au lieu de la « croix de Korolev » habituelle[2]. D'après les premières investigations un des propulseurs d'appoint (le D) ne s'est pas détaché de manière normale du corps de l'étage central (deuxième étage) : une vanne de purge du réservoir d’oxygène de ce propulseur, actionnée lors de la séparation pour fournir une légère poussée éloignant le sommet du propulseur du corps de la fusée, ne s'ouvre pas comme prévu. Le propulseur vient heurter l'étage central en l'endommageant et en modifiant sa trajectoire. Selon les premiers éléments un des réservoirs de l'étage central (le second étage) aurait été endommagé et le système de contrôle d'attitude du lanceur aurait été mis hors service. Au moment de la collision l'équipage du vaisseau Soyouz se rend compte qu'il se passe quelque chose d'anormal : il ressent une brève phase d'apesanteur alors qu'il devait subir au contraire une accélération[3].

La tour de sauvetage, dispositif chargé d'arracher le vaisseau spatial au lanceur en cas de défaillance de celui-ci, ayant été larguée peu avant la séparation du premier étage (T+114,6) ce sont quatre petites fusées à propergol solide fixées sur la coiffe, qui chargées sont dans cette phase de vol d'écarter du lanceur défaillant. Une paire est mise à feu lorsque les systèmes automatiques déclenchent l'annulation de la mission, l'autre paire est mise à feu 0,32 secondes plus tard. La séparation du vaisseau, destinée à préserver l'équipage, est décidée de manière automatique. Des capteurs de vitesse angulaire détectent la déviation observée par rapport à la trajectoire normale : si celle-ci est supérieure à 7° (seconde étage) ou 10° (troisième étage), la séparation du vaisseau est déclenchée[3].

A T+122 secodes le dispositif de séparation est automatiquement mis à feu. Le module orbital (partie du vaisseau Soyouz habituellement larguée avant le retour sur Terre) se sépare du module de descente à T+160 secondes. Environ 20 minutes après le décollage, après une brève période d’impesanteur suivie d’une descente beaucoup plus rapide que lors d’un atterrissage normal, leur faisant subir une accélération de 6,7 g[3],[4],[5], l'équipage atterrit sain et sauf à 32 kilomètres à l’est de Jezkazgan, au Kazakhstan. Rapatriés dans cette ville en véhicule tout-terrain, les deux hommes sont ensuite reconduits à Baïkonour en avion[2].

Précédents

Il s’agit du premier échec d’un lancement du vaisseau Soyouz avec son équipage depuis la mission Soyouz T-10-1, 35 ans plus tôt, le , et du premier retour balistique effectué avant d'avoir pu atteindre l'orbite depuis le lancement de Soyouz 18a le soit 43 ans plus tôt, [2]. Néanmoins le lanceur a connu plusieurs échecs de lancement de satellites au cours de la dernière décennie.

Conséquences

Suite à cette anomalie, tous les lancements Soyouz habités sont suspendus. Roskosmos a annoncé l'ouverture d'une enquête approfondie sur l'incident[6]. Celle-ci devrait rendre ses conclusions avant le [7]. En attendant ces résultats, ni la Russie ni les États-Unis ne sont en mesure d'envoyer un vaisseau habité dans l'espace et a fortiori vers l'ISS.

Équipage

Principal

L’équipage principal se compose de[8],[9] :

Les nombres entre parenthèses indiquent le nombre de vols spatiaux effectués par chaque individu jusqu'à cette mission incluse.

Tous deux étaient à bord lors de l’incident[2].

Réserve