Strasbourg

De haut en bas, de gauche à droite : Aubette et place Kléber ; Cathédrale Notre-Dame et rue Mercière ; Ponts couverts ; Petite France ; Palais Rohan ; Palais du Rhin ; Église Saint-Pierre-le-Jeune catholique et palais de justice ; Quartier européen.
Place kleber-MJ.jpg
Strasbourg rue Mercière 30 août 2013.jpg 3 of 10 - La Petite France, Strasbourg - FRANCE.jpg
Strasbourg Petite-France place Benjamin-Zix septembre 2015.jpg Strasbourg Palais Rohan septembre 2013 03.jpg
Strasbourg palais du rhin.JPG Strasbourg Palais de Justice et église Saint-Pierre-le-Jeune catholique novembre 2013.jpg
Council of Europe Palais de l'Europe aerial view.JPG
Blason de Strasbourg
Blason
Strasbourg
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est (préfecture)
Département Bas-Rhin
(préfecture)
Arrondissement Strasbourg
(chef-lieu)
Intercommunalité Eurométropole de Strasbourg (ancienne Communauté urbaine de Strasbourg)
Maire
Mandat
Roland Ries
2014 – 2020
Code postal 67000, 67100, 67200, 67900
Code commune 67482
Démographie
Gentilé Strasbourgeois
Population
municipale
280 966 hab. (2017 en augmentation de 2,4 % par rapport à 2012)
Densité 3 590 hab./km2
Population
aire urbaine
795 839 hab. (2017 partie française en augmentation)
Géographie
Coordonnées 48° 34′ 24″ nord, 7° 45′ 08″ est
Altitude 142 m
Min. 132 m
Max. 151 m
Superficie 78,26 km2
Élections
Départementales Bureau centralisateur de six cantons :
1, 2, 3, 4, 5, 6
Localisation
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Strasbourg
Liens
Site web www.strasbourg.eu

Strasbourg : de la Grande-Île à la Neustadt, une scène urbaine européenne *
Image illustrative de l’article Strasbourg
Plaque de l’UNESCO apposée sur le pont du Corbeau.
Pays Drapeau de la France France
Subdivision Département du Bas-Rhin, Région d'Alsace
Type Culturel
Critères (i) (ii) (iv)
Numéro
d’identification
495
Zone géographique Europe et Amérique du Nord **
Année d’inscription 1988 (12e session)
Année d’extension 2017 (41e session)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Strasbourg (prononcé /stʁas.buʁ/ Écouter) est une commune française située dans le département du Bas-Rhin. Préfecture du département, elle est également, depuis le , le chef-lieu de la région Grand Est. Capitale de la région historique d'Alsace, la ville est bordée par le Rhin et frontalière avec l'Allemagne.

Strasbourg revendique le titre de « capitale européenne » aux côtés de Bruxelles et Luxembourg. La ville accueille en effet de multiples institutions européennes, notamment le Conseil de l'Europe dont dépendent la Cour européenne des droits de l'homme et la Pharmacopée européenne, mais également le Parlement européen ou encore le Médiateur européen.

Avec notamment Bâle, Genève et New York, Strasbourg est l'une des rares villes au monde à être le siège de plusieurs institutions internationales sans être capitale politique d’un État[1]. Strasbourg est également la deuxième ville de France en termes de nombre de congrès internationaux, après Paris[2].

Par sa population, Strasbourg intra-muros est la première commune du Grand Est français et, à la date du 1er janvier 2018, la huitième de France. Son aire urbaine est la neuvième de France, comptant 795 839 habitants en 2017 dans sa partie française[Note 1] et 1 189 086 habitants avec la partie allemande. Ses habitants sont appelés les Strasbourgeois. Elle est l'un des principaux pôles économiques du Nord-Est et se distingue par un secteur secondaire très diversifié et un secteur tertiaire essentiellement tourné vers les activités financières, les activités juridico-légales, la recherche et le conseil aux entreprises[3].

Strasbourg a été marquée par les différentes administrations germaniques et françaises. Son histoire, riche et tourmentée, a laissé un patrimoine architectural remarquable. Son centre-ville, situé sur la Grande Île, est entièrement inscrit au patrimoine mondial par l’UNESCO depuis 1988 et comprend notamment la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg et le quartier de la Petite France. En 2017, le périmètre classé est étendu à une partie de la Neustadt, quartier construit par les autorités allemandes à partir de 1880[4].

Strasbourg est également devenue le symbole de la réconciliation franco-allemande et plus généralement de la construction européenne. La ville s’est progressivement spécialisée dans les fonctions politiques, culturelles, et institutionnelles.

La présence de plusieurs établissements nationaux renommés, comme le théâtre national, la bibliothèque nationale et universitaire et l’Opéra national du Rhin en fait un centre culturel important.

Strasbourg est aussi une grande ville étudiante, son université, ses grandes écoles et son hôpital universitaire forment un pôle universitaire majeur tourné vers l’international avec plus de 20 % d'étudiants étrangers et plus de cent nationalités représentées[5]. L'université qui a accueilli 18 prix Nobel dans ses murs, a été lauréate de nombreux appels d'offres dans le cadre des investissements d'avenir, visant à en faire un pôle d'excellence dans l'enseignement supérieur et la recherche au niveau mondial[6],[7].

Géographie

Situation

Localisation

Position de Strasbourg par rapport aux grandes villes européennes.

Excentrée par rapport au reste de la France, dont la plaine d'Alsace représente l'extrême façade nord-est, Strasbourg occupe en revanche une position centrale en Europe occidentale, sur une importante voie de passage nord-sud. Il faut en effet la replacer dans l'entité plus vaste dont elle fait partie de la vallée du Rhin supérieur qui, de Bâle à Mayence, forme un couloir naturel.

À la limite de l'Europe atlantique et de l'Europe continentale, elle communique au sud par les vallées de la Saône et du Rhône avec l'Europe méditerranéenne et s'ouvre au nord, au-delà des massifs hercyniens allemands, sur les grandes plaines de l'Europe du Nord jusqu'à la vallée de la Ruhr.

Strasbourg est distante de 190 kilomètres de Francfort-sur-le-Main, de 192 kilomètres de Luxembourg, de 397 kilomètres de Paris et de 406 kilomètres de Bruxelles (distance orthodromique)[8],[9]. La ville est par ailleurs située à une trentaine de kilomètres du massif des Vosges à l'ouest et à la même distance de la Forêt-Noire à l'est.

Communes limitrophes

Climat

Chasse-neige municipal en hiver.
Forêt-Noire depuis Strasbourg
Le Hornisgrinde (en Forêt-Noire) vu depuis Strasbourg.
Ville Ensoleillement
(h/an)
Pluie
(mm/an)
Neige
(j/an)
Orage
(j/an)
Brouillard
(j/an)
Moyenne nationale 1 973 770 14 22 40
Strasbourg[10] 1 693 665 30 29 65
Paris 1 661 637 12 18 10
Nice 2 724 733 1 29 1
Brest 1 605 1 211 7 12 75

Strasbourg étant située à l'intérieur des terres, le climat qui y règne est de type semi-continental (Cfb selon la classification de Köppen). Les températures peuvent être très contrastées entre les saisons (caractéristique du climat continental). Ainsi, les hivers sont froids avec des gelées fréquentes, (la température moyenne est de °C et peut descendre par moments à −10 °C) avec souvent de la neige. La ville est la plus concernée par la neige en France à basse altitude (inférieure à 500 m). Les étés, quant à eux, sont chauds, voire étouffants, la température dépasse très souvent 30 °C et peut atteindre 35 °C. La continentalité rend l'amplitude thermique importante entre ces deux saisons. L'humidité relative moyenne annuelle de Strasbourg est relativement basse de par la continentalité marquée. Les journées ensoleillées sont très souvent plus sèches que dans les villes méditerranéennes du sud de la France.

De par sa situation entre deux massifs (Vosges et Forêt-Noire), les journées avec de la brume ou du brouillard sont fréquentes en automne et en hiver.

La ville est peu exposée aux vents. De même, les précipitations sont relativement faibles et irrégulières comparées aux autres régions françaises grâce à la protection naturelle contre les vents d'ouest dominants que constituent les Vosges (effet de foehn). Le cumul annuel de pluie à Strasbourg est de 665 mm contre 733 mm pour Nice et 1 211 mm pour Brest, ce qui la situe sous la moyenne nationale de 770 mm par an. La ville est souvent sujette à de violents orages, surtout à la fin du printemps et en été. Avec 29 jours d'orage par an, c'est une des villes de France avec le plus d'orages (moyenne nationale : 22 j/an).

L'absence récurrente de vent, les températures élevées en été ainsi que la situation géographique favorisent régulièrement l'apparition de pics de pollution et d'orages[11].

À la station de l'aéroport de Strasbourg-Entzheim, le record absolu de froid est de −23,6 °C (23 janvier 1942) et le record absolu de chaleur est de 38,9 °C (25 juillet 2019).

Relevé météorologique de Strasbourg-Entzheim période 1981 2010 ; Records depuis 1923
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −0,8 −0,6 2,5 5,2 9,8 12,8 14,5 14,1 10,6 7,1 2,8 0,3 6,6
Température moyenne (°C) 1,9 2,9 7 10,5 15 18,1 20,1 19,8 15,8 11,2 5,8 2,8 10,9
Température maximale moyenne (°C) 4,5 6,4 11,1 15,7 20,2 23,4 25,7 25,4 21 15,3 8,8 5,2 15,3
Record de froid (°C) −23,6 −22,3 −16,7 −5,6 −2,4 1,1 4,9 4,8 −1,3 −7,6 −10,8 −23,4 −23,6
Record de chaleur (°C) 17,5 21,1 25,7 30 33,8 38,8 38,9 38,7 33,4 29,1 22,1 18,3 38,9
Nombre de jours avec gel 16,4 15,1 9 2,2 0,1 0 0 0 0 1,7 7,5 13,8 65,8
Ensoleillement (h) 58,1 83,8 134,8 180 202,5 223,8 228,6 219,6 164,5 98,7 55,3 43,1 1 692,7
Précipitations (mm) 32,2 34,5 42,8 45,9 81,9 71,6 72,7 61,4 63,5 61,5 47 50 664,6
Nombre de jours avec précipitations 8,4 8,1 9,1 9,2 11,5 10,8 9,9 10,2 8,6 9,5 9,3 9,8 114,9
Humidité relative (%) 86 82 76 72 73 74 72 76 80 85 86 86 79
Nombre de jours avec neige 7,8 6,7 4 1,5 0,1 0 0 0 0 0 3,4 6,3 29,8
Nombre de jours d'orage 0,1 0,2 0,5 1,5 5 6,1 6,2 5,5 2,7 0,5 0,2 0,2 28,7
Nombre de jours avec brouillard 9,1 5,7 3,4 1,9 2 1,4 1 2,6 6,7 12,4 10 8,8 65
Source : climatdestrasbourg.fr


Site

Les quais de l’Ill dans le quartier de la Petite France.

Située à une altitude moyenne de 140 mètres au-dessus du niveau de la mer[12], Strasbourg est caractérisée par un relief relativement plat. Ainsi au centre-ville, on ne perçoit que de très légères ondulations du terrain, culminant notamment à proximité de la cathédrale et à la croisée de la Grand'Rue et de la rue du Fossé-des-Tanneurs, correspondant aux zones d'habitation les plus anciennes, établies à l'origine sur une butte émergeant des marais environnants. La ville est construite sur l'Ill ainsi que le long de la rive gauche du Rhin. L'Ill est la colonne vertébrale de la ville, reliée au Rhin par des anciens bras désormais canalisés (le canal de jonction et différents bassins portuaires). Plusieurs affluents traversent les différents quartiers de la ville : la Bruche et le canal de la Bruche à la Montagne Verte et à Koenigshoffen, l'Aar au Contades et au Wacken, le Krimmeri et le Ziegelwasser (anciens bras du Rhin) à la Meinau, au Neuhof et au Neudorf, le canal de la Marne au Rhin au nord. Ainsi Strasbourg est constituée de plusieurs îles dont l'ellipse insulaire du centre historique, l'île Sainte-Hélène dans le quartier du Contades, l'île aux Épis et l'île du Rohrschollen dans le quartier du Port du Rhin.

La ville est par ailleurs située sur l'une des plus grandes réserves d'eau potable d'Europe (près de 35 km3)[13]. La densité importante de l'hydrographie cumulée à l'affleurement de la nappe phréatique contribue à rendre le secteur très sensible aux inondations. C'est pourquoi la plupart des extensions urbaines de la ville puis de l'agglomération se sont faites au moyen de remblais importants (notamment pour la construction du quartier allemand), accompagnées du comblement ou de la canalisation des multiples bras d'eau, réduisant d'autant les surfaces d'épandage et augmentant la rapidité et le débit des eaux en cas de crue.

Strasbourg est aujourd'hui confrontée à un risque d'inondation important dans certains quartiers (Montagne Verte au sud-ouest et Robertsau au nord) qui pèse sur les projets d'extension urbaine et de densification de l'habitat.

Voies de communication et transports

Dès l'origine, Strasbourg doit son nom à sa position « à la croisée des chemins ». Encore aujourd'hui, la ville bénéficie d'une situation géographique privilégiée qui en fait un important carrefour européen, à l'intersection de quelques-uns des principaux axes de communication du continent.

Transports urbains

Rames du tramway, à la station Homme de Fer.

Strasbourg se dote d'un premier réseau de tramway en 1878. À son apogée, en 1937, celui-ci comptait près de 83 kilomètres de lignes urbaines tandis que le réseau suburbain était composé d'une centaine de kilomètres de lignes dans le Bas-Rhin. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le tramway entre dans une période de déclin et les dernières lignes sont définitivement fermées en 1960.

Le réseau moderne du tramway, exploité par la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS), est aujourd'hui le deuxième plus étendu de France (derrière celui de Lyon), avec plus de 80 stations et 70 kilomètres de lignes. Outre Strasbourg, le tramway dessert six communes de l'Eurométropole ainsi que la ville de Kehl en Allemagne. Le maillage du réseau permet d'utiliser un tronçon pour plusieurs lignes. La capacité de transport (tram et bus) est de 442 000 voyages par jour[14].

La première ligne du tramway moderne fut inaugurée le . Depuis cette date, le réseau n'a cessé de se développer et compte actuellement six lignes en service : A, B, C, D, E et F. La dernière extension est mise en service le  : la ligne E est prolongée jusqu'au centre socio-culturel l'Escale, au cœur du quartier de la Robertsau[15].

Une extension de la ligne F vers le quartier de Koenigshoffen est prévue pour 2020[16].

Par ailleurs, le projet de tram-train devant relier Strasbourg à Gresswiller et Barr est abandonné fin 2012[17],[18].

Une ligne de bus à haut niveau de service (BHNS), reliant la gare centrale à l'Espace européen de l'entreprise à Schiltigheim, est mise en service le 30 novembre 2013. Elle est complémentaire du réseau de tramway et prend ainsi la désignation de ligne G. Une seconde ligne — désignée ligne H et utilisant des bus électriques — est ouverte le 24 février 2020 entre la gare centrale et le quartier du Wacken[19].

Un réseau de bus, également exploité par la CTS, dessert l'ensemble de l'agglomération strasbourgeoise. Il comporte 37 lignes urbaines à la suite de la dernière restructuration intervenue en août 2018. Les lignes de bus portent un numéro pour les distinguer des lignes de tram et de BHNS, ces dernières étant désignées par une lettre.

La ville compte également deux gares routières : place des Halles pour le trafic interurbain (réseau Fluo Grand Est) et place de l'Étoile pour les lignes nationales et internationales.

Réseau routier

Les principaux axes routiers.

Strasbourg se situe sur un axe est-ouest qui la relie d'une part à Paris via Reims et Nancy/Metz (autoroute A4/RN4) et d'autre part à Munich via Stuttgart (E52). La ville est également placée sur un axe nord-sud qui la relie d'une part au sud de la France via Lyon (autoroute A6, autoroute A7) et d'autre part à Francfort-sur-le-Main via Karlsruhe (E35). Strasbourg est par ailleurs reliée à l'Allemagne par deux ponts : le pont de l'Europe, situé à l'est de la ville et le pont Pierre-Pflimlin, situé dans l'agglomération sud et qui permet une meilleure desserte des villes d'Offenbourg et de Fribourg.

Du fait de la conception des autoroutes — comme étant à la fois des voies de transit et des voies de desserte des grandes agglomérations — qui prévalait dans les années 1970 et 1980, Strasbourg voit son agglomération traversée par des voies autoroutières portées aujourd'hui à deux fois trois voies (deux fois quatre voies sur un court tronçon prolongeant un tronçon surélevé condamné à rester en deux fois deux voies), et ce à moins d'un kilomètre du centre-ville. Il en résulte de fortes nuisances dans certains quartiers (Gare, Cronenbourg). L'autoroute A35, avec environ 170 000 véhicules (dont 19 000 camions)[20] par jour à hauteur de Cronenbourg[21], est en effet la plus saturée de France après le périphérique parisien. Entre 1990 et 2000, le trafic a en outre augmenté de 40 %[21].

Le projet de construction d'une nouvelle autoroute de deux fois deux voies (autoroute A355), dite grand contournement ouest de Strasbourg (GCO ou COS) est évoqué depuis les années 1970. Il a pour objectif de capter le trafic de transit nord-sud et de délester la rocade ouest. Il doit permettre une réduction de la pollution et des nuisances sonores à proximité de la ville grâce à la requalification de l'A35 en boulevard urbain. Cependant, ses opposants craignent un effet d´aspirateur du trafic nord-sud européen et un accroissement des nuisances[22]. Le tracé, de 24 km, reliera l'échangeur de Hœrdt au nord, à Innenheim au sud. Les travaux débutent en octobre 2018 pour une mise en service prévue en 2021[23].

Voies ferrées

La verrière de la gare de Strasbourg-Ville.

La gare de Strasbourg-Ville, aussi appelée gare centrale, est le centre d'une importante étoile ferroviaire à cinq branches. Elle est le principal pôle d'échanges de l'agglomération. Elle est la 2e gare de province en France la plus fréquentée après celle de Lyon avec plus de 20 millions de voyageurs. La ville compte également deux haltes ferroviaires voyageurs affectées au trafic TER : les gares de Krimmeri-Meinau et Strasbourg-Roethig.

Strasbourg est l'une des étapes de la « Magistrale européenne », principal axe ouest-est de l'Europe, de Paris à Budapest (soit le trajet de l'ancien Orient-Express). Le premier tronçon de la LGV Est européenne — reliant la gare de Paris-Est à Baudrecourt en Moselle — a été mis en service le , ramenant le meilleur temps de trajet vers Paris de 4 heures à 2 heures 20. Les travaux du second tronçon — entre Baudrecourt et Vendenheim — ont commencé en , pour une mise en service commerciale le . Le temps de parcours entre Paris et Strasbourg est désormais d'environ 1 heure 50[24]. L'ouverture de la LGV Rhin-Rhône, fin 2011, permet de placer la ville sur un second axe à grande vitesse entre mer du Nord et Méditerranée[25].

Le trafic de la gare de Strasbourg-Ville était d'environ 35 000 passagers par jour en 2006[26], mais l'arrivée des TGV Est puis Rhin-Rhône et le développement des TER portent ce nombre à 60 000 passagers en 2012[27] et 70 000 par jour en 2015[28]. La gare accueille un total de 550 trains dont environ 50 TGV par jour.

Les autres gares voyageurs de l'Eurométropole sont les gares de Bischheim, Entzheim-Aéroport, Fegersheim - Lipsheim, Geispolsheim, Graffenstaden, Hœnheim, Lingolsheim, Mundolsheim, Vendenheim et La Wantzenau. Par ailleurs, la gare de Kehl (en Allemagne) est située sur la ligne d'Appenweier à Kehl, qui relie la ligne de Strasbourg-Ville à Strasbourg-Port-du-Rhin à la ligne de Mannheim à Bâle.

Depuis le , les abonnés de la Compagnie des transports strasbourgeois résidents dans une commune de l'Eurométropole peuvent également utiliser les trains du réseau TER Alsace au sein de l'agglomération[29].

Une importante gare de triage, la gare de Hausbergen, se situe au nord de l'agglomération. Enfin, la ville dispose de trois gares aux marchandises : les gares de Strasbourg-Cronenbourg, Strasbourg-Neudorf et Strasbourg-Port-du-Rhin.

Trafic aérien

L'aéroport de Strasbourg-Entzheim.

L'aéroport de Strasbourg-Entzheim est situé à une quinzaine de kilomètres au sud-ouest de la ville, à Entzheim. Son trafic s'était stabilisé depuis 1996, oscillant autour de 2 millions de passagers annuels (avec un pic à 2,2 millions en 1999)[30]. Cependant, la mise en service de la première phase de la LGV Est européenne en juin 2007 et la suppression des vols vers Paris-Charles-de-Gaulle et Paris-Orly ont provoqué une chute du trafic qui oscille aux alentours de 1,1 million de passagers par an au milieu des années 2010.

L'aéroport de Strasbourg souffre également de la proximité des aéroports de Bâle-Mulhouse-Fribourg (137 kilomètres), de Stuttgart (149 kilomètres) et de Francfort (175 kilomètres). Une cinquantaine de destinations sont desservies, essentiellement en Europe.

Le trafic repart a la hausse depuis 2012 grâce à la diminution des taxes et au repositionnement vers les vols vacances (low cost). En 2018, le trafic s'élève à près de 1,3 million de passagers [31].

La gare d'Entzheim-Aéroport permet de relier ce dernier à la gare centrale de la capitale alsacienne et européenne en une dizaine de minutes, à la fréquence d'un train tous les quarts d'heure en période de pointe.

Pour les vols long-courrier, un service de bus réguliers effectue la liaison entre la gare centrale et l'aéroport de Francfort, qui est l'un des principaux hubs européens avec plus de 300 destinations autour du monde.

L'aéroport de Karlsruhe-Baden-Baden, situé à une soixantaine de kilomètres de Strasbourg et accessible en voiture en moins de trois quarts d'heure, fait office d'aéroport « low cost » avec des lignes régulières vers de nombreuses destinations dont plusieurs capitales européennes comme Londres, Berlin, ou encore Vilnius. Cet aéroport est desservi principalement par la compagnie Ryanair.

L'aérodrome du Polygone, située dans le quartier du Neuhof, est utilisé exclusivement pour l'aviation de loisir.

Trafic fluvial

Bateau-promenade Batorama sur l’Ill, près des ponts couverts.

Strasbourg a été fondée sur l'Ill et les activités batelières y ont toujours été très importantes vu la densité du réseau hydrographique. En 2019, on compte 786 000 passagers sur les bateaux-promenades de Batorama, le service touristique du Port autonome de Strasbourg (PAS). La ville accueille chaque année plus de 200 000 visiteurs grâce au tourisme fluvial.

La ville possède d'importantes installations portuaires sur le Rhin, qui constitue la première voie navigable d'Europe et le premier fleuve commercial du monde. En 1920, le siège de la Commission centrale pour la navigation du Rhin fut transféré de Mannheim à Strasbourg et logée dans l'ancien palais impérial, rebaptisé palais du Rhin. Le Port autonome de Strasbourg est le deuxième port fluvial de France et le quatrième d'Europe (après Duisbourg, Paris et Liège) avec, en 2019, un trafic de 7,6 millions de tonnes de marchandises transbordées et 381 565 conteneurs. Les principales marchandises qui transitent par le port sont les céréales, les graviers et les produits pétroliers[32].

Réseau cyclable et location de vélos

Station Vélhop.

Située à la jonction des deux EuroVelo routes EV5 et EV15, Strasbourg possède le premier réseau cyclable de France et l'un des plus importants d'Europe avec 560 kilomètres de pistes et bandes cyclables en 2017.

Dès 1869, la municipalité strasbourgeoise édite un arrêté sur l'usage du vélo, complété par une réglementation détaillée en 1892. La première piste cyclable de la ville, reliant le cimetière Sainte-Hélène à la place du Faubourg de Pierre, est réalisée en 1930. Un « schéma directeur vélo » est adopté en 1978. Dix ans plus tard, la ville compte 100 kilomètres de pistes cyclables. D'autres plans d'action en faveur du vélo sont adoptés en 1994 puis en 2010[33].

Strasbourg est reliée à Rotterdam, au nord, et à Andermatt en Suisse, au sud, par la véloroute Rhin (EuroVelo 15). Une jonction directe au réseau allemand s'effectue par la passerelle des deux rives empruntée par une piste européenne transfrontalière de près de 60 kilomètres de long qui relie Molsheim, sur la véloroute du vignoble d'Alsace, à Offenbourg, étape du « Drei Täler Radweg » sur la Route des Vins badoise, en longeant le canal de la Bruche. Une autre piste revêtue de longueur similaire, partie intégrante de l'EV5 (Via Francigena de Londres à Rome/Brindisi), entre dans l'agglomération par le canal de la Marne au Rhin depuis la sortie du tunnel d'Arzviller à proximité du plan incliné de Saint-Louis-Arzviller via Saverne. À Strasbourg, l'EV5 croise l'EV15 (véloroute Rhin) et quitte la capitale européenne vers l'ouest par la voie verte du canal de la Bruche pour rejoindre la véloroute du vignoble d'Alsace à Soultz-les-Bains. Quant à l'EuroVelo 15, elle quitte la ville par le sud sur le chemin de halage du canal du Rhône au Rhin pour rejoindre la Suisse par Bâle.

Le principal itinéraire cyclable de l'agglomération est la Piste des Forts. Celle-ci propose un parcours de 85 kilomètres, de part et d'autre du Rhin, permettant de découvrir l'ancienne ceinture de forts construite durant l'annexion de l'Alsace-Lorraine[34].

La ville s'est dotée d'infrastructures adaptées et compte aujourd'hui plus de 7 700 arceaux[35]. Strasbourg compte également plusieurs parkings à vélos répartis en son centre. Le plus grand d'entre eux, couvert et sécurisé, est situé près de la gare et compte 850 places[36].

Inauguré le , l'Eurométropole propose un service de location de vélos, le Vélhop. Basé sur la technologie Smoove et géré par la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS), il permet de louer une bicyclette pour une courte (heure, journée) ou longue durée (semaine, mois, trimestre, année)[37]. Ne permettant pas de trajets occasionnels d'une station à une autre (« one way »), le Vélhop n'est pas un service de vélos en libre-service.

Enfin, la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB), qui fédère plus de 170 associations locales de promotion du vélo en tant que mode de transport au quotidien, s'est implantée à Strasbourg à sa création en 1980.

Urbanisme

Morphologie urbaine

Tissu urbain

Strasbourg vue par le satellite SPOT.

Le centre historique de Strasbourg, qui occupe la Grande Île, se caractérise par des rues étroites typiquement médiévales, notamment autour de la cathédrale Notre-Dame et dans le quartier de la Petite France. Au nord, le vaste quartier allemand construit entre 1880 et 1914 s'étend de la gare centrale aux portes de l'Allemagne. Il est irrigué par de larges avenues rectilignes qui débouchent sur des zones moins denses, notamment sur le quartier des XV dont les premières constructions remontent au début du XXe siècle. Le sud-est est occupé par le quartier de la Krutenau, l'un des plus anciens de la ville. Un peu plus à l'est se trouve le quartier de l'Esplanade. Construit à partir des années 1960 pour faire face à la poussée démographique, il est essentiellement composé de grands immeubles (plus de dix étages) ce qui en fait le plus dense de la ville. Ce quartier accueille le campus central de l'université.

Les quartiers centraux sont entourés par la « ceinture verte ». Il s'agit de l'ancienne zone non ædificandi qui faisait partie des défenses de la ville. Les constructions y sont limitées à 20 % de surface bâtis au sol (les routes, autoroutes et voies ferrées ne sont cependant pas considérées comme des constructions)[38].

À l'ouest et au nord, les quartiers de Cronenbourg, Koenigshoffen et la Robertsau ont conservé leur aspect d'anciens faubourgs.

Au sud, les habitations de densité moyenne prédominent, comme dans le quartier de Neudorf. Les habitations les plus récentes sont réparties dans l'agglomération, mais aussi au sein de la commune, notamment dans les quartiers sud et sud-est de la ville Danube, Rives de l'Étoile et Porte de France. Dans les quartiers ouest et sud-ouest, on retrouve la plupart des logements sociaux de la ville construits dans les années 1960 et 1970 : cité Nucléaire à Cronenbourg, Hautepierre, Koenigshoffen, Montagne Verte, Elsau et Neuhof.

La ville compte deux zones industrielles : la plaine des Bouchers au sud-ouest et le Port du Rhin sur toute sa frange est.

Afin d'améliorer la desserte du Port du Rhin et du pont de l'Europe, la route du Rhin (RN4) a été réaménagée en avenue. Elle doit permettre à terme de désengorger le trafic des poids lourds sur cet axe majeur et ainsi contribuer à créer une nouvelle centralité transfrontalière en désenclavant le quartier du Port du Rhin. L'objectif principal étant de paysager l'entrée en France depuis l'Allemagne autour du symbole de la frontière et encourager une plus grande mobilité sur l'axe est-ouest, en sus de l'axe nord-sud. Strasbourg doit reconquérir les berges du Rhin en comblant sur cet axe les vides successifs provoqués par les dépendances et les friches industrielles. De l'habitat plus dense devrait donc apparaître, et connecter durablement Strasbourg aux franges du Rhin.

Quartiers

Les 15 quartiers administratifs de Strasbourg.

Strasbourg compte 15 quartiers fonctionnels[39]. Ces 15 quartiers ont vu le jour en 2013 après que la ville décida d'affiner le découpage des quartiers, qui comportait au départ 10 quartiers calqués sur les cantons de la ville, formant des regroupements de plusieurs véritables quartiers.

  1. Bourse - Esplanade - Krutenau ;
  2. Centre-ville ;
  3. Gare - Tribunal ;
  4. Orangerie - Conseil des XV ;
  5. Cronenbourg ;
  6. Hautepierre - Poteries ;
  7. Koenigshoffen ;
  8. Montagne Verte ;
  9. Elsau ;
  10. Meinau ;
  11. Neudorf - Musau ;
  12. Port du Rhin ;
  13. Neuhof 1 ;
  14. Neuhof 2 comprenant le Stockfeld et la Ganzau ;
  15. Maisons à colombages dans le quartier de la Petite France.
    Façade d'immeuble
    Immeuble de la Neustadt.
    La « maison égyptienne », art nouveau, dans la Neustadt.

    L'architecture est une spécificité intéressante de la ville, car elle est profondément biculturelle. Le centre historique regroupe de nombreuses maisons à colombages, notamment dans le quartier de la Petite France, aux abords de l'hôpital civil (quartier du Finkwiller) et de la cathédrale. Ces maisons ont été construites pour la plupart entre le XVIIe et le XVIIIe siècle ; les plus emblématiques sont la maison Kammerzell et la maison des tanneurs. D'autres courants architecturaux sont représentés par certains bâtiments remarquables : la Renaissance avec le Neue Bau et le Classicisme avec le palais Rohan et l'Aubette. À partir de l'arrivée de Louis XIV, Strasbourg reprend certains codes architecturaux français, notamment la construction d'hôtels particuliers : l'hôtel de Hanau (actuel hôtel de ville, place Broglie), l'hôtel de Deux-Ponts, le palais épiscopal, l'hôtel de Klinglin (actuelle résidence du préfet).

    Le grès rose des Vosges est l'une des pierres les plus utilisées, du fait de sa proximité géographique. On le retrouve donc sur de nombreux monuments, et notamment sur la cathédrale. La couleur de cette pierre est cependant très variable. Ainsi, l'église Saint-Paul utilise un grès pâle, tandis que l'Aubette présente une teinte très marquée. Le grès des Vosges est cependant une pierre très friable qui nécessite une attention régulière.

    Entre 1880 et 1914, le quartier allemand, dit de la Neustadt (« nouvelle ville » en allemand) est construit. Il forme un ensemble particulièrement homogène à prédominance résidentielle et au style typiquement germanique (wilhelmien). Les architectes allemands reprennent de nombreux codes esthétiques : néo-renaissance pour le palais du Rhin (ancien palais impérial), néo-gothique pour l'hôtel des Postes, néo-classique pour le campus historique ; on note aussi la présence d'immeubles Art nouveau (notamment allée de la Robertsau, à l'intersection des rues Foch et Castelnau ou encore le palais des Fêtes) qui font de Strasbourg l'un des centres de cette architecture (Jugendstil allemand). Strasbourg est aussi la seule ville avec Metz qui a gardé une trace de l'architecture monumentale allemande du XIXe siècle à travers la place de la République (palais du Rhin, préfecture, trésorerie générale, bibliothèque nationale et universitaire et théâtre national). Les immeubles résidentiels utilisent généralement la pierre de taille (pour le rez-de-chaussée et les ornements) associée à la brique (rouge ou ocre, pour le reste de la façade). Le grès rose est lui aussi couramment utilisé pour certaines parties.

    Logement

    En 2014, Strasbourg compte 26 181 bâtiments. La ville possède 3 250 bâtiments soit 12,4 % du total tandis que l’État en détient 325 soit 1,2 %. Parmi ces 26 181 bâtiments, 44,6 % appartiennent à des copropriétés, 722 immeubles sont détenus par des SCI, 95 par des compagnies d'assurances et 78 par des banques[40]. L'ensemble de ces 26 181 bâtiments est estimé à 28 milliards d'euros[41].

    En 2005, la commune de Strasbourg comptait 135 340 logements. Par rapport à 1999, le nombre de logements a augmenté de 1,9 % alors que le nombre de ménages a grimpé de 6,8 % sur cette même période[42]. Néanmoins, Strasbourg compte plus de 9 % de logements vacants[43].

    Selon le recensement complet de 1999, la ville compte 87,9 % de résidences principales contre seulement 0,4 % de résidences secondaires[44]. Les logements individuels représentent 6,6 % du parc immobilier, ce qui est très faible comparé à des villes comme Bordeaux (26,9 %) ou Nantes (23,4 %) mais supérieur à Lyon (3,3 %). La ville se caractérise aussi par l'importance des logements anciens puisque 35,5 % d'entre eux ont été construits avant 1949. En revanche, les logements construits après 1990 ne représentent que 8,9 % du parc. Enfin, les logements strasbourgeois sont essentiellement de grande taille avec 38,3 % de 4 pièces et plus.

    Entre 1999 et 2005, la part des propriétaires a légèrement augmenté en passant de 24 % à 26 %, mais reste relativement faible. La part des locataires s’établit à 71 %.

    Les logements sociaux représentent environ 22 % des logements. Parmi les 30 507 logements sociaux que compte la ville, 3,4 % d’entre eux sont vacants. Ces logements sont essentiellement des 3 pièces (37,6 %) et des 4 pièces (31,0 %). On dénombre en revanche peu de petits appartements (studios et 1 pièce)[42].

    Entre et , aux moins cinq squats[45],[46],[47],[48] ont été ouverts par des militants pour permettre l'accès au logement. Deux d'entre eux ont pu rester ouvert plus de trois mois et abritent respectivement 300[46], 250[45] et 60[48] personnes.

    Projets d'aménagement

    Le développement de la ville s'appuie sur plusieurs grands projets urbains, notamment :

    Aménagement des Fronts de Neudorf et des Deux-Rives

    Le nouveau quartier Fronts de Neudorf articulé autour du centre commercial Rivetoile, du cinéma multiplexe UGC Ciné-Cité Étoile et du môle Seegmuller.

    Depuis les années 1990, la ville envisage la requalification des anciennes zones portuaires situées aux abords de la place de l’Étoile.

    Lancé en 2011, le projet d'aménagement urbain « Deux-Rives » consiste à urbaniser l'axe Strasbourg - Kehl soit environ 7 km du Heyritz jusqu'au Port du Rhin. Selon la municipalité, cela devrait permettre d'ouvrir Strasbourg « à 360° »[49]. Il s'agit d'un projet urbain de grande ampleur concernant près de 250 hectares et visant à la construction de 9 000 logements. L'opération est articulée autour de l’extension de la ligne D du tramway de Strasbourg vers Kehl qui est inaugurée le . À cette occasion, un nouveau pont sur le Rhin est mis en service[50]. Dans ce projet, on trouve notamment l'aménagement du quartier du Heyritz, la construction de l'écoquartier Danube ou la requalification du quartier du Port du Rhin avec le lancement d'un concours d'urbanisme pour les anciennes emprises douanières de Kehl et Strasbourg[51]. La réalisation est échelonnée de 2012 à 2025.

    La presqu'île Malraux, ou se trouvait l'ancien Armement Seegmuller, constitue le cœur du projet « Deux-Rives ». Celui-ci comprend, entre autres, la construction de trois tours de 55 mètres de haut, baptisées « Black Swans », dont la réalisation a été confié à l'architecte Anne Demians fin 2012 (les travaux se déroulent de 2014 à 2018[52]), la construction d'une tour à énergie positive (la tour Elithis Danube) et l'aménagement de l'espace urbain.

    En 2015, plusieurs projets ont déjà été réalisés : la création du parc du Heyritz, le réaménagement de la place de l’Étoile et de la route du Rhin, la construction de la Cité de la musique et de la danse, le centre commercial Rivetoile, le cinéma multiplexe UGC Ciné Cité Strasbourg Étoile, la médiathèque André Malraux ainsi que la réhabilitation de la tour Seegmuller en « Maison universitaire internationale »[53],[54] et d'un ancien bâtiment portuaire comportant logements, commerces et un lieu consacré à la culture numérique, le Shadok.

    Aménagement de « l'Archipel » (ancien projet « Wacken-Europe »)

    Le projet comprend la construction d'un nouveau parc des expositions (PEX), la rénovation et l'agrandissement du palais de la musique et des congrès (PMC), la construction d'un nouveau théâtre du Maillon mais principalement la réalisation d'un quartier d'affaires à la place de l'ancienne patinoire et d'anciens halls du parc des expositions.

    Le nom initial du projet, « Wacken-Europe », est changé pour celui d'« Archipel » en mars 2017[55].

    L'extension et la restructuration du palais de la musique et des congrès est achevée en 2016. Le quartier d'affaires comprendra 45 000 m2 de bureaux, 30 000 m2 pour les institutions européennes, 18 000 m2 de logements, 2 000 m2 de commerces, 10 000 m2 pour les équipements hôteliers ainsi que plusieurs parkings. Les travaux, réalisés en plusieurs lots, s'échelonneront jusqu'en 2022[56],[57]. Le premier occupant du quartier, Adidas France, s'y installe en [58].

    Le nouveau parc des expositions, conçu par l'architecte japonais Kengo Kuma, sera livré entre 2021 et 2022[59].

    Le club de basket-ball SIG Strasbourg souhaite également agrandir et transformer sa salle, le Rhénus Sport, à l'horizon 2021. Celle-ci passerait de 6 000 à 8 000 places et comprendrait aussi 6 000 m2 de surfaces commerciales[60].

    Aménagement de la gare basse

    Le projet d'aménagement de la gare basse de Strasbourg se tient à un horizon plus lointain ; 2025, car c'est le délai que la SNCF estime nécessaire pour déplacer toutes les installations ferroviaires de cette partie de la gare. À cette échéance, la ville souhaite aménager ce secteur pour permettre l'ouverture à 360° de la gare. Un quartier d'affaires prendra place sur ces emprises, en lien direct avec la LGV Rhin-Rhône et la LGV Est européenne[61]. Toutefois, en 2014, ce projet est au point mort[62]. En 2019, le maire Roland Ries laisse entendre que l'« ouverture de la gare à 360° » pourrait se faire après la mise en service du contournement ouest de Strasbourg (A355) et la requalification de l'autoroute A35 en boulevard urbain[63].

    Interdiction du diesel

    La ville de Strasbourg souhaite interdire les véhicules Diesel au , soit cinq ans avant les autres communes de l'Eurométropole[64].

    Forêts et espaces verts

    Le château de Pourtalès et son parc.

    Le Nord-Est et le Sud-Est de la commune sont couverts de vastes forêts : la forêt de la Robertsau (493 hectares) et la forêt du Neuhof (797 hectares)[65]. Elles sont les vestiges de l'ancienne luxuriante forêt rhénane qui occupait tout le lit majeur du Rhin, fleuve tumultueux et sauvage jusqu'au XIXe siècle. Cette forêt présentait une vitalité et une richesse en espèces remarquables, abritant une avifaune très diversifiée. Si l'endiguement et les aménagements successifs du fleuve l'ont fortement réduite, elle conserve son caractère de zone humide et abrite, dans la partie sud du quartier du Port du Rhin, la réserve naturelle de l'île du Rohrschollen. Elle demeure un terrain d'élection pour la LPO. En outre, le programme « Rhin vivant » dans le cadre du projet « LIFE Nature conservation et restauration des habitats naturels de la bande rhénane » a été lancé avec l’objectif de restaurer les écosystèmes rhénans.

    En 2016, le domaine public de la ville compte 80 313 arbres. Près de 5 000 spécimens ont été plantés entre 2013 et 2015[66].

    Par ailleurs, la ville compte 324 hectares de parcs et de jardins[65] dont le plus réputé est le parc de l'Orangerie. Situé face au palais de l'Europe, il comporte des attractions telles qu'un zoo, une mini-ferme, un élevage de cigognes et s'agrémente d'un lac avec une cascade romantique ainsi que d'un pavillon construit en 1804 en l'honneur de l'impératrice Joséphine. Il couvre une superficie de 26 hectares.

    Le jardin botanique possède quant à lui des origines très anciennes. Le premier jardin botanique de la ville est créé en 1619 puis transformé en cimetière en 1870 après le siège de la ville par les Allemands. Le jardin actuel, situé à l'arrière du palais universitaire, a été inauguré en 1884 pour les étudiants de la faculté de médecine et de pharmacie. Il regroupe 6 000 espèces réparties sur une surface de 3,5 hectares[67].

    Très original puisque situé sur les vestiges de la citadelle de Vauban construite en 1681 à l'Esplanade, le parc de la Citadelle s'étend sur 12,5 hectares. Plus conventionnel, le parc du Contades créé au XVIIIe siècle par le maréchal de Contades est d'abord une promenade arborée extérieure à la ville. Aujourd'hui, il fait partie intégrante de la Neustadt et couvre 7,9 hectares.

    De nombreuses places de la Neustadt comportent un jardin central, caractéristique typiquement germanique.

    Situé à la Robertsau, aux abords de la forêt, le parc de Pourtalès est un espace de 24 hectares entourant le château du même nom qui abrite notamment une collection de sculptures contemporaines. Une grande partie des berges est également aménagée, notamment dans le centre, à la Montagne Verte, à la Robertsau et à la Meinau.

    Le nouveau quartier des Poteries situé à l'ouest de Strasbourg a été aménagé autour du parc du même du nom, de conception très contemporaine, inauguré en 1995.

    Le jardin des Deux Rives, ancien parc du Rhin, est quant à lui un parc transfrontalier situé de part et d'autre du Rhin, en partie sur la commune de Kehl. La superficie de sa partie française est d'environ 25 hectares. Les deux rives du Rhin sont reliées par la passerelle piétonne Mimram.

    En 2003, la place de l’Étoile a été réaménagée pour devenir un parc. Non loin de là, le nouveau parc du Heyritz a été inauguré en 2014.

    Enfin Strasbourg est la première ville en France à soutenir un projet de jardin partagé en permaculture sur 80 ares dans le quartier de Koenigshoffen[68],[69].

    Strasbourg a également été récompensée par deux fleurs au palmarès 2007 du concours des villes et villages fleuris[70] et a obtenu sa troisième fleur en 2013[71],[72].

    La ville de Strasbourg est aussi propriétaire des forêts du Hohwald (880 hectares), du Herrenwald près de Brumath (188 hectares), de l'Oedenwald près de Cosswiller (1 000 hectares) et de l'Elmerforst près de Balbronn (362 hectares)[73].

    Géologie et relief

    Le territoire de la commune se situe au sein de la plaine d'Alsace. Ce fossé rhénan d'effondrement, séparant le massif des Vosges à l'ouest de celui de la Forêt-Noire à l'est, est né il y a 65 Ma à l'occasion de l'érection des Alpes. Des fissures orientées Nord-Sud se formèrent alors ; la partie médiane s'effondra et fut envahie par la mer à l'Éocène supérieur (vers -35 Ma) et à l'Oligocène inférieur (Rupélien, vers -30 Ma)[74]. D'abord comblée par des dépôts marins qui recouvrirent le socle hercynien, la plaine accueillit le cours du Rhin qui y déposa ses alluvions fluviatiles[75], il y a un million d'années seulement[74]. Le bassin houiller de la vallée de Villé s'étend à quelques kilomètres de la banlieue strasbourgeoise, au sud-ouest et au centre du département, quelques lambeaux de ce gisement sont dispersés vers le nord[76].

Toponymie

Attestations anciennes : Argentorate, Argentoratum, Argentina (Antiquité), Stradeburgum (590), Strateburgo (590), Stratburgo (728), Strasburga (762), Strazburc (1061), Straborc (1262), Estrabourch (1289).

Le premier nom de la ville fut en celtique Argantorati < Argentorate[77], romanisé en Argentoratum (Argentoraton IIe siècle), même nom qu'Argentré (Mayenne, Argentrato IXe siècle). L’étymologie de ce terme est discutée, certains y voyant un lien avec la Grande déesse celte, dont Argantia est une des épithètes et qui est identifiée avec la lune. L’acception la plus courante[78] voudrait que la racine celtique arganto- (argent, luisant) renvoie à la couleur et la brillance argentée d'un cours d'eau (cf. l’Argens, l'Arc, etc.), en l'occurrence de l'Ill (Ainos en gaulois). Cette hypothèse est renforcée par l’ancien nom de Horbourg (Argentovaria), commune également située sur l’Ill, dont l'élément ver / var désigne précisément un cours d'eau en indo-européen.

-rate de rāti désigne une levée de terre ou une fortification (cf. vieil irlandais ráith / ráth, fortin, fortification). Cette hypothèse affirme donc qu'Argentoratum est l'enceinte sur l'Argenta, in extenso la cité de la rivière, du fleuve. Ce nom était alors en parfaite cohérence avec la perception de ce lieu frontière, situé à proximité du Rhin, partie intégrante du réseau de camps défendant le limes nord de l’Empire romain.

Puis, à la suite de son intégration dans l'entité germanique, cette ville n'était plus frontalière, mais au cœur du réseau des cités allemandes. Sa perception n’était dès lors plus sur un axe fluvial et orienté nord-sud, mais routière et sur un axe est-ouest. Strasbourg était en effet au niveau d’un des rares ponts permettant de franchir le Rhin et de ce fait placée sur une route majeure est-ouest. Son nom évolua alors en Straßburg, le château (die Burg, bâtiment fortifié[Note 2] ,[Note 3]) sur la route (die Straße), issu de Stratiburg nom antérieur à la mutation consonantique haut-allemande mentionné pour la première fois au VIe siècle par saint Grégoire[79].

La commune est appelée Strassburg ou Straßburg en allemand, Strossburi ou Stroßbùrri[80] en alsacien et Strossburch en francique rhénan.

Stras est une appellation familière, dans l'agglomération strasbourgeoise, pour désigner Strasbourg.

Histoire

Préhistoire et Antiquité

fontaine avec des arches rappelant un aqueduc
La fontaine de Janus, réalisée pour le bimillénaire de la ville, rappelle les origines romaines de Strasbourg.

De nombreux objets du Néolithique, de l’âge de bronze et de fer ont été retrouvés lors de fouilles archéologiques. Mais c’est des environs de 1300 av. J.-C. que date l’installation durable de peuples protoceltes.

Vers la fin du IIIe siècle av. J.-C. le site est devenu une bourgade celte du nom d’Argentorate, dotée d’un sanctuaire et d’un marché. Grâce à d’importants travaux d’assèchement, les maisons sur pilotis cèdent leur place à des habitations bâties sur la terre ferme[81].

Les Romains arrivent en Alsace en 58 av. J.-C. et s’installent sur le site de Strasbourg. En 12 av. J.-C. la ville devient un camp militaire fortifié positionné sur le limes du Rhin faisant partie des forts de Drusus. Au fil du temps, la ville va prendre de l’importance. Promue colonie militaire, Argentorate est déjà un carrefour commercial important et aux alentours de l’an 20 la population est estimée à près de 10 000 habitants, armée romaine incluse[82]. La ville reste néanmoins essentiellement militaire et donc totalement dépendante de cette activité. Au cours des IIe et IIIe siècles, avec l’agrandissement de l’Empire romain, Argentoratum va servir de base de repli pour les troupes romaines installées en Germanie. Mais en 260, les légions quittent la Germanie et Strasbourg redevient une ville frontière[83].

En 355, la ville est saccagée par les Alamans. Julien reconquiert la ville en 357 après une victoire décisive sur les Alamans lors de la bataille de Strasbourg. Mais en 406 les Germains envahissent à nouveau la Gaule puis en 451, la ville est complètement détruite par Attila[84].

Moyen Âge

Grand sceau des bourgeois de Strasbourg, 1201.
Les ponts couverts du XIIIe siècle.
Ville libre de Strasbourg
(gsw) Riichsstadt Strosburi
(de) Reichsstadt Straßburg

1262–1681

Drapeau Blason
d'argent à la bande de gueules
Informations générales
Statut République
Capitale Strasbourg
Langue Français, alémanique/alsacien, allemand
Religion Catholicisme, minorité protestante
Histoire et événements
IIIe siècle av. J.-C. ville celte Argentorate
12 av. J.-C. Fondation romaine d’Argentoratum
VIIIe siècle Strasbourg passe sous contrôle mérovingien
923–1262 rattachement au Saint-Empire
1262 Strasbourg devient indépendante de son évêque
1681 Strasbourg est annexée par la France
1697 le Saint-Empire reconnait l'annexion

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Ville épiscopale en développement

Elle est restaurée sous le nom de Strateburgum[77] en 496 par les Francs qui favorisent le développement de la ville, après la conversion de Clovis Ier} au christianisme. En effet, Argentorate est l’une des rares villes de la région à être le siège d'un évêque, véritable gouverneur de l’époque[85].

En cette période de paix, la ville se développe à nouveau. Dès le VIe siècle, sous l’impulsion de l’évêque Arbogast de Strasbourg, une première cathédrale et un couvent sont édifiés[86].

Sous l’ère mérovingienne, Strasbourg devient ville royale mais reste de taille très modeste. Au VIIIe siècle, la ville compte 1 500 habitants. Les activités sont essentiellement agricoles mais on exporte déjà du vin, du blé et du bois de chêne vers l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Angleterre et la Scandinavie. En 842, la ville accueille Charles II le Chauve et Louis II de Germanie qui s’allient contre leur frère Lothaire pour le partage de l’Empire légué par leur grand-père Charlemagne et prononcent les Serments de Strasbourg, le plus ancien texte rédigé en langue romane (ancêtre du français, entre autres) et en langue tudesque (ancêtre de l’allemand)[87].

En 843, le traité de Verdun attribue Strasbourg à Lothaire. Mais peu après sa mort, en 870, la ville revient à Louis le Germanique. En 962, Otton le Grand fonde le Saint-Empire romain germanique et Strasbourg va connaître une période d’expansion : au cours du XIIe siècle une nouvelle enceinte fortifiée et un hôpital voient le jour tandis que la construction de l'actuelle cathédrale débute[88]. En seulement deux siècles, la ville passe de 3 000 à 10 000 habitants et devient l’une des plus grandes villes du Saint-Empire.

L'enceinte fortifiée est agrandie aux XIIe et XIIIe siècles et le système défensif des ponts couverts édifié. Les quatre tours actuelles faisaient partie des remparts (qui comptaient 80 tours) et étaient reliées par des ponts couverts d'une toiture en bois, disparue au XVIIIe siècle. Elles abritaient les corps de garde mais servaient aussi de prison.

En 1201, Philippe de Souabe élève Strasbourg au rang de ville libre. Peu après, en 1220, naît le conseil municipal. Il est alors chargé de fonctions jusque-là attribuées au clergé, notamment l’administration et la justice. La bourgeoisie acquiert une autonomie remarquable vis-à-vis du pouvoir épiscopal. Mais en 1260, Walter de Geroldseck est élu évêque de Strasbourg et exige qu’on lui restitue les pleins pouvoirs. Très vite, une guerre éclate entre les Strasbourgeois et l’armée épiscopale. En 1262, le prélat est vaincu à la bataille de Hausbergen, par les troupes strasbourgeoises, bien aidées par Rodolphe Ier du Saint-Empire[89].

Strasbourg tombe alors entre les mains des plus grandes familles nobles de Strasbourg dont les rivalités incessantes, ainsi que leur mépris des bourgeois, finissent par agacer et en 1332 une guerre civile éclate. Le pouvoir revient alors à la classe marchande.

Passerelle des Juifs enjambant l'Ill.

Au milieu du XIVe siècle, la peste envahit toute l’Europe et atteint Strasbourg. Comme dans de nombreuses villes, les Juifs sont accusés d’avoir empoisonné les puits. Lors du pogrom de Strasbourg le près de 2 000 Juifs sont brûlés vifs pour ce motif ou pour spolier leurs biens, notamment à la Passerelle des Juifs qui enjambe un bras de l'Ill, près de la Porte des Juifs de l'ancienne enceinte de la ville conduisant au cimetière près de l'actuelle place de la République, dans ce pogrom de Strasbourg appelé aussi « massacre de la saint-Valentin »[90],[91],[92].

Strasbourg, ville libre impériale

Affranchie du pouvoir épiscopal, Strasbourg est reconnue ville libre (au sein de l'Empire) par Charles IV. En cette période de trouble politique, la cité va cependant accroître sa notoriété et de nombreux édifices y seront construits. Le commerce fluvial se développe sous l'égide de la corporation des bateliers, chargée de taxer les marchandises[93].

Vue de Strasbourg en 1493.

À la fin du XIVe siècle, un nouvel agrandissement de la ville est entrepris. Toute la cité se transforme en un véritable chantier d'églises et de couvents, fondés par des moines ou des familles nobles. De cet ensemble demeurent le cloître de l'église Sainte-Madeleine et celui de Saint-Pierre-le-Jeune. En 1439, après quatre siècles de construction, la flèche de la cathédrale Notre-Dame est achevée. Elle est alors le monument le plus haut de la chrétienté et symbolise la puissance de la ville. Cinq ans plus tard, en 1444, Strasbourg compte 26 000 habitants — dont 10 000 réfugiés de la guerre de Cent Ans qui vivent extra muros[94] — et peut lever, à tout moment, une armée de 4 500 hommes[90]. Son enceinte fortifiée et son impressionnant dispositif d’artillerie en font une place fortifiée de tout premier plan. La ville est à son apogée[95].

S’ensuit au début du XVe siècle une période de conflits qui oppose les bourgeois strasbourgeois gouvernant la ville, à la noblesse alsacienne. Ville bancaire par excellence, Strasbourg est en effet une ville riche qui suscite la convoitise. La vie intellectuelle est marquée au XVe siècle par la révolution de l'imprimerie. Né à Mayence et installé à Strasbourg depuis 1434, Johannes Gensfleisch, dit Johannes Gutenberg, conçoit l’imprimerie à caractères mobiles. On note cependant que Gutenberg est retourné à Mayence entre 1444 et 1448 ce qui fait qu’on ignore exactement où a été finalisée cette invention majeure. Toujours est-il que Strasbourg devient très vite un des grands centres de l'imprimerie, puisque dès la fin du XVe siècle la ville compte une dizaine d’ateliers d’imprimerie, notamment la prestigieuse officine des Grüninger. De fait, Strasbourg va attirer nombre d’intellectuels et d’artistes. Sculpteurs, architectes, orfèvres, peintres, horlogers, la ville excelle dans de nombreux domaines[96].

Époque moderne

Plan de la ville en 1572.

Berceau de l'humanisme et bastion de la Réforme

Le développement de l'imprimerie favorise le courant humaniste qui fait jour à Strasbourg et qui va préparer l'avènement de la réforme protestante.

En effet, l’humanisme et la Réforme sont les faits marquants de l'époque et Strasbourg est une des premières villes qui appelle au changement. Dès 1519, les thèses de Martin Luther sont affichées aux portes de la cathédrale et les dirigeants de la ville, notamment Jacques Sturm, sont favorables à ce changement. La ville adopte la Réforme en 1525 et devient protestante en 1532 avec l’adhésion à la confession d'Augsbourg. Strasbourg est alors l’un des principaux bastions de la Réforme protestante, ce qui va largement contribuer à son rayonnement.

La ville devient une terre d’accueil pour les huguenots, ces protestants chassés de France pour leur croyance. Parmi eux, notamment Jean Calvin qui s’installera plus tard à Genève. Cependant, devenue ville protestante, Strasbourg ne sera pas autorisée à créer sa propre université. La ville propose déjà de nombreux enseignements, notamment en médecine et en théologie depuis 1538 grâce au gymnase de Jean Sturm, mais ceux-ci ne donnent pas lieu à un grade universitaire reconnu[97].

Une période de conflits

Frontispice d'une Relation de 1609.

Dans les années 1530, l’empereur Charles Quint, catholique, entre en guerre contre les princes protestants et leurs alliés et les vainc en 1547 à la bataille de Muehlberg. Strasbourg va alors conclure plusieurs alliances, notamment avec Zurich. Mais en 1592, après d’interminables délibérations, la cathédrale est partagée en deux avec l’élection de deux évêques : un catholique et un protestant. Commence alors la longue guerre des évêques qui va plonger la ville dans d’importantes difficultés financières. Ce conflit qui durera jusqu’en 1604 se solde par la victoire des Catholiques, Charles de Lorraine devenant l'unique évêque de la ville. En 1605, l'éditeur Johann Carolus commence à Strasbourg à produire la première gazette hebdomadaire du monde au nom de « Relation aller Fürnemmen und gedenckwürdigen Historien » (« Communication de toutes histoires importantes et mémorables »).

Vue de Strasbourg en 1644.

Dans toute l’Europe, la tension monte entre les protestants et les catholiques et en 1618, la guerre de Trente Ans éclate. Strasbourg, à l’abri dans ses fortifications modernisées par Daniel Specklin, n’intervient pas dans le conflit[98].

À l’issue de la guerre en 1648, par les traités de Westphalie, une partie de l’Alsace (les possessions des Habsbourg) est rattachée à la France, mais Strasbourg demeure ville libre impériale. Épargnée par la guerre, la ville est néanmoins isolée, financièrement affaiblie, et n’a rien à attendre de l’Empire germanique vaincu. Le , la ville est assiégée par une armée de 30 000 hommes sous le commandement de Louis XIV et deux jours plus tard, après de rapides négociations, Strasbourg accepte la reddition[99]. Les privilèges et les institutions de Strasbourg sont confirmés et liberté de culte garantie, mais la cathédrale est rendue aux catholiques. Le , le roi Louis XIV fait une entrée somptueuse à Strasbourg, au son des cloches et des canons pour célébrer l'annexion de la ville à la France, qui sera confirmée en 1697 par le traité de Ryswick[100].

Strasbourg, une ville du royaume de France

La maison Kammerzell, de type Renaissance rhénane.

Un accord est passé entre Louis XIV et Strasbourg visant à préserver les libertés essentielles de la cité, sur les plans politique, administratif et religieux. Par contre, elle est privée de son artillerie et de ses milices et doit accepter l'installation d'une troupe de garnison. De surcroît, un prêteur royal doit veiller à ce qu’aucune décision ne soit préjudiciable aux intérêts du roi.

Si la ville a changé de nationalité, elle reste une ville frontière et un point de passage important pour rejoindre l’empire germanique. De fait, Louis XV séjournera à Strasbourg durant la guerre de Succession d'Autriche. La société aristocratique se développe et de nombreux hôtels particuliers voient le jour. Si l’allemand reste la langue courante, Strasbourg accueille de nombreux immigrants : entre 1681 et 1697, la ville passe de 22 000 à 26 500 habitants. Par ailleurs, Strasbourg abrite environ 6 000 soldats français, basés pour la plupart à la citadelle de Vauban dont les travaux ont débuté dès 1682[101].

Au niveau religieux, la ville prend un tournant important. En 1704, un prince de la famille Rohan devient évêque de la ville. La famille conservera le pouvoir épiscopal jusqu’en 1790 et fera construire le fameux palais des Rohan de Strasbourg, situé tout près de la cathédrale, sur les rives de l’Ill. Durant toute cette période, le catholicisme va se développer même si les protestants restent majoritaires[102]. En 1716, peu après la mort de Louis XIV, des sociétés françaises de colonisation de l'Amérique décident de faire un vaste appel à l'émigration alsacienne, en particulier strasbourgeoise. Des publicités attirent en Louisiane des Alsaciens, qui fondent la ville Des Allemands.

Assoupie depuis l’annexion de Strasbourg à la France, l’université de Strasbourg retrouve peu à peu son éclat d’antan et entre 1721 et 1755 la ville va accueillir plus de 4 000 étudiants. L’université est déjà internationale : les étudiants étrangers viennent généralement d’Allemagne, de Scandinavie ou des Pays-Bas, mais aussi de Grande-Bretagne et de Russie. Certains d’entre eux sont devenus célèbres, comme Johann Wolfgang von Goethe qui y fit des études de droit. Le rayonnement universitaire de Strasbourg est important et certains enseignements comme le droit et la médecine sont très réputés[103].

Chant pour l'armée du Rhin

Statue du général Kléber, sur la place du même nom.
Mise à sac de l’hôtel de ville de Strasbourg, le .

Lorsque le la Bastille tombe aux mains des révolutionnaires, la population strasbourgeoise se soulève. Le , l’hôtel de ville est saccagé. Le calme revient très vite jusqu’en 1792, date à laquelle la France entre en guerre contre la Prusse et l’Autriche. Le , le jeune Rouget de l’Isle compose, à la demande du maire de Strasbourg, Un chant pour l’armée du Rhin sans se douter qu’il deviendra un symbole de la Révolution française en devenant la Marseillaise[104]. Cette même année, François Christophe Kellermann, natif de Strasbourg, est nommé à la tête de l'armée de la Moselle, avec laquelle il remporte la bataille de Valmy, arrêtant les troupes ennemies à Verdun et Longwy, et sauve la France. Il sera par la suite nommé Duc de Valmy par Napoléon en 1808 en souvenir de son rôle historique.

C'est également à cette époque que Jean-Baptiste Kléber, natif lui aussi de Strasbourg, commence à s'illustrer dans de nombreuses batailles pour la défense de la jeune République française. Lors de la déclaration de guerre de 1792, Kléber s'engage dans l'armée du Rhin et s'illustre dans la défense de la forteresse de Mayence assiégée en 1793. Il meurt assassiné au Caire, durant l'expédition napoléonienne. Sa statue trône au centre de la place Kléber, l'ancienne place d'Armes au cœur de la cité. Sa statue est l'œuvre de Philippe Grass en 1840.

En 1797, l’armée française prend plusieurs villes allemandes, notamment Kehl et Offenbourg. Strasbourg est hors de danger, mais la révolution a profondément désorganisé la ville. Deux ans plus tard, Napoléon Bonaparte prend le pouvoir et plusieurs institutions voient le jour : la préfecture, la bourse de commerce en 1801, la chambre de commerce en 1802. Un nouveau pont sur le Rhin est construit et les routes sont rénovées. Autant d’évolutions qui vont favoriser les activités commerciales de la ville. Strasbourg redevient un carrefour commercial important ; on vend notamment du tabac, du vin, du coton et des épices[105].

Époque contemporaine

Plan-relief de Strasbourg au milieu du XIXe siècle.

Révolution industrielle

À la fin du XVIIIe siècle, la ville est engoncée dans ses murailles, et d’importants travaux débutent au début du XIXe. C'est le début de la révolution industrielle. De nouveaux canaux vont être construits, reliant la Marne et le Rhône au Rhin. La ligne Strasbourg - Bâle est mise en service entre 1840 et 1844 par la Compagnie du chemin de fer de Strasbourg à Bâle. La gare provisoire est alors installée à Koenigshoffen, en dehors des murs de la ville. La première gare intra-muros de Strasbourg est ouverte en 1846. La ligne de chemin de fer reliant Paris à Strasbourg est achevée en 1852. Le télégraphe électrique est mis en place la même année. Néanmoins, la ville reste essentiellement tournée vers le commerce et la finance, contrairement à Mulhouse dont l’industrie connaît un véritable essor[106].

À partir de 1853, le français devient la seule et unique langue d’enseignement, mais l’allemand et l’alsacien restent les langues les plus utilisées au quotidien[107].

Strasbourg, capitale du Reichsland d'Alsace-Lorraine

Plan de Strasbourg en 1870.
Vue de Strasbourg vers 1890-1900.

La ville est prospère, mais en , une nouvelle guerre éclate. Dès le mois d’août, les Prussiens, sous le commandement du général August von Werder, envahissent l’Alsace et assiègent Strasbourg. La ville est mal préparée et son enceinte fortifiée du XVIIe siècle n’est pas adaptée aux tirs de l’artillerie moderne[108].

Le , après plus d’un mois de bombardements discontinus, Strasbourg capitule et les Prussiens entrent dans la ville[109]. Le traité de Francfort, signé le , rattache le Bas-Rhin, le Haut-Rhin (moins l'arrondissement de Belfort), une partie de la Moselle, une partie de la Meurthe et quelques communes des Vosges à l’Empire allemand. Strasbourg devient la capitale du Reichsland Elsass-Lothringen[110]. Les Strasbourgeois sortent traumatisés de cette guerre, et le rattachement de la ville à l’Allemagne est très mal vécu[111].

Mais Strasbourg retrouve rapidement la prospérité, grâce notamment à la volonté du gouvernement qui souhaite faire de la ville une vitrine du savoir-faire allemand. Un vaste plan d’urbanisation est mis en place, la Neustadt voit le jour. Celui-ci s’organise selon deux axes, les avenues des Vosges et de la Forêt-Noire d'ouest en est et l'actuelle avenue de la Paix vers le nord. La place impériale (aujourd’hui place de la République) constitue alors le nouveau centre névralgique de la ville, regroupant l’hôtel des Postes, le palais impérial, la bibliothèque universitaire et, un peu plus loin, la nouvelle université. Une nouvelle gare est édifiée, ainsi que plusieurs églises, notamment l’église Saint-Paul. La ville s’agrandit considérablement et se modernise jusqu’à la Première Guerre mondiale[112].

Plan de Strasbourg en 1888.
La place Kléber, vers 1900.

À partir de 1870, l’industrie va ainsi connaître un développement rapide, principalement dans les secteurs alimentaire (brasseries, conserverie) et mécanique. Ces nouvelles activités sont bien relayées par un réseau de tramway étendu (apparu en 1878 et électrifié en 1894) et le nouveau port autonome, construit hors de la ville. Les anciennes glacières, ensemble de bâtiments situés sur les canaux de l’Ill dans le quartier de la Petite France, ont abrité de 1897 à 1990 une usine de froid artificiel. Ils ont aujourd'hui été reconvertis en un hôtel cinq étoiles. Parallèlement, les activités bancaires s’intensifient, notamment depuis la création de la banque mutualiste du Crédit mutuel[113]. Entre 1871 et 1914, la ville va gagner près de 100 000 habitants et la vie culturelle se développe. La Première Guerre mondiale va cependant mettre un terme à cette prospérité. Contrairement au conflit de 1870, Strasbourg est bien préparée à la guerre.

La Première Guerre mondiale et l'entre-deux-guerres

Dès le début du conflit, les manifestations francophones sont interdites. Rudolf Schwander, maire de la ville, va cependant œuvrer de sorte que la population ne soit pas touchée par la faim et à l’issue de la guerre, Strasbourg sort relativement indemne. Par le traité de Versailles, l'Alsace-Moselle est rendue à la France. Durant la transition, influencé par la République des conseils de Bavière, un court épisode de République des Conseils de Strasbourg a lieu. Le changement de nationalité se fait sinon dans la violence, du moins dans la brutalité : les Allemands sont expulsés de la ville et certains monuments impériaux sont détruits, notamment la statue de Guillaume Ier. Le bilan démographique est plus lourd. Aux Allemands chassés de la ville ou partis de leur plein gré s’ajoutent 3 000 Strasbourgeois morts au combat sous l’uniforme allemand. Durant les années 1930, la croissance démographique va reprendre avec l’arrivée de juifs d’Europe centrale qui fuient la montée rapide de l’antisémitisme[114].

La ville retrouve une certaine prospérité et le trafic fluvial augmente considérablement malgré une conjoncture économique peu favorable, due à la crise des années 1930. Le port autonome ainsi que le réseau de chemin de fer vont favoriser le développement de l’industrie et en 1932, une nouvelle bourse de commerce est édifiée[115].

La Seconde Guerre mondiale

Le , l'Allemagne envahit la Pologne. Conscient que la guerre est imminente, le gouvernement français ordonne l'évacuation de 375 000 Alsaciens et 210 000 Mosellans. L'opération nommée « Exécutez Pas-de-Calais » avait été planifiée dès 1935[116]. En 48 heures, près de 200 000 habitants quittent la ville. Une garnison civile, composée de quelques centaines d'ouvriers municipaux et pompiers, veille à l'entretien de la ville. Le dispositif est appelé par les autorités « Strasbourg maintenue »[117].

Après l'armistice du 22 juin 1940, l'Alsace-Lorraine est, de fait, annexée au Troisième Reich. Contrairement à l'annexion de 1871 à 1918, les deux départements alsaciens et la Moselle ne sont pas réunis. L'Alsace devient le CdZ-Gebiet Elsass et est intégrée au Gau Baden-Elsaß.

La synagogue, avant sa destruction par les nazis en 1940.

Une politique de germanisation et de nazification est menée sous l'impulsion de Robert Wagner. Lorsqu’en les premiers réfugiés reviennent dans la ville, seuls les habitants d’origine alsacienne sont acceptés. Les juifs sont refoulés et la synagogue est incendiée. Les rues retrouvent leurs noms allemands ou sont rebaptisées et la langue française est interdite.

La plaque commémorative apposée sur la façade du Collège épiscopal Saint-Étienne à Strasbourg.

Dès , Marcel Weinum, âgé de 16 ans, organise un réseau de résistance constitué de 25 garçons de 14 à 16 ans et spécialisé dans la propagande, le sabotage et le renseignement appelé La Main noire. Le groupe uni et déterminé débuta ses actions de manière « modeste » mais non moins courageuses à la lumière des sanctions encourues. Leurs premières mesures se concentrèrent sur la distribution de tracts et pamphlets en faveur de la France libre et contre l'occupant allemand, la levée du drapeau tricolore sur le fronton des enceintes publiques mais également le caillassage des boutiques allemandes ou des commerçants affichant le portait d'Hitler sur leur devanture. C'est par un jeu de circonstance que le jeune Marcel découvrit la voiture du régent de la nouvelle entité administrative, et décida de fomenter son attentat. Celui-ci fit grand bruit et irrita les plus hautes instances du pouvoir occupant. À la suite de l'attaque contre le Gauleiter Robert Wagner qui blessa le prélat, une traque fut mise en place et les membres du groupe furent tous arrêtés. Dix d'entre eux furent jugés par un tribunal spécial. Marcel Weinum quant à lui est condamné à mort et décapité à Stuttgart le 14 avril 1942. Il déclarera la veille de sa mort dans une lettre adressée à ses parents : « si je dois mourir, je meurs avec un cœur pur ». Ses compagnons, pour leur part, n'ont eu d'autre choix que l'incorporation forcée dans une armée et une guerre qui n'était pas la leur. Ils périront sur le front de l'Est en Russie.

À partir de 1942, l'embrigadement est obligatoire et les jeunes d’Alsace et de Moselle sont enrôlés de force dans l'armée allemande. Les malgré-nous sont envoyés sur le front russe et très peu d’entre eux reviendront[118].

Le , la ville est bombardée par une vingtaine d'appareils américains. Ce premier bombardement fit 195 victimes. Quatre autres suivront les , , et . On dénombre 1 035 morts et environ 20 % des bâtiments de la ville sont touchés[119],[120]. L'église Saint-Jean et l'ancienne douane sont entièrement détruites (elles seront reconstruites à l'identique après la guerre), le palais du Rhin, l'hôtel des Postes, l'église Saint-Paul et le palais de la diète d'Alsace-Lorraine (actuel théâtre national de Strasbourg) sont endommagés. Les secteurs de la place de l'Homme-de-Fer, de la place Gutenberg et de la place du Corbeau sont également touchés. Neudorf est le quartier qui subit le plus de dégâts. Cependant, Strasbourg est libérée assez facilement, de par la rapidité de l'offensive menée par le général Leclerc, et de par la reddition tout aussi rapide du général Vaterrodt. Le , le drapeau français est hissé au sommet de la cathédrale.

Strasbourg, ville symbole

Le quartier de l'Esplanade, construit dans les années 1960.

En 1947, lors d’un discours à Strasbourg, le général de Gaulle annonce la création du Rassemblement du peuple français. Jusqu’en 1962, la droite gaulliste domine la scène politique, dont l’une des figures les plus emblématiques est Pierre Pflimlin[121].

En 1949, Strasbourg se voit attribuer les premières institutions européennes, notamment le Conseil de l'Europe. À ce titre, le ministre britannique des Affaires étrangères, Ernest Bevin, a déclaré « Nous cherchions un centre qui puisse convenir aux nations européennes et devenir un symbole de l'unité de l'Europe. Le choix de Strasbourg m'a paru évident. Cette grande cité avait été témoin de la stupidité du genre humain qui essayait de régler les affaires par la guerre, la cruauté et la destruction ». Un an plus tard, Strasbourg accueille la Cour européenne des droits de l'homme. Puis, en 1952, la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA). En 1969, l'Institut des droits de l'homme. En 1972, le Centre européen de la jeunesse. En 1979, le Parlement européen est élu pour la première fois au suffrage universel et son maintien à Strasbourg confirmé.

Tombé en désuétude, le tramway effectue son dernier voyage le . Le nouveau pont de l'Europe, reliant Strasbourg et Kehl, est inauguré le 23 septembre de la même année.

Le préfet du Bas-Rhin, siégeant à Strasbourg, devient également préfet de la région Alsace à partir de 1964.

La Communauté urbaine de Strasbourg (CUS) est créée le 4 décembre 1967. Elle regroupe 27 communes et est l’une des quatre premières communautés urbaines de France avec Lyon, Lille et Bordeaux. Son objectif est d’optimiser la gestion des différentes communes. Au cours des années 1970, le port autonome se développe et le charbon laisse progressivement place à des marchandises à plus forte valeur ajoutée (pétrole, produits chimiques)[122].

En 1967, le Conseil de l'Europe donnait à la ville de Strasbourg le prix de l'Europe[123].

Durant les Trente Glorieuses, de grands projets urbains sont mis à pied d’œuvre. Les édifices historiques sont restaurés et le quartier de l’Esplanade est construit. Les logements sociaux se multiplient, notamment dans les quartiers de Neuhof et de Hautepierre[124]. L’université de Strasbourg est scindée en trois en 1970 puis est finalement réunifiée en 2009.

La ville célèbre son bimillénaire en 1988. À cette occasion, la fontaine de Janus — dessinée par l'artiste strasbourgeois Tomi Ungerer — est érigée au nord de la place Broglie.

En 1991, c'est à Strasbourg qu'est déployé et testé le premier réseau de téléphonie mobile français : le Bi-Bop.

Après avoir envisagé la réalisation d'un métro automatique, la ville opte finalement pour la construction d'un nouveau réseau de tramway. La première ligne est ouverte le et connaît un vif succès. Les dernières extensions, réalisées en 2019, font du réseau strasbourgeois l'un des plus grands de France. La quasi-totalité de la ville est accessible en tram qui se divise en six lignes. En , la première ligne du bus à haut niveau de service de Strasbourg est mise en service.

L'achèvement du premier tronçon de la LGV Est européenne en 2007 place Strasbourg à h 20 min de Paris et renforce la position centrale de la ville au sein de l'Europe. Le second tronçon de cette ligne à grande vitesse est mis en service le . La capitale alsacienne est désormais à h 46 min de Paris.

Strasbourg mise beaucoup sur la coopération transfrontalière. La convention relative à la création de l'Eurodistrict Strasbourg-Ortenau a été paraphée en 2005. Son objectif est double : développer les échanges entre Strasbourg et l'Allemagne d'une part, et d'autre part franchir une nouvelle étape dans la construction de l'Europe en posant les jalons de ce qui pourrait être une métropole binationale de près d'un million d'habitants[125]. L'accord de 2005 vise en effet à développer des projets communs dans les principaux domaines (transports, urbanisme, éducation, santé, emploi, environnement). L'Eurodistrict regroupe notamment les villes de Strasbourg, Kehl, Offenbourg, Lahr et Achern[126]. Un arrêté préfectoral paru le rend officiel l'Eurodistrict dans sa forme de groupement européen de coopération territoriale (CEGT)[127].

Pour des raisons de rationalisation et d'internationalisation, le marque la fusion des trois universités strasbourgeoises : Louis-Pasteur pour les sciences, Robert-Schumann pour le droit, et Marc-Bloch pour les lettres. L'université de Strasbourg redevient ainsi un établissement unique tel qu'il avait été fondé au XVIe siècle[128].

Les 3 et , Strasbourg accueille le 21e sommet de l'OTAN.

Entre et , la ville célèbre le millénaire des fondations de la cathédrale par une série d’événements et de manifestations[129].

Le , la Communauté urbaine de Strasbourg devient l'Eurométropole de Strasbourg.

Depuis le , la ville est le chef-lieu de la nouvelle région Grand Est (Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine).

Le soir du , le centre-ville est le théâtre d'un attentat djihadiste à proximité du marché de Noël. Un terroriste ouvre le feu sur des passants, cinq personnes sont mortellement blessées[130], le terroriste est abattu après deux jours de cavale. L'attaque est revendiquée par Daech[131].

Le , les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin seront regroupés au sein de la Collectivité européenne d'Alsace. L'État a cependant confirmé que les deux préfectures, à Strasbourg et Colmar, seront maintenues.

Strasbourg, capitale européenne

En changeant quatre fois de nationalité en 75 ans (entre 1870 et 1945), Strasbourg est devenue la ville symbole de la réconciliation franco-allemande et, plus globalement, de l'unité européenne. Strasbourg est considérée comme capitale européenne[132] du fait de la présence de nombreuses institutions de l'Union européenne mais également de l'Europe continentale, au même titre que Bruxelles, Luxembourg et Francfort-sur-le-Main. Par ailleurs, Strasbourg est la deuxième ville diplomatique française avec 1 ambassade, 41 consulats[133] (dont Allemagne, Belgique, Luxembourg, Portugal…), 47 représentations permanentes d'États membres auprès du Conseil de l'Europe[134], ainsi qu'une centaine d'ONG à caractère international. Strasbourg est par ailleurs la seule ville française siège d’institutions européennes et une des rares villes avec New York, Genève et Lyon à accueillir des institutions internationales sans être la capitale d'un État.

Strasbourg est, depuis 1920 et en conséquence du traité de Versailles, le siège de la première institution intergouvernementale jamais créée, la Commission centrale pour la navigation du Rhin. Cette commission avait été instituée à la suite du traité de Vienne, en 1815, et siégeait auparavant à Mannheim. Elle regroupe cinq pays : la France, l’Allemagne, la Suisse, la Belgique et les Pays-Bas[135].

Institutions européennes

Conseil de l’Europe
Le palais de l'Europe, œuvre de l'architecte Henry Bernard, abrite le Conseil de l'Europe.

Créé en 1949, le Conseil de l'Europe a pour objectif la défense des droits de l’homme, la mise en valeur de l’identité culturelle de l’Europe, la recherche de solutions aux problèmes de société (notamment la discrimination, le terrorisme, la bioéthique…), le développement de la stabilité démocratique. Cette institution regroupe 47 États. Le budget 2007 du Conseil de l’Europe est de 197 millions d’euros[136].

Strasbourg regroupe d'autres administrations européennes comme le Secrétariat général du Conseil de l'Europe dont le rôle est d'assurer la préparation et le bon fonctionnement de ses travaux. Il conserve également les actes et archives du Conseil. La ville abrite le Comité des ministres du Conseil de l'Europe qui est l'instance décisionnelle du Conseil de l'Europe[137] et les 47 missions diplomatiques auprès du Conseil de l'Europe.

L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, dont la première session date du , est la plus ancienne assemblée pluraliste internationale. Elle se réunit quatre fois par an en sessions plénières au palais de l'Europe à Strasbourg afin d'examiner les rapports et les projets relatifs à l'actualité européenne[138]. Elle est ainsi un organe décisionnel, l'assemblée devant être consultée sur tous les traités internationaux émanant du Conseil de l'Europe.

Cour européenne des droits de l’homme

Créée en 1959, la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) occupe le palais des droits de l'homme construit entre 1991 et 1995[139]. Cette cour est un organe juridictionnel rattaché au Conseil de l'Europe qui est chargé de traiter les requêtes relatives à la violation de la Convention européenne des droits de l'homme.

Parlement européen
Le bâtiment Louise-Weiss ou IPE 4 du Parlement européen.

C’est l’organe parlementaire de l’Union européenne. Il regroupe 751 députés, depuis les élections de juin 2014, élus par les citoyens européens[140]. Il joue un rôle essentiel dans l'élaboration de la législation, notamment sur la protection de l'environnement, le droit du consommateur, le transport et la lutte contre les discriminations.

Lors du Conseil européen d'Édimbourg, les 11 et , les gouvernements des États membres sont parvenus à un accord sur les sièges des institutions, aux termes duquel :

  • le Parlement européen a son siège à Strasbourg où se tiennent les 12 périodes annuelles de session, y compris la session budgétaire ;
  • les sessions plénières additionnelles se tiennent à Bruxelles ;
  • les commissions parlementaires siègent à Bruxelles ;
  • le Secrétariat général et ses services restent installés à Luxembourg.

Cette décision a suscité des critiques de la part de certains députés partisans du siège bruxellois. Cependant la Cour de justice (arrêt du  ; - C 345/95) a confirmé qu'elle fixe bien le siège du Parlement conformément à l'art. 289 CE. Le contenu de cette décision a été inclus dans le traité d'Amsterdam sous forme d'un protocole annexé aux traités communautaires, ce que le Parlement européen a regretté. Le , le Parlement a officialisé l'achat de l'ensemble de ses bâtiments strasbourgeois, scellant par là son ancrage dans la ville[141].

Le calendrier des sessions est fixé chaque année par le Parlement, sur proposition de la Conférence des présidents.

Autres institutions et organismes européens
La Pharmacopée européenne.

Strasbourg accueille d'autres institutions ou organismes européens, la plupart d'entre elles n'ont de rapport ni avec le Conseil de l'Europe ni avec l'Union européenne :

  • le Commissaire aux droits de l'homme ;
  • la Pharmacopée européenne qui a pour mission l’élaboration d’une pharmacopée commune entre les différents pays du Conseil de l'Europe. Elle a d'ores et déjà une valeur supérieure aux différentes pharmacopées nationales ;
  • le Centre européen de la jeunesse et des sports depuis 1972 ;
  • l'Observatoire européen de l'audiovisuel depuis 1992 ;
  • le Fonds Eurimages ;
  • l'état-major du Corps européen et son bataillon de soutien (créé en 1992) ;
  • le 291e Jägerbataillon de la brigade franco-allemande ;
  • le centre d’hébergement des bases de données de l'espace Schengen dépendant de l'Agence de l'Union européenne pour la gestion opérationnelle des systèmes d'information à grande échelle (EU-Lisa) ;
  • la Commission centrale pour la navigation du Rhin, qui est la plus ancienne organisation internationale au monde (fondée en 1815. Siège à Strasbourg depuis 1920) ;
  • la chaîne de télévision franco-allemande Arte ;
  • la Commission internationale de l'état civil (CIEC) ;
  • la Fondation européenne de la science (FSE) ;
  • le programme scientifique Frontière humaine ;
  • l'Assemblée des régions d'Europe ;
  • l'Assemblée des régions viticoles d'Europe ;
  • la Plate-forme européenne des instances de régulation (EPRA) ;
  • la Coopérative internationale de recherche en matière de communication (CIRCOM) ;
  • le Médiateur européen, organe de l'Union européenne ;
  • l'Institut européen de la propriété industrielle ;
  • l'

    Le contrat triennal instauré en 1980 sous l’impulsion de Pierre Pflimlin, a pour objectif d’accroître le rayonnement de la ville en finançant d’importants projets culturels, éducatifs ou d'infrastructures. Le dernier contrat en date, 2015-2017, pèse 146 millions d'euros. La région Alsace y apporte 13,17 millions, l’État 37,68 millions, le conseil général du Bas-Rhin 3,46 millions, la ville et sa communauté urbaine 81,1 millions et d’autres partenaires 10,86 millions. 32,18 millions seront destinés à l'Orchestre philharmonique de Strasbourg, les liaisons aériennes bénéficieront de 24,11 millions de subventions et 16 millions seront réservés pour les extensions du tramway et les études sur le futur tram-train[142].

    Le contrat arrivé à échéance en 2011 pesait 244,5 millions d’euros[143]. 110,4 millions d'euros étaient destinés à améliorer l'accessibilité de la ville (accélération des projets de ligne à grande vitesse, financement du déficit de certaines lignes aériennes notamment), 61,8 millions étaient destinés à l'enseignement supérieur, la recherche et l'éducation et 72,1 millions ont été consacrés au renforcement culturel de Strasbourg. La participation de l'État s’élevait au total à 117,5 millions d'euros[144].

    Depuis l’arrivée du TGV Est en et du TGV Rhin-Rhône en 2011, l'accessibilité de la ville s'est améliorée. Strasbourg est reliée à Stuttgart, Munich et Francfort-sur-le-Main par TGV, grâce à la reconstruction du pont ferroviaire sur le Rhin.

    Achevé en 2002, le pont Pierre-Pflimlin est tout un symbole puisque depuis le XIIe siècle, seuls huit ponts reliant la France à l’Allemagne ont été construits. Si l’idée d’un nouveau pont reliant les deux pays à hauteur de Strasbourg remonte aux années 1950, ce n’est qu’en 1996 que le projet a pris sa forme définitive[145]. Ce pont est un instrument économique important : il améliore sensiblement l’accessibilité de la ville depuis l’Allemagne, assurant une meilleure desserte du port autonome de Strasbourg et de l’aéroport de Strasbourg-Entzheim.

    Initiatives franco-allemandes

    La passerelle Mimram du jardin des Deux Rives.

    La ville est au centre de nombreuses initiatives franco-allemandes[146] ; aménagé en 2004, le jardin des Deux Rives est un parc situé le long du Rhin. Il relie Strasbourg à la ville allemande de Kehl par une passerelle piétonne, la passerelle Mimram.

    Autre initiative : le Forum franco-allemand créé en 1998, qui est à la fois un salon de recrutement et un salon de l’étudiant. Organisé tous les ans à l’automne par l’université franco-allemande, le forum a lieu à Strasbourg pendant deux jours. Son objectif est de réunir sous un même toit lycéens, étudiants et doctorants, entreprises, établissements d’enseignement supérieur français et allemands, ainsi que toutes les institutions engagés dans le rapprochement franco-allemand, afin de favoriser la prise d’information et les contacts en vue d’une formation binationale, d’un stage ou d’une embauche[147].

    Lancé en 2007, le programme « Gemeinsam mehr Chancen - Avancer ensemble » vise quant à lui à intensifier les échanges scolaires franco-allemands.

    La municipalité projette par ailleurs la construction d'une piscine franco-allemande, située sur la rive française du Rhin. Les rives du fleuve constituent en effet une zone vaste à fort potentiel, mais qui a été délaissée jusqu'au milieu des années 1990.

    En 2010 est lancé un projet transfrontalier d´expérimentation de 100 véhicules hybrides rechargeables entre Strasbourg, Offenbourg et Karlsruhe[148].

Politique et administration

Strasbourg est la préfecture du département du Bas-Rhin et le chef-lieu de la région Grand Est (auparavant de la région Alsace).

Vie politique

Hôtel de Hanau, l'hôtel de ville de Strasbourg depuis 1806.
Réunion du conseil municipal de Strasbourg le 21 janvier 2013.

Le conseil municipal strasbourgeois compte, en plus du maire, 43 conseillers municipaux et 21 adjoints au maire[149]. À la suite des élections municipales de mars 2008, Roland Ries (PS) devient maire de Strasbourg et succède à Fabienne Keller (UMP). Roland Ries avait déjà exercé cette fonction entre 1997 et 2000 à la suite de la nomination de Catherine Trautmann (PS) au sein du gouvernement Jospin.

Historiquement, Strasbourg n'a pas d'ancrage politique particulier au sein d'une région qui est pourtant traditionnellement de centre droit. Avant la Seconde Guerre mondiale, la ville était majoritairement de gauche, voire d'extrême gauche avec l'élection de Charles Hueber en 1929. En 1935, la droite prend la tête de la ville avec Charles Frey, qui sera réélu à la fin du conflit, en 1945. Après le long mandat de Pierre Pflimlin, qui dirige la ville entre 1959 et 1983, les forces politiques se sont équilibrées.

Majoritaire en nombre de voix depuis 1989, le Parti socialiste strasbourgeois est marqué par une rivalité entre deux tendances : la tendance sociale-démocrate menée par Catherine Trautmann, Armand Jung et Robert Herrmann et la tendance sociale-libérale menée par Roland Ries et Alain Fontanel, proche aujourd'hui de La République en marche.

Lors de l'élection présidentielle de 2007, le candidat Nicolas Sarkozy a remporté 51,08 % des suffrages contre 48,92 % pour la candidate socialiste Ségolène Royal. Quelques semaines plus tard, lors des élections législatives, le seul député PS d'Alsace est réélu dans la première circonscription (centre de Strasbourg) avec plus de 56 % des voix.

François Hollande est arrivé en tête lors des premier et second tours de l'élection présidentielle de 2012, avec 54,7 % des voix au second tour[150]. Lors des élections législatives de la même année, la première circonscription du Bas-Rhin, entièrement localisée sur Strasbourg, a vu Armand Jung (PS) remporter le scrutin[151]. La deuxième, située sur certains cantons de la ville et la commune voisine d'Illkirch-Graffenstaden, a vu remporter Philippe Bies (PS)[152]. En revanche, c'est un candidat UMP, André Schneider, qui a remporté les élections dans la troisième circonscription[153] (quartiers nord de Strasbourg et quelques communes voisines).

L'Eurométropole de Strasbourg (ancienne Communauté urbaine de Strasbourg) est présidée par Robert Herrmann depuis le . Il succède à Jacques Bigot (PS), maire d'Illkirch-Graffenstaden.

Maires récents de la ville de Strasbourg
Période Identité Étiquette Qualité
2008 en cours Roland Ries PS puis DVG (app. LaREM)[154] Enseignant, consultant en transports publics, il bat Fabienne Keller en 2008
2001 2008 Fabienne Keller UDF puis UMP Sénatrice, fonctionnaire, elle bat Catherine Trautmann en 2001
2000 2001 Catherine Trautmann PS Théologienne[155]
1997 2000 Roland Ries PS Enseignant, adjoint faisant fonction
1989 1997 Catherine Trautmann PS Théologienne, elle bat Marcel Rudloff en 1989 puis démissionne en cours de mandat
1983 1989 Marcel Rudloff UDF - CDS Avocat
1959 1983 Pierre Pflimlin MRP puis CD puis CDS puis UDF - CDS Président du Conseil, ministre d'État, avocat, il bat Charles Émile Altorffer en 1959
1955 1959 Charles Émile Altorffer URAS puis RS puis UNR Pasteur, fonctionnaire, adjoint faisant fonction
1944 1955 Charles Frey AD puis RPF puis URAS Journaliste, décède en cours de mandat
1941 1944 Robert Ernst NSDAP SS (nommé par l'Allemagne nazie)
1940 1941 Theodor Ellgering NSDAP Fonctionnaire (nommé par l'Allemagne nazie)
1935 1940 Charles Frey AD Député, journaliste, il bat Charles Hueber en 1935
1929 1935 Charles Hueber PCF puis KP-O Conseiller général, ouvrier, syndicaliste, il bat Jacques Peirotes en 1929
1919 1929 Jacques Peirotes SFIO Député, typographe
1918 1919 Frédéric Charles Philippe Pfersdorff SE Avocat, intérim
1906 1918 Rudolf Schwander NP Fonctionnaire (nommé par l'Empire allemand)
1886 1906 Otto Back NP Fonctionnaire (nommé par l'Empire allemand)
1880 1886 Georges Stempel NP Fonctionnaire (nommé par l'Empire allemand)
1873 1880 Otto Back NP Fonctionnaire (nommé par l'Empire allemand)
1871 1873 Ernest Lauth Protestataire Banquier
1871 1871 Jules Klein Républicain modéré Adjoint faisant fonction
1870 1871 Émile Küss Républicain modéré Professeur de médecine, journaliste

Cantons de Strasbourg

Limites des communes composant Strasbourg Eurométropole.
Plan de Strasbourg Eurométropole.

Strasbourg est divisée en six cantons[156] :