Confédération suisse

(de) Schweizerische Eidgenossenschaft

(it) Confederazione svizzera

(rm) Confederaziun svizra

Drapeau
Drapeau de la Suisse.
Blason
Armoiries de la Suisse.
Devise en latin : Unus pro omnibus, omnes pro uno[n 1] (« Un pour tous, tous pour un »)
Hymne Cantique suisse
Fête nationale 1er août
Description de l'image Switzerland in Europe.svg.
Description de l'image Suisse cantons.svg.
Administration
Forme de l'État État fédéral avec régime parlementaire[1],[2],[n 2] (dotée d'instruments de démocratie directe[2])
Conseil fédéral Simonetta Sommaruga
Guy Parmelin
Ueli Maurer
Ignazio Cassis
Alain Berset
Viola Amherd
Karin Keller-Sutter
Président de la Confédération Simonetta Sommaruga
Vice-président Guy Parmelin
Chancelier de la Confédération Walter Thurnherr
Allemand
Français
Italien
Romanche[n 3]
Capitale Berne (de facto)[n 4]

46° 57' N, 7° 25' E

Géographie
Villes majeures Zurich, Genève et Bâle
Superficie totale 41 285 km2
(classé 133e)
Superficie en eau 3,7 %
Fuseau horaire UTC +1 (été +2)
Histoire
Pacte fédéral Début
Restauration
Guerre du Sonderbund
État fédéral
Démographie
Gentilé Suisse, Suissesse
Population totale (2019) 8 603 900[3] hab.
(classé 100e)
Densité 208 hab./km2
Économie
PIB nominal (2014) en augmentation 712,050 milliards de $
+ 3,82 % (20e)
PIB (PPA) (2014) en augmentation 472,830 milliards de $
+ 3,48 % (37e)
PIB nominal par hab. (2014) en augmentation 87 475,464 $
+ 2,53 % (4e)
PIB (PPA) par hab. (2014) en augmentation 58 087,211 $
+ 2,2 % (9e)
Taux de chômage (2019) Decrease Positive.svg 2,1 % de la pop. active
- 5,0 %
Dette publique brute (2014) Nominale :
Increase Negative.svg 300,419 milliards de $
+ 0,47 %
Relative :
Decrease Positive.svg 46,093 % du PIB
- 2 %
IDH (2018) en augmentation 0,944[4] ; 2e)
Monnaie Franc suisse (CHF​)
Divers
Code ISO 3166-1 CHE, CH​
Domaine Internet .ch .swiss
Indicatif téléphonique +41
Organisations internationales Logo CERN.jpg CERN (1952)
EFTA logo.svg AELE (3 mai 1960)
Logo du Conseil de l'Europe (version révisée 2013).svg Conseil de l'Europe (6 mai 1963)
Fonds monétaire international logo.png FMI (1992)
The World Bank logo.svg Banque mondiale (1992)
Flag of La Francophonie.svg Francophonie (1996)
Drapeau des Nations unies ONU (11 septembre 2002)
OSCE logo.svg OSCE
ESA Logo.svg ESA
BAD
AIIB

La Suisse, en forme longue la Confédération suisse[5] (en allemand Schweiz Écouter et Schweizerische Eidgenossenschaft, en italien Svizzera et Confederazione Svizzera, en romanche Svizra et Confederaziun svizra) est un pays d'Europe centrale et, selon certaines définitions, de l'Ouest, formé de 26 cantons[6], avec Berne pour capitale de facto, parfois appelée « ville fédérale ». La Suisse est bordée par l'Allemagne au nord, l'Autriche et le Liechtenstein à l'est-nord-est, l'Italie au sud et au sud-est et la France à l'ouest. C'est un pays sans côte océanique, mais qui dispose d'un accès direct à la mer par le Rhin (Convention de Mannheim)[7]. La superficie de la Suisse est de 41 285 km2. Elle est géographiquement divisée entre les Alpes, le plateau suisse et le Jura. Les Alpes occupent la majeure partie du territoire (60 %)[8]. La population de la Suisse dépasse les 8,5 millions d'habitants et elle se concentre principalement sur le plateau, là où se trouvent les plus grandes villes. Parmi elles, Zurich, Genève et Bâle sont les agglomérations les plus importantes du pays en termes économiques et de population, et des villes mondiales où se trouvent le siège d'organisations internationales et des aéroports de dimension internationale.

L'établissement de la Confédération suisse est traditionnellement daté au , jour célébré chaque année en tant que Fête nationale. Le pays a une longue tradition de neutralité politique et militaire et n'a rejoint les Nations unies qu'en 2002. Il poursuit cependant une politique étrangère active et s'implique fréquemment dans des processus de construction de la paix autour du monde[9]. La Suisse est aussi le berceau du comité international de la Croix-Rouge ; elle abrite en outre de nombreuses organisations internationales, dont le deuxième plus grand siège de l'ONU après celui de New York : l'Office des Nations unies à Genève ainsi que le siège de la Banque des règlements internationaux à Bâle et du Comité International Olympique à Lausanne. Dans le domaine européen, elle est un des membres fondateurs de l'Association européenne de libre-échange, et membre de l'espace Schengen, mais pas de l'Union européenne ni de l'Espace économique européen.

La Suisse comporte quatre régions culturelles et linguistiques[6] et possède donc quatre langues nationales : l'allemand, le français, l'italien et le romanche. Alors que les trois premières langues sont officielles, le romanche ne l'est que partiellement[10]. En conséquence, les Suisses forment une nation au sens civique du terme, n'ayant pas d'unicité forte sur un plan ethnique ou linguistique ; le sens fort de l'identité et de la communauté des Suisses est fondé sur un fond historique commun partageant des valeurs communes, telles que le fédéralisme, la démocratie directe[11] et le symbolisme alpin[12]. Ernest Renan la cite nommément comme exemple dans Qu'est-ce qu'une nation ?

La Suisse possède le deuxième PIB nominal le plus élevé au monde par habitant, ainsi que le neuvième PIB en parité de pouvoir d'achat selon le Crédit suisse et le FMI. Les Suisses ont la deuxième plus haute espérance de vie au monde sur la liste publiée par le DAES des Nations unies. La Suisse est classée comme l'un des dix pays les moins corrompus ; de plus, sur les cinq dernières années, le pays a été classé premier en termes de compétitivité économique et touristique, selon respectivement le Rapport sur la compétitivité mondiale et le Rapport sur la compétitivité du secteur des voyages et du tourisme, tous deux réalisés par le forum économique mondial.

Toponymie

Dans ses différentes langues nationales, le pays est appelé respectivement Suisse en français, Schweiz en allemand, Svizzera en italien et Svizra en romanche. Depuis 1803, le nom officiel de l'entité politique suisse est Confédération suisse en français, Schweizerische Eidgenossenschaft en allemand, Confederazione Svizzera en italien et Confederaziun svizra en romanche[13]. Au XIXe siècle, le latin servait traditionnellement de langue commune pour les inscriptions officielles. Ainsi, la formule Confœderatio Helvetica se trouve inscrite notamment sur les pièces de monnaie suisses ainsi qu'au fronton du Palais fédéral à Berne. Le sigle CH en est la forme abrégée pour les plaques minéralogiques, les codes postaux et les extensions de noms de domaine sur Internet[14],[15],[16].

Origine

Depuis le milieu du XIVe siècle, le terme de confédération est employé pour qualifier les systèmes d'alliance qui se sont formés sur le territoire de la Suisse actuelle. Le mot français, comme ses équivalents dans les langues latines, est issu du latin foedus, « traité d'alliance », alors que l'allemand Eidgenossenschaft renvoie au « serment devant Dieu », Eid, prêté par des Genossen, « compagnons » de même rang. Le mode d'association ainsi désigné contraste avec la dissymétrie des liens de dépendance féodaux[17].

Le nom de Schweiz, d'où dérive le français Suisse, est utilisé dès le XVIe siècle par les Autrichiens, par déformation de celui du canton de Schwytz (Switz ou Sweitz en moyen haut-allemand) qui est alors, parmi les trois cantons d'origine, le plus proche géographiquement de Vienne, pour désigner l'ensemble de la communauté révoltée contre eux. Une confusion régna ensuite pendant plusieurs siècles sur l'orthographe utilisé par les deux toponymes (Schwytz et Schweiz). L'historien suisse Johannes von Müller proposa en 1785 de dissocier les deux formes[18]. Le terme de Schwytz, quant à lui, viendrait de celui apparu en 972 pour désigner la population de la région, les Suittes ; ce nom serait lui-même issu du vieux haut-allemand swedan signifiant « brûler » (cfr. islandais svíða, danois et suédois svide), rappelant ainsi la culture sur brûlis, technique par laquelle les habitants défrichaient les forêts avoisinantes afin de construire ou de cultiver les terrains[19].

Le terme Confédération suisse ne devient courante qu'au XVIIIe siècle, où il n'est encore ni officiel ni unique, puisque les appellations Corps helvétique, Magna Liga, Ligues et Helvetia sont également utilisées pour désigner le pays[13],[20].

Évolution

La proposition de Von Müller visant à utiliser l'appellation de Schweiz pour désigner la confédération fut officialisée en 1803, sinon dans l'Acte de Médiation lui-même[18], du moins par le titre de « Médiateur de la Confédération suisse » que prend Bonaparte à cette occasion. Elle est reprise à l'article 15 du pacte fédéral de 1815 : « les XXII Cantons se constituent en Confédération suisse », puis par les constitutions de 1848, 1874 et 1999[13]. Aujourd'hui, dans la liste des dénominations d'États publiée par les autorités du pays, c'est Confédération suisse qui est retenue, l'adjectif helvétique étant explicitement exclu[21].

Cependant, au cours d'une évolution historique complexe, inscrite depuis 1848 dans le texte de ses constitutions successives, les institutions de la Suisse se sont éloignées de la confédération d'États pour devenir celles d'un État fédéral. Le maintien en vigueur d'une appellation officielle inchangée, bien qu'elle ne leur corresponde plus (du moins dans les langues latines : en allemand Eidgenossenschaft ne désigne pas une forme politique particulière), exprime l'idée d'une continuité de l'histoire suisse, depuis les alliances médiévales jusqu'à l'État contemporain[13].

Polysémie

Confédération, avec ou sans majuscule, désigne trois concepts différents, qui correspondent chacun à un mot différent en allemand :