Texas
Blason de Texas
Sceau du Texas.
Drapeau de Texas
Drapeau du Texas.
Texas
Carte des États-Unis avec le Texas en rouge.

Surnom
Lone Star State
En français : « État de l'étoile solitaire ».

Devise
Friendship
« Amitié ».
Administration
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Capitale Austin
Adhésion à l’Union (174 ans) (28e État)
Gouverneur Greg Abbott (R)
Sénateurs John Cornyn (R)
Ted Cruz (R)
ISO 3166-2 US-TX
Fuseau horaire -7 et -6
Démographie
Gentilé Texan, Texane
Population 28 995 881 hab. (2019[1])
Densité 42 hab./km2
Rang 2e
Ville la plus peuplée Houston
Géographie
Altitude 520 m
Min. 0 m
Max. 2 667 m (Pic Guadalupe)
Superficie 696 241 km2
Rang 2e
– Terre 678 907 km2
– Eau (%) 17 333 km2 (2,49 %)
Coordonnées 25°50' N à 36°30' N
93°31' W à 106°38' W
Divers
Langues officielles De jure : Aucune
De facto : Anglais : 64,8 %
Espagnol : 29,5 %
Liens
Site web texas.gov

Le Texas /tɛɡzɑ(s)/[a] ou /tɛksas/[b] Écouter (en anglais : /ˈtɛksəs/[c] Écouter ; en espagnol : /ˈtexas/[d] Écouter) est un État du Sud des États-Unis, le deuxième plus vaste du pays (696 241 km2) après l'Alaska et le deuxième plus peuplé derrière la Californie. Selon le décompte officiel du Bureau du recensement des États-Unis (2010), le Texas aurait 25 145 561 habitants (les toutes dernières estimations indiquent une population de 29,0 millions en 2019). Sa capitale est Austin alors que Houston est sa plus grande ville et Dallas-Fort Worth son agglomération la plus peuplée. Les Texans sont à près de 80 % des citadins et presque la moitié d'entre eux vivent dans deux agglomérations : Dallas-Fort Worth ou Houston. Quatre aires urbaines du Texas comptent plus d'un million d'habitants : Houston, Dallas-Fort Worth, San Antonio et Austin.

Aussi surnommé « The Lone Star State »[2] (« l'État de l'étoile solitaire »), le Texas possède des paysages divers organisés selon un gradient est-ouest : ils évoluent des plaines du Sud profond aux déserts du Sud-Ouest américain. Les milieux naturels sont donc d'une grande variété : marais littoraux, forêts subtropicales, prairies, zones semi-arides et arides, montagnes se succèdent sur plusieurs centaines de kilomètres d'est en ouest. Situé au nord du fleuve Rio Grande, le Texas a d'abord été une colonie espagnole avant de faire partie du Mexique. Après avoir connu une éphémère république indépendante, il fut rattaché aux États-Unis en 1845. État esclavagiste, le Texas participa aux côtés des États confédérés d'Amérique à la guerre de Sécession puis connut une expansion lors des années de course aux champs pétrolifères.

Aujourd'hui, il attire de nombreux immigrants latinos et fait partie des États conservateurs dominés par les républicains. Son économie dynamique repose sur l'élevage, les hydrocarbures, les industries pétrochimiques et de techniques de pointe (aérospatiale, biotechnologies), soutenues par un réseau dense d'universités. Le Texas est le deuxième état le plus riche du pays après la Californie[3]. La culture du Texas reflète des influences et des héritages multiples, amérindiens, afro-américains, européens et hispaniques. L'identité de l'État repose sur un folklore vivant (rodéo, western, country), associé à l'image mythique du cow-boy.

Étymologie

Le nom « Texas » vient du caddo tejas, qui signifie « allié » ou « ami ».

Histoire

Époque précolombienne

Flèches amérindiennes retrouvées au Monument National d'Alibates Flint.
Principaux peuples amérindiens vers 1500.

En l'état actuel de la recherche, la présence humaine sur le territoire texan remonterait à environ 11 200 ans[4].

Cependant, une équipe de chercheurs découvre près de 600 000 artefacts paléolithiques autour du site de Debra, pour la plupart vieux de 13 500 ans à 15 500 ans, indiquant une première implantation antérieure à l'âge de Clovis[5].

Les Paléoindiens qui vivaient à la fin du Pléistocène (vers 9300 – 6000 av. J.-C.) peuvent être rattachés aux cultures Clovis et Folsom : ces nomades chassaient les grands mammifères aujourd'hui disparus tels que les mammouths et les bisons à longues cornes[4] au moyen de flèches et d'atlatls. Ils se fournissaient en silex sur le site d'Alibates Flint au nord du Texas. Le changement climatique qui marqua le début de la période archaïque (vers 6000 av. J.-C. – vers 700 apr. J.-C.), fut marqué par l'extinction des mammifères géants, par une relative croissance démographique à partir du IIIe millénaire av. J.-C. et par l'apparition des premiers échanges. De nombreux pictogrammes dessinés sur les parois des grottes ou sur des rochers sont visibles dans l'État, notamment à Hueco Tanks[6] et à Seminole Canyon.

Certains groupes vivant à l’est du Texas commencèrent à se sédentariser dans les premiers siècles de l'ère chrétienne, à pratiquer l’agriculture et à ériger les premiers tertres funéraires[4]. Cette phase montre l’influence des civilisations qui s’épanouirent dans le bassin du Mississippi comme les Mound Builders.

La nation caddo se constitua entre 500 et 800 alors que les populations du Trans-Pecos furent influencées par la culture mogollon. À partir du VIIIe siècle environ, l'arc et la flèche firent leur apparition dans la région[4], la fabrication de poteries se développa et les Amérindiens dépendirent de plus en plus du bison pour leur survie. Des objets en obsidienne retrouvés dans les divers sites texans témoignent des échanges avec le Mexique actuel et les montagnes Rocheuses. Avant l'arrivée des Européens, le Texas était occupé par plusieurs peuples amérindiens : Alabamas, Apaches, Aranamas, Atakapas, Caddos, Comanches, Coahuiltecans, Cherokees, Chactas, Coushattas, Hasinais, Jumanos, Karankawas, Kickapous, Kiowas et Wichitas[2].

Exploration européenne (XVIe et XVIIe siècles)

L'épave de La Belle, l'un des navires de l'expédition de La Salle.

L’exploration de l’actuel Texas par les Espagnols commença par la voie maritime et répondait alors au besoin de trouver un passage vers l'océan Pacifique. En 1519, Alonso Álvarez de Pineda fut le premier à longer les côtes du golfe du Mexique[7] et à en dessiner le tracé sur une carte[8]. En 1528, le conquistador Álvar Núñez Cabeza de Vaca, survivant de l’expédition de Pánfilo de Narváez, fut le premier Européen à fouler le sol du futur Texas. Il fut suivi par Francisco Vásquez de Coronado qui explora le nord en 1541 à la recherche d’or et de pierres précieuses, recherche qui se révéla infructueuse[9]. L’année suivante, les survivants de l’expédition d’Hernando de Soto arrivèrent par l’est en 1542. D’autres voyages furent menés depuis le Mexique actuel dans les années 1580-années 1590, puis à partir du Nouveau-Mexique au XVIIe siècle notamment sous l'impulsion des franciscains[7].

En 1684, l'explorateur français René-Robert Cavelier de La Salle quitte la France avec pour mission d'établir une colonie en Louisiane à l'embouchure du Mississipi. En 1685 suite à des erreurs de navigation il vogue trop au sud et débarque dans la baie de Matagorda[10] et fit construire le fort Saint-Louis[11] mais ne parvint pas à retrouver l'embouchure du Mississippi qu'il avait descendu quelques années plus tôt. Les Français allèrent jusqu'au Río Grande[11] et sur la rivière Trinity[12]. L'expédition perdit deux navires dans des tempêtes : l'un d'eux, baptisé La Belle, a été retrouvé et fouillé. La Salle partit chercher du renfort au Canada en 1687 et fut assassiné au cours d'une mutinerie[10] sur les côtes du Texas en mars 1687[13]. La petite colonie de Saint-Louis ne résista pas longtemps aux épidémies et à l’hostilité des Amérindiens. Mais la France continua de revendiquer le Texas jusqu’au traité de Paris en 1763. Avertis de la présence française aux portes de la Nouvelle-Espagne, les Espagnols envoyèrent une dizaine d’expéditions entre 1685 et 1689 afin de trouver l'établissement français[7]. En 1689, Alonso de León retrouva fort Saint-Louis qui avait été abandonné ; il le détruisit au cours d'un deuxième voyage l’année suivante.

Le Texas fut intégré à la colonie de Nouvelle-Espagne jusqu’à l’indépendance du Mexique en 1821. À partir de 1716, son nom officiel devient Nouvelles-Philippines (Nuevas Filipinas) mais il restera moins usité que Texas. L'installation des Espagnols, qui commença réellement au XVIIIe siècle[7] répondait à l'expansion de la colonie française de Louisiane à l'est et au souci de préserver les mines d'argent du Mexique. Elle se manifesta par l'installation de colons, la fondation de forts et de missions. Elle se heurta à l'hostilité des Amérindiens.

Premiers établissements

Mission San Antonio (Alamo).

Le plus ancien établissement européen du Texas fut fondé en octobre 1680 par des conquistadors, des frères franciscains et des Amérindiens tiguas : Ysleta dans l'Ouest du Texas actuel, sur le Rio Grande. En 1690 fut fondée la mission franciscaine de San Francisco de los Tejas dans l’Est du Texas à San Pedro Creek dans l'actuel comté de Houston, en territoire nabedache. Mais face à la menace indienne, les religieux durent quitter le site quelques années plus tard.

En 1700, un premier poste fut occupé à Juan Bautista, sur le cours inférieur du Río Grande. Un gouverneur fut installé et de nouveaux presidios furent construits plus à l'est (fort Taovaya, Los Adaes, San Augustin de Ahumada, San Luis de Amarillas…). En 1716 fut fondée la mission Concepcion. La mission de San Antonio de Valero fut inaugurée en 1718. Elle fut transformée à partir de 1803 en poste militaire qui prit le nom d'Alamo en raison de l'arrivée d'un détachement venu de la région d'El Alamo, dans l'État de Coahuila (Mexique). D'autres établissements religieux suivirent par la suite, comme la mission San Juan Capistrano (1731) ou la mission Nuestro Señora del Espíritu Santo de Zúñiga (1732). Sous l’impulsion de José de Escandón, plusieurs villages de colons furent fondés entre 1749 et 1755 dans le Nouvelle-Santander, qui correspondait au sud du Texas et au Tamaulipas mexicain[7]. L'exploration du Texas se poursuivit tout au long du XVIIIe siècle : elle fut le fait des contrebandiers et de coureurs des bois qui nouaient des contacts avec les Amérindiens. L'Américain Zebulon Pike explora une partie du territoire texan en 1806-1807.

Relations

Modifications de frontières après le traité d'Adams-Onís de 1819.

Le traité de Paris (1763) qui mit un terme à la guerre de Sept Ans entre les puissances européennes, modifia considérablement la géopolitique de l’Amérique du Nord. La France perdit le Canada et la Louisiane : la rive occidentale du Mississippi fut remise à l'Espagne[14],[15], tandis que le reste de la Louisiane devint définitivement américain en 1803. La Nouvelle-Espagne n’eut dès lors plus à craindre la présence française. Les Espagnols cherchèrent à relier La Nouvelle-Orléans à Santa Fe à travers le Texas[7]. Les missionnaires, les pionniers et les aventuriers espagnols introduisirent au Texas les premiers chevaux ainsi que des objets en métal et en verre qui transformèrent radicalement le mode de vie des Amérindiens. Le cheval renforça le nomadisme de plusieurs tribus[16] et contribua à modifier leur répartition géographique. C’est aussi à cette époque que de nombreux villages subirent des épidémies ainsi que les attaques des Apaches et des Comanches.

Comanches à l'attaque. George Catlin, 1834.

Les premiers contacts avec les Européens furent souvent pacifiques comme en témoigne l'étymologie du mot Texas : ce dernier vient en effet du caddo « tejas » qui signifie « allié » ou « ami[17],[18],[19],[20] ». Mais très vite, les troupes et les colons espagnols durent affronter les Apaches et les Comanches tout au long du XVIIIe siècle. Après leur indépendance en 1783, les États-Unis s’agrandirent vers l’ouest ; en 1795, la navigation commerciale sur le Mississippi fut ouverte aux Américains[21]. La vente de la Louisiane en 1803 consacra l’accroissement du territoire américain vers l'ouest. L’influence américaine se traduisit également par l’arrivée d’aventuriers comme Philip Nolan (1771-1801), de marchands, de scientifiques comme William Dunbar ou Peter Custis. Le traité d'Adams-Onís de 1819 fixa la frontière entre les territoires américain et espagnol.

Mise en valeur

Mission Concepcion.

Au XVIIIe siècle, la colonie du Texas souffrait de sous-peuplement : il y avait 500 Tejanos en 1731, à peine 1 000 en 1760[22]. La métropole encouragea pourtant l'installation de nouveaux colons en leur offrant le titre d'hidalgo ou des avantages financiers. Elle permit à des Anglo-Saxons de s'installer au Texas : ils étaient recrutés par des agents appelés empresarios, tels que Haden Edwards ou Moses Austin. L'essor économique peina à venir à cause de l'isolement et du monopole du commerce avec l'Espagne : les colons échangeaient des marchandises avec les Français ou les Amérindiens. Les mines étaient exploitées par des esclaves amérindiens[23]. Les Espagnols réalisèrent des travaux d’irrigation le long du Rio Grande[24]. Ils fondèrent des ranchos (ranchs) et imposèrent le système des haciendas : ces grandes exploitations autarciques possédaient plusieurs bâtiments regroupés autour d’une place[25]. Les missions étaient aussi des centres de production agricole et artisanale qui utilisaient la main d'œuvre amérindienne.

La tradition de l'élevage extensif au Texas remonte à la colonisation espagnole. Les bêtes étaient gardées par des vaqueros, les ancêtres des cow-boy, qui maîtrisaient déjà la technique du rodeo pour capturer les bovins sauvages au moyen d'un lazo (lasso). L'élevage produisait essentiellement des peaux et du suif[26].

Texas mexicain (1821-1836)

Province de Coahuila y Tejas en 1833.

En 1821, craignant que la révolution libérale péninsulaire ne s'étende au Mexique, le militaire conservateur Agustín de Iturbide pactise avec le révolutionnaire Vicente Guerrero pour proclamer l'indépendance du Mexique et en offrir le trône à un monarque européen. Devant le refus de Ferdinand VII, il se proclame Empereur de ce nouveau territoire comprenant le Mexique et la Capitainerie générale du Guatemala. Mais les bases de ce nouvel empire sont fragiles et quand Santa Anna se prononce contre Iturbide, celui-ci est contraint de quitter le pouvoir. Une Assemblée constitutionnelle est alors convoquée pour rédiger une nouvelle constitution[27]. Le Mexique devint alors une république fédérale, avec le catholicisme comme religion d’État[28]. Le Texas fut regroupé avec le Coahuila pour des raisons démographiques dans l'État de Coahuila y Texas[29], avec pour capitale Saltillo[28]. En 1821-1822, Moses Austin puis son fils Stephen Fuller Austin firent venir 300 familles anglo-saxonnes au Texas[30],[31], les Old Three Hundred. La colonie avait pour chef-lieu San Felipe de Austin[32], lorsque Stephen Austin mit en place une justice et une milice, ancêtre des fameux Texas Rangers[33]. Au total 24 empresarios participèrent à l’accroissement démographique de la région[34], à sa mise en valeur et à sa défense contre les Amérindiens. Beaucoup de ces immigrants anglo-américains possédaient des esclaves[35]. Le gouvernement mexicain se rendit compte que les anglo-américains refusaient de devenir citoyens, cherchaient à vivre séparément et ne respectaient pas les lois relatives à l’esclavage[36], officiellement aboli en 1829[35]. Le président mexicain Anastasio Bustamante menaça le Texas d’une intervention militaire[37], prit des mesures pour décourager la colonisation anglo-américaine et finit par interdire l’installation d'Américains au Texas[37]. Afin d’empêcher l’immigration américaine, des forts furent construits le long de la frontière avec les États-Unis. Pourtant, ces mesures n’empêchèrent pas l’afflux d’Américains au Texas : De 7 000 vers 1830[38] leur nombre passa à 30 000 vers 1834[39] contre seulement 7 800 Mexicains[40].

Antonio López de Santa Anna.

Le Texas devint par ailleurs un enjeu géopolitique pour les États-Unis : les spéculateurs américains convoitaient les immenses terres du Texas et le gouvernement voyait dans son annexion un moyen de maintenir l’équilibre entre États esclavagistes et abolitionnistes. En 1827 et 1829, les présidents américains John Quincy Adams et Andrew Jackson tentèrent d'acheter la région au gouvernement mexicain, sans résultat[41]. En 1832, des rebelles texans attaquèrent la garnison d’Anahuac et le 26 juin, ils perdirent la bataille de Velasco. En octobre, 55 délégués du Texas formèrent la convention de 1832 à San Felipe et rédigèrent des pétitions adressées au congrès du Mexique. Ils réclamaient l’abrogation des lois de colonisation et la reconnaissance du Texas comme État à part entière[42]. Une seconde convention se tint l’année suivante en vue d’écrire une constitution pour le Texas. Elle fut apportée au président Antonio López de Santa Anna à Mexico par Austin qui fut arrêté le pour trahison[43].

Le gouvernement mexicain fit des concessions aux Texans : l’article 11 des lois de colonisation fut abrogé, ce qui permit aux immigrants américains de s’installer sur le territoire[43]. Le Texas fut divisé en trois départements : San Antonio-Bexar, Brazos et Nacogdoches. L’anglais fut accepté comme deuxième langue[44]. La capitale de l’État fut transférée de Saltillo à Monclova en mars 1833[45]. Mais lorsque le gouvernement mexicain désira supprimer le système fédéraliste pour instaurer une centralisation administrative, la guerre civile se ralluma.

Révolution texane et indépendance

Sam Houston à la bataille de San Jacinto.

La révolution texane commença en octobre 1835 lors de la bataille de Gonzales qui opposa les troupes anglo-américaines aux troupes mexicaines[46]. L'automne fut marqué par plusieurs escarmouches et affrontements. Le , les représentants des diverses colonies texanes se réunirent à San Felipe et déclarèrent vouloir défendre la Constitution mexicaine de 1824. Ils mirent en place un gouvernement provisoire et élurent un parlement. En 1835-1836, Samuel Houston fut nommé à la tête de l'armée texane pour mener la guerre d'indépendance. Le général mexicain Santa Anna décida de mener une expédition punitive[46] destinée à anéantir la rébellion texane. Du 26 février au 6 mars, il mena le siège de Fort Alamo, une ancienne mission de San Antonio (espagnole) occupée par les rebelles. Les 5 000 soldats mexicains[47] finirent par venir à bout des insurgés et entrèrent dans le fort. La bataille fit environ 200 morts du côté des Texans, dont le célèbre Davy Crockett[47]. Les survivants furent capturés et exécutés sur ordre de Santa Anna. La répression s'abattit et l'armée mexicaine se livra à des pillages qui ne firent que souder les colons américains. Les hommes tombés à Fort Alamo devinrent rapidement des héros pour les Texans qui souhaitaient ardemment prendre leur revanche. Pendant ce temps, le 2 mars à Washington-on-the-Brazos, les 59 délégués texans de la Convention de 1836 signèrent une déclaration d'indépendance vis-à-vis du Mexique[48],[46].

L'affrontement final eut lieu le , à la bataille de San Jacinto : Sam Houston conduisit l'armée du Texas (environ 900 hommes[46]) à la victoire contre une partie de l'armée mexicaine du général Santa Anna qui fut capturé peu après la bataille. Celui-ci dut signer les traités de Velasco le établissant l’indépendance du Texas. Samuel Houston devint le premier président de la république du Texas, qui fut officiellement reconnue par le gouvernement fédéral des États-Unis en mars 1837, mais pas par celui du Mexique.

République du Texas (1836-1845)

La république du Texas (1836-1845) : en vert, les territoires texans contestés par les Mexicains.

En 1837, Samuel Houston installa la capitale de la république du Texas dans une ville nouvelle qui porta son nom, avant qu'elle ne soit transférée à Austin en 1839[49]. Le Texas eut sa propre ambassade à Londres entre 1836 et 1845[50]. Le jeune État eut du mal à assurer ses frontières et demanda donc son rattachement aux États-Unis. Le Texas devint un État des États-Unis en 1845.

La plupart des Texans étaient favorables à l'union de leur République à celle des États-Unis. L'urgence du rattachement au puissant voisin se fit sentir lorsque les troupes mexicaines prirent San Antonio le . Une milice dirigée par Mathew Caldwell délivra finalement la ville. Cependant, les abolitionnistes américains voyaient d'un mauvais œil l'entrée du Texas, un État esclavagiste, dans l'Union. Ces réticences furent levées lorsque James K. Polk devint président des États-Unis en 1844. Le , le Congrès des États-Unis vota l'admission du Texas comme État des États-Unis[51]. Washington ne cacha pas ses intentions de fixer la frontière du Texas sur le Rio Grande (et non sur la rivière Nueces) et d'annexer la Californie mexicaine. D'autre part, les Américains réclamaient au gouvernement mexicain des indemnités en compensation des pertes qui eurent lieu au cours des révolutions mexicaines. Ces facteurs, ajoutés à la perte du Texas par le Mexique, déclenchèrent la guerre américano-mexicaine de 1846-1848[52].

Temps des guerres (1846-1870)

Le , les forces du général américain Zachary Taylor se dirigèrent vers le Rio Grande en réaction à la prise de Fort Brown par le Mexicain Mariano Arista ; elles remportèrent la bataille de Palo Alto près de l'actuelle Brownsville. Les Américains finirent par envahir le Mexique et par prendre la capitale le . Le traité de Guadeloupe Hidalgo, signé le , cédait les territoires de Haute-Californie et de Santa Fe du Nouveau-Mexique (constituant pour une grande part la Cession mexicaine), ainsi que le Texas aux États-Unis. Le Mexique obtenait 15 millions de dollars de compensation[53]. Ce dernier récupéra ainsi provisoirement les terres de l'Alta California et de Santa Fe de Nuevo Mexico que les Texans revendiquaient depuis l'indépendance, à savoir ceux situés sur la rive gauche du Rio Grande et à l'est du 107e méridien (au nord de la source du fleuve). Parmi les cinq mesures que prévoyait le compromis de 1850, l'une définissait les frontières actuelles du Texas et octroyait à cet État une indemnité de dix millions de dollars en compensation des terres cédés aux territoires voisins[54] (Utah, Nouveau-Mexique et de l'ancien Territoire du Missouri[55]). Seul le Oklahoma Panhandle resta un territoire en litige jusqu'à la création du Territoire de l'Oklahoma en 1890. Après 1848, le nombre d'immigrants augmenta rapidement en relation avec le développement de la culture du coton[56].

État esclavagiste, le Texas entra dans les États confédérés d'Amérique le [57]. Pendant la guerre de Sécession (1861-1865), le Texas eut un rôle important dans l'approvisionnement en marchandises des États du Sud. Il fournit surtout des cavaliers comme remplaçants pour les confédérés tombés au front. Au milieu de l'année 1863, les nordistes s'emparèrent du Mississippi ce qui eut pour effet de couper le Texas des armées situées à l'est du fleuve. La dernière bataille de la guerre civile eut lieu à Palmito Ranch le [58]. Peu touché par les ravages de la guerre, l'État capitula en 1865 et réintégra l'Union le [59]. Comme dans le reste du Sud des États-Unis, la période de la Reconstruction fut marquée par la ségrégation raciale et les violences contre les Noirs, ainsi que par une profonde crise agricole.

Depuis 1870

Après la guerre de Sécession, les grands propriétaires fonciers s'emparèrent graduellement de la plupart des terres au détriment des petits colons. Entre 1880 et 1884, les grands propriétaires, organisés en véritables trusts basés principalement à Boston et à New York, prennent possession de près de 50 millions d'acres. Ils organisèrent des groupes de voleurs de bétail afin de harceler et ruiner les petits éleveurs ; près de trois millions de têtes de bétail sont volées aux Indiens dans les années 1860. Ils obtinrent par ailleurs la collaboration du Parlement, qu'ils contrôlaient au Texas et au Kansas[60].

Le , le Texas entra dans une période de développement économique avec la découverte du premier puits de pétrole important, le Spindletop, situé au sud de Beaumont. D'autres gisements furent trouvés par la suite dans l'est et l'ouest de l'État, et sous les eaux du golfe du Mexique. À son apogée, la production moyenne était de trois millions de barils par jour en 1972[61]. L'argent du pétrole servit entre autres choses à financer un fonds public pour développer les universités de l'État. Cependant, la Grande Dépression dans les années 1930 eut des effets négatifs sur l'économie et la société texanes, et fit augmenter le chômage. De nombreux paysans abandonnèrent les régions du Dust Bowl, les plaines rendues impropres à la culture par l'érosion éolienne et la sécheresse. C'est également à cette époque que les Afro-Américains du Sud des États-Unis partirent travailler dans la Manufacturing Belt, afin d'échapper à la ségrégation[62]. La part des Noirs dans la population texane passa de 20,4 % en 1900 à 12,4 % en 1960[62].

Après la Seconde Guerre mondiale, le Texas se dota d'un réseau moderne d'universités et de colleges, notamment sous l'impulsion du gouverneur John Bowden Connally. L'État fédéral leur octroya des fonds pour la recherche sous les présidences de Kennedy et de Johnson[63].

Géographie

Généralités

Carte topographique du Texas.
Comparaison de la superficie du Texas et de la France métropolitaine.

Le Texas, qui s’étend entre 25°50’ et 36°30’ de latitude nord, et entre 93°31’ et 106°9’ de longitude ouest, offre des paysages variés. L’extrémité septentrionale du Texas se trouve à peu près à la même latitude que la ville de Tunis, alors que le sud est à la même latitude que Louxor en Égypte. La ville la plus à l'ouest est El Paso. Avec 696 241 km2, le Texas est le deuxième État le plus vaste des États-Unis derrière l'Alaska, ce qui explique la variété des paysages. Il est plus grand que la France métropolitaine. Il s’étend sur environ 1 300 km du nord au sud et sur 1 400 km d’est en ouest. La longueur totale de ses côtes atteint plus de 1 000 km[64]. La plus grande partie du Texas se trouve dans le fuseau horaire des États du centre (UTC−06:00) ; seule la région la plus occidentale (comtés d’El Paso et d’Hudspeth) appartient au fuseau horaire des montagnes (UTC−07:00). L'État possède une frontière commune avec le Mexique. Cette région est une zone d'échanges humains et économiques. Les États américains qui bordent le Texas sont la Louisiane et l'Arkansas à l'est, l'Oklahoma au nord, et le Nouveau-Mexique à l'ouest.

Les frontières du Texas ont longtemps été disputées entre les puissances coloniales européennes, le Mexique et les États-Unis. Aujourd’hui, plusieurs cours d’eau marquent les limites de l’État : le Rio Grande au sud, la Rivière rouge au nord et la Sabine à l’est[20]. Le Texas appartient à plusieurs ensembles régionaux : à la Sun Belt pour son climat et son dynamisme économique ; au Far West par ses paysages et son folklore ; mais aussi au Sud des États-Unis pour son histoire et sa culture. Il s'ouvre sur le golfe du Mexique et sur la Mexamerica à cause de son passé et de ses relations avec le pays voisin.

Relief

Carte simplifiée du relief du Texas.

Le Texas constitue une zone de transition entre les plaines de l'Est des États-Unis et les montagnes de l'Ouest américain. Le relief s'organise en paliers d'orientation longitudinale, les plus hautes altitudes se trouvant à l'ouest : c’est là que se situe le point culminant du Texas, le pic Guadalupe (2 667 m). Cependant, les plaines, les collines et les plateaux sont les reliefs dominants : l'altitude moyenne de l'État est de 520 m. Le Texas peut être divisé en trois grands ensembles naturels : les plaines littorales et orientales, les plateaux du centre, et les montagnes de l’Ouest. Les côtes du golfe du Mexique sont basses et découpées par des baies et des estuaires. Elles sont bordées par plusieurs grandes îles, dont la plus étendue est l'île Padre (542 km2[65]).

Le Sud du Texas est occupé par une partie de la plaine côtière qui se prolonge jusqu’en Floride. Avec une grande moitié est, il se caractérise par de faibles altitudes (moins de 300 mètres) et un relief relativement plat ou légèrement vallonné, favorable aux activités humaines.

Le centre du Texas est constitué de plateaux et de hautes plaines, bordés par des escarpements (escarpement de Balcones, escarpement du Caprock) ; il représente une zone de transition entre les Grandes Plaines et les plaines côtières. Le plateau d'Edwards offre un relief karstique et se rattache aux Grandes Plaines[66]. Plus au nord se succèdent la Llano Estacado, considérée comme l'une des plus grandes mesas d'Amérique du Nord[67] et le Panhandle, formé de hautes plaines et de plateaux disséqués par des gorges. Ici, le canyon de Palo Duro, le deuxième des États-Unis par ses dimensions, après celui du Colorado[68].

Enfin, le Trans-Pecos à l’extrémité ouest désigne un ensemble complexe de chaînes de montagnes, de plateaux et de fossés d’effondrement arides ou semi-arides. Les montagnes Guadalupe sont les plus hautes.

Hydrographie

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Quelque 3 700 cours d'eau et 15 systèmes fluviaux représentant une longueur cumulée de 307 385 km irriguent le Texas. La plupart des fleuves ont une orientation nord-ouest/sud-est. Le Rio Grande revêt une importance économique et démographique de premier ordre. Il prend naissance dans les montagnes Rocheuses dans l’État du Colorado et coule sur 3 034 km dont 2 018 km correspondent à la frontière entre les États-Unis et le Mexique. Son débit moyen est de 160 m3/s. Au Texas, son principal affluent est le Pecos (1 490 km au total depuis le Nouveau-Mexique). Avec 607 000 km2, le bassin versant du Rio Grande est l’un des plus vastes de l’Ouest américain et déborde sur le Nord du Mexique. Il forme un petit delta sablonneux à son embouchure dans le golfe du Mexique.

Le Brazos est le plus grand fleuve du Texas : il mesure 2 060 km ce qui en fait le onzième des États-Unis[69]. Son bassin hydrographique couvre quelque 116 000 km2[70]. Le Colorado prend sa source près de Lamesa, traverse la ville d’Austin et parcourt quelque 1 380 km. D’autres fleuves arrosent le Texas : la Sabine (893 km), la Trinity (885 km), la Neches (669 km) et le Rio Nueces (507 km), qui se jettent tous dans le golfe du Mexique. L’État est également parcouru par plusieurs affluents du Mississippi : la Red River forme la frontière nord du Texas. Elle mesure 2 190 km de long dont 1 030 km forment la frontière du Texas[71]. La Canadian River se jette dans l’Arkansas, un affluent du Mississippi, et coule dans le Texas Panhandle. Enfin, dans les régions arides du l’Ouest, certains cours d’eau sont temporaires.

Le lac Caddo est le plus grand du Texas : il se trouve à l'est et mesure 103 km2. Plusieurs lacs de barrage sont présents sur le Colorado comme le lac Buchanan (90,4 km2) ou le lac Travis (77 km2). Au total, on recense plus de 180 lacs artificiels et réservoirs[20], qui sont principalement situés à l’est. Le réservoir Sam Rayburn est l'un des plus importants : il mesure 5,9 km de long pour une superficie de 463 km2[72]. Les infiltrations d’eau dans les terrains calcaires du Texas ont engendré la formation de grottes et de cavernes dans plusieurs régions notamment dans le relief karstique du plateau d'Edwards (Inner Space Cavern, Natural Bridge Cavern, Wonder Cave). L'aquifère d'Edwards s'étend sur environ 10 300 km2 et fournit de l’eau à plus de deux millions de personnes[73]. L’eau réapparaît au pied du plateau sous forme de résurgences qui ont permis l’implantation de nombreuses villes. Il existe par ailleurs une nappe phréatique fossile sur le rebord de la Llano Estacado, exploitée par les agriculteurs.

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Climat

À cause de sa superficie, le Texas se caractérise par des climats variés dont les précipitations et les températures varient selon la latitude et l'altitude. Les précipitations annuelles sont comprises entre 1 538,5 mm dans le comté de Jasper (Texas) à l'est, et 239,5 mm à El Paso à l'ouest. Les températures les plus chaudes connues furent de 49°C relevés à Seymour le et à Monahans le . Le record de froid connu (−31 °C) a été mesuré à Tulia le et à Seminole le [74].

Le Sud-Est du Texas se trouve en climat subtropical humide (Cfa dans la classification de Köppen, station de Houston ci-dessous), et possède une végétation proche de celle de la Louisiane voisine. Les précipitations dépassent 1 000 mm par an et sont réparties de manière assez régulière sur l'année, avec un maximum en été sur la côte. La température moyenne annuelle est supérieure à 15 °C. Les étés sont chauds et humides avec des températures qui peuvent dépasser les 40 °C (soit 40,0 °C) plusieurs jours d'affilée (souvent lourds avec un indice humidex élevé), les hivers frais. L'amplitude thermique annuelle est donc relativement importante surtout à l'intérieur des terres. Entre mai et septembre, ces régions sont touchées par des tempêtes et des ouragans qui provoquent d'importants dégâts.

L'Ouest est davantage aride (voir la station d'El Paso ci-dessous). La chaleur est modérée par l'altitude. L'irrigation est nécessaire à l'agriculture, la végétation est adaptée à la sécheresse. La plus grande partie de l'État appartient à l'ensemble naturel des Grandes Plaines. Le climat du Nord (Texas Panhandle) est continental. La région connaît une forte amplitude thermique. La neige (environ 58 cm par an[20]) recouvre le sol tout l'hiver. Le blizzard peut paralyser les réseaux de transport en hiver[20]. En janvier et février, les vagues de froid (coldwave) peuvent faire chuter brutalement les températures. Les tornades sont des phénomènes violents et ponctuels qui concernent cette partie de la « Tornado Alley ». Elles naissent de la rencontre de l'air tropical avec l'air plus froid venant du nord. Les averses soudaines et brutales provoquent la crue des fleuves. En été, les vents brûlants provoquent des sécheresses et favorisent l'érosion des sols comme dans le Dust Bowl durant les années 1930. Les orages peuvent provoquer des incendies.

Fin août 2017, l'ouragan Harvey touche de plein fouet une grande partie du Texas et de la Louisiane voisine. D'abord classé niveau quatre (sur cinq) en raison de ses fortes rafales de vent, il est rétrogradé en niveau un (tempête tropicale). Cependant, l'ouragan stagnera pendant plusieurs jours sur l'État américain, causant un niveau de précipitations sans précédent : il y tombera l'équivalent de deux années de précipitations en six jours, soit environ 1,27 m de pluie. Le 28 août 2017, l'état d'urgence est déclaré par le Président Donald Trump en Louisiane. Près de 200 hélicoptères et plus de 15 000 hommes sont déployés dans les deux États pour venir en aide aux populations.

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Milieux naturels et environnement

Le tatou est l'un des animaux symboles du Texas.

Les principaux milieux naturels du Texas sont les marais et les lagunes sur le littoral, les forêts à l’est et au centre, la prairie au nord, les déserts et les montagnes à l’ouest. Certains secteurs sont préservés par des parcs naturels : le parc national de Big Bend, le parc national des Guadalupe Mountains, le canyon de Palo Duro en sont quelques exemples.

La faune et la flore du Texas sont très variées : une centaine d’espèces de mammifères sont originaires du Texas, de même qu’une centaine d’espèces de serpents, dont les plus dangereux sont le crotale et le mocassin d'eau[20]. Quelque 550 espèces d’oiseaux ont été repérées au Texas, soit près des 3/4 des espèces que l’on peut observer aux États-Unis[20]. Les symboles de l’État révèlent également la biodiversité du Texas : moqueur polyglotte (passereau), tatou (mammifère), molosse du Brésil (chauve-souris), monarque, crapaud cornu (lézard), Buccinum (coquillage), piment jalapeño, Opuntia (cactus), pacanier (arbre). Plusieurs espèces sont protégées par le gouvernement comme le bison, le puma, le pronghorn et le loup rouge. Cependant, l’environnement du Texas est fragilisé par le changement climatique et les activités humaines : la fréquence des tempêtes et des ouragans érodent le littoral, qui est par ailleurs soumis à la pression foncière. La pollution industrielle menace les cours d’eau, les baies et les nappes phréatiques. Houston est la ville la plus polluée du pays. L’irrigation intensive et le surpâturage menacent le Nord et l’Ouest de l’État.

Villes, urbanisme et architecture

La capitale du Texas, Austin.

Les villes du Texas se sont développées après la Seconde Guerre mondiale comme dans d'autres régions de la Sun Belt. Si le Texas a longtemps été un État rural, plus de 80 % des habitants résident aujourd'hui dans une ville, ce qui en fait l'un des taux d'urbanisation les plus élevés des États-Unis[75]. Les aires métropolitaines de la Sun Belt se caractérisent par une forte croissance démographique : entre juillet 2006 et juillet 2007, la population de Dallas-Fort Worth a augmenté de 162 000 habitants, ce qui représente le record du pays[76]. Houston arrive à la quatrième place ce classement, Austin à la huitième place et San Antonio à la dixième[76]. Le réseau urbain du Texas est dominé par trois métropoles de plus d'un million d'habitants (Houston, Dallas et San Antonio qui forment un triangle urbain), une capitale d'État (Austin) et des centres secondaires comme Fort Worth et El Paso.

Rang au
scope=col |Texas
Rang aux
États-Unis
Ville Population
de la
commune
Superficie
(km2)
1 4 Houston 2 144 491 1 558
2 7 San Antonio 1 256 509 1 067
3 9 Dallas 1 213 825 997
4 16 Austin 709 893 669
5 19 Fort Worth 624 067 774
6 21 El Paso 609 415 649
7 50 Arlington 362 805 257
8 64 Corpus Christi 283 474 1 192
9 70 Plano 250 096 186
10 86 Garland 216 346 148

La dissociation entre lieu de travail et lieu de résidence, conséquence de l'exurbanisation et de l'étalement urbain, pousse les Texans à se déplacer en voiture, ce qui provoque des embouteillages aux heures de pointe. Houston est la ville la plus polluée du pays : une agence de contrôle de la pollution a été créée dès les années 1950. Le canal de Houston reste l'une des voies d'eau les plus polluées du monde, malgré l'installation d'usines de retraitement des eaux dans les années 1980[75]. La faune de la baie de Galveston est menacée par les rejets industriels. La gestion des ordures des grandes villes pose également des problèmes. Houston est la ville des États-Unis qui recycle le moins ses déchets avec seulement 2,6 % des déchets recyclés contre 69 % à San Francisco et 34 % à New York[77].

Abandonnés par les classes moyennes après la Seconde Guerre mondiale, les centres des villes texanes connaissent depuis les années 1990 un certain renouveau. La ville d'Austin a densifié son centre-ville, créé des espaces piétonniers sur le modèle de Vancouver et aménagé des pistes cyclables, notamment autour du lac Lady Bird[78]. La création d'arts district, ces quartiers centraux revitalisés par une politique qui vise à attirer les artistes et les institutions culturelles, porte ses fruits à Houston (Houston Theater District) et à Fort Worth (autour du Bass Performance Hall)[79]. À Dallas, le Deep Ellum, un quartier qui subissait autrefois de graves problèmes sociaux et d’insécurité, est en cours de gentrification et de renouvellement urbain.

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À l'époque coloniale, les Espagnols ont construit un réseau de missions catholiques, dont l'architecture témoigne de leurs fonctions à la fois économiques et religieuses. Le bâtiment le plus célèbre de cette époque est la mission Alamo, qui fut le théâtre du siège de Fort Alamo. L'emprise coloniale se manifesta également par l'édification de forts destinés à défendre une région qui fut âprement convoitée. Les villes hispaniques suivaient un modèle importé de la métropole, selon lequel les principaux bâtiments publics s'organisaient autour d'une place, comme à San Antonio, fondée au début du XVIIIe siècle. L'architecture de plantation caractérise l'est du Texas, une région voisine de la Louisiane. Aujourd'hui, l'architecture civile du Texas est riche de ces différents apports qui s'illustrent dans les maisons d'un étage à la manière des ranchs, et de celles qui comportent deux étages, dans le style géorgien[75]. Avec le rattachement du Texas aux États-Unis en 1845, chaque chef-lieu de comté se dota d'une cour de justice qui fut le plus souvent surmontée d'un dôme. Plusieurs de ces cours ont été classées comme monuments historiques. Le capitole de l'État du Texas (1882-1888) à Austin comporte lui aussi une coupole, pour imiter celui de Washington, D.C.[75] Reconnu National Historic Landmark en 1986, il s'agit du plus grand capitole du pays, derrière celui de Washington, D.C.[80]

La croissance économique du Texas dans la deuxième moitié du XXe siècle a permis le développement d'une architecture moderne variée et de qualité. Aussi, de nombreux architectes renommés ont travaillé pour le Texas : Frank Lloyd Wright[81], Tadao Andō, Louis Kahn, Ieoh Ming Pei, Philip Johnson, Renzo Piano, Steven Holl, Robert A. M. Stern, Richard Meier et César Pelli ont dessiné les plans de musées ou d'édifices publics. Les métropoles texanes possèdent de nombreux gratte-ciel qui forment les skylines caractérisant le centre des villes aux États-Unis. Houston possède 29 gratte-ciel de plus de 152 mètres et Dallas 19. La tour la plus haute est la JPMorgan Chase Tower (Houston) (305 m), construite en 1982 et qui est la 12e des États-Unis. Elle est suivie par la Wells Fargo Plaza (Houston, 302 m, 1983) et la Bank of America Plaza (Dallas, 281 m, 1985). Ces gratte-ciel témoignent de la puissance économique du Texas.

Régions

La région des Piney Woods au Texas.

Le Texas peut être divisé en plusieurs régions géographiques, parmi lesquelles[82] :

  • le Big Bend Country ;
  • le Gulf Coast ;
  • le Hill Country ;
  • les Panhandle Plains ;
  • les Piney Woods ;
  • les Prairies and Lakes ;
  • et les South Texas Plains.

Parcs nationaux

Le parc national de Big Bend.

On compte 16 parcs nationaux au Texas :