Université de Genève
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Université de Genève
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Histoire et statut
Fondation
Type
Nom officiel
Schola Genevensis
(lit. « École de Genève » en latin)
Régime linguistique
Fondateur
Recteur
Prof. Yves Flückiger
Membre de
Site web
Chiffres-clés
Étudiants
17 744[3]
Budget
760 millions CHF (2016)[1]
Localisation
Ville
Pays

L'Université de Genève (en abrégé UNIGE ou parfois UniGE, ou UGE) est l'université publique de la ville et du canton de Genève en Suisse. Elle est fondée en 1559 par Jean Calvin, sous le nom d'« Académie de Genève », originellement comme un séminaire théologique et humaniste protestant, avant de subir un long processus de laïcisation.

L’UNIGE est la troisième plus grande université de Suisse en nombre d’étudiants et compte pratiquement 40 % d'étudiants internationaux en 2017[4]. Elle propose plus de 25 Bachelors, 100 Masters et 80 Doctorats. En 2016, l'Université est classée au 53e rang des universités mondiales du Classement académique des universités mondiales par l'université Jiao Tong de Shanghai, au 95e rang par le QS World University ranking et au 131e rang par le classement TIMES Higher Education World University Rankings[5].

L'Université de Genève concentre ses activités sur l'enseignement, le service à la cité et la recherche scientifique fondamentale et appliquée qui est développée au sein de multiples domaines. Cette polyvalence est incarnée par les neuf facultés et les quatorze centres et instituts interfacultaires de l’institution[6]

L’UNIGE est entre autres membre de la LERU, du groupe de Coimbra, du G3 de la francophonie et de l'Agence universitaire de la Francophonie. Elle collabore également, tant au niveau de l’enseignement que de la recherche, avec de nombreuses institutions internationales telles que le CERN, les nombreuses agences politiques et diplomatiques des Nations unies installées à Genève ou encore la NASA dont le principal centre de recherche situé hors des États-Unis est domicilié à Genève.

Elle a par ailleurs accueilli, en qualité d'étudiants, de chercheurs ou d'enseignants treize récipiendaires du prix Nobel et trois récipiendaires de la médaille Fields.

Historique

Fondée en 1559 par Jean Calvin, sous le nom d'« Académie de Genève », comme un séminaire théologique et humaniste, elle obtient un rayonnement important[7].

Influence de la Réforme

L'histoire de la fondation de l'Académie de Genève est indissociable du mouvant de la Réforme protestante à Genève[8]. L'académie entamera par la suite un long processus de laïcisation[9].

Le les Genevois réunis en un conseil adoptent la Réforme et Genève prend une indépendance souveraine de facto de tout pouvoir princier ou ecclésiastique. Ils adoptent également un « article des écoles » qui établit l'obligation d'envoyer ses enfants à l'école.

L'établissement des idées de la Réforme par Calvin, qui s'établit dans la cité en 1536, ne se fait pas sans heurts et Calvin est chassé de la Cité en 1538. Cet épisode est relaté dans un ouvrage de Marie Dentière La guerre et deslivrance de la ville de Genève[10]. Calvin est rappelé en 1541 à Genève pour parachever son entreprise d'établissement de la Réforme et formule alors son programme scolaire dans les Ordonnances ecclésiastiques du . Afin d'asseoir la foi dans les mentalités, il faut avoir recours à des docteurs formés en théologie qui puissent acquérir des compétences en prédication et instruire la population. La nécessité d'une académie s'impose alors pour former ces futurs théologiens[8].

Calvin se fonde sur l'exemple de l'Académie de Lausanne qui est fondée en 1537 par les autorités bernoises. À la suite d'un conflit religieux, Théodore de Bèze quitte l'Académie de Lausanne et vient à Genève en 1558 pour aider Calvin dans son projet d'académie. C'est le début d'une rivalité séculaire entre les deux institutions, ce qui fait croire au doyen Haller pasteur de la ville de Berne que Genève a monté une conspiration contre Lausanne[8].

La pratique de l'enseignement de l'exégèse est adoptée, inspirée probablement de l'expérience de Ulrich Zwingli à l'Académie de Zürich dès 1553. Elle consiste en des réunions des élèves et des pasteurs pour lire et commenter les textes religieux.

Ouverture de l'académie de Genève en 1559

L'académie est fondée en 1559, ce que retrace le document fondateur intitulé « Leges Academiae Genevensis »[11]. Calvin et Théodore de Bèze se partagent la chaire de théologie.

On y enseigne alors la rhétorique, la dialectique, l'hébreu et le grec ancien[12].

Théodore de Bèze en devient également le premier recteur élu par la Compagnie des pasteurs. Cette fonction à l'époque ne lui confère pas un réel pouvoir, mais lui donne les tâches de consigner dans le Livre du recteur la liste des étudiants inscrits (les étudiantes ne sont pas acceptées)[8]. Théodore de Bèze est dès le départ attaché à une mission éducatrice et internationale de l'académie qui va au-delà de l'endoctrinement religieux prôné par Calvin[9]. Il souhaite voir les enseignements de théologie complétés par la médecine et le droit.

Dès 1581, un lent mouvement de laïcisation se développe et le Conseil d'État de Genève nomme trois « scholarques » à l'académie.

L'académie étendra par la suite ses disciplines au siècle des Lumières et prendra le nom d'« université » en 1873, parallèlement à la création de la Faculté de médecine, qui ouvre ses portes en 1876. Ces changements sont introduits par le conseiller d'État radical Antoine Carteret — le même qui, simultanément, rend l'école publique gratuite et obligatoire à Genève.

En 2009, l'Université de Genève a célébré son 450e anniversaire à travers un programme de manifestations publiques[13].

Recherche

Appareillage de microscopie à sonde locale pour l'étude des matériaux.

L'Université de Genève est la maison-mère de sept pôles de recherche nationaux[14], en génétique (Frontiers in Genetics), en sciences des matériaux ( MaNEP), en étude des émotions (Affective Science), en biologie chimique (en codirection avec l'École polytechnique de Lausanne), en étude des maladies mentales (« Synaptic », en codirection avec l'École polytechnique de Lausanne et l'Université de Lausanne), en étude des parcours de vie (en codirection avec l'Université de Lausanne) et en études des mathématiques et physique théorique (SwissMAP - en codirection avec ETH Zurich). L'UniGe se profile également dans le domaine des études internationales, avec la création, en 2013 du Global Studies Institute[15], celui de la finance, avec le Geneva Finance Research Institute[16], et des études environnementales, avec la création, en 2009, de l'Institut des sciences de l'environnement[17].

Pas moins de 60 millions de francs suisses ont été attribués par le Fonds national suisse de la recherche scientifique aux chercheurs genevois en 2016[18].

La communauté universitaire genevoise bénéficie en outre d'un accès à de riches bibliothèques et à des documents comme les archives de Jean Piaget. De plus, elle profite d'un esprit d'innovation dont témoignent des chercheurs de pointe comme Michel Mayor, avec la découverte des exoplanètes, Denis Duboule avec la génétique ou Nicolas Gisin avec la téléportation quantique.

Enseignement

Campus

Collaborations

L'UNIGE développe des liens avec les organisations internationales et non gouvernementales établies à Genève[citation nécessaire]. Ses programmes d'études[Lesquels ?] se développent dans ce domaine avec des organisations comme le BIT, l'OMS, l'ONU mais également les instituts rattachés à l'université : l'Institut de hautes études internationales et du développement et l'Institut œcuménique de Bossey.

Basé à Genève, le réseau suisse pour les études internationales vise ainsi à faire collaborer chercheurs et organismes internationaux sur des thèmes comme le droit humanitaire ou le développement durable. Depuis 2006, l'UNIGE propose un baccalauréat en relations internationales[19], une formation complète et pluridisciplinaire. En 2013 a été créé le Global Studies Institute[15], qui propose, outre le baccalauréat en relations internationales, un Master en études européennes et un master « Russie-Europe médiane ».

Conjointement avec les autres universités romandes, Genève propose plusieurs diplômes post-grades en sciences économiques et sociales, en pharmacie, en biomédecine, en psychologie, lettres, études genre, écologie humaine et science de l'environnement, sociologie et biologie.

Apprentissage en réseau

Sur le plan national, l'UNIGE participe notamment à deux réseaux de collaborations : Science, Vie, Société (SVS), programme d'innovation et de développement élaboré avec l'Université et l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, et le Triangle azur, réseau comprenant les universités de Lausanne (UNIL) et de Neuchâtel (UNINE), qui visent à la mise sur pied de formations communes.

Les scientifiques de l'université collaborent avec ceux du CERN, de l'Observatoire européen austral, de l'Agence spatiale européenne et de la NASA. Dans le cadre du sixième « Russie-Europe médiane » PCRD, qui s'étend de 2002 à 2006, 42 projets étaient en cours en 2004. Parmi ceux-ci, 17 portaient sur les technologies de l'information, 15 sur les sciences de la vie, quatre sur les nanosciences et l'étude des matériaux, trois sur les sciences sociales et humaines, deux sur l'énergie et un sur l'astronomie. Enfin, sur le plan international, l'UniGe ne compte pas moins de 80 accords de collaboration avec des universités des cinq continents.

Afin de renforcer ses liens avec la Genève internationale, l'Université de Genève a également créé le Réseau universitaire international de Genève en 1999, en collaboration avec Institut de hautes études internationales et du développement, l'Office des Nations unies à Genève et le CICR. Cet organisme a été rebaptisé « réseau suisse pour les études internationales » en 2008, ouvrant sa participation aux chercheurs de toute la Suisse.

Instituts et fondations associés