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Vitry-le-François
Vitry-le-François
L'hôtel de ville vu depuis son parc.
Blason de Vitry-le-François
Blason
Vitry-le-François
Logo
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Marne (sous-préfecture)
Arrondissement Vitry-le-François (chef-lieu)
Canton Vitry-le-François-Champagne et Der
Intercommunalité Communauté de communes Vitry, Champagne et Der
Maire
Mandat
Jean-Pierre Bouquet (PS)
2014-2020
Code postal 51300
Code commune 51649
Démographie
Gentilé Vitryates, Vitryats
Population
municipale
12 805 hab. (2015 en diminution de 4,33 % par rapport à 2010)
Densité 1 985 hab./km2
Population
aire urbaine
32 003 hab. (2015)
Géographie
Coordonnées 48° 43′ 32″ nord, 4° 35′ 07″ est
Altitude 102 m
Min. 92 m
Max. 112 m
Superficie 6,45 km2
Localisation

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Vitry-le-François

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Vitry-le-François
Liens
Site web vitry-le-francois.net

Vitry-le-François (prononcé [vitʁiləfʁɑ̃swa] Écouter ou [vitʁilfʁɑ̃swa]) est une commune de l'Est de la France, située dans le département de la Marne, dont elle est l'une des sous-préfectures, en région Grand Est.

La ville est relativement récente puisqu'elle a été créée en 1545, par la volonté de François Ier de reconstruire le bourg de Vitry-en-Perthois, détruit par la guerre. La nouvelle cité, construite d'après les plans de Girolamo Marini, reçoit alors du roi de France son nom et sa devise. Située sur la rive droite de la Marne, Vitry-le-François s'est notamment développée grâce à son activité de batellerie, qui s'est encore accrue avec l'arrivée d'importants canaux à la fin du XIXe siècle, avant de disparaître et laisser place aux grandes industries.

Sa situation géographique en fait un lieu de passage des armées depuis le Moyen Âge. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la ville est presque détruite par les bombardements. À la fin de la guerre, Vitry-le-François est reconstruite et conserve le plan de son centre-ville en damier. Puis, dans les années 1960, la commune voit de nombreux logements collectifs s'installer sur son territoire. Sa population a ainsi fortement augmenté, doublant entre 1946 et 1968. Même si elle reste la quatrième ville du département de la Marne avec 14 207 habitants en 2008, le nombre de Vitryats et Vitryates ne cesse de diminuer depuis les années 1980.

Géographie

Situation

Vitry-le-François est la « capitale du Perthois »[1], une région plate — constitutive de la Champagne humide — qui est couverte de grandes cultures, de prairies, d'étangs et de peupleraies[2], dans le sud-est de la Marne, en Champagne-Ardenne.

La commune, au croisement des ensembles géographiques de la Champagne crayeuse ou « pouilleuse » (à l'ouest), de l'Argonne (au nord-est) et du Pays du Der (au sud-est), est également comprise dans la vallée de la Marne. Elle se situe, à vol d'oiseau, à 28 kilomètres[3] au nord-ouest de Saint-Dizier et 31 kilomètres[4] au sud-est de Châlons-en-Champagne. Elle est distante d'environ 80 kilomètres de Reims, de 120 kilomètres de Nancy, de 175 kilomètres de Paris et de 300 kilomètres de Bruxelles[5].

La ville est mitoyenne, au nord, de l'actuelle Vitry-en-Perthois. À l'ouest, la Marne fait office de séparation naturelle avec le hameau Les Indes de Blacy. Vitry-le-François est limitrophe au sud de la petite ville de Frignicourt et à l'est du village industriel de Marolles[6].

Rose des vents Vitry-en-Perthois Rose des vents
Blacy N Marolles
O    Vitry-le-François    E
S
Frignicourt

Géologie et relief

Vitry-le-François est dominée par les monts Royer et le mont de Fourche[Note 1] de Vitry-en-Perthois, qui culminent respectivement à 153 et 207 mètres[6]. La ville se situe à faible altitude notamment en raison de sa situation dans la vallée de la Marne. Ainsi sur le territoire de la commune, qui s'étend sur 645 hectares[7], l'altitude est généralement comprise entre 100 et 105 mètres[6]. Elle varie cependant de 92 à 112 mètres[7].

La zone est construite sur des alluvions anciennes de la Marne et de la Saulx qui constituent la plaine du Perthois. Ces alluvions, qui n'ont pas franchi la côte de Champagne en lente surrection, se composent de graviers calcaires du Tithonien et du Kimméridgien (datant d'il y a environ 150 millions d'années) et peuvent atteindre jusqu'à 7 mètres d'épaisseur. Sous celles-ci, se trouvent des couches aquifères datant du Turonien (craies blanches à grises) et imperméables du Cénomanien, formées de craie grise, d'argiles sableuses et de marnes glauconieuses[8].

À l'ouest de la municipalité[Note 2], à la limite orientale du Bassin parisien, la Champagne humide laisse place à la Champagne crayeuse où affleure une craie du Crétacé supérieur formée à partir de restes calcaires de micro-organismes planctoniques[9]. Cette craie poreuse et épaisse a permis la formation en Champagne-Ardenne d'une immense « nappe de la craie » souterraine qui alimente de nombreux cours d'eau[10].

Panorama de Vitry-le-François et de la campagne environnante avec, au centre, la zone industrielle et au premier plan, en contrebas, Vitry-en-Perthois.
Vitry-le-François vu depuis le nord, au mont de Fourche qui culmine à 207 mètres d'altitude sur le territoire de Vitry-en-Perthois.

Hydrographie

Photographie, prise depuis le quai, du canal de la Marne au Rhin et de ses pontons, avec en arrière-plan une péniche.
Le quai et le port de plaisance du canal de la Marne à la Saône.

La ville s'établit sur la rive droite de la Marne. Elle se trouve en aval du lac du Der-Chantecoq, aménagé dans les années 1960 et 1970 pour réguler le cours de la rivière[11]. Deux autres cours d'eau traversent le territoire communal. À l'extrême-nord, la Saulx, longue de 127 kilomètres, conflue avec la Marne. Le ruisseau de Marvis, affluent en rive gauche de la Saulx, s'écoule également d'est en ouest au nord de Vitry-le-François. On y trouve par ailleurs un étang, près de la zone industrielle, celui des Vassues[6].

La commune est parfois considérée comme un « nœud fluvial »[12] en raison de sa position au carrefour de trois principaux canaux :

  • le canal de la Marne à la Saône qui relie Vitry à Maxilly-sur-Saône sur 224 km[13]. Il a été construit à la fin du XIXe siècle et a été renommé « canal entre Champagne et Bourgogne » en 2005[14] à des fins touristiques ;
  • le canal de la Marne au Rhin qui débute au niveau du canal précédent et parcourt au total 131 km[15]. Il a été aménagé entre 1838 et 1855 pour relier le Bassin parisien à Nancy puis Strasbourg et l'axe rhénan[16] ;
  • le

    Le climat est de type « tempéré océanique humide » (Cfb) d'après la classification de Köppen. C'est un climat océanique dégradé qui se traduit par un temps doux et humide[17] mais où les hivers peuvent aussi se révéler rudes et les étés fort chauds[18]. La station météorologique la plus proche, celle de Saint-Dizier, a ainsi enregistré une température minimale de −22,5 °C en 1956 et un record de chaleur de 40,4 °C durant la canicule de l'été 2003[19].

    Données climatiques à Saint-Dizier
    Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
    Température minimale moyenne (°C) 0,2 0,3 2,6 4,3 8,6 11,5 13,5 13,3 10,3 7,2 3 1,4 15,3
    Température maximale moyenne (°C) 5,9 7,5 11,4 14,7 19,3 22,2 24,9 24,8 20,7 15,6 9,6 6,9 6,4
    Ensoleillement (h) 65 83 130 159 208 208 226 236 158 107 59 43 1 682
    Précipitations (mm) 74 63 67 57 72 73 72 64 74 79 75 88 857
    Source : Station météorologique de Saint-Dizier, située à 139 m d'altitude. Chiffres Météo-France[20].


    Ville Ensoleillement
    (h/an)
    Pluie
    (mm/an)
    Neige
    (j/an)
    Orage
    (j/an)
    Brouillard
    (j/an)
    Moyenne nationale 1 973 770 14 22 40
    Saint-Dizier[19] 1 682 857 24 25 54
    Paris 1 661 637 12 18 10
    Nice 2 724 733 1 29 1
    Strasbourg 1 693 665 29 29 53
    Brest 1 605 1 211 7 12 75

    Voies de communications et transports

    Transports routiers

    Photographie des immeubles HLM du quartier du Hamois avec en premier plan, la RN 44.
    La RN 44 dans le quartier du Hamois.

    En plus d'être un « nœud fluvial » accueillant un port fluvial de plaisance[21], la commune, où plus de 70 % des ménages possèdent un véhicule[22], est également un carrefour routier.

    Elle est traversée par la RN 4, en provenance de Paris et qui se transforme en une voie rapide peu après la ville, en direction de Saint-Dizier puis Nancy. La RN 4 rejoint la RN 44 qui relie Cambrai et Châlons-en-Champagne à Vitry. La D 396 permet dans un sens (depuis le sud) d'accéder à la RN 4 sans traverser le centre-ville et de rejoindre Brienne-le-Château ou le lac du Der-Chantecoq dans le sens inverse. La D 982 relie la portion de la RN 4 en provenance de Paris à celle qui se dirige vers Nancy, et mène ensuite à Vitry-en-Perthois puis Sainte-Menehould[6].

    L'accès autoroutier le plus proche est la sortie Sortie 20 de l'A26, située au niveau de la commune de Sommesous à environ 30 kilomètres à l'ouest du centre de Vitry-le-François[6].

    Transports en commun

    Photographie de la façade de la gare SNCF de Vitry-le-François et de son parking.
    La gare SNCF de Vitry-le-François.

    La municipalité a mis en place à partir du 1er octobre 2007 un réseau de transports urbains gratuit appelé « VitryBus »[23]. Sa flotte de micro bus d'une capacité de 20 places, adaptés aux personnes handicapées, dessert les deux lignes que compte le réseau, et ce 14 fois par jour[24]. Par ailleurs, des cars permettent de relier Vitry à Châlons-en-Champagne[25] et Bar-le-Duc[26]. D'autres lignes hebdomadaires rejoignent les communes d'Arrigny, Couvrot, Orconte, Vavray-le-Petit et Gigny-Bussy[25].

    La gare de Vitry-le-François est desservie plusieurs fois par jour par les TER de Champagne-Ardenne parfois en liaison avec ceux de Bourgogne, Lorraine et Picardie. Depuis 2007, l'articulation entre le réseau régional et la LGV Est européenne permet au TGV Est de s'arrêter en gare de Vitry, la mettant à une heure trente[23] de la capitale. Elle est considérée comme un « succès », la gare accueillant depuis plus de 700 voyageurs journaliers, et un atout pour l'attractivité de la ville[27]. Pour relancer le tourisme dans la région vitryate, la municipalité a financé un TER aux armes de la ville ainsi que la pose d'une indication « Vitry-Lac du Der » à la gare[28].

    Autres moyens de transport

    Vitry est accessible depuis les airs par l'aérodrome de Vitry-le-François - Vauclerc, un aérodrome de deux pistes qui est situé à quelques kilomètres à l'est de la ville, le long de la RN 4, sur le territoire de Vauclerc, à 125 m d'altitude. Il porte le code OACI LFSK[29]. Géré par une association (aéroclub « François Ier »), il est destiné aux loisirs[30]. L'aéroport international[31] le plus proche est celui de Paris-Vatry. Il se trouve à une trentaine de kilomètres à l'ouest de Vitry-le-François, sur le territoire de la commune de Vatry.

    Pour la randonnée pédestre, le sentier de grande randonnée 654 (GR 654) aussi appelé « voie de Vézelay » traverse la commune, tandis que le GR 14 passe au nord, à Vitry-en-Perthois. La ville propose également un « circuit des canaux de Vitry-le-François » long de 9 kilomètres[32]. Par ailleurs, la « vélovoie verte » du canal entre Champagne et Bourgogne débute à Vitry. Cette véloroute relie la « cité rose » à Orconte, au lac du Der-Chantecoq et à Saint-Dizier[33] et doit à terme connecter les principales villes de Champagne-Ardenne[34].

Urbanisme

Morphologie urbaine

Plan de Vitry-le-François
Plan actuel de Vitry-le-François (février 2014).

Le centre-ville du XVIe siècle

Le centre-ville correspond à l'ancienne ville forteresse dessinée en 1545 par Girolamo Marini selon un plan orthogonal. La ville se définissait alors comme un carré de 612 mètres de côté, découpé en ilots carrés ou rectangulaires. Au centre, se trouvait une place carrée de 117 mètres de côté, la place d'Armes. Là se rejoignaient les deux artères principales, larges de 13,40 m, qui décomposaient la ville en quatre quartiers, eux-mêmes divisés en quatre par des rues dites « foraines » de 7,80 m, puis subdivisés en îlots par des voies plus étroites de 6,25 m de large[35]. Toutes ces rues ont été créées de manière rectiligne, exception faite de la « sinueuse »[36] rue des Tanneurs.

À la différence des bastides traditionnelles françaises du Moyen Âge, les rues principales permettaient l'accès à la place par le milieu des côtés, et non aux angles, le plan s'inspirant ainsi de l'urbanisme piémontais. Les alentours de la place d'Armes accueillaient les principaux lieux publics de la ville dont l'église, le cimetière, les halles et le palais de justice[35]. Même si les fortifications disparurent vers 1895[37] et malgré la destruction presque totale de la ville par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, le centre-ville fut reconstruit par Maurice Clauzier, conservant ainsi sa morphologie de ville nouvelle de la Renaissance[38].

L'extension de l'après-guerre

Photographie de logement HLM : au premier plan, un immeuble de trois étages rose clair et derrière, un immeuble de cinq étages vert pâle.
Des logements HLM dans le quartier de la Fauvarge.

Avant la guerre, seuls de « maigres faubourgs »[38] s'étaient implantés à l'extérieur des anciens remparts. C'est seulement à partir de 1945, à la suite de sa destruction, que Vitry a commencé de s'étendre. Dès la fin des années 1950, de nouveaux quartiers composés de grands ensembles sont créés : La Fauvarge (1958 à 1964), Le Désert (1963 à 1968), Rome-Saint-Charles (1965 à 1973), Le Hamois (1969 à 1978) et La Haute-Borne (1970 à 1976)[39]. Dans les années 1960, à l'est du centre-ville, s'est développée sur d'anciennes gravières la zone industrielle de Vitry-Marolles[8]. Vitry-le-François compte également d'autres quartiers, du nord au sud : Le Bas-Village, Les Marvis, Le Mont-Berjon, La Haute-Borne (communément appelé Le Champ de Manœuvres), Le Grand-Parc, Les Indes, Le Vieux-Port, La Citadelle, La Jouette, les Bords-de-Marne, Le Mont-Vierge, Le Port-Arthur et La Pépinière[40].

Malgré sa taille modeste, Vitry-le-François abrite plusieurs quartiers particulièrement défavorisés. Ainsi ceux du Hamois et de Rome-Saint-Charles-Le Désert sont classés « zone urbaine sensible » (ZUS) ; la ville comprend également deux quartiers non-ZUS : La Fauvarge et La Haute-Borne. Les ZUS abritaient en 2006 6 159 habitants, soit 41 % de la population vitryate pour 19 % de la superficie (125 ha). Dans ces quartiers, le taux de chômage était en 1999 de 25 % (contre 20 % à l'échelle de la commune). La même année, le nombre de moins de 25 ans, d'étrangers, de familles monoparentales et de locataires HLM était nettement supérieur à la moyenne vitryate, tandis qu'en 2004 le revenu annuel médian par unité de consommation y était inférieur de 3 000 €[41].

Logement

En 2007, Vitry comptait 7 456 logements, soit moitié plus que quarante ans plus tôt (4 940 logements en 1968). Seuls 68 étaient des résidences secondaires (0,9 %), les résidences principales représentant 90,8 % du parc. On dénombrait un nombre important de logements vacants, leur nombre s'élevant à 617[22].

Près des deux tiers des logements étaient des appartements comprenant en moyenne 3,2 pièces. Les maisons — nettement moins nombreuses (à hauteur de 31,7 %) — se composaient en moyenne de 4,8 pièces. La moyenne de la ville tous logements confondus était ainsi de 3,7 pièces[22]. Le modèle datant du XVIe siècle « de jardin attenant à la maison »[35] ne subsiste presque plus qu'en centre-ville. L'importance des appartements explique en partie le nombre élevé de locataires (70,1 %) et le pourcentage de logement HLM qui s'établissait à 50,2 % du parc immobilier ; Vitry-le-François dépassait ainsi largement le taux de logements sociaux de 20 % imposé par la loi solidarité et renouvellement urbain (SRU) de décembre 2000[22]. Trois bailleurs sociaux sont chargés de la gestion du parc HLM vitryat : Vitry-Habitat (qui en détient 95 %[C 1]), L'Effort Rémois et l'OPAC[42].

Les logements vitryats[43] sont dans l'ensemble relativement récents. En effet, seuls quelques bâtiments survécurent aux bombardements allemands puis, dans une moindre mesure[38], à ceux des Alliés de la Seconde Guerre mondiale. De ce fait, 11,8 % des habitations dataient en 2007 d'avant 1949, 60,7 % avaient été construites entre 1950 et 1974 — dont de nombreux immeubles — et 22,3 % l'avaient été entre 1975 et 1989, la portion restante datant d'après 1990[22].

Toponymie

Lors de son déplacement en bordure de Marne, la ville conserve son nom primitif de Vitry mais on hésite entre Vitry sur Marne[44] et Vitry le François, forme attestée en 1544[45]. C'est cette dernière option qui est approuvée par le roi François Ier[46]. Son nom latinisé est Victoriacum ou Victriacum Franciscum[46], on trouve conjointement la forme Victry-le-Francoys aux XVIe et XVIIe siècles[47]. En langage courant, le nom de la cité est simplement Vitry[44].

Au cours de la Révolution française, la commune porta provisoirement le nom de Vitry-sur-Marne[7].

Vitry-le-François est surnommée la « cité rose ». Cette appellation provient des pavés de couleurs rose ou rouge utilisés pour les trottoirs et les espaces publics vitryats[48]. Ce surnom a fait de Toulouse, la « ville rose », la marraine de guerre[36] de Vitry-le-François.

Le toponyme Vitry est d'un type gallo-roman courant en Gaule. Il remonte à un *victoriacu, généralement latinisé en Victoriacum dans les textes et qui se compose de l’anthroponyme latin Victorius[49],[50] (porté par un indigène gaulois) et du suffixe d’origine gauloise -acum qui marque la propriété[49],[51]. Homonymie avec les types Vitray, Vitré, Vitrai, Vitrac également.

Histoire

Avant Vitry-le-François

La fondation de l'ancienne Vitry est attribuée aux Gaulois[52]. Vers 50 av. J.-C., les troupes romaines prennent possession de Carkonne, sur la Saulx. Jules César la décrit comme étant « située au pied d'une montagne et qui regarde le midi. » Il y établit une colonie et un fort baptisés Victrix, « la victorieuse » en latin[53]. Un cimetière romain a d'ailleurs été retrouvé en 1656, en bordure de Marne, au nord de la ville, par un vigneron plantant ses vignes[54]. On trouva également, en 1861 près de Marolles, un vase rempli de pièces romaines : 32 d'argent et 310 de bronze[55].

Le bourg se développe notamment avec la construction de monuments religieux avant d'être incendié une première fois par Louis VII, dit Louis le Jeune, en 1142[56]. 1 500 villageois meurent dans le sinistre, alors qu'ils s'étaient réfugiés dans l'église[57] ; écrivant en 1933, l'historien Charles Petit-Dutaillis attribue la réorientation ultérieure du règne de Louis VII (rapprochement avec la Papauté et départ pour la croisade, perte d'influence de sa femme Aliénor d'Aquitaine) au « choc nerveux » que lui a causé ce drame[58].

En 1284, le Perthois, possession des comtes de Champagne est rattaché avec l'ensemble du comté à la couronne de France[59]. La ville est à nouveau incendiée en 1420 par Jean de Luxembourg et ses alliés anglais[60].

La ville de François Ier

Portrait peint de François Ier réalisé par Joos van Cleve au XVIe siècle.
La ville a été fondée en 1545 par le roi de France François Ier.

En 1542 débute la neuvième guerre d'Italie. En 1544, Charles Quint, ligué avec Henri VIII d'Angleterre, entre en Champagne et assiège la ville proche de Saint-Dizier tandis qu'une partie de l'armée de François Ier est à Vitry-en-Perthois. À la suite d'attaques subies par ses troupes, Charles Quint envoie des éclaireurs brûler et détruire Vitry, faisant fuir vers Châlons l'armée française dirigée par le seigneur de Brissac[61]. Le 18 septembre 1544, François Ier et Charles Quint signent la trêve de Crépy-en-Laonnois.

Après avoir pensé reconstruire Vitry-en-Perthois qui était « la clef de son royaume du côté de l'Allemagne », François Ier décide d'ériger une nouvelle ville à l'abri des collines et donc de l'artillerie. Il la fait bâtir à une demi-lieue de l'ancien bourg, à la place du village de Maucourt[62] (ou Moncourt[63]), en bordure de Marne. Le roi de France donne son nom, son emblème, la salamandre, et sa devise « Nutrisco extinguo », traduite en français par « je nourris et j'éteins », à la nouvelle cité[52].

Le 28 janvier 1545, il ordonne au bailli de Vitry de tracer le plan et les fossés sur un terrain qui appartenait aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, qui sont donc expropriés en échange de 300 livres par an[35]. Le plan, approuvé par édit au mois de mai[63], est dessiné par l'architecte Girolamo Marini[35]. Malgré de nombreuses réticences[64], une grande part des villageois de Vitry (désormais « la Brûlée ») déménagent pour Vitry-le-François, à qui on accorde des avantages économiques (droits de foire et marchés, exemption d'impôts pendant vingt ans, facilités de construction[65],[35], etc.), avec l'ensemble des juridictions[52]. La sécurité qu'offre cette nouvelle ville est également un facteur de départ de nombreux habitants[66]. On se sert d'ailleurs des pierres de l'ancienne Vitry pour édifier la nouvelle[62] même si la plupart des maisons sont construites en bois[67]. En 1557, 500 maisons sont achevées[66].

Avec la mort de François Ier, en 1547, le développement de la ville est menacé. Henri II, son successeur, annule le 3 mai, les édits, créant et fortifiant la cité ainsi que les avantages économiques[68] ; cependant, le 10 novembre ces édits sont rétablis[69].

Vitry-le-François est entourée de murailles et de remparts avec huit bastions dépourvus de maçonneries mais protégés par des fossés d'eau vive et possède une citadelle[67], détruite par la suite. Les fortifications ne sont achevées qu'en 1624[70]. La ville est divisée en quatre quartiers : le quartier Notre-Dame, le quartier du Lion-d'Or, le quartier de la Halle et le quartier Saint-Germain, sur le site de l'ancien Maucourt[71]. En 1587, les anciens moulins de Maucourt, détruits pendant la guerre, tournent à nouveau[72].

De la fondation à la Révolution

Carte de Cassini de Vitry-le-François datant de 1760. On peut y retrouver le plan de la ville et y voir ses remparts.
Vitry-le-François et ses environs sur la carte de Cassini vers 1760[Note 3].

À la fin du XVIe siècle, la ville est touchée par les guerres de Religion. Alors que le gouverneur de Vitry, Jean de Mutigny, fait partie de la Ligue, opposée au roi, les fidèles à Henri IV prennent la ville et le gouverneur est assassiné le 17 mai 1590. Deux jours plus tard, la Ligue reprend la ville, avec M. de Frignicourt comme gouverneur. La cité se soumet finalement au Roi de France et lui demande la destruction de la citadelle de la ville en 1598, qui se trouve alors sur l'actuel site de l'hôtel de ville[73]. Les troubles religieux cesseront définitivement au cours des décennies suivantes.

Après cinquante ans de faible croissance démographique, la population passe de 2 000 habitants en 1620 à 11 600 en 1626[74]. La cité se développe grâce aux administrations et aux commerces : bois, grains et vins y sont transportés jusqu'à Paris par la Marne, qui n'est navigable qu'à partir de Vitry. De nombreux édifices religieux sont construits, on y recense notamment un couvent de minimes, un de récollets, deux de religieuses et un hôpital des Frères de la Charité[52]. Des églises sont créées dans les quartiers en expansion : l'église Saint-Germain dans le quartier du même nom, l'église Saint-Nicolas du Bas-Village pour le quartier du Hamois et les bourgs de Vaux et Vitry-en-Perthois ainsi qu'une troisième église dans le quartier de la Halle[75]. L'actuelle collégiale y est construite à partir de 1629, lorsque les chanoines de Vitry-la-Brûlée acceptent de rejoindre Vitry-le-François. D'autres monuments importants tels le palais Royal, qui accueille les juridictions de la ville, sont édifiés à cette époque[76].

À la suite de l'augmentation des prix du blé, une famine touche la ville en 1626 et fait plusieurs morts. Les pauvres infirmes sont envoyés chez les Vitryats les plus aisés tandis que les valides travaillent aux fortifications. Le 19 octobre 1632, c'est la peste qui se déclare[77]. Semblant s'apaiser, elle reprend, plus violente en 1634, 1635 et 1636[78]. Vitry perd ainsi la moitié de sa population entre 1632 et 1638. Malgré ce traumatisme, la ville retrouve sa prospérité : en 1650, elle compte 12 000 communiants[77]. Signe de cette nouvelle prospérité, la première imprimerie de la ville est créée en 1645[79]. Pourtant, la famine de novembre 1692 pousse de nombreux habitants à saccager, armée de couteaux et de haches, le domicile d'un marchand de grains. D'autres révoltes dues au manque de pain se produisent en 1704, 1709 et 1753[78].

Située sur la route de Paris à l'Allemagne, la ville accueille de nombreux souverains, nécessitant l'organisation de grandes festivités[80]. Les Vitryats accueillent ainsi le roi Louis XIV avec enthousiasme lors de ses passages en février 1678 et en septembre 1681[81]. À la suite de la révocation de l'édit de Nantes en 1685, environ 2 000 protestants de la cité s'exilent, dont le mathématicien Abraham de Moivre et d'autres industriels parfois forts riches[78]. Un incendie éclate le 21 octobre 1701, ravageant une quarantaine de maisons du quartier Saint-Germain. Pour éviter qu'un tel drame se reproduise la municipalité investit entre 1706 et 1721 dans trois pompes à incendie[82]. On découvre dans les années 1730 une source, la source Saint-Simon, qui guérirait des maux d'yeux et qui devient un lieu de pèlerinage. Elle est cependant laissée à l'abandon[83]. Des émeutes de la faim éclatent à nouveau en ville le 5 octobre 1770[84].

Vitry-le-François sous la Révolution

Après avoir rédigé les cahiers de doléances, chaque ordre élit ses députés aux états généraux. L'élection de Vitry rassemblait les bailliages d'Épernay, Fismes, Saint-Dizier, Sainte-Menehould et Vitry-le-François. Nicolas Dumont, curé de Villers-devant-le-Thour, et Jacques Antoine Brouillet, curé d'Avize, représentent le clergé. Les députés de la noblesse sont Jean-Baptiste David de Ballidart et Pierre-Louis, comte de Failly. Nicolas-Remy Lesure, Edmond-Louis-Alexis Dubois de Crancé, Pierre-François Barbié et Jean-Baptiste-Célestin Poulain sont élus pour représenter le tiers état[85],[Note 4].

La déchristianisation révolutionnaire supprime les couvents de Vitry-le-François : celui des récollets devient l'hôtel de ville et la bibliothèque publique, celui des minimes est converti en caserne ; la chanoinerie est abolie. Les prêtres de la paroisse de Vitry, jansénistes pour la plupart, prêtent serment sur la constitution[86]. Les ornements des églises sont en grande partie profanés. La collégiale est transformée en temple de la Raison puis de l'Être suprême, avant de devenir un magasin ; l'église Saint-Germain est détruite courant 1794 par un incendie. La paix religieuse revient en ville en 1795[87]. La Révolution, malgré quelques dénonciations, ne provoque « aucune scène de carnage » à Vitry-le-François[88].

Le XIXe siècle

Lors de la campagne de France, le 2 février 1814, les armées de la Sixième Coalition assiègent Vitry-le-François, qui est bombardée. Mais, face à la résistance de la ville, les puissances étrangères se retirent. Elles sont pourtant de retour le 5, en plus grand nombre. Par peur d'être détruite, ne possédant que de faibles fortifications, la cité leur ouvre ses portes. Alors qu'Alexandre Ier de Russie, Frédéric-Guillaume III de Prusse et le feld-maréchal Schwarzenberg sont réunis dans la ville, Napoléon se dirige vers Vitry-le-François, puis l'encercle. Cependant, la chute de Paris, à la fin du mois de mars, l'oblige à abdiquer. Lors du retour de Napoléon en 1815, la ville est à nouveau assiégée mais tient jusqu'à la seconde défaite de l'empereur. Les armées ennemies entrent ensuite dans la cité, provoquant quelques destructions, toutefois limitées[89].

Sous l'impulsion d'un riche donateur, M. Domyné de Verzet, l'éducation primaire gratuite, pour garçons et filles, se développe dans la ville. En effet, les années 1830 voient notamment la création des écoles chrétiennes à Vitry-le-François[90]. En 1832, le choléra ravage la cité et fait 371 morts ; il réapparait en 1849 et 1854[91]. À la moitié du siècle, la ville s'embellit et se développe : nombre de maisons sont désormais bâties en pierre, de nombreuses fontaines sont construites, les fortifications sont renforcées, la porte du Pont est édifiée, le canal de la Marne au Rhin est creusé, etc[92].

Colonne à Sadi-Carnot avec l'hôtel de ville en arrière-plan.

En 1841, l'abbé Boitel fait état de la situation de la ville. Les 626 hectares de superficie de Vitry-le-François se répartissent entre 285 ha de champs labourables, 107 ha de vignoble, 99 ha de zone urbaine et de plans d'eau, 55 ha de prairies naturelles, 52 ha de forêt et 28 ha de parcs et jardins. La cité vit du commerce des grains (les terres y sont très productives) et des vins. Les riches Vitryats possèdent des fermes et des vignes à l'extérieur de la ville[93].

En 1870, la guerre franco-prussienne éclate. Les Allemands avancent rapidement et prennent Vitry-le-François le 25 août. Ils occupent la ville, occasionnant réquisitions et arrestations nombreuses de civils, jusqu'au 9 novembre 1872, une fois la paix signée[94]. Le président Sadi Carnot est présent pour la revue de Vitry de 1891, commémoré par un monument à Sadi Carnot et à l'Armée dans le parc de l'hôtel de ville. Les fortifications sont démantelées dans les années 1895-1896 et le parc de l'hôtel de ville est agrandi. L'église actuelle est achevée à la même période, en 1898[36].

La Première Guerre mondiale

Photographie de croix alignés au cimetière militaire de Vitry-le-François.
Alignement de croix de la nécropole nationale.

L'Allemagne déclare la guerre à la France le 3 août 1914. Dès le lendemain, le général Joffre établit son quartier général au collège de Vitry-le-François.

Le G.Q.G., le 4 août 1914, au collège de Vitry-le-François, se composait du général Joseph Joffre, du général Édouard de Castelnau, du général Émile Belin, du général Henri Berthelot, du général (capitaine à l'époque) Edward Spears et du lieutenant-colonel Louis-Gaston Zopff[95].

Le 1er septembre suivant, poussée par l'avancée allemande, l'armée française quitte la ville ; les rues vitryates voient alors passer les troupes en retraite ainsi que les réfugiés en provenance de Belgique et du Nord du pays. Le 5 septembre, la majorité de la population a déjà quitté la cité ; on n'y compte plus que 800 habitants. Lorsque les Allemands font leur entrée en ville, le curé-archiprêtre de Vitry et deux notables sont arrêtés. Ceux-ci, grâce à leurs discussions, permettent à la ville d'échapper au pillage et à la destruction ; tous trois seront cités à l'ordre de la Nation[96].

Le 6 septembre, le général Joffre lance l'offensive de la première bataille de la Marne. Les combats font rage au mont Morêt, au sud-ouest de Vitry-le-François, et aux alentours de Glannes et Huiron. La IVe armée, dirigée par le général de Langle de Cary, reprend la ville dans la nuit du 10 au 11 septembre, remontant vers le nord. Si le front reste dès lors éloigné de Vitry-le-François jusqu'à l'armistice, 402 Vitryats périssent sur le champ de bataille. La ville est par la suite décorée de la croix de guerre[96].

Une « nécropole nationale de Vitry-le-François » est créée en 1921 au sud de la ville. Elle accueille sur 8 612 m2 les corps de 4 067 soldats ; parmi ceux-ci, 4 005 sont ceux de Français et Britanniques tués durant la Première Guerre mondiale, les 62 autres étant ceux de Français morts pendant la Seconde Guerre mondiale[97].

Le martyre de la Seconde Guerre mondiale

Lucien Richard, extrait de Le vent dans les ruines, à la ville de Vitry-le-François[98].

Quelques pans de murs isolés
Vers le ciel se dressent encore,
Et, sur des perrons mutilés,
Gisent des cadavres d'amphores.

Le 16 mai 1940, six jours seulement après la fin de la « drôle de guerre », Vitry-le-François est survolée par l'aviation nazie qui bombarde le quartier Saint-Germain. En quelques minutes, la totalité du quartier brûle. De peur de nouvelles attaques, les Vitryats s'enfuient vers les villages alentour ou creusent des abris dans le sol de leurs jardins. La ville est ensuite plusieurs fois bombardée par la Luftwaffe. Le 12 juin, alors que l'armée terrestre allemande s'approche de la cité, le maire, M. Prud'homme, reçoit l'ordre du secrétaire général de la préfecture d'évacuer la ville vers le sud. Le lendemain, le génie fait sauter les ponts sur la Saulx, puis le tout nouveau pont de la route de Châlons. Seule une batterie d'artillerie, dirigée par le capitaine Sire, reste à Vitry-le-François pour retarder l'avancée des Allemands. Ceux-ci tirent obus et bombes incendiaires sur la ville. Le quartier de la Halle s'embrase, puis l'incendie se propage aux quartiers du Lion d'Or et de Notre-Dame : c'est l'ensemble de la cité qui est en flammes. Le 14 juin, l'armée du Troisième Reich pénètre dans une ville vide et détruite à 80 %[99]. Dès lors, Vitry-le-François est sous occupation allemande. Le 27 juin, l'administration municipale reprend son activité. Des baraquements d'urgence sont édifiés. Pour se reconstruire, la ville reçoit notamment l'aide de Toulouse et réussit en partie à « ressusciter »[100]. Cependant, plusieurs familles juives vitryates sont déportées ; parmi elles, les parents de la famille Baumann sont emmenés à Auschwitz en novembre 1943[101].

En juin 1944, les Alliés débarquent en Normandie. À la fin du mois, le 27 au soir, ils bombardent la gare de Vitry-le-François. Dans la nuit, les sirènes retentissent et des centaines de fusées éclairantes, prévenant d'un bombardement massif, illuminent le ciel. C'est d'abord le quartier de la gare qui est attaqué puis le centre-ville et le Bas-Village ; les bombardements s'étendent à toute la ville. Les baraquements s'écroulent et plusieurs habitants sont tués dans leur fuite, notamment en direction du Bas-Village. Après 25 minutes, les bombardements cessent. Les morts sont emmenés à l'église et des soins s'organisent notamment grâce à la Croix-Rouge[102]. Vitry-le-François est à nouveau presque totalement terrassée et est détruite à 93 %[103]. On dénombre par ailleurs 105 morts, 48 blessés hospitalisés et 150 blessés légers. L'hôtel de ville, épargné lors du bombardement de 1940, est ravagé ; avec lui disparaissent les 30 000 volumes de la bibliothèque municipale, dont de nombreux ouvrages rares et anciens[102]. Après le 28 juin, des bombardements continuent et, à la suite d'un nouvel exode vers les campagnes alentour, seuls 300 Vitryats restent dans leur cité. Les occupants subissent alors les attaques de la Résistance locale, et plusieurs sont exécutés. Face à l'arrivée des troupes alliées et à l'activité de la Résistance vitryate, les Allemands se replient en hâte le 29 août et la ville est libérée par les Américains[103].

Depuis 1945

Pour plus d'informations sur l'extension de la ville voir la partie « L'extension de l'après-guerre ».

La population regagne cependant vite la ville et s'attèle dès lors à la reconstruction. Vitry-le-François reçoit sa seconde croix de guerre du général Giraud, le 5 juin 1949[104]. Les années 1950 et 1960 sont donc marquées, comme pour de nombreuses villes, par la réhabilitation des monuments historiques détruits à la suite de l'invasion allemande. La sous-préfecture de Vitry-le-François a ainsi été reconstruite en 1953 et l'hôtel de ville en 1962[36]. Un nouveau collège plus moderne est inauguré en 1959 puis c'est au tour de la collégiale de voir sa restauration achevée avec la bénédiction des cloches de sa tour nord en 1960[104]. C'est également à cette époque que sont construits de grands ensembles en périphérie de la ville.

En 1974, le lac du Der-Chantecoq, situé à 15 km de la commune a été mis en service afin de réguler le débit de la Marne. Le site s'est depuis transformé en un moteur du développement local, grâce à son importance dans les domaines des loisirs, du tourisme nautique et de l'écotourisme[105].

Dans la nuit du 14 au 15 juin 2008, à la suite de la mort d'un jeune homme lors d'un règlement de comptes, des violences urbaines ont lieu dans la cité rose, causant la destruction de plus de 60 voitures et les blessures de deux pompiers, de deux policiers ainsi que de cinq Vitryats[106].

Politique et administration

Tendances politiques et résultats

Considérée comme une « ville de gauche »[107], Vitry-le-François voit cependant la droite et l'extrême droite arriver en tête des principaux scrutins nationaux depuis le début des années 2000. La gauche continue toutefois à être majoritaire aux échelons municipal et régional.

Les élections présidentielles depuis 1995 montrent ce glissement à droite de la ville. En 1995, Lionel Jospin arrive en tête du premier tour avec 24,8 % devant Jean-Marie Le Pen à 23,5 %, Jacques Chirac à 17,7 % et Édouard Balladur à 16,53 % avant de l'emporter au second tour avec 53,61 % contre Jacques Chirac[108] ; au niveau national, c'est le candidat du RPR qui gagne l'élection avec 52,64 %. Sept ans plus tard, Jean-Marie Le Pen obtient 27,54 % suivi du président sortant à 19,2 % et du premier ministre à 15,76 %. Au second tour, après une baisse de l'abstention de 7 points, Jacques Chirac remporte 72,63 % des voix. Le candidat du FN obtient un score supérieur de près de dix points par rapport à la moyenne nationale avec 27,37 %[109] contre 17,79 %. En 2007, c'est le candidat de la droite, Nicolas Sarkozy, qui arrive en tête du premier tour avec 31,27 % des voix suivi de Ségolène Royal à 23,85 %, Jean-Marie Le Pen à 17,91 % et François Bayrou avec 14,86 %. Nicolas Sarkozy l'emporte au tour suivant avec 57,46 %[110] contre 53,04 % à l'échelle nationale. En 2012 cependant, le socialiste François Hollande emporte le premier tour avec 30,41 % (devant Nicolas Sarkozy à 25,67 % et Marine Le Pen à 25,03 %) mais aussi le second tour avec 50,37 % des voix[111].

Photographie de la façade de l'Hôtel de Ville.
Façade de l'hôtel de ville.

Ce même changement se retrouve lors des élections législatives, lors des élection de 1997 les électeurs vitryats placent en tête du scrutin le maire socialiste de la ville, Jean-Pierre Bouquet, avec 44,2 % des voix au second tour contre 36,25 % au député Charles de Courson (réélu à l'échelle de la circonscription avec 46,76 %) et 19,55 % au frontiste Jérôme Malarmey[112]. Alors que le député sortant remporte la circonscription au premier tour en 2002 avec 50,89 %, les Vitryats lui donnent 39,32 % de leurs suffrages, contre 34,49 % à Jean-Pierre Bouquet et 18,80 % à Pascal Erre du FN[113]. En 2007, Charles de Courson est réélu au premier tour avec 53,39 % des voix vitryates, suivent Marie-Claude Yon (PS) et Pascal Erre avec seulement 23,88 % et 9,91 %[114].

Aux élections locales cependant, la gauche garde la main à Vitry. Elle arrive ainsi en tête aux régionales de 2004 et 2010 avec respectivement 41,9 %[115] et 44,44 %[116]. À l'élection de cantonale de 2004 (Vitry-Ouest), le maire PS de Loisy-sur-Marne, Jean-Luc Mathieu, l'emporte avec 42,2 % (contre 39,2 % pour le maire UMP de la ville et 18,6 % au FN)[117]. Le PS gagne ensuite l'élection de 2008 (Vitry-Est) avec 76,13 % des voix au second tour pour Mariane Dorémus, contre 23,87 % au candidat UMP[118]. En 2011, le canton Ouest réélit Thierry Mouton, adjoint au maire et élu conseiller général à la suite du décès de son prédécesseur, avec 61,07 % des suffrages face à Pascal Erre (FN)[119].

L'élection municipale de 1989 a été remportée dès le premier tour par Jean-Pierre Bouquet, membre du Parti socialiste, avec 59,71 % des suffrages, un an après son élection en tant que député. En 1995, il repasse au premier tour avec cette fois 51,28 % des voix. Les élections de 2001 voient la victoire du candidat RPR Michel Biard face au maire sortant. Ce dernier prend sa revanche en 2008, en lui reprenant la mairie encore une fois au premier tour avec 51,23 % contre 30,66 % à Michel Biard (UMP), 12,86 % à Alain Lacoine, ancien adjoint de M. Biard et 5,25 % à Joëlle Bastien, de Lutte ouvrière[120].

Administration municipale

Le 9 octobre 1603, Henri IV crée l'échevinage de Vitry-le-François. On y trouvait donc un maire, quatre échevins et un conseil de ville. Il se réunissait une fois par an, le dimanche avant la Saint-Martin d'hiver[121]. En 1765, le conseil de ville est remplacé par une assemblée de notables composée du maire, des échevins, des anciens conseillers et de 14 notables. Jusqu'à cette date, la fonction de maire était généralement remplie par le premier échevin[122]. À la suite de la Révolution, l'échevinage de Vitry-le-François est aboli[123] et laisse place à la commune.

Aujourd'hui, puisque la commune compte entre 10 000 et 20 000 habitants, le conseil municipal est composé de 33 membres : le maire, 9 adjoints et 23 conseillers municipaux[124]. L'hôtel de ville est aménagé dans l'ancien couvent des récollets de style classique datant du XVIIe siècle[125].

Composition du conseil municipal de Vitry-le-François[124]
Président de groupe Effectif Statut
  •      PS
Jean-Pierre Bouquet 26 Majorité
  •      UMP
Michel Biard 5 Opposition
  •      DVD
Alain Lacoine 2 Opposition

Liste des maires

Six maires se sont succédé depuis 1945 :

Liste des maires successifs depuis 1945
Période Identité Étiquette Qualité
1945 1953 Hippolyte Tramet Rad. Directeur du syndicat agricole
Conseiller général de Vitry-le-François-Est (1945 → 1955)
1953 1971 Jean Juif    
1971 1989 Jean Bernard RPR Conseiller général de Vitry-le-François-Ouest (1973 → 1998)
Député de la Marne (3e circ.) (1978 → 1981)
Sénateur de la Marne (1992 → 2001)
1989[126] 2001 Jean-Pierre Bouquet PS Administrateur territorial
Conseiller général de Saint-Remy-en-Bouzemont-Saint-Genest-et-Isson (1979 → 2015)
député de la Marne (5e circ.) (1988 → 1995).
2001[127] 2008 Michel Biard RPR puis UMP  
2008[128] en cours
(au 4 juillet 2014)
Jean-Pierre Bouquet PS Administrateur territorial
Président de la Communauté de Communes
Conseiller général de Saint-Remy-en-Bouzemont-Saint-Genest-et-Isson (1979 → 2015)
député de la Marne (5e circ.) (1988 → 1995).
Réélu pour le mandat 2014-2020[129]

Situation administrative

Cantons

La ville est le chef-lieu de l'arrondissement homonyme situé dans le département de la Marne, en Champagne-Ardenne. Elle était également le chef-lieu de deux cantons (Vitry-le-François-Est et Vitry-le-François-Ouest) regroupant au total vingt-cinq communes. La Réforme territorial fait que Vitry-le-François ne compte non plus deux mais un seul canton, dénommé Vitry-le-François-Champagne et Der. À la suite des élections départementales de 2015, le Front national s'impose au cours d'une triangulaire avec 34,78% des voix[130].

Intercommunalité

Depuis janvier 2013, Vitry-le-François est le siège de la communauté de communes Vitry, Champagne et Der qui regroupe 35 communes et environ 26 500 habitants[131],[132]. Auparavant, la ville faisait partie de la Communauté de communes Vitry, Champagne et Der, composée en 2010 de onze communes. L'intercommunalité est membre du Pays Vitryat dont la Vitry-le-François est également le siège.

Le réseau de villes du « Comité de Promotion et de Développement du Triangle » (souvent abrégé en « territoire du Triangle » ou plus simplement « Le Triangle ») associe les municipalités de Vitry-le-François, de Bar-le-Duc dans la Meuse et Saint-Dizier dans la Haute-Marne depuis 1993. L'objectif du Triangle est principalement d'optimiser l'aménagement du territoire, développer le tourisme et améliorer la coopération entre ces trois villes proches, au-delà des limites administratives[133]. Le réseau est cependant ralenti depuis les élections municipales de 2008, qui ont vu les communes de Bar-le-Duc et Vitry-le-François changer de majorité[134].

Budget et fiscalité

Le budget municipal principal 2009 totalisait 7 128 000 € d'investissement et 15 196 000 € de fonctionnement[135]. L'année précédente, la commune avait subventionné les associations de la ville à hauteur de 2 420 000 €[136]. La dette de la commune était en 2009 de 12 846 000 €, soit 821 € par habitant. Ce chiffre est en constante diminution depuis 2002, lorsque la dette municipale s'élevait à 18 601 000 €[137].

En 2009, la taxe d'habitation prélevée par la commune était de 24,61 %. La taxe foncière sur les propriétés bâties était de 27,10 % tandis que la taxe foncière sur les propriétés non bâties était de 24,49 %. Ces taux ont permis de dégager des recettes de respectivement 2 416 000 €, 3 269 000 € et 6 000 €[138].

Justice et sécurité

Photographie de la façade du Palais de Justice de la rue de l'Arquebuse.
Le palais de justice qui accueillait autrefois le tribunal d'instance de Vitry-le-François.

Juridictions

Le palais de justice était le siège du tribunal d'instance de Vitry-le-François qui a été supprimé lors de la réforme de la carte judiciaire de 2007[139]. Depuis, la commune dépend des tribunaux d'instance, de grande instance, de commerce, administratif, pour enfants ainsi que du conseil de prud'hommes de Châlons-en-Champagne. Elle est rattachée à la cour d'appel de Reims et à la cour administrative d'appel de Nancy[140].

Sécurité

La commune dispose d'une brigade de gendarmerie et d'une police municipale. La caserne des pompiers de Vitry-le-François est un centre de secours principal (CSP).

La ville, pourtant réputée plutôt calme[141], est depuis l’année 2006 confrontée à des problèmes d'insécurité. Ainsi, la ville connait un taux de criminalité de 77  en 2006. La délinquance à Vitry-le-François a été à plusieurs reprises évoquée dans les médias nationaux comme un exemple de la « montée des violences dans les banlieues des villes moyennes »[142],[143], notamment lors des violences urbaines de 2008 au cours desquelles une dizaine de personnes ont été blessées et une cinquantaine de véhicules, la gare SNCF et un local de l'office HLM ont été brûlés après le meurtre d'un jeune homme à la suite d'une dispute concernant un trafic de drogue[106],[144].

De 2005 à 2006, la délinquance a chuté de 16,6 %, en raison de la baisse significative des violences urbaines (-34 % sur un an) et des violences sur la voie publique, qui représentent la moitié de la délinquance vitryate (-13,2 %). Les violences contre les personnes sont en recul de 7,5 %. Ces résultats sont cependant contrastés par une augmentation des violences liées au monde scolaire et de la part des mineurs dans la délinquance d'environ 10 %[C 2]. La part des mineurs, qui représente 32,6 % de la délinquance, est largement supérieure à la moyenne nationale de 18,5 %[C 3].

Politique environnementale

Espace protégé

Le Nord de la commune appartient à la zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) dite des « bois et rivières de la vallée de la Marne de Vitry-le-François à Couvrot ». Cet espace protégé s'étend sur 257 ha, répartis entre les communes de Blacy, Couvrot, Loisy-sur-Marne, Vitry-en-Perthois et Vitry-le-François. La ZNIEFF, localisée à Vitry-le-François au lieu-dit « les Pâtis »[6] est constituée d'une ormaie-frênaie inondable, d'une chênaie pédonculée-frênaie ainsi que de peupleraies plantées. Elle comprend également des milieux marécageux, des noues, des gravières, et possède une végétation aquatique assez rare dans la région[145]. La dernière partie de ce territoire est formée de prairies de fauche inondables, en voie de disparition en raison de l'agriculture[146].

La ZNIEFF accueille également une faune riche en odonates et en insectes, dont plusieurs font partie des espèces en danger en Champagne-Ardenne[145]. Elle accueille également des espèces aviaires en régression telles la pie-grièche écorcheur et la pie-grièche grise. Quelques autres petits passereaux et rapaces fréquentent régulièrement le site[146]. On peut aussi y trouver des mammifères tels le chat sauvage ou le chevreuil[145].

Eau potable

L'eau potable qui approvisionne Vitry-le-François provient des captages d'eau souterraine de Frignicourt (douze puits de 4 à 5 m de profondeur) et Blacy[147],[148].

La ville dispose d'une station d'épuration exploitée par Veolia Eau dans le quartier du Bas-Village. Elle assure la dépollution des eaux usées en provenance de Vitry-le-François, Blacy, Frignicourt, Marolles et Vitry-en-Perthois. Elle a une capacité de 60 000 équivalents habitants pour un débit de 5 800 m3 par jour[149].

Gestion des déchets

La collecte et la valorisation des déchets sont du ressort de la Communauté de communes Vitry, Champagne et Der. C'est elle qui a mis en place dès 2001[150] un système de tri sélectif. Des bennes à verres ainsi que des bennes à journaux, magazines et prospectus ont été implantées en ville tandis que des sacs jaunes sont distribués aux habitants pour les bouteilles et flacons en plastique, les boîtes métalliques et les briques. Ces sacs, qui ont permis la collecte de 398 tonnes de déchets recyclables sur la communauté de communes en 2007, sont ensuite transférés à Ormoy, dans l'Yonne. Des bennes à déchets verts ont également été mises à disposition des Vitryats. Une collecte des déchets encombrants ou « monstres » est prévue chaque mois[151],[152]. Les ordures ménagères sont envoyées dans des centres d'incinération ou de stockage à La Veuve et Huiron. Le coût des déchets[Note 5] représente dans la communauté de communes 45,82 € par habitant en 2007[153],[152].

La commune accueille par ailleurs une déchèterie, située dans la zone industrielle de Vitry-Marolles[153].

Jumelages

Au 20 février 2011, Vitry-le-François est jumelée avec :