Le XVIIIe siècle (ou 18e siècle) commença le et finit le .

→ Il s'étend entre les jours juliens 2 342 337,5 et 2 378 861,5 [1],[2].

En France, les historiens considèrent qu'il commence en 1715 avec la mort de Louis XIV et se termine en 1815 avec la chute de Napoléon Ier et le congrès de Vienne[3].

Au XVIIIe siècle, les Lumières est un terme qui désigne un mouvement culturel et philosophique ayant dominé en Europe, et plus particulièrement en France. Elles donnèrent par extension à cette période le nom de siècle des Lumières (en Allemagne : Zeitalter der Aufklärung, en Angleterre et aux États-Unis : Age of Enlightenment) qui conduisent à l'avènement de la démocratie, en Angleterre et aux États-Unis avec la révolution américaine, et en France avec la Révolution française.

Événements

En Europe

L'Angleterre prend un avantage en Europe. La seconde révolution anglaise (glorieuse révolution) de 1688, constitue un réel tremplin historique.

France

(Articles détaillés: siècle des Lumières; XVIIIe siècle en Lorraine; Guerre de Sept Ans (1756-1763 entre la France et l'Angleterre); Révolution française)

Généralités du siècle en France
  • L’expression « siècle des Lumières » est souvent employée pour désigner le XVIIIe siècle français.
    • Ce siècle est très riche aussi bien sur le plan intellectuel que scientifique ou culturel. Ce mouvement des « Lumières » regroupe différents artistes (écrivains, peintres etc.) ayant le même courant de pensée ou la même sensibilité.
    • La seconde révolution anglaise (la glorieuse révolution de 1688) peut constituer l'événement d’entrée dans le siècle des Lumières, mais dans l’histoire française, c'est la fin du règne de Louis XIV qui en marque le début. La révolution française de 1789 est généralement considérée comme son aboutissement, bien que certains historiens la voient comme une période plus large qui s’étend de 1670 à 1820.
    • Le siècle des Lumières correspond, en art plastique, à la transition entre les périodes classique et néo-classique ; et en musique à celle entre la période baroque et la période classique (incluant style galant et rococo).
    • La « force » de l’expression « siècle des Lumières » vient de son utilisation largement répandue chez les historiens contemporains.
    • On trouve dès 1670 la mention de siècle éclairé dans certains écrits historiques. La formule sera transformée par des représentants des Lumières puis par les révolutionnaires.
    • Développement des idées du mouvement des « Lumières » concernant les droits de l'individu face à l'État.
  • 1789 déclenchement de la Révolution française;
  • Apogée du commerce triangulaire:
    • Ce commerce a lieu entre l’Europe (pacotilles, tissus, verroteries, armes à feu, etc.), l’Afrique occidentale et équatoriale (esclaves) et les Antilles et les Amériques (produits agricoles : coton, thé…). Six à sept millions d’esclaves noirs sont déportés par les Européens vers l’Amérique au XVIIIe siècle, 40 000 chaque année de 1700 à 1750, 80 000 de 1750 à 1800. W.E.B. Dubois, qui avance le chiffre de quinze millions de déportés entre le XVIe siècle et le milieu du XIXe siècle, estime que pour un esclave arrivé vivant en Amérique, il faut compter cinq hommes tués en Afrique au cours des razzias ou morts en mer. La traite vers l’Amérique aurait donc coûté à l’Afrique 60 millions d’hommes, chiffre qui atteindrait une centaine de millions d’hommes en ajoutant la traite en direction des pays musulmans de la Méditerranée et des pays d’Orient et d’Extrême-Orient.
    • 2,5 millions d'hommes environ sont déportés dans les colonies espagnoles (578 600) et portugaises (1 891 000) d’Amérique du Sud ; 348 000 vers les colonies britanniques (États-Unis) ; 1 401 300 vers les îles britanniques (662 000 en Jamaïque, 301 900 vers les Isles sous le vent, 252 000 à la Barbade) ; 1 348 400 dans les îles françaises (789 700 à Saint-Domingue, 258 000 à la Martinique, 237 000 à la Guadeloupe) ; 460 000 dans les îles hollandaises et 24 000 dans les îles danoises.
    • Les négriers ne participent pas directement à la capture. Ils achètent leurs esclaves à des chefs et souverains locaux, qui razzient les tribus voisines et échangent leurs prisonniers sur le littoral contre des produits fabriqués en Europe. De nombreuses tribus disparaissent. D’autres se regroupent pour constituer des États qui deviennent à leur tour marchands d’esclaves.
Malheurs du siècle en France

On peut également noter les points noirs de ce siècle en France, qui ont pu contribuer à l'agitation aboutissant à la Révolution.

  • En premier point, la signification concrète de l'expression « petit âge glaciaire », qui bat encore son plein : le XVIIIe siècle a connu 16 hivers extrêmement froids à côté desquels nos plus froids hivers de ces cent dernières années font figure de doux printemps[4].
    • En Morvan par exemple, l'hiver 1708-09 fit entièrement geler la plupart des ruisseaux et des étangs en moins de quatre heures, et le dégel vit des morceaux de glace de 1 m d'épaisseur[5].
    • À noter plus particulièrement les hivers 1708-09 (dans un pays déjà appauvri sur tous les plans par la guerre de succession d'Espagne de 1701 à 1714), 1735-36 (dont de fortes gelées en juin et juillet 1736 qui anéantirent le peu d'espoir qui restait pour les récoltes), 1770-71, 1777-78 et, justement, 1788-89 (appelée "l'année du grand verglas" - et peut-être pas seulement climatique).
    • Chacun de ces hivers rigoureux à l'extrême amenait systématiquement une disette pour au moins l'année suivante voire pour plus longtemps ; additionner à cela une période de misère encore un peu plus longue, donc une prolifération de vols et maraudages pour cause de misère profonde, notamment vols du peu de bétail et de récoltes qui par chance avaient survécu ; le tout aggravé par une spéculation intense sur le prix de la nourriture en général et surtout des céréales[6], et un dépeuplement notoire en particulier des campagnes par le nombre de morts induit[5] (on évalue à 600 000 le surplus de décès pour 1709[6], par exemple).
  • En sus de ces 16 périodes misérables, il faut aussi compter avec quatre épisodes d'épizooties si catastrophiques qu'on peut les appeler des panzooties, revenant en cycles de 23 ans de 1711 à 1814 - et, fait notable, toujours associées à des guerres[7].
    • Celle de 1714 (guerre de succession d'Espagne, 1701-1714), commencée en 1711 en Hongrie et qui ravagea toute l'Europe occidentale pendant sept ans[7], dévasta les bovins (les processions de pèlerinage, et donc les affaires de l'Église, augmentant en proportion du nombre de bêtes mortes). Cette maladie a touché toute la France : Alsace, Franche-Comté, Bourgogne, Nivernais, Morvan - régions où ces animaux tenaient une grande place dans l'économie[5], mais aussi le reste du pays[7],[8],[9].
    • Là encore la misère induite ne se limite pas à l'année suivante, tant s'en faut. Celle de 1743-44 (guerre de succession d'Autriche, 1740–1748), encore plus terrible et qui ayant commencé en 1740 en Bohême se répandit sur toute l'Europe de l'Ouest pendant 10 ans, dévasta, dit-on, 98 % du cheptel bovin dans le seul Morvan[5]. Encore une autre en 1774-77, commencée avant 1770 en Orient (Guerre russo-turque de 1768-1774), arrivée en Europe occidentale via la Hollande[7] et qui semble avoir perduré localement au-delà de ces dates puisqu'un foyer en est encore mentionné en 1779 sur Montreuil et ses environs[10].
    • Enfin la quatrième épizootie du siècle, non moins meurtrière, est arrivée en France en 1794 via l'armée du Rhin[7] (guerre de l'Europe contre la France, 1792-1797).
  • En 1758 ce fut l'excès d'eau qui amena une autre disette : des pluies torrentielles qui dans le Morvan durèrent du 27 juin au 7 septembre pourrirent les récoltes, foin et grain[5]. Le grand froid de 1788-89 est également précédé d'un été tout aussi pourri que celui de 1758[6], et il y en eut certainement d'autres.
  • Même en faisant abstraction de malheurs locaux comme l'orage extraordinaire qui dévasta une bonne partie du Morvan en 1745 (un an après la deuxième épidémie bovine), ou les multiples épidémies localisées, l'impression demeure que le peuple ne se relevait à grand-peine d'une catastrophe que pour retomber dans une autre. À part les 20 ans de relative normalité entre 1715 et 1735, il ne s'est pas passé 15 ans sans que les français dans leur ensemble eussent à affronter des situations des plus graves.

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